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ordre plus ou moins secondaire ont pu variersuivanldos conseils reçus par i'artisleou suivant ses inspirations personnelles. L'idùe fondamentale est partoul la mùme. C'est définitivement à nos yeux la ProvitJence rappelée par un grave et brillant symbole. I.a place (pi'on lui a donnée au sommet des gall)es, le plus prés possil)le des voûtes, et souvent plus liaut(]ue les fenêtres elles-mêmes, cette pla<'9 est bien choisie [)0ur faire de ces harciies et sublimes percées comme l'œil du ciel en même temps (pie la mystérieuse image de celui (|ui y règne et qni régit le monde avec douceur et avec force, et auquel enfin il faut clianler le cantiipie du royal psalmiste : Ordinatione tun persévérai dies, qiioniam omnia servhint tibi. '< C'est par la disposition de votre Providence que le temps accomplit ses évolutions, parce que toute créature vous obéit. {Psal. cxviii, 91). »
Dès les temps les plus reculés , on voit aux portails des églises la représentation allégorique du temps. Les anciens avaient personnifié le temps sous la figure de leur bifrons Janus , dieu h deux têtes ou à double face : il regarle le passé et l'avenir ; le présent n'est rien pour lui. Si quelquefois on lui donne quatre figures, c'est pour indiquer les quatre saisons auxquelles il préside, et qui concourent à .son existence. C'est un être purement terrestre. C'est, si nous pouvons nous servir de cetle cnmparaisoii , la chrysalide qui ne vit pas , quoiqu'elle ait un germe do vie : elle a vécu et elle vivra.
Il n'en e^t pas de môme dans l'iconographie chrétienne. Car pour le chrétien, le présent est tout , puisque le passé n'est plus et que l'avenir n'est pas encore. Le souvenir du passé peut faire naître en lui des regrets ou de la confiance ; l'avenir , des espérances ou des craintes. Mais le présent est là : c'est lui qui est le dépositaire de ces sentiments, c'est à lui de disMper les regrets du passé et les craintes de l'avenir par une vie d'expiation; c'est à lui de maintenir sa confiance et d'assurer ses espérances par la persévérance dans le bien. Nos artistes ne pouvaient donc oublier le présent dans leurs allégf)ries du Temps , et c'est pourquoi ils ont remplacé le bifrons Janus par un personnage à trois têtes et à trois visages. ( Ko^. V Iconographie chrét. par M. l'abbé Crosnier , pag. 26G et 267. )
Le temps , dit le même auteur , est un composé d'instants successifs qui concourent à former les heures , les jours , les mois , les saisons , les années et les siècles , qu'on pourrait nommer les membres de cet être insaisissable. Les astres, par leurs révolutions , m iiqucnt ces diUerentes parties , et ces fractions de temps sont pour le chrétien, le prix de l'éternité. Le zodiaque dut donc à son tour entrer dans l'iconographie chrétienne. On le trouve représenté sur le portail de nos grandes basilicpies, à Notre- Dame de Paris, à Saint-Marcellin d'Amiens, à la Madeleine de Vézelay, elc.
Ces signes, avec une muette, mais sublime éloquence, semblent répéter :iu chrétien (pii entre dans le tem|)le : « llachclez lo temps, car les jours sont mauvais. » Iledimentes tempus , qunniani dies ynali sunl. {Ephes. v).
Tantôt ces signes < nvir muent Jésus-Christ dans SI gloire ut rapprllent les [)aroies de l'Apotre : « Le Christ était hier, il est aujourd'hui, il sera dans tous les sièch'S. » Jcsus Chrishis , luri, et hodie, et in sœcula {/lebr. XIII, 8j. Tantôt ils servent d'.ncadrrment au jugement dernier, et semblent paraître comme ti-moins pour déposer contr • h s pécheurs de tous les ;lges. Ailleurs, coimne h Vézelay, ils complètent le tableau de la mission des apôtres et annoncent la [)erpétuité de l'Eglise qui doit subsister juscpi'à la consommation des siècles.
Le plus souvent les signes du zodia'pie sont accompagnés des travaux qui leur c rrespondent. D'autres fois , connue au grand portail de Saint-Etienne de Sens, on se contente d'un simple calmdrii r, iiidi(pié par les ditl'érentes occupations proj)res à chaque mois de l'année. Janvier est désigné par un homme assis, paraissant ph^ngé dans une profonde médilalion; février est un vieillard qui se chautfe; mars taille sa vigne; avril sème; mai, époque des voyages, de la guerre, de la chasse, est indiqué par un homme à cheval; juin, par un faucheur; juillet, par un moissonneur; août, par un batteur cle blé; septembre, par un vendangeur; en octobre, on entonne les vins ; en novembre, le bûcheron se précautionne contre le froid, et en décembre , on tue le porc.
Un anci' n bréviaire du commencement du XVI' siècle fait mention de c s occupations, qu'il mentionne en vers léonins, en adra ttant cependant quelques variantes :
Pocula Janus amai ; sed Februus aUjeo clamai ; Martius arva fodit ; Aprilis floiida iiutril ;
Maio suiit (ornes amoruni.
Dat Junius fena; Julio resecalur avenu; Aitguslus spicas, Sepiembcr conleril hi'as. Serninat Oclober ; spoliai rir(jiilla ISoveniber. Quœrit liabere cibitm, porcum maclando Deceinber.
On a prétendu que nos pères plaçaient ces images aux portes des églises, }iour indKfuer qu'il fallait en entrant dans le tenijile saint, laisser dehors le souvenir des alf.iires oniin.iires et communes. Ne pourrait-on pas |)rétendre, avec plus de raison peut-êire, (pi'en plaça lit le travail auprès îles alh'gories de la vertu, l'Eglise a voulu apprendre à ses enfants \ sanctifier l'un par l'autre.
Un drs tableaux allégoriq es les plus frappant s du moyen âge, dont nous avons vu quelques lambeaux ell'acés dans une église do Strasbourg, appartenant aujourd'hui au culte protestant, c'est la fameuse danse macabre ou danse des morts. A IWle, ce drame allégoriq 10 était beaucoup plus vaste encore ipi'à Strasbourg, et dans ces deux villes, il avait été représenté dar.s des églises de Dominicains. Les peintures à fresciue du teuiplo Neuf à Strasbourg sont actuellement fort en-
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