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ques. » (Les Cathédrales de France, par M. le chanoine Bourassé , 1843 ; Tours , Maine , paj;. iOO et i91.)
AVANT-NEF. — Partie des anciornes églises chez les Grecs : elle se trouve à l'entrée, avant la nef. Dans les auteurs , elle est appelée autrement premier porti(|uc , prior purlicus. C'est ce que nous désignons quelqu( lois sous le nom de pronaos : cette ])urtie a de l'analoi^ie avec le nartliex ou porche, que l'on voit à certaines ét;lises romanes, dans le centre de la France. Les énerguuiènes et les pénitents , qui étaient au premier degré de la pénitence publique , se tenaient dans l'avant-nef.
En France, aucun monument n'oiTre une avant-nef aussi spacieuse et aussi remarquable que la grande église de Vézelay. Saint- Père-sous-Vézelay présente encoiij la même disposition, ainsi que Notre-Dame de Dijon. L'antique abbatiale de Cluny présentait égal'^ment une disposition semblable. {Voy. Porche , Narthex, Vestibule.)
AVANT-PORTAIL. — Cette dénomination, qui se retrouve dans la description de nos grands édifices, n'a pas été conservée, quoi-
qu'elle mérite de l'ôtre. Elle désigne trèsbien les portails en avant-corps qui précèdent les portails pro[)rement dits de certaines églises. Le portail dit des Libraires , <^ la cathédrale de Rouen, a été enrichi d'un a^ anlporlail en liHl. Nous connaissons plusieurs cathédrales , en France et en Angleterre, où se trouvent dps constructions de ce te nature. Ce que les Anglais appellent portails do Caliléo on du Nord , forme souvent des avant-portails fort curieux. A la cathédrale d'Orléans, il y a une espèce d'avant-portail à la façade principale.
AV^EUGLE. — En archiicctiire, on appelle fenêtre aveugle, galerie aveugle, arc aveugle, toute fenèti e , galerie ou arcade simulées. Cette ox[)ression s'emploie assez fréquemment dans la description des cathédrales et des grands édifices d'architecture romanobyzantine ou ogivale. Les arcades aveug'es sont fré({ueuunent usitées pour décorer les murailles intérieures ou extérieures d'une superlicie considérable : elles en rampent la monotonie et connnuniquent du mouvement et de la vie à l'ensemble du monument. Voy. Arcatlre.
BABEL. — L'Ecriture sainte, dans le livre de la Genèse, nous parle des vastes tr .vaux entrepris par les hommes, au milieudo la plaine de Sennaar, et surtout d'une tour gigantesque, monument d'orgueil et de confusion. Nous n'avons point ici à en donner la description d'après les restitutions plus ou moins ingénieuses opérées par les interprètes de la Bible : ce travail convient aux antiquités bibliques proprement dites. Ce qui appartient spécialement à nos recherches archéologiques, ce sont les ruines de Babylone, dans leur élat actuel, où les voyageurs ont reconnu les restes de la fameuse tour de Babel. Dans un cours professé à la bibliothèque Royale, sur les monuments et antiquités de l'Asie, iSl Raoul Rochette a décrit ces restes à l'aide du récit des voyageurs et des dessins rapportés par eux.
« Lorsque l'on s'avance dans la ville en suivant le cours du fleuve, dit M.R.Rochelle, on voit s'élever sur les deux côtés de colossales ruines; elles sont plus nombreuses sur la rive gauche ou orientale. C'est le monument appelé communément Birs-Nemrod, c'est-à-dire palais de Nemrod : c'est l'antique Babel. Ce vaste édilice, situé à un mille et un quart du fleuve et cependant compris encore dans l'enceinte de l'ancienne ville, est de forme oblongue, irrégulière, de 2082 pieds de tour, 82 seulement de plus que fetrabon n'en assigne au temple de Bélus ; diiïéience légère, (lui s'explique sulfisamment par la cnuledes matériaux. Sa hauteur est inégale et varie de 50 à 60 pmls à l'occident jusqu'à {)rès de 200 à l'orient. Cette inunense terrasse est surmontée d'un reste de inurciilli?s de briques cuites et non simtjlymeut scchées au solc;il, haut de 35 pieds
et divisé en trois étages; par sa construction et ses matériaux il indique des appartements inlérieurs. Des monceaux de briques, des pans de muraille entiers, se sont détachés et jonchent le terrain. Tous les voyageurs ont remar(|ué avec un vif étonnement et une profonde émotion d'immenses masses de briques vitritiées comme par l'action d'un feu violent; symptômes éclatants de quelque grand désastre, signes évidents de la foudre qui a détruit ce monument. Le voyageur anglais Mignan a dessiné et fait graver j)Our son ouvrage une de ces masses vitriliées, haute de 12 à 13 pieds. De l'exaii'.en de cette ruine, il résulte que ce monument était construit en pyramide et s'élevait très-haut.
« La désolation lègne dans toute son horreur sur les ruines de Babylone. Pas une habitation, pas un champ, pas un arbre eu feuilles : c'est un abandon cortlplet de riiomme connue de la nature. Dans les cavernes formées par les él)Oulements ou restes des antiques constructions, habitent des tigres, des chacals, des serpents, et souvent le voyageur est etfrayé par l'odeur du lion. Ces ruines sont un objet de terreur pour toute la contrée : l'homme ne s'y arrête ()ue pour détruiie, !• s caravanes évitent de les traverser, et ce n'est qu'en a If roulant la mort que l'antiquaire peut les observer et les décrire. C'est ainsi que s'est accomplie à la lettre la prédiction du pr()[)liète Lsaie, qui (lisait au moment de sa plus grande S|)lendeur : « Je visiterai les crimes de cette contrée et l'iniquité des impies : j'abattrai l'orgueil des superbes, jliumilierni l'insolence des tyrans ; le juste, walheurtur est plus précieux pour moi (/ne l'or le jfliis pur... — Celte superbe Babylone, la gloire des royaumes^
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rorgueil des Chaldécns, sera détruite cotnme Sodome et Gomorrhe. — KUe sera déserte jusque} la fin des siècles; les générations ne la verront pas rétablie ; rArabe n'osera y planter sa tente, et les pâtres n'y laisseront pas reposer leurs troupeaux. Elle deviendra le repaire des bétes féroces ; ses palais seront remplis de serpents: des oiseaux sinistres s'y feront entendre: des animaux sauvages y pousseront des hurlements, des monstres affieux affligeront les pulais élevés à la volupté. » {Isa. XVII, 11 12, 20, seq. )
BADIGEON. — Le badigeon se fait avec dos morceaux de pierre tendre, délayés dans l'eau avec une matière colorante. Dans lo langage archéologique, on entend communément par badigeon toute espèce de teinta passée à la chaux, h la colle, à Thnile, sur les parois d'un édilice, quel que soit le genre de sa construction, et môme sur des boiseries.
Une des plus déplorables réparations qu'on ait fait subir aux églises du moyen âge, c'est le badigeonnage et surtout le grattage, vraie lèpre qui s'aU.iche aux murailles du saint éditice et qui en détruit toute la beauté.
Le badigeonnage varie ses combinaisons.
Il adopte également le jaunAtre, le rose, le bleu de ciel, le vert clair. Sans respect pour les sculptures les plus délicates, le badigeonneur promène partout son hideux pinceau. Les légères dentelles en pierre, les dessins gracieux, les découpures transparentes, les ciselures fines, véiitable orfèvrerie en pierre, le moelleux du travail, tout disp.Traît sous une couche épaisse de bad;geon boueux.
A quoi bon d'ailleurs vouloir farder les murailles d'une église? Pourquoi chercher à les faire paraître d'hier, tandis qu'elles comptent déjà plusieurs siècl .s d'existence ? L'àuie s'émeut vivement au milieu de ces murs et de ces colonnes, sous ces voûtes dont toutes les pierres sont empreintes de la poussière que les siècles y ont successivement déposée, et dont les échos semblent murnmrer encore quelque chose des chants et des prières des générations écoulées. Vous chercherez en vain ces sensations dans un temple bâti de la veille et qui n'a encore retenti qu'au bruit du marteau et aux cris des ouvriers. Ces pierres neuves sont muelles, elles n'ont rien avons raconter; tout ce qui vous entoure est dénué de souvenirs. Eh bien ! ces souvenirs, vous les bannissez de l'église anti(]ue, que vous vous etforcez de rajeunir, en la blanchissant à l'aide du pinceau et do la râpe 1 Le badigeon n'est pas seulement un contre-sens, c'est une profanation.
Que dirons-nous de cet autre badigeonnage à l'huile qu'on ap[>lique sur les boiseries d'un travail précieux? 11 élend à trois couches une croûte solide qui cache pour jamais les plus charmantes ciselures. La rafson de conservation pourrait-elle être avancée pour excuser une destruction d'autant plus dé[)lorable qu'elle était plus facile à éviter ? Combien de travaux d'un prix ines-
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timable dont la délicatesse a été ensevelie pour toujours sous des peintures grossières qui n'ont qu'une funeste qualité, leur inaltérable ténacité !
Nous aurions jeté quelques paroles de malédiction sur les détestables })eintures rouges, jaunes, bleues, et même sur les marbres, imitation piétendue de la nature, dont on a longtemps souillé les murs du sanctuaire, si le bon goût ne les avait pas à jamais proscrits de nos églises. Il s'est opéré , à ce sujet, un changement presque complet dans les idées : on a compris que les yeux des villageois devaient être moins consultés, dans les travaux d'ornementation, que les règles sévères et invariables du vrai beau.
Une opération encore plusbarbare que le badigeonnage des églises, c'est le regratta^^e des ornements et même des surfaces planes des murailles. Par ce procédé funeste, les formes sont altérées, sont détruites sans espoir de réparation possible. On peut faire disparaître le badigeon, difficilement il est vrai ; mais qui rendra aux sculptures amaigries leurs contours harmonieux ? nous aurions peine aujourd'hui à remplacer ces prodiges d'adresse et de patience des artistes d'un autre âge, et nous les livrons sans hésitation et sans remords à la râpe dévastatrice d'ua ignorant manœuvre !
Puisqu'on proscrit si sévèrement le badigeonnage et le regrattage, faudra-t-il abandonner nos églises à la poussière et à la malpropreté? Non, certes ; la décence et le resj)ect dû au saint lieu s'y opposent. On peut employer un moyen facile, économique, pîopre à donner aux murailles un brillant pittoresque sans leur enlever cette teinte obscure qui atteste leur glorieuse antiquilé. Ou se sert de larges brosses épaisses et souples, qui emportent la poussière des voûtes et des murailles sans rien altérer. Ce procédé a été plusieurs fois mis en usage, aux applaudissements des amis éclairés des arts , et tout porte à croire qu'il sera bientôt exclusivement adopté. Faire mieux, et à moindres frais, tel est le problème qui a été résolu de la manière la plus satisfaisante.
C'est ainsi que nous parlions en 18il , dans notre livre intitulé : Archéologie chrétienne. Depuis cette époque, de nouvelles expériences ont été tentées pour débadigeonner les églises. C'est ainsi que la belle cathédrale d'Autun a été entièrement dépouillée des couches de badigeon qui en salissaient les murailles. Cette opération a très-bien réussi, et les amis de l'art chrétien ont été heureux de voir combien ce monument intéressant à tant de titres avait gagné, sous le rapport de l'etTef, depuis que la pierre de la construction a été rendue à sa teinte i)rimitive. A l'église abbatiale de Saint-Julien, à Tours, charmant monument du xm' siècle, l'architecte chargé de la restauration, M. G. Guérin, a emi>loyé le système de nettoyage à la l)rosse pour rendre aux voûtes, aux chapiteaux des colonnes, aux murailles leur couleur naturelle et première. Cenettoyagc, commepartout où ilaété adopté ot mis en pratique avec intelligence,