AST
ATT
olîct, dans les sallosoù les bas-reliefs sont sur (Jeux rangs, ils sont invariablement séparés par une tablette sur laquelle sont gravés en creux, et avec beaucoup de soin, des caractères cunéiformes compris dans un radre dont les dimensions sont restreintes h Celles de chacune des plaques du revôlemont des murs, de manière qu'on peut dire que cîiacune des plaques porte son insciiption. Ces longues inscriptions n'ont pas encore été complètement déchitlVées : les savants ont la clef do plusieurs ; tout fait espérer qu'avant un long temps on pourra les connaître et les lire toutes sans exception.
Je laisse à la science des j)hilologues et à l'habileté des archéologues, dit M. Flandin, le soin de décider toutes les f[uestions graves que la pioclie a fait surgir de terre, en lui dérobant les précieux restes de cette grande capitale de l'Asie occidentale que Dieu fra[)pa si violemment de sa colère. Jamais, à aucune époque , on n'a fait une découverte archéologique aussi importante que celle des palais retrouvés sous le village arabe de Khorsabad ; car les idées que l'on a eues jus(iu'à ce jour surNinive étaient très-confuses, très-contradictoires. En faisant la part trop large aux récits figurés et éminemment poétic(ues de l'Orient, on était tout près de croire fabuleuses les traditions de la Bible et d'Hérodote. La découverte de M. Botta aura un double résultat : elle justifiera Hérodote et la Bible aux yeux de ceux qui les accusaient d'exagération, et elle révélera, dans toute sa majesté et toute son élégance, un art qui fait comprendre à quel degré de civilisation était déjà arrivé cet enqnre, qui n'avait paru grand que par ses conquêtes.
Il faut convenir que la science moderne est loin aujourd'hui d'être aussi impie que celle des Dupuis et des Volney. Nous attendons avec grande impatience la publication tant désirée des Ruines de Ninive. Nous y trouverons, ci n'en pouvoir douter, un nouveau et curieux commentaire sur quelques chapitres des prophètes.
ASTRAGALE. — L'astragale est une moulure ronde qui foiine la base du chapiteau et qui porte immédiatement sur le fût de la colonne en se joignant au filet, au-dessus du congé. Quelques auteurs veulent que ce filet soit lui-même compris dans ce qu'on appelle l'astragale, qu'ils considèrent alors comme un membre d'architecture composé de deux moulures. La manière dont la moulure ronde et le filet s'emploient h cet endroit de la colonne, montre assez qu'on ne doit pas les reganJer comme deux ])arties d'ini même membre. Cette variété d'oj)inion, toute théorique, n'a pas d'importance.
Cette môme moulure se nomme «Baguette»
lo"squ'eIle se trouve ailleurs. Lorsqu'elle est découpée en grains ronds ou oblongs, comme des perles ou dos olives, on la nonnne «Chapelet». On remarque que, dans les plus anciens édifices, cet ornenKmt ne se trouve que dans 1(!S astragales les plus |»etits. C'est I abus di? ce gei.re d'orniMiieiit (pu a fait dire à lîoileau, dans .son Art poétique, en
parlant des poêles qui bâtissent des palais merveilleux :
Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales.
Dans les édifices du moyen ;1ge, l'astragale est ordinairement formé d'un seul tore.
Au xir siècle, on voit des astragales taillés en torsades i u en cAbles, ou ornés de dessins bizarres. 11 est rare (jue l'astragale soit absent, même dans les constructions les plus négligées.
Durant la période ogivale, l'astragale a beaucoup plus d"im[)ortance que dans l'architecture antique : le profil en est assez varié : il devient conique ou s'amincit par un cavet. Dans les monuments anglais, l'astragale a reçu une saillie plus considérable que dans les monuments français contemporains, au XII' et au \m' siècle. Cela tient sans doute à la forme des chapiteaux qui diffère sensiblement. En France, les chapiteaux sont ornés de feuilles largement découpées et communément fort saillantes; en Angleterre, au contraire, les chapi.'eaux sont formés de largos moulures, avec des feuillages médiocrement fouillés.
ATLANTE. — Figure qui soutient sur lo cou et les épaules une corniche, une tribune, ou toute autre construction en encorbellement. On comprend assez ordinairement celte sorte de figure .>^ous la dénomination de « Cariatide»; mais peut-être ce dernier titre ne convient-il qu'aux figures qui portent sur la tête, et qui tiennent lieu de colonne on de f;i]aslre.
ATBIUM. — Vatrium est une espèce de cour, placée devant certaines basiliques et formée quelquefois de iiualre portiques (Voy. Basiliqi e, Pauvis.) On voit encore un atrium à la célèbre basilique de Saint-Clément, h Rome. II y est placé entre deux porches, l'un extérieur et lautre intérieur, attenant à ia basilique même. Cette disposition était celle de tout atrium. Parfois on y enterrait les ecclésiastiques, les personnes de distinction et les autres laïques.
11 est fort souvent question de Vatrium chez les anciens. Selon Vitruve, l'atrium était une espèce de portique couvert, composé de deux rangs de colonnes qui formaient deux ailes, c'est-à-dire, trois allées, une large au milieu, et deux plus étroites sur les côtés. Il est probable que c'est dans une pièce analogue (jue fut conduit Notre-Seigneur, quand il fut conduit chez le grand prêtre, ainsi que nous le lisons aux actes do sa passion, in atrium principis saccrdotum.
Vitruve donne dillérentes règles sur les proportions de la longueur et dv la largeur de Vatrium. Les Romains i»laçaient dans Vatrium]i'S images des ancêtres.
ATTl-lNTE. — Voy. Arracuement.
ATTIQUE. — En architecture Vaitique est l'ordre ou l'étage supérieur d'un édifice, do liauteur moindre que les ordres ou étages inférieurs. Nous n';ivons point à en parler; jamais on n'en a ftiit usage dans les monuments chrétiens.
La 6(JAC (itti(juc3i été fort souvent employée
ATT
AUB
?oy
durant la pérfode romano-byzantine ; elle se trouve dans la plupart des monuments du centre et du midi de la France. Elle se compose d'un lilet raccordé avec le fût jiar le moyen d'un congé, d'un premier tore, d'un second lilet, d'une scotie, d'un troisième lilet et enîin d'un second tore plus fort que le premier.
ATTRIBUTS. — Les attributs sont les objets, soit réels, soit conventionnels, qui servent à iaire reconnaître un personnage. Ainsi les clefs, le coq, ou la croix renversée forment l'attribut de saint Pierre ; le gl dve est l'attribut de saint Paul ; une scie est celui du prophète Isaïe ; une harpe celui du roi David ; une femme ayant un bandeau sur les yeux, avec les tables de la Loi ou un livre fermé entre les mains, figure la Synagogue ; une croix triomphale ou une femme couronnée, tenant en main un calice ou une croix de résurrection, n^pi-ésente la Religion chrétienne ; le bœuf, le lion, l'aigle, l'homme ou l'ange sont les altr.buts des quatre évangélistes, etc. (Foy. Emblème). Nous avons placé sous ce dernier titre une assez longue liste des attributs ou signes emblématiques qui servent à distinguer les images des saints. Voy. Animaux symboliques. Allégorie, Zoologie MYSTIQUE.
Guillaume Durand, dans son Rational des divina offices, indique la manière dont il faut représenter les a})ôtres et les prophètes. Nous citerons le texte de son livre, en avertissant le lecteur que l'évèque de Mende ne paraît pas avoir étudié les monuments qu'il avait sous les yeux et qui le contredisent quelquefois:
Qunndoque Christo circiDnpinQîintur apostod (jui fnerunt lestes ejux verho et opère usque ad ullimum lerrœ. Et pinguntur criniti, (/uasi Nazarœi, id est snncti. Lex cnim fait Naznrœorum ut a tempore suœ scparationis a communi ri:a hominum vuvnculu non iransirct super caput eormn.
Adierte qiod patrinrchœ et prophrlœ pinguntur cuin rolu'is in manibus, quidam vero apostoli cum libris et quidum cum rotulis. Namque quia an te Chris ti adventiim {ides figurative ostendehaïur, et quoad tnulta in se implicita erat. Ad quod ostendendum patriarche et prophelœ pinguntnr cum rotulis, per quos quasi qitœ lum imper fccla coqnilio designntur. Quia vero apostoli a Christo perfecte edocti sunt, ideo libris per quos desigaitur congrue perfecla cognilio iiti possunl. Sed quia quidam illorum quod didiceruut ad docirinnm aliorum in scriptis redegenint, ideo mis congrue tanquam doctores cum libris in manibus deplnganlur, sic il J-aulus, evangelistœ. Petrus, Jacobus et Judas. Alii vero qui uihil stubile seu ab Ecclesia rpprobatumscripserunt, non cum libris, sed cum rotulis, in signum suœ prœdicationis^ pinguntur.
« Quelquefois le Sauveur est représenté entouré des apôtres, ou bien ils sont au-dessous de lui. Ils étaient ses témoins jusqu'aux extrémiiés de la terre, par leur parole et par leurs œuvres. Leurs cheveux sont longs , comme ceux des Nazaréens, qui étaient sé-
parés des autres hommes et qui s'obligeaient jiar vœu à ne pas laisser passer les ciseaux sur leur tète.
« Les patriarches et les prophètes sont représentés avec des rouleaux à la main , ainsi que quehjues-uns des apôtres ; d'autres ont des livres fermés, parce que, avant la venue du Sauveur, la foi était obscure et cachée sous des symboles ; et les rouleauK indiquent cette connaissance imparfaite. Mais les apôtres ont tout appris de Jésus-Christ, et ils tiennent à la main des livres ouverts, ([ui sont les emblèmes de cette science parfaite qu'ils ont transmise par écrit pour l'instruction des autres , comme saint Paul, les évangélistes. saint Pierre, saint Jacques et saint Jude. Quant aux autres, qui n'ont rien écrit qui soit passé à la postérité ou qui ait été reçu dans le Canon de l'Eglise, ils sont représentés avec des rouleaux et non avec des livres, pour signiher la prédication de l'Evangile. »
L'iconographie n'est pas toujours en accord avec l'enseignement de Guillaume Durand.
Citons un seul fait : A Saint-D.nis, sur un retable du xi" siècle, on voit tous les apôtres, sans exception, portant chacun un livre.
AUBE. — Nous répéterons ici ce que nous avons dit en commençant notre article Amict. Nous traitons des ornements sacrés, non au point de vue liturgique, mais seulement au point de vue archéologique.
L'aube, dès la plus haute antiquité, fut l'habit des évoques, des prêtres, des diacres, des sous-diacres, des acolythes et même des clercs qui n'avaient reçu aucun ordre. Elle était simple, unie, ou garnie de parements ou appareils.
Dans la plupart des monuments ecclésiastiques du moyen âge, dans les verrières ]ieiiites, sur les tombea\ix et les pierres tombales, nous trouvons les évêques et les prêtres revêtus d'aubes parées. Le parement, ou appareil, était travaillé en nr ou en argent, brodé d'ornements variés, avec des images de saints, et quelquefois il était enrichi de perles et de pierreries. L'extrémité des manc'ses, et la partie inférieure de l'aube étaient garnies d'appareils, dont la couleur était en rapport avec la couleur des vêtements sacerdotaux nécessaires pour la célébration de la messe. L'usage des aube-; parées parait remonter au xuV siècle, et il s'est prolongé jusqu'à l'époque la plus rapprochée du temps présent. On lit, en ctïeî, dans les Voyages liturgiques du P. de Moléon (Lebrun Desmarettes) qu'à Saint-Mawrice d'Angers, à Saint-Aignan d'Orléans, à Saint-Jean de Lyon, à l'abbaye de Port- Royal, on se servait d'aubes parées. On lit également dans l'ouvrage de Dom Claude de Vert, intitulé : Explication naturelle des cérémonies de VEglise, que à Saint-Sauve do Montreail, de l'ordre de Saint-Benoit, au diocèse d'Amiens, l'on conserve une aube très-ancienne ornée par le haut d'une bande, au défaut de la chasuijle, pour garnir cet endroit et le faire de même parure que l.i chasuble. Bien plus, en plusieurs églises du
ALM