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appnraîtro successivement tous les signes de
la décadence.
Les guerres de l'invasiftn des barbares nréci|)itLM-ent rapidement les arts vers leur entière dégénérescence. Les conroptions du génie profond et inéililalif d.' l'architecture, les savantes créations <le la sculpture, et celles de la pcintur(j; pIussiMiiiisantes encore, fleurs légér^-S d'imagination et de sentiment, inventions sublimes, dont les éléments sont d'un genre et, si j'ose le dire, d'un tempérament plus délicat que ceux des sciences et des belles-lettres, s'altérèrent et périrent entre les mains d'étrangers de nations diverses, confondus avec les indigènes au sein de Home et de l'Italie.
C'est donc, à ce qu'il paraît, dans le concours de toutes ces circonstances, au IV* siècle, qu'il faut eu grande partie chercher les causes de la décadence des arts chez les Romains, a i lieu d'attribuer uniquement et directement celle-ci à la translation que fit Constantin du siège de l'empire dans une nouvelle capitale.
La liberté que Constantin accorda au christianisme, qui prit alors presque généralement la place de la religion païenne, produisit dans l'Etat un changement dont les beaux-arts durent aussi se ressentir. Sans doute la préférence donnée à la religion nouvelle sur un culte qui avait pour objet des divinités imaginaires, personnifiées sous la forme de belles statues, priva l'art de (luelques modèles et de sujets d'ouvrage pr >[)res à le perfectionner. Mais cette perte n'eut une influence ni aussi décidée, ni aussi prompte qu'on le croit communément, parce que en cessa.'it de rendre h ces statues dos hommages absurdes, on en conserva un grand nombre comme simples monuments, témoin Prudence, auteur du iv" siècle, qui s'exprime ansi qu'il suit {Adccrs. Symm., iib. I, vers. o03J :
Vcenl slfitiias consittere pura»
Arlificum magnorum opéra.
Séroux d'Agincoort, dans son grand ouvrage, V Histoire de l'art par les m muwents, s'etfjrce de démontrer (pie la déc (Jcnro dans les arts et sp-cialoiiKMit da is l'firchitect'jre, ne saurait être att;i!)iiée sais injustice aux nations gothiques. Il donne des détails fort intéressants sur celt ,' q lestion en j arcourant le règne des ])iinces Wisigûlhs en Italie. Théodoric prores.^ait une vénération profonde et une aduiiratiou éelailée pour les monuments de l'antiiiuité.
Tliéodoric rétablit une c'iarge ancienne qui imposait le soin et l'obligation de veiller h la conservation et à la restauration des monurïients. Les officiei'S (jui avaient celte charge dev.iient veiller jour et nuit à ce q l'il ne f.'it purté aucune atteinte aux monuments des ails. Kst-cc 1^ le fiit d'un barbare ?
Le même prinre assigna des sommes considf'rables et donna vingt-cinq mille i)ri:[ues pour l'entretien des murs de Home : Ui i!Ui
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mirabilis silva mœnium , dilir/rntia subvc' viente , serveiur. Sa sollicitude s'étendit jus(pi'aux églises catholiques, et surtout à la iiasili(pie de Saint-Pierre. Les historiens des moiuniients sacr.'S, Baronius, Koni, Ciampini, Honanni, on fournissent les [ircuves; ce dernier donne môme le dessin de doux f.nU'S tirées do la couverture de cet édifice, lorsqu'il fut démoli en 1000, et sur Icsquclle.s sont empreintes ces légendes : Régnants Theodorico domino nostro felix lioma. — Theodorico hono liomn.
Séroux d'Agiiicourt a possédé lui-mèmo une tuile portant une empreinte de cette espèce, qu'il avait recueillie h l'époque do la restauration du clocher de l'ancieniie églis;; de Sainte-Praxède, construite au v siècle.
Théodoric donna à son propre architecte des instructions fort remarquables, dans lesquelles nous voyons un précepte qui na été que trop négligé dans des siècles qui ont traité le sien de barbare. 11 exige formellement que les nouvelles constructions à faire dans son palais soient parfaitement d'accord avec les anciennes : Censemus ut ontiqua in pristinum nitorem contineas et nova simili antiquitate pro lucas : quia sicut dccormn corpus uno convenit colore vesliri, ila nitor palatii similis débet pcr universamembra diffundi. (Gassiodor., A'ar., Iib. vu, form. 5.)
Chez les plus anciens peu[)lcs, ceux qui étaient étrangers au culte du vr;d Dieu et différents des Juifs, il y avait une idée généralement répandue, c'est que le monde apparent a été la demeure ou la maison de Dieu, et que le ciel est son séjour habituel. L'univers, et plus particulièrement le ciel, étaient considérés, pour cette raison, comme le véritable temple de la divinité, le temple par excellence. Ce temple grandiose et primitif devait être considéré comme le modèle et le type de tous les autres temples que l'on voulait élever <^ l'honneur de Dieu. Il semblait indigne de la majesté divine de bfitirdcs sanctuaires semblables aux maisons communes habitées par des hommes et destinées à les protéger contre les intempéries des saisons et les injures de l'air.
C'est sans doute pour cela que, dans l'antiquité et chez toutes les nations, la construction des temples était regardée comme lin art religieux ou lùératique. Si l'arcliitcct.ire était l'art de bUir d'après certains principes, certaines règles invariables et certaines lois sur l'étendue, la dimension et la forn)e; si de plus, les sanctuaires devaient être une imitation delà grande constructica du monde et spécialement du ciel, alors la science et l'art d'élever des tem[)îes appartenaient particuHèrcment h ceux (jui étaient voués d'une manière jilus intime au culte <le Dieu et qui, h cause de leurs fonctions sacrées, devaient labiter dans le voisinage du sanctuaire.
L'architecture sacrée , celle des temples, était donc un art symbolique. Les temples égyptiens olfrcnl des plafonds peints d'azur,
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parsemés d'étoiles et do figures de toute espèce qui représentent le firmament; des colonnes énormes, couronnées de chapitc lUx peints de diverses couleurs et particulièrement en vert, soutiennent ces plafonds, et le tout est évidemment l'image du firmament s'éten lant sur la surface de la terre.
Ù y avait, chez les anciens Perses, des temples souterrains , qu'ils prétendaient avoir été fondés par Zoroastre, et dans lesquels on expliquait aux initiés la descente des âmes au monde matériel et leur retour au monde Siarituel. Dans ce but, l'univers entier, le ciel et la terre, y étaient figurés. Le roc représentait le symbole de la matière en général ; dans l'intérieur du souterrain étaient représentés les éléments, les planètes, les étoiles fixes, les douze signes du zodiaque, une échelle à huit échelons de plusieurs matières pour servir d'escalier aux .'Unes ambulantes : tout cela était disposé avec ordre et rangé symétriquement en des emiroits réservés, séparés 1 un de l'autre à une distance égale; les diverses constellations, ainsi que les divisions du monde vi- 'ïble et invisible , étaient exposées aux regards des initiés.
En Grèce, nous voyons également des monuments de ce genre. Crcuzer dit que les architectes pélasges ont sans doute voulu imiter, dans les coupoles ou dômes en-dessus de la terre et au-dej^sous , la voûte du ciel. (Creuzer, Symbolik., p. G2).
L'architecture, et nous entendons parlrr ■yci do l'architecture religieuse, n'a donc point tiré son origine de la nécessité, ainsi que le prétendent certains auteurs. Elle a une source plus noble, et sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres, elle ne doit yoint être assimilée avec les vulgaires produits du besoin et de l'industrie.
AttCHTrECTURE HÉBRAÏQUE. NOUS DO pOU-
vons considérer ici l'architecture chez les Hébreux que sous un point de vue général. [Yoy. Ancnn, Temple de Salomon.) Quoi qu'en disent des écrivains prévenus, l'art de bâtir était parvenu chez les Juifs à une trèsgrande hauteur sous le règne de Salomon ; et en cela, nous voyons que cet art a suivi chez cette nation la môme marche que cliez les autres peuples. Partout, en effet, nous remarquons que l'art de bâtir, comme tous les beaux-arts, arrive h son plus haut point de perfection sous le règne du prince qui semble personnitier la plus grande prospérité dun peuple. Conclure de ce fait que l'art était inconnu ou dans l'enfance jusqu'à répoque oii il a créé son chef-d'œuvre, ce serait mentir à l'histoire et à l'expérience.
Ce qui nous manque pour apprécier convenablement l'art de b'itirchez les Hébreux, Ci sont les mon;nnents, ou au moins des ruines. P*vr un ctfet do la vengeance divine, il n'est pas resté pierre sur pierre du plus célèlire édifice des Juifs, et le fameux palais de Salomon n'a pas laissé de vestiges de son aaliqie sulenJcur. N'est-ce pas à cause de
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l'absence des renseignements que beaucoup d'écrivains , dont les intentions d'ailleurs nous semblent fort suspectes , ont avancé que la civilisation hébraïque n'était qu'un pâle reflet de la civilisation des Egyptiens , et qu'en fait de beaux-arts, les Juifs ne surent qu'emprunter à leurs voisins? Ce qui nous donne lieu de croire que ces écrivains méritent peu de confiance , c'est qu'ils regardent les cérémonies judaïques relatives au sacrifice comme une imitation des cérémonies païennes et comme une marque de barbarie. Ces écrivains ignorent-ils les mystères de l'expiation et de la rédemption par le sang, mystères dont le christianisme seul peut otfiir la solution?
Nous pensons , et en émettant notre opinion, nous suivons les traces des meilleurs historiens, nous pensons que les Hébreux , comme les peuples fortement constitués , communiquèrent à leurs édifices publics un caractère spécial, caractère en rap])ort avec leurs croyances et avec leurs mœurs. Nous inclinerions à croire qiie les traditions du moyen âge sur les architectes du temple de Salomon, sur les maçons de ce grand roi, ne doivent pas être entièrement rejetées, du moins , quant aux déductions que l'on en peut tirer relativement à la culture de l'art chez les Juifs. 11 y a évidemment dans les confréries du moyen âge , organisées pour la construction des églises, un souvenir plus vivant de la Bible et des passages oii il est ciuestion du temple de Salomon, que des procédés traditionnels transmis K travers les âges des constructeurs primitifs aux constructeurs de ce temps. Mais ne peut-on pas néanmoins invoquer ces vieilles croyances en faveur de l'importance attachée chez les Hébreux à l'érection des édifices sacrés ?
Ces considérations se compléteront d'ellesmêmes par la description que nous avons donnée ailleurs du temple de Jérusalem et des monuments hébraïques intimement liés à la religion judaïque. Nous y renvoyons le lecteur. Nous le renvoyons également à l'article Tombeaux , oii nous sommes entrés dans d'assez longs détails sur les tombeaux des Juifs.
Architecture phénicienne. LesPhéniciens formèrent une nation civilisée à une époque historique fort reculée. Pour avoir une juste idée de leurs monuments , de leurs travaux et de leurs arts, il ne faut point oublier qu'ils se séparèrent de bonne heure en plusieurs branches , qui ne furent pas également célèbres , quoique toutes elles aient conservé des traits communs. Indépendamment de plusieurs arts et métiers, les Phéniciens avaient acquis la connaissance de l'usage des métaux et de l'art de la navigation. Par les travaux actifs et journalierg ^ qu'ils étaient obligés de faire sur leurs vaisseaux, ils acquirent une grande habileté dans la marine et par conséquent aussi dans l'architecture navale. C'est sans doute cette derliière science qui a fortement conttibUé à
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porfectionncr lo« artistes phdnicicns dans l'emploi du bois i)Oiir la construction : ils en firent Uoage dans leurs temples et leurs babitations particulières. Quoif jue nous manquions de documents prt'-cis sur les monuments primitifs des Phéniciens , les antiquaires s'accordent h penser que les constructions en bois ne furent ni les plus nombreuses , ni les l'ius considérables. Le bois n'était communément employé qu'à l'inté'rieur pour faire de^s colonnes, jiour décorer les salles, pour faciliter la (iis])osition des j)anneaux et des remiilissages, enfin pour construire des toits. Les mômes antiquaires regardent comme vraisemblable que l'architecture des Phéniciens se distinguait de celle des autres peuples , parce que Strabon, en parlant de Tyrus et d'Aradus, deux îles du golfe Persique , ajoute qu'il y avait des temples qui ressemblaient à ceux des Phéniciens.
ARcniTECTURE ASSYRIENNE. Les antiquitf^s de l'Assyrie ofTrent trop d'intérêt à l'antiquaire chrétien pour que nous hésitions à entrer dans d'assez longs détails sur les belles découvertes de M. Botta, consul de France à Bagdad, et sur celles des Anglais. Un grand nombre de })assages de la Bible , notamment des prophéties de Daniel , sont confirmés par les monuments admirables amenés au jour par des circonstances inattendues et exposés aujourd'hui dans les musées de Paris et de Londres. Nous donnerons une notice sur ces monuments aux articles Babel, Nimve, Assyrie.
Babylone peut être regardée comme le point de départ de l'histoire. Là fut le berceau des nations; là commencent les traditions sur la dispersion des races. Car c'c st là, dans l'immense plaine de Sennaar, entre l'Euphrate et le Tigre, que s'éleva cette tour dont les hommes primitifs voulaient faire la hauteur égale à leur ambition, et d<jnt les débris gigantesques attestent encore aujourd'hui , sur l'emplacement de Babylone , la grandeur inouïe de leurs efforts. Ces ruines monumentales suffisent à elles seules pf.ur justifier tout ce que l'histoire nous a fait connaître de ces premiers empires , et elles rendent à tous les yeux un éclatant témoignage de la vérité des traditions anciennes, reléguées trop longtemps par des esprits frivoles dans le domaine des fictions. Leur aspect frapjie et saisit rima:^ination , et réveille des images de puissance et de richesse qu'on ne saurait concevoir ailleurs.
Naguère une science sceptique , légère et moqueuse, qui se nommait gravement jihilosophie de l'histf ire , traitait Babylone et ses grandeurs de fables inventées à plaisir. Les traditions primitives de l'Orient n'avaient à ses yeux (pi'une valeur poétique, comme un conte des Mille et une IS'uils. Méconnaissant ainsi !a Bible et oubliant Ilérodote , cette science superficielle avait fait descendre renseigncmonl de l'histoire de la plaw élevée qu'il occu[)c, pour n'en faire
qu'un amusement et un passe-/emps. Mais un jour devait venir, et il ne se fît p.is longtemps attendre, où cette fausse science, inaugurée par Vdltaire, devait être méprisée, même des écoliers, à cause de sa mauvaise foi et de son ignorance.
Ra|)pelons encore ici une réflexion que nous avons faite plusieurs fois et qui se présente naturellement à notre esprit. C'est que la religion chrétienne , attaquée de toutes les manières , par la science et par les railleries, sort victorieuse de tous les assauts. A une épO(]uc donnée les assertions de la science sont réfutées , et de nouvelles découvertes de cette môme science viennent confirmer la vérité révélée.
Architecture égyptienne. L'architecture égyptienne est surtout caractérisée par la solidité de ses constructions et la raideur des formes. Nous aurions à fiarcourir en détail les antiquités égyptiennes, puisqu'elles appartiennent toutes à l'archéologie sacrée, si nous n'étions pas forcé d'abréger tout ce qui concerne l'antiquité profane. Les monuments principaux des Egyptiens sont les grottes souterraines autrement ajjppiées nécropoles ou hypogées ; les pyramides , (jui appartiennent à l'Heptanoraide ou Egypte du milieu; les obélisques, dont plusieurs ont été transportés hors d'Egypte ; le Labyrinthe, c'est-à-dire cette réunion immense de salies dont Hérodote, Pline et Strabon nous ont laissé la description; les canaux qui ont fait regarder quelques princes comme les bienfaiteurs publies ; les chambres ou chapelles monolithes ; enfin ces temples immenses couverts d'hiéroglyphes peints ou sculptés, et précédés de rangées d'animaux , do sphinx ou d'obélisques.
En examinant les caractères de l'architecture égyptienne, nous voyons que les murs des bâtiments égyptiens sont extrômemeiu épais. Les toits étant de pierres d'un seul bloc qui traversent d'un mura l'autre, il fallait un grand nombre de fortes colonnes pour les supporter. I.es proportions des colonnes, ainsi que leurs ornemenls, varient beaucoup. Elles n'avaient point de bases , ou elles avaient seulement un simple support. La forme des chainleaux égyptiens est aussi trèsvariée : tantôt ce n'est qu'une dalle cairée, unie ou couverte d'hiéroglyphes , tantôt ils soiît ornés de feuillages, où ils reiirésentent un vase posé sur la colonne, ou uue es;^ècG de clocke renversée, ou ils paraissent è!ro «ne imitation du palmier. Dans rarchitecture égyptienne on ne trouve point de Irise ; il n'y a jtas non idus d'architrave et de corniche proprement dites : cependant on peut en distinguer l'équivalent dans les pierres placées sur les colonnes. L'cntre-colonnement est rarement plus grand que de trois [>ieds. Poe cke pense que les Egyptiens n'ont pas tout à fait ignoré l'art de faire des voûte?; cependant on trouve chez eux peu de eoiistructi'uis en ai'c; ordinairement les plafon Is sont fnits de grosses pioires d'un seul bloc
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i)Osées à plat et transversalement d'une colonne à l'autre.
C'est surtout dans les édifices reli.^ieux et les palais que l'on peut juger de l'art avec lequel les Egyptiens construisaient. Leur tem])le, dit M. kao;il Rochetle (Cours d'Antiq. |)roIess(; à îa bibliothèque Royale , en 1837j, par sa forme lourde, basse et carrée, par son intî'rieur sombre et mystérieux, par ses portes et ses rares ouvertures de communication, taillées en forme pyramidale, par sa façade simi)le et nue, par ses nombreux supports, ronds, carrés ou octogones, par les dessins hiéroglyphiques creusés sur les parois de ses murailles, par le grand nombre de ses statues peintes, par les niches carrées qui ornent ses cellœ, par les colosses qui se dressent sous ses vestibules et en avant de ses portiques; le temple égyptien semble avoir été extrait d'une montagne , pour être placé, sans aucune transformation, au milieu des plaines de la moyenne Egypte. Ces monuments offrent le type perfectionné des monuments troglodytiques; on dirait que les Architectes ont cherché, avant tout, la force, la solidité , le grandiose. Ce ne sont partout que des masses énormes superposées les unes aux autres, que des matériaux extraordinnirement pesants. De lourds piliers verticaux supj)ortent des plafonds d'une longueur démesurée ; c'est ainsi qu'à une des portes de Passolos on voit des pierres qui o!it depuis vingt jusqu'à trente pieds de long sur cinq à huit de large. On trouve des sanctuaires creusés dans un seul bloc de pierre, et des sphinx de plus de vingt pieds de hauteur, sculpt's dans un seul bloc de granit.
Rien qu'on remarque dans tous les monuments égyptiens une uniformité constante de symijoles et de décoration, cependant leur plan varie lel!ement j ar les additions qui y ont été faites à diverses époques , qu'il est dïilicile (le retrouver absolument un type primitif. Cependant nous donnerons ici la description d'un temple , faite par Strabon, qui connaissait bien l'Egypte.
« A l'entrée du Téménos, dit Strabon, on voit une aven;;e pavée, dont la largeur est d'environ un plèthre, plus ou moins, et la longueur tiiplo. Il est des temples où elle est quadruple , et môme plus considérable. On l'a: pelle dromos ou centre général, expression dont se sert Callimaque, lorsqu'il dit : Voilà le dromos sacré d'Anubis. Dans toute la longueur et de chaque coté, règne une s: jte de Sjîhiux vn pierre, distants les uns (les autres de vingt coi.dées ou un j)eupli:iS, en sorte qu'à droite et à gauche il en existe i.ne rangée.
« Aorès les sphinx on trouve un g; and propylée, puis, en s'avanrant plus loin, un second, puis un troisième. Au reste, le nombre des propylées n'est pas déterminé , non plus que celui des sphinx ; il varie dans les temples, de même que la IcP-sueur et la largeur des dromos (les dromos étaient découverts, et leur aire entièrement libre et sans sltitue^). Au delà des propylées s'élève le /icioô,'ju temple proprement dit, cûntcnant un
pronaos, ou partie antérieure du temple, et un sécos ou sanctuaire; le premier, d'une grandeur considérable , le second , d'une grandeur médiocre. Ce naos ne renferme point de statues, ou du moins , s'il en renferme, elles représentent quelque animal et ont des figures humaines. Do cha(]ue côté du pronaos s'avancent ce qu'on appelle Xesptères ou ailes : ce sont deux murs dont la hauteur est égale à celle du temple. Leur éloignement l'une de l'autre est d'abord plus considérable que la largeur dfi soubassement du naos-; mais ensuite, à mesure qu'on s'avance, on voit leurs faces se prolonger res[)ace de cinquante o i soixante coudées, en se ra;;prochant l'une de l'autre. Les parois de ces ptères sont couvertes de grandes figures sculptées en anaglyphe, semblaiiles aux sculptures tyrrhénéennes ou aux très-anciens ouvrages grecs. »
Les observations des voyageurs et des arcViéologues modernes ne font que confirmer la description de Strabon ; elles peuvent servir encore à la compléter. Ainsi , dans les temples qui ont échappé à la destruction, on tro.ive d'abord des allées de sphinx , de l>éliers ou de colonnes, dont l'ensemble forme le dromos. C'est ainsi qu'en avant du temple de Karnac on voyait un dromos dallé de deux mille mètres de longueur, décoré, à gauche et à droite, d'une rangée commençant par des sphinx et se terminant par des béliers. Le nombre total des sphinx, pour ies deux cotés, était de douze cents, six cents de cliaque coté, et celui des béliers de cent seize. Toutes ces statues sont monolithes. Quelquefois, en avant du pronaos, il y a de petits temples consacrés à des divinités inférieures , aux dieux typhoniens. Devant la masse principale de l'édifice , il s'élève souvent deux obélisques, comme piliers commémoratii's de la consécration.
Les constructions principales commencent par un pylône (les propylées de Strabon), double massif en forme de tour pyramidale, avec une porte au milieu. Ces pylônes pouvaient servir soit de fortification , soit d'observatoire. Ils conduisaient dans le pronaos, salle à colonnes environnée de murs, qui recevait la lumière par de petites fenêtres pratiquées dans l'entablement ou dans le toit. Au pronaos se trouvaient attenants le naos, la cella du temple, dépourvue de colonnes, basse, environnée souvent de plusieurs murs et souvent divisée en plusieurs chambres ou cryptes, dans lesquelles on remarque des p iiers monoHthes , dest.nés à suppo; ter les idoles, et des autels, également monolithes, qui ont la forme d'un cône tronqué. Ces autels ont environ quatre pieds de hauteur; ils soiît très-évasés à leur partie su{)érieure. lis sont creusés en entonnoirs, cl un canal les traverse dans toute leur longueur. {Voi/. Autel.) Ils sont d'ailleurs couvertsd'inscripti ns hiérogl.ypjjiques.
Généra'ement les colonnes sont environnées d'un mur ; elles no sont pas placées, comme des péristyles, à l'entour du corps u'e l'édifice : si cette disposition a lieu, elles icat
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r(''imic's entre elles au moyen d'une balustrade. Les murs, bûlis cn(juarticrs de pierre, ne sont verticaux (|u'à l'inlùrieur ; ils fcr- Hient le talus à l'extérieur, de sorte que leur base accjuiert une très-grande largeur.
Les colonnes sont monolithes ou formées de plusieurs tambours. (On appelle tambour chacun des cylindres de pierre dont se composent les colonnes faites de pièces ra|>|)orlées.) Elles sont fort courtes : leur hauteur n'a que trois ou quatre fois la longueur de leur diamètre. Elles sont lisses quelquefois, et le plus souvent chargées de caractères hi''rogly|)hiques. A l'intérieur des édifices, elles sont si ra|)prochées que les salles semblent être soutenues par une forêt de piliers. Oiiant aux chapiteaux, ils ont la forme d'un calice orné de feuilles de diverses espèces de plantes, comme le palmier, le lotus, avec des tailloirs d'une forme singulière. (Foy. Tailloir.) Il y a dos chai iteaux orni's de tètes d'Isis à Denderah. Enfin, il y a des colonnes sans chapiteaux, ou simplement surmontées d'un bloc de pierre cubique. Nous devons citer encore certains piliers contre lesquels des statues sont adoss.'es. De grandes pierres , posées sur les tailloirs, vont d'une colonne a l'autre. {Voy. Pyuamides, Hypogées, Obélisques, Hiéroglyi'iies.)
Nous terminerons cette courte notice sur les caractères de l'arcliitecture sacrée des Egyptiens, en disant quelcjucs mots sur les caractères de la sculpture et de la peinture chez le môme peuple. Le caractère général des figures égyptiennes est la gravité, la roideur et rimmobililé. Les artistes faisaient des portraits rigoureusement exacts, mais ne poursuivaient le type d'aucune beauté idéale. Les statues en pierre étaient ordinairement destinées à être adossées. Les figures assises se distinguent par la régularité de leur pose et leur immobilité com })lète. I es figures représentées debout marchent d'un pas roide et mesuré. L'exécution de ces divers ouvrages est plus ou moins parfaite, suivant la période artistique à laquelle i's ai>partienneni. Winckelmann reconnaît plusieurs périodes : l'une qui comprend tous les monuments élevés depuis les temps les jilus reculés de l'histoire jusqu'à Cambyse ; l'autre s'étend dejjuis le règne de ce prince jusqu'à l'arrivée des artistes grecs en Egypte. Quoi qu'il en soit, une figure égyptienne, quelle que soit l'épo [uc à ja([uelle elle ait été exécutée, [irésenle, dans sa physionomie, un cachet toujours original qui empêchera i}u'on la confonde avec les statues d'un autre peuple. Les Grecs ont perfectionné la partie plastique ; mais les types sont restés ce qu'ils étaient plus anciennement. D'après l'auteui- que nous venons de citer, Winckelmann, le caractère gs-néral de la statuaire égy|ilienne consiste dans la circonscription de la figure par des lignes droites et peu saillantes; les pieds sont sur le uièuie plan, ou l'un avance devant l'autre. Los os et les muscles sont faiblement iijdif}ués ; les tenduns et les velues ne le sont pas du tout.
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Les yeux swit à fleur de tète. L'os f!e la pommette est toujours fortement accusé et les (M-rilles sont placées très-haut. Le menton est petit, les pieds sont i»lats, et les orteils sans articulations. Les i)ras sont fort longs ; la poitrine est large ; les genoux et les coudes sont très-accentués. On voit (pin les sculpteurs s'attachaient plus h rendre les masses que les détails. Les Egyptiens ont excellé surtout dans la représentation des animaux. Aucun peuple n'a rien jToduil do plus remaniuable en ce genre. Sous le rapjiort de la statuaire, tout le monde sait qu'ils ont exécuté les plus grands monuments connus. Ils nous ont laissé, en cflet, des colosses qui ont i)his de soixante pieds de hauteur et qui sont travaillés avec autant de soin que la plus élégante figurine. Ils so sont servis avec succès du bois, du bronze, de l'or, de l'argent et de la terre cuite. Enfin, la sculpture en creux a été traitée par eux avec une rare précision, surtout dans les innombrables hiérogly{)hes qui couvrent tous leurs monuments à l'intérieur comme à l'extérieur.
De même que Memnon passe pour avoir, le premier, enseigné l'art de sculpter, do môme Philoclès est regardé comme linventeiir de la peinture. {Diod. de SiciL, lib. i ; Plineylib. xxxv. caj9.3.)Une chose certaine, c'«st que les Egyptiens ont pratiqué ce dernier art dès les temps les plus reculés, ainsi qu'on le voit dans les temples, dans les tombeaux, sur les momies et les papyrus. Ils n'employèrent que six couleurs : le blanc, lo bleu, le^noir, le rouge, le jaune et le vert. Ils les étendaient les unes à côté des autres sans les méSanger, sur un fond préparé h l'avance; et ces couleurs se sont conservées intact'S jusqu'à présent. Ces couleurs étaient à base métallique : nous dirons môme qcje io bleu de cobalt, qui est une invention moderne, a été très-souvent em; l:)yé par les Egyptiens. On retrouve dans leur peinture le même style que dans leur sculpture, seulement, toutes les figures sont de profil ; les ariistes ignoraient à peu près la science du jeu de l'ombre et de la lumière, ainsi que de la perspective. On trouve dans une foule de monumen s de grands tableaux rej^résentar.t des scènes religieuses ou funéraires, et des sujets empruntés à la vie domestiqu{\ civde et militaire de ce peuple. Norden a observé dans la haute Egypte des colonnes qui ont trente-deux pieds de circonférence et qui sont couvertes de peiiit.res. Il est certain aussi que beaucoup de statues et de basreliefs étaient peints au naturel. On peut dire que dans les ouvrages de p.eiuture égyptienne, les contours sont rigoureusement indiqués, mais que le modelé est tout à fait négligé. A propos des statues de.^ dieux, nous ferons observer que l'on donnait au nu une couleur dilfércntc our chaque di\inité et en même temps une couleur qui lui était consacré(î et par là mÔme invariaide.
AivciuTLCu UE im>:en\e. — Pour quicou-
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(|iic a lu les récits des voyageurs, il n'y a ])ns (Je contrée au monde qui se présente à Tiningination entourée de plus de prestiges que l'Indoustan. Ce qui nous étonne le plus vivement, c'est que, témoins des révolutions contiimelles qui ont bouleversé les peuples de l'antiquité, nous voyions une nation trèsptvpuleuse, couvrant une immense étendue de' terrain, conserver ses mêmes institutions religieuses et politiques durant plusieurs milliers d'années. Pendant ce long es[tace de temps, cette nation, dirigée i)ar .me force qu'elle a entièrement perdue de- ] uis longtemps, entreprend et exécute d'immenses travaux qui ont traversé les siècles jusqu'à nous et qui semblent destinés à durer autant que le monde.
Nous ne saurions donner une idée plus juste et plus convenal)le des caractères généraux de l'architecture indienne qu'en offrant au lecteur un passage de William de Schlegel, un des savants les plus versés dans la connaissance de l'Inde :
a Les voyageurs européens n'ont visité avant le xvili' siècle qu'un petit nombre de temples et d'éditices de l'Inde ancienne, situés sur des îles, telles que celles de l'Eléphant et de Salsette, ou sur des côtes comme a Mahavalipuram. La plupart des monuments de l'Inde ne nous sont connus que depuis à peu près une cinquantaine d'années. Nous ne les connaissons certainement pas tous, mais nous connaissons les {ilus remarquables et les plus importants. L'antiquité a laissé dans l'Inde les monuments les plus merveilleux. Des montagnes ont été creusées et évidées ; elles ont été converties en temples, dans lesquels on trouve des colonnes massives de dmiensions gigantesques et d'un ."^eul morceau avec leur entablement; on y voit une grande quantité de salles et de galeries sorties et taillées dans le roc vif. Ces excavations se répètent de la même manière à plusieurs étages superposés les uns sur les autres. L'antiquité a converti en monolithes des quartiers de roches isolés et d'un seul morceau avec le sol sur lequel ils reposent : quelquefois ils semblent être supj ortés par des éléphants qui leur servent de base, et qui sont de grandeur colossale. Dans les salles de ces temples, il y a des parois tai'lées perpendiculairement et sur lesquelles est représenté en relief un monde de figures de dieux, d'jjommes, de démons et d'animaux. Nous avons des descriptions nombreuses et assez exactes de ces merveilles indiennes, parmi lesquelles les temples souterrains d'Elora semblent être les plus remarquables par leur dimension et leur style ; quelques-unes ont été reproduites par la gravure. Le grand ouvrage anglais de Daniell est assez connu ; d'autres voyageurs ont fourni des descriptions partielles sur diverses localités. Il faut l'avouer cej)endant, tous ces beaux travaux sur l'art indien sont loin de satisfaire un connaisseur en architecture, et particulièrement celui qui recueille des matériaux pour en comiioser l'histoire. Les artistes anglais ont
nialhourcusoment et surtout eii en vue l'effet pittoresque ; ils ont fourni un aliment actif à rima-iination de l'observateur, qui se sent plutôt et plus fortement ému à l'aspect de ruines couvertes et cachées par des plantes rampantes et des végétations extraordinaires, que par les monuments reproduits dans leur état complet et dans leur magniticence architecturale, affranchie de tout ce qui lui est étranger. Afin de pouvoir porter un jugement d'artiste, sain et clair, sur des monuments, autant que le permettent leurs ruines, il faut en avoir des restaurations intelligentes et exactes ; il faut en avoir des plans et des coupes cotées, des façades extérieures, des détails en plan, coupe et élévation. L'excellent ouvrage de llaffles sur Java fait exception ici parmi les ouvrages publiés sur l'Inde. Il est plus facile, à la vérité, de prendre, en courant, des vues pittoresques que d'étudier avec science et avec art des ruines d'une grande étendue; et, pour exécuter des travaux de cette nature, il faut un concours de moyens que de simples particuliers sont rcirement à mémo de réunir. Les temples profanés, et par conséquent abandonnés, du [leuple indien, sont pour la plupart situés dans des contrées éloignées et désertes, dans lesquelles on ne pénètre qu'avec des escortes militaires; ensuite on est obligé de déblayer les décombres qui couvrent quelquefois le sol jusqu'à la moitié de la hauteur des monuments, et enfin il est dangereux de pénétrer dans l'intérieur des souterrains, à cause des animaux féroces et des reptiles qui y ont établi leur demeure.
« Si l'architecte n'est qu'imparfaitement satisfait des documents pittoresques qu'on lui a livrés sur les monuments ruines de rinde, le sculpteur le sera moins encore, quoique son art ait orné d'une manière si riche l'intérieur et l'extérieur des temples de ce pays. On en a bien des gravures et des lithographies ; mais les originaux étaient pour la plupart des croquis légers et sans caiactère, qui trahissent par leur difformité et leur peu d'exactitude, l'inhabileté de la main du dessinateur. Parmi les principales reproductions de ces ouvrages, les moins mal dessinées sont celles que le colonel Tod a ajoutées aux mémoires publiés par la société asiatique de Londres. Les sculj)teurs indiens ont "traité le bas-relief austi bien que la ronde-bosse et la statuaire, et ils ont compiis toutes les exigences de ces divers styles. J'ai vu des groupes dans lesquels l'action passionnée est reproduite d'une manière naïve et admirable : le contour des figures d'enfants, de femmes, et en général de toutes les figures à formes puissantes est digne d'éloges. Mais le dé!aut ordinaire des artistes indiens est d'exagérer ce que les idées nationales ont établi comme le beau ; ils se sont écartés de la nature sans atteindre le beau idéal. Ils ont aussi surchargé leurs idoles d'ornements et de jtarures ; mais cette faute contie le bon goût a été générale paitout où l'art lui-môme a été
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sous la tufollo des castes liii'ratujtios ou snconlotales. Ce n'est que Wxcn tard que l'arf, devenu indépendant clicz les drecs, s'est aiïr.mchi de cette enveiO[>pe raidc, et qu'il a laissé de côté ces accessoires disgiacieux.
« Les temples dont les ru 'nés existent encore à présent, étaient consacrés au culte de Brahnia et en partie à celui de Bouddha. Le style et l'arcliilecluie de ces derniers se dislinj^uent essentiellement des [)remiers. Parmi le petit nombre d'archéologues criliques qui se sont voués îi l'étude de l'art indien, Krskine a dévelopi é dans un mémoiri^ spécial et d'une manière claire et précise, les caractères distinctifs des temi)les de lîonddha. Nous appelons sur ce mémoire une attention toute particulière, parce qu'il existe une catégorie nombreuse d'auteurs anglais, (ju'on f)Ourrait appeler les visionnaires de Bouddha ; ils aimeraient volontiers voir, dans tous les monuments indiens, dfs souterrains consacrés à Bouddha, et dans chaque ligure assise et les jambes croisées, l'image de cette divinité. Ce qui a établi celte opinion, c'est que le Bouddhisme doit eire la |)lus ancienne des deux religions, et que le Brahmisme n'a envahi le monde indien que beaucoup plus tard. C'est à peu près comme si l'on prétendait que les croyants de la loi de Moïse sont une secte de Àlahométansqui ont déserté l'islamisme.» (De l'accroissement et de Vélat actuel de nos connaissances sur l'Inde, 1831. Berlin.)
11 est très-remarquable qu'en général les sanctuaires indiens, dont la série commence dans la partie la i)lus septentrionale de l'Inde et môme d'en deçà de l'indus, à Bami>an, et qui s'étend jusque sur les lies les plus méridionales, c'est-à-dire, dans une distance de 3,i30 myiiamètres ou 800 lieues, soient presque tous consacrés à la môme religion, et que leurs scul|)tures rcj)résentent toutes des sujets d'une seule et même mythologie; ils doivent leur existence uniquement à la religion. Le sublime et profond génie architectural qui règne dans ces monuments, montre que ces nations n'exécutaient pas en esclaves les travaux qu'on leur commandait, et que mlacontr;iinte,ni la violence, n'étaient les mobiles de leur activité matérielle, mais bien l'inspiration religieuse qui les poussait à élever la suite de monuments grandioses et merveilleux que nous allons lAclier de décrire : car la conception de cpielques grottes colossales et tle (pn^hpies temples est surpassée parleur exéculi(»n iine et intelligente, àh'ufuelle vient sejoindi-e la richesse inlinie et si variée de la sculpture, il serait diflicile et téméraia-e même de les mettre en narallèle avec les pyramides et les tem; les de 'a célèbre Thèbes ég\ptienne, |)arce ([ue les Grecs seuls ont su, dans ranti([uité, rivaliser avec les Indiens en fait de goût et d'élégance.
On est convenu de ranger les monuments d'architecture de l'Inde en trois catégories :
1" Ceux (pii si;nt (aillés dans le roc, sous lori'j, un lenq)!ei îuulcnain^ ;
2* Ceux qui sont élevés au-dessus de terre et construits avec d'énormiîs blocs de rochers, dans les(fuels il se trouve cependant des pièc(,'s souterraines ;
3" iùilin, ceux (jui s'élèvent libreD.tnt audessus du sol.
Nous iu( poursuivrons pas davantage ces notions sur l'architecture indieinie. Nous linirons en donnant en abrégé la description du célèbre tempU; d'Klora.
Vers le centre de la prescpi'ile de l'Inde, le Del' an, à peu de distance au nord-ouest de Daulatabad, dans la |>rovince d'Auruugaba<l, se trouvent les célèbres et merveilleux temples souterrains d'Elora, dont lorigini; est tout à fait inconnue. (The Wonders of lîlora, by John B. Secly. ) Ces temples sotit sous tous les rapiorts les plus remarquables et les plus imposants de l'Inde. Tout ce que l'intelligence et le ccfiur peuvent imaginer de grand et de beau, noblesse et élévation de conception, élégance dans le dessin, perfection accomplie dans l'exécution, so trouvent réunis dans ce groupe de sanctuaires. Les monuments d'Elora ne sont point élevés au-dessus du sol, ils sont creusés sous terre j»ar la main de l'homme et dans une ceinture de montagnes de granit rouge qui s'étend en forme de fer à cheval dans un espace de plus d'une heure de marche. Ils sont composés de plusieurs étages les uns sur les autres, de giwttes, de temples, d'habitations plus ou moins grandes, plus ou moins colossales, creusés dans le roc avec une patience et un travail aue rien ne peut décrire, et ornés avec une profusion de sculptures de toute espèce et sans exemple. Ces ouvrages ne peuvent avoir été produits que par des milliers d'artistes et d'ouvriers, ne peuvent être l'œuvre que d'un peuple tout entier de tailleurs de pierre et de sculpteurs, qui travailla pendant un grand nombre de siècles. C'est ce que |)rouvent surtout rim;;erfection dans l'exécution de certaines parties de ces temples et la perfection dans d'autres parties des mômes monuments. On y aperçoit la naissance, l'enfance, le i)rogrès et la maturité de l'art dans toutes ses évolutions. L'histoire ne nonuue point répot|ue, ni le peu{)le, ni le nom du tondateur ou des princes, pas même de la tribu sacerdotale ([ui a exécuté ces œuvres gigantestjues ; la tradition est muette comme la solitude sauvage et terrible dans laquelle on découvr-; les uns après les autres ces temples merveilleux. C'est encore auprès tlElora que so trouve la montagne Devagiri, c'est-à-dire la mont.igne des dieux, ([ui est un véritable panthéon nidien : Shiva seul y a vingt tem- ])les dillV'rents, (lit-(ui. Il (\>^t impossible de donner une d( seriplion détaillée de touti'S ces grottes, de tous ces inmienses souterrains qui sont placés par étag(;s les uns audessus des autres, et soutenus [wr des rangées de millieis de colonnes et de pilier-^, de leurs escaliers, tie leurs galeries, de ieuis cours, de leurs ponis taillés avec le cise u dans le graint vd", et de leurs ornements variés et mullipliés à rinliiii. Terminons en
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traduisant lilt(?ra1eraciil un passngc du c:ipitaine Socly sur les temples d'i-lura : « Pour élever le Panlhéou, le Parlhi'nou d'Athôncs, Saiiit-Picrre de Koiue, notre Saint-Paul ou ral.bave de Fonlliill, il en coûte de la science ou du travail : nous concevons coiuuient cela fut exécuté, poursuivi et achevé ; mais ce ([ue l'on ne pe^it simaginer, c'est qu'inie réunion d honnnos aussi nomltreuK et aussi i-!ifatiga!)les qu'on voudra se les li;i;!U'er, et munis de tous les moyens nécessaires à la réalisation de letu- coiiception, s'attaquent à un rOL-her naturel, haut de cent pieds dans {{uelques pa.'ties, le creusent, l'évident lentement avec le ciseau et îroduisent un tenil)!e tel que celui que j'ai impartit 'ment décrit, avec toutes ses galeries, véritable Panthéon, accompagné de sa vaste cour, de son nombre intini dcsculptureset d'ornements.... Non, cette œuvre est inimaginable, et l'esprit se perd dans la surprise et l'admiration. » {Secly, IVonders, pa(j. 207.)
Architecture chixoisk. S'il faut en croire Ji ce sujet le récit des historiens, les Chinois auraient une civilisation qui remonte à l'antiquité la plus reculée. Leurs monuments pourraient être comparés à ceux de l'Egypte, de l'Inde et de l'Assyrie. Les Chinois, fidèles aux habitudes des peuples primitifs, auraient conservé durant de longs siècles les traditions architecturales de leurs ancélres, sans leur faire subir de modifications importantes, et surtout sans y introduire d'é émenls étrangers.
Les historiens chinois, auxquels nousn'accordois pa^ grande conliance, nous disent que ce l'ut l'empereur Fuu-lii qui leur enseigna Tart de raiciiiteclure , environ yiGjj ans avant Jésus-Chriît. Maiheureusemenl le récit des Ch nuis ne s'api)uie pas sur les faits» et aujourd'hui, au rapport des voyageurs, il serait impossible de retrouver en Chine que que monument remontant à une iiaute anli(piité, et cela pour deux raisons : îajremièie, c'est que les principaux édifices étaient const.uits en bois et qu'ils n'ont pu échai>per à l'action destructive des siècles ; la seconde, c'est que remi)ereur Tsin-Chi- Hoang-Ti, 2V0 ans avant l'ère clirétienne, ht démolir tous les édifices importants, pour qu'il ne restât rien (pii témoignât de la grandeur et de la puissance de ses prédécesseurs. Saufquelq .es temples et quelques tQmbeaux creusés dans les montagnes, il n'y a en Chine aucun monument qu'on [)uisse faire remonter à une très-haute antiquité.
Las Chinois semblent avoir •)ris une tente pour type de leurs constructions monumentales. M. Ho[)e, dans son liisturc de r<ircl!ite.;t .re, traduite de l'anglais p:ir M. îîaron, a très-bien exprimé celle pensée : « Ces nombreux piliers de ;;ois, s.ms bases et sans chapiteaux, qui sa[iporîent le plafond des édifices, repiésentent les pieux [rimitifs; les toits, qui, de ces piliers, semblent projeter au loin leur dos et leur côtes, en conservant la forme couvexc,sont les peaux et les
étu(T;'S pliantes étendues sur les cordes el sur les bambous; dans les jiointes recourbées qui frangent ces toits, nous voyons les crochets qui retena ent les peaux déployées; enfin dans l'étendue, le peu de hauteur et l'agglomération des dill'érentes parties, nous reconnaissons toutes les formes et le caractère distinctif des habitations de ces pasteurs dont les Chinois sont descendus. Les maisons chinoises semblent attachées à des pieux qui, plantés en terre, auraient fini par y prendre racine et par s'immobiliser.
« Les palais ressemblent à un certain nombre de tentes réunies; les pagodes elles-mêmes, les tours les plus élevées ne sont rien autre chose que des tentes amoncelées, empilées, pour ainsi dire, l'une sur l'autre au lieu d'être placées côte k côte ; toute agglomération de maisons depuis le plus petit village jusqu'à la résidence impériale, jusqu'à Pékin, ne présente dans sa distribution que l'image d'un camp ; et quand lord Macarthey, après avoir traversé tout l'empire de la Chine dans sa plus grande étendue, de Canton à la grande muraille, fut arrivé aux confins de li Tartarie et reçu par l'empereur dans une véritable tente, à peine put-il apercevoir une ditférence entre cette dernière et les milliers d'édifices qu'il avait vus. »
Dans les relations des missionnaires, il est fait mention fréquemment de la grande Muraille. C'est d'ailleurs une des constructions les plus surprenantes que les hommes aient jamais exécutées. Quoique la description de celte muraillw n'ait aucun rapport avec l'archéologie sacrée proprement dite, nous en dirons cependant c{uelques mots. La grande muraille s'étend sur une longueur de cinq h six cents lieues. P.usieurs prnces, à ce qu'il parait, ont fait travaillera sa const.ucton; mais c'est Tsin-Hoang-Ti qui a fait la majeure i)artie de ce mur. 11 employa cinq ou six millions d'hommes pour mener à sa fin ce gigantesque ouvrage. Les fondations de la muraille sont en grosses pierres de taille; le reste est en briques avec un revêtement de pierres si bien jointes, si bien appareillées, que l'ouvrier qui ne disposait pas ses matériaux de manière à ce qu'on ne pût y faire pénétrer un clou, payait de sa vie son inhabileté. Dans les endroits d'un accès facile, on a établi deux ou trois remparts les uns au-dessus des autres. Ce mur est crénelé et flanqué de tours de loin en loin. 11 s'élève sur les montagnes, descend dans les vallées, traverse les fleuves. Il a vingt à vingtcinq pieds d'élévation. Quant à son épaisseur, elle est telle, que six cavaliers peuvent marc'ier de front sur le terrassement. Dans certaines circonstances, il a été garni déplus d'un million de soldats. M. Barrow a calculé qu'avec les matériaux de cette muraille on pouvait en construire une autre qui aurait fait deux fois le tour du globe et ciui aurait eu six pieds de hauteur et deux d'épaisseur. La grande muraille, dit-on, a toujours été tenue dans un parfait état de conservation.
Les édifices chinois sont plus remarquables
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