‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 44 sur 195 · ANG · texte numérisé non relu

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Les Anges ont souYont été représentés par les artistes du xiv% du xv' et du XVI* siècle, revûtus de chapes, de ciiasid)l(>s, de dalniati(jues et de tuniques : quelquefois v(Mus d'aubes h appareil.i, avec une étole ; mais dans les (euvres les plus avancées, ils sont communément représentés en aubes blanches, avei^ drs a les dorées, et pieds nus. Quelq efois les ailes dos Anges sont formées di' plumes de diverses couleurs, comme celles des petits oiseaux : cette représentation n'est j)as du tout rare sur les sculptures et sur les vitraux peints de la dernière partie du xv' siècle. On en peut voir des exemples en Angleterre, à l'église de Tattershall, à la chapelle de lîeauchamp, comté de Warwick; h l'église de Wells, dans le Norfolk; à l'église de Southwold, dans îc SulTolk, et dans plusieurs autres. L'effet de celte représentation, ditM.Pugin, n'est pas bon; il est voisin du ridicule, et l'idée n'en est aucunement justifiéo par les traditions de l'antiquité chrétienne.

Les Chérubins sont souvent représentés d'une couleur rouge brillante, pour marquer l'intensité de l'amour divin. Ordinairement ils se tiennent sur des roues enflammées, suivant la ^ision du prophète Ezéchiel : « Lorsque les animaux marchaient, les roues marchaient aussi auprès d'eux; et b rsque les animaux sélevaient de terre, les roues s'élevaient aussi. Partout oii allait l'esprit, et où l'esprit s'élevait, les roues s'élevaient aussi et le suivaient, parce que l'esprit do vie était dans les roues. » Cumquc ambularcnt animalia, cmbulabant pariter et rotœ juxla ca : et cum elevurentur animalia de icrra^ clevabanlur simul et rotœ. Quocunquc ibat spirilus, illuc cimle spiritu, et rotœ parittr clevabanlur, sequentes eum. Spiritus en m ritœ erat in rôtis. (Ezech., cap. i, veis. 19 et 20.)

Durant le xv' siècle, saint Miclicl est ordinairement représenté avec une armure complète ; mais dans les ouvrages plus anciens, il est simplement en aube, ce qui est bien plus convenable. L'armure du corps rappelle beaucoup trop les guerres des hommes. Dans l'église de Saint-Michel-Archange , à Ravenne, en 5i5, saint Michel et saint Gabriel sont représentés debjut de chaque côté de Notre-Seigneur. Ils ont été décrits par Ciampini, tom. II, chap. 8, dans les termes suivanls : Ad ejusdem Saliatons drxleram stai bealus Michael Archnngclus, ut ipsii épigraphe désignât, qui arumlincm, sive baculum aurcum, cum p<irvn cruce in summitato gestnt. Baculum nil aliud iyinuere outumo, nisi baculum viatufium ; cujiis foriua eliam apud cpiscopos pro cambuca inserviebal; de hujusmodi baculis disseruimus m nostrn opère, Veteka Mo>(ime.\ta, part, i, cap. 15. Ad cjusdein Salvatoris sinistrampariler Slot Gabriel .\rchang dus, cadem forma ut aller vesdtus, bacutumqua iUlem manu pcrslringens.

Au-diS8us, il y a une autre image deNo-

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tre-Seigneur, avec des Anges de chncpie côté. En voici la description : Prope Salvato em duo cnrnunlur Angeti, (dttr sr.ilicet ad dcxtvnm, aller mu ad slnislram , veslibus palliisqne albis induti; cum a'is viro et slotis violacci coloris, auream arundinem manibus tenentfs. Quatuor ilitiem ai dexlernm. Ires ad sinistiom sunl Angcli, simili forma induti, qui lub is aiireas in sutiandi actu ori admotas iclinent, etc.

Dans les compositions aitistiques cliréliennes, on a introduit toujours des ligures d'Anges. En peinture et en sculpture, ce sont des Anges qui forment les encorbellements destinés a supporter les retombéi s des toits ; ce sont des Anges encor.' qui ornent les bas-reliefs , les panneaux et les écoinçons, ou autres formes, ( t ils tiennent souvent des banderoles chargées d'écr.lures, des emblèmes, des ol)jets sacrés, et, à l'époque moJerne, des écussons d'armoiries. Ils soutiennent la tôte des statues couchées sur les tombeaux ; sur les poutres et les aiguilles de charpente, ils portent des chandeliers. Ils remplacent les reliquaires et tiennent des tioles de diveise nature entre leurs mains. Ils sont à genoux en adoration auprès des symboles sacrés ou des personnes divines, ou bien ils ont les ailes et les mains étendues et sont appuyés sur des roues. La représentation d<3 chérubins ailés paraît mieux appropriée aux chapelles consacrées à la réserve de la sainte Eucharistie, comme sous la loi mosaïque ils sont destinés à montrer d'une manière spéciale la présence de Dieu.

Les neuf chœurs des Anges sont fréquemment représentés dans les magnifiques rosaces des grandes églises : les monceaux sont disposés de manière à figurer neuf compartiments d'une riche et délicate broderie en pierre.

Au XVI' siècle, au moment oii l'art païen fit invasion au milieu de l'art chrétien {iour le remplacer bientôt, on abandonna les édifiantes et traditionnelles représentations des esprits angéliqucs, et au lieu de l'aube, vêtement de pureté, ou des tissus d'or, ornement de gloire, les artistes figurèrent de petits amours nus portés sur des nuages, ou des jeunes gens demi-nus, dans des poses de baladins, étalant leur corps et leurs membres sans grAce, sans dignité et sans décence.

En Occident, on rencontre les neuf clianrs des Anges dans les monuments iconographiques du moyen ;lge bien plus rarement qu'en Orient. La hiérarchie complète des Anges est assez rare chez nous, dit M. Didron. La cathédrale de Chartres en olfre un exemple sculpté au portail méridional et un autre peint sur une verrièic du croisillon sud. A la Sainte- Chai)elle de Vincennes, le cordon de la voussure du portail est occupé jar la hiérarchie, nettement et com|)létement earac!éris('e. A Caliors , dans une cli?p'-'lle méridionale (!e la eatliédrale, on a sculj té en détail toute l'armée céleste, a Chartres,

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la composition est du xiii' siècle, à Viu- Cinnes, du xiV, et à Cahors , du xv*. Voili trois eieiuplos où la hiérarchie se dùveioppe dans toutes ses divisions. Partout ailleurs, les figures d'Anges al)ondent , sculj;tées ou peintes; mais elles sont rei>réscnt('cs dans deuï, trois ou quatre divisions, et non pas dans toutes. En Grèce, il en est de môme; cependant, la patrie de saint Denis est plus riche que la nôtre en séries complètes. Un des plus beaux exemples k citer est celui qu'on voit au giand couvent d'Ivirùn (au mont Athos), dans la coupole d'une église dédiée aux Archanges. Le Panlocrator domine au fond de la coupole ; tout autour de lui se placent, sur nc;;f rangs, les neuf , chœurs des Anges. Une inscription règne au-dessus de chaque chœur, pour en dire le nom et les fonctions. Une foule qui se perd dans les nuages représente chacun des groupes, et au-dessus de coite foule se détache un petit Ange qui tient une banderole où est écrit le nom du groupe auquel il appartient. La Vierge Marie est au milieu des Trônes ; elle est debout, les mains étenduns. On lit près d'elle l'inscription suivante en grec : Elle surpasse les Troues de Dieu, étant cllo-méme le Trône de Dieu.

Voici en quelques mots la description de ces différents groupes.

Séraphins. — Anges complètement rouges cimme du feu, à trois paires d'ailes rouges; épée flamboyante à la main droite. Pieds nus. Pas d'autres vêtements que les ailes.

Chérubins. — Pieds richement chaussés.

Robe, manteau et tunique par-dessiis ; ces trois vêtements sont extrêmement ornés de broderies. La tunique descend aux genoux. Deux ailes seulement.

Trônes. — Une roue de feu, ailée de quatre ailes ocellées. Une tête d'ange nimbée sort du bas de la roue et monte vers le centre. La Vierge fait partie des Trônes, et les domine, comme dit l'inscription.

Dominations. — Pieds chaussés. Une paire d'ailes. Robe et manteau sans ornements. Ils tiennent à la main droiie un long bAton terminé en croix ; à la gauche une boule où est écrit IC. XG. Parmi les Dominations est saint Jean-Baptiste, ailé, vêtu de sa robe de peau et de son manteau. Saint Jean a les pieds nus.

Vertus. — Pieds nus. Une paire d'ailes. Robe et manteau sans ornements. Us portent les mêmes attributs que les Dominalions.

Puissances. — Pieds nus. Une paire d'ailes. Robe, manteau, et par-dessus, tunique descendant jusqu'aux genoux. Ourlets ornés à la robe, en bas ; o irlets de même h la tuniq le ; collet du manteau brodé. Mômes attributs qu'aux Dominations.

Principautés. — Gomme les Puissances, mais vôtemen's plus riches et pieds chaussés. Au lieu dub itoncroisé àla main droite, ils tiennent une branche de lis.

Archanges. — Habiles en soldais , mais sans casque. Guirasse et bottines. Us portent h la main gauche le glabe avec le mono-

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gramme IG. XG.; à la main droite, une épée nue, la pointe en l'air. Ils ont une paire d'ailes.

Anges. — Habillés comme les diacres :

aube, dalmatique, manipule. Us tiennent le globe à la main droite, avec le monogramme IG. XG. ; à la gauche vin long bûlon croisé. Pieds richement chaussés.

Gette description, on le voit, est assez différente de celle du Guide ; mais la peinture d'ivirôn est du xvni'' siècle, et chez les Grecs, comme chez nous, les traditions iconogral)hiques se sont fort altérées deiuis cent ans. [Note nu Guido, etc., pag. lï.)

Nous renvoyons au Traité def saintes images, de Molanus , lib. ni, canp. 3;), 40 et h\; au Traité d'i<oiographie de M. labl)é Grosnier, et aux auîres ouvrages s])éciaux, pour avoir des détails plus amples sur cette matière. Nous ne pouvons pss omettre cependant deux traits curieux de l'iconographie des Anges qui se présentent très-fréquemment dans les églises du moyen âge.

Au portail occidentid, à l'endroit où se trouve la scène du jugement dernier, un Ange tient en main une bal tnce où sont pesées les âmes humaines, avec leui's bonnes ou leurs mauvaises œuvres. L'Ame esi représentée sous la figure d'un petit corj)s humain nu. Cette image singidière est justifiée par divers passages de l'Ecriture. Appensus es in statera (t invcntiis es minus hibens (Dan. v, 27). Appcndai me in slalera justa, et sciât Deus Simplicitatein mcrjm (Job, XXXI, 6). Saint Augu tin s'exprime en ces termes : Intnroyet se unaquœ- (juc animi, cl vident si inj.ste palitur : proferatur statera jmtitiœ (B. Aug. in sermono de lemp-ore barbarico). Auprès de l'Ange de la justice on aperçoit souvent le démon qui considère attentivement l'action du posément et qui pose parfois la patte sur le bord de la balance pour fiire incliner le plateau de son côté. Le démon se trouve la parce que, suivant l'expression do nos livres sainis, \\ est calomniateur et accusateur, réclamant que justice rigoureuse soit faite de toutes les fautes que nous avons commises. G'est saint Michel qui est l'Ange du jugement et qui tient la balance de la justice.

Le second trait est observé dans les vitraux peints le plus ordinairement et quelquefois dans les bas-rehefs et autres sculptures. Deux Anges reçoivent l'àme des justes, au moment où le dernier soupir s'exiale, et la portent dans le sein d'x\braham. Ges deux anges tiennent une espèce de linge au milieu duijuel lame, sous la forme d'un enfant nu, est h genoux, les mains jointes devant la j'oitrine. Afin de compléter cette composition, on voit souvent Abraham , vieillard à longue barbe et à figure vénérable , portant dans un vaste linge, [ ar-devant sa poitrine, une multitude d'ames sous ferme de tôles humaines.

ANCRE. — L'ancre a toujours été considérée comme lemblème de l'espérance et de la confiance. Dans le? calacumbes chréticmies

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de Rome, surles tombeaux des martyrs, on a souvent figuré l'ancre dans une intention de symbolisme religieux. Vancre et le navire au port représentaient le terme des épreuves de cette vie exposée à tant de dangers pour la foi, et étaient rcmblème d'un heureux voyage et de l'arrivée au port de l'éternité.

Dans les inventaires d'objets précieux appartenant aux églis'S, il est hiit mention d'ancres faites de métaux précieux, olfortes aux églises ou aux cliAsses des saints, par des navigateurs échappés à un danger imminent.

Ainsi, dans l'inventaire des vases et des pierreries api>artenant jadis au minster d'York, on voit figurer comme dépendances du tombeau de lord Scrope, dix navires d'argent, avec une ancre également d'argent ; item, une ancre et 77 crochets ; idem, k ancres et crochets ( Monasticon Anglicanum). Dans les Volontés de Richard, comte de Warwick {Testamenta vetustn^, tom. l", pag. 232), on lit le passage suivant : « Je désire que mes exécuteurs testamentaires fassent faire quatre images en or, chacune du poids de201bs., me représentant moi-môme avec ma cotte d'armes et tenant une ancre entre mes mains, lesquelles seront données en mon nom ainsi qu'il suit : la première k la châsse de saint Alban, en l'honneur de Dieu, de Notre- Dame et de saint Alban ; la seconde , èi la chAsse de saint Thomas de Cantorbéry ; la troisième , à Bridlington , dans le comté d'York ; et la quatrième àja chAsse de saint 'SVinifred, dans son éghse, à Shrewsbury. »

Dans les anciens manuscrits, on rencontre quelquefois la figure d'une ancre, tantôt supérieure, tantôt inférieure. Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsque la courbure est placée en haut, elle désigne une sentence, une maxime ou quelque chose d'important ; dans le second cas, c'est-à-dire lorsque la courbure est tournée en bas, elle signifie quelque chose de bas ou môme d'inconvenant.

ANGLET. Petite cavité fouillée en angle droit, comme celle qui sépare les bossages ou pierres de refend, ou comme les traits de la gravure des inscriptions dans la pierre et dans le marbre.

ANIMAUX SYMBOLIQUES. — Tout ce qui a rapport aux animaux employés dans les édifices du moyen Age avec une intention symbolique, forme une question complexe et difficile à traiter dans toutes ses parties. Nous en dirons ce qui est plus intéressant au point de vue archéologique , r.-nvoyant aux traités spéciaux sur l'iconograph e, le syml)olysme et l'ornementation, ceux qui voudraient étudier les nombreux détails qui s'y rapportent. N.us devons avertir d'abord que dans plusieurs ouvrages Siir celte matière, on trouve une foule de consid.Talions (pii ne semblent pas fondées sur l'histoire. Le symbolisme et les questions qui s'y rattachent ont donné naissance à beaucoup de systèmes, que les faits ne justifient guère, et oui reposent principalement sur des liypothè?es plus ou moins ingénieuses et les rê-

veries de l'imagination. On a vu une intention préméditée dans les animaux fantastiq;ies qui entrent dans la décoration des chapiteaux, des frises, des corniches des édifices de l'époque romano-byzantine, surtout dans le cours du xir siècle. Non-seulement lesanimauxijui sontsculptés dansleur entier, en divers endroits des édifices, mais encore les tètes monstrueuses et les membres isolés auraient une signification déterminée. Les monstres dont le corps est formé des membres empruntés à plusieurs animaux devraient être regardés comme un résumé parlant, où l'on pourrait reconnaître, sous un seul emblème, les attributs de ditférents vices, ou ceux do diverses quabtés. Plusieurs archéologues, dont nous estimons l'érudition et l'esprit do critifiue, repoussent la plupart de ces explications et donnent d'excellentes raisons de leur manière d'agir. Cependant, comme dans cette question, la science archéologique n'a pas encore prononcé d'une manière définitive, nous exposerons avec impartialité les diverses opinions des auteurs. {Voy. Zoologie SYMBOLIQUE.)

Il n'est pas surprenant que nous soyons aujourd'hui embarrassés dans l'inlerprélnlion des figures d'animaux qui se rencontrent dans nos vieilles églises, puisque, au moment môme où elles étaient exécutées, la signification n'en paraissait pas évidente aux écrivains contemporains, en supposant que les sculpteurs eussent une pensée bien arrêtée à c« sujet. Saint Bernard, dans son Apologie à Guillaume, abbé de Saint-Thierri , s'élève avec beaucoup de force, nonseulement contre les images en général, qui ornaient les monastères, "et qui étaient pins somptueuses et plus curieuses qu'édifiantes, mais encore et surtout contre les sculptures étranges que Ion introduisait dans les cloîtres des monas;ère'^, dans les lieux réguliers et jusque dans les églises. Ce passnge est trop curieux pour que nous ne nous fassions pas un devoir de le citer et d'en donner la traduction:

« Omilto oratoriorum immensas altitndines, immoderatas longitudines, supervar uas lalituilines, sumptuosas dejiolitiones. curiosasdepictiones : q l-b dum o;aiUiumin se rétorquent aspectum, impediunt et atrerlura : et mihi quo îammodo repra>sentant antiquum ritum Juda^orum. Sed esto, fiant hxc in Iionorem Dei : illud autem interrogo, moraclius mo achos, quod iii gentili;»us genlilis arguebat (Persin.t, sniijra i). Dicite, ait ille, pontifïces, insnncto quid ficit aurum? Kgo aulem dico : Dicite, pauperes (non enim atlendo versum, sed seiisum , dicite. inquam, pauperes, si tamen pauperes, in sancto q^id facit aurum ? Et quidem alia causa est cftiscoporum, alia monacliorum. Scimus nanKpie quo<l illi, sapientilius et insipicntibus debitores cum sint, carnalis populi dcvotioneni, qu'a spiritualibus non possunt, corporalibus excitant ornameulis. Nos vero, qui jam de populo cxivimus, qui mundi qua^(]uo p eliosa ac speciosa pro Cliristo reliquimus, qui omnia pulchrc luccnlia, canore mulcentu,

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suave olentia, dulce sapientia, tactu placentia, cuncta denique oblectaui^nla corporea arbiti-ati sumus ut stercora, ut Christum lucrifaciamus, quorum, quai^so, in his devotionem exoitare intendimus ? Quem, inquara, ex his fructum re(iuirimus, stultorum aJmirationem, an simpliduiu oblectationem?

Ponuntur dehinc in ecclcsia gemmât», non corona?, sed rotœ, circumseptœ lam]»adibus, so.i non minus fulgentes insertis lapidibus. Cornimus et pro candel;ibris arbores quasdam erei tas, multo œris pondère, miro artiticis opère fabrelactas, necmagis coruscantes superpositis lucernis, quam suis gemmis. (Juidputas in his omnibus quœritur, pœnitentium compunctio an intuentium admiratio? O vanitas vanitatum, sed non vanior quam insanior ! Fulget ccdcsia in parietibus, et in pauperibus eget. Suos lapides induit auro, et suos tilios nudos desorit. De sumptibiis egenorum servitur oculis divitum. Inveniuntcuriosi quo délectent ;r, et non inveniunt miseri quo sustententur. Denique quid hœc ad paup^r.^s, ad monachos, ad spirituales viros? Nisi forte et hic adversus mcraoratum poetœ versiculura propheticus ille respondeatur : [Psalm. xxy, 8) « Domine, dilexi dffcorem doinus tuœ, et locum habitalionit gloriœ /«œ. Assentio.Patiamur et hœc tieri in ecclesia ; quia etsi noxia sint vanis et avaris, non tamon simfilicibus et devotis. Cœterum inclaustris, coramlugentibus fratiibus, quid facit illa ridiculosa monstruosilas , mira qufe lara deformis foroiositas, ac formosa deformilas? quid ibi iramundœ simiœ ? Quid fcri leones? quid monslruosi conlauri? quid semihoraines? quid maculosoe tigrides? quid milites pugnantes? quid venatores tibicinantes? Videas sub uno capile corpora multa : et rursus in uno corpore capita multa. Cernitur hinc in quadrupède cjuda serpentis, illinc in piscecaput quadrupedis. Ibi bestia prœfert equum, capram trahens rétro dimidiam : liic cornuium animal equum gestat posterius. Tara multa denique, tamque mira diversarum formarum ibique yarietas apparet, ut niagis légère libeat in marmoribus, quam in codicibus; totumque diem occupare, singula ista mirando, quam in lege Dei raeditando. Proh Deum ! si non pudet iueptiarum, cur vel non piget cxpensarum? »

« Je passe sous silence la hauteur immense des oratoires, leur longueur inhnie, leur largeur superllue, leur poli somptueux, leurs peintures curieuses. En atliratit l'attention de ceux qui prient, ces choses nuisent à la piété. J'y vois, en quelque soite, la représentation de l'ancien rite des Juifs. Mais, soit; que toutes ces choses soient faites à l'honnour de Dieu. Mais moine j'interroge des moines et je leur adresse la question qu'un païen adressait à des païens : ÂJiles-moi, ô pontifes, dit-il, ce que l'or fait dans le lieu saint ? Et moi, je vous dis : Dites-moi, ô pauvres (je m'occupe du sens ot non des vers du poëte), dites-moi, dis-je, ô pauvres, si vraiment vous êtes pauvres, que lait cet or dans le lieu saint ? Et ici les évêques peuvent avoir pour 3^ir d'autres rai-

sons que les moines. Nous savons qu'ils se doivent également aux savaids et aux ignorants, et qu'ils peuvent exciter la dévotion du peuple grossier et charnel par des ornements corporels, puisqu'ils ne le peuvent par des moyens spirituels. Mais nous qui avons quitté le monde, (lui avons laissé pour Jésus-Christ toutes les choses précieuses el pompeuses du monde, toutes les choses brillantes par leur beauté , agréables par leur douceur, suaves par leur odeur, délicates par leur saveur, délicieuses au toucher; qui avons regardé, en un mot, tous les agréments du monde comme une chose vile et méprisable, afin de gagner Jésus-Christ, de quelles personnes, je le demande, avonsnous l'intention d'exciter la dévotion par tous ces objets? Quel fruit, dis-je, voulonsnous retirer de ces choses, est-ce l'admiration des ignorants, ou le plaisir des simples? En outre, on place dans les églises, non des couronnes, mais des roues ornées de pierres précieuses, entourées de flambeaux, mais plus brillantes encore par l'éclat des pierreries qui y sont incrustées. Au lieu de candélabres nous voyons des espèces d'arbres élevés, façonnés en airain avec un poids énorme de matière et un art admirable, moins étincelants par les flambeaux qui y sont allumés que par les pierreries qui les décorent. Que pensez-volis que l'on cherche en ces choses, la componction des pénitents ou l'admiration de ceux qui les contemplent? O vanité des vanités, fi/lie qui surpasse encore la vanité! L'église brille dans ses murailles et souffre dans ses pauvres. Elle revêt d'or ses pierres, et laisse ses enfants nus ! Les ressources des pauvres sont consac/écsaux plaisirs des y«-^ux des riches. On trouve moyen de faire plaisir aux curieux, et on ne trouve pas celui de no rrir les malheureux. Enfin à quoi servent ces choses aux pauvres, aux moines, aux hommes spirituels? à moins, peut-être, que l'on oppose au vers ci-dessus mentionné du poëte, ce passage du prophète : Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison et le lieu où habite votre gloire. Je l'admets. Souffrons que ces choses soient faites dans l'église; car quoiqu'elles soient nuisibles aux hommes vains et aux avares, il n'en est pas de même pour les hommes simples et pieux. Mais dans les cloît! es, d' vant des fr ères qui pleurent leurs péchés, à quoi servent ces ridicules monstruosit s, cette beauté difforme, cette belle difformité? à quoi bon ces singes immondes, ces lions sauvages , ces centaures monstrueux, ces monstres moitié hommes, ces tigres tachetés , ces chevaliers qui se battent, ces chasseurs qui jouent du cor? Sous une" seule tête vous voyez plusieurs corps, et i)]usieurs têtes sur un seul corps. Ici , h un quadrupède vous voyez une queue deser{)ent; la, à un poisson uno tète de quadrupède. Ici, un animal est cheval par la partie antérieure du corps, et chèvre par la partie postérieure; là, un animal à cornes est terminé par un corps de cheval. Enfin, on voit apparaître une si nombreuse, une si

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('tonnante vari<5té de formes diverses, que l'on i»r(''ft'rc regarder le marbre que de lire dans les livres, et pass' r to.jte la journée à regarder ci s choses qu'à méditer la loi de Dieu. 0 mon Dieu! si l'on n'a pas honte de ces basatelles, pounjnoi au moins n'esl-on pas fâché de la dépense? »

Tout le monde connaît les animaux symboliques (jui accomi)agnent les quatre évangélistcs et qui quelquefois leur servent de soutien. Saint Matthieu est accompagné de l'homme ou de l'ange; saint Jean de Taigle; saint Marc du lion ; saint Luc du veau ou du bœuf. Tous sont ailés; ce qui fait que le signe emblématique de saint Matthieu, ou l'homme, a été souvent regardé et désigi é comme un ange. Ces animaux, dit saint Grégoire, conviennent parfaitement aux quatre évangélistes, puisque l'un de ceux-ci a décrit la naissance du Fils de Dieu, stlon la nature humaine ; l'autre, l'oblation du sacrilice sans taciic, indiqué par le bœuf victime ordinaire du sacnUce ; le troisième, sa force et sa puissance, marquées par les rugissements du lion ; et le quatrième, la naissance éternelle du Verbe ; comme raigle, il a pu considérer fixement le soleil levant.

Ces animaux, ajoute le même saint docteur, peuvent bien aussi figurer le Sauveur lui-même, car il a pris notre nalure en se faisant homme ; il s'est laissé égorger comme les anciennes victimes; lion terrible, il a rompu paisapuissancelesliensde lamort; enfin, comme l'aigle, il s'est élevé vers les cieux par son ascension {Moral, lib. xx\i, cap. 21).

Quand les évangélistes, dit M. l'abbé Crusnier dans son Iconographie chrétienne, ne sont pas accompagnés de leurs ai.imaux, l€ livie de la Bonne Nouvelle qu'ils ont entre fes mains porte une inscription qui aide à les dstinguer; saint Jean, par exemple, a sur son livre : Jnpnncipio eral Verbum. Les autres ont de même le cumniencement de l'Evangile écrit par eux, ou du moii.s un des principaux traits du livre divin. Ils ont aussi les pieds nus, ainsi que les apôtres, distinction qu'ils partagent avec saint Jean-Baptiste, avec les anges et avec Diea lui-même; il n'en est pas do même des autres sa nts. J.es seuls envoyés de Dieu, chargés de faite connaître sa vol aité aux hommes, sont déc ai ssés ; en les voyant, on peut s'écr.er avec Isaie : Qu'ils sonl beaux sur iimonlayne, les pieds de ceux q d annonc^til et prêchent la paix, qui annoncent le bonheur et qui prêchent le salut; qui disent à Sion : le rètjne de ton Dieu ra s établir (Jsa. xi, 7) 1 Très-souvent les évangélistes sont remplacés par leurs anima x symboliques, et dans ce cas ces animaux sont ordinairement nimbés, tantôt sans aucun attribut, tantôt soutenant le livre évangélique, ou ben un phylactère lisse ou marqué du nom du saint qu'ils remplacent.

Les évangélistes ou leurs animaux symboliques se rencontrent fiéfjuenMiient sur les tympans des portails de la lin du xr siècle, sur ceux du xn' siècle et du commencement

DlCTIONN. D'AuCHÉOLOGIli SACHKE. I.

du xui*. On les voit recevant leur mission du Sauveur et paraissant écrire sous sa dictée, comme au portail latéral de Saint- Pierre-lcz-Mouti( rs , diocèse de Nevers, comme aussi h Ma j;uelonne , où les quatre anima;x seuls regardent Jésus-Christ ; ou bien ils assistent au jugement dernier, portant encore le livre d'après leciuel seront jUpM'es les actions dts hommes. 11 est à remar(|U( r que ces animaux ne s mt |)as placés indistinctement d'après le caprice ou le gotlt de l'artiste. Voici le rang qui leur est ordinairement assii;né: au haut, à droite (à gauche de celui qui regarde) est l'ange; à gauche, l'aigle; au bas, h droite, le lion; à j:auche, le veau ou le bœuf.

Sur un des vitraux de l'église de Brou, près de Bourg en Bresse, on voit la marche triomphale du Sauveur. Son char est traîné par les quatre animaux évangi'liques. A Sainl-Ktienne-du-Mont , à Paris , cm les vo-t aussi attelés au char de 1 Kgiise. Yoy. Tétramorphe).

Au témoignage de saint Augustin {Lib. i, de Consensu evangelistarum, cap. 6 , il esl plus probable qu'il y a eu une intention tiien marquée chez ceux qui ont attribué l'homme à Matthieu, le lion k Marc, le veau à Luc, et l'aigle à Jean, beaucoup mieux que chez ceux qui ont attribué l'homme à Matthieu, l'aigle à Marc, le bœuf à Luc, et le lion à Jean. Ce dernier arrangement se trouve indiqué par saii.t Irc'née (Lib. m, cap. 2). Dans son commentaire sur l'Apocalypse, {Chap. IV, verset 6), Bossuet s'exprime en ces termi s : « Par ces quatre animaux mystérieux on peut entendre hs quatre évangélistes... Dans les quatre évangél stes, comme dans les principaux écrivains du Nouveau Testament, sont compris tous les apôtres et les saints docteurs qui ont éclairé l'Eglise p^r leurs écrits. » Le même auteur continue ainsi {au vers. 7) : « On voit aussi dans les quatre animaux quatre principales qualités des saints : dans le lion, le courage et la force ; dans le veau qui porte le joug, la docilité et la [patience; dans l'homme, la sagesse ; et dans l'aigle, la subhmité des liensées et des désirs. »

Pounpioi les évangélistes ont-ils reçu te\ attribut en pailic ;lier ? Avant de donner uii extrait fort instructif de M. A. W. Pugin. sur cette mat ère, nous placerons sous les yeux du lecteu,- un passage de VOulo Uomanus [Jn denuntiatione scrutinii ad eleclos, fol. 37).

« Filii charissimi, exponcmus vobis (piam ralionem, et quam tiguram unusquisijue in se tcneat, et quare Matthanis in se figuram liominis habeat. Qui in initio niliil aliud agit, nisi nativitatem Salvaloris jileno ordiiin gen(>ralionis enarrat. Sic enim cœpit -Liber (jeneratiunis Jesu Chnsii filii David, ^■i(letis (piia non immorito luiic hominis assignata est persona, (juando ab hominis nativitate initium comi)reliendit. » Lorsque le diacre a Iule commenctMiiont du saint Lvangiie selon saint Marc, le prêtre ajoute : « Marcus evangel sfa, leonis gerens tiguram, a folit- dhio

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