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de pliis de deux voûtes en berceau.
Les voûtes d'arête étaient connues des Romains. Eiles ont le très-grand avantage de pouvoir s'exécuter sur toute espèce de |)lans et de courbures, ainsi que de répartir toute \v. poussée sur quatre points. Les constructeurs du moyen Age ont fréquemment emplo>é cette forme de voûte : on la rencontre dans une foule de monuments, où elle a aequi-î toute la perfection dont elle est susceptible.
— Voy. VOLTE.
En terme de charpenterie, on appelle du bois scié à vive arôte, lorsqu'on en ôte tout l'aubier et que les angles de la pièce ouvragée sont de bois dur et solide, et bien marqués.
L'appareil en arétedepoisson,opus spicatum, est celui dontles pièces sont alternativement inclinées h droite et à gauclie.(Foy. Appareil.)
On donne encore le nom d'arête h un ornement à jour qui décore le faîtage d'une toiture. — Voy. Cri:te.
ARETIERS — L'arélier est une pièce dabois qui forme l'aréLC ou l'angle des couvertures qui sont en crouiie ou en pavillon. On peut (lire encore que les arêtiers sont des pièces de bois placées obliquement de manière à formel les arêtes des combles de forme pyramidale.
On a proposé de désigner par le nom d'arêtiers les tores ou l'assemblage de moulures arrondies qui garnissent les angles des flèches de pierre du xii' et du xiii' siècle. Cette exjiression devrait être ado; tée : elle est convenable.
ARMATURE. — L On appelle armature les pièces de fer, comme barres, clefs, boulons, étriers et autres, qui servent à maintenir un assemblage de charpente, à contenir l'écartement de deux murs, d'une voûte, des faces d'une voûte ou d'une fièche, Les anciens firent usage des armatures dans leuiiconstructions, ainsi que les architectes de hi période romano-byzantine. Mais c'est i;iincipalement durant la période ogivale que les architectes se sont servis de fortes et nombreuses armatures en fer. Quand on étudie attentivement nos grands monuments gothiques, et surtout qu'on les examine au point de vue pratique, on découvre une trèsgrande quantité d'aïunaturcs destinées à relier ensemble les principaux membres d'architecture. C'est à l'emploi de ces armatures, après le système ogival lui-même, (ju'il faut attribuer la solidité des diverses [larties de nos édifices gothiques. Cràce à des combinaisons aussi ingénieuses que savantes, les diverses parties de la construction deviennent solidaires les unes des autres, et m forment, pour ainsi dire, qu'une seule masse homogène. Ainsi, par exemple, dans les galeries du triforium, on voit des armatures ap()arentt!S cpii attachent toutes les arcades, toutes les coloniiettes, tous les piliers les uns aux autres. Dans les hautes fenêtres, on apperçoit également di' fortes barres de fer qi. i liisparaissent à l'a'il distrait et (juiempêchent les meneaux et les formes ra. onnantes ou namb(»yant(>s de l'amortissement de se disjoindre. Auxelefs de voûtes des nefs latérales on a élal>U le plus souvent de solides pièces
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de fer qui viennent s'agrafer aux arcs de la nef majeure ou aux murailles les plus solides. Tout, en un mot, concourt, selon la remarque que nous faisions naguère, à unir intimement toutes les parties de l'édifice de manièreàcequeles points d'appui les plus fermes prêtent secours aux parties les plus f;\ibles.
L'état de ruine de plusieurs monuments permet de se rendre compte aisément des procédés qui furent adoptés le plus communément dans l'établissement des armatures. On remarque, par exemple, que les colonnettes isolées qui surprennent si fort par leur extrême légèreté , étaient souvent percées dans toute leur longueur d'un trou par lequel passait une barre de fer qui augmentait beaucoup leur solidité. En général, tous les porte-à-faux étaient rattachés aux massifs par des liens de métal.
Les architectes modernes qui construisent «les édifices importants de stjle ogival, ne manquent jamais d'employer des armatures dans le genre de celles qui furent établies au moven Age. Ce serait, en effet, renoncer témérairement à une ressource importante de solidité, que de négligeras armatures en fer dont de longs siècles ont prouvé l'utilité. Les combinaisons les plus habiles de la science ne remplacent pas les enseignements donnés par l'expérience.
II — On appelle armatures de verrières, un ensemble de barres, de tringles et de clavettes en fer diversement disposées, auxquels se rattachent les vitraux peints. Lorsque tous les panneaux qui doivent former par leur réunion une verrière complète, sont terminés et que toutes les pièces de verre sont unies par des plombs, il reste à les assembler et a les assujettir : cette dernière opération est très-simple, surtout dans les fenêtres do style ogival. Une barre de fer. scellée dans la" pierre, d'un meneau à l'autre, est placée à chaque division; cette barre est percée de petites ouvertures destinées à recevoir des clavettes. Les panneaux sont ainsi retenus latéralement par les rainures tracées dans la pierre, à leur jonction par les petites clavettes fichées dans les ouvertures de la barre de fer, et, déplus, soutenus dans le milieu par des verges de fer mince. On a essayé récemment de remplacer cette espèce de charpente de fer par des armatures en tôle plus délicates: ce nouveau système est [ilus dispendieux et moins solide que l'ancien.
Bans l'étabhssement des verrières peintes du XVI- siècle, on a employé des armatures en fer habilement contournées de manière à ce que les formes du dessin ne fussent ni cachées, ni dénaturées j)ar de grossières barres de fer. Aujourd'hui, on se sert avec grand avantage de ces sortes d'armatures qui enveloppent les figures et les lignes principales d'un tableau, sans couper disgracieusement les figures, les mains, les vêtements, les nimbes, etc., dans une partie intéressante ; ce qui n'aurait lieu ([u'au détriment de la composition artistique et de l'eflet du tableau ti ansparent.
La forme des armatures a varié suivant les
dispositions des panneaux de vitrerie dont elles forment l'encadrement. Au xiii' siècle» on en faisait en losanges, en trèfles, en quatre-feuilles, en cercles polylobés. Il y a du ces armatures fort ingénieusement combinées. A la cathédrale de Tours, dans les vitraux du XIII' siècle qui remplissent les fenêtres des chapelles absidales, on voit des armatures très-curieusement contournées.
Aux verrières de la cathédrale de Kourges, on en observe également qui sont habilament travaillées. Notons en passant que les anciens peintres verriers attachaient une grande importance à l'établissement d'armatures solides : aussi leurs vitraux ont-ils souvent traversé plusieurs siècles sans être trop endommagés, tandis que ceux du xvr siècle et de la Renaissance sont-ils actuellement dans le plus triste état, quand ils n'ont pas été renversés par l'effort des tempêtes.
ARMOIRE. — Voy. Tabeh?<acle, Arche d'alliance.
ARMOIRIES. — I. Le plan de ce Dictionnairc d'Archéologie sacrée nous empêche d'entrer dans do longs détails sur les armoiries. Le blason forme une science à part très-étendue , qui appartient à l'archéologie et à l'histoire d'un côté, et qui , de l'autre, tient encore aux habitudes de l'Europe moderne, au moins dans plusieurs grandes régions, malgré la tendance aux mœurs démocratiques.
Nous nous contenterons, dans cet article, de montrer l'importance des connaissances héraldiques pour l'archéologue et l'historien. Il est impossible, en effet, de lire les documents originaux de notre histoire, de reconnaître les sceaux qui attestent leur authenticité, de retrouver le nom des fondateurs de la plupart de nos édifices civils et religieux , sans recourir au blason. Comment se diriger sûrement au milieu d'un dédale inextricable d'alliances de familles, d'union de provinces, de pactes d'amitié , etc., dont Ihistoire est symbolisée par les armoiries, si l'on n'e>t pas familier avec la science, ou au moins les principes de l'art héraldique ?
Malgré les opinions absurdes qui ont dénaturé bien des faits, depuis quelques années , il est impossible de répudier notre histoire de quatorze siècles, et de nier le passé. Nos souvenirs ne datent pas d'hier, et la connaissance complète de la société d'autrefois doit embrasser celle des mœurs, des coutumes, des actions d'éclat des grands hommes , des usages, des privilèges et de ces mille détails qui donnent à chaque époque sa ])hysionomie particulière. D'ailleurs, le blason n'eût-il été qu'un monument de la vanité humaine, il serait encore très-intéressant de le connaître , parce que , comme il est dit quelque part, l'histoire de la vanité humaine forme une partie considérable de l'histoire des hommes.
En envisageant la science héraldique sous un point de vue plus impartial, personne 113 peut en nier le mérite et l'avantage. C'était un noble mo.en de récompenser la bravounî et le mérite -, c'était un stimulant pour lei
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Ix'llos actions, d'autant plus admirable (ju'il reposait uniquement sur rid('*e et sur le sentinuMit de l'honneur. Plus tard on y attacha des priviléjj;es, et c'était justice alors d'accorder des privilèges au courage et au génie. Les meilleures institutions jieuvent dégénérer; dans la suite, peut-être, les privilèges engendrèrent des abus ; mais des hommes justes et clairvoyants ne pouvaientils donc retrancher les abus et conserver l'institution elle-même ? Où trouverons-nous maintenant ces chevaliers sans peur et sans reproche, qui se battaient comme des lions pour gagner leurs éperons, et qui préféraient mourir que desouillerlcurécu;(iui vivaient de traditions de gloire et qui vouaient leur sang et leur vie h la défense de toute sainte cause ?
L'usage des armoiries était nécessaire au moyen âge h cause de la constitution de la société. Pendant la grande association féodale européenne, lorsque tout était fondé sur la transmission héréditaire des fonctions, lors((ue les relations de famille avaient dû devenir les bases de la i)olitique des hommes et (les nations, lorstjue du souverfiin jusqu'au dernier écuyer, il existait un ensemble de droits et de devoirs réciproques, fondés sur le rang que chacun occupait dans cette chaîne continue de supérieurs et d'inférieurs, on ne peut méconnaître qu'il était utile pour tout gentilhomme do porte" toujours avec lui son histoire, celle de sa famille et de sa parenté, et le signe des dignités dont il était revêtu. Or, les armoiries étaient précisément cette histoire abrégée, peinte et décrite dans d'éclatants emblèmes que le blason enseignait h hre.
Nous connaissons certains faits héraldiques qui valent k eux seuls une longue page «'histoire. Ils rappellent quelques-uns des plus hardis faits d'armes de nos chevaliers ; ils étaient destinés à en transmettre le souvenir jusqu'à la postérité la plus reculée. Nous en citerons deux exemples seulement.
Avant que les lois héraldiques fussent entièrement posées , comme elles le furent à une époque un peu i^lus reculée, les Montmorency portaient d'or à la croix d'argent cantonnée de quatre alertons d'azur, ce qui est contraire aux règles héraldiques, qui défendent de mettre dans l'écu métal sur métal ou couleur sur couleur, comme nous le verrons plus loin. Philippe-Auguste régularisa bien noblement les armoiries dont nous parlons. Matthieu 1" de Montmorency, qui combattait à liouvines , fit des prodiges de valeur, et se présenta au roi , après la bataille, tenant en main douze drapeaux pris sur l'ennemi. Matthieu, couvert de blessures, se tenait debout et immobile , quand Philippe- Auguste passa son doigt sur le sang qui couvrait l'armure du guerrier et traça une croix sur son écu, on disant : « O brave homme, je veux qu'à l'avenir vous remplaciez votre croix d'argent par une croi\ de gueules, et que vous ajoutiez, en souvonirdes drapeaux que vous m'a[)j)ort{îz, douze aigles désarmés (alérinns) aux quatre qui sont sur voti-e écu. » Depuis cette époque, Us Montmorency por-
tent d'or ti la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d'azur.
Voici l'autre exemple :
Le seizième aïeul de l'auteur du Génie du Christianisme, (icotfroy V, baron de Cliateaubriaud, acconqiagnant saint Louis à la terre sainte, en 1250, lit des merveilles aux ditTérenls condjals (pii se livrèrent firès de la Massourc. Part(jut où il y avait des dangers à courir et de rudes coups à frapper, on était sûr da renc,riiiii-or le troisième des neuf barens jiairs de lîretagne, tous qualifiés princes sur les monuments du xv' siècle ; partout son écii de gueules semé de pommes de pin d'or portait la teneur dans les rangs ennemis, lin souvenir et pour récompense de tant de vaillance , saint Louis remplaça les pommes de j)in d'or par des fleurs de lis sans nombre. Depuis ce temps les Ciiateaubriand portent de gueules semé de fleurs de lis de France : ils entourent leur écu de cette magnifique devise : Mon sang teint les bannières de France.
Ces deux faits choisis dans une fcrule d'autres sont de nature à faire comprendre l'utilité d'une institution qui donne de si nobles moyens de récompenser les i»lus signalés services et d'en perpétuer à jamais la mémoire. Il est des actions sublimes qui ne peuvent être payées avec de l'or ; il est aussi des âmes généreuses qui ne vendent pas leur sang. Les armoiries ainsi considérées sont l'expression d'un passé glorieux dans tous les ordres de la hiérarchie sociale.
Nous avons cité les armoiries de deux familles distinguées, nous pourrions prendre comme fort intéressantes encore, les armoiries municipales. Elles gardent le souvenir d'une des j)lus mémorables révolutions qui aient transformé la société du moyen âge en préparant les institutions modernes : l'affranchissement des communes devait ruiner 'insensiblement le système féodal tout entier. Les cités afïranchies se faisaient construire un beffroi, signe de leur indépendance, et se choisissaient un sceau sur lequel elles plaçaient un symbole tiré de l'histoire môme de la ville, et qui formait la figure principale d«s armoiries de la commune. Comment, dans un moment de bouleversement général, n'a-t-on pas au moins su comprendre les armoiries qui attestaient les luttes et les triomphes des classes populaires, quand on brisait les emblèmes des classes privilégiées et qu'on détruisait les signes de la féodalité, pour employer le langage brutal d'une époque célèbre uni(piement pai- des ruines ? On ignorait sans doute que la conquête des droits municipaux avait souvent coiUé le plus pur sang de nos ancêtres, et que la bannière connnunale avait été le drapeau (pii leur avait montré le chemin de la victoire ? Imi regardant les armoiries municipales, nous rappelons involontairement le souvenir d'une des plus saisissantes et des plus poétiques scènes du moyen âge. Ne voyonsnous las nos pères, pleins de joie et d'enthousiasme, fiers de la charte qu'ils ont ob-
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ienuo, se remlrt3 en foule dans liiMinense catiiéilrale pour ro mercier Dieu de la liberté <fu'ils viennent do recevoir ? Ils se réunissent ensuite pour élire un maïeur et d s éclievins et pour arrêter le signe symbolique de la commune. On arbore la bannière de la ville ; chacun jure de la détendre jus- (ju'au dernier scunir; au premier signal dn danger tous les citoyens seront prêts à la suivre pour repousser l'ennemi ou pour dél'eniire leurs droits menacés.
Parce que nous avons amoncelé les ruines dans toutes les parties de notre pays, il ne faut pas s'imaginer qu'il en est de même dans toute l'Europe. Nous avons perdu l'art héraldique, mais en franchissant la Manche, ie Uhin, les Alpes et les mers, nous retrouverons partout fort et vivace, le poétique et mystérieux langage du blason.
La connaissance des lois héraldiques est indisj ensable aux hommes qui se vouent à ''étude des antiquités monumentales du moyen Age. 11 n'est pas de village, quelque isolé qu'il soit, qui n'ait dans ses environs quelque château, quelque monastère, quelque débris de tombe. Sur ces monuments, le blason a imprimé des caractères; caractères muets pour celui qui ne connaît pas au moins l'alphabet héraldique. Des armoiries sont des dates positives, et dans une foule d'églises construites depuis le commencement des croisades jusqu'au xvi' siècle, il n'existe souvent aucun autre moyen pour arriver h découvrir l'époque certaine de leur fondation. L'arcliéologue [eut en tirer des inductions utiles [ our la science et éclairer des points douteux avec le flambeau de l'histoire héraldique.
La connaissance du blason n'est pas moins nécessaire à l'architecte ap])elé chaque jour à restaurer d'anciens monuments qui portent gravées les armoiries de leurs fondateurs sur les portes, les voûtes, les ogives, les fenêtres ou les murailles. 11 doit êti'O en état d'ordonner une réparation intelligente et quelquefois de pratiquer une restitution presque entière. Cette science n'est-elle pas encore utde à l'historien, au voyageur, au numismate, et même au littérateur? N'estelle {as propre à éclairer des questions obscures et à prévenir des erreurs funestes ? Chacun y trouvera dos lumières qu'il ne peut remplacer par aucune autre connaissance.
Lorsqu'il s'agit de fixer l'origine des armoiries, il faut bien distinguer entre les symboles et les armoiries proiirement dites. Les peuples les plus anciens tirent usage de signes symboliques pour leurs enseignes miUtaires, comme les Perses qui avaient adopté la figure de l'aigle, les Ca/thaginois une tète de cheval, les Romains une aigle , les At iéniens une chouelto, etc. Mais entre ces signes symboliques et les signes héialdiques il y''a une grande ditl'érence. Du reste, les savants ne sont pas d'accord pour assigner l'oxiginc des armoiries. La plupart
ce])endant, le P. :\îénestrier et Muratori entre autres, font honneur aux Français d'être les inventeurs des princi:'es de cette science, connue sous le nom d'art héraldique. L'époque n'en est jias certaine ; mais on ne connaît [as d'auteurs qui aient traité du blason avant 1150.
Quant h ranti([uité des armoiries, nous sommes fondés à croire, dit D. de Vaines, ({ue leur première institution doit être rapportée aux tournois célébrés vers la fin du X' siècle, lenr accroissement aux Croisades, leur perfection aux joutes et aux pas d'armes : trois temps très-distincts dans la jirogression de ces marques honorifiques. M. de Foncemagne a prouvé solidement que l'origine des armoiries remonte jusqu'aux tournois. {Acudé m. des Inscript., lom. XVIII, p. 315; tom. XX, p. 579.)
Henri 1", surnommé l'Oiseleur, lesinstitua, dit-on, l'an 93i, à Gottingen, pour entrefr.-nir la noblesse dans l'exercice des armes en temps de paix. Ces jeux militaires se perfectionnèrent sous les Othons. Ils ne parurent en France qu'au xi- siècle. Ce fut Geoffroy de Preuiily qui les y introduisit, vers 103S, et qui leur donna une n^ uvelh; existence, en faisant des règlements qu'on y observa dans la suite. Quand on dit qu'il les introduisit en France , c'est qu'on ne considère pas comme un véritable tournoi cette espèce de combat figuré que se livrèrent à Strasbourg les seigneurs de l'armée de Charles le Chauve et de celle de Louis, h l'entrevue des deux frères, en 84-2. [Uucliesne, tom.II, pag. 375.)
Le rapport des armoiries aux tournois est sensible et en fait connaître l'analogie et l'origine. Les chevrons, les pals et les jumelles faisaient partie de la barrière qui fermait le camp des tournois. Les combattants, av.rès avoir gagné des épées ou d'autres arLues, avaient droit d'en décorer leurs écus, et de les y placer comme des monuments de leur valeur.
Le nom seul de blason, qui signifie en allemand sonner du cor, exprime l'entrée do chaque troupe dans le tournoi, ce qui se faisait eu sonnant des fanfares.
Une chose d'ailleurs qui détruit le sentiment de ceux qui assignent aux Croisades l'origine des armoiries , c'est qu'on sait induljitablement quelles étaient les armes de la famille de Réginbold, prévôt de l'abbaye de Mouri , en Suisse, depuis 1027, jusqu'en i055.(6'a//m Christ., t. IV, p. l^3G i ; (pielles étaient colles de Robert 1", comte de Flandres, en 1072 ( Yredius, Sigil. Com. Fland., p- G) ; et celles des comtes de Toulouse en 1088 {Dom Vaisselle, Uisi.du Lang., tom. V, p. 68)); ce qui prouve l'existence des armoiries avant la |)remière Croisade publiée seulement en lOiïo.
Les armoiries furent la distinction de la noblesse d'origine jisqu" en 1371, que les roturiers anobhs comme, cèrent à en porter. Ciîarles Vlll est le premier de nos ro s qui ait créé une cliarge de maréchal d'armes ou d'armoiries en 1W7, pour connaître de toutes
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les annoirios des nobles du royamno. CvUr charge fui administrée, tant i)ien que mal jusqu'aux, troubles arrivés sous Henri 111 ; alors il y eut dans la noblesse une confusion extraordinaire jusqu'en 1()I5. Louis Xlll créa une char/ic de juge général d'armes pour réformer les abus sur les armoiries, et constater les véritables. François Chévrier de Saint-Mauris fut le premier bonoré de cette dignité ; et a]irès lui, les d'Hozier ont toujours exercé celte charge jus(iu'h la révolution de 1789.
Hickes conjecture que le blason ne fut introduit en Angleterre que vers le règne de Henri II. Selon (juillaumc Nicolson, Richard I" abandonna les sceaux do majesté, vt fit mettre, le premier, dans son écu deux lions, qui devinrent les armes des rois d'Angleterre. En ellet, Sandford, dans son histoire généalogiiiue des rois d'Angleterre, prouve que les armes ne sont deveinies héréditaires que depuis l'an 1189, première année du règne de Richard. Le môme auteur prétend que l'usage de joindre plusieurs armoiries entières sur l'écu divisé perpendiculairement en deux fut inconnu aux Anglais jusqu'au xiv° siècle.
Edouard III est le premier qui ait pris les armes de France, qui ait écartelé son écu , et qui ait fait mettre aulou/ le collier de la jarretière avec la devise : elle ne parut sur le grand sceau d'Angleterre que sous Henri V'III. Richard II passe pour l'inventeur des supports des armes de sa maison. Vers l'an 1218, les seigneurs anglais suivirent la mcde d'imprimer leurs armes au revers do leurs sceaux; et môme ces derniers, depuis l'an 1366, n'oft'ront plus que des écussons armoiries. Le premier héraut d'armes d'Angleterre fut institué par le roi Henri V, qui ne commença à régner ciu'en lil3.
il est constant cpio Clément VI est le premier pape qui ait fait mettre ses armoiries sur son sceau : mais il n'est pas également aisé de savoir si les évoques et les abbés portèrent sur leurs sceaux ou contrescels des armoiries d'extraction et defamillo avant le xiii' siècle. Les usagrs dos xi" et XII' siècles le permirent à la vérité; il est môme bien démontré que dos prélats eurent, dans le xir siècle, au contro-scel de leur sceau, ou des syud)oles, ou des figures do fantaisie, ou môme, si l'on veut a:/Solument, des armoiries peisonnclles : mais on ne voit (pjo l'exemph} du Gallin Christiaiui (Tom. V, p. 1036), (fui milite contre la règle de Dom Alabillon, qui tient que Thibault, évô(}ue de Beauvais, est le premier qui ail mis les armes de sa famille au contre-sccl d'une charte de l'an 1289.
Les clefs des armoiries papales ne sont guère que du commcncfunentdu xiv" siècle; dès le xni', les mitres des cardinaux, (pioiquesimples diacres, paraissent sur les sceaux. Le cliai'.eau rouge, dit-on, loir fut donné par Innocent IV. L'usage du ciiaiieau pour tous les prélats vil nt d'Espagne, où il p.arut l'an liOO. Tristan de Salazar, Es, agnol dr, nation, et archcvê(]ucde Sons, passe pour le
f>remier (jui l'ail introduit chez les archovv'iques de France. Il n'y a pas encore deux cents ans (jue les évô jues qui sont comtes ont mis (\i's couroimes sur leurs armoiries.
Le tréqu( ni usa;e des armoiries timbrées parmi les personnes d'une nobh^ssc moyenne, môme ])armi la simple bourgeoisie, vient de la concession qu'en ht Charles V en 1371 aux bourgeois de Paris.
Il n"y a point d'époque certaine propre h tlxer les arnioiries héréditaires. Elles le devinrent les unes plus tôt, les autres plus tard : cet usage ne commença h devenir un peu général et constant que sous le règîuMle saint Louis, qiioi({u'iI no le fût pas toujours dans une famiîlo au xvî" siècle, et môme dans les deux siècles suivants. Les armoiries variaient alors assez souvent pour des raisons légitimes; comme pour dos accjuisitions do nouveaux domaines, de nouvelles dignités, et do nouvelles charges. Ouehpiefois aussi les associations et les alliances étaient des raisons suftlsantes do [-rench'oles armes de la famille alliée la plus puissante. C'est ce qui rendit les moines armes communes hidusieurs niaisons dilîérentes, surtout avant les règles du blason, qui ne sont que des derniers siècles.
Les Italiens sont les premiers, selon le P. Ménestrier, qui ont introduit dans les armoiries, il y a environ 259 ans, les manpies des dignités séculières. Cependant on trouve, dès l'an 1271, l'épée de connétable sur un sceau do Robert d'Artois.
Par la coutume générale do France, et par arrôt du parlement de (îrenoble de iWt , les cadets de famille sont obligés do dilTéroni ier leurs armes par dos brisures. Les armes diffamées sont une marque de honte et do punition.
Le cimier est au moins du xir siècle. Les supports sont venus bien plus tard.
Les devises furent en vogue aux xiv' et xv° siècles, surtout parmi les gens de qualité : chacun s'en faisait à sa mo le. Celle d'Angleterre, Dieu et mon droit, fut mise par Edouard III, vers l'an 13'i-0, au bas do son écu.
L'usage de mettre le manteau ducal derrière l'écusson n"a lieu que depuis le milieu du dernier siècle : et à l'entour ont été mis les colliers des ordres depuis leur institution.
Le pavillon n'annonce point la souveraineté indé; endante. Quelques seigneurs jiartictdiers le j ortaiont en plein dans leurs sceaux, au xv' siècle.
Ceux qui vou(h'ont étudier le blason consulteront avec fruit l'ouvrage du P. Ménestrier, (jui est devenu le livre classiqu(! do cette science. Nous reconnnaudons t:n ouv.ago instructif sur la môme matière ré'cemmenl publié par M. Mame, do Tours, et écrit par M. Liseidjach, archiviste du département de la Nièvre.
AROM)!-]. — On donne le nom de queue d'arondeow d'hironde h un tenon d'assemhlag(% tailh'' en s't'-largissant aux deux extrémités, ordinairement en bois, (piel(]uefois crx uu''lai. Les queues d'aronde employées pour