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règnes de Louis XIV el de Louis XV, on a fait usage d'ailerons de grande dimension, qui produisent un elTet désagréable. On en
f)eut voir des exemples à plusieurs éditices rcigieux et civils de Paris. Quoique le but que l'on se propose en établissant des ailerons semble au premier abord convenable et louable, on ne siurait dissimuler que l'usage en est condamné par les meilleurs princi[)es de l'art de b;Uir. Un architecte habile aura toujou s le talent de mettre de l'harmonie dans l'ensemble des lignes d'un monument dont il dirige la constructum, sans avoir recours à ces trompe-l'œil et à ces formes que le raisonnement ne saurait justifier. L'antiquité n'a guère fait usage de ces espèces de consoles renversées, el le moyen âge ne les a point connues. C'est, que l'art, quand il est rationnel, ne s'abaisse pas à déguiser les parlies essentielles d'un plan, ni môme les accessoires nécessaires : loin de chercher à surmonter des difdcultés inévitables, il s'en empare et leur imprime ce cachet d'élégance, cette forme dont l'espiit saisit h raison d'(ître, cette disposition harmonieuse que l'on rtmcontre dans toutes les belles œuvres d'une nation civilisée.
ALIGNEMENTS Monuments druidiques).
- Des menhirs ou simplement des blocs de pierre posés à terre constituent les monuments celtiques qae les antiquaires ont désignés sous le nom d'alignements. On les appelle encore allées non couvertes, et ils sont formés de longues files de pierres grossières rangées symétriquement comme des arbres en quinconce. Ces pierres sont alignées avec plus ou moins de régularité, sur une seule ligne et quelquefo s sur deux, trois, quatre, cinq lignes et môme davantage, parallèles les unes aux autses. Ces espèces d'avenues se dirigent ordinairement de l'est à l'ouest, ou du nord au sud. Cette dernière observation appartient à M. Mahé, qui l'a exprimée dans son Essai sur les antiquités du Morbilian.
Les alignements de pierre les plus remarquables sont ceux de Karnac et d'Ardven, dans le département du Morbihan. Ces monuments, d'une nature si singuhère et qui ont déjà exercé la sagacité d'un grand nombre de savants, ont été décrits soigneusement par M. de Fréminville. Les alignements de Karnac sont situés dans une vaste lande, à un quart de lieue du bourg de ce nom : ils consistent en plus de 1200 pierres brutes sur onze files parallèles, el s'étendent du sudest au nord-ouest sur une longueur de 7G3 toises et une largeur de il toises. A la tôle des files, c'est-à-dire vers l'extrémité nordouest, près de la métairie de Menée, est un demi-cercle formé de pierres semblables, qui part de la première lile et va se terminer à la onzième, de sorte que la perpendiculaire à la direction des alignements forme son diamètre. Ce demi-cercle qui Inverse la métairie est composé de 18 pierres.
La majeure partie, ou si l'on veut les trois quarts environ des pierres qui comjiosient le bizarre assemblage des monuments de Karnac, sont de véritables menhirs ou pierres
plantées verticalement en terre et dont les hauteurs varient autant que les formes. Les plus élevées ont 18 à 20 pieds de haut, beaucoup ont 10 ou 12 pieds, quelques-unes seulement, quatre à cinq pieds. D'autres enfin sont de gros blocs simplement posés, mais dont la misse est si énorme que, d'après le cubagt% on évalue leur poids à 70 ou 80 milliers.
Quoique toutes ces pierres soient d'un granit fort dur, elles sont comme rongées par le temps; leurs fissures, leurs accidents divers, la mousse ou plutôt les lichens d'un vert pâle dont leurs sommets sont couverts, leur donnent l'aspect le plus étrange. Cequ'il y a d ? plus singulier, c'est qu'un grand nombre de celles qui sont plantées en terre le sont, pour ainsi dire, la pointe en bas, c'est-à-dire que leur volume est infiniment plus considérable à leur sommet qu'à leur base, et cfu'elles paraissent portées comme sur un pivot. Cette particularité parait intentionnelle de la part de ceux qui les ont érigées, car naturellement on eût dû asseoir ces pierres sur leur extrémité la plus pesante et la plus massive, afin de leur donner plus de stabilité; mais il est impossible de deviner quelle fut cette intention et quel en fut l'objet.
La main de l'homme qui seconde et hâte souvent trop bien les efforts destructeurs du temps, a renversé un grand nombre des pierres de Karnac ; ce nombre était autrefois bien plus considérable qu'il n'est aujourd'hui, puisqu'il s'élevait à plus de trois mille, il y a environ 67 ans. On en a abattu et employé beaucoup pour des constructions modernes. Dans plusieurs endroits, ces dévastations ont eu lieu au point que les files sont interrompues et séparées par d'assez grands intervaUes, mais on les retrouve toujours à quelque distance dans la même direction, jusqu'à ce qu'enfin elles se terminent au sud-est au delà du moulin de Kervav, en se dirigeant vers la Trinité.
On est frappé d'étonnement, ajoute M. de Fréminville, lorsqu'on aperçoit pour la première fois la plaine de Karnac avec ses bruyères Sauvages, son horizon bordé de bois de pins, et surtout avec cette phalange de pierres, cette surprenante armée de rochers informes.
Le nombre de ces pierres, leurs figures bizarres, l'élévation de leurs pointes grises, allongées et mousseuses, qui se destinent d'une manière tranchante sur la noire bruyère dont la plaine est couverte, enfin la silencieuse solitude qui les environne, tout frappe, tout étonne l'imagination, tout pénètre l'âme d'une vénération mélancolique pour ces antiques témoins des événements qui signalèrent des siècles si reculés.
D'un peu plus loin ces pierres plantées debout apparaissent au voyageur comme l'assemblage informe des ruines d'une ville; mais lorsqu'on approchant on remarque la disposition régulière de leurs masses brutes, elles perdent cette apparence pour prendre celle d'une cohorte de géants pétrifiés.
Les alignements d'Ardven sont disposés
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