‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 50 sur 195 · A.NN · texte numérisé non relu

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L\inuoa i o.-l un sl^ne de dignité ; la formule de la béu.'diclion de l'anneau destin»^ à l'évoque le fait envisaj;(T symboliquement comme le sceau de la foi et le sirjne de la proteclion céleste. L'usage de l'anneau [lour les évèques est très-ancien. Le iv concile de Tolède, tenu en (533, en parle au chap. 28, où il ordonne qu'un évèque déposé, s'il est tr )uvé innocent dans un second concile, ne pourra être rétabli qu'en recevant des mains d'ini évôqui\ devant l'autel , l'étide appelée orarium, l'anneau et le biitonoi la crosse.

A'icienuï^ment les évéïjues partaient l'annea 1 au doigt in iex de la main droite : une verrière de î'éJise métropolitaine de Tours, peinte h la lin du x\' siècle, montre un évèque, en costume éjiiscopal complet, p >rtant ainsi l'anneau. Mais comme pour la C'iébration des sa'nts mvstèros on était obli,j,é de le me!ti-e a i quatrièi'e doiiït, l'usage s'établit de le orler constamment h ce doigt. Grégoire IV, dès le ix' siècle, dit que l'anneau éj'iscopal ne se i)orîe pas à la main gaiche, mais h la droite, parce que celle-ci est plus noble, et que c'est d'ailleurs de cette main (pie se donne la bénédiction.

L'ann 'au éi)isco;:al doit être d'or et enrichi d'une pierre précieuse. On possède à Paris, au cabin t des antiques , de magnidq n^s anneaux d'évêques. Dans les trésors des cathédrali'S , on en conservait de trèspr ''cj«ux; ils ont (iisparu à la révolution. Nous en ti-oiivons l'inlication dans les inventâmes, et les détails qui y sont d .nnés sont bien propres h en faire davantage regretter la perte. M. Pugin,dms s n Glossaire des ornements Cjclésiastiquos, donne un extrait de l'inventaire de deux illustres cathédrales anglaises. Cet extrait peut donner l'idée des richesses en ce genre qui existaient dans les anciens trésors des églises.

Anneaux épiscopaux appartenant autrefois h la cathédrale d'York. — Un grand anneau épiscopal, orné d'une émeraude entourée de quatre rubis et de quatre belles perles , donné par Thomas Greenfiel , archevêque d'York. — Item , un anneau épiscopal avec une grosse perle entourée de petites perles et de pierres précieuses. — Jiem, un anneau pontifical avec un grand saphir et douze perles ayant appartenu à l'archevôque d'York, lord Richard Scrope. — Itm, un anneau d'or avec un rubis balais , ayant appartenu à M. Walter GilTord. — Jtem, trois anneaux pontificaux , avec beaux sapiiirs. — Item , deux petits anneaux , dont un avec un sap'iir et l'autre av3c une émcraïub. — Item, trois anneaux d'or, l'un avec une émeraude, les deux asitres avec un rubis balais ; l'un d'eux carré et un autre rond. — Item, six anneaux d'or, dont un orné des images d'Adam et d'Eve, l'autre orné de pierres précieuses nommées rubis balais, un autre avec un saphir, un autre avec une émeraude, et le sixième avec un rubis balais. {Dugdale , ainvasliccn AnQlicanum.)

Annea.îx ap[tartenant autrefois à la cathédrale de Cantorbéry. — « Unus annulus quadiatus Usa jnus cum smarag'line oblon^o, et

quatuor pramis et quatuor garnetlis. — item, annulus magnus cum saphiro el quatuor pramis , cum quatuor margaritis. — Item , annulus magnus cum saphiro oblongo. — Item, annulus cum saphiro nigro , in quatuor cramponibus , ex omni parte diseooperto. — Item, annulus Johannis archiepiscopi cum saphiro nigro cum octo ^ranis sniaragdinis. — Item , annulus lloberti de W nchelese archiepiscopi , cum saphiroaq loso oblongo, cum sex granis smaragdinis et sex parvis garneltis. — Joyaux de saint Thomas. — Annulus pontiticalis magnus, cum rubino rotundo in medio. — Item, annulus magnus cum saphiro nigro, qui vocaturlup. — Item, annulus minor cum saphiro nigro, qui vocatur lup. — Item , annulus cum saphiro quadraîo aquoso. — Item, annulus cum lapide oblongo qui vocatur turkoyse. — Itom, annulus unus cum chalcedonio' ohlon.,^0. » ( Histoire de la cathédrale de Cantorbéry , par Dars.)

II. Lesabbésréguliers portent aussi l'aimeau comme marque de leur dignité. On croit que saint Léon IX, en 1050, visitant le fameux monastère du Mont-Cassin, accorda à l'abbé le privilège de porter l'anneau. Dans la suite, les souverains pontifes concédèrent le même privilège à plusieurs autres abbés, en sorte que plus tard tous les abbés le reçurent de droit commun.

Le pontiiical romain ne fait aucune mention de l'anneau dans la bénédiction des abbesses. Dom Claude de Vt ri fait néanmoins observer qu'il y a des abbesses qui étendent le cérémonial et se font parc;lIementdonner par le p;élat la croix, la Ciosse et l'anneau. »

III. Innocent III, dans la Ictlre qu'il adresse à Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, en lui envoyant quatre anneaux, lui explique ce que signifient les couleurs des pierres précieuses dont ils étaient enrichis. Le vert de l'émeraude est le symbole de ce que nous devons croire; le bleu du saphir, clui de ce que nous devons espérer ; le rouge du grenat est l'emblème de ce que nous devons aimer ; et la couleur brillante de la topaze, le symbole de nos actions vertueuses.

1\^ Les brefs a[»os'iOliquGS sont scellés de Vanneau du pécheur. Il y a environ 450 ans que ce terme est en usage. Ce sceau s'appelle ainsi, parce qu'il porte l'image de saint Pierre. {Voy. à ce sujet Hierolexicon par Mat'ri. Voy. encore Sceau.)

V. Les premiers chez lesquels noustrouvons l'usTge de l'anneau sont les Hébreux, Genèscy cliaf). xxxviii, vers. 10, oiJ il est dit que Juda, (ils de Jacob, donne son anneau à Thamar pour gage de sa parole. Les Egyptiens dans le même temps en usaient aussi, Genèse, xLi. Pharaon tire son anneau de son doigt et le met entre les mains de Joseph, pour mar.piede la puissance qui! lui donne. Au III' livre dos Rois, chap. xxi, vers. S, Jézabel se sert de l'anneau du roi pour cacheter la lettre oii est écrit l'ordre qu'elle envoie de faire mourir Naboth.Les Chaldéens et les Babvioniens s'en servaient de môme, au t(i-

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nioignagc de Daniel (vi, 17 ; xiv, 10). Les Perses s'en servaient aussi, comme il paraît |)ar»le livre d'Eslher (Cap. viii, 10) et par Oiiinte-Curce {Lih. vi, mp. G), • ù il dit qu AlexanJry caclietait de son ancien anneau les lettres qu'il envoyait en Kt. rope, et de l'anneau de Darius celh^s qu'il envoyait en Asie. Pour les (Irecs, Pline croit {Lib. xxxiii, cnp. i) qu'au tem|)S de la gueri-e de Troie, ils n'avaient point encore l'usage de l'anneau. La raison qu'il en donne, c'est que Homère n'en parle point, et que (juand il s'agit d'envoyer .les lettres, ou de renfermer des habits précieux et des vases u'or et d'argent dans des cassettes, on les lie, on noue les liens ; suivant Homère, jamais on n'imprime la marque de l'anneau. {Voy. le vi' liv.de V Iliade, elle vni* de YOdyssée). Les Sa ans avaient des anneaux dès le temps do Komulus, au rapport de D^nys d'Halicarnasse, liv. n. Les Etruriens en avaient aussi du temps des rois de Rome, témoin les anneaux que le vie ix ïarquin prit aux magistrats d'Ktrurie après les avoir vaincus [Ibid., lib. i, cap. 5). Pline (•roit que cet usage avait passé de (irèce à ces habitants d'Italie ; et c'est de l'un ou de l'autre de ces peuples qu'il se transmit aux Romains. 11 ne s'y introduisit cependant pas d'abord. Pline ne sait lequel dts Romains a commencé d'en porter; il assure que la statue de Romulus, qui était auCa[)itole, n'en avait point, ni môme aucune autre que cella de Numa et de Servius Tullius. Celle de Brutus môme n'en portait point, ni celles des Tarquin , quoique originaires de Grèce, û'où Pline croit que cet usage avait passé en Italie. Les anciens Gaulois et les Bretons, peuple originaire des Gaules, portaient des anneaux ; mais les paroles de Pline, qui le rapiJorto au môme chapitre, ne nous donn nt point à entendre si l'anneau avait, chez ces peuples, d'autre usage que l'ornement. Les Francs en portaient aussi, et l'on a trouvé dans le tombeau de Childéric sonanneaud'or, qui se garde à la bibliothèque Royale, h Paris. Celui de Louis le Débonnaire, au rapport de Chifflet, avait pour inscrij)tion : XPE PROTEGE HELDOVIGVM LMPERATOREM.

VL Quant à la matière des anneaux, il y en avait d'un métal simfde et d'autres d'un métal mixte ou d'un double métal. Car quelquefois on dorait le fer et l'argent, ou bien on enfermait l'or dans le fer, connne il parait d'après un i)assage d'Artémidor, lib. ii, cap. 5. Les Romains se servirent très-longtem|)s d'anneaux de fer, et Pline assure, à l'endroit déjà cité, que Marius n'en mit un d'or qu'à son troisième consulat, l'an de Rome (ibO. 11 en est C'pendant parlé dans Tito-Live, à l'année 432 de Rome, à l'occasion du traité honteux de Clautnum. 11 y en avait d!;nt l'anneau était de fer et le cachet d'or; (pu'lques-uns étaient solides , et d'autres étaient creux ; quelques-uns avaient uwc, pierre précic. se j)()ur cachet et d'autres n'en avaient ])oint ; quehjuefois la pierre était gravée. Il y en a eu qui avaient deux nierres et même davan^ tage : une lettre de l'empereur Valentinicn en fait foi, aussi bien que Trebcllius Pollion,

dans la Vie de Claude le Gotliique. Au lie;i do cette pierre précieuse, le peuple mettait du verre. Celles (jui étaient gravées en creux s'appelaient <jemmœ ccli/ijce , et C' Iles ((ui l'étaient en relief, gemnnc smlptura pruminenie. 11 y avait des anneaux qui étaient tout d'une [lierre [irécieuse. (Foy. Dactyliolheca, Gorlœun, n" 101).

VIL II y a eu plusieurs manières de porter les anneaux. Il [)araît pai- Jérémie, xxn, 2'r, (jue chez les Hébreux on les portait à la main droite. Chez les Romains, avant ({u'on les orn;U de pierres précieuses, lorsque la figure se gravait sur la matière même de l'anneau, chacun les portait à sa fantaisie, à ([uelle main et à que! doigt il lui plaisait. Quand on y eut ajoute des pierres, on les porta surtout à la main gauche, et ce fut une délicatesse excessive d'en porter à la droite. On poin-rait penser, d'après un passage de Tertullien, où il |)arlede Vornement ds femmes, que de son temps on n'en portait encore qu'à la main gauche. 11 n'eût assurément pas ouiïlié de mentionner le fait, dans un endroit où il s'élève fortement contre l'usag ' d s ornements superflus.

On porta d'abord les anneaux au quatrième doigt, ensuite on en mit au second d ligt, c'est-à-dire à l'index, puis au pelit doig , et eiilin à (ous les autres, exce[)té celui du milieu. Les Grecs le portaient aussi au quatrième doigt de la main gauche. Les Gaulois et les anciens Bretons les portaient au doigt du milieu.

On ne mit au commencement qu'un seul anneau ; ensuite on en porta à tous les doigts, et plusieurs même à chaque doi.-;t. TertuUien parle do cet usage. De rornenent des femmes, liv. i. Enlin, on en [lorta un et quel [uefois plusieurs à chaque jointur(> de doigt. (Clément d'Alexandrie, Fœda(/o(/., lib. III, cap. 11.) La délicatesse et le luxe allèrent si loin en ce genre, qîi'on eut des anneaux qui servaient jiar semestre, {> ur employer ici une exprc'^sion de Juvénal, les uns pour l'hiver, les autres pour l'été. Il parait par les derniers mots du premier livre (le TertuUien, £>(? V ornement des femmrs, qu'on faisait des dépenses excessives en ce genre; mais, s'il faut en croire Laïupride, personne ne poussa les choses à un tel excès qu'Héliogabale, qui ne porta jamais deux fois, ni le même anneau, ni la môme chaussure.

On a aussi porté des anneaix aux narines^ de la môme manière que les pendants d'onùlleaux oreilles. Voyez saint Jérôme sm- le chap. xvi d'Ezéchi«-l. Nous ne mentionnerons [ioint ici le raoport de certains voyageurs dans les Indes orientales et en Afri([ue» sur la coutume de porter des anneaux au nez : nous serions entraînés trop loin de notre s ijet. Consultez : De aimulis jinnum, par Barto in.

VIII. Par rapport à l'usage, il y avait trois sortes d'anneaux cliezlesnnciens. Il y avait des anneaux (Pli servaient à distinguer les conditions. Pline assure, à l'endroit déjà cité plusieurs fois, que, dans les ( DunneneiMuents, les sénateur^ mêmes n'avnient p)int permis-

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sion de porter d'anneau d'or, à moins qu'ils n'eussent été ambassadeurs chez quelt]ue peuple étranger; encore ne leur était-il permis alors de se servir de l'anneau d'or qu'on leur donnait, que dans les actions publiijues ; dans leur particulier, ils en portaient un de fer. Ceux qui avaient mérité le triompiie observaient la même chose. Il fut ensuite permis aux sénateurs et aux chevaliers de porter l'anneau d'or. Plus tard, l'anneau d'or fut la di^tinction dos chevaliers romains. Le peuple portait l'anneau d'argent et les esclaves le i)ortaient de fer. On accordait cepen lant l'anneau d'or à des gens du peuple, au témoignage de Cicéron, dans son troisième discours contre Verres. Sévère le permit môme à tous les simples soldats. Avant Auguste, on ne l'accorda jamais qu'à des gens libres : ce prince fut le premier qui d nna l'anneau d'or à des affranchis.

Une autre sorte d'anneaux sont ceux des épousailles, ou les anneaux de noces et de niaria.;e. Quelques-uns font remonter l'origini! de cet usage jusqu'aux H.'breux. Selden, dans son Traité de In femme chez les Hébreur, dit qu'ils donnaient un anneau dans la cérémonie des épousailles, mais qu'il tenait lieu de la pièce de monnaie que l'on donnait auparavant, et qu'à cause de cela il devait être du même poids.

Les Grecs et les Romains ont connu l'usage dcTanneau pour les mariages. Les chrétiens l'ont également pratiqué dès la plus haute antiquité eccl'^siaslique. On en voit des preuves dans Teitullien, qui en parle dans son Traité de l'habillement des femmes; dans saint Grégoire de Tours, Vie des Pères; dans Isidore, De officiis, etc. On en rencontre une j)reuve non moins remarquable dans les plus anciennes liturgies, olî se retrouve la b'nédiclion de l'anneau nuptial , ainsi que dans l'Ordre romain et les plus antiq les rituels.

La troisième sorte d'anneaux sont ceux qui servaient à cacheter, annuli signatorii, ctinuli sigillaricii, cirographi ou cerograpUi. On prétend que ces anneaux, et l'usage de cacheter, est une invention des Lacédémoniens, qui, non contents de fermer leurs coffres et leurs armoires avec des clefs, y ajoutèrent encjre un cachet. Quoi qu'il en soit de l'origine de cet usage, les anneaux à cacheter devinrent fort communs pour sceller tous les actes, les contrats, les diplômes, les lettres. On en Vciit des exemples dans l'Ecriture, au m' livre des Rois , chapitre xxi, verset 8, et d^ns Estlier, chapitre vin, verset 10. Pharaon avait donné la garde de ses sceaux à Josepli, pour marquer qu'il se déchargeait sur lui du soin de gouverner son rcj^aume. On se servait encore des anneaux pour sceller l'entrée de tout ce que l'on voulait tenir exactement fermé. Ainsi, dans le livre de Daniel, on voit que Darius scelle de son sceau et de celui de ses ndnistres l'entrée de la fosse aux lions et la porte du temple de Bel. On scellait de même l'entrée des maisons, au témoignage d'Aristote, et la porte de l'appartement des femoies. Solon fit une loi qui défendait à ceux qui faisaient, ou qui vendaient

des anneaux destin 's à cet usage, de garder le modèle d'un anneau qu'ils auraient vendu: cette prescription était regardée comme trèsimportante pour la sécurité j)ublique.

Nous voyons dans rEvan.;ile selon saint Matthieu, comment les Juifs firent sceller le tombeau de Notre-Seigneur par l'apposition d"s sceaux publics.

IX.. Avant de parler des signes qui étaient représentés sur les anneaux des premiers chrétiens, nous avons donné d'une manière très-abrégée l'indication des figures des anneaux dont l'histoire nous a transmis le souvenir. Jules César avait une Vénus sur son cachet; — le philosophe Asclépiade, une Uranie; — la famille des Macriens, un Alexan Jre; — Scipion le Jeune, la tète de Sci; «ion l'Africain ; — Scipion l'Africain , un Sipliax ; — Sylla, un Jugurtha ; — les amis d'Epicure, la tête de ce philosophe; — l'empereur Commode, une Amazone représentant Martia ;

— Auguste, un Alexandre; —plusieurs des successeurs d'Auguste, un Auguste ; — Narcisse, une Pallas ; — plusieurs Romains, un Séjan; — les Grecs, un Hellène; — les Troyens, un Pergame: — ceux d'Héraclée, un Hercule ; — ceux d'Athènes, un Solon;

— ceux d'Alexandrie, un Alexandre; — ceux de Séleucie, un Séleucus; — ceux de Lacédémone, un Lycurgue; — les Chersonites, un Constantin; — les Antiochiens, un Mélèce, leur évêque. Quelques-uns faisaient graver leur portrait sur leur anneau. L'anneau d'or de Childéric porte une inscription que nous avons rapportée ci-dessus, avec le portrait et le nom de ce prince. Auguste avait un sphinx ; Mécène, une grenouille; Pompée, un chien sur la proue d'un navire; Darius, roi de Perse , un cheval ; Sporus , l'enlèvement de Proserpine ; Aréus , roi de Sparte , qui écrivit à Onias, grand prêtre des Juifs, un aigle tenant un serpent dans ses serres; les Locriens occidentaux , l'étoile du soir appelée Vesper; Pline le jeune, un char tiré par quatre chevaux; Polycrate, une lyre ; Séleucus, une ancre. Plusieurs chrétiens portaient le monogramme du Christ, que l'on trouve aussi sur plusieurs monnaies des empereurs chrétiens. Clément d'Alexandrie exhorte les chréiiens à n'avoir sur leurs anneaux qu'une col.jmbo, un poisson, un navire, une lyre, une ancre ou quelque autre figure capable de leur rappeler les mystères de leur religion. Il défend absolument les figures d'idoles et les nudités ; il ne peut même souf-^ frir que des hommes qui ne doivent respirer que la paix y fassent graver un arc ou une épée, ni que des gens à qui la tempérance et la sobriété doivent être chères, y portent des vases et des coupes à boire. Au reste , il ne l)ermet point de porter d'anneau pour l'ornement , mais seulement pour sceller les choses qui en ont besoin; et il semble, parce qu'il dit en cet endroit, que c'était la femme, plutôt que le mari, qui avait cet anneau dans les familles.

X. Malgré les observations de Clémeat d'Alexandrie, il paraît (jue les premiers chrétiens se bornèrent à bannir de la gravure dq

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leurs anneaux tout co cjui nv.iit trjHt à l'idol.Urio et à la nivtholo,u;ie |)aïi'nne, adoptant d'ailleurs des représcnta'ions assez arbitraires. L'.inne ui (le saint (]aïus , trouvé dans son tombeau {Arringhi, liom. suhlerr., lib. iv, Cfif). .V8, pnff. 'f2G), i)rouve (jue les évoques de Home s'en servaient au iv siècle. J'^i envoyé, dit sa'nt Augustin (/s'pjs/. 59), écrivant h V'ictorin, cette lettre cachetée d'iui anne<iu on est gravée la tête d'un homme (jui regarde <i côté de lui. Nous vous promettons, dit Clovis écrivant aux évoques, de déférer aux lettres que vous nous écrirez, dès que nous aurons reconnu rimi)ression du cachet de votre anneau. Los évèijues y faisaient quelquefois graver leurs noms ou leurs monogrammes. Ils se servirent d'anneaux jusqu'au IX' siècle; alors ils commencèrent à employer des sceaux pr. près, ou ceux de leurs Eglises. Nos premiers rois suivirent en cela l'usage des empereurs et de tous les Komains, c'est-à-dire qu'ils faisaient apposer aux actes émanés de leur autorité leur sceau gravé sur lui anneau qu'ils portaient ordinairement au doigt. Ceux de la première race, ronds pour la plu[)art, n'excèdent pas communément la grandeur d'un pouce, et la gravure en est de mauvais goût : elle représente la tète, ou tout au plus le buste du souverain. Ceux de la seconde race, toujours de forme ovale, sont un peu de meilleure composition. Les IX', X', XII' et xiir siècles nous offrent quelques anneaux attachés aux diplômes; niais on a sujet de douter si ces anneaux étaient là pour tenir lieu de sceaux, ou s'ils n'étaient que de purs symboles d'investilure. On sait qu'anciennement on mettait l'acheteur ou le donataire en possession

f)ar l'anneau. Quelques-uns de nos rois de a troisième race se !-ervirent également d'anneaux pour sceller : ma s il parut vers le x" siècle des sceaux ditférents des anneaux , dont l'usage s'introduisit j>eu à peu au préjudice des anneaux. Il est cependant probable que les pajtes les ont toujours conservés; car Jean XVI, qui fut placé sur le saint-siége en 985 , scella de son anneau , .selon Heineccius , la confirmation du décret fat au concile de Mayence, en faveur des moines de Corvey, en Saxe; à moins ({ue cet anneau ne fût celui du Pêcheur, dont on fait ordinairement honneur à Clément IV, qui fut couronné en 1265

XI. Rie' ard, évèque de Salisbury, dans les Conslitut ons de l'an 1217, can. 55, défend de mettre dans les doigts des femmes des anneaux de jonc ou de quehiue matière que ce soit , })récieuse ou non , afin d'en abuser plus aisément; et il insinue que la cause de sa défense est qu'il y avait des gens assez simj)les [)our croire que ce qui se faisait ainsi en badinant, était un vrai mar âge. Dubreuil, Antiq. de Paris , dit qu'on avait coutume, dans la cérémonie des noces, de donner un anneau de jonc ou de paille à ceux (lui avaient eu un commerce défendu avant leur mariage.

Saint Louis prit pour devise, au temps de son marage, un anneau entrelacé d'une guir-

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