‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 35 sur 195 · AI.L · texte numérisé non relu

AI.L

une méthode d'argumentation exégétiqiie aussi singulière (]ii'ill(''gitiine : il suffit de consulter la tradition de l'univers chrétien pour la repousser avec horreur.

No is ne sonnnes entrés dans ces détails qu'aliu de protester contre l'emploi que les mi/thologues allemands ont fait des mois symbile et nUe'gjrie. L'Kglise, héritière de l'ancienne loi, a toujours accepté et aimé ces deux dernières exi^ressions ; mais elle les prend dans une acception bien ditférente de ceile des auteurs protestants d'au delà du Rhin.

Nous adopterions l'expression d'allégorie ou d'allégorisme, de préférence h celh» de symbolisme. La première est consacrée dans la langue théologique , où elle a un sens déterminé; la seconde est nouvelle et vague. Mais l'allégorie, telle que la comprennent les théologiens et les interprètes de l'Ecriture sainte dans son emploi exégétique, n'est pas familière aux personnes du monde ; et comme ce mot allégorie, dans les compositions poéticrues, offre un sens littéraire absolument diirérent, il était grandement à craindre qu'il n'en résultât une déplorable confusion. Beaucoup d'hommes, accoutumés à ne voir la réalitt^ que d'un côté seulement dans l'allégorie poétique, n'auraient pas aisément compris, sous la même dénomination, cette prophétie en action, où la pjwe et la réalité sont également vraies et réelles l'une et l'autre. Vallégorie appliquée à l'interi)rétation des livres saints aurait aisément passé pour un système de tiction éditiante, pour une pieuse rêverie des écrivains ecclésiastiques.

Cet écueil n'a pas été vu des auteurs anglais, MM. Neale et Webb, dans leur travail sur le symbolisme dans les églises du moyen âge, ouvrage traduit de l'anglais par M. V. O. et publié à Tours chez Mame en 1847, probablement parce qu'ils n'ont pas fait attention à la pratique généralement suivie par l'Eglise depuis les siècles apostobques.

Qu'est-ce que Vallégorie 1 se demandent-ils dans une note de leur introduction. Et ils répondent : « L'allégorie emploie des personnages fictifs et des choses imaginaires |)0ur mettre la vérité en relief. » C'est bien là, il est vrai , le but que se propose l'allégorie poétique, mais ce n'est point l'allégorie comme l'ont comprise les saints Pères, les conc.les, les docteurs catholiques, et comme nous l'ententlons encore aujourd'hui. Si MM. Neale et Webb avaient eu présentes à la mémoire les définitions et les distinctions admises par Guillaume Durand dans les premiers chapitres du livre premier du liational des divins offices, et traduites par eux, ils ne seraient pas tombés dans une aussi grave inexactitude. Voy. Symbolisme , Symuolks.

Pour bien comprendre le symbolisme chrétien, de même que l'allégorie, il faut aller puiser aux sources aux(juelles puisa le moyen Age tout entier. En joignant à la Bible et à la Somme de saint Thomas la Légende

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