‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 49 sur 195 · A.NG · texte numérisé non relu

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\'ilol: mais nous n'en possc'dons arlucllcniciil aucune, et il est hien plus vraiseiu- Idilile que l'art de hAtir des voûtes en bois est propre à l'Angleterre, tandis (jue Tari île les construire en pierre a toujours été en faveur en France.

Le style romano-byzanlin, importé par les Nùrmarids, ajirès 130 ans environ de durée, après avoir créé tant de chefs-d'œuvre, commence à être abandonné à la tin du régne de Henri II, c'est-à-ilireen 1189. Le style cpii lui succède et ([u'on désigne en An;^leterre sous le nom de style auijlais priniiiif ( early english ) corres|)ond, sauf de rares exceptions, h notre premier style g< t!!i((ue, celui qui a pour signe dislinctif l'ogive dans toute sa pureté, l'ogive à lancette, et ce grantiiose de proportions, (pii caractérise dans toute architecture le p.bis liait degré de perfection.

Entre ce style nouveau et le style normand, la transition semble avoir été singulièrement brusque en Angleterre. On n'y voit presque pas d'exemples de ces monuments où l'ogive encore naissante s'essaie timidement, et vient se jioser, comme par hasard sur deux piliers qui semblent plutôt tlostinés à porter un arc semi-circulaire : monuments nn-|)aitie, ((ui matériellement sont h ogives, mais dont l'esprit est encore fout à f)]ein cintre. Telle est en partie Notre- Dame (Je Noyon, l'abbave de la Trinité à Fécamp, la lielle église à coupole de Souillac , et tant d'autres qu'on rencontre dans foutes nos provinces, et qui offrent des modèles aussi varii's qu'intéressants de cette artichecture de transition. Il semble que l'Angleterre n'ait pas assisté, comme la France, à cette lutte persévérante d s idées anciennes contre les idées nouvelles et qu'elle n'ait pas vu comme nous le vieux ty})e architectonique lutter pied à pied contre son jeune rival et lui disputer le terrain, en quelque sorte, pierre par pierre. En Angleterre le combat, s'il a existé, n'a pas laissé de traces; le style à ogives semble s'y être introduit de la môme manière (pie le style normand 130 ans auparavant , c'est-iVdire après sa ])remière enfance , lorsqu'il était déià sorti (les essais et des iitonniMiionts, lorscjn'il avait acquis assez de force et de maturité pour régner souverainement et sans partage.

11 ressort évidemment de ces faits que le 5tyle ogival n'a pas eu son origine en Angleterre. Pourq oi rapi)ellerait-<^)n slyle an- (jlais? 11 est incontestable, d'après les dates historiques de la fondation des princijiaux édifices de l'ère ogivale, que le style ogival primitif ou à lancettes avait déjà présidé à l'édification de plusiciu.s magniliqu(>s basiliques en France, avant de lien diriger en Angleterre ou en Allemagne. Tous les efforts de l'esprit systéma[i([ue no peuvent rien contre des faits historiques. Et , comme d'autre part, le style ogival, à cause de s(ni admirable ensemble, n'a pas été créé en un jour, en un instant, et qu'il a nécessairement dii passer par des phases d'évolution, romme c'est la condition de tous les beaux-ails; coûDDie, en Aiigleterrc, on nv. wni \nr\\\\

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monument de tiausiliuii entre le slyle à jilein cintre et le style à ogives, tandis (|u'en France les édilices de ce (lernier genre sont extrêmement communs: il est de notre droit d'en conclure (pie l'architecture ogivale n'est anglaise sous aucun rap|)0rt.

Nous conviendrons, maintenant, ces concessions étant faites, que l'art ogival n'a jia» tardé h prendre en Angleterre une physionomie spéciale, ("e sont toujours et invariablement les mômes profils, les mêmes moulures, la même disposition d'arcades et de piliers, en France, en Allemagne et en Angleterre; mais à c6l6 de cette analogie dans les détails , il y a en Angleterre des différences (lins le |)lan. Nos églises, comme celles d'A!Ieiiiagne; se ternnnent en hémicycle , aussi bien sous la période à ogives que sous la période précédente : l'absifJe se prolonge davantage, niais elle finit toujours )iar aboutir à une partie semi-circulaire , et toutes les cha[)elles qui se groupent alentour affectent cette môme forme. F^n Angleterre, au contraire, dès que le style normand est abandonn(i , vous ne trouvez plus d'absides en hémicycle; toutes les églises se terminent carrément. (Voy. Aijside.)

Nous le disons dereclief, le style ogival primitf n'est pas le moins du monde in style anglais; c'est encore une transplantation. Mais poiuMlonner quehjue idée de la;clii?ecture ogivale en Angleterre et des merveilles ((u'elle y a produites, nous ne saurions mieux faire qtie de placer ici une note trèscourte sur quehpics édilices célèbres du xiii° siècle. L'.l)baye de Westminster et pariculièrement sa faijade nord, le minster de Wevcrley, le transsei)t méridional d'York, la façade cïe Lincoln, offrent d'admirables modèles du style à lancettes. Il est impossible de donner à ce genre d'architerturo une expr ssion plus noble, un cara- tère plus hardi, plus sublime. Quant h la cathédrale de Salisbury, que les Anglais regard^'ut comme le type du genre, comme la p rfection des perfeclions, c'est assurément un magnifique édihce; ses proportions sont grandioses, son plan est d'une ordonnance simple, d'une symétrie parfait(>, on le saisit d'un coup d'ieii ; sa façade est brillante et délicatement ornée, sauf les portes, (pii sont pauvres et sentent le village; elle est surmontée d'une flèche en pierre d'une grande élévation et d'une extrême richesse. ( Voy. Aiguille.) Enfin, à l'intérieur, l'église est d'une merveill -us 'régularité, mais en môme temps d'une froideur inexprimable; cette fnudeur provient de l'absence complète de toute espèce de sculpture; il n'y a pas dans l'église entière la trace d'un seul coup de ciseau ; rien qui sente la main de l'homme, rien di; vivant, rien d'animé : les cliapileaux sont tins pareils et se com|>osent de deux ou trois petites moulures (jui semblent faites mécaniquement.

Néanmoins, on comprend l'immense repulati;.n de celte abbaye de Silisbury, d'abord parce que, malgré ses impcil'i" fions de détail, c'esi un (l'>s édifices le-^ plus grands cl

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les plus complets qu'on puisse voir; ensuite parce quo, inlépendamment des m 'rites du tableau, le cadre a des attraits morveilleux. C'est un priv.léj^e de la plupart des églises anglaises que de se marier à la verdure, luiis il n'en est peut-être pas qui soient ombragées par des arbres aussi imposants, aussi gigantesques, que ceux de l'abbaye de Salisbury. Il faut voir d'un côté ces ormos séculaires et ce tapis d'un gazon lin et brillant sur lequel l'église semble mollement assise ; de l'autre ce vaste cloître, silencieux, désert, mais si bien tenu, si res- ])ect '•, que les moines semblent l'avoir (luilté la veille et devoir, après l'ofTice, venir encore s'y promener. Un tel ensemble no peut pas se décrire, mais on comprend quel relief, quel éclat il prête aux beautés de cette cathévirale.

Si vous entrez dans le cloître, si vous suivez ses longues voûtes, bientôt vous arriverez devant un porche élégamment orné, qui vous introduira dans une grande rotonde octogone, toute à jour, éblouissante d3 clarté, et dont nous chercherions vainement un modèle sur le continent. C'est la salle du Chapitre {Chapler lionse.) Au centre s'élève une longue colonne de pierre, ou plutôt ce n'est pas une colonne, c'est le tronc d'un vaste palmier dont la tète se recourbe comme un parasol immense et abrite de ses rameaux symétriques tout le centre de la rotonde, en se rattachant à huit fragments d'autres palmiers qui s'élancent de chacun des angles de l'octogone.

11 est impossible de rien imaginer d'aussi gracieux, d'aussi léger et en même temps d'aussi majestueux que cette disposition de Yoôtes. Les féeries de 1 Alhambra n'ont rien qui surpasse en élégance fantastique ces berceaux de palmiers, et le goût le plus pur, ïe plus sévère, n'a pas un reproche à faire à ces arêtes si bien suivies, à ces courbes si bien calculées, à ce plan si simple et si riche à la fois. Nous n'avons rien en France qui puisse donner une idée de cette délicieuse décoration. Pour l'art de disposer les voûtes, dit AI. Vitet, auquel nous empruntons ces détails, les Anglais sont évidemment nos maîtres : ils s'y sont livrés avec une aptitude toute particulière ; c'est de ce côté qu'ils semblent avoir dirigé presque exclusivement et leur imagination et leurs études : aussi sont-ils parvenus à produire dans ce genre des effets d'une variété et d'une richesse extraordinaires ; mais de toutes les dispositions qu'ils ont inventées, je ne crois pas qu'il y en ait une de pi s originale et déplus heureuse que ces berceaux de palmiers. Les salles capitulairos de Lincoln, do Wells, d'York, en offrent des exemples non moins remarquables que celle de Salisbury. On retrouve aussi ce genre de voûtes dans l'octogone d'Ely et dans deux monuments charmants où elles ont été employées avec un rare bonheur, la chapelle royale de Windsor et la chapelle de la Vierge à Péterborough.

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Pendant le cours du xiv' siècle, une révolution s'opère dans le style o^^ival en France et en Angleterre. Par opposition à la dénomination de style ogival à lancette donnée à l'architecture ogivale du xui' sièil', on nomme style rayonnant celui qui S3 développa au xiv% do même qu'on nomme style flamboyant celui qui domina au xv' siècle et au commencement du xvi*. Les Anglais nomment style an'jlnis décoré le style ogival du XIV' sièclf, quoique les monuments de cette é,)oque n'offrent en Angleterre, comme en France et en Allemagne, que des caractères semblables, presque identiques. Les différences qu'on y remarque accusent une école particulière, mais elles ne suffisent pas pour établir un style d'architecture^ à part. Si les Anglais montrent avec un juste orgueil la nef de la cathédrale d'York, nous mettons en parrallèle la belle église de Saint- Ouen, de Rouen, et il est aisé de se convaincre que, dans les deux pays, l'art ogival a suivi la môme marche et les mômes développements. S'il y a une différence à noter, elle n'est pas dans le style de l'architecture, elle est uniquement dans les dates. En France, nous sommes généralement en avance d'un demi siècle, au moins, sur l'Angleterre. 11 suffit pour s'en convaincre de comparer la chronologie.

Tandis que l'art ogival, auxv* siècle et au commencement du xvr, développait dans nos églises ces formes flamboyantes et ces ornements fantastiques d'un goût si varié et généralement si pur, il suivait une marche bien différente dans les monuments anglais. Alors naquit et se développa le style que les Anglais nomment slyU perpendiculaire. Pour cette fois, le style anglais perpendiculaire est bien réellement anglais et exclusivement anglais. Nous ne voyons nulle part, ni en France, ni en Allemagne, ni en Belgique, de ces meneaux perpendiculaires, comme on les observe en Angleterre dans tous les édifices sans exception, soit religieux, soit civils. A partir des. Tudor, ce style perpendiculaire préside à la construction de mille édifices ornés avec une grande magnificence. Pendant la période du style flamboyant et dans les années qui précèdent immédiatement la Renaissance, on a bâti chez nous des voûtes ornées de nervures saillantes chargées de filets nombreux et maigres; c'est le règne des moulures prismatiques et des lignes finement découpées : c'est aussi le règne des pendentifs aux voûtes, des dentelles, des festons, des broderies en pierre. Mais quelque riches que soient nos constructions, elles ne peuvent rivaliser avec les constructions contemporjines de l'Angleterre. La chapelle de Henri YII à Westminster, qui passe avec raison, pour le type du genre, produit une impression profonde et surtout une surprise extraordinaire. Les vieilles bannières, les armoiries, les tombeaux, les stalles d'antique bois de chêne, l'obscurité du vestibule, y 5^oiît bien ^MDur quelque chose ; mais le BXOr

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Dûment par lui-mômc n'en est pas moins d'unetretniervoilleux. On est comme étourdi par ces milliers de nervures qui s'élancent et se croisent sur votre tôte comme les fusées d'un l)OU(]uet d'artifice. Il en est de m»'me dans la grande chapelle de Cambridge (King's collège chapel) ; le luxe de la décoration des voûtes ne peut pas être poussé plus loin.

Le style anglais perpendiculaire est donc un style vraiment national en Angleterre ; aussi les Anglais l'ont-ils employé avec i ne prédilection marquée pendant fort longtemps et dans une grande quantité de monuments. 11 produit des etîcts piquants d'ornementation et se prête admirablement à tous les caprices delà décoration. Ce n'est pas toutefois que toutes les inspirations en aient été également heureuses. Ainsi les fenêtres de vastes dimensions remplies de meneaux ()erpendiculaires, quelque bien travaillés ([ue soient ces meneaux, ne sont pas élégantes ni légères. Les meneaux disposés d'une manière gracieuse et monotone prennent l'aspect de grilles de prison. Que les grilles d'une prison soient dorées, elles n'en sont pas moins désagréables, et l'esprit n'en reçoit auedes impressions pénibles; ce qui achève (le donner à ces fenêtres ainsi grillées l'aspect d'ouvertures de prison, c'est qu'une ou deux divisions transversales viennent presque toujours couper horizontalement les meneaux perpendiculaires. C'est peut-être là ce qui produit le plus mauvais etfet, car il est de l'essence de l'architecture gothiipie d'être exclusivement pyramidale, même dans ses moindres parties, depuis la base de l'é Jitice jusqu'à son sommet; par conséqu 'ut, toute introduction de lignes horizontales est un contre-sens et un oubli de la véritable tendance du système. Cette règle, que tous les pays ont religieusement observée pendant le xnr et le xiv" siècle, que la France et l'Allemagne respectent encore jusqu'au xvi% les Anglais, dans leur style favori, paraissent l'avoir complètement méconnue : non-seulement ils défigurent la décoration de leurs fenêtres par l'introduction de lignes transvers.iles, mais ils coupent souvent de la même façon les grandes arcades centrales de leurs églises, et à l'extét ieur, ils font sans cesse dominer certaines parties horizontales qui, en interrompant les hgnes ascendantes, donnent à la construction un caractère mixte, indécis, bâtard et lourd.

C'est par suite de ce système qu'ils tiennent presque toujours leurs toits aplatis et qu'ils les cachent même complètement toutes les fois que cela est possible. Singulière méprise 1 amalgame mal entendu des idées italiennes et des idées du Nord 1 Comme si les lois de l'architecture horizontale pouvaient s'appliquer impunément aux constructions gothiques ; comme si un toit saillant, élevé, aigu, n'était pas le couronnement naturel, le complément nécessaire d'un édifice à ogive! Euûn, nous trouvons encore une dérogation au véritable esprit de l'architecture à Ogive dansées longues lignes de petits cré-

neaux qui festonnent horizontalement la crête de presque toutes les églises élevées dans le stylo anglais. Autant il est curieux et pittoresque de découvrir de temps en temps une église sérieusement crénelée, c'est-àdire garnie de véritables créneaux derrière lesquels on sent qu'un homme d'armes a pu s'abriter et combattre, comme à la façade de Saint-Denis, à la cathédrale de Narbonno et dans quehjues-uncs de nos églises des Pyrénées , autant ci't incidi-nt histori(}ue ajoute d'intérêt et de charme au moiiiiment, autant l'effet devient mes(iuin et monotone lors(|u'il seré|)ète continuellement, et lorsque les soidisant créiwa ixnesont qu'un ornement banal et obligé qu'on a plique à toute espèce de construction.

Résumons tout ce qui a été dit précédemment sur le caractère propre de l'architecture religieusi'au moyen ;1ge en Angleterre. On ne reconnaît actuellement dans la Grande-Bretagne que des débris peu considérables de l'architecture chrétienne primitive ou romano - byzantine primordiale : les Anglais ont nommé cette architecture saxonne; c'est un terme impropre. Au xr siècle , l'Angleterre se couvre d'édifices religieux et militaires : ces constructions sont faites ou dirigées par les Normands. L'architectuie de cette époque , ou architecture romano-byzantine secondaire est donc une importation en Angleterre. Au xii' siècle , on ne voit , dans ce pays aucun monument de la transition de la période romano-byzantine à la période ogivale : la transition se fait en France. Les Anglais ne peuvent donc prétendre avoir donné naissance, dans leur île, à l'art ogival proprement dit. Au \ni' comme au XIV' siècle , on remarque , l'histoire en main, que l'Angleterre est en retard sur la France p )ur la plupart des monuments de grande importance : cependant l'art ogival s'y élève à une très-haute perfection. Liilin, au XV' siècle, l'art gothique prend en Anj;leterre un caractère particulier : le style anglais perpendiculaire est réellement propre à l'Angleterre. Par conséquent , en de.nière analyse , l'Angleterre ne peut revenditiuer que ce style perpendiculaire comme lui appartenant spécialement.

D'après le Glossaire de Ducange , on connaissait , au moyen «ige, sous le nom d'cuvrage anglais, des broderies d'un genre particulier pour les vêlements sacrés. Les broderies anglaises étaient célèl)res sur le continent, et elles sont désignées dans les in ventaires sous la dénomination û'opiis Anglic num. Quinque aurifrigia quorum tria sunt de opère Cyprensi, et ununi est de opcre Anglicano. (Ducange, VJS.)

ANNEAU. — L Lanneau d'un évêque fait partie des ornements pontificaux. Les ros de France et les empereurs investissaient anciennement les cvèques et les archevêques en leur donnant la crosso et l'anuca i.

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