‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 24 sur 195 · AB · texte numérisé non relu

AB

ABS

nliie de la cathédrale de Noyon (texte par M. Vitt't, dessins par M. Dtiuiel llamée ), on tiouve la figure de toutes les églises importantes qui présentent la même modification à la terminaison des branches de la croisée. On y remarque les églises de Sainte-Marie du Capitole, à Cologne ; de Saint-Martin-le- Grand et des Saints-Apôtres, aussi à Cologne ; de Saint-Cassius et de Saint-Florent à Bonn ; la cathédrale de Pise, la cathédrale de Tournay; Saint-Cyriaque à Ancônc; Saint-Liphanl de Meung, au diocèse d'Orléans ; l'église de Saint-François-d'Assise, dans les Etats-Romains ; Saint-Quirin do Neuss, dans la Prusse-Rhénane ; l'église de Sainte-Elisabeth de Marbourg, dans la Hcsse électorale ; Sainte- Croix de Quimperlé, au diocèse de Quimper; Saint-Jean-Baptiste de Ristord, au diocèse du Puy ; Saint-Germain de Querqueville, au diocèse de Coutances ; la Sainte-Trinité de Gcrmigny-des-Prés, au diocèse d'Orléans ; Saint-Saturnin, près de Saint-Wandrille, au diocèse de Rouen ; Saint-Sauveur de Saint- Macaire, au diocèse de Bordeaux. Les plus anciens exemples, de cette disposition se vo'ent àrla basilique de Saint-Pierre-ès-Liens, à Rome, et à Sainte-Marie de la Conception de Bethléem.

Dans le midi de la France et en Italie, l'abside des églises est souvent ornée àl'exterieurde frises, d'archivoltes, d'arcatures, d'en roulements et d'incrustations en mosaïque de pierres de diverses couleurs. Cette décoration produit de loin un effet agréable par l'opposition des couleurs et par la forme des ornements géométriques. Nous retrouvons l'application de ce système fréquemment en Auvergne, oii les constructeurs avaient sous la main des laves de couleurs variées. Dans le centre et le nord de la France, ce mode d'ornementation est à peu près inconnu.

Dans certaines églises, on a établi deux absides à chacune des extrémités orientale et occidentale de l'édifice. Ces monuments curieux ont été désignés sous le nom d'églises à contre-abside. Nous citerons en exemple les cathédrales de Maycnce, de Worms et de Sp re, sur le Rhin ; celles de Ncvers et de Besançon en France. Nous avons s'giialé, il y a jilusicurs années, dans notre ouvrage Les cathédrales de France, ces faits si intéressants dans l'histoire de l'architecture chrétienne, dans les termes suivants : « La cathédrale de Nevers, construite sur un plan qui n'a guère d'analogie en France, présente à ses doux extrémités deux grandes absides terminales , comme les églises allemandes de Mayence, de Worms et de Spire. La cathédrale de Verdun, avant la prétendue restauration consommée dans le cours du siècle dernier, présentait également deux absides qui avaient la plus frappante ressemblance avec l'abside actuelle de Sa'nte-Julitle. L'abside or-ientale est destiiiiJo aux offices du chapitre; l'abside occidentale est consacrée à sain'c Julitle, mère de sa nt Cyr, patron de la catliédralc. Le transsopt n'occupe pas la position qui lui est (irojirc dans nus autres monuments, c'cst-

h-dirè entre le chœur et la i;ef; il est rcjelo h la base de la nef, absolument courue dans l'église des Saints-Apôtres, que nous avms visitée avec tant d'intérêt à (Pologne, où l'on trouve tant de monuments reniar(|uables de; divers îlges. Mais comment expliquer l'existence de deux absides dans la cathédrale de Nevers ? Adopterons-nous l'opinion de ceux qui pensent que l'édifice n'était pas dans l'origine régulièrement orienté et que l'entrée principale était située au levant? ou bien ne verrons-nous dans cette disposition que l'effet d'un bizarre caprice ? Ne pourrait-on [las présumer, avec quelque a[iparence de vérité, que les deux absdcs do Nevers avaient primitivement la même destination que celle qu'elles ont actuellement selon l'usage encore en vigueur à Mayence, où l'abside orientale sert aux offices capitulaires, tandis que l'autre est consacrée aux besoins religieux de Ja paroisse? Telle est notre opinion. Elle est confirmée par les coutumes de |)lusieurs églises épiscopales, et elle pourrait s'ajipuyer encore sur le plan d'un édifice fort curieux du Nivernais et qui mallieureusement a disparu. L'égliso de la Marche avait été bâtie de manière à présenter deux a! sidos opposées : on en voit le plan dans ï Album piiloresqiic du Mvernais. »

Dans les églises à conire-abside, il n'y a point de façade occidentale, avec tours cl portails chargés de statues et de slalu 'ttcî . Les portes sont forcément rejetées sur les flancs de l'édifice, où elles n'ont pas l'importance dont elles jouissent dans tous h s monuments élevés sur de grandes proportions.

Les absides sont assez souvent peintes à fresque, et l'on y représente plusieurs sujets religieux : on y a placé communément l'image de Notre-Seigneur, la tète entourée du nimbe crucifère , accompagné des quatre évangélistes ou de leurs figures symboliques. Plusieurs des basiliques romaines conservent encore cette décoration de l'abside qui produit toujours un effet imposant et qui commun=fiue au reste de l'édifice un caractère majestueux. Malheureusement nous avons perdu en France les chefs-d'œuvre que le moyen Age nous avait légués sous ce rapport ; nous n'en jjossédons plus aujourd'hui que de faibles débr's.

L'usag' do peindre l'abside des églises remonte k la plus haute antiquité ecclésiastique. Voici les jiaroles de Dosithée dans le synode de Jérusalem : « 11 est étonnant, dilii, que les héré(i([ues n'aient pas vu Jésus- Christ rei résenté dans l'hémicycle du sanctuaire sous la figu'.- d'un petit enfant, dans le disque sacré (u l'auréole; car ils pouvaient reconnaître que, comme les Orientaux roprésenti nt au d dans du dsquo, non pas la figure, ni la gnU'O, ni aucune autre chose, mais Jésus-Christ lui-même ; ainsi ils croient que le pain de l'eucluiristie n'est \)ni^ autre chose, mait. qu'il est subslantiellcMncnt lo ce)ri»s même de Jésus-Christ. » Les Grecs on» toujours gardé cei usage ; leurs églises et burlyut la partie absidale sont cons!am-

Page 1