‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 187 sur 195 · ELE · texte numérisé non relu

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dus périodes non moins (Iclorrainées. La première commence depuis les temps les ])lus reculés ju'^^quViu r(>snc de Ps;immél - «ims, qui accueillit avec faveur les Grecs en Egypte; ce qui ap[)orta nécessairement un fATand changement dans K s mœurs et da!;s les arts. La seconde commence au règne de ce prince, cl se termine à l'invasion de Cam- Iiyse, époque à laquelle le style persa;! se mêla au style égyptien dnns"^ le peu d'ouvrages de 1 art qui s'exécutèrent en Egypte. La troisième époque est celle qui s'écoula sous les rois persans depuis Cambyse jusqu'à Alexandre, lorsciue les Egyptiens [lassèrerit sous le joug des rois macédoniens. La quatrième est celle qui s'ect écoulée sous les rois grecs : le style de cette })ériode s'appelle gréco-égyptien. La cinquième commença S(;us Adrien Vie style de celte période s'àpnelle style d'imitation.

Aux époques les plus reculées de l'histoire, l'Egypte ne se composait que de a Thébaide. L'Egypte moyenne et le De' la étaient .dors couverts par les flots de la Méditerranée et de la mer Rouge. Le Nil coulait depuis les monts de la Lune jusqu'à ^a montagne de Syenne, en tra\'ersant les déserts lïbyques et un océan de sables qui s'étendait jusqu'à la mer Rouge, l'n peup e dont l'histoire nous est inconnue habitait ks contrées que nous appelons aujourd'hui la Nubie et l'Abyssinie, et que les anciens désignaient sous le nom (ÏJEthiopia supra Mgijptum. Ces premiers Ethiopiens étaient nomades, chasseurs et ichthyophages. Aussi se choisirent-ils des habitations dans le liane des montagnes et dans les excavations naturelles des rochers ; c'est piourquoi on les appela Troglodytes. M. Quatremère de Quincy a développé cette idée avec une ;;rande justesse de vues. {Dissertation sur l'architecture égyptienne, in-i% Paris. ) « Si ia chasse et la pèche sont généralement, dans l'ordre de la nature, un des plus simples et des plus faciles moyens de subsistance, il (^st hors de doute que les primitifs habitants de l'Egypte durent commencer par ce genre de vie. Répandus sur les bords d'un ileuve immense, ils durent longtemps trouver leur nourriture dans les eaux du Nil ou dans les plantes qu'il fait croître, avant de la chercher dans les travaux de l'agriculture

Combien de temps ces premières sociétés, se contentant des aliments sans apprêts qu'offre la nature, no durent-elles pas rester enfermées dans leurs antres , ayant d'avoir osé confier à un terrain annuellement inondé l'espo r de leur subsistance et la durée de leurs habitations ! » Mais les peuples de l'Ethiopie, comme toutes les sociétés humaines, se civilisèrent peu à peu et se livrèrent à la culture des terres. Alors ils songèrent à se faire des demeures plus spacieuses cl plus commodes ; toutefois l'antique usage prévalut encore et ils se creusèrent des cavernes dans les rochers. Il reste de nos jours une grande quantité de ces excavations ; mais les voyageurs qui les ont visitées ne sont pas d'accord sur la destination qu'elles ont

eues. Les uns prétendent qi>c ce sont do si[iij)lcs habilaliuns, les autres que ce sont dos palais ; ceux-ci veulent y voir des tomb;'aux, ceux-là assurent que ce sont dancier.s temples. Celte dispute paraît oiseuse, c;ir il est vraisemblable qu'on retrouve tous ces genres de monuments.

Il ne faut pas s'imaginer que les excavations dont nous parlons n'oliVenl que de lustiques cavernes ; elles sont décorées souvent d'un grand nombre de figures sculptées. Il est vrai que quelquefois ces embellissements ont été faits postérieurement aux travaux primitifs. Si l'on veut un exemple de monument troglodyte très-bien conservé, il faut voir la grotte de la montagne Tschabel-Essesel. On y observe des sculptures représentant des personnages assis devant une table, et des plafonds étoiles au milieu desquels des génies déploient leurs ailes. Parmi les monuments les plus anciens de l'Ethiopie, il faut ranger le temple de l'île d'Arègo, dont il ne reste que deux colonnes , e' le temple de Yv'ady-el-Miah, dont le s ..nctuaire est taillé dans le roc.

Les monuments troglodytes du second âge de l'architeclnre égyptienne offrent des souterrains taillés de main d'homme dans des rochers de granit et de porphyre. Ces monuments se lenconlrent surtout en Nubie. Nous devons citer parmi les plus importants le grand temple monolithe d'ibsambul, découvert par Reizoni, sur la rive occidentale du Nil ; c'est un monument honorifique de Rhamscs le Grand. 11 otfre une façade immense, décorée de quaire colosses assis, ayant 51 pieds de hauteur. A l'intérieur, on vb t un vestibule dune riche ornementation; un pronaos de 57 pieds de long sur 50 de large, dont le plafond est soutenu par 8 colosses de 20 pieds de haut , adossés contre les piliers, et placés sur deux rangs parallèles ; puis une cclla de 37 pieds de long, de 27 pieds de large, de 22 de haut; puis encore une seconde cclla ou sanctuaire, et 8 chambres creusées dans le roc.

ELÉGIR. — C'est rendre moins lourd un membre d'architecture , par des moulures plus ou moins riches qui servent à l'évider et à en orner les angles et lésa êtes. Ainsi, par exemple , les panneaux de menuiserie sont ordinairement élégis, dans les travaux tant soit peu remarquables du xv" et du xvr siècle. Ajoutons que Vélégissement , pour avoir quelque méiile, doit être pratiqué dans l'épaisseur même du bois.

ÉLÉVATlON.-^Représenlalion d'un édifice vu par Vextérieur, dans ses mesures exac:es et i)roporlionnelles , sans aucun égard à la perspective linéaire, en sorte qu'il n'ofiVe aucune ligne fuyante. Ordinairement une éléation e"st géométrale, c'est-à-dire que la face représentée est exactement parallèle au plan du tableau ou du dessin; cependant on fait aussi des élévations prises d'un point accidentel, lorsqu'on veut faire mieux comprendre le mouvement ou l'ngencement de certaines saillies ou de certaines retraites.

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Lorsque rùlévation rcprésciilo un iiiluricur, elle Si' Moiume coupe.

EMAIL, — L Ou appelle Email un verre rendu 0[)a(iue par l'iulroductiou d'uu(î certaine quanlité d'oxvde de [douib ou d'étaiu dans la masse de l'éuiail. Pour iieiudre cii émail, ou comuieuce par lixer de léuiail sur un corps appelé excipient, et qui a varié de nature à diverses é,i0(iuos. Dès les ti-m^s les plus reculés, les émailleurs de TEL^ype revêtaient d'une couche d'émail vert ou bleu divers objets en terre de poterie, ou bien en talc, eu sti'achiste, etc.

Les peuples de l'Europe occidentale perfectionuèieut Tart de l'émailleur. On choisit les métaux pour servir d'exci[)ient, et, en tadiant sur leur surface des creux formant un dessin quelconque, puis, en les rem|)lissant d'émail de diverses couleurs, on obtint des sujets assez importants par leurs dimensions et par leur exécution. Ce [)rocédé ()ar infusion de Témuil dans les creux du métal dura jusqu'au x.iv' siècle de lère chrétienne. Alors on cessa de pratiquer des interstices dans l'excipient : on le recouvrit tout entier d'une couche d'émail blanc, sur laquelle un peignit avec des couleurs vitriliables, (|ue l'on identitiail ensuite à la masse même de l'émail par l'action du feu. Telle est encore la manière de peindre en émail u^iice de nos jours : l'excipient est mtHallique ou non ; le cuivre, l'argent et lor sont les seuls métaux dont on se serve ; la faïence, la poteiie, le biscuit de porcelaine, et môme la lave, sont les excipients non métalliques.

La peinture en émail est imporiante, nonseulement en elle-même, mais encore par ses rapports avec quelques autres arts auxquels l'émailieur est d'un grand secours. L'orfèvrerie a loi gtemps tiré larti des décorations émaillées ; le mosaïste ne peut se f)asser d'émaux ; les cubes dont les anciens se servaient dans la composition de leurs ma.Anitiques mosaïques sont presque tous émaillés à leur surface ; la céramcjue apj)elle sans cesse l'émailleur à son secours pi)ur décorer ses faïences et ses poteries de grès. Le bijoutier, le niclleur, et autrefois l'armurier et le relieur savaient tirer parti de la \.e ntnre sur émail. Le peintre sur verre ne fait le plus souvent que de la peinture en Email translucide.

Avant d'entrer dans des détails archéologiques, nous indiquerons l'étymologie du mot émail. Ménage s'exprime ainsi sur l'ijrigiiie do ce mot : « L'Italien dit smallo et sinallare, pour émailler ; il y a apparence (jue nous avons |iris ces mois des Itahens; mais je ne sais ] as d'où h s Italiens l'unt |)ris. » Dans la basse latinité l'émail se dit smaltum, et il parait ([ue cette expression a une ressemblance frappanJc avec le mot correspondant dans hs langues germaines ou leutonujues. (Cfr. Polt, Ilccherches étijmologiqaes sur les lan'jucs iii(lo-(jeniiani(jucs, toaie. L page2'fo; et le Dictionnaire )nanucl allemand de Heyse.)

Il serait dif.k.Ie de faire 1 histoire dj

la découverte, de l'application et des progrès de l'émail, chez les divers peuples de l'anticpiité. Nous ne possédons pas encore d'assez nombreux documents <à ce sujet, et la comparaison, d'après le synchi-onisme des inornnnents, n'a |)as été faite avec assez de certitude sur un nombre suflisant de monuments. Bornons-nous à constater les faits et à décrire ceux (jui sont parvenus à notre connaissance.

Les émaux ég.ptiens sont regardés comme les plus anciens qui soient arrivés jusqu'à nous. Comme on en possède actuellement en Europe un grand nombre d'échantillons, on peut se livrer aux plus intéressantes inductions sur l'art du verrier et de l'émailleur en Egypte.

Il y avait en Egypte, dit Champollion, dans son Précis de Vhistoire d'Egypte, de nombreuses fabri([ues oiî l'on faisait une foule d'objets recouverts d'un émail de diverses couleurs. C'était, selon le même auteir, la source d'un commerce considérable, ainsi que les verreries. Ces émaux sont toujours monochromes et appliqués sur des poteries ou des pierres, telles que le calcaire, le schiste, le talc, le stéachiste. Les couleurs qu'ils all'ectent spécialement sont le vert et le bleu. Ces deux couleurs sont obtenues à l'aide d'un boro-silicate de cuivre et de potasse, le bleu avee excès d'alcali, et le vert par excès d'acide. Les autres couleurs qui se rencontrent le plus fiéquemment dans les éoiaux égyptiens sont le jaune, le rouge, le violet et le blanc.

On peut signaler, parmi les produits de l'art égyptien, des statuettes de dieux et de rois, des anmlettes représentant des animaux symboliiiues et sa.n-és, des ustensiles et instruments servant au culte ou aux usages domestiques, tels que des cuillers à parfums, d s sceaux destinés à marquer les victimes, des vases où l'on mettait des onguents et des huiles, des pendants d'oreilles sous forme de divers animaux de l'Egypte (grenouilles, poissons, scarabées, mouches, cygnes, lions, hippopotames, gazelles, lièvres, chats, hérissons], des colliers et des plaques de colliers, des anneaux, des cachets, des images funéraires ou ligurines imitant une momie, et tenant les instruments agricoles (pioche, houe, sac ])our mettre les semences, jougs, fuseaux, navettes, équerresj nécessaires pour accomplir les travaux auxquels les âmes sont censées se livrer dans les champs élysées , des vases funéraires destinés à conienir les entrailles des morts, des scarabées en 1er. e émaillée, servant de petite monnaie, et places dans les cercueils, et mille autres instruments domestiques. Le musée égyptien, au Louvre, contient une fort belle suite d'objeis émaillés de ce genre; la pureté et l'éclat de ces émaux monochromes sont réellement fort remarquables.

Oulre Cette série, déjài assez longue, dit ^L L. Dussieux, au ,uel nous em[)runtons ces détails, nous avons encore à signaler plusieurs ol»jets émaillés (jui acLèverunt do

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compléter Tindication des divers usages de l'émail chez les Egyptiens.

Au musée céramique de Sèvres, on conserve un petit vase égyptien en émail bleu, avec des ornements en émail blanc et jaune appliqués à la surface ; une statuette dont la masse est vitreuse, et recouverte d'un émail bleu -lapis très - beau : ainsi les Egyptiens ont su émailler le verre luimême.

Leurs mosaïques sont souvent composées de petits cubes émaillés. « On voit dans la collection égyptienne de Turin, dit M.

Champollion-Figeac {Résumé d'Archéologie, tom. I, pag. 203), un fragment de cercueil de momie dont les peintures sont exécutées en mosaïque avec une précision et une tidélité surprenantes. La matière est en émail, les couleurs sont très-diverses, et leur variété rend avec une resselublance parfaite le plumage des oiseaux. »

in.

Les colons égyptiens et phéniciens apportèrent chez les Grecs l'art de fabriquer les émaux, et cet art paraît s'y être développé assez rapidement. Dans l'origine, les émaux fabriqués par les Grecs conservèrent tous les caraclères des émaux de l'Egypte : ainsi, on a découvert à Milo, en 1829, un vase grec recouvert d'un émail vert, comme les poteries égyptiennes ( Bullet. de r Institut archéol. de Rome, 1831, pag. 184); et ce qui prouve que les émaux égyptiens étaient connus des Grecs, c'est qu'en 1828 on avait trouvé, dans la même île de Milo, des figurines émaillées , d'origine égyptienne, et couvertes d'hiéroglyphes.

Les Grecs ne s'en tinrent pas à ces revêtements monochromes; ils se servirent bientôt de l'émail pour produire divers objets de bijouterie ; ainsi, en prenant un certain nombre de filets d'émail de diverses couleurs et à l'état d'incandescence, en les roulant, en les contournant pour en former une boule, puis eri partageant cette boule par plaques, ils obtenaient des lames représentant des dessins bizarres, mais souvent agréables. On conserve à Sèvres plusieurs de ces plaques, d'un beau poli et d'un bon effet. Los Grecs eurent encore un autre procédé : en réunissant de petits filets d'émail coloré, ils obtenaient des dessins de toute espèce, assez semblables aux petites mosaïques de Florence employées de nos jours en bijouterie. On conserve à la Bibliothèque Nationale, à Paris, divers émaux grecs de ce genre.

On peut conjecturer que les Etrusques connurent l'art d'émailler. On conserve au Musée de Sèvres une poterie de terre cuite émaillée en bleu lapis, à la manière égyptienne, provenant d'un tombeau de l'Etrurie ; c'est peut-être le seul fait authentique (|ue l'on puisse citer. xMais, à Rome, l'art de I émailleur fit des progrès considérables. C'est là, selon toute a[)[)arcnce, rjue l'on

commença h entailler le métal et h y couler de l'émail. On obtenait ainsi tel dessin que l'on voulait ; le trait était formé par les saillies du métal.

Les Romains ont fait en métal émaillé une multitude de bijoux ; mais il existe surtout un vase romain en bronze émaillé, qui est à coup sûr le plus bel émail antique qui nous soit parvenu. « Ce vase a la forme d'un petit coquemar surmonté d'une anse mobile. Sur sa panse sont tracés des feuillages, des nervures et des bandes en émail coloré, dont l'excellente figure donne l'idée la plus satisfaisant? de la perfection des émaux romains. Les couleurs employées dans l'émail sont le vert , le rouge et le bleu. Ces couleurs sont appliquées suivant le procédé qui eut cours pendant tout le moyen âge , c'est-à-dire que l'on a creusé à l'aide du burin , ou peut-être pratiqué dans l'opération de la fonte, les enfoncements destinés à recevoir l'émail vitritiable, et que l'exposition du vase à un certain degré de chaleur a ensuite provoqué l'adhérence complète de l'émail au métal. » (Monuments FRANÇAIS, par Villcmin, texte, pag. 22.) Ce beau vase a été trou'vé en 183i., dans le comté d'Essex, en Angleterre, dans un tombeau romain. M. Gage en a donné une description et une fort belle gravure coloriée. (VOY. Archœologia, tom. XXVI, planch. 35, pag. 310.) On conserve au Louvre, à Paris, plusieurs fibules romaines en bronze émaillé.

Enfin, pour terminer ce gui nous reste à dire sur l'histoire de l'éiuail dans l'antiquité , nous dirons un mot des émaux gaulois.

Philostrate dit, dans son livre initulé Les images , que les Gaulois étendent des couleurs sur de l'airain, qu'elles y adhèrent et qu'elles deviennent inaltérables. Voici la traduction de ce passage :

« On dit que les barbares qui habitent près de l'Océan coulent des couleurs sur de l'airain chauffé, et qu'elles s'unissent au métal ; puis, que devenant aussi dures que la pierre, elles conservent les dessins qu'on y a tracés. »

Philostrate ne dit pas positivement que ce soient les Gaulois qui fassent ces peintures ; cependant tout semble le prouver, et Welcher cite le passage suivant de PJine à l'appui de cette opinion :

« Album (l'iumbum) incoquitur aereis operibus Gailiarum invento, ita ut vix discerni possit ab argento , eaque incoctilia vocant. Deinde et argentum incoquere simili modo cœpere equorum maxime ornamentis, jumentorum jugis, in Alexia oppido; reliqua glorii Biturigum fuit. Cœpere deinde et esseda et véhicula et petorita exornare; similique modo ad aurea quoque, non modo argentea staticula inanis luxuria pervenit; quœque in scyphis cet ni piodigium erat, hœc in vehiculis atteri cultus vocatur. » (Plin., lib. xxxiv, cap. 17, § 48, De Incoctilibus. Cl'r. Beckm. Reytr. zur Gesch. der Erfind., tom. IV, pag. 3G1.)

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Des ih'couverles récenles prouvent que \vs Gaulois savaient f>iiie des émuix. On a trouvé en 1838, à .Mars,il, dé|»arlcment do la Mcurtlie, vins:;t squelettes enîouis dans un détritus végétal. Chacun de ces squelettes avait au cou des colliers de bronze , avec des bracelets et des anneaux aux bras et aux doigts. L'un de ces colliers est orné de rosaces d'un émail vert ou bleu ; ces rosaces sont encliAssées dans le bronze. On a découvert plusieurs autres éciianlillons semblables ou analogues dans d'autres localités, et notamment en 18i0, à Laval, })rès de Sainte- Menebould, et à Sompuis, près de Vilry-le- Français. Quelque vagues que soient les témoignages historiques, et quelque peu considérables que soient les spécimens découverts, on en peut conclure néanmoins avec justesse que l'art d'émailler n'était pas inconnu dans les Gaules.

L'étude des émaux du mo.ven âge est pleine d'intérêt. On y trouve un sujet d'observations de plus d'un genre, surtout à cause des nombreuses applications de lémail qui ont été faites aux châsses et à mille objets ditférenls. Pour les développements dans lesquels nous allons entrer, nous suivrons comme guides MM. J. Labarte et l'abbé Texier, de Limoges.

L'émail est ai)pliqué sur les métaux de trois manières dilTérenles; de là trois classes distinctes d'émaux :

Les émaux incrustés ;

Les émaux translucides sur relief;

Les émaux peints.

Ces trois manières d'employer l'émail correspondent à trois époques très -distinctes.

Emaux incrustés. — Les émaux incrustés sont de deux sortes; les uns ont reçu de quelques antiquaires le nom de cloisonnés, ou à cloisons mobiles, les autres le nom de champlevés. C'est le mode très-dill'érent de dis[)oser le métal pour exprimer les contours du dessin qui établit la distinction entre ces deux sortes d'émaux incrustés.

Expliquons d'abord les procédés de fabrication des émaux cloisonnés.

La p]a([ue de métal destinée h servir de fond, préalabhni'nt disposée dans la forme que la pièce h émailler devait avoir, était garnied'un petit rebord pour retenir l'émail. L'émailleur prenant ensuite de [)etites bandelettes de métal très-minces et de la hauteur du rebord, les contournait par petits morceaux de manière à en fornier les traits du dessin des figures qu'il voulait reproduire. Ces petits morceaux étaient réunis et fixés sur le fond de la placjue. La pièce étant ainsi disposée, 1 s diiierents émaux réduits en poudre très-dne et humectés étaient introduits dans les interstices (juc laissait le dessin, jusipi'à ce que la pièce à «^mailler filt entièrement remplie. Elle était alors pla'.ée sur une feuille de tôle et por-

tée dans le fourneau. Quand la fusion de la matière vitreuse était cnra])lète , la pièce était retirée du fourneau avec certaines précautions, [)0ur que le refroidissement se fit graduellement. Si l'émail avait Ijaissé au feu, on en remettait une seconde charge du plus fin possible, et l'on reportait la pièce au feu jusqu'à ce (pie la surface unie et plane de la matière vitreuse s'éh'vât au moins à la hauteur du rebord de la [)laque et des filets de métal qui traçaient le dessin. L'émail, après son entier refroidissement, était poli par di(îi''rents moyens.

On comprend que, dans cette manière de procéder, les anciens devaient employer de l'or très-pur et des émaux d'une fusibilité extrême, pour f{uc la plaque ne subît pas d'altération au feu , et que les bandelettes si menues de métal, qui rendaient les contours du dessin, n'entrassent pas en fusion à la chaleur qui fondait la matière vitreuse.

Le mode de fabrication que nous venons d'indiquer succinctement est décrit avec détail dans l'ouvrage si curieux du moine Théo- })hile Diversarum artiwn schcdula. M. Jules Labarte, dans son ouvrage déjà cité, ouvrage plein de science et de goût, dans lequel nous puisons beaucoup de détails sur l'émaillerie au moyen âge, analyse et interprète d'une manière fort intéressante le passage du moine Théophile relatif à la fabrication des émaux cloisonnés. Nous renvoyons à son livre ceux qui voudraient voir ce curieux passage, un peu trop long pour être rapporté ici in extenso. [Description des objets d'art qui composent lu collection Debruge- Dumesnil, précédée d'une introduction historique, par Jules Labarte. Paris, 18i7, 2 vol. in-S".)

Maintenant, dit le même auteur (//i^rod. hist., pag. 115], nous allons signaler les monuments sur lesquels, à notre connaissance, on peut rencontrer des émaux cloisonnés.

Ces émaux sont fort rares; fabriqués le plus ordinairement sur fond d'or, ils n'ont pu échapper qu'en petit nombre au creuset de l'orlévre, lorsque le goût des émaux a été remplacé, dans l'ornementation des vases d'or et d'argent, par celui des sujets gravés, ciselés et repoussés sur le métal.

On peut voir à Paris :

A la Bibliothèque nationale, 1" l'épée, la platîue de manteau et les abeilles trouvées, en 11)53, dans le tombeau de Childéric, à Tournay.

Un travail de sertissure assez grossier forme, sur la plaque de manteau et sur la cha|)e du fourreau de l'épée, une espèce d'échiquier, tlont les interstices sont remplis par des émaux coloi'és translucides. Dans la [)l(ique de manteau, les émaux n'ont pas de fond et sont à jour.

2° Un plateau creux en or, de forme oblongiie; il e.st décoié d'une bonlure présentant aux angles des trèlles et sur les parties droites des losanges, qui sont rendus par de petites bandelettes d'or contournées et posées sur le fond. Ces ornements sont remplis jiar de l'émail grenat, qui a beaucoup

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