‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 62 sur 195 · JO · texte numérisé non relu

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par leurs propoi lions lùifèros ot svoltcs, ieiir aspect p-acieux, que p.ir le grandiose de Ifurs dimensions. Ils tendent toujours vers la forme pyramidale. Ils se composent pour la i)lupart de plusieurs étapes de toits, dont les an^'es sont relevés et ornés de clociies ou de figures fantastupies. Us ont des colonnes de bois, qui ai)piiient sur une base de pierre. Leur extrémité supérieure, au lieu d'avoir un chapiteau, est tiviversée |»ar des poutres. Les murs sont revêtus de briques séchées ou cuites et vernissées . Les tuiles des toits sont demi -cylindriques. Quant à l'appareil dont les Chinois se servent, cV'St à proprement parler l'empleclon des Grecs. Ils n'emploient (pie des matériaux de p, tit ' dimension. En général tous les édifices 5ont peints et produisent un etlet agréable.

Les temples sont fort petits et se composent d'une seule chambre (pi'ona[)pelle ting. Ils >ont environnés d'une galerie etquelquofois précédés de cours. Un des édiUces religieux les plus remar([uables est celui de Ho-Nang, à Canton. Voici comment il est d stribué : il otl'i e une enceinte quadrangulaire; on trouve d'abord une cour plantée de trois rangées d'arbres qui conduisent à un vestibule où l'on arrive par des escaliers. De l^on [)énètre dans un second vestibule décoré de quatre statues colossales assises. Ce vestibule ouvre dans une cour environnée de colonnades et de corjis de logis pour les bonzes ; puis on voit quatre [lavillons placés sur des socles : ce sont de f)etits temples remplis d'idoles. Aux quatre coins de la cour se dressent ciuatre autres [)avillons qui sont habités par les supérieurs des boiues. Un autre bâtiment, divisé en quatre salles, renferme encore plusieurs idoles. Enfui, sur les grands côtés de l'enceinte, à droite et à gauche, se voient deux petiti-s cours oii sont des constructions s rvant de cuisines, de réfectoires et d'hospice. Les pavillons sont décorés de colonnes en bois, munies di; bases en marbre. Les toits sont couverts de tuiles en grosse porcelaine, peinte en vert et vernissée.

« Tout style d'architecture, dit M. Hope, aj)i)artenant à une race particulière, commence j)ar être conforme aux nécessités locales et aux i)roduits des régions et des climats dont cette race tire son origine ; en sorte que si nous découvrons dans quehpie pays une méthode comiilétemcnt originale et radicalement diderentc de celle ([ue nous venons de décrire, nous pouvons être certains (jue celte spécialité a pris sa source, à une é, Oipie ipiclconque, dans un climat, dans une localité, dans un ensemble de matériaux, dans un syslème de m<eui's cl d'!:abitudes également originaux (!t radicalement étrangers aux nations dont nous avons [)arlé jusqu'ici.

« La civilisation chinoise doit avoir été jiiécédée , comme celle de tous les peui)h'S, d'un étal [>i'imitivemenl rude et grossier. La uillVreuce i[ui existe entre les Chinois et les autres peu[)ic3 dans les formes, les iustitu-

tioiis, les ails et .es sciences, jirouvc que cett(î civilisation a été le |)ioduit d'une force intime et nalionale,et non k'simjjle résultat de l'iiuilation; mais comment a-t-elle atteint ce haut degré de railinement auquel elle paraît être parvenue ".'Comment ensuite, sans avoir été anéantie, éloulfée ou ramenée h ses premiers éléments par la coïKjuètc étrangère ou par(iue]qiie révolution violente, sans aucune autre cause en rapport avecl'elfet produit et a^sez appréciable pour avoir attiré ratt(;ntion de l'histoire, a-t-clle été par faction de ipielque puissance invisible et mystérieuse comme frai)pée de |)aralysie? (Comment a-l-eile éprouvé celte chute soudaine mais comi)lèt'.' au milieu de son premier élan ? Co. muent, une fois arrêtée dans sa course , est-elle restée stationnaire pendant toute la durée dos siècles? Voilii, ce semble, un des i roblèmes hislori(iues les l)lus ditiic.les à résoudre. Peut-être faut-il en chercher la solution dans l'absence de toute voie convenable [iour la communication des idées ; car la langue écrite des Chinois, véritable dédale, ne p-eut remplir sa destination : restée jusqu'à présent à l'état symbolique, elle dirige tout ' la capacité de l'intelligence , non vers l'étude des ciioses, mais uniquement vers celle de leurs signes représentatifs ; elle la condamne par là même à un travail ardu et stéril ■ qii, loin de favoriser les développements intellectuels, arrête toute fécondité. Cette explication, bien qu'on ne puisse encore fajipuycr de tout' s les preuves désirables, est cependant uuo des })lus satisfaisantes.

« (Jnoi qu'il en soit, l'architecture a éprouva en Chine le sort de tous h s autres arts. L« si , le chinois atteignit, [leut-être dès sa naissance , un haut degré de rafiincnjent ; il s'vst répandu dans les plus vasfs régions, parmi les j opulations les plus nombreuses elles plus pressées; non-seulement il a occupé le plus grand espace , il a eu aussi la plus longue existence, i'Uisque, né iei>romier, ])arvenu le premier à la [leri'ection, ilsubsisl ; encore et, toujours lloiissaut, se reproduit sans cesse dans de nouvear.x édilices ; nia'.s s'il ]!araîl doué de la ténacité de la vie du lichen et de la mousse, il semble aussi condajnné à cette impuissance de s'élever, qui est le caractère des pla. tes rampantes. Les r. volutions qui détruisent les plus noijies édilices, comme de plus hautus végétations, ne l'ont i)as tué; mais on ne l'a jamais vu prendre des dévelop{)ements nouveaux, plus brillants, [dus majestueux, des formes diilerentes, en in mot, de celles (ju'il présentait il y a deux mille ans. » [Uaiw, Uial- de ioichUcclure, pag. 2o et saiv.)

Ar.ciiiTFXTL'RE MEXICAINE. Lcs aiitiquaires ont souvc.t décrit les ri-.incs gigantesques de Palenque, ville antique, entièreme:.t tombée en ruines , abandonnée conmi'j Meuiphis, Thèb.'S et Palmyre, por ■ dues au milieu des sables <'t des ilés rts de l'Kgvplo'uu do l'Abie .Miucui'o. Le McxitiUJ

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d'ailleurs somhle avoir élo lo prciuier pays civilisa on Amérique, et les monumenls do cette ancienne civilisation sont nombreux et remarquables. Ce qui mérite d'Otre noté, c'est (pie les monuments mexicains ont une analogie frappante avec ceux des plus anciens peuples de l'Asie. Les constructions mexicaines sont eu outre fort cuiieuses pour l'archéologue è un double point de vue : elles sont de divers genres et de dilférentes époques. Ce sont principalement des tertres funéraires, des temples ou théocalis, des sépulcres souterrains, taillés dans le roc, des constructions exécutées de la même manière que les murs cyclopéens de la grande Grèce, et formant des ponts et des atjueclucs, entin des forteresses. Dans leurs édilices, les populations primitives du Mexique ont su allier souvent la sinij licite des lignes à la variété et à la richesse de la décoration. Comme les peuples de l'Asie, ils ont bâti leurs monuments en talus, suivant la forme pyramidale. On a dit que cette forme rappelait la tour de Babel et attestait des souvenirs du déluge : cette opinion n^' l)arait pas invraisemblable.

On a publié un volumineux ouvrage sur les antiquités de Palenque. Nous renvoyons à ce beau travail , oii s.int mentionnées les découvertes les plus curieuses et les observations les plus intéressantes, les personnes qui voudront étudier les antiquités mexicaines. Ce qui est fort remarquable , c'est que les monuments religieux abondent au Mexique, comme dans tous les pays habités dès la plus haute antiquité par des pop lations primitives. Les temples sont constamment bâtis sur le même plan. Ce sont des pyramides à plusieurs assises, dont les côtés suivent exactement la direction du méridien et du parallèle du lieu. Elles s'élèvent au milieu d'une vaste enceinte carrée et entourée d'un mur, enceinte que l'on peut exactement comp-rer à celle des temp es grecs et qui renfermait des jardins, des fontaines, les habitations des prêtres et un arsenal. Un grand escalier avec ou sans rampe conduisait au sommet de la pyramide. Celleci, dans les ihéocalis les plus anciens , était tronquée et surmontée d une chapelle contenant des idoles d'une taille gigantesque. D:ins certains théocalis, qui paraissent plus récents , la plate-forme de la cliapelle supjiort it les images des dieux et l'autel du sacrifice. C'est là (jue les prêtres entretenaient le feu sacré. Les théocalis servaient encore ù un autre usage. A l'intérieur on y pratiquait des chambres st'pulcrales dans lesauelles on enferviait la dépouille mortelle des rois et des iirinces.

Il paraît que l'art mexicain , comme l'art égyptien et l'art indien , était éminemment traditionnel. Peu de temps avant la conquête de l'Amérique par les Européens, les Mexicains bâtissaient exactement de la même m.uiière que leurs ancêtres. Ce fait empêche de déterminer exactement i'^^ge des monumenis mexicains; mais il est certain que ilusivurs monuments rcmouti.'Ut' à des

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tem})s fort reculés, ainsi qu'on on peut juger par l'état présent des ruines et par la vétusté des arbres séculaires cjui ont poussé au milieu des débris.

Architecture MODERNE. Pour se faire une juste idée de l'archiLecturc moderne , il faut se rappeler ce qui concerne la renaissance de l'architecture ancienne ( Voij. Uenaissance). On confond quelquefois le style de la Renaissance avec le style moderne ; et il nous est arrivé d'entendre dire que les monuments d'architecture élevés sous Louis XIV avaient été inspirés par la Renaissance. Ces deux périodes do l'art de b;Uir sont faciles à distinguer, et on les reconnaît à des caractères bien tranchés. La Renaissance a imi)rimé sur ses œuvres un cachet d'élégance , de distinction et de bon goût quel'on observe rarement dans les œuvres modernes.

Nous n'avons d'ailleurs à apprécier ici l'architecture moderne que sous un seul point de vue, celui de son application à la construction des monuments religieux. Quoique nous regrettions vivement que l'art ogival n'ait jamais pénétré en Italie, à Rome en particulier, nous n'en sommes ])as moins disposés à louer et à admirer les belles œuvres dues à l'art moderne. La renaissance italienne no ressemble guère à la renaissance française. Il en est de même de l'architecturo'moderno : le style français est bien loin d'être le même que le style italien. Les écrivains superficiels qui les confondent n'aperçoivent pas les nombreux et frappants traits de dissemblance qui existent entre eux.

L'architecture moderne a élevé à Paris plusieurs édifices religieux fort remarquables. Nous les indiquerons seulement ; on en trouve la description dans une foule d'ouvrages fort répandus. Les principaux de ces édifices sont l'église Saint-Sul[)ico , l'église et le dôme du Val-de-Gràce , l'église et le dôme des Invalides , l'église do Saint- Roch, etc. Ajoutons-y la cathédrale de Versailles, la chapelle du chuteau de Versailles, la cathédrale de Nancv et celle de Blois.

ARCHITRAVE. — Selon l'étymologie du mot, l'architrave (architrabes) est la principale poutre qui porte horizontalement sur les chapiteaux des colonnes , et qui fait la preuiière des trois parties de l'entablement. L'architrave se trouve par conséquent entre le chapiteau et la frise. Elle sert à lier ensemble les colonnes. Les anciens faisaient leurs architraves avec des monolithes qui s'étendaient depuis le centre d'une colonne jusqu'au centre de l'autre colonne. Ce système de construction offre une grande solidité, et c'est à cette raison qu'il faut attribuer l'emploi qu'en ont fait communément les anciens. On trouve , au rapport de Millin, quelques architraves antiques appareillées qui montrent que les architectes anciens n'ignoraient pas la Cuupc des pierres dont se servent habituellement les modernes. Le peu de résistance de la pluiart de

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nos matériaux, leur dimension médiocre, le manque de marbre , ont conduit nos constructeurs d'aujourd'hui h se servir ordinaircuKmt de pierres cunéiformes ou de claveaux pour lairc les arciiitravcs. Ainsi établies, les arciiitraves se composent de plusieurs pierres fiui se soutiennent mulucllcment par leur coui)C, en sorte qu'elh^s 1" rment ensemble une voûte plate.

La forme tie l'architrave vai-ie suivant les dill'iTents ordres : au toscan il n'a ([u'iino bande couronnée d'un lihît ; il a deux faces au dorique et au composite , et trois à l'ioni(pie et au corinthien.

On supprime quehpiefois la frise d'un entablement, et la corniche (jui pose alors immédiatement sur l'architrave se nomme corniche architravée.

L'architrave est inusitée dans les monuments ti arcades. On n'en voit jamais dans les éditices de style romano-byzantiu ou de st.vie Oi^ival.Ce ne serait que dans les rares monuments de l'éimque romane primordiale que l'on pourrait parfois observer les vestiges des diverses parties de l'entablement antiijue, si la grossièreté de la construction n'indiquait pas communément, dans les architectes, une ignorance complète des règles de l'art de bâtir.

ARCHIVES.— I. Sous le nom d'archives, on entend également et les anciens titres, et le lieu qui les renferme ; mais l'idée la plus commune et la plus ordinaire paraît restreinte à cette dernière signilication. Ainsi s'exprime le savant bénédictin Dom de Vaines, auquel nous empruntons cet article.

Les archives, considérées sous ce dernier point de vue, ont reçu des grecs et des latins plusieurs dénominations ditférentes : les prenaiers les ont appelées «px,'-î'iv, xapzoyyXaxetov, etc, et les derniers tabalarium, chartularium^ charlarium, graphi(irium,snnctnnrium, sncrarhim, sacralarium, scri7iiurn, caméra, cimeliarcUum, armarium, nrchivwn, etc. Dans la basse latinité, ce dernier mot prit toutes sortes de formes barbares, approchantes cependant de l'étymologie ; et on le donnait également aux dépôts des chartes et aux trésor? les reliques, parce que le môme lieu renfermait les uns et les autres.

On ne saurait fixer ré|)oque des premières archives; il s'ensuit donc naturellement qu'elles sont de toute antiquité. Nous voyons au premier livre des Rois (pie les Juifs, ([iielcpie vi-nération qu'ils eussent pour l'Arche, le Tabernacle et le Temp'e, ne crurent jms [)rofaner ces sanctuaires de la divinité en y déposant les lois civiles et les pactes des citoyens. C'est également dans les temples de Délos à Delphes, de Minerve à Athènes, d'Apollon, de Vesta, du Capitoleh Rome, que les Crées et les Romains, aussi scrupuleux observateurs de leur icligion , conservaient ou consacraient, pour ain^i dire, et les traités de [)aix, et les limites des empires, et les alliances et les annales de leur république, et les sources de leurs linances, et tous les actes qui étaient re:ardés ccvmuc

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les fondements du repos, de la tranquillité et de la fortune de leurs compatriotes. Enfin, l'on [lourrait concl re, d'aprèi lîccard, (IU(! tous les ditlerents bureaux et tribunaux a[)pli(jués à l'aduiini^tralion des atlaiies de la républi(iue ou de l'empire, avaient leurs archives sé[)arées , dont le déf)ùt était dans l'un des temples de la ville.

La révolution occasionnée par César dans la république ne porta aucun changement dans cette partie de Talministration. Les empereurs roiiuiins se crurent même en droit (lavoir dans hïur pa ais des archives attachées à leur dignité, (pii fiu'ent désignées ])ar les mots sacra scrima. ( Justin., noiel. 15, cap. o, § 2. ) Pour éviter la confusion, elles furent [)artagées eu quatre espèces do grelfes, qui reideruiaient autant de sortes de titres : des mémoriaux, des épîtres, des libelles ou re(iuèles, et des dispositions ou concessions auxquelles on attacha plus spécialement le nom de diplômes. [Mafjei, Hist. diplom.)

La religion chrétienne n'altéra pas ces usages politi(iues. Cha([ue ville, ainsi que chaque communauté dans les villes, continua d'avoir dos dépôts particuliers : recueils immenses de faits de toute espèce, mais que les guerres et les incendies, et, plus que tout cela, les ravages des barbares et les injures du tera,is, ruinèrent au point qu'aucune pièce originale des quatre premiers siècles n'a été sauvée.

La France, dès le commencement de la monarchie, vit avec [)laisir nos rois s'occuper de la collection des chartes et de l'ampjiation des arcldvcs du palais, qui renfermaient les règlements des conciles, les lois des princes, des actes, tant publics que particuliers, et sous la seconde race surtout les préceptes accordés par le souverain, et les capitulaires. Les rois des deux premières races et d'une partie de la troisième avaient imité, pour le malheur de la diplomatique, les empereurs romains, c'e>t-ci-d re, qu'ils avaient deux sortes d'archives : les archives ambulantes, qui les suivaient toujours pour les lumières de leur conseil, viatoria : c'étaient les plus essentielles; et les archives permanentes, stalaria. 11 (î'tait moralement im[)0ssible que les premières n'éprouvassent |)as des suites funestes de leur instabilité. Au rapport du P. Daniel ( Hist. de France j, à l'année 1194, les papiers du roi et les registies publics furent pris par les Anglais, qui délirent notre arrière-garde. Le trésor Ues chartes actuel ne peut donc remonter avant Philippe-Auguste : encore en est-on redevabU à frère Cuérin, religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, évèque de Senlis et chancelier de ce prince, (pu forma en 1210 le premier recueil du trésor des chartes, où l'on ne trouve rien (pie depuis Louis le Jeune. (Il ne faut [)as oublier (juo Dom de Vaincs écrivait avant la révolution de 178i). )

Les archives d'Allemagne , lormées par Eguihard, selon les ordres de Charlemagne dont il était le secrétaire, essuyèrent ditlé-

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rentes révolutions, et subiront le mi>mesort que celles de France, parce qu'elles étaient également ambulantes. On assure même

3ue dans les archives impériales il reste peu 'instruments publics, non-seulement des temps antérieurs à rem!)ereur Kodolp'se , mais môme du siècle qui la suivi; et que le code des recès de l'empire ne renferme aueunc constitution plus ancienne que celle de Frédéric III, si l'on excepte la Huile d'or de Charles IV. Mais depuis que les archives de l'empire ont commencé à rcjirendre une nouvelle forme et ci être conservées avec soin, ce qui est arrivé, selon Wagemselius, à la lin du xv' et au commencement du \\i' siècle, sous .>!aximilicn 1'% et qu'il y a eu des dépnts permanents à Maycnco ]:our Farchichancelier ; à Vienne, jiour le vice-chancelier; à Spire, pour la chambre impériale, sous le nom de voûtes, il ne s'est passé aucun fait important qui n'y ait été et qui n'y soit encore inscrit et conservé.

II. Archives ecclésiastiques. L'instabilité des trésors des chartes, l'incursion des barbares, le peu de soin des archivistes publics, sont autant d'inconvénients auxquels les archives séculières ont été plus exposées que les arc ives ecclésiastiques : c'est ce qui a donné h ces dernières la supériorité sur les autres, avec la réputation et l'authenticité dont elles jouissent aujourd'imi.

Il est arrivé que , dès le commencement du christianisme, on conserva dans quelques endroits retirés des lieux saints , et hors de l'atteinte des persécuteurs , les saintes Ecritures, les Actes des martyrs, les lettres apostoliques et les épîtres respectables de ces fameux confesseurs, les Ignace, les Polycarpe, etc., etc. [Ignat., epist. ; TertulL, de Prœscript. cap. 7; Eccard, De lab. untiq., n" 10, p. 2.)

Vers le milieu du m' siècle, où les églises commencèrent à posséder des biens immeubles, elles y conservèrent également leurs titres de jouissance.

Au commencement du iv* siècle, lorsque la fureur des révolutions fut apaisée, que la croix fut exaltée jusque sur la couronne des empereurs, et que les largesses et la piété des fidèles ne furent plus gênées par la crainte, alors on agrandit cette partie de l'église ; les livres et les actes s'y multi- })]ièrent; on nomma des conservateurs en titre sous le nom de scriniarii, cariophjjluces, etc., des archivistes. Telle est l'origine des archives ecclésiastiques.

On voit que celles de l'Eglise romaine étaient déjà en réputation dès le milieu du IV* siècle, souô saint Sylvestre et so s saint Damase, et qull était même recommandé de les consulter. {Damas., epist. k, n^S; Hier on., epist. ad Bu fin. et Dialog. adv. Lucifcrian.; S. Ililarius , adv. Auxcnt., pan. 12GC.)

Un voit aussi que, vers l'an 370, les évoques des grands sièges, d'Anlioche, par exemple , eurent des notaires particuliers pour leurs églises, ainsi que Rome.

\.-x lia du V' siècle et le commencement

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du VI' virent les archives ecclésiastiques en très-grand honneur, les titres, les actes, les livres s'y mullijilièrent considérablement. (Conc. d'Agde de 590, de Iajou de 507.) On les conservait avec un si grand scrupule, qu'on mit souvent les archives sous la garde (les évéques mêmes. (1" canon du concile de Paris.) On donna aux titres qui y étaient déposés un degré d'autorité respectai)le à [leipéluité. On décerna des peines rigoureuses contre ceux qui osaient livrer les titres. On prit enfui tant de précaution contre les fraudes de toute espèce, que ces trésors, qui n'avaient renfermé, jusqu'à la fin duiv* siècle, que des papiers privés et des titres particuliers, devinrent, dès le commencement du vu" et dans les suivants, le dépôt des actes publics les plus solennels.

Les moines , dès leur origine , formèrent aussi des archives, à l'exemple des évêques, où ils déposèrent les diplômes de leur fondation, les instruments ou actes de donations, leurs privilèges , etc. Ces nouvelles archives acquirent bientôt ce degré de confiance qu'elles conservèreLt jusqu'au xiv* siècle. Les actes publics y étaient souvent déposés par prélérence : le chartricr do Saint-Denis et de plusieurs autres abbayes ou églises en est une preuve , puisque l'on y trouve des pièces du vu' siècle qui n'intéressent ni le local ni les biens qui en dé • pendent. Les monuments qui remontent au delà de six ou sejit siècles s'y trouvent presque tous renfermés , ou en sont sortis : en etfet, le célèbre marquis Maffei assure n'avoir pas trouvé dans les dépôts publics d'oliginaux antérieurs au xiii' siècle. Les actes en papier d'Egypte, aussi rares que singuliers, n'ont-ils pas été tirés des églises et des monastères ?

Nombre de circonstances et d'événements ont contribué sans doute à illustrer et amplifier les archives ecclésiastiques ; le détail suivant sufiira pour en convaincre. Un vainqueur , usant du droit de conquête , avait très-souvent , pour les archives ecclésiastiques, un certain respect qu'il ne se croyait pas obligé d'avoir i^our les archives séculières. Les princes eux-mêmes les préféraient aux leurs propres et en faisaient un cas si particulier, qu'ils allaient, selon Grégoire de Tours, jusqu'à conjurer avec larmes les prélats de permettre que ces asiles, qu'ils regardaient comme inviolables, fussent los dépositaires de leurs dernières volontés. La confiance qu'excitait l'équité des évêques ou des abbés , attirait à leur tribunal beaucoup d'afi'aires de leur diocèse et de leur canton. Los ecclésiastiques jouissaient jiresque partout du droit d'enregistrer toutes sortes d'actes et de contrats originaux : on en peut juger, pour la Fiance, par l'état des chartes de Saint-Denis ; les assertions des savants qui les ont {larcourues en font foi. l'our l'Allemagne, la Thminge sacrée et le Journal de Trévoux attestent la inéuie chose. Pour l'Angleterre, nous avons le témoignage de Reymer et celui de Hickcs, irrccùsabJc en celte partie. Ce dernier prouve

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en (îutre que les contraclaiils deinandaiont q'jel.^ucfois que cet cnro^isliomeiit se fîl sur ([uchities livres U'K^lise. Tous ces faits relèvent sans doute l'éclat des archives ecclésiastiques, et monasti(j;ies princi[)aleinent, et dcdonunagent bien les dernières du mépris de ({ueii^ues critiques modernes peu versés dans raiili(}uilé. Des monuments aussi reconiuuu:dablcs ne sont pas dans le cas de craindre Jes attaques d'une crititpie jalouse et fondée sur les motifs les plus frivoles.

Les plus anciens diplômes n'nnt pu, disent-ils, entre autres lo P. Germon, se conserver jusqu'il nous, à cau-e de leur irai^ilité, ni survivre k tant de guerres , do ravages et d'incendies. Le fait est ccitendant constant. Ce n'est pas, il c-t vrai, sans de grandes difficultés, qu'on est venu à bout d'en conserver un certain nombre ; et la rareté des diplômes q'ii nous restent à |)ri)portion de leur antiquité en est la jireu' c et répond de leur sincérité ; car il n'aurait pas été })lus difticile d'en fabriquer du vii" siècle, par ciemplc, auta.t et même plus que du x.' : cejicndant l'expéiience démontre mie juste [T'H ortion entre leur nombre et leur antiquité. Quel heureux hasard I

Si (les marbres et des bronzes intéressants n'ont pas survécu de môme à tant de siècles, c'est, ou parce qu'on en a changé l'usage, ou parce qu'on ne les a pas déposés dans les archives ecclésiastiques, ou enfin parce qu'il était [il. s aisé et plus essentiel d'emporter des papiers et des parchemins que des masses inutiles

Mais les archives ecclésiastiques, continuent-ils, sont remplies d'une quantité prodigieuse de faux titres, que les moines surtout se faisaient un métier de fabriquer. Cette imputation calomnieuse ne fut que l'elîet de la haine implacable des protestants contre l'état monaïti([ue, et surtout de l'intérêt qu'avait leur nouvelle religion à décrier les monuments antiques. Comme leur accusation était dénuée de preuves et de découvertes importantes et avérées, Dom Mabillon lesre[»oussa avec le plus grand avantage. ( Dictionn. raison, de Diplom. , par D. de Vaines, pag. 30 et suiv., tom. L)

ARCHIVOLTE. — L'archivolte, du latin arcus volulu<, arc contourné, est un bandeau composé de moulures plus ou moins nombreuses, plus ou moins riches, qui règne autour d'une arcade et qui en suit la courbure.

Dans les monuments appartenant à l'harchitecture i)rofane antiipie , l'archivolte, quand elle existe , est coiiiposée de moulures emprimtées à l'architrave. Cette forme a été parfois imitée assez imparfaitement dans les éditicos chrétiens de réiiO({ue primitive. Durant toute la période romano - byzantine , l'archivolte est généralement simjjle dans les édifices du nord de la France ; dans ceux du centre et du midi , elle est communément plus riche. D'abord ce n'est qu'un simiilo bandeau formé de claveaux ou de briques, quehjuefois de claveaux et de briques interposés ; on met alors ordinairement trois

ou quatre briques entre chaque pierre. En certaines |)rovinces , les claveaux fonuent une décoration polychrome. L'archivolte se mar jue qu 'hpiefo s par un simjiîe tore, ou bien elle est vaguement indiijuée par un appareil réticulaire q;ii en occ pe la jilaee. On trouve encore des archivoltes au xi* sièch», consistant en une rangée a(^ billettes. Mais h |)ai-tir surtout du commencement du x!i* siècle, les archivoltes furent ornées ave • recherche : cette partie de la décoration des monuments lit de rajiides progrès, et, dai.s certains édiilces du xii' siècle, on y voit déployé un luxe extraordinaire d'oi-nementation. C'est à cette époque (|ue l'archivolte passe du bandeau à une étrange complication de tores, de cavets, de scoties, de tilets, de parties lisses , sans proportions bien fixes, que l'art du sculpteur ou plutôt du tailleur de pierres revêt de tous les ornements géométriques alors en usage. On rencontre même de belles archivoltes chargées d'arabesques dessinées et exécutées avec beaucoup de goût. Mais les motifs de décoration que l'on observe le plus souvent, i)arfois em, loyésjusqu kla profusion, sont les tores rompus ou zigzags, les frett^s, les méandres, les rinceaux, les torsadt s, les têtes, les médaillons, les p unmes de i»in, les fleurs crucifères, etc., etc.

Ce qui est fort curieux d^ns les arcliivoltes du XII'' siècle, c'est la di.qio.-ition des masques ou mascarons qui sont disposés sur une ou deux rangées et suivant la direction de rayons allant du centre du demi-cercle à la circonférence. Le travail de ces tètes plates ou demi-saillantes est pres({ue toujom-s barbare : ce qui montre que cette par.ie de la décoration n'était pas confiée à des artistes habiles.

L'archivolte est indiquée dans certains monuments par un appareil mi-p-u-ti'- de pierres blanches ou jaunUres (tufeau o.i grèsj, et de pierres noires (marbre commun, lave, ou granit). Entin dans d'autres circonstances, ces archivoltes [)olychromes figinves oilVentdes dessins géométriques qui varient d'arcade en arcade ; mais ces sortes de décorations se voient plus communément à l'extérieur des églises, surtout autour des absides, (jue dans l'intérieur.

Lorsque la forme ogivale remplaça le plein cintre, les arcliivoltes prirent un caractère de simplicité qu'elles n'avaient |)lus dans les grands édiliees du style romanobyzantin de transition. Nous devons néanmoins faire ici une observation qui serait peut-être mieux placée à l'article Volsslre : c'est que les voussoirsmagniti({ues des portails des beaux monuments de la période ogivale ne sont en réalité qu une transformation des archivoltes ornées du xu' siècle. D.ms les monuments du \u' siècle les ar chivoltes, larges et nombreuses , sont couvertes entièrement de ligures et parfois ornées de têtes humaines , parfois même, comme nous avons eu l'occasion de l'observer dans nos monuments des bords de la Loire et de la Vienne, au diOL'èse de Tours,

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