‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 47 sur 195 · AN · texte numérisé non relu

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peinture, ouvrage tnduit sur un manuscril byzantin par M. Paul Durand et publié par M. Didron, on lit les lignes suivantes : « Audevant des évangélistes les animaux tétramorphes avec des ailes et portant l'Evangile. Ils tournent leurs regards vers les quatre évangélistes de la minière suivante: <lu côté de saint iMatlliieii, un homme ; du côté de saint Marc, un lion ; d j coté do saint Luc, un bœuf; du côté de saint Jean, un aigle. Interi)rétation : Ce qui est semblable à un homme signilie l'incarnation ; ce qui est semblable à un lion caractérise la force et la royauté ; ce qui est semblable à un liœuf indique le sacerdoce et le sacrifice ; ce qui est semblable à un aigle indique rins[)iration du Saint-Esprit. » {Manuel d'iconographie grecque et latine, pag. 307.)

Un Evangéliaire in-folio, provenant de la Sainte-Chapelle de Paris , à laquelle il avait été donné, en 1379, par Charles V , contient ces vers qui résument très-bien les explications données à toutes les époques du njoyen âge des attributs des évangélistes :

Qnattuor hœc Dominum signant animalia Chrislum: Est liomo nas'-endo, vitidusque sacer tnoriendot Et leo surqendo, cœlos aquilique prtendo. Nec minus hos scr.bas animnlia cl ipsa figurant.

M. Gabriel Peignot a écrit une dissertation sur le sujet que nous venons de traiter; elle est insérée dans le I"" volume des Mémoires de la commission des antiquités du département de la Côte-d'Or.

Pourbien comprendre le sens de certaines légendes pieuses qui nous ont été transmises parle moyen Age , il faut comprendre la signihcation de certaines figures emblématiques. Faute d'en avoir saisi le vrai sens, beaucoup sont tombés dans de graves erreurs, dont on a voulu plus tard rendre responsable le moyen âge , lorsqu'on ne s'est pas attaqué à l'Eglise eLle-même. Pour dire la vérité tout entière, des écrivains du moyen âge , comme certains auteurs de notre xix' siècle , se sont trompés en expliquant des compositions emblématiques dont ds ignoraient la véritable signification. Ils attribuaient h. tort à la réalité ce qui appartient seulement au svmholismo. C'est ainsi que la ïarasquc , la Gargouille , etc. , sont des allégories à l'a-dc d' squelles on exprime matériellement des idées spirituelles. Il est évident qu'eu attribuant à sainte Marthe de Tarascon et à saint llomain de Uouen , comme un f.iit réel , ce qui ncst quo le symbole de la destruction de l'idolàlrie , on tombera dans la plus lourde er, eur. Il en sera de môme si l'on explique naturellement le monstre donné comme attribut à sainte Marguerite, le dragon terrassé par saint Georges , etc. , etc. En faisant illusion à la signilicalion littérale de son nom, on a représ;'nto saint Christophe portant le Christ enfant sur ses épaules. Ce fut d'abord un emblème toléré , parce qu'il était compris de tout le monde. Plus tard, il fut condamné et supprimé. Nous pourrions raulliplier les excriir plesdece gf^nropres jueMiufini : si l'on s'est

trompé quelquefois sur le sens des représentations symboliques , en transportant de la figure h la réalité des formes al. égoriques, ques"cnsuit-il? Aucun repr che , assurément, ne peut être adressé à l'Eglise ni <\ son enseignement. Ser.iit-:! [«lus raisonnable de coules er l'authenticilé dos actes des saints, \i véracité d.s lé^enJes elles-mômos?

Non. Les légen-Jes i)ieuses du moyen âge ne sont pas des faibles , et quand même on découvrirait des erreurs qui .<-e seraient glissées au sein de l.i vérité , elles présenteraient en cela uni(juemenl la condition des choses humaines. On peut consul er à ce sujet la dissertation que nous avons publiée , de coMcert avec M. le chanoine Manceau, dans l'ouvrage in-folio sur les verlièresdu chœur de l'égl se métropolitaine de Tours.

Nous expliquer* ns ici très-rapidement jMiunjuoi plusieurs saints sont accompagnés d'animaux symboliques. Nous renvoyons le lecteui- curieux de voir sur ce sujet de plus amples détails au livre de Jean de Meulen sur les sacre'es images.

Sdiiit Georges est représenté terrassant un dragon, parce que, suivant l'histoire apologéli({ue des martyrs , d ns Siméon le Mét iphraste , il a arraché aux griffes du démon plusieu.s chréiicns qui, imitant son exemple, eurent le courage de verser leur sang pour la foi de Jésus-Christ. En faisant lesignedelacroiy, saint Georges chassa un démon de la statue d'Apollon. Témoin de cette merveille , l'impératrice Alexandra embrassa la foi et souffrit ensuite le mar'yre ]:)lutùt que d'y renoncer: elle eut la tôle tranchée. Ces faits sont historiques. Les peintres , peu soucieux de l'histoire , et trop souvent ignorant les circonstances principales desévé-nements qi'ils représentent, ont figuré auprès de saint Georg-; s une jeune fille, dans la prem ère fleur de !a jei;n'5se , au lieu d'une femoie d'un âge mûr, commo devait être Alexandra.

Plusieurs oritiques , C' ml a tus énergiquemeiit i ar Jean do Meulcn et par d'autres auteurs, ont prétendu que saint Georges n'avait jamais existé , et que son image était simplement une ligure allégorique de Constantin renversant l'idolâtrie et [)rotégeanl la rdigion chrétienne. Voyez Lenain de Tillemont, Méiu. , tom. V, pag. GGO. Pourquoi ivprésente-t-on saint Patrice foulant aux pieds des serpents V C'est un que ment parce que ce saini fut l'apôtre de l'Irlande , après q le l'Angleterre eut été évangéiiséc par le moin" sjint Augustin , envoyé par le pape saint Grégoire le Grani. « En Irlande, dit le vénérable IJèile {fJistor. lib. i, cap. 1), on ne voit aucun reptile; aucun serpent n'y peut vivre. Car souvent des serpents y ont été apportés de la Bretagne: mais lorsque le vaisseau qui les portait apiroc .ait de terre, ils p/T.rent comme frappés par des odeurs de l'air: bien plus, presque tout ce (]ui vient de cette ilea une force trèsgr.iude c(»nlre le poison. » In qua i'^suia nullitmrept'le viieri .to/c/, nullus scrpens vi-

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