A'JA
railles ; on en faisait aussi de solennelles h la d'dicacedes églises. Le concile de dangres, tenu . u commencement du iv« siècl-, déclare anathème à ceux qwï méprisent les agapes. Si guis despicil cos gui fuldiier agn- P'is , id et convivid pnvperib)is alhhenl, et vroptfr hvnorem Dci conv cunt fratrrs , et noluerit communicire hnjusceinudi v cntionibus, parriixndcns giio l grrilur, anithemi sil : « Si (pK'l'pi'un uK'iji'ise ceux (jui oUVent fidèlement des agapes, c'est-h-dire des festins aux [)auvres , et qui convient h'urs frères pour honorer Dieu , et s'il ne veut prendre part à aucune de ces invitations, ne faisant pas grand cas de €0 qui s'y pratique, qu'il soit analhème. » A c. Ile éjlo "lUe déj^ les agajjcs avaient dégénéré de leur caractère primitif de simplicité-, de cordialité, d'amour chrétien. L'S abus devinrent si noinbr( ux et si criants, que l'Kglise les sup|)rima. S.dnt Ambrois,', qui les fit disparaître à Milan, nous ap;ireMd qu'on en était venu à faire dresser des lits dans les églises, afin que les convives fussent commodémi nt couchés m prenant part h ces festins d'oii la frugalité était souvent bannie. Saint Augoslin imita la conduite de saint Arabroise et suppriu^a les agapes dans son Eglise d'Hippone; il n'y parvint pas sans peine.
En beaucoup de lieux on conserva jus pio dans le moyen Age les vostig"s des festins religi.^ux des agapes. Le pape saint Grégoire le Grand permit aux Angais récemment convertis par saint August n, leur apôtre, de se livrer à des festins r. ligieux , lorsqu'on faisait la dédicace d'une église, ou que l'on cél.'brait la fête des martyrs; mais il était défe<iclu de servir ces repas dans l'intérieur des églises : on dressait la table du festin sous des tentes de feullage dans le voisinage du temple.
En étudiant les peintures des Catacombes romaines , on se convainc de plus en plus (Foy. Catagomhes) que les premiers artistes chrétiens traitaient les sujets dont ils étaient chargés avec un esprit ple'n de réminiscences païennes. C'est au point que jilusieurs antiquaires ont avancé que les tableaux figurant des agapes devaient être ra[)portés aux usages païens et non aux pratiques du christianisme. 1.1 est inutile de combattre un sentiment qui a été connnunément abandonné , surtout depuis que les archéologues ne font aucune <liniculté d'admettre que dans un certain nombre de compositions sculptées ou peintes des cimetières sacrés, on rencontre une grande analogie entre certaines scènes attribuées à la religion chrétienne et d'autres ajipartenant aux coutumes de la société païenne. Peut-être M. C. llobert s'est-il laissé emporter trop loin , (juand il avance , dans son Cours d'histoire monumentale des premiers chrétiens, qu'aucune [)einture des Catacombes ne saurait être considérée comme la représentation d un ilc ces pieux festins. M. R. Rochelle tious semble être entré dans une voie bien plus ralionu' lie, en soutenant que ces tableaux nous oiit conservé l'imag» fidèle des agaj)es d • la primitive' Eglise, et
185 AGA
qu'ils forment :\ ce titre un dos éh^mentsles plus curieux de rarcliéologie chrétienne.
Parmi les peintures qui ornent un assez grand nombre de chapelles et d'oratoires des CataGombesdeRome,principvd:MUonldans les cimel ères de Saint-C;dixt(\ de Saint'.'-Agnès, rie Sainte-PrisciJIe, de S.ùi.t-Marcellin et de Saint-Pierre, nous choisirons de jiréférence celles qui, appaitenant, suivant toute apparence, à réf)oque la plus ancienne, et oll'rant ce sujet sous la Ibrui" la plus complète, constatent en même temps de la manière la plus positive la source antique où les auteurs de ces peinlures en avaient puisé la composition et les détails.
La peinture du cimetière des saints Marcellin et Pierre (l), présente six personnes h table, hommes et femmes alternativement. C'S six convives sont assis, ce qui est couforme à l'usage de l'antiquité romaine. La table oiî sont"" placés nos six convives chrétiens a la forme semi-circulaire , qui était particulièrement usitée en pareille circonstance (2). La forme serai-circulaire est-elle empruntée aux croyances superstitieuses des anciens qui, regardant la lune comme l'astre des morts, employaient, en son honneur, aux repas funéraires^ des tables en croissant ou en demi-corde? Certains auteurs considèrent l'emprunt connne évident. Quoi qu'il en soit, la disposi ion dos personnages et l'action qu'on a voulu exprimer sont rendues très - naïvement. Un des convives tend la main pour recevoir nn vase qu'on lui présente, et de la piTSonne oui offre co vase on ne voit que le bras qui le porto. Un autre convive vide un vase qu'il tient de la main droite en faisant jaillir la liqueur daii^ la bouche , comme on le voit dans plusieurs peintures de Pompéi, oiî sont représentées des scènes de repas domestiques. Le peintre des Catacombes a commis une faute en mettant à la main de son personnage un vase de forme ronde, au lieu d'un vase en forme de corne ou de rtiylon (3).
Une des peintures les plus intéressantes , sous quoh^ue ra[)port qu'on l'envisago, entre toutes celles qui sont relatives à la célébration des agapes , est celle de ce môme ciiuetière de's saints Marcellin et Pierre, qui forïae le tableau principal d'une niche sépulcrale en forme d'arc. A une table également semi-circulaire et qui enveloppe dans l'intérieur de son demi-cercle une autre petite table ronde en trépied, sont assis cinq convives : lieux femmes siègent aux extrémités de la table ; elles ])ar;.issent surveiller la petite table ou ciùiHa cm sont posés les plats. Ceux des convives dont la nappe ne cache pas lés jambes sont f)ieds nus ; les trois femmes, la tète nue, ont deux boucles de cheveux relevées au haut du front. Les deux hommes on; au-dessus de leur tète deux inscriptions qui s'expliquent par les gestes des personnages. L'un tend la main vers un
(\) BoUari, Pillure, loni. II, tav. CVIII et CIX.
h) Ibid., tav, CXXVII.
(j) Rochelle, Tubleau des Catacombes, p. 1-40.
AGA
joune homme qui porte un vase h boire, cyathus, et qui est dans l'attitude d'une ()ersonne qui se dispose à exécuter des ordres. Voici les deux insirij^tions :
IRENE DA CALDA,
Jrêné donne (/'eau) chaude.
AGAPE MISCEMI,
Agapê, mêle-moi ( de l'eau dans le vin ).
Los noms grecs et significatifs /rené et Agnpé, c'est-à-dire Paix et Charité, que portent ces deux femmes, indiquent suflisamment l'objet et le but de ces repas où elles remplissent des fonctions caractérisliques. L'une d'elles est chargée de donner l'eau chaude, l'autre de mêler Veau avec le vin, suivant les habitudes de la société antique, qui étaient devenues, à ce qu'il paraît, celles de la sociét' chrétienne. Il n'ost pas sans intérêt de remarquer que, de chaque côté de ce tableau principal , sont représentées, dans des cadres elliptiques, les deux principales circonstances de l'aventure de Jonas ; audessus, le bon Pasteur, dans un caJre ovale formé de pampres ; et dans le champ de la peinture, deux tètes d'hommes couronnées de laurier, et placées dans des couronnes pareilîementde laurier qui expriment sans doute ici l'i iée du martyr, au moyen d'une de ces réminiscences antiques, appropriées au christianisme.
Dans les tableaux relatifs aux agapes, les personnages sont habituellement assis, au lieu d'être couchés à table, comme c'était la coutume chez les Orientaux. Les Lacédémoniens, les Etrusques et les austères Romains de la République mangeaient assis. Le luxe ayant amené d'autres usages, la femme romaine, toujouts plus digne et plus grave que la femme asiatique, ne cessa jamais de manger assise : frminœ, cubantibus viris, sedentes cœnitnbant, dit Val ère-Maxime.
Les chrétiens paraissont s'être longtemps reconnus à la fraclion du pam, s'gne auquel les disciples d'Emmaûs avaient reconnu leur maître. L'usagf de tracer le sign > de la croix sur les mets et les coupes so transmit même aux barbares. Il ne faudrait pas néanmoins en conclure toujours que les tableaux primitifs où l'on voit des i)ains ronds marqués d'une croix sont nécessairement chrétions; car les Romains traçaient sur leurs pains une espèce de croix, même avant Jésus- Christ. Horace a dit :
El milii dividiio fundetnr munere qiiadra. Juvénal exprime la vie d'un parasite par les mots suivants :
Aliéna viverequadra.
On lit de même dans Martial :
Nec te Ma juvant , nec scclœ quadra placenlœ.
L'Eucharistie, dans les Catacombes, dans les cérémonies de la primitive Eglise, comme aujourd'hui, était le but du culte chrétien. Les agapes des premiers siècles avaient été élabliesalin que les chrétiens suivissent exactement ce qui s'était pratiqué dans l'insli-
AGE
tution (le ce saoronioiil h la (loriiitMc Cène. Si l'on 110 trouve sur les peintures des Catacoriihos rien qui ait Irait imniédialeuient au doi^nie de la {trésence réelle, on découvre, dans les bruits absurdes ({ui circulaient parmi les païens au sujet des repas njystérieux: des Agapes, comme un écho di s croyances chrétiennes. On leprodiait aux chrétiens de manger un enfant iiouvcau-né dans h urs festins noctuiiics. Connu nt les |)aiens eussent-ils couru cet horrihhj l»ré,ugé, si la croyance de l'Eglise à cette é|)0([ue n'avait 1)33 été en faveur de la jtrésence réelle ou de la transsubslatt dation ? Lvs |)roleslants auraient bien mauva se giViC! à alléguer contre le dogme catholique le silence de certains monunienis, lors(pie des millions d'autres monuments font entendre un langage clair et intelhgible.
Ar.E DES MONUMENTS.— L'archéologue a grand intérêt à connaître l'iige des monunienis d'une manière positive. Il ne peut y parvenir qu'à l'aide de l'histoire et de la critique archéologique. Les traditions sont souvent trompeuses, et il n'est pas rare de lire dans des histoires, d'ailleurs savamment écrites, que telle église remonte au siècle de Charlemagne, sans que l'auteur paraisse se douter qu'elle a pu être reb;Uie plusieurs fois dans le long cours des siècles. Il est nécessaire que la cr. tique des monuments, science nouvelle , mais aujourd'hui trèsavancée , vienne contrôler la véracité des historiens. Les documents historiques euxmêmes, quand ils remontent à une époque reculée, ne sont pas toujours très-certains. On a falsifié au moyen ;1ge des pièces plus importantes que celles qui se rapportent à la fondation d'une église, et l'on conçoit combit n, ici, le chroniqueur qui écrivait , mû par quelque intérêt particulier ou par un zèle déplacé pour l'honneur de son église, à l'abri du contrôle de la publicité, pouvait aisément consigner dans son livre des erreurs involoniaires ou calculées, qui plus tard sont devenues des preuves pour les gens inattentifs ou trop confiants, et des embûches ou au moins des embarras pour l'érudit.
il ne faut donc généralement admet re les dates é(ri(es, h moins qu'il ne s'agisse de tilres aulhentiques, ayant une date certaine, «ju'avec beaucoup d(; circonspection, lorsque surtout elles paraissent en désaccord avec le style des monumen's : le style est la véritable pierre de touche des cocuments écrits, et l'étude en a déjà servi à ruiner bien des échafaudages éijvés par la seule critique littéraire.
S'il était besoin de donner de nouvelles preuves des chances d'erreur auxquelles on s'expose en accep.ant sur parole ce que les chroniqueurs du moyen âge nous disent des monuments, quand par hasard ils en parlent, nous n'aurions que l'embarras du choix. Ne lisons-nous pas dans un manuscrit cité par le 0'«//iaCVjrt.s7iVma,qucréglisedeJumiéges tout cticre fut rcb.Uie en 1230., lorsqu'il est aus i clair que le jour que rancienne nefdu xi' siècle est encore debout au'joiud'hui, et que
DiCTioNN. u'Arcuéui.ugie sacrée, l.
AGE ï,),;
le cliœwr seul fut rweonstruit au xiu' siècle? Ne trouvons-nous pas encore dans k- (ialliu Christiana (loin. XI, col. 020) (pu' r.uillaumu Le Uoy, abbi- de J.essay en i;JH5. a éto fondateur de l'église de soii abbaye : Ecclesiam inifionsse dicitur ? Or, cette église est un numiiment du xi' siècle, sans auciuie addition |tostérieure. Evidemment (iiiillanme Le Hoy n'avait entrei ris en 1385 qui; qucques réparations.
Encore un • fois, les écrivains du moyen cOge ne doivent être consultés \nv l'archéologue qu'avec la plus grande circonspection. S'il s'agit de ni-iviléges concédés ou refusés à l'église, de legs ou de donations, de discussions entre l't'vêque et son eha[)itre, de conflits de juridiction, de questions de discipline, de fondations de chapelles, d'établissement d'autels ou de services, d'actes de dévotion, de procès avec les seigneurs voisins, en un mot, daflaires ecclésiastiques, vous pouvez compter sur l'exactitude dis narrateurs. Mnis quant à ces phrases si rares , si laconiqi;es et si obscures, qui leur échappent à l'occasion des monuments, il n'en faut faire usage qu'en marchant avec précaution , comme sur un terrain où l'on peut rencontrer un piège.
Les Bénédictins, qui ont rendu de si beaux services à la science historique en France, dans le siècle dernier, ont presque toujours fait fausse route quand il s'est ag d'établii' l'âge des monuments religieux. Quoiqu'ils eussent continuellement t-n main "les titres historiques les plus importants lelatifs à la fondation et à la réédilication de la plupart de nos grands établissements, ils ne surent pas s'en servir pour la classification des styles et la déterminaiion de l'ilge des églises, soit qu'ils n'attachassent pas assez d'importance à cette classilication, soit qu'il leiiimanquât un premier til conducteur. L'altl.é Lebœuf, chanoine de la cathédrale d'Auxerre, homme d'une érudition inépuisaisle, est Je premier qui paraisse avoir compris J'impoitance de la détermination de l'.lge dos édifices sacrés, en s'appuyant sur l'observation des caractères dillerents de l'archilectiire. Dans son Eloge de l'abbé Lebœuf, Lebeau (Acad.des Inscript., tom. XXIX) prouve que ce savant écrivain, qui devinait parfois avec; une justesse surprenante des problèmes qui n'ont été pleinement résolus (jue plusieurs années ai)rès sa mort, aurait exécuté avec succès un ouvrage sur la France où les monuments de toute espèce de l'ère chrétienne auraicntété rangés chronologiquement et systématiquement. Ses voyages et ses lectures l'avaient tellement lamiliarisé avec les monuments du moyen <1ge, qu'il y démêlait, pour ainsi dire, au premier coup d'œil , le caractère propre de chaque siècle. Sur l'invitation de M. Joly de Fleury, magistrat d'un savoir universel, il avait formé le projet de réunir dans un corps d'ouvrage toutes les connaissances qu'il avait arcpiisos sur cette j)artie si intéressante d(; l'histoire. En mourant, il conlia l'exécution de son i>iojet à un sarant dont Lebeau ne m-us apprend point
iO? AGE
!o nom. C'oM et;; uiîcî ospècc de nouvelle DiolGuiatiquo, dans lo gonro .-.ie celle des Mn;^dict;ns, où l'on aurait trouvé des renseignements pour l'archéologie chrétienn(\ de nuMue qu'on en trouve dans la Diplomatque pour la science si diftic.le des Charles et des titres historiques.
Le projet de l'abbé Leoie if a été réalisé; au moins c'est !a prétention des archéologues. Depuis le commencement du siècle actuel , on a entrepris en .Angleterre et en France des travaux, considérables sur cet o!)jet. M. de Gerville, en iS2ï, })ublia un Mémoire dans lequel il posa les premières bases d'une classilication des styles architectoniijues usités au moyen Age. Cet Essai était f(irt remarquable, etilrendit d'éminents services aux érudits qui marchèrent sur les traces de M. de Gerville. Plus tard, M. de Caumont, pu'sant ses inspirations dans les ouvrages ues antiquaires angla s, profitant d.^s tr.iva-ix de M. de Gervilie, publia, dans le tome IV' de soa Cours d'antiquités monutnc l'ties, un système de classification qui a élé ^ôn ralement adopté. Noas-mème, dans notre ouvrage intitulé Archéolog'e chrétienne et pul^r.é en IS'i-'), nous avons proposé quelques modifications au sj^stème de M. de Caumont, et ces changements ont été communément suivis. ( Foy. Classificatiov.)
Qiiconqu? possède les principes de la science arc!jéologiqu3 sur chacune des épo- ((ues (le larchitecture chrétienne du moyen Age, est à môme de découvrir l'âge des éd lices religieux, sans s'exposer à être trompé. A l'aide des diflférents caractères architeconifpies, on peut pirv.mir à lire sur 1 -s murailles d'une églis3 la laie précise de sa fondaMon, les diverses restaurations qui ont s.iccessivement altéré la construction primitive, comme le naturaliste, m analysant les organes d'une fleu;-, arrive prompiement à connaître la place qu'elle occupe dans la métho le. Dans une sembbble opération, il ne faut jamais oublier que l'ens 'mble des caractères doit diriger l'archéologue, Sins attacher trop d'imporiancc à de légères modifications ou à (les form s exceptionnelles. C'est faute d'en a ;ir ainsi qu'on a v.i des amateurs professer de la meilleure foi du monde dj véritables hérésies scientifiqu s.
Pour no pa=; s'exposer à de fausses appré-ialions de IMge des édifices religieux,' il n;; faut point ouldier que,lors de h construction des premières églises, les architectes se complurciit souvent à employi-r des fragments de fempl's païens démohs ou ruinés, dont les débris étaient alors fort nombreux. Plus tard, en beaucoup d'endroits, les siècles ont p.'u a peu altéré la [thysionomie des éd-fices primitifs par des additions, d.-^s restaurations, des interpo'ations, s'il est permis d'empio.or cette expression. Il est indispensable de s?, tenir sur ses girdi's, pour ne point commettre d'anachronismes.
Nous avons eu souvent l'occasion de remarquer, dans 1 s églises du xi' ou du xii' sède, des fragments .provenant d'égi ses du sî.k' romano-byzanlin primorJiab Ces dé-
Aî:
b;-iS sont cxIr.'iuenKMit curieux poin- Ihisloire d'un style qui n'a laiss' maiiifur us.ment (jue de faibles restes et des ruines quelquefois inî'ormiîs. Un (eil tant soit peu exî^rcé reconnaît facilement l'^s emprunis faits h un style entièrement ditférenl. Nous Citerons les égiis'^s de Saint-Mexme, deChinon, (le Saint-Germain-sur-Vienne, de Gravant en Touraine, parmi celles qui cotiservent ainsi de très- intéressants fragments d'ai-chiteetu.e et de scu'pture prove. ant de monuments beaucoup |)lus anciens que les constructions actuelles.
Autre cause d'embarras. Les modificaf"ons de l'an ne s-' sont pas introduites en mémo tPinps sur toute la surfac • de la France. Certaines provinces ont accepté promptcmcnt des innovations que d'auires provinces n'ont reçues qu3 longtemps après ; d'au'res contrées, en IvJS adoptant, leur ont imprimé un cachet spécial. Pour ne pas s'égarer, il faut connai.re le synchronisiu ' de l'architectur,; en France et avoir étudié les écoles architectoniques. (Fo.y. Sy.xchronisme, Ecoles.)
Dans la question de l'âge des monunrmls chrétiens, tros points ont surtout attiré l'attention des antiquaires. Nous devons nous v arrô:er, et exposer notre sentiment sur cet o!jjet. 11 s'agit des pr.'mières ég'ises bAti-s dans les Gaules et des débris qui peuvent subsister encore ; des églises à coupole du cen re et du midi de la France; enfin ds la c 'lèbre cathédr. Kj de Coutances, entièrement construte dans le style ogival, et que l'on a voulu néanmoins attribuer à l'art du xi* siècle.
Dans un temps oiî 1 s principes de la critique archéologique n'étaient pas encore fixés, on ne faisait nulle difficulté de rapporter la plupart de nos monuments religieux, tels que nous les voyons aujourd'hui, au siècle même où le chris:ianisme fut proche dans les Gaules On supposait, sans doute, que pour ces édifices, le temps avait suspendu sa mareh ' et s s coups. C'est ainsi qu ; toutes les églises mentionnées par saint Grégoire de Tours, et bâties par nos premiers évoques, quelles fussent à ogive ou 5 plein cintre, on ne s'en inquiétait guère, étaient attribuées soit à saint F.uphrùne, mort en 573, prédécesseur immédiat ûc notre saint Grégoire ; soit à saint Perpet, mort en Wi-; soilàsaint Krice, à saint Maitin, ou même à saint (iaûen, mort en 3?ii ou 3{Vi.. C'étaient assurément d'étrang -s anachronismes on vieill ssiit ainsi de huit ou dix siècles un Certain nombre d'églises.
Depuis que la science des antiqnités du moyen âg-; est solidement fondée sur h s faits , l'observation ot l'h sioire, bonn-^ ot prompte juslic ■ a été fai e di ces appréciations erronées. ?ila:s, comme il arrivt' trop souvent dans les réactions, par line faiblesse inhérente à l'esprit humain, qui a toujo rs peine à se maint( nir dnns de justes lirflites, ik; serait-on pas tomi»é uans un excès contraire? On commença par nier l'ex'stence de
109 Af.E
moniimonls anl;^ricurs au x' sièclo ; peu ^ |)L'U ou rc.'viut d ' cetto cxngrration ; entin , on a reconnu que nous possi'ilions en France quelques églises d'une antiquité très-reculée, sans en pouvoir préciser la date. A mes !-re que la science lit des progrès, les plus érudits inclinèrent davantage à cro're que dans le fond de nos campagnes, des débris plus importants, p Mit-étre, qu'on ne l'avait soupçonné d'abord, avaient échappé a ix ravages des siècles. Ces prévisions se réalisèrent : on a signalé et l'on signale de temps en temps des restes précieux des arts chrétiens primitifs. Plus on étudie et plus on sent s'ébranler sa foi à un axiome prématuré, dont on se déi)arrassera bientôt, qui enseign ' qu-^ « l'architecture romane primordiale se connaît mieux dans les livres que dans les monuments. »
Notre intention, toutefois, est d'user ici do la plus grande réserve; nous nous bornons à constater un fait important : La science archéologique est loin d'avoir donné son dernier mot sur les constructions romano-byzantines primordiales.
La Touraine est, sans contredit, en France, une des provinces qui peuvent fournir les plus nombreux éléments à la solution do celte grave question. Mieux favorisée que
flusieurs autres, l'Egl se de Tours possède histoire détaillée de ses premiers évêques. Saint Grégoire, la lumière de son siècle, homme éminent jiar la fermeté de son caraclère, l'élévation de ses sen iments, écrivain naïf et consciencieux, nous apprend, dans son Histoire ecclésiastique des Francs, les actions les plus remarquables de ses prédécesseurs, et quelles paroisses de son diocèse furent fondées par leurs soins. Le môme auteur nous fait connaître, en outre, par des indications malheureusement trop incomplètes, les dispositions principales, les ornements et jusqu'à un certain point ic st.>le des églises b:\ties de son temps. En comparant certains textes de ses nombreux écrits avec l'état actuel des lieux , on peut espérer faire ressortir de cet examen quelques considérations utiles. Si nos raisonnements ne paraissent pas concluants h tout le monde, ils décideront peut-être de i)lus habiles que nous à étudier les mêmes faits pour en faire valoir la vraie signilication.
Saint Catien, premier évoque de Tours, pr;'cha le christianisme sur les bords de la Loire, vers le milieu du m' siècle, suivant un passage de saint Grégoire qui a vivement exercé la critique et qui l'exercera sans doute fortement encore. Il creusa de ses propres mains dans les rochers qui bordent la Loire, au nord, une cry|>te qui subsiste encore, qu'il dédia lui-même à la sainte Vierge, el que nous vénérons comme le berceau de noire illustre église métropolitaine ; saint Martin l'agrandit, y érigea un autel dont on voit les derniers (h'-bris, et éablit à colé les ("(îllules (jui dounèi'ent naissance h la célèbre abbaye de Marmoutier. Saint Catien consacra une autre crypte où se réunirent 1û3 chrétiens persécutés : elle