‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 30 sur 195 · C.uienne ot leurs femmes. Ces statues · texte numérisé non relu

C.uienne ot leurs femmes. Ces statues

oi!t été quelque peu mutilées; mais elles peuvent être prises comme type de 1 état de l'art au milieu du xn' siècle, {loy. Statues,

PUUTAIL, VOUSSIRE, ToMUEAU.)

AGNEAU.— L'agneau est le symbole de la douceur et de la simplicité. On a tres-fréquomnicnt représenté Notre-Seigneur sous cette ligure .symbolique, dès l'origine du christianisme, "jiendant la durée du moyen iVj^e et jus iu'fi nos jours. Si l'on rencontre souvent les (juatre évangél stes, saint .Matthieu, saint .Marc, saint Luc et samt Jean, représentés sous l'emblème d'un jeune homme, d'un lion, d'un hœuf et d'un aigle, on ne trouve pas moins souvent Jésus-Christ ii-niré par un a-;ncau. Saint Jean-Ba| tiste, en vovant paraître le Messie, s'est ecné : Voici' l'agnedu de D (u: voici celui qm cll"C'! Ic^pr'chés du monde. Le Christ, en mourant sur la cro X, est l'Agneau symbolique dont I.arlcnl les prophètes, l'Agneau (lui marche k la mort. et se laisse égorger sans se plaindre Le Christ, en répandant le sang qui nous a rachetés, c'est l'agneau égorgé par les enfanis d'isiaël, avec le s;'.ng duquel on marque du tau mystérieux les maisons <pii bcioiil piés.rvécs de la colère de Dieu. La-

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f.iicnu pnsciil ir.aniic par les Hrl)i'cux la vci'lle (lo leur sdilie (rKgyplo, est la ligmo do rAgnoau divin (jue los chrélious doivent ivianger à l\\i|ucs pour s'aUVanchir de la captivité où le vice les oMchaiiu». Dans l'Apocalypse, saint Jean vit le Christ sous la forme li'un agneau blessé à la gorge , ayant sept cornes et sept yeux et ouvrant le livre aux. se|)l sceaux (1).

M. Didron a publié d.nns son Iconographie chrétienne le dessin d'une curieuse pL'Kjue en cuivre du xr siècle, ciselée et découpée h jour. Cette plaque était [)robablenienl app-li- (juée sur la couverture d'un livre d'Evangi!e<, de Ibinie carrée. Elle montre l'Agneau dans le centre, entouré de cette inscription : Carnales actus Ittlit Agiius hic hoilia facius.

Sur les côtés, on voit la personnili<;ation des quatre lleuves du Paradis : le Tigre, l'Euphrate, le Pliison et le Géhon. Les ve.s suivants, gravés sur les côt 's de la plaiiue, e\pli(|uenl le sens allégorique attaché a la [)résen('e des qua:re fleuves :

Fons paradisiaa s per flunûna qnaltiu re-'xl ; Ilac quadriga levis le Xps pcr omnia vexil.

L'Agneau de Dieu, ainsi entouré des quatre fleuves mystiques, ou dominant la montagne d'oii sortent les quatre sources, emblème des quatre évangélislcs , est une composition bienanléiieure au xi° siècle : on en trouve des exemples (!ans les Catacombes roQiaines. Guillaume Duran;l, évoque de Mende, dans son Rational des divins offices, donne aux évangélistes le nomdesquatre fleuves : «Le Géhon, dit-il, est saint Matthieu; le IMiison, saint Jean ; le Tigre, saint Marc; l'P^ul)hrate, snnt Luc. » Per PhisonJoaunes, per a ion Mallhœxis , per Tigrim Marcus , per Euphrntcm Lucas , designati sunl. Sic enim clare probai Jnnoctntius Jll de evangelisiis in scr~ mone.

Dans la Borna sotterranea de lîosio, on voit la gravure d'une charmante composition sculptée sur un sarcophage en marbre Ijlanc provenant des grottes du Vatican. Le Christ est debout sur la montagne aux quatre sources, tenant en main un rouleau déjiloyé, et de l'autre faisant le geste d'un homme qui enseigne. A côté de lui sur la montagne, est l'Agneau mystique, la tète surmontée d'une croix. Ni le Christ, ni l'Agne.iU n'ont la tête nimbée : les premiers chrétiens n'avaient pas encore voulu se servir du nimbe, consacré depuis longtemps à des usages idolAtriques. Au bas (Je la montagne, sont les apôti-es, également sous la forme de brebis. Dans son Riiionnl des divins offices, Guillau- UiC Durand, qui passa la plus giande partie de sa vie en Italie, et qui no donne guère dans son livre que le résultat de ses observations dans le pays qu'il habitait, s'exprime ainsi :

« Quelquefois on peint les apôtres sous

(l) Cf. Monographie des vitraux de la cathédrale di Uoimjes, par les Pl\ A. M;irlin et Cii. Cahier ; Iconufjruphv'. chrétienne, par M. Didron , p. 500 ; De iucrn nnnginihus , par Molanus ; Iconographie clirétwiiiff par l'abbc rosr)icr.

la forme de douze brelris, parce qu'.ls ont été lues, ti cause du Soigneur, comme des brebis. Mais en outre on peint quelquefois les douze tribus d'Israël sous la fc^rme do douze brebis. QueUiucfois on en voit plus ou moins autour du trône de la majesté divine; dans ce cas, ils figurent autre chose, suivant ce texte de saint Matthieu : « Lorscjue le Fils de l'homme vienilra dans sa majesté, alors il sera assis sur le siège de sa gloire, plaçant les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche, n Pingunlur eiiam quandoque (aposloli) suU forma dtindecim oviutn, qui tantjunm hidenles occixi s'inl propter Dominum; scd el dtiofiecim (ribus Israël qnandoque sub fonna duodcim ovium pingunlur. QuamUxi^e Uimrn plures tel pauciores ovcs circn sedem tnajestalis fiiitguntiir, scd tune aliud figurant, juxla ilhid Maithœi: Cum venerit Fibus hominis in majcstate sua, tune sedebit super sedem m.ijestaiis stiœ, st ituens oves à dextris, et haîdos à sinistris. [Ration, div. offic, lib. i, cap. 3.)

On a été plus loin, dit M. Didron, auquel nous empruntons ces détails ; on a flgurédes personnages de l'Ancien Testament, et mémo de simf)les Hébreux, sous la forme de l'Agneau. Des scènes entières de la Bible ont été représentées par des acteurs religieux transformés en agneaux. Ainsi le tombeau de Junius Bassus, en marbre blanc, qui date du iv* siècle de notre ère, et qu'on voit dans le musée chrétien du Vatican, représente quelques sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament : la chute d'Adam el d'Eve, le sacrifice d'Abraham, Job raillé par sa femme, Daniel entre deux lions, Jésus entrant dans Jérusalem, ou comparaissant devant Pilale, ou triomphant et donnant ses instructions à saint Pierre et à saint Paul.

Tous les personnages de ces différentes scènes sont debout dans des cadres en platebande ou dans des niches circulaires et t iangulaires. Mais ni les antiquaires, ni les graveurs, n'ont fait attention à la frise, aux pendentifs, qui relient entre elles les arcades de l'étHge inférieur; du moins ils n'en ont pas compris le système d'ornementation. En allant de gauche à droite, comme quand on lit, on voit d'abord trois agneaux dans les flammes ; puis un agneau tenant une baguelle au pied droit de devant et frappant uu rocher d'où s'échappe une source, tandis que deux autres agneaux, dont l'un s'apprête à boire et dont l'autre est couché, regardent se passer l'action ; puis un agneau levant son p.ed droit de devant, comme ;/Our recevoir un livre tendu par une main qui sort des nuages ; puis un petit agneau plongé dans l'eau et sur la tête duquel un agneau plus gros étend son pied gauche do devant; puis un agneau frappant avec une baguette trois paniers pleins de pain ; entiii un agneau touche avec une baguette un mort debout dins son tombeau. Ces scènes, qui ont des agneaux pour acteurs , sont la co[)ie de scènes semblables exécutées par des hemmes, et (ju'on a sculptées constamment sur les autres vieux sarcophages. C'est lliibtoire du Nouveau et de l'Ancien Testa-

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ment, choisie dans ses principntix épisodes el tigiirée |>ar des titres aii(''^()ii(ii!e.s. Ce. le nrneiiieiilatidn multiplie el eoiiliiuie les sujets représciilés \yn les ligures iiuuiaines placées dans les arcades.

Les Irois agneaux dans le feu s ni les trois enfants (^ueNahucliodonosora fait jeter dans la foiirnai-e. Moïse, sous la forme l'un agneau, frappe le rocher el en fait jaillir d >. l'eau; il reçoit de la main de Dieu les Tables de la loi. Jésus-Christ, petit agneau , est

f)longé dans l'eau du Jourdain , tandis que e Saint-Esprit, que l'on vi)it sous la forme (Tune colombe, envoie des rayons sur la tète du pelit agneau ; saint Jean-Ba[)list(; lui v. rse sur la télé l'ea.i ou ba|)léme. Jésus-Christ multi|tlie les pains avec la môme baguette dont il se sert pour ressusciter Lazare à Béthanie (1).

L'emploi de la figure de l'agneau symbolique ix)ur indiquer Notre-Seigneur était devenu si fréquent, surtout en (liècc, que l'Eglise s'en inquiéta : e le craignit ({ue l'allégorie prît entièrement la place de la réalité. En 692, le concile Quinisexte ou in Trullo décréta formellement qu'à l'avenir la figure de Notre-Seigneur serait substituée, dans les peint ires, à la place d;3 l'image de l'agneau. Cette décision fut le signal dune immense révolution dans les aris : nous en devjns donner le teste :

« Dans certaines [leintures et images vénérables, on re(;résente le Précursear montrant du doigt l'Agneau. Nous avons aiioplc cette représentation comme une image de !a grAce; pour nous, c'était l'ombre de cet Agneau, le Christ, notre Dieu, que !a loi nous montrait. Donc, accueillant d'abord ces figures et ces ombres omme des sign. s et des emblèmes, nous leur préférons aujo rd'hui la grâce et la vérité, c'est-à-dire la plénitude de la loi. En conséquence, pour exposer à tous les regards ce qui est parfait, raôme dans les peintures, nous décidons qu'à l'avenir il faudra représenter dans les images le Christ, notre Dieu, sous la forme humaine, à la place du vieil agneau. Il faut que nous contemplions toute la sublimité du Verbe à travers son humilité. Il faut qii© le peintre nous mène comme nar la main au souvenir de Jésus vivant en chair, soulîrant, mourant pour notre salut, et acquérant ainsi la iédem[)tion du nunde. » Jn nonnullis venerabilium imaginum picturis ognus qui digilo Praciirsoris monstmtus , depmyiliir, qui ad rjraliœ figuraoi a^snniptus estf veiuin ncbis aguuin, per legem Clinst'tm iJeum nostrum,prœ»wnstrans. Anlii/uas ergo figuras et umbros, ut veritalis signi et characteres Ëcclexiœ traditas, nmplexanles, graliatn et veritntem prœponimus, e.m ut legis implementum suscipienles. lit ergo qiioil perfeclum est, tel colorum expressio7iih is omnium oculis suhjiciatur , ejus qui lullit peccatn mundi, Chrisli 'Dei nostri humana forma characlerem etiitn in imaginibus deinccps pro reteri aqno rrigi ac depingi juhemus, ut per ipsuin Ùci y'cibi Uumilio.tiunis (dliludimtn (1) Icoiiograjilùe cliiétienne, p. 313-31 1.

meutr rnmpriheudenles, ad tnciniriam quoqne ejus in ciirne ccnrersationi^, eJHnque passa - VIS et salutariii moriis deducamnr, cjusq'ie qitœ er eo fada est mundo redempiiiniix. (Cnllect. ma\ini. Concil. ap. Labb., loui. ^ J, col. 1177.)

La défense faite par le concile anôta les progrès de l'espiit d'all<';gorie dans la représentation de Jésus-Christ. On cn)[tl()ya, sans doute, l'image de l'agneau, mais d'une manière moins exclusive qu'auparavant.

Dans les églises byzantines de la Grèce ( t dans les églises modernes, on voit toujours saint Jean-Haptist' tenant en main l'agne.ui symbol (jue. En Occident le même tableau se vuit tiès-fré(iuennnent à toutes les époques du moyen Age. L'agneau est regardé comme l'attribut tle saint Jean-Baptiste, et jus(|ue dans les vitraux du \vi" siècle, comme à la charmante église de Brou, près de Bourg en Bresse, on est constamment lidèle à cette tradition.

Que n'aurions-nous pas encore à dire sur l'agneau, si nous traitions ici du suji t du bon Pasteur, si souvent re()roduit dans les sculptures el les peintures des Cat.icombes! {yoy. Pastelu.) C'est une question d'iconogra[)hic chrétienne fort intéressante, sur laquelle nous donnerons quelques détails.

Nous ne saurions mieux terminer les lignes que nous venons d'écrire qu'en citant les paroles suivantes de saint Paulin :

Idem agn iS et pastur regel nos in sœcnla, qui nos de lu}>is agnus fecit ; earumque nunc ovium p:tslur est ad cuslodinm, pro quibus fw t agnus iii viclimam. (Kpist. 3, ad FlortMit.)

AdNUS DEI. — Les Agnus Dei sont de petits pains de cire sur les(|uels est em]»reinte l'image d'un agntau portant l'étendard de la croix : ils sont bénits et distribues par le souverain pont fe. On y lit des inserii)iion>, comme dans les exemples suivants :

1. EccE A. Dei qli tol. v. mu^u. — Audessous de l'Agneau, an. i, 1G77. — Au revers : S. Franciscus Bonciv societatis I. — Au-dessous de l'image du Saint : 1n>oce\.

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