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royaume et chez les Jacobins, on p.irc aussi, pour la mùine raison, le bas de l'aube par devant et par derrière, cl pareillement le bout dos manches ; et c'est ce que les anciens ordinaires appellent une aube par/'C. T/amict est semblablement j^arni d'une bande de la mùme étoll'e ( Voy. Amict), comme il est encore usité dans toutes les anciennes <'i;lises et |) irmi les Jacobins. Le parement d!)nt nous parlons réij;nait même autreff)is I-miI autour de l'aube, ainsi quautour des maii"hes, comme on le voit k Senlis à raub(; do saint Frambour^;, ([ui vivait au vil' siècle. Ces parements SDiit nommés ?i Paris plages, plaqulœ : ce qui signilie des bandes ou bordures.
Ce passage de D. Claude de Vert est fort curieuï. Nous y trouvons la preuve que l'usage des aubes parées stî conserva en France jusqu'au xviii" siècle et, sans doute, jus [u'à la grande révolution. Dans le trésor de la cathédrale de Sens, on voit encore l'aube dont se servait saint Thomas de Cantorbéry, lorsqu'il fut exilé d'Angleterre. Cette aube est longue, unie, et ornée de parements pourpre et or, de forme carrée.
Les parements ou appareils ne furent pas usités dan-; une seule contrée; on les retrouve en Angleterre, en France , en Allemagne, en Espagne et en Italie. Ils sont constamment représentés sur les vêtements des prêtres, et on en voit de beaux spécimens sur les pierres tombales de Rouen, de Troyes et de Châlons-sur-Marne. On voit aussi des aubes parées dans les miniatures du Pontifical romain, durant la dernière partie du xvi* siècle.
Dans le trésor de la cathédrale de Cantorbéry, il y avait jadis une aube parée avec des images brodées représentant diiférents traits de l'histoire de saint Thomas ; dix aubes avec des parements noirs, où sont figurées des statues dms des niches ou dais gothiques; plusieurs aubes parées, où les ornements sont des fleurs de lis, des roses, des feuilles de chêne et des glands, des armoiries, des aigles ou griffons en or, etc.
AUGIVE. — Ce mot a vieilli et est synonyme d'OcivE. {Voy. ce dernier mot.) On le trouve dans nos plus anciens écrivains qui ont traité de Tarchitecture.
AULA. — Les écrivains grecs et latins désignent sous le nom û'aula indistinctement une cour, une salle, un vestibule, ou une place ouverte d'une maison ou d'un palais. Chez les écrivains ecclésiastiques , cette expression indique ordinairement toute une église, ou quelquefois simplement la nef. i4u/a est (piel({uefois aussi le synonyme ou l'équivalent iVarea.
A U LEO LUM. — Une pelile église, une chapelle.
AUMONIÈRE. — L'aumAnière était une espèce de petite bourse dans laquelle on pla(;ait l'argent destiné aux aumAnes, et (jue l'on portait sur soi. On la voit sur beaucoup de ligures sculptées ou peintes au moyen «Ige, dans les vitraux peints, sur les tombeaux, sur les pierres sépulcrales, dans les DicnjNN. u'A:u;iiÉ0L0!jii: saciiée. L
charmants petits tableaux des livres h miniatiH-es. L'aumônière était souvent ornée d'emblèmes pieux, de devises, de chiffres, d'armoiries. On en possède aujourd'hui dans les collections qui sont aussi remarquables sous le rapport de la délicatesse du travail ([lie sous celui de la richesse de la matière.
AUMUSSE. — L'aumusse est une fourrure dont jadis les chanoines, les moines et les laï- (lucs se couvraient la tête et les épaules, pendant l'hiver, et (|ui se portait comminiémcnt sur le bras gauclie pendant l'été. Nous n'indi- (juerons pas toutes les variations que l'aumusse a subies depuis le xii* siècle, époque à laquelle elle devint plus généralement usitée, jusqu'à nosjours, où on la porte encore en France dans jtlusieurs chapitres de cathédrales. Nous donnerons uniquement une courte notice qui puisse être utile comme renseignement archéologique. Dans plusieurs monuments religieux de style ogival et de la Renaissance, on trouve fréquemment sur les pierres tombales, sur les cuivres funéraires, si communs en Angleterre, si rares aujourd'hui en France, sur les vitraux peints, dans les sculptures en ronde bosse et eu bas-relief, des figures de personnages ecclésiastiques portant l'aumusse.
On peut consulter sur l'origine de l'aumusse , sur les modifications et l'usage de ce vêtement , de lon;^s et curieux détails donnés par dom Claude de A^ert, dans l'ouvrage intitulé : Explication simple, littérale et historique dts cérémonies de rEglise, tom. II, pag. Sii et suiv.
Les chanoines réguliers et séculiers du nord de l'Europe paraissent avoir fait particulièrementusage de l'aumusse. Nous voyons, en 12'+2, les chanoines réguliers de Cantorbéry obtenu du pape Innocent IV la permission de se couvrir la tète, pendant l'office, à cause de la rigueur du climat. Nous trouvons cependant, môme dans les monuments, des preuves que ces sortes do fourrures étaient en usage dans l'Europe méridionale, en France surtout , pendant l'hiver. C'est ainsi que Lebrun Desmarettcs dit avoir vu, dans l'ancien cloître de l'église de Saint-Maurice, à Vienne , quelques anciennes peintures assez bien conservées , représentant une procession où l'on voit des chanoines revêtus de l'aumusse.
Quant à la manière de porter l'aumusse, ou h la coutume de la quitter pendant certaim^s parties de l'office , il y avait des règlements particuliers à chaque église. On en connaît de fort singuliers. Mais les observations de ce genre sont plutôt historiqups et liturgi(iues qu'archéologiques. Nous renvoyons le lecteur aux ouvrages qui traitent spécialement de ces matières.
AURÉOLE. — Dans son grand et remarquable ouvrage sur riconogra|)!ùecliréti(^nno, M. Didron s'est a|)pli'pié h définir certains termes vagues-et que les auteurs ont souvent confondus, tels que CQU\d('nimbeQid'auréole. Suivant cet écrivain, le nimbe est un disque lumineux qui entoure la tête; l'auréole est
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un niiiibo agramii qui enveloppe le corps entier. L'auréole est ilonh une sorte do manteau de lumière qui enveloppe tout le corps depuis les pieds jiis<[a'au sommet de la tète. (Voy. Am.*m)k mystique.)
L'auréole a reçu une grande variété de formes. Tantôt elle est ronde, tantôt elle est ovale, tantôt ellfi est ondulée, tantôt eile est en l'orme d*^ quatre-feuilles. L'auréole entoure ordinairement les personnes divines : ce n'est que par exception qu'en certaines circonslaiices elle entoure la figure de la sainte Vierge, ou de cpielque actre saint. Lorsque 3ésus-Chrisl est représenté assis dans l'auréole, ses pieds jiosent sur un a 'Con-ciel, et son corps est appuyé sur un autre arc-en-ciel : quelquefois les pieds posent sur un escabeau. C'est la traduction littérale de ce passage de la sainte Ecriture : Cceluin sedes mca, terra autem scabellwn peilum meorum (Isa. lxvi, 1).
Le champ de l'auréole est éclairé parfois de deux étoiles qui rayonnent près de la tète du personnage divin encadré dans cette auré^ile môme : l'une est à droite , l'autre est à gauche. Quand la figure assise bénit de la main droite et que le champ de l'auréole est étroit , la disposition de la main, qui pren 1 la place, fait reporter les deux étoiles à droite. Quelquefois le champ tout entier est semé d'étoiles, comme le ciel par une nuit claire. Séroux d'Agincourt , dans son Histoire de fart par les motmmcnts , a publié un dessin fort curieux, relatif à ce sujet. Ce dessin représente un devant d'autel de la cathédrale de Ciltà-di-Castello, en Italie, et qui fat donné, en lli3 ou IIU, par le pape Lélestin IL Au centre , dans une auréole ovale, paraît le Christ à nimbe croisé : à sa gauche, reluit le croissant de la lune ; à sa droite, le soleil fait éclater ses rayons flambovanls ; dans le champ de l'auréole, brillent des étoiles à cinq pointes, à cinq lobes ou en forme de roses.
A la transfiguration, chez les Byzantins et les Grecs modernes, l'auréole qui entoure Jésus-Christ présente une particularité. Cette auréole a la forme d'une roue. Du centre part.^nt des rayons qui vont aboutir à la circonférence ; mais ces rayons, au lieu de s'y arrêter comme dans une roue ordinaire, se prolongent et aboutissent, l'un à Moïse , l'autre à Eiie, le troisième à saint Pierre, le ipiatrième à saint Jean , le cinquième à saint Jacques. Ces personnages sont les seuls qui aient assisté à la transfiguration ou métamorphose, comme disent les Grecs. Quant au sixième rayon, il est absorbé ou caché par Jésus-Christ lui-même.
Quolqucfo s, enfin , l'auréole semble se composer de deux cercles superposés. C'est particulièrement de cette contiguration que les antiquaires ont tiré le nom de vessie de poisson : dénomination que nous avons repoussée comme inexacte et inconvenante.
( Voy. Amande mystique; Nimbe ; Gloire.)
AUTEL. — L Des autels en général ; autels primitifs: autels hébraïques; autels paiens. L'autel, dansla plus large acception du mot,
est une table, une petite éminence, soit naturelle, soit factice , une surface plane, destinée à recevoir les offrandes et les victimes que l'on olfre à la Divinité. Dans toutes les religions , sans exception , par un souvenir des traditions primitives , l'ob'ation et le sacrifice font partie cssenti*.ile du culte extérieur; il en est de même pour l'autel. 11 n'est pas de nation si barbare qui n'ait ses dieux, dit Plutarque ; il n'est aucun peuple, ajouterons-nous , qui n'ait ses autels et ses cérémonies religieuses. L'autel n'appartient donc h aucun peuple en particulier, ni à aucune époque historique spéciale; il est de tous les temps et de tous les hommes; il appartient h l'humanité.
La présence constante de l'autel chez toutes les nations de la terre, malgré la barbarie des mœurs et la différence des climats, est un fait aussi digne de remarque que celui du sacrifice. Quand on y réfléchit attentivement, co double fait présente quehjue chose de grand et de mystérieux qui no s'explique que par le dogme de la chute de l'homme et de la promesse d'un rédempteur.
Il était assez naturel que les hommes, adressant à la Divinité des témoignages d'adoration et de reconnaissance, fissent effort pour les déposer en quelque place privilégiée et intermédiaire , en quelque sorte, entre le ciel et la terre. De là , sans doute, le lifu haut, altare, l'autel.
Chez les peuples primitifs, oii les temples fermés n'existent point encore , l'autel joue un grand rôle comme monument. Il est l'unique création de l'architecture ; la première et seule modification que la main de l'homme ait établie à demeure fixe sur la surface encore vierge de la terre. Ici se présente d'ellemême k l'esprit une rétlexion que nous ne pouvons passer sous silence : l'autel est le premier monument d'art que les hommes aient essayé de construire, et c'est un sentiment d'adoration qui l'a créé. Dieu doit, en effet, se trouver au principe de toute grande chose. L'antique récit de la Genèse nous montre Noé , au sortir dà l'arche et sur la terre encore humide des eaux du déluge, construisant un autel pour olîrir un holocauste à Jéhovah. Les autels de cette époque reculée étaient , sans doute, d'une construction fort grossière. Nous voyons dans JoCob, consacrant un autel à Dieu en faisant des onctions sur une pierre brute , un exemple de l'action par laquelle les patriarches érigeaient et bénissaient un autel.
Nous pouvons concevoir une idée trèsexacte de ces autels primitifs en consultant la liible , et surtout en lisant , aux livres de l'I^^xode et duDeutéronomc, les prescriptions faites aux Israélites dans les termes suivants :
Quand vous ferez à l'Eternel un autel de pierre , vous ne le taillerez point , car il sera souillé si vous y employez le ciseau (1).
(1) « Quoil si allarc tapideum feceris niihi, non a? liiicabis illud de sof •is lapidibus : si enini levaveiis culU'uni sq) T eo, iwr eiur. i ( t^xvd. xx, 25. )
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L:>rsq e rpns aurez pasué h J nurdain, vnun dresserez, sur le mont Ilébal , au Seigneur roire Pieu, mu autel de pierreu où le fer n'aura ]>)ivi louché, de pierres brutes et non polies, et vous offrirez au Seigneur votre Dieu des Itr.loraus es sur cet autel (t.
Cotto tk-scr ption (io l'autol li(;l)rnï({uo s"appliqiu>, avec une culiùrc exactitiulo , à l'aulel clruidi(iue (2). Les dolmens , si iiomoreux dans nos campagnes , sont composés (le f)icires h peine dégrossies, telles que la iitiire U"S otlVe h l'homme. Généralement ils sont formés de plusieurs grosses pierres, en nombre variable selon leur grandeur et leur importance , dont les unes sont verticalement implantées en terre pour soutenir une large pierre aplatie , qui représente la taille. Parfois on découvre des traces de travail <v la surface de la pierre horizontale : ce sont des rigoles plus ou moins imparfaitement creusées, partant d'un centre ou bassin, et se dirigeant, le plus souvent, vers un point détx'rnnné du ciel. Quelquefois on trouve des dolmens perforés dans le milieu de la table , et cette disposition singulière, qui ne saurait être rapportée qu'à une intention formelle el non au hasard , rappelle aussitôt des coutumes bizarr. s , usitées surtout en Orient. Les lauroboles et les crioboles sont au nombre de ces faits extraordinaires qui surprennent vivement l'imagination , et qui se prêtent difficilement aux explications. C'est aussi qu'il y a quelque chose d'inexplicable dans le dogme de l'expiation et de la puriflcation par le sang : n'étaitce pas à la fois un souvenir et une prophétie de la grande rédemjition du genre humain qui devait s'opérer dans le sang de Dieu?
Notons, en passant, que les voyageurs ont rencontré des autels semblables aux dolmens dans les régions les plus éloignées, et les plus étrangères, en apparence, aux traditions et aux inlluences hébraïques. C'est ainsi qu'ils ont observé de véritables dolmens au Malabar, et jusque dans les forêts sauvages du nouveau monde.
Il n'y a rien de mieux connu dans l'antir.uité que les tauroboles el les crioboles, qui tenaient au culte oriental de Mithra. Ces sories de sacrifices devaient opérer une purification parfaite , ellacer tous les crimes et procurer à l'homme une véritable renaissance spirituelle. On creusait une fosse au fond de laquelle était placé l'initié : on éicndait au-dessus de lui une espèce de plai:cher, percé d'une infinité de petites ouvertures, sur lequel on immolait la victime. Le sang coulait en forme de pluie sur le pénitent, qui le recevait sur toutes les parties de Son corps. Prudence nous a transmis une
(I) i Ll .Tndificabis ibi allarc Domino Dec liio, <Ic bpidibus (Hiod fernim non leligil, el <le k.txIs ini'orniibus cl iinpolilis :ol olFcres >.u|ier eo boiocaiisla Domino Deo lue. » (I)eul. xxvii, 1 ci aeiq. )
(i) On iioiirra consnllcr à ro siijcl lui nu-iuoire iiililuié : liiipports entre les vionuweiii (eUlqie^ cl /es monun enls des plus niciens ] e.iples de i Asie, (pic nous avons iniblié en iSi-i ol inséié au lonic 1" dos Annclci de la Suneié (iTchéolouiquc de loiiraine.
description détailb-c île cette dégoûtante cérémonie. Nous sonniie« ici entrés dans ces di'lail.s , afin de n'avoir point à y revenir bjrsque nous parlerons de certr-ine's espèces d'.iutcls creusas en terre et :ons;icrés aux (livinUés inférieures (I).
L'usage de construire des autels isolés dans bi campagne n'était l'as particulier au peuple juif, ni aux populations celtiques. Les Crées avaient aussi l'habitude de dresser, sur le sommet des collines et des montagnes, des r.ulels dédiés aux divinités de l'OIyuipe. Les Romains en plaçaient quelquefois dans les lieux consacrés par un événement mémorable, pour en rendre le souvenir permanent.
Les montagnes étaient regardées comme le piéiies:al de l'autel érigé à l'honneur des divinités du premier ordre, j'.iédestal magnifique construit par Dieu lui-même. Il était hardi et religieux tout à la fois de demander ainsi à la nature toute la ymblicilé et tout l'éclat dont elle dispose. Considérés dans l'intérieur des temples, les autels perdent leur caractère monumental, et ne sont plus qu'une partie du mobilier.
Les Grecs distinguaient trois espèces d'autels, suivant leur hauteur qu'ils avaient l'intention de proportionner à la grandeur des dieux auxquels ils étaient consacrés. Les autels dédiés aux dieux célestes ét:iient souvent bâtis sur quelque somrai;é et trèsexhaussés. Les dieux terrestres et les héros étaient desservis sur des autels d'une dimension moyenne. Enfin les dieux inférieurs recevaient les sacrifices à fleur de terre , ou même dans des fosses destinées à cet usage. On doit rapporter à la seconde division les autels champêtres faits de gazon et placés au pied des arbres.
Les autels avaient des destinations diverses : on y faisait des libations , on y brûlait de l'encens , on y déposait les vases sacrés, enfin on y offrait des victimes. Leur forme v.iriait suivant ces usages, et aussi selon le goût de l'artiste chargé de les façonner. Il y en avait de ronds , de carrés, d'oblongs , de triangulaires. Généralement leur élévation variait depuis la hauteur liu genou jusqu'à celle de la ceinture ; mais on avait soin de ne les pas faire trop grands , de peur de cacher la statue du dieu qu'on voulait honorer.
Les autels des Grecs, d'abord de bois, bientôt après de pierre et quelquefois de métal, sont habituellement remarquables
(1) Voici le passage de Pnulcncc, cité par M k coniic de Maistie, dans son Eclaircissement sur les sacrifices, à la suite dcsSoirées deSiiint-rélersbowti, lom. Il, pag. tCO.
Tniii per (lequextea mille riDuiruni vi(is Illfipsus iinber labidnm rorein plnil :
Di fonsiLs iiitits (juem .-^aceidos cidj il, Gultas ud omîtes lurpe snljciUnn cuput h'.tic.le et umni pul-el'iicbis corpore.
Qiiin o< tuyiiial, (bvuit u^eil I e las, Suppimit iiuïci : labiu, mires ol'jkil : 0. ulos cl ipt'Os piol.iil liquorihus : Sec ja:ii pnlalo pareil, cl inijuam neial Doiiec cnio.em lotm ulrum couAubal.
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par le goût ([iii a présidé à leur exécution. Los aiilols (lostinés aux libations étaient creux, les autres massifs; la ti;''coration la plus ancienne et en même temps la plus naturelle, consistait en guirlandes de Heurs et (le feuillages, en branches d'arbres chargées do feuilles et de fruits; on y ajoutait souvent des vases, des patèrcs, des emblèmes et même la représentation de la tête des victimes. La sculpture tîxa bientôt ces formes sur le marbre et sur l'airain ; on y joignit des bas-reliefs et des inscriptions, et ainsi, grâce h Li puissance des beaux-arts, ces tables d'olfrande h la divinité devinrent des témoignages du génie de l'homme aussi bien que de sa piété. Du reste, le choix des ornements ne fut pas abandonné au caprice des artistes ; il y avait des formes consacrées ('ui répondaient aux attributs distinctifs de certaines divinités. Ainsi, des branches d'olivier décoraient les autels de Minerve; des ramca xde myrte, ceux devenus ; des branches de pin, ceux de Pan, etc.
Nous devons dire un mot des autels votifs, qui ne sont j as rangés au nombre des autels proprement dits, parce que leur forme lesrendaitimpropres à recevoir des oblations. Ces sortes d'autels étaient souvent fort simples, formés d'une seule pierre très-sobrement ornée, et portant une inscription qui indiquait les motifs et l'époque de h dédicace, avec le nom de la divinité à laquelloils étaient offerts et celui du personnage qui l'avait élevé. On connaît beaucoup d autels votifs laissés par les Grecs et les Romains.
Chez ces derniers, les autels ejrent constamment la même forme que ceux des Grecs. Cela devait être puisque les Romains emjiloyèrent des artistes grecs pour exécuter tous leurs ouvrages.
Les autels égyi tiens sont des monolithes en forme de cône tronqué, d'environ un mètre 30 centimètres de hauteur, et fort évasés à la partie supérieure. La base du cône renversé est creusée en forme d'entonnoir et la pierre est traversée par un canal intérieur. On connaît des autels en basalte vert et en granit. Le comte de Caylus (planche 19 du tome T'' de son Recueil d'antiquités) donne la figure d'un a itel dont les inscriptions hiéroglyphiques portent le nom du roi Psammélique. Nous reproduirons ici cette figure intéressante. Il est rare de trouver un monument égyptien, d'unecertaine dimension, dép'^ rvu d'inscriptions ou de sculptures symboliques. Le peuple égyptien était essentiellement (écrivain : il voyait toujours devant lui les temps futurs et semblait s'attacher à leur arriver tout entier. L'indifférence des Grecs et des Romains pour les productions artistiques de l'Egypte les a conservés dans leur intégrité à notre étude et à notre admiration.
Les saintes Ecritures font mention de plusieurs espèces d'autels : autels élevés, autels bas, autels intérieurs, autels extérieurs. Quoique nous soyons embarassés pour savoir ce • ruil faut entendre par ces dénominations, 'lous sommes néanmoins convaincus qu'il y avait des différences caractéristiques en-
tre CQyi diverses sortes d'autels. Durand do Mende, dans son Bationnl des divins offices, donne la signification symbolique de ces différents autels : suivant son nite'-prétation, l'autel élevé représente Vl'glise triomphante; l'autel hi\s,Vt!glise mZ/tfo/î/c, l'autel intérieur, le cœur pur ; l'autel extéritMir, la mortificaliun des sens et quelquefois les sncretnenls.
Chez les Juifs, après la sortie d'Egypte et du moment qu'ils forment une nati'cin libre et indépendante, nous observons deux espèces d'autels, d'une forme et d'une attribution distinctes, sur lesquels nous possédons quehpies données assez précises : l'autel des holocaustes et l'autel des parfums.
Quelques auteurs malintentionnés ont prétendu que les Hébreux n'avairnt point d'art qui leur fût propre , surtout à l'époque où ils quittèrent l'Egvp.te, et que leurs premières œuvres furent purement e< simplement une imitation des travaux des Egyptiens. Personne ne conteste que les Juifs durent subir les influences artisti(iues d'une nation savante et policée, au milieu de laquelle ils vécurent de longues années ; mais, sans entamer une discussion sur cet objet, nous devons constater que, dans ledésert, et avant môme d'avoir une demeure fixe, les Israélites construisirent leurs ouvrages religieux d'après un {)lan spécial et suivant un modèle inspiré de Dieu lui-même.
Nous trouvons dans l'Exode une description fort intéressante de l'autel sur lequel les Juifs offraient les holocaustes (1). Cet autel était carré et fait comme une table avec des pièces de bois assemblées les unes dans les autres. Il avait environ un mètre de hauteur. La partie supérieure où était le foyer était recouverte d'une grande table d'airain qui supportait une espèce de treillis en métal sur lequel on plaçait la chair des animaux qui devait être consumée.
Le texte du livre sacré n'est pas assez explicite pour nous donner une idée complète de la forme et des accessoires de l'autel des holocaustes. Plusieurs écrivains ont essayé de le reconstituer, avec toutes les parties secondaires, à l'aide des paroles de l'Exode, de plusieurs autres passages de la Bible et de sa destination. Trois modèles surtout ont étp pro^iosés et ont attiré l'attention des érudits, le premier de Villalpand, le second du P. Lami, et le dernier des Juifs modernes. La restitution proposée par le P. Lami ne s'éloigne pas sensiblement, quant aux formes vraiment essentielles, de celle que les Juifs admettent. C'est un cube de dimension considérable, percé en dessus de plusieurs ouvertures carrées pour donner passage à la flamme sacrée , et offrant au centre un betit bassin arrondi. La masse de l'autel repose sur un socle de même forme, moin.s élevé et un peu ])lus large, qui lui sert d'empattement. Enfin, à la partie inférieure, on voit plusieurs degrés, entourés d'un canal où descendait le sang des victimes. Le modèle du P. Lami ne diffère de celui des Juifs
(1) Exod., cap. xxvu, vers. 1 cl seqq.
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qne par la disposil'uii de trois ramp^'S, une au milieu et lari;»% et deux autres assez (étroites , destiuées à faciliter l'accès soit à la surface de Tautd où devaient brûler les chairs des victimes, soit au pied de ce mèine autel, à une sorte d"< straie où se tenaient les sacrilicateurs. Quant à l'autel restitué par Villalp.uid, c'est un ouvrage d'art fort compliqué. Le sommet se termine par un graïuî Ijassin, largement évasé, dont les parois sont à claire-voie et formées de réticulations en métal. On y monte par une série de degrés très-nombreux : on en compte vingt-deux sur le dessin inséré dans la seconde édition de la Bible de Vence. L'autel et la base sont richement ornés de sculptures élégantes ; l'autel proprement dit repose sur quatre lions couchés aux angles, et les autres parties sont décorées de feuillages et (le rinceaux (1).
Les auteurs de la Nouvelle encyclopédie^ marchant sur les traces des écrivains trop célèbres de /'£"nc//c/o/)^(/je du dernier siècle, se permettent d'assez mauvaises plaisanteries sur les sacritices ju laïques. Les juifs, disent ils, ne devaient pas avoir le sens de l'odorat fort délicat, car leur tabernacle, par suite des sacrifices , ne pouvait pas manquer de se remplir d'une odeur de cuisine liirt peu agréable. Ils ajoutent que les cérémonies faites par Moïse à la dédicace de l'autel des holocaustes dénotent une rudesse sauvage et indiquent une civilisation peu avancée. No is ne comprenons pas comment on tire des conséquences désavantageuses aux Israélites d'une coutume qui fut constamment en vigueur chez toutes les nations de l'antiquité, mémo chez celles que nos philosophes se plaisent à regarder comme mieux civilisées. Pour nous, éclairés des lumières de la vraie philosophie, nous reconnaissons dans l'institution et la pratique des sacrifices sanglants, et dans la purification par le sang des victimes, une figure admirable des réaiit 's mystérieuses du Nouveau-Testament : les victimes qui tombaient sous le couteau des prêtres, en exj)iation des péchés de la multitude, représentaient la grande et sainte victime qui devait un jour s'immoler pour le salut du monde, et tiraient toute leur vertu des mérites infinis du saci-ifice de la croix.
Les Juifs avaient encore l'autel des parfums. Nous ignorons quelie eji était exactement la forme et quels en étaient les ornements. Nous sommes réduits h émettre seulement des conjectures sur ce sujet. On le représente généralenient sous l'apparence d'un cube élevé, sui)por!ant un vase précieux dans lequel on jetait, sur des charbons ardents, l'encens et les aromates. Il arrivait (luelipicfois que l'on brûlait des parfums sur l'autel des holocausles, ainsi (juc des fruits, de l'huile et de la farine ; mais telle n'était point sa destination ordinaire. L'autel des parfums était portatif, ou du
(1) On peut voir In grnviirc dcros Uois autels dans lal1it)le(io Vcn(«\ IdMi. lY, i>la:iclic XIII, j»;»;. G12. •2' édil., P.ir'.b, ITliJ.
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m<>ins, (tn en fit de cette espèce : il n'est pas rare de trouver l'autel des parfums représenté dans beaucouj) d'auleui-s de la môme manière que certains autels païens.
AutcU chrétiens depuis Voriijine du chrislianisme jusqu'au xi" siècle.
Si l'on s'en tenait à la lettre de quelques passages extraits des écrits de certains auteurs ccclésiasti(jues des premiers âges, on serait tenté de croire que les chrétiens primi ivement n'avaient aucun autel. Origène dit que chacun a pour autel son Ame et sa pensée, d'où s'élèvent au ciel des parfums de bonne odeur, c'est-a-dire, les prières d'une conscience j)ure. Il en est de l'autel comme des temples dmt les chrétiens répudiaient le nom pour ne |)as imiterle langage des.)»aïens. Un fait significiiif, c'est que les écrivains des époques primi ives n'emploient jamais le mot ara pour désigner les autels chrétiens : ils abandonnent ce' terme K son usage profuie et idolàtrique, et ils préfèrent employer c lui de altare.
La tdble sur laquelle notre divin Sauveur institua l'Eucharistie, dans le cénacle, la veille de sa mort, est le premier autel de la loi nouvelle. C'est en mémoire de l'institution de cet ineifable sacrement et du sacrifice chrétien, que les autels ont la forme d'une table et qu'ils sont si souvent appelés mensa dans la Lingue liturgique : expression nouvelle quiindique une grandeetmagnifique révolution religieuse. Aussitôt que les a{)otres, consacrés prêtres par Jésus-Christ lui-môme, oll'rirent le saint sacrifice, i!s le firent sur un autel; et, d'après plusieurs passages des Actes des Apôtres et des écrits apostoliques, nous sommes porté à croire que ce fut sur une table. Il est à croire que, pour imiter plus j'arfaitement le grand acte de la cène, les Apôties employaient une table de la même forme que celle du cénacle. Il paraît certain que les premiers autels furent de bois; et l'on conserve à Rome, dans les cryptes vaticancs, l'autel de bois sur lequel une tradition respectable nous apprend que saint Pierre a célébré la messe.
« En Orient, dit M. Didron (I), et dans les premiers siècles où le souvenir du [ remier repas eucharistique était j-lus vivant, on fut servilement et pieusement fidèle à tous les détails dont se composa la cène. L'Eucharistie avait été instituée sur une table , ce fut sur une table que les orientaux répétèrent l'acte du sacrifice divin ; c'est encore sur une table (jue les Grocs célèbrent la messe. Dans tou'e la Grèce, qu'ils soient anciens ou modernes, les autels ont la forme d'uno taltle. Cette table ordinairement assez étroite, parce qu'elle ne porte que deux petits chandeliers et les seuls vases ipn servent au sacrifice, se compose ordinairement d'une tranclic de marbre soutenue jtar un support central ou par quatre colonnes, uiie à chaque angle. Dans la i rincipale église uu couvent
(I) Annaks archéuL, loni. iy,|iarl.,i" .
ATT
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de l'ile (le S.ilaniinc apiiplt^e Panagia-Pliant^romeni, l'autel est fait d'une tablette carrée, en marbre gris, laquelle est portée au centre par une colonne carrée ou une stèle antique, en marbre blanc. La table et le support sont gravéschacun d'une inscription grecq-ie où les liellénistos se sont exercés avec plus ou moins de succès. En drèce et dans tout l'Orient, l'autel est en table. »
Dans leurs continuels voyages, les apôtres n'avaient pas, sans doute, d'autels spécialement consacrés, et, dans chaque lieu oii ils s'arrêtaient pour prêcher l'Evangile , ils célébraient le divin sacrifice sur une table décemment ornée. Quoique certains auteurs, plus versés dans les études de la liturj;ie que dans celles de l'archéologie , aient prétendu que les apôtres ont dû se servir d'autels portatifs en bois , comme les missionnaires le firent plus tard , nous ne trouvons dans l'histoire ecclésiastique aucun trait qui puisse autoriser une opinion semblable. Dès qu'ils eurent fondé de véritables Eglises , c'est-^-dire des sociétés chrétiennes assez nombreuses , les ajiôtres établirent probiblement, dans les lieux de réunion, un autel permanent sur lequel on offrait les sacrés njystères.
"Quittons le domaine des suppositions et entrons dans celui de l'histoire. Mais avant d'arriver au siècle de Constantin , époque à laquelle les autels subirent une importante modification, faisons connaître rapidement comment étaient disposés les autels dans les souterrains obscurs des Catacombes.
A Rome, les premiers chrétiens, pour fuir la persécution, furent obligés de se cacher dans les entrailles de la terre. Ils choisiront les labyrinthes obscurs et inaccessibles des (Catacombes : là, dans des cryptes inabordables, ils pouvaient au moins, loin du regard et des atteintes de leurs ennemis , célébrer librement les divins mystères. Le sacritice eucharistique, (iansces asiles peuplés par la mort, était oti'ert sur le tombeau d'un martyr : c'était un autel digne de ces temps d'héroïque dévouement. Le sang de la victime éternelle se mêlait , pour ainsi dire, à celui de la victime qui venait d'être réj andu ])Our la défense de la foi. On possède encore actuellement à Rome une grande quantité de sarcophages tirés des cimetières souterrains, dont plusieurs ont certainement servi d'autels. Au xvir siècle, lorsque Bosio, le savant et |)ieux auteur de la Roma sotlerranea, descendit dans la cryîite du pape saint Boniface, située près de celle de sainte Félicité , il découvrit quelques traces de l'autel sur lequel le saint pontife avait célébré les augustes mystères.
On choisissait ordinairement pour servir d'autel un sarcophage en marbre , orné de sculptures et d'emblèmes clirétiens. La partie antérieure présente souvent au centre le Cliris7na , X P (chi-rô) ou la figure du bon Pasteur. Quelquefois le tombeaw était d'une simplicité grossière : des fragments de marbre, de pieries, dehriques, recouverts d'une dalio funéiaire, le composaient entièrensciit.
Cet autel, dans le langage des auteurs ecclésiastiques, s'ajipelle : mor/</rium , liliilus , teslimoniuw, confessio.
Dès que l'Eglise put respirer en liberté, après la conversion de Constantin, tes chrétiens de l'Occident furent fidèles h conserver les usages que la nécessité leur avait imposés. Habitués à célébrer la messe sur des tombeaux, ils construisirent les autels de leurs basiliques en forme de sarcophage , et , dans ce sarcophage, ils étendirent , en effet , le corps d'un saint, du patron de l'église et de l'autel. Quand les autels se furent multipliés en nombre incalculable, il fallut partager les reliques des saints ; alors, au lieu d'un corps entier, on n'en plaça plus dans l'autel-tombeau qu'une parcelle plus ou moins considérable. Cependant les souvenirs historiques ont gardé, jusqu'aux temps oii nous sommes, dans cette Eglise catholique qui aime à se nourrir de traditions, assez de puissance pour faire conserver à la petite niche, à l'étroite cavité où dans l'autel on scelle de petits fragments de reliques , la dénomination de tombeau. Ce nom n'a pas varié, et, dans lalan;ueliturg que, on le donne toujours, même à de simples fentes pratiquées dans la tranche des autels en table et destinées à recevoir les parcelles des corps saints.
Nous devons ajouter que l'autel des basiliques latines fut très-souvent placé au-dessus de la confessi n ou du caveau dans lequel reposaient les restes du martyr sous le vocable duquel était consacrée l'église. Quelquefois encore l'autel lui-même était un véritable sarcophage arraché au? cimetières sacrés. Quelquefois aussi, il était composé d'une table de marbre, de porphyre ou de toute autre matière précieuse, reposant sur quatre colonnettes. Aux quatre coins de 1 autel s'élevaient de hautes colonnes qui supportaient le ciborium ou baldaquin ; aux colonnes étaient appendus de larges rideaux ou voiles de soie qu'on laissait tomber au moment de la consécration et de la communion : nous entrerons dans quelques détails à ce sujet en parlant des accessoires de l'autel.
Dès le commencement du iv* siècle, les conciles ordonnèrent que les autels seraient en pierre et non en bois. Toutefois cette règle générale ne fut communément adoptée dans la pratique qu'un siècle ou deux plus tard, car nous trouvons dans les écrits des saints Pères de nombreux passages où sont mentionnés des autels de bois. Saint Grégoire de Nisse parle d'autels de pierre usités en Asie, tandis que saint Optât indique une coutume contraire en Afrique, où l'on se ser- Vciit habituellement d'autels de bois. Les paroles de saint Optât sont très-remarquables : nous nous faisons un devoir et un plaisir de les citer. Ce courageux évêque appelle les autels le siège ou le trône du corp- et du sang de Jésus-Christ, ]-arce qu'en elf.'t son corps et son sang y sont offerts en sacrifice, il se plaint de ce que les donatistes, en raclant , brisant, enlevant les autels, av; icnt Iraj^pé le corps de Jésus-Christ , comme au-
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Irci'uis les Jiiits le percèrent sur la croix (I). Oiiei est celui des ti;lèies, dit encore saint (J|)tat ilans un autre endroit, rju' ne sait pas t[ue, dans la célébration des samls mystères, le bois dont est formé Tautel est couvert do nappes (2)? Dom Martcne dans un b(>l ouvra^^e intitulé : Des anciens rites de l'Eglise, cite un grand nombre de ]iassa^^es des plus anciens écrivains où il est question d'autels un bois (3).
Aux époques les plus reculées, on adopta communément l'usage des autels en jàcrrc pour des raisons syndjoliques. Plusieurs prescriptions s'appuient jirécisément sur cette raison, que l'Ecriture sainte appelle Notre-Seigneur la Pierre angulaire. Génébrard, dans sa Liturgie apostolique fait observer que l'autel, quelle qu'en soit la dimension, tloit être d'une seule pierre pour mieux représenter l'unité de la |)ersonnc de Jésus-Cbrist : Petra atitem eral Christus. Ainsi, pour ce qui con- L-ernc l'autel lixc , la table supérieure doit toujours ôtre d'une seule pièce : il n'existe pas d'autels formés d'un seul bloc où la table et la base seraient confondus dans la même masse, à part, peut-être , de tiès-rares exceptions , comme de vieux autels romanobyzantins à Spire et à Vienne en Dauphiné , parce que toute table de sacrifice doit figurer, d'une manière plus ou moins fidèle, une pierre de sarcophage. Tel est le sens du vingt- sixième canon du concile d'Epone, tenu en 517, la quatrième année du pontificat du pa|)e Hormisdas : en défendant expressément de consacrer avec l'onction du chrême les autels qui ne seraient pas en pierre, il lit triompher un principe qui s'est maintenu jusqu'à nos jours (4).
Quelle était, dans le principe, la forme des autels en pierre et la nature de leurs sup- {)orts ? Nous inclinons à croire qu'il n'y a fias de règle positive à ce sujet, et la forme était, sans doute, subordonnée à certaines conditions variables selon les lieux, les temps et les circonstances. Ce qui est constant par un usage non interrompu, c'est que l'autel tixe était élevé sur la tombe d'un martyr. C'est ce qui fait dire à saint Jean dans l'Apocalypse : « Je vis sous l'autel les âmes de c(Mix qui avaient été tués pour la parole de Dieu : » Vidi sublus altare animas intcrfectorum propler verbum IJei. Ce fait est énoncé d'une manière très-frappante dans une lettre de saint Ambroise, évèque de Milan, adressée h sa sœur sainte Marcelline, où il lui parle de la découvei'te des corps des martyrs saint (iervais et saint Protais. V'oi('i ce passage remar(juable : « Que ces victimes glorieuses soient placées à l'endroit où le Christ s'im-
(1) « Quid l;j!ii àacrilcgiini quam ;»l'ar!;i Dei, in quil)iis vos :ili(jiiamio oblulislis, Iraiigcrc, raiieic, lom<)Vci-4!?... Qiiitl est eniiii altare nisi sciies cL coiporis et sangiiiuis Clirii,ii ? lOiHat., lib. vi, i)[). !Jl
cl ;)-i. )
['i) * Qiiis fitleliuin ncscil in pcraç;ci)(l',s «lyslcriis ip.a ligna linlcaMiinii)Us opcriri. > (Ibsd.)
(."») De luiliiiuis ecclesui ritibiis, loin. \, pa;^. OUI.
(i) « Allaria nisi iaitiiioa dn-'isnialis unclimiC non sacieiilui'.j ((',u:ii:. fljtauiu iuii. !2'J, «/>. Sirmund., loin. X, \K\'^. i)\l .)
mole : mais C!'lui-ci est sur l'autel parce (pi'il a soulVert pour tous les hommes ; celleslà sont sous l'autel, \)avce qu'elles ont été rachetées par sa passion (1). »
L'histoire ecclésiastique nous parle assez souvent d'autels soutenus sur des colonnes ; on considère même, au moins jusqu'à un certain point, la colonne comme le premier ornement ajouté à la !-implicité piimitive des autels. D'abord la pierre d'autel rejiosa sur une seule colonnette, que l'on appelait x«>.afio?, calamus, roseau : on en voit d(î cette l'spèce dans les cryptes de sainte Cécile h. Kome. 11 y avait des autels qui n'avaient pour ai)pui qu'une seule colonne : tel était l'autel de pierre de Notre-Dame de Blaclierne à Constantinople. D'autres étaient posés sur plusieurs colonnes, et c'était anciennement l'usage le plus commun. Synésius, évêque de Ptolémaïs, suppose que ces autels étaient en usage aussi bien en Orient qu'en Occident : « J'entrerai, dit-il, dans le temple de Dieu, je tournerai autour de l'autel, j'arroserai le pavé de mes larmes, j'embrasserai les colonnes sacrées qui soutiennent la table immaculée. » 11 est tait mention fréquemment dans les auteurs liturgistes d'autels de cette espèce. Bientôt l'autel présenta quatre, six et jus(ju'à huit colonnes : on a découvert plusieurs auteh ainsi décorés dans les cryptes sablonneuses de saint Sébastien. 11 paraît que, dès la plus h.iute antiquité, on attachait à ces colonnettes une idée symbolique de miséricorde et de refuge. L'histoire confirme de son témoignage le plus positif cette signification allégorique. « Ceux qui se réfugiaient dans les temjlles, dit le savant dom Martène, embrassaient les colonnes sacrées. » Au vr siècle , le pape Vigile, poursuivi par les soldats de Justinien, se réfugia dans la basilique de Saint-Pierre, où il tenait embrassées les colonnes de l'autel de Sainte-Euphémie; et le peuple força le préteur et les soldats à se retirer.
Quelques autels étaient formés de planches en marbre et olfraient l'image d'un cotfre : à Ravenne, dans l'église de Saint - Vital, il en existe encore un que Ton attribue communément et avec raison au vi' siècle. Sans aller emprunter des exenqdes à l'ilalie, nous jiouvons consulter notre saint (îrégoire de Tours : en parlant de l'autel de Sainto-Croix de Poitiers , dans l'église du monastère fondé par sainte lladégonde, il dit qu'il était en bois, et il rap[)eile un coffre : ex[)ression bien pro})re à nous en donner exactement l'idée. Parfois l'auie! môme est comj-osé d'une maçonnerie grossière destinée à renfermer les reliques dvs, saints. En ce cas, connue en beaucoup d'autres, l'autel était orné de magnifiques drapicries de soie , somptueusement brodées , chargées d'or et de jiierres précieuses. Anasiase le Bibliothécaire, dans la Vie des papes, iail
(1) i SncccdanI vicUnvK! liinniplialos in locum nhi ClirisUis hosliacsl : sod ille super allare, <jni pro ()nuiii)us passus est ; isli :^nl) allaii, (pii illins rcioinl)li sunl passidiie. > (B. Anibios., cpi'il. 22 ad iliurctHinaiii iutumii. )
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Souvent mention de ces riches courtines, offertes pour la décoration des autels, qui peuvent h juste titre ôtre considérées comme Uii témoignage de la pieuse munilkence des donateurs. >'ous citerons seulement deux laits : « Le pape Léon III lit faire pour Tautel principal un parement tissu d'or et de soie d'une grandeur et d'une beauté surprenantes : on y avait brodé l'histoire du sauveur , Notre-Seigneur Jésus-Christ , de sa sainte mère et des douze a]>ôtres; le tout était rehaussé de pierreries. L'illustre pontife ordonna que l'autel en fût orné le jour de la fête des a|-ôtres (1). » « Léon IV donna au saint autel du bienheureux Laurent-horsdes-Murs une couverture d'autel en soie tissue d'or, représentant l'histoire de la passion et de la résurrection de Notre-Seigneur (2). »
Léon III, auquel se ra;^porte le premier trait, malgré les malheurs personnels qu'il éprouva dans les premières années de son pontificat, voulut enrichir la plupart des églises de Rome et des environs, non-seulement de vases sacrés, mais encore de peintures exécutées soit en mosaïque , soit en broderies tissucs d'or et de perles ; et il multiplia ses dons avec une prodigalité dont on peut à peine se faire une idée.
Nous trouvons dans la Vie de Constantin et des empereurs ses successeurs, de curieux documents sur la richesse de certains autels. Cette sainte [Todigalité d'or et d'argent pour décorer l'autel où chaque jour s'immole Jésws-Christ, était inspirée [ ar la vivacité de la foi. Aujourd'hui , dans notre siècle de froide indilférence, elle nous étonne si fort, qu'elle nous semble presque fabuleuse. Un grand nombre d'autels étaient revêtus de lames d'or et d'argent, incrustés de pierres rares et précieuses, ornés d'émaux élégants et variés. Le pape Sylvestre, au commencement du IV' siècle, fit un autel d'or et d'argent orné de deux cent dix pierres fines, vertes, rouges ou blanches. Le pape Grégoire III fit couvrir d'argent la partie antérieure de l'autel ellaConîession de saint Pierre; et, sur les trois côtés de l'autel, il fit placer trois croix d'argent pesant ensemble trente-six livres. Ces détails sont empruntés à l'ouvrage déjà cité (TAnastase le Bibliotliécaire.
L'empereur Constantin fit exécuter sept autels d'argent , chacun du poids de deux cent soixante livres, dans l'église qui portait son nom, basilique de Constantin, auj(»urd'hui Saint-Jean-de-Latran. Sozomène ra{)porte que l'impé.atrice Pulchérie, sœur de Théoduse le Jeune , fit présent à une
i) < F€cit autem (LeoIII ) in altari majori vcslem chrvsoclaram niiraî magnitudinis et imlclirilu- (iinis decoralani, habenlem liistoriam salvaloris Doniini noslri Jesu-Chrisli, sanctscque cjus Gcnilricis et duodecim aposlolorum, cum pcridysi de clirysoclaro undique cum niargarilis ornalam qu;« in natal.hns aposlolorum idem egrcgius praesiil ibidem poni consliiiiii.» (Anaslas., in VU. Léon. Ul,^^. 153.)
('!) « In sacro altari sancli Laurenlii lei it vcstcm yçricani chrvsoclaram liabenlem historiam dominicaî l^iasbiojiisel rcsurrcclioiiis. » {llii.)
église d'une table d'autel tout entière d'or pur, garnie de pierreries. Le pape Sixte lîl fit faire un autel d'argent très-pur, qui pesait trois cents livres, dont il enrichit l'église de Sainte-Marie-Majeure. Le pape Hilaire donna également à l'église de Saint-Laurent un autel dans la fabrication duquel on avait fait entrer quarante marcs d'argent.
Nous ne voulons pas épuiser le catalogue des dons de môme nature offerts aux églises de Rome et de Constantinople ; cette énumération malheureusement serait très-aride : nous manquons de détails pour pouroir apprécier avec exactitude l'état de l'art chrétien à celte époque reculée. Il est très-vraisemblable que la perfection du travail égcilflil le prix de la matière et que l'art avait déployé toutes ses ressources dans l'exécution de ces somptueux autels : on ne conçoit guère, en effet, un auttl en or ou en argent, grossièrement travaillé, riche de la valeur seule des métaux.
S'il faut en croire les auteurs byzantins, l'autel de Sainte- Sophie à Constantinople aurait effacé la magnificence déployée dans toutes les autres églises. Les perles, les pierreries les plus précieuses, broyées et réduites en poudre, se seraient mêlées, par la fusion, à l'or et à l'argent. Ces pierreries fondues et liquéfiées pourraient tout simplement avoir été des incrustations d'émail. Cependant les auteurs byzantins sont trèsexplicites. Cet autel était fait d'or, d'argent, de pieires précieuses, de perles et de bois, afin, dit l'un d'eux, que tout l'univers contribuât à sa splendeur. L'autel d'or, porté sur six colonnes de môme matière, brillait de l'éclat des pierreries les plus précieuses. Un ciboire en forme de tour le recouvrai». Quatre arcs d'argent s'appuyaient sur un nombre égal de colonnes pour supporter une coupole d'or semée de fleurs de lis. Un globe d'or du poids de cent dix-huit livres couronnait cette coupole et servait de base à une croix d'or pesant quatre-vingts livres. La partie inférieure du dôme représentait le ciel (1).
a Gnke h la courageuse résistance de ses magistrats, dit M. l'abbé Texier , l'église Sainî-Ambroise à Milan possède line construction de ce genre. Cette œuvre, contemporaine d'Anastase, peut nous donner une idée des nombreux dons pontificaux enregistrés par lui. Sous un ciboire formé dp mosaïques et de marbres précieux, s'élèvp l'autel exécuté par Wolvinius en 835 , et érigé par Angilbert, cinquante-septième évoque de Milan. C'est un carré long, dont les quatre faces sont revêtues de lames d'or et d'argent, incrustées d'émaux et de pierre-
(I) « Sacra mcnsa mirabili cl inusilato opcrc et inaudila baclenus materia confecla eral. Cunslabat cnim, si scriptoribus gra^cis fides, auro, argenlo, cristallo, cxierisque nîclallis preliosioribi.s ; pra-terea niargarilis et omnis gcncris lapillis comminulis, sinuilque permixlis, condatis et liquefaclis. > (Duc.ingc, Comment, in Pauli sUeut. desiùpi. — Cf. M. l'abbé Texier , Atutales arcliéolojùjues, Umu. IV, pas. il35.)
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