‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 77 sur 195 · BAG · texte numérisé non relu

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a produit les r^sullnts les plus satisfaisants.

On ne saurait sY'lever avec trop de force ff-ntre le hadigeonnage de nos vieilles églises. Nous citerons quilques passages d'une lettre de M. le comte de AlHUtaiembert à M. Victor Hugo. « C'est surtout une bien funeste et bien surprenante manie que colle de tout rep«'indre et de tout reblancliir, dont le clergé a été possédé penlant les (piinze années do la Restauration (M. de Montalembert écrivait celte lettre en 1833), et h. la(]uelle il est loin d'avoir renoncé. 11 a l'air de s'ôtre dit : « Voil.^ les mauvais jours qui vont fniir; une nouvelle ère de prospérité et d'éclat va se lever pour )e c;itholicisme en France. Donnons, par conséquent, à nos églises, un air de fôte. Il faut les rajeunir, les pauvres vieilles; il fiuit prêter à ces antiques monuments d'une antique croyance toute la fraîcheur du jeune âge ; nous en lutterons d'autant mieux avec toutes les nouvelles religions qui pullulent autour de nous. Sus donc, mettons-leur du rouge, du bleu, du vert, du blanc, surtout du blanc ; c'est ce qui coilte le moins, et puis c'est la couleur de la dynastie des Bourbons ; blanchissons donc , regrattons , peignons , fardons, donnons à tout cela l'éblouissante parure du goût moderne. Ce sera une manière comme une autre de montrer que la religion est de tous les siècles et de toutes les générations.

« El chose à jamais déplorable, si cela ne s'est pas dit, cela s'est fait, et cela se fait encore tous les jours ; et de la sorle on est parvenu à mettre nos plus beaux monuments religieux en état de lutter en blancheur avec les maisons nouvellement bâties. Mais encore, à quoi bon ces feintes et ces enjolivements ? Ministres du Seigneur, puisque les calamités du temps ne vous ont laissé que des temples de bois et de rude pierre, laissez voir ce bois et cette pierre, et n'allez pas rougir de cette gloire 1 »

Le midi de la France, bien plus encore que le nord, est exposé à cette épidémie de la détrempe et du badigeon. Les églises de la Suisse sont encore plus gâtées par le badigeon que les églises de la France. Il n'y a guère d'églises dans les cantons catl)oliqi:es qui n'ait été déshonorée par le fâcheux et ridicule système du hadigeonnage.

En finissant, répondons à une difficulté : on a demandé s'il n'était pas nécessaire de recouvrir d'une teinte blanche les murailles revêtues d'une mousse verdâtre, produite et entretenue par l'humidité. Nous dirons que non. Cette mousse verdâtre disparaîtra d'ellemême, lorsque les murailles auront été assainies. Enlevez la cause de l'humidité, et vous ôtei ez la mousse, qui tombera d'ellemême. Lorsque les murailles seront sèches, il suffira de les frotter légèrement avec une brosse pour les rendre propres. Le badigeon mis sur les taches vertes [)roduites par l'humidité ne stira pas un remède contre le mal : ce sera tout au plus un palliatif.

BAGUE. — Voy. Anneau.

BAGUETTE. — Petite moulure ronde, moindre qu'un astragale {Voy. Astragale),

sur laquelle on taille quehjuefois des ornenunls, comme des rubans, des feuilles de chêne, des bounuets, des bianches de laurier, etc. De là les expressions ; baguette à ruban, à rose, à cordon, à feuilles de chêne, etc. (Voy. MoL'LL'REs.)

BAHUT. — On dit qu'une pierre est taillée en baliut ou bahu, quand elle est un peu arrondie par dessus, comme sont celles ([ui sont au-dessus des parapets, ou des appuis des quais et des ponts.

BAIE. — 0[i appelle 6/ije l'ouverture d'une porte, d'une fenêtre, d'une arcade. On donne également ce nom à toute ouverture pratiquée dans une muraille ou dans ui:e charpente.

La forme des baies, des portes et des fenêtres a varié aux diverses périodes de l'architecture chrétienne au moyen âge. C'est sur cette diversité que repose un des principaux caractères de l'art de bâtir durant la période romano-byzantine et la période ogivale.

Voy. Fenétue, Porte, Arc4de.

On a souvent pratiqué ds'S baies géminée» dans les édifices religieux. On en trouve des exemples dans les monuments les plus anciens, non-seulement en Angleterre, dans les curieux débris que l'on attribue à l'architecture saxonne, m lis encore en France dans les églises de l'époque romano-byzantine priniord^ale. Au xi^ siècle, les haies aéminécs sont a-sez communes : parfois elles sont surmontées d'un œil ou oculiis, analogU(> h Vvculus des anciens, prélude des belles fenêtres h lancette géminée du xnr siècle.

BAINS. — Nous n'entrerons pas ici dans de longs détails sur les bains ou thermes des anciens. C'est un sujet qui touclie de loin seulement aux matières dont nous traitons spécialement. Nous renvoyons aux traités spéciaux qui ont été composés en très-grand nombre sur cet objet.

La manière de vivre et de s'habiller des anciens leur rendaitl'usagedesbains nécessaire et indispensable : dans les premiers tem[)S la simplicité avec laquelle ils les prenaient répondait à celle de leur vie. Nous voyons dans l'Ecriture la fille de Pharaon allant aveo ses compagnes et ses suivantes se baigner dans le Nil. Homère, Moschus et Théocrito font de môme prendre le bain dans des fleuves aux princesses Nausicaé, Europe et Hélène. Il y a lieu de croire que ce furent les Grecs qui, les premiers, eurent dans leurs maisons des salles uniquement destinées pour les bains. De la Grèce cet usage passa cheg les Romains , qui se distinguèrent en cette partie, comme en toutes les autres, par une magnificence prodigieuse.

Les ciirétiens furent condamnés, durant les persécutions, à travailler aux bâtiments destinés au service des empereurs, et c'est une tradition bien fondée que ce sont eux (pà ont bâti les thermes do Dioclétien à Rome. C'est dans les ruines gigantesques du ces thermes que se trouve aujourd'hui la chaimante église de Sainto-Marie-des-Argcs.

BAIN DE MORTIER. — Les ma(;onncriPS de biocase sont ordinairement faites à bain

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de mortier, c'est-à-dire que les pierres qui les forment sont comme noyées dans une grande quantité de mortier qui remplit toutes les cavités qui se trouvent entre elles. Les murailles antiques, connues communément dans nos contrées sous le nom de murailles gallo-romaines, sont ordinairement bâties à bain de mortier, pour la partie forte et centrale : l'extérieur seul est formé d'un p.irement de pierres régulières, soit à grand ajipareil, soit à petit appareil.

Durant l'époque romano-byzantinc primordiale, les voûtes, quand elles existent, sont bâties en petites pierres noyées dans le mortier. Ces voûtes sont rares : on les rencontre particulièrement au-dessus des absides et quelquefois sur les nefs mineures des églises les plus anciennes. Parfois aussi au xr siècle on trouve des voûtes de cette manière : les voûtes d'arête sont ordinairement bâties ainsi. Entin, jusque dans le xni* siècle, au moment où le style ogival atteignait à sa plus grande hauteur , on élevait des voûtes dont les pierres irrégulières étaient assemblées à bain de mortier. Ces voûtes étaient ensuite recouvertes d'un enduit, sur lequel on simulait un appareil régulier. Voy. Appareil, Voûtes.

BALCON. — Ce n'est guère qu'au xv* siècle que l'on commença à construire des balcons aux maisons et aux habitations particulières. Du Cange , après Acharisius , dit <|ue c'est un nom propre venu des Vénitiens , (juelques-uns disent des Génois. Dans le principe ces balcons n'étaient autre chose que des avances ou des tourillons au-dessus des portes des citadelles, d'où on lançait toute sorte de traits sur les ennemis. Le P. Janning, jésuite, dans les Acta sanctorum ( Jun., t. J, pag. 709j, sur le mjt bnlconum, qui se trouve dans les actes de saint Bertrand, patriarche d'Aquilée, dit que ce mot est un augmentatif de palcus, qui a la môme signification que suf/gestus. Les balcons des forteresses étaient construits pour les besoins de la défense et par la nécessité d'établir des mâchicoulis.

Les balcons du xv" siècle furent ajoutés par-devant les fenêtres non par un motif de défense militaire, mas par une raison de luxe, de commodité et de confortable. Us sont communément bâtis avec une rare élégance, et ils servent quelquefois de communication extérieure entre plusieurs fenêtres. Les balustrades qui les garnissent sont découpées à jour et très-Onement travaillées. On y voit souvent des figures gracieuses, des devises, des emblèmes, des fleurons, des armoiries, des monstres et des chimères.

BALDAQUIN. — L Le baldaquin est une espèce de petit dôme, de forme variée, destiné h recouvrir l'autel : il est supporté ordinairement sur quatre colonnes. Ce baldaquin, autrement appelé ciboire, paraît avoT éié généralement usité en Europe durant le moyen âge. On en trouve même des vestiges dans les églises bâties au xvi* et au xvn* sièçlp. L'usage en était varié. D'abord, il était destiné à couvrir et à protéger l'autel. Eu second lieu, il soutenait les i idéaux ou

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courtines qui se déployaient à l'entour. En troisièmelieu, il supportait la croix placée au sommet du ciborium, et cette coutume est bien plus ancienne que celle do mettre la croix sur l'autel lui-même. Enfin, on suspendait au centre une colombe d'or ou d'argent, pour la réserve eucharistique. Dans les églises où il n'y avait pas de baldaquin, on étendait au-dessus de l'autel une espèce de dais en étoffe précieuse, ou simplement en toile. (Voy. Dais.) Du Cange, en son Glossaire, cite «^ ce sujet un décret du synode tenu à Cologne en 1280 : Item prcecipimus ut sxirfum super altare ad lalitudinem et lortgitudinem altaris pnnnus lineus olbus exiendalur, uttiefendatetprolegalaltare obom^ nibusimmunditiisetpuheribusdefcendeulibus.

Le baldaquin ou ciboire est, sans nul doute, la manière la plus convenable de recouvrir l'autel, et en môme temps la manière la plus righe et la plus élégante. Il serait vivement à désrer que les ciboires ou baldaquins fussent établis dans les grandes églises, au lieu des autels appuyés le long des murailles , avec de hauts retables, comme cela s'est trop souvent pratiqué dans ces derniers temps. On voit encore quelques anciens baldaquins subsistant toujours en Italie, dont la disposition est fort remarquable, mais qui ne conservent plus les courtines qui y était-nt jadis attachées. Les anciens baldaquins ou c'boires étaient faits en bois, en marbre, en pierre, en bronze ou en métaux précieux, et ornés de flambeaux aux jours de grande solennité.

Etienne Borgia, dans son ouvrage : de Cruce Veliterna, ((de]aCro\\ deVellétri,» nous dit que cette croix est placée sur un ciboire de marbre, appuyé sur quatre colonnes établies à l'autel de Saint-Clément, à Vellétri. L'église de Saint-Clément, quoique non bâtie sur le plan de la croix, est néanmoins construiteen formede vaisseau : le vaisseau ne peut-il pas être regardé, suivant quelques auteurs ecclésiastiques, comme un emblème de la croix ? Suivant les plus vieux écrivains liturgistes uu ritualistes, comme disent les plus anciens auteurs, la pratique de couvrir les autels avec des baldaquins ou des dais, supportés par quatre colonnes, est justifiée parla sanction qu'elle trouve dans les plus antiques coutumes ecclésiastiques, et elle est un souvenir de l'arche d'alliance, ou une allusion au tabernacle de l'ancienne loi. De même que l'arche contenait les tables de la loi de Dieu, de même le ciboire recouvre les mystères ou sacrements do la nouvelle loi, célébrés sur le saint autel parles prêtres de l'Eglise de Jésus-Christ. Cette remarquable analogie entre l'arche et le baldaquin est positivement indiquée par la consécration du ciboire, où l'on fait allusion à l'arche d'alliance, ainsi que le démontre dom Martène, dans sa collection précieuse des anciensRites de l'Eglise, de antiquis Ecclesiœ Riiibus. (lib. II. cap. 19.) Le même savant bénédictin nous apprend que les bald.Kiuins ou ciboires ne recouvraient pas seulement les autels , ma's qu'ils étaient placés assez souvent au-

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dessus dos toniboauK dos martyrs et des 'lutros saints. 11 y avait deux cihoires ou baldaquins de cette nature sur la Confession du prnicedesapùtres, suivant saint Grégoire de Tours, un au-dessus de l'autel et l'autre audessus de la Confession elle-même. Le même écrivain parle dos piliers qui supportaient le ciboire du tombeau de saint Pierre. Anastase le Bibliothécaire nous apprend que ce baldaquin fut remplacé par un autre d'argent par le pape saint Grégoire le Grand. [Voy. Catacombes. ) Le môme Anastase raconte encore qu'un autre baldaquin d'argent fut placé sur le tombeau do saint Pierre par le pape Léon HL Saint Jean Clirysostome, dans sa ^2" homélie sur les Actes des apôtres {Chap. XIX, vers. T*), rapporte que les petits temples de Diane en argent ressem- Dlaient à de petits baldaquins ou ciboires : forte quasi ciboria parva ; d'où l'on peut conclure que le nom, de même que la chose , était connu des païens. Quelquefois, le nom d'église, dans les anciens documents ecclésiastiques, désigne un ciboire ou baldaquin, ou un dais. Nous en trouvons un exemple dans l'Histoire des Abbés de Saint-Martial, exemple cité par Du Gange, où il est dit que l'abbé Etienne « éleva au-dessus de l'autel du Sauveur une église d'or et d'argent, qu'on appelle munern : Composuit super altare Salvalorix ecclesiam ex auro et argento, quam vocanl 'inuneram , c'est-à-dire un ciborium. Pour revenir au baldaquin ou ciboire, dans le sons propre du mot, nous devons ajouter que c'était l'usage de le surmonter de la croix, emblème du salut. D'abord on plaça des croix, et plus tard des crucifix, au-dessus des baldaquins. Ces croix ou crucifix ne furent jamais mis sons le baldaquin : c'était le lieu réservé au précieux corps du Sauveur : l'hostie était suspendue au centre, dans une colombe d'or, ou dans une pyxide ou ciboire en forme de tour ou de colombe. [Udalric, lib. II Consuetud. Ctuniac.,cap. 30.) l'oy. Ciboire, Autel.

Le canon du second concile de Tours, tenu en 567, est connu de tout le monde, quoique le sens ait reçu autrefois diverses interprétations. La signification n'en paraît pas douteuse, quand on se reporte aux usages ecclésiastiques primitifs. Le père Longueval s'est trompé dans son Histoire de l'Eglise gallicane. Dom Mabillon, dans sa Liturgie gallicane, a restitué ce passage à sa vraie et naturelle signification. Nous en avons parlé h l'article Autel. Voici le canon du concile de Tours : « Que le corps de Notre-Seigneur soit conservé sur l'autel, non in imajinario ordine, sed sub crucis titulo, » c'est-à-dire, non dans un tabornacle, ou un petit cil)oirc, fat comme les images et les bas-reliefs, ir.ais au-dessous du ciboire , suspendu dans une pyxide ou une tour, qui, comme il vient d'être dit, est en forme de colombe. Connue la croix surmonte le baldaquin, on peut dire que le saint sacrement était placé « sous le signe de la croix, sub cncis iiiulo. »

Borgia nous fait connaître qui> mainlonant, dans l'église de \'e!létri, le baldaquin <iui

couvre le principal autel n'est plus girni de rideaux ou coui-tines. Dans les premiers temps, les baldaquins étaient constamment garnis de courtines ou voiles, d'étoffes précieuses, surtout en Italie. Nous savons par des documents positifs que les rideaux n'étaient pas toujours usités en France, autour du ciborium. Celte ditférence provenait chez nous de ce que, le plus ordinairement, l'abside était fermée par un grand voile, au moment oij s'opéraient les mystères chrétiens. Ce serait tomber dans Terreur que de croire que les faits, mentionnés pour l'Italie ou les Gaules, fussent les mêmes dans tout l'univers chrétien , à la môme époque. C'est ainsi que Guillaume Durand, dans son Ralional des divins Offices, peut égarer ceux qui aujourd'hui veulent appliquer les renseignements qu'il nous donne, indistinctement à toutes les églises et à tous les pays. Anastase le Bibliothécaire, dans la Vie des papes, parle souvent des courtines du baldaquin. Elles étaient ordinairement de pourpre, ornées de broderies en or ou en argent : on y voyait même représentées des scènes empruntées à l'Evangde ou à l'Ancien Testament.

Outre les courtines suspendues au ciboire et qu'Anastase, dans le Liber Poniificalis , nomme telravcla ou cir ci lorium, il y avait encore dos rideaux qui enveloppaient le tombeau de l'autel et qui étaient destinés à préserver et à cacher les relicjues des saints : cette seconde espèce de courtines est ce qu'on nomme antipendium. Autrefois en efTrt on n'exposait pas les reliques sur les autels, mais sous les autels. L'exposition des reliques des saints sur les autels est une coutume moderne. On trouve un témoignage bien formel et bien précieux en faveur de l'antique usage dans les écrits de saint Odon, abbé de Ciuny. {Lib, ii Collât., cap. 28.)

II. Nous ne ferons point la description des grands baldaquins modernes que l'on voit dans certaines églises. Le baldaquin do Saint-Pierre de Rome est soutenu sur quatre colonnes. Il a, dans son ensemble, quatrevingt-neuf pieds de hauteur et pèse ccntsoiiante-quatre quintaux. Le baldaquin et ses colonnes sont en bronze doré. A l'église du Val-de-Gracc, à Paris, on voit un baldaquin d'un style imposant. Quoique ce monument manque d'harmonie et qu'il ne s'accorde pas avec le corps du monument, dont il rompt les lignes architecturales , il rappelle néanmoins les anciens ciboires qui recouvraient entièrement l'autel. C'est la Renaissance, au xvr siècle, qui a fait tombir la plupart de nos antiques bakliquins. Nous regretterons toujours les baldaquuis de style ogival, dont nous ne possédons plus que dos dessins ou des débris. On substitua alors aux ciboires les autels à retables appuyés le long des murailles de l'abside. Rien ne démontre plus évidemment rori;:,nne moderne de ces immenses rotables, aussi lourds que disgracieux, (]ue l'état des muradlcs où ils sont adossés, puisque l'on a été forcé de former des fenêtres, souvent fort belles,

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qui y ctaient ouvertes primitivement.

O'Jolquefois, au-dessus des autels isolés, on a construit , non un baldaquin proprement dit, mias une espèce de retable entièrement isolé. Ce système est encwre plus condamnable que celui qui consiste à établir les retables à l'appui des murailles. Il détruit complètement l'elfet des dispositions architecturales de l'abside et mt^me de celles du centre de l'édifice. On en voit plusieurs exediples à Paris. Ces exemples étaient tiien plus nombreux encore avant la révolution de 1789. Dans son Abrégé des antiquités nationales, ou Recueil de monuments pour servir à l'histoire de France, Millin en a publié beaucoup de modèles dilTérenls.

111. On adonné le nom de baldaquins aux dais en })ierre (jui recouvrent les statues ou statuettes placées dans les voussures des portails des cathédrales, ou en d'autres endroits des églises. Ces baldaquins sont fort curieux à étudier, et leur forme a considérablement varié. D'abord, à la fin du xii* siècle et au commencement du xiii* siècle, ce sont de petits monuments byzantins, avec leurs coupoles, leurs fenêtres, leurs arcades, leur ornementation capricieuse. Ensuite ils prennent exclusivement des ornements gothiijues, et enfin, au xv' et au xvr siècle, ils foraient de petites tourelles à plusieurs pans, oii le génie de la sculpture a épuisé la variété de ses combinaisons de lignes flamboyantes, des feuillages capricieux, des dentelles finement découpées , et où elle a déployé toute la patience de son ciseau. 11 y a des baldaquins qui sont surmontés de hautes pyramides évidées à jour : c'est là surtout que l'art gothique a étalé les ressources infinies qu'il mettait à la disposition du génie des décorateurs. Rien ne peut être comparé, en ce genre, aux pinacles vraiment féeriques que l'on admire dans presque tous les monuments élevés immédiatement avant l'époque de la prétendue Renaissance.

BALL-FLOWER. — Les antiquaires anglais appellent Bail- Floxcer un ornement ressemblant à une balle renfermée au centre d'une fleur, dont les trois pétales arrondies l'embrasseraient étroitement. Cet ornement est habituellement placé dans une moulure creuse, et on le regarde comme un signe caractéristique du style décoré, du xiv° siècle. Quelquefois on le rencontre dans les monuments du xni' siècle, comme à la façade occidentale de la cathédrale de Salisbury, où il est mêlé à des dents de scie : mais ce fait est très-rare. Ajoutons que cette exception s'explique parce que cet édifice a été construit dans les derniers temps du xm* siècle. L'ornement en question se voit fréquemment à la cathédrale de Héréford et à l'aile méridionale de la cathédrale de Gloucester : il est dominant dans ces deux édifices. Nous pourrions citer encors d'autres édifices où il apparaît comme ornement privilégié, par exemple, à la partie occidentale rie l'église de Grantham, à la cathédrale de Bristol, au chfiteau de Caerphilly, à la nef méridionale de l'église de Keynsham (Somer-

set). Une espèce de fleur à quatre pétales, ayant quelque ressemblance avec le ball-flo-wer, se trouve dans les édifices delà période romano-bvzantine.

BALUSTRADE. — L La balustrade est une espèce de barrière h hauteur d'appui , h claire-voie, garnie de balustres ou cloisons de toute sorte de dessins. On fait dos balustrades en marbre, en pierre, en bois, en bronze, en fer. On les place partout où un appui et une barrière sont nécessaires; dans la baie d'une fenêtre, au sommet d'une tour, le long d'une terrasse ou d'un toit, au-devant du chœur ou du sanctuaire d'une église {Voy. Chvncel, Table de commlmgn), au tour d'un autel, à l'entrée d'une chapelle, audevant d'une tribune.

Au XII' siècle, les balustrades sont rares ; quand elles existent, elles se composent de petites arcades, formées d'un trèfle à simples moulures en biseau, portées sur des piedsdroits proportionnés, à moulures correspondantes.

Au XIII' siècle, les moulures s'arrondissent, et communément le trèfle est inscrit dans une ogive ; les pieds-droits sont changés en faisceaux de peùtos colonnettes, avec bases et chapiteaux. Quelquefois aussi l'on conserve encore l'arcade à trilobés. Vers la fin du xiu« siècle, la balustrade est découpée en roses à trois, h quatre, ou à six })étales. D'autres fois, enfin, les arcades trilobées sont remplacées par de simples trèfles fermés.

Au xiy« siècle, les arcadci sont devenues plus rares et les découpures plus fréquentes. Elles se composent souvent de quatrefeuilles dessinés dans les ouvertures d'un treillis réticulaire.

Aux xv" et XVI siècles, les formes flamboyantes envahissent l'architecture ; les découpures des balustrades se compliquent et se tourmentent, selon le goût de l'époque, en épuisant toutes les combinaisons que l'on peut trouver à l'aide du compas et de la règle.

La Renaissance introduisit les balustrades découpées en arabesques, où l'on voit figurer des rinceaux, des fleurs, des figures et même des lettres fleuries, avec lesquelles on écrit des devises sur les châteaux, des versets tout autour des églises. Il n'existe rien de plus curieux, peut-être, en ceg^nre, que la balustrade de l'église de Notre-Dame de la Ferté-Bernard, au diocèse du Mans , où l'on a sculpté les lettres du Salie Begina.

Les balustrades qui régnent autour des galeries des grands combles, dans les monuments gothiques de vaste dim(njsion, sont divisées en travées par des aorotèr( s (Voy. AcROxiîRE) destinés ordinairement adonner de la solidité au corps de la balustrade. Quelquefois, comme à l'église métropolitaine de Tours, et en quelques autres endroits, ces acrotères sont formés par une statue de grande dimension, dont les jambes sont engagées dans la balustrade elle-même et dont le corps et la tête sont libres. Cette disposition produit le plus bel eff'et.

Ce n'est guère qu'au xiv* siècle que l'on a

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