‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 55 sur 195 · S APP · texte numérisé non relu

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torche h la main une certaine cavalcade à pas mesurés. Plusieurs chariots tournent aussi h l'entDur. Ceux qui les conduisent sont aussi revêtus de robes de pourpre, et portent des représentations ou images des nlus grands capitaines romains et des plus illustres empereurs. Cette cérémonie étant achevée, le nouvel empereur s'approche du catafalque avec une" torche à la main, et en même temps on y met le feu de tous côtés, en sorte que Jes a4'omates et les autres matières combustibles prennent feu tout d'un coup; on lâche aussitôt du faîte de cet édifice un aigle qui, s'envolant dans l'air avec la flamme, va porter au ciel l'àme de l'empereur, comme les Romains le croient. C'est de là que les médailles qui représentent des apothéoses ont le plus souvent un autel sur lequel il y a du feu, ou bien un aigle qui prend son essor pour s'élever en l'air : quelquefois il y a deux aigles. Le mot gravé sur la médaille est toujours coîssecratio. Quelquefois l'empereur est assis sur l'aigle qui l'enlève dans le ciel. 11 y avait autrefois dans le trésor de la Sainte-Chapelle, h Paris , une très-belle a^ate orientale , d'une grandeur extraordinaire , qui représente l'apothéose d'Auguste.

Quelques écrivains ecclésiastiques ont em-

floyé le mot d'apothéose pour désigner soit ascension de Notre-Seigneur, soit l'assomption de la sainte Vierge. Quelquefois aussi ils ont employé le mot de métamor-

fihose dans le même sens, et pour désigner a transfiguration de Notre-Seigneur sur la montagne de Thabor.

APPAREIL. — l. On appelle appareil, en

architecture, le dessin, la taille et la pose des pierres d'un édifice. On dit d'une muraille qu'elle est d'un bel appareil, lors jue les pierres taillées avec précision, toutes de même épaisseur, et quelquefois de même longueur, sont placées de manière à ce que les joints soient égaux et disposés convenablement pour la solidité de l'ouvrage et l'agrément de la vue. On se sert aussi quelquefois du mot appareil, en architecture, pour distinguer les pierres sous le rapport de leur épaisseur.

11 existe un grand nombre d'appareils di- Tcrs, et on comprend qu'il est possible d'en varier les détails à l'intini : cependant, quels qu'ils soient, on peut toujours les rapj)orter à des types principaux. Ce sont ces types que nous allons décrire, en les désignant nar les noms grecs ou latins que les archéologues emploient pour les distinguer.

Dans les constructions romaines et dans celles des premiers siècles du moyen Tige, jusques et y compris le xir siècle, qui n'ont guère été que des modifications plus ou moins al:érées des premières, on trouve fréquemment le mélange de la pierre et de la brique, ou celui de pierres de diverses couleurs, ou de pierres et de scories provenant d'anciens volcans. Ces mélanges, ainsi que la forme de divers ap[)areiIs,"ont été souvent mis à i)rofit par les constructeurs liu Diction >. i>'A;.LnÉoi.OGiE sACKtE. 1

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temps, pour elTectuer certaines décorations sur la face des murailles.

11 est essentiel de connaître les appareils et leurs modifications, à toutes les époques architectoniques ; on en a tiré un caractère archéologique qui n'est point h dédaigner. On i)eut retrouver les plus anciens appareils dans les murailles et dans les cr^vptes de quelques églises construites à une époque reculée, peut-ûtre sur les débris de temples antiques ou d'églises primitives. Nous reviendrons sur ce sujet.

Dans l'étude et la description de tout édifice, on doit toujours commencer par bien déterminer l'espèce d'appareil avec lequel il est construit, c'est-à-dire, la forme, l'agencement et la disposition des matériaux. Uno remarque à faire, c'est que des matériaux bien choisis et bien ajustés indiquent toujours un art très-avancé.

Opus incerlum ou antiquum : appareil irrégulier. Constructions faites de pierres do grosseurs et de configurations irrégulières, telles qu'on les tirait de la carrière, posées en remplissage, les unes à côté des autres, sans ordre, ni rang d'assises, mais de manière à ce qu'elles fussent en contact par tous leurs bords. Cet appareil est le plus souvent employé pour former le pied d'un mur. C'est, à proprement parler , de la maçonnerie de blocage.

Opus reliculalum, dictyotheton des Grecs, appareil réticulé. Cet appareil est celui dont les pierres, taillées ordinairement carrément, étaient disposées de manière à imiter, par l'entrelacement des lignes de jointure, un réseau ou filet. C'est un assemblage du petits moellons égaux, taillés en carrés ou autres polygones et posés sur l'angle, chaque rangée pénétrant les deux autres.

Dans les constructions du moyen âge, Vopus reticulatum ne se voit le plus habiluellement que dans des frises, des arcades, des tympans et autres parties où il n'est employé que comme œo jf de décoration : quelquefois même il n'est que figuré par des joints factices à la surface d'un autre appareil qui alors n'est pas apparent. On voit aussi parfois ses mailles remplies par des têtes de diamant. Les édifices de la période romano-byzantine ofl'rent des exemples a' un autre appareil réticulé dont les pièces sont hexagones : les exemples en sont moins rares dans le Nivernais que partout ailleurs. J'ai eu l'occasion de l'y observer plusieurs fois.

Opus spïca/M?n, appareil en épi, en feuilles de fougère, en arête do poisson. Pierres plates ou dalles de dimensions paiiaitoment semblables, posées à plat l'une sur l'autre, avec l'éjiaisseur formant parement en inclinaison, une rangée opposée à l'autre, do manièi e à fui nier entre elles un angle plus ou moins ouvert.

Les lian les ou zones de bricpics que les anciens coristrueleurs intercalaient dans la maçonnerie en petits matériaux, autant pour régler les assises (pie ponr (léc(jier les mu rjilles, sont ([uehpiofui"^, dans les monuments

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des premiers siècles, construites en opus spicatum. On voit anssi, dans quelques églises romano-byzantines , des pans de muraille entiers construits en bri(iues ainsi ajustées, qui forment alors des files de zigzags verticaux. On peut considérer comme dernière variété de l'appareil en opus spicatum, un genre de construction faite de cailloux roulés ou galets communs, dans les pays arrosés par de grands fleuves ou bordés par la mer. Ces cônes sont ûxés dans un mortier coloré, par inclinaisons contrariées, sans contact cotre eux.

L'appareil oblique ou obliqué est une autre espèce ({opus spicatum , formé de moellons taillés en losanges, posés à plat sur l'une des faces par assises, mais de manière que les joints d^ l'assise supérieure contrarient -ceux de l'assise inférieure.

Vappareil en écailles est formé de pierres laillées en forme d'écaiiles de poisson : la base de ces pierres est un petit parallélogramme ayant son sommet arrondi. Cet appareil n'a pas été fréquemment employé. On en voit une c'.iarmante application à la façade de l'église du xir siècle de Parçaysur-Vienne, au diocèse d^ Tours.

On distingue encore divers appareils. Vopxis insertiim, qu'il ne faut pas confondre avec Vopus incertum, est un appareil dont les pierres sont en liaison, c'est-à-dire, sont disposées de façon à ce que les joints verticaux d'une assise soient à peu près au-dessus du milieu de chacune des pierres qui composent l'assise inférieure. Vopus revin- -ctum est celui dont les pierres sont unies par des liens de bois ou de métal. Vopus ad emplecion est celui qui est formé de pierres taillées en coin, et enfoncées, par leur bout le moins large, dans une maçonnerie de blocage. Il est fréquemment affermi par des chaînes de briques.

Maccria est le nom donné à l'appareil composé de blocs de pierres posés à sec, sans mortier.

Visodomos, ou opus isodomum, est l'appareil dont toutes les assisf^s ont la même hauteur. On l'appelle communément appareil réglé.

Le pseucîisodomos, ou opus pseudisodomum, est l'appareil composé d'assises alternativement hautes et basses, mais régulièrement.

Les trois appareils rectangulaires qui se montrent ordinairement, soit dans les constructions qui nous sont venues desRomains, soit dans celles des premiers siècles du moyen cige, sont le grand appareil, le moyen appareil et le petit appareil.

1° Le grand appareil en pierres de 6i centimètres à 1 mètre 60 cent., posées horizontalement par assises régulières, jointes intérieurement par des crampons de fer ou de l)ronze, ou de simples queues d'aronde ou d'hironJe, en bois ou en métal, auxquels on substitue quelquefois des os de bœuf ou de mouton.

2° Le moyen appareil f-rm.é de pierres ord naircs , assemblées comme celles du

grand a[)parcil, par des queues d'arondes, ou liées par le ciment.

3" Le petit appareil formé de petits moellons cubiques de 8 à 10 centimètres, ou de 10 à 13 centimètres, posés par assises sur un»* épaisse couche de mortier et à joints verticaux également larges, tantôt par files longitudinales, tantôt })ar recouvrement.

Quelquefois, vers l'époque romano-byzantine, le moellon, au lieu d'être cubique, devient cunéiforme, et s'engage par sa pointe dans la maçonnerie.

Un autre* petit appareil, qu'on appelle petit appareil allongé, dont on trouve de nombreux exemples dans les édifices romano-byzantins, est celui oii les moelloi s prennent la forme de briques, de 2i à 25 centimètres de long.

Le petit appareil, toujours encadré de bandes ou zones soit de briques posées à pîat ou en arêles de poisson, soit de granit ou autre pierre dure et colorée, ne se montre que rarement au xi' siècle : c'est le moyen appareil qui domine alo: s. Cependant dans le centre de la France, on retrouve le petit appareil, l'appareil réticulé , l'appareil en feuilles de fougère jusqu'à la fin du xii* siècle, dans quelques parties des façades des églises d'architecture romano-byzantine de la phase de transition.

L'appareil multicolore ou polychrome est une décoration plutôt qu'un appareil proprement dit. 11 a pour objet le mélange » l'assortiment en ornementât on des matériaux de diverses couleurs en usage à certaines époques ou dans certains pays. Le plus commun est celui de la brique ou du moellon ou tufeau, dont les constructions romaines en petit appareil ont donné l'exemple. La brique servait à faire des zones, des los nges et autres figures .géométriques que reproduisirent les basiliques latines et les églises romano-byzantines primordiales et secondaires. Les arcs des lenôtres et des portes furent môme souvent composés de claveaux de pierre, entremêlés de briques symétriquement. On fit un usage analogue de pierres colorées comme le granit, ou le marbre noir, et de la lave. Le petit appareil, ou l'appareil réticulé, composés alternativement d'une pierre blanche et d'une pierre noire, en prirent quelquefois le nom de damier ou d'échiquier. Ailleurs ce mélange a produit des espèces de grosses mosaïques figurant des étoiles, des losanges, des rosaces, des méandres, des entrelacs et autres dessins géométriques, avec lesquels on a décoré ou simulé sur les murs, sur les absides, sur les tympans, autour des fenêtres des églises romanes, des corniches, des frises, des archivoltes d'un goût à la fois original et pittoresque, souvent varié de la manière la plus capricieuse et la plus bizarre sur un même membre d'architecture.

L'appareil alexandrin, alexandrinum opus, est une espèce de mosaïque ou plutôt de marqueterie précieuse, c mposée de porphyres rouge et vcit, de marbres et d'émail, dont on se servait sous le Bas-Empire po^r

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