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une ar(;1utecture , que ce n'est pas un art, mais seulement une comi)ilation, un composé d'éléments disparates et hétérogènes, rassemblés par une fantaisie ignorante et désordonnée.
« Oui aurait osé dans l'école élever la voix contre cet anathème ? Qui se serait permis d'étudier celte soi-disant architecture? La vue de tels mf)numents ne j»assait i)as seulement pour inutile, on la croyait pernicieuse; et si, par hasard, quelque artiste moins timoré que ses confrèr: s. trouvant une vieille église sur son chemin, s'avisait de ne pas détourner les yeux, s'il osait môme en crayonner quelques souvenirs, sa foi n'en était pas ébranlée , car ce n'était pas l'examen d'un monument isolé, c'était la comparaison laborieuse et réfléchie d'un grand nombre de monuments qui seule aurait j>u l'éclairer et lui faire apercevoir, dans ce {)rétcndu chaos, un principe d'ordre et de classilication. Or, les plus téméraires n'auraient jamais alors entrepris pareil travail. Il est donc probable que, pendant longtemps encore, nos architectes auraient jugé les monuments du moyen Age sans les connaître, et que l'impossibilité de les classer fût demeurée proverbiale, si quelques hommes étrangers à la pratique de l'art, de simples amateurs, sans préjugés d'école, sans doctrines traditionnelles, n'obéissant qu'à leur propre sentiment, à l'amour des belles choses età un certain attrait de curiosité, ne s'étaient mis à la recherche de ces monuments, et après en avoir beaucoup contemplé, beaucoup comparé, n'avaient senti le besoin de se rendre compte de leurs impressions el d'ana- 1 ser ce qu'ils avaient vu. » {Notre-Dame de Noyon, V partie, v.)
Nous reviendrons au beau travail de M. h. Vitet sur la cathédrale de Noyon, quand nous parlerons de l'époque architecturale de transition au xn" siècle. Nous terminerons en réjiétant quelques phrases que nous avons publiées adlcurs contre le système de M. de Gerville et do M. Delamarre. La valeur des preuves tirées de l'analogie n'a pas été suffisamment appréciée, et M. l'abbé Delamarre n'a pas réfuté victorieusement les objections de ses adversaires. Comment ne pas reconnaître les membres d'une môme famille dans des monuments frères par la ressenib'ance , par une foule de caractères identiques, par le môme sang et la môme vie, si je puis m'exprimer ainsi , qui circulent paitout, qui animent tout; comment se failli que tous nos édifices chrétiens tlu xni* siècle , bâtis à de grandes distances , dans toutes Ivs contrées de l'Europe septentrionale , otfrent enire eux des traits frappants dans les dispositions essentielles et juscjuo dans les détails accessoires? Comment expliqucra-l-on la similitude parfaite des formes tie la cathédrale de Coutances avec les l'ormcs de tous les monuments contemporains? Voilà des difficultés insolubles. Nous ne voyons nulle raison d'admettre une exception i>our l'église de Coutances ; elle se serait élevée au milieu des plui célèbres moiiumcnls de l'art fomauo-
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byzantin, sans priiicipos préliminaires , cl elle aurait atleint la porlVction du style ogival sans avoir connu de transition ! Ce serait un lait inexplicable. Quand on a étudié la marolic des arts, à diflérentes époques et chez plusieurs peuples, on demeure convaincu que les révolutions ne sont jamas instantanées , mais qu'elles sont amenées peu- des caus's que no;;S pouvons suivre et coordonner. La perfection Hltéraire et aitistique , pour employer une expression empruntée à l'antiquité classique , est placée au sommet du Pa nasse; on ne peut y parvenir qu'en g avissant pénibleme.it les"' flancs escarpés de Ja moiitagne. [Les cathédrales da France, pag. 353. j Voy. Age des monuments, Clas-
SniCATION.
ANGES. — I. Nous n'avons point à établir théologiquement l'existence des Anges. C'est une croyance fondée sur la révélation. A moins de rejeter les vérités les [dis essentielles de la religion , il faut admettre celle-ci , qui repose sur la même autorité. Tous les {)euples anciens , d'aileurs , ont admis l'eiislence d'esprits créés , supérieurs h la création à laquelle nous appartenons, et exerçant une grande influence sur les événemen's de ce monde.
Parlons des Anges , au point de vue archéologique et iconographique.
Les saints Pè es , d'après les saintes Ecritures , et surtout d'ai.rès saint Paul , ont admis plusieurs ordres' d'esprits célestes. La hiérarchie, d'après les écrits attribués à sjint Denjs TAréopagite , est formée de neuf chœurs, et chacun des neufs chœurs est divisé en trois ordres ou trioncs.
i" Ordre : Trônes , Chérubins et Séraphins.
2' Ordre : Dominations, Vertus et Puissances.
3* Ordre : Principautés, Archanges et Anges.
Le Guide de la peinture , ouvrage byzantin , roMime lés neuf chœurs des anges dans l'ordre ci-dessus • on a varié dans la manière de les classer. Les Trônes , dit le Guide , sont repré-^entés comme des roues de feu, ayant des ailes à l'entour. Le mdieu des ailes est parsemé d'yeux : l'ensemble de la configuration représente un trône royal.
Les Chérubins sont représentés avec la tête seulement et deux ailes.
Les Sérajihins avec six ailes , dont deux mon ent vers la tèie , deux descendent vers les pie Is , et deux sont déployées comme pour voler; ils p )rtent dans chaque main le fl ibellum ou éventail, avec cette inscription: Saint , Saint , Saint ; c'est ainsi que les vit le prophèie Isaïe.
Le deuxième or Ire , surnommé Gouvernement , est composé des Dominations , des "^'er:us et des Puissances. Elles portent dos anbes allant jusqu'aux pieds , (\qs ceintures d'or et des étoles vertes. Elles tiennent do la iiuin droite des baguettes d'or et d.vns la gauche le sceau de Dieu : siijnaculun IJei. X
Le troisième ordre renferme les Principautés, les Ar<;hangf's et los Anges. C-eux-ci sont rcptésonlés avec dos vèioineats de soldats et
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des ceinlures d'or. Ils tiennent dans leurs mauis dos javelots avec des haches ; los javelots se terminent en fers de lance.
Les détails précédents , empruntés an Guide de l'i peinture, seront coiiqilétés par l'extrait suivant d'un ouvrage de Silvain Morgan .
« Les Séraphins , dont le chef est Uriel, sont représentés arec des ailes, pour signifier leur mouvement spirituel ; leur amour ardent est figuré par un cœur enflammé Leur fonction est de célébrer conîinueilemont les louanges de Dieu.
« Los Ch'-rubins , dont le nom signifie plénitude de la connaissance et de la sagesse , sont représentés jeunes , ayant quatre ai'es pour voUer leur visage et leurs pieds ; ils se r 'gardent les uns les autres. Sur l'arche d'alliance de l'ancienne loi , ils étaient placés pour marquer aux Juifs la pé-ence de Dieu. A cet ordre appartient Jophiel.
« LesTrônes forment le dernier trione du premier chœur. Ils sont représentés h genoux et ont pour attributs une pa'me et une couronne figurant l'Equité et la Justice; ils sont sous les ordres de Zaphkiel.
« Les Dominations remplissent les fonctions d'Anges, dont l'insigne est un sceptre, elles sont sous le commandement de Zadchicl et portent une épée et une croix.
« Les Vertus font partie des anges qui exécutent la s 'inte volonté de Dieu : leur insigne est une couronne d'épines dans la main droite et un vase de consolation dans la main gauche. Leur chef est Haniel.
«Les Puissances sont les anges gardiens ; ils s'opposent à la puissance et aux assauts des mauvais esprits ; ils ont Raphaël pour chef, et portent pour insigne la foudre et une épée flamboyante.
« Les Principautés prennent soin des princes, pour régler leur puissance et leur autorité; leur insigne est un sceptre et une ceinture croisée sur la poitrine. Ce sont les anges gardiens des royaumes ; leur chef est Kamaël.
« Les Archanges sont les ambassadeurs extraordinaires ; leur insigne est une bannière suspendue à une croix, comme emblème de victoire. Ils sont ro[>résentés armés, ayant un javelot à la main, et une croix sur le front : c'est ainsi que Michel avec SOS Anges battit le démon et les mauvais Anges.
« Les Anges ont le gouvernement des hommes : ce sont los messagers de grâces et de bonnes nouvelles. (Los hommes sont un peu intérieurs aux anges.) Gabriel est venu leur apporter la joyeuse nouvelle de la paix. Leur insigne est un livre et une baguette. Ils sont iepré>enlés jeunes pour marquer leur continuelle vigueur, et a'iés pour marquer leur agilité ; leurs vc^-tements sont ou bUuii'S, pour montrer leur ))uroté, ou d"or en signe de .«aintclé et de gloire. »