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poisson avec des lettres qui font le nom de Jesis. Ces pierres appartieuncnl-ellcs cert.iinement aux basilidifns ou à d'autres hé*rétiques ? C'est un point diflicile à éclaircir. Les antiquaires chrétiens savent tous que \v. poisson a été, dès les prtmieis siècles du christianisme, employé comme un symbole de Notre-Scigneur. On en voit In ligure avec une intention évidemment chrétienne dans les Catacombes de Rome, sur les tondjoaux des martyrs el en d'autres enJro ts non suspects. Une autre pierre où on lit en lettres partie grecques , i)artie latines , E1S\YS CHRESTVZ, GABRIE, ANANLV, AME, peut être attribuée aux gnostiques avec fondement. Le nom de Jésus-Christ y est altéré, comme l'on voit. D'un coté de cette même pierre est représenté un homme nu qui porte la couronne radiale ; il hausse la main gauche et tient un fouet de la droite. Au revers, après quelques figures qui semblent marquer des constellations, on lit l'inscription que nous venons de rapiiortcr. La figure du soleil marque, selon l'observation des historiens, que les gnostiques croyaient que Jésus-Christ était le soleil.
« L'hérétique Rasiiide, dit ïertullien, affirmait que le Dieu su|.rômc était Abrax^js, créateur de l'entendement, que les Crées appellent -jo-Zç ( nous ): de l'entendemeiit vient le Verbe, du Verbe vient la Providence, de la Providence, la vertu et la sagesse ; de celles-ci, les principautés, les puissances et les anges. Il prétend que ce sont les anges qui ont composé 365 cieux. 11 compte au nombre de ces derniers anges, (jui ont créé le monde, le Dieu des Juifs qu'il met le dernier de tous, c'e^t-à-diro le Dieu delà loi et des prophètes, qu'il dit n'être pas Dieu, mais seulement un ange. » Saint Jérôme jjarle souvent du monstrueux Abraxas de Basilide, et ses paroles sont expliquées par le passage suivant de saint Augustin : « Basilide, dit ce saint docteur, assurait qu'il y avait SGo cieux: le même nombre de jours renferme t<)uto l'année; c'est {jour cela qu'il regardait le mot Abraxas comme saint et vénérable. Les lettres de ce nom, selon la manière de su})puter des Crées, font ce nouibre ; il y a sept lettres, «, §, p, «, ?, «, o-, qui font un, deux, cent, un, soixante, un, et deux cents : ce qui fait en tout trois cent soixante-cinq. »
Ces passages, propres à jeter (juclque jour sur les doctrines étrang(S du gu! sticisme, expliquent aussi l'origine des suj)crslilions qui entourèrent si longtemps les Abraxas. Ces Abraxas se retrouvorit non-seuleinei;l en Grèce, en Asie, en Egypte, mais encore en France. iNiarc, sectateur de Basilide, sema -•-es jiernicieuses doctrines dans les régions arrosées par le Rlioi-.e et la Garonne et dans les provinces voisines.
Comme les Abraxas offrent des typ.es fort variés , D. Monttaueoi-i les a div ses on sept classes. La première r* nicrmc les .Abi-axas à tête de coq; la se(>onde, ceux qui ont ou la tête ou tout le corj)S de lion, dont l'inscription est qu(>lipn'tois MiiHRAs ; la troisième, ceux qui ont la ligure ou rin5Ciij)lionde Se-
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npis ; la quatriijmo offre des anubis, dosesc;rbots , des serpents, des sphinx etdessin-
'ges ; la cinquième, des figures humaines, so'.t avec ailes, soit sans ailes ; la sixième, dL'S inscriptions sans figures et des inscriptions hébraïques; la septième contient quelques Abraïas d'une ligure si extraordinaire qu'ils ne pe'ivent pas être rapportés aux divisions prôcédenles.
Il ne peut entrer dans notre plan de donner la description détaillée même des Abraxas les plus curieux : nous renvoyons au tome 111 de VAnti(]uitc expliquée les personnes qui vou iraient avoir des notions plus étendues sur cet ob;et. Nous ajouterons en terminant qu'il est arrivé quelquefois que des signes symboliques aient été postérieurement a, outés sur les Abraxas gravés sur des pierres précieuses. Cette addition a été faite dans un temps où l'on ne comprenait plus la valeur des emblèmes dugnosticisme et où l'on regardait uniquement à la finesse et au prix de la pierre elle-même. Du reste, la signification des figures employées par les basilidiens et les marcosiens se perdit de bonne heure, parce que la tradition seule la faisait connaître aux initiés. Au po:nt de vue historique et archéologique, les Abraxas seront toujours intéressants. Les collections
' qui en ont été amassées à grands frais pourront être consultées avec fruit par les écrivains qui traiteront de l'histoire du gnos-
ticisine.
ABSîDAL.— On emploiele mot aftsirfo/ pour désigner tout ce qui a rapport à l'abside. Les ch-ipelles qui entourent le chevet s'appellent absidales, pour les distinguer de celles qui se trouvent le long des bas-côtés de la nef ou dans les murailles du transsept.
L'enceinte absidale a toujours été regardée comme sacrée, et interdite aux laïques. Nous lisons dans les canons des conciles provinciaux des défenses à ce sujet, faites sous des peines sévères. H est à désirer que les ])rescriptions antiques à cet égard soient toujours respectées dans nos églises ; ce n'est que par suite d'abus qu'on laisse pénétrer jusque dans le lieu le plus vénérable de l'Eglise les personnes de tout sexe. Pr^milivement, les femmes ne venaient à l'entrée de l'abside que pour y recevoir la communion. Cette exception est formellement exprimée dans un concile de Tours.
Le pavé de l'abside était souvent formé de marbre de diverses couleurs, de mosaïques, d'incrustations et de matières précieuses. Aux siècles de foi, on s'empressa t de décorer l'enceinte absidale de ce que la nature et l'art avaient de plus splendide. Dans certaines basiliques, les muradles absidales étaient revêtues de lames d'or et d'argent ; ailleurs, elles étaient recouvertes de peintures plus précieuses encore que ces riches métaux : l'art y étalait ses chefsd'œuvre , et en Italie, c'est dans cet endroit que l'on admire les plus belles compositions des anciens maîtres.
ABSIDE. — L'abside est l'extrémité d'une église, d'une ni, d'un transseiit, de forme
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semi-circulaire ou polygonale. Suivant son étymologie, le mot grec abside ou apside signifie une voûte, un arc, fornix, arcus : dans les basiliques, en effet, l'abside était la seule partie qui fût recouverte d'une voûte, et elle communiquait avec le transsept et le reste de l'édifice par une large arcade qui était Vapsis proprement dit.
D'après Ducange, le nom d'abside se donnait aussi au ciborium qui s'élevait au-dessus de l'autel ; il a également servi <\ désigner les chAsses où l'on enferme les reliques des saints. Il est difficile de se faire toujours une idée très-exacte de la signification de ce mot dans les anciens auteurs profuies ou ecclésiatiques. Ainsi que le ftit judicieusement observer l'auteur du DicAonnairt de Trévoux, cette expression est emjdoyée en des sens différents par les vieux écrivains, en serte qu'il nous est actuellement impossible d'en distinguer d'une manière précise toutes les nuances et toutes les modifications. L'auteur du Dictionnaire des arts du dessin, M. Boutard, k l'article Abside, dit aussi qu'on n'est pas entièrement d'accord sur le vrai sens de ce mot. Quoi qu'il en soit, depuis que l'étude des monuments chrétiens a été mieux cultivée, on att '.che à cette expression une signification bien déterminée, qui, appliquée aux monuments d'architecture, ne laisse pas la moindre incertitude. Il serait inutile de citer ici un grand nombre de passages des écrivains ecclésiastiques, et d'essayer de les expliquer : le savant Mabillon l'a heureusement tenté pour découvrir et fixer le sens exact de certaines expressions qui reviennent fréquemment sous la plume des historiens et des chroniqueurs ; mais une étuJe si aride ne peut être entreprise que lorsqu'il s'agit de textes d'une importance majeure. Ce serait, toutefois, rendre un service à l'étude des antiquités chrétiennes que d'entreprendre un travail sur les absides de nos anciens édifices, en s'appuyant sur les documents historiques, sur les données de l'archéologie et de la philologie.
Pour se former une juste idée de l'origine, de la forme et de la destination de l'abside, il est nécessaire de se rappeler les principales dispositions de la basilique latine primitive. {VOIJ. BASIilQUE.)
Lorsque la basilique romaine servait de salle où se rendait publiquement la justice, les juges et leurs assesseurs occupaient l'abside. Là était le tribunal proprement dit, et c'est pour cela que cette partie est quelquefois nommée tribune. En face de cette abside étiit l'enceinta réservée aux avocats, grcftieri et autres officiers de la justice. Cette place convenait bien au président de l'assemblée , l'abside étant comme le point où tout se dirigeait naturellement, soit dans les lignes de la construction, soit dans la disposition des lieux.
Lorsque les basiliques civiles furent consacrées à la célébration du culte chrétien, après la conversion de Constantin, l'évoque, le président par excellence de l'assemblée