‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 58 sur 195 · ARO · texte numérisé non relu

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nom d'arche à l'arcade des |ionls, la(|ii('ll<.' })rend diverses formes et i-eposc; sur des points d'appui que l'on appelle ;;i7es. Nous renvoyons au mot Pontife ou Pomistk Io lecteur qui voudra connaître quelques détails sur les disciples de saint Béné/.et (pii se consacraient spc^ciaiement à l'œuvre de la construction des ponis, et cela par des motifs de charité et ue religion.

On emploie quehpiefois le mot arche pour désigner une arcade ou un arc. C'est dans ce sens que l'on dii une arche romane, ou une arche gothique.

ARCHE D'ALLIANCE. — L 11 serait diffîcile, -pour ne pas dire impossible, de tracer l'histoire de l'architecture chez les Hébreux. Cette histoire, cependant, quelque imparfaite (|u'eMe soit jus([u'à ce jour, mérite une atlenlion particulière, pour plusieurs raisons. H ne saurait y avoir de doute, d'abord, qiic cette architecture ait eu de grands dévelû[)pemenlset ne se soit élevée a un haut degré de perfection, et ensuite il paraît que ie souvenir des traditions hébraïques sur la construction des monuments sacrés s'est conservé, juscpi'à un certain point, parmi les confréries d'architectes et de maçons du moyen ;1ge. Voy. Architecture.

Quoi qu'il en soit, les monuments de l'art juif méritent une mention spéciale dans cet ouvrage, et quoique nous ne puissions rien donner de nouveau sur cette matière , nous devons au moins faire l'analyse des travaux qui ont été exécutés sur ce sujet par la plupart des interprètes de l'Ecriture sainte.

L'arche d'alliance était une sorte de coffre, dans lequel étaient enfermées les deux tables de pierre sur lesquelles étaient gravés les dix commandements de la loi donnée par Dieu à Moïse sur le mont Smaï , ainsi que l'avait ordonné Dieu lui-même, au livre de l'Exode, chap. xxv, verset IG.

On voit dans l'Ecriture une description de l'arche. Quand Dieu eui ordonné de faire ce monument, lit-on au livre de l'Exode, il envoya son esprit à Bélezéelet à Ooliub, pour qu'ils r exécutassent suivant sa volonté. Alors tout le peuple voulut concourir à la confection et à la décoration de l'éditice, et chacun offrit ce qu'il avait de plus précieux. Dès que tout fut préparé. Moïse fit faire une enceinte carrée de 100 coudées de long et de 50 de large. Sur la longueur se déployait un péristyle de vingt colonnes de bronze, hautes de cinq coudées, et sur la largeur un péristyle de dix colonnes semblables aux jirécédentes; elles étaient ornées de chapiteaux en argent et de bases en or : cette enceinte était fermée par une tenture du lin le plus lin.

La porte, pratiquée sur un des petits côtés du rectangle, était décorée de deux colonnes en bronze revêtues de feuilles d'or et d'argent; elle était feniiée par un voile de vingt coudées de long sur cin([ de haut. Ce voile était jieint couleur de |)Ourpre et d'hyaciiithe, et parsemé de figures de chérubins. La

porte ouvrait sur un vestibule décoré de trois colonnes de bronze de chaque coté; c'est Ih que se troiivait un grand vase appelé la mer fi'nirain, dans leipiel le sacrificateur puisait de l'eau pour les ablulifiis.

Au milieu de cette enceinte on avait placé le tabernacle. Celui-ci avait 30 coudées de long sur 20 de large. Son entrée était dirigée vers l'orient. Ses parois se com[)Osaient (h> planches recouvertes de lames d'or. Il était divisé en deux parties dans le sens de la hingueur. La première jiartie s'a|tpelait le Saint: là étaient l'autel des jîarfums, la table des pains de [irtiposilion, et le chandelier d'or à sept branches. La seconde partie, sé- ))arée de la preunèrc par un voile, s'appelait le Saint des s.iints, et renfermait Varche d'alliance. 1"out le tabernailc était abrité sous dix pièces de tapisserie, que des agrafes de bronze doré fixaient à des charpentes.

Ce monument, comme on voit, rappelle jiar ses dispositions générales les tentes dont le peuple juif se servit durant ses longues pérégrinations dans le désert. Josèphe, dans son Histoire des Juifs, nous a conservé une description de l'arche d'alliance que nous rapporterons ici. L'arche, dit-il, avait cinq palmes de longueur, trois de largeur et autant de hauteur. Le bois de l'un et l'autre côté était revêtu de lames d'or et attaché avec des clous dorés; à quoi il faut ajouter qu'elle avait à ses deux plus longs côtés de gros anneaux d'or, qui traversaient le bois, dans lesquels on mettait de gros bâtons dorés jiour la porter selon le besoin ; ce que faisaient les sacrificateurs et les lévites. La couverture de l'arche s'appelait le Propitiatoire, sur lequel étaient placées deux figures appelées chérubins , selon la forme qu'en avait prescrite Moïse, qui les avait vus devant le trône de Dieu.

Cette arche était en singulière vénération diez les Hébreux, qui l'avaient placée dans la partie la plus sainte du Tabernacle. On la }iortait dans les expéditions militaires, comme un gage sensible de la protection divine. Mais Dieu, irrité contre son j)euple, permit qu'elle fût prise par les Philistins, au pouvoir desquels elle demeura vingt ans, selon les uns, et quarante ans, suivant les autres. Les lléaux dont les Philistins furent frappés les obligèrent à restituer l'arche aux Israélites, qui la déposèrent à Cariathiarim, ilans la maison d'un lévite nommé Abinadab, chez leq^uel elle demeura encore vingt ans. David lit trans[)Orter l'arche à Jérusalem avec beaucoup de solennité et la plaça dans un tabernacle qu'il avait fait construire; enfin Salomon la fit mettre dans le temple. Quoique l'Ecriture semble dire en iilusieuis endroits qu'il n'y avait dans l'arche que les doux tables de pierre, elle manpie expressément ailleurs qu'elle renfermait une unie pleine de la manne qu'avaient inani;ée les Israi'lites dans le désert, et la verge ou baguette d'Aaron <pii avait Henri.

Dans lo Hational dn divins offices, au livre \", chap. 2, Guillaume Durand s'oxjirime.

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au sujet do l'arche d'alliance , dans /es termes suivants :

a Notez que, du temps du pape saint Silvestre, l'empereur Constantin bâtit l'église do Latran, dans laquelle il plaça Tarclio de l'aHijincc que l'empereur Titus aVait apportée de Jôrusalem, ainsi que le chandelier d'or a st.'pt branches. Dans cotte arche étaient les boucles et les bAtons d'or, les tables du témoignage , la verge d'Aaron , la manne, les pains d'orge, le vase d'or, la robe sans couture du Sauveur , le roseau de sa passion, une tunique de saint Jean-l?aptiste, et les ciseaux qui avaient servi à couper les cheveux de saint Jean l'Evangéliste. »

Il est très-rcmarquablo que Ciam|iini, dans les détails minutieux qu'il donne de la basilique de Latran , no lait aucunement allusion à ces reliques, quoique, dans la description qu'il fait de cette église, ainsi que d.'s autres églises basilicales bâties par Constantin, il copi ' mot à mot la liste des donations faites par cet empereur, qui se trouve dans la Vie du pape saint Silvestre, écrite par un libliothécaire du Vatican dont le nom est inconnu. De deux choses l'une, ou Durand do Monde fut mal informé , ou le pasi-age en question est controuvé. 11 n'est pas vraisemblable que la tunique de saint Jean- Baptiste ou que les ciseaux de saint Jean l'Evangéliste eussent été gardés dans l'arche avec les choses qui n'étaient propres qu'à cette dernière. Il est cependant indubitable que Durand pouvait s'appuyer de quelques laits, puisque l'église de Latran, qui avait été autrefois dédiée au Sauveur, était alors sous l'invocation des deux saints Jean, et que les souffrances de ces deux martyrs se trouvent dépeintes sur une très-ancienne mosaïque. Dans la représentation des épreuves de l'Evangéliste, on voit au-dessus l'inscription suivante, que nous offrons à nos lecteurs parce qu'elle est peu connue :

Martiini Cal'ccm bib'il hic a'Jdcla Jonnnet

Principhim Verbi cernere qui mernt.

Verbe al hune fuste procousul, forfice londet,

Qnem frvens oleum l rdere ncn vtiluiL Conditus hic oleum, d: lium, cruor, atqne capilU

Quœ comecranlnr , libéra Borna, tibi.

Panvinius, citant l'ouvrago du diacre Jean, indiqiie, au nombre des reliques insignes de la basilique do Latran :

'( L'arche d'alliance, le chandelier, la table, les pains de proposition, l'encensoir d'or, une urne de manne, la verge d'Aaron qui a refleuri, les tables du Testament, la verge avec laquelle Moïse frappa le rocher pour en faire sortir de l'eau. »

Ce passage est cité par M. de Bussierro, dans son livre intitulé : Les sept basiliques de Rome, tom. I, pag. 419. Il faut noter ici que ces reliques n'ont pas d'autre garantie qu!une ancienne tradition. Ajoutons que quelques-unes d'entre elles ont été celées par ordre du souverain pontife , le savant Benoît XIV.

Les juifs modcrnci ont dans leurs syna-

gogues une espèce d'arche ou d'armoire, dans laquelle ils conservent les livres sacrés. Les juifs l'appellent Aron, et Tertullien en fait mention sous le nom d Armarium /«ddicum, d'où est venue cette expression, être dans Varmoire de la synafjogue, pour dire, être au rang des livres canoniques reconnus par les juifs. Saint Epiphane dit que les livres apocryphes ne sont point dans Varche, c'est-h-diie dans l'armoire où les juifs enferment leurs livres sacrés. ( Vi>i/. V Encyclopédie, et le Dictionnaire de Tré vaux.)

Au tom. I", pag. 163, de son Manuel de l'histoire générale de l'architecture chez tous les p"uplos. M, D. Ramée émet une idée (fui doit être combattue, parce qu'elle ne repose sur aucun fondement. Il avance, sans en administrer la moindre preuve, que l'arche d'alliance des Hébreux était une copie des barques sacrées représentées sur les monupaents égyptiens. Dans le texte, il place une figure représentant une barque sainte tirée d'un bas-relief du temple d'Ouadi Essébouah (Nubie). La description de nos livres saints et celle de l'historien Josophe ne permettent pas qu'on fasse au sujet de l'arche d'alliance une supposition pareille. D'ailleurs cette ridicule opinion est suivie de la réflexion suivante, plus ridicule encore : « La colonne de feu qu'on voyait au-dessus de l'arche pendant le trajet des Hébreux d'Egypte en Palestine, n'est autre chose que la fumée des sacrifices consommés par les prêtres auprès du dé[)ôt de la loi sainte. » Pour mettre le comble à ses hypothèses étranges, pour no pas les qualifier aussi durement qu'elles le méritent, M. Ramée nous dit que la forme des premiers reliquaires chrétiens a été peut - être inspirée par celle de l'arche. M. Ramée aurait bien dû nous donner le dessin de quelque ancien reliquaire ressemblant il la barque sainte ou à l&naeelle sacrée des Egyptiens.

ARGHEOGRAPHIE. — Formée de deux mots grecs ùp^ixto;, ancien, eiypK'£M,f écris, je décris, cotte expression est employée pour désigner l'art et la science de celui qui sait peindre, graver, dessiner, reproduire aux yeux l'image des œuvres d'art de l'antiquité profane ou ecclésiastique. L'archéographe doit avoir la science de l'archéologie et la pratique de l'art : autrement les figures q. e son crayon ou son burin retracera seront plus ou moins inexactes. S'il a du talent, sans connaissances positives, ses images et ses gravures mériteront tout au plus le nom de belles infidèles. Les gravures qui représentent nos éghses ogivales et qui ont été exécutées au siècle dernier , nous montrent comment, avec de grandes ressources d'art et d'industrie, sans connaissances archéologiques, on arrive à donner des images fausses et mensongères. Pour ôtre bon archéographe, il faut être architecte , ou du moins avoir fait une étude approfondie des divers styles architectoniques du moyen âge.

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