‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 54 sur 195 · APO · texte numérisé non relu

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du constructeur qui l'exi^cute , et qui s'aperçoivent trop tard de la méprise. Alors, un membre important de l'architecture repose sur quelquf^s moulures, où l'art s'efforce en vain, en prodiguant ses ornements, de dissimuler la faute commise.

Pour celui qui étudie Is constructions du moyen c^ge jusque dans leurs moindres détads et le cr.iyon à la main, on trouve, comme dans les monuments antiques, des erreurs à signaler, des défauts à corriger ; c'est ce qui nous engage à recommander vivement aux architectes qui aspirent à reproduire nos édifices sacrés de style ogival, à étudier avec persévérance, zèle et intelligence,les nombreux chefs-d'œuvre que le moyen ^ge nous a légués, sans s'attacher exclusivement à tel ou tel édifice, en p.irticulier, et môme aux édifices d'une seule contrée.

APOPHYtiE. — Moulure à profil en gorge, qui rattache la pirlie s allante d'un ornement au nu du mar,cn substituant unecourbe à l'angle formé par le parement du mur et la saillie de l'ornement. On appelle particulièrement opopUygc, dans la composition de la colonne, la petite portion circul lire pratiquée aux extrémités de son fût, qui adoucit le passige de la ligne verticale du fût, à la première moulure de la base ou du chapiteau.

APOTHEOSE. — Dans son Tableau des Catacombes de Rome, M. Raoul Rochette , dans le livre, Du symbolisme dans les églises du moy^n âge, M. V, O. mentionnent à un double point de vue, sous le rappoit archéologique et sous le rapport symbolique, un usage qui a laissé des traces nombreuses jusque dans les souterrains chrétiens de Rome. Le paon, comme oiseau consacré à Junon dans l'antiquité profane devint, à l'époque romaine, le symbole de l'apo- Iheose des impératrices, de môme que l'aigle avait été adopté pour celui de la consécration des empereurs. De là l'emploi si fréquent qui se fit sur les monuments romains relatifs à l'apothéose, et particulièrement sur les m'dailles de consécration de Vaigle et du paon, tantôt placés au haut du bûcher, tantôt volant les ailes éployées, emportant au ciel l'àme de l'empereur ou de l'impératrice figurée en buste. A ce ti re aussi, l'aigle et le paon formèrent un des éléments les plus habiiuels de la déc. ration des tombeaux antiques et des lampes funéraires ; et lorsqu'on retrouve le paon dans les peintures et sur les pierres sépulcrales des Catacombes, il n'est pas possible d'y méconnaître l'imitation du type antique a[)propriée à un usage chrétien.

Il n'est donc pas rare de retrouver dans les monuments primitifs de l'antiquité ecclésiastique des allusions à la cérémonie ou à la représentation de l'apothéose suivant les idées païennes. Les chrétiens avaient adopté ce mode de représentation, parce que la signification en était généralement connue. S'ils l'applquaient à la mort glorieuse des martyrs, c\tait uniquement pour montrer

leur triomphe et leur gloire au ciel ; sans garder le moins du monde la pensée idolAlrique de l'apothéose des empereurs. C'est de cette manière çiue l'on s'explique l'introduction pure et simple dans les Catacombes de ceriaines figures empruntées à un ordre d'idées bien différent de celui des idées chrét ennes. L'art, comme la littérature, avait des formules consacrées par un long usage, et les chrétiens s'en servaient, ainsi que du langage commun pour exprimer convenablement des idées d'une nature plus élevée, dont seuls ils avaient entièrement l'intelligence.

Plusieurs auteurs nous ont donné la description exacte de la cérémonie de l'apothéose chez les Romains. Nous ne les copierons pas, parce que les détails qu'ils donnent, tout curieux qu'Us sont, ne se rapportent qu'indirectement à l'archéologie sacrée. A cause des allusions nombreuses qui y sont faites dans les ouvrages d'art et de littérature des premiers chrétiens, nous en ferons ici une courte analyse.

Hérodien, au commencement du livre iv de son Histoire, parlant de l'apothéose de Sévère, a fait une description exacte et fort curieuse des cérémonies qui s'observaient dans les apothéoses des empereurs. Après que le corps du déiunt a été brûlé avec les solennités ordinaires, on met dans le vestibule du palais, sur un grand lit d'ivoire couvert de dr.ip d'or, une image de cire qui le représente parfaitement, ayant néanmoins un visage de malade. Pendant presque tout le jour, le sénat se tient rangé et assis au côté gauche du lit avec des robes de deuil. Les lemmes de la première qualité sont au côté droit, Ejant des robes blanches toutes simples et sans ornements. Cela dure sept jours de suite, pendant lesquels les médecins s'approchant de temps en temps du lit pour considérer le malade, trouvent toujours qu'il baisse jusqu'à ce qu'enfin ils [)uijlient qu'il est mort. Alors de jeunes chevaliers romains chargent sur leurs épaules ce lit de parade, et passant par la rue feacrée, ils le portent sur la place du Vieux-Marché, où les magistrats ont coutume de se démettre de leurs charges, et là il est placé entre deux espèces d'amphithéâtres, où sont d'un côté de jeunes chevaliers, et de l'autre des femmes de qualité, chantant des hymnes en l'honneur du mort, composées sur des airs lugubres. Ces hymnes étant achevées, on porte le lit hors de la ville au Champ de Mars. Au miheu de cette place est dressée une forme de pavillon carré, tout en bois : le dedans est rempli de matières combustibles, et au dehors il est revêtu de drap d'or et orné de figures d'ivoire et de diverses peintures. Au-dessus de cet édifice, il y en a plusieurs autres élevés, semblables au premier, tant pour la forme que pour la décoration, mais plus petits et qui vont toujours en diminuant. On place le lit de parade dans le second de ces édilices, qui a les portes ouvertes, et on jette tout a .tour une grande quantité d'aromates, de parfums, de fruits et d'herbes odoriférantes. Après quoi les chevaliers font autour du catafalque, avec unp

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