PRÉFACE
Jusqu'à présent nous avons vu un trop grand noiuhio d'antiquaires ne sachant voir dans nos églises qu'un travail d'une perfection surprenante, des pierres liées ensomble par les lois d'une sag^e et heureuse symétrie, des sculptures et des ornements patiemment ciselés. Il appartient spécialement au clergé de suivre une voie plus chrétienne et, en cela, beaucoup plus vraie. Grâce aux écrits de plusieurs ecclésiastiques, la funeste théorie de Vart pour l'art, qui consiste à apprécier les œuvres artistiques uniquement au point de vue do la perfection des formes, a été condamnée et chassée du domaine de l'archéologie du moyen cige. 0n a bien compris que c'était acte de raison et de justice ; car tout écrivain, fût -il irréligieux, s'il a occasion d'écrire quelques lignes touchant nos antiques cathédrales , no croit pas pouvoir se dispenser de faire au moins allusion à la puissance de In foi catholique et à la grandeur des œuvres dues à In civilisalion chrétienne.
Le clergé doit cultiver l'archéologie sacrée. Le prêtre est le gardien naturel des églises ; il y exerce les fonctions de son auguste ministère, ("ommcnt resterait-il étranger à des connaissances dont l'objet est précisément les édifices et les innombrables instruments ou meubles consacrés ou servant au" culte divin? Nous adressons à nos confrères cette belle parole quo Mgr D.-A. Dufélre, évêque de Ncvers, adressait aux membres du clergé de son diocèse : « Sans négliger l'importance historique et artistique de nos immortels monuments, nous verrons dans leur construction l'image éclatante de la transformation morale que le monde a subie sous l'influenee de la religion de Jésus-Christ, et nous nous réjouirons en reconnaissant que non-seulement la doctrine évangéliquo surpasse toute doctrine venant des hommes, mais que les monuments élevés par le christianisme sont bien au-dessus d(\s autres monuments construits pour des destinations diverses. (Lettre circul. sur l'archéol. relig. Nevers, 17 avril 1844.)
Nous devons faire connaître à nos lecteurs le but que nous nous sommes profposé d'atteindre dans le Dictionnaire d'Archéologie sacrée, et io plan que nous avons suivi.
1" En adoptant la disposition des matières par ordre alphabétique et en forme de Glossaire ou do Dictionnaire, nous nous sommes efforcés de faciliter les recherches de ceux qui tiennent h trouver promptement et commodément tout ce qui concerne chaque objet en particulier, appartenant à l'archéologie. L'ordre alphabétique, si favorable aux recherches, ne l'est pas tant aux études suivies, parce que les matières n'y sont pas classées suivmi'l'ordre logique. Nous avons tAché de remédier à cet inconvénient. A la fin du dernier volume, nous avons placé un Tableal méthodique très-détaillé, où nous avons indiqué par chapitres tous les articles qui traitent d'un môme sujet ; de sorte que celui qui voudra faire de l'archéologie une élude raisonnée et suivie, pourra très-aisémenl, à l'aide de ce tableau, lire divers articles comme les feuillets d'un môme chapitre, quoique es articles soient disséminés en plusieurs gros volumes.
2" Nous ferons suivre ce Tarleau méthodique d'un court Résumé des caractères architectoniques, où nous dormerons en abrégé les caractères essentiels qui distinguent les édifices religieux construits aux différentes périodes du moyen ;1ge. Avec le secours de ce RÉSUMÉ, tout le monde, après un travail de quelques jours et quelques efforts de mémoire, pourra reconnaître au premier coup d'oeil l'Age d'un édifice quelconque et celui des principales parties de cet édifice, si le monument n'a pas été bâti d'un seul jet. Ce sera une espèce de Manuel où l'on puisera les connaissances indispensables à quiconque désire visile.avec utilité les monuments du moyen Age, et où, en (pioiques pages, on trouvera les Principes et les Eléments de la critique des monuments.
3° Nous donnerons en troisième lieu une Table analytique dos maliè es, où l'on verra la succession des idées développées dans chaque article du Dictionnaire.
4" Sous le litre de Bibliographie archéologique, nous avons rangé tous les ouvrages traitant de l'archéologie qui sont parvenus à notre connaissance. Nous avons beaucoup tra^
Préface.
vaille à rendre complète cette longue ^numération : nous croyons n'avoir pas fait d'omissions graves, surtout de ces omissions qui puissent porter préjudice à ceux qui tiendront à consulter les auteurs originaux de quelque valeur, qui ont écrit sur les diverses branches de la science des antiquités.
5* Entin, nous terminerons en donnant par ordre alphabétique les noms des Auteurs cités dans le Dictionnaire d'Archéologie sacrée, ayant soin de renvoyer à la page où ils sont cités, ainsi que leurs ouvrages.
Dans un ouvrage aussi étendu que le Dictionnaire d'Archéologie sacrée, qui est le premier en ce genre embrassant un très-vaste objet, il se trouvera sans doute de nombreuses imperfections. Je prie, à l'avance, mes lecteurs de me le pardonner. Je serais trop heureux si je pouvais être utile à quelques-uns de ceux qui cultivent une science que j'ai moi-même toujours cultivée avec prédilection, et surtout, si en mettant convenablement en évidence les grandes œuvres exécutées sous les saintes influences de la religion chrétienne, je pouvais contribuer à faire tomber quelques-uns des injustes préjugés qui existent encore contre l'Eglise catholique, et ramener quelques hommes dans nos temples, non-seulement pour y admirer les chefs-d'œuvre de l'art chrétien, mais encore pour y prier, et devenir des membres vivants de cette Eglise de Jésus-Christ, qui passe dans le temps et qui dure dans l'éternité 1
D'ARCHEOLOGIE