DAN
CAN
4Sf.
commencé à établir des balustrades au pied des duchés. La plate-forme qui règne sur les tours, au point de départ des flèches et des pyramides, est entièrement dégagée , de manière que les faces de ces flèches affleurent celles de la tour. {Voy. Galeries.)
II. Les plus anciennes églises avaient ini lieu distinct et séparé pour les clercs ; les tidèles n'avaient pas accès à cet endroit réservé. Nous voyons même un des premiers conciles de Tours qui défend expressément aux laïques de franchir la barrière ou balustrade qui divisait la nef du chœur. Cette barrière, ordinairement en bois ou en fer, était assez élevée, à claire-voie, n'empêchait pas les fidèles de voir les cérémonies saintes et de s'édifier de la modestie et de la piété des ecclésiastiques.
Ces balustrades se conservèrent dans nos églises jusqu'au xiii* siècle. Ce fut à cette époque que l'on entoura le chœur d'une clôture solide et opaque, qui empêcha la vue des fidèles de pouvoir pénétrer dans le chœur. Ce changement fut ap{)orté dans les églises par suite de la multitude des fondations qui y furent faites par les fidèles. Pour remplir les intentions des fondateurs, les c'ercs furent forcés de rester au chœur la plus grande partie du jOur et de la nuit. Or, dans nos pays cette surcharge parut si pénible, que l'on se décida ci prendre contre les rigueurs de l'hiver dos précautions que l'on avait négligées jusque-là. Ce n'est donc point uniquement à la tiédeur des chanoines qu'il faut attribuer cette modification, comme certains critiques malins l'ont fait , mais à une nécessité véritable.
On se demande, actuellement que les raisons qui existaient au xiir siècle ne sont plus aujourd'hui, s'il ne conviendrait pas de démolir ces lourdes clôtures et de les remplacer par les balustrades usitées dans l'antiquité. La réponse est aisée. Si le chœur de certaines églises estlermé par des constructions massives, élevées sans goût, il n'y a pas à balancer, il faut les détruire. Mais si ces clôtures sont, admirablement ornées, conmie celles des cathédrales de Chartres , de Paris et d'Amiens, no serait-ce pas un acte de vandalisme que de détruire ces chefsd'œuvre pour mettre k la place des balustrades insignifiantes? Il y a dans certaines églises anciennes des balustrades modernes en fer travaillé, richement ornées, comme à Saint-Ouen de Rouen. En pareille circonstance, il est évident encore que l'on doit soigneusement garder ces intéressantes balustrades, comme un curieux spécimen de l'art moderne , quoique le style soit peu en harmonie avec celui de l'édifice. {Voy. Gkii.i.e.)
BANC— Dans les plus anciennes églises, le long des murailles intérieures , on voit des bancs en pierre, dont la destination n'est pas bien connue. Ces bancs existent aussi sous les porches , dans les cloîtres et jusque dans les galeries : quelquefois même ds entourent la base des piliers. On eu trouve en
France et en Angleterre. Dans ce donner pays on les nomme bench-table.
On a fait des recherches pour reconnaître si, dans les églises, anciennement, il y avait des bancs où les fidèles pussent se placer pondant la célébration de l'office divin. C'est un fait reconnu qu'en Italie et en Espagne il n'y eut jamais, dans les églises, de baïics de cotte cs[)èce. Quant à la France, le fait n'est pas aussi général. Dans plusieurs églises, il y avait des bancs plus ou moins ornés, dont on connaît au moins l'indication et dont on possède quelques débris. En Angleterre on a retrouvé des bancs exécutés au xiv' siècle, longtemps avant l'époque de la réformalion. Les antiquaires anglais ne font aucune difficulté d'en convenir, quoique l'usage des bancs soit devenu général chez eux seulement api es l'établissement de la religion prétendue réformée. On possède d'assez nombreux modèles dans le style ogival du XIV' siècle, mais ils sont beaucoup plus communs dans le style de la dernière époquo gothique.
Les bancs exécutés durant la période ogivale sont généralement fort simples ; ils sont quelquefois ornés de panneaux scul[)tés.
C'est ici le lieu de parler des bancs en ierre que l'on observe si fréquemment dans es églises anglaises, et qui ont été exécutés à une époque où. l'Angleterre appartenait à la véritable Eglise et était catholique romaine. Ces bancs y sont indiqués sous leur dénomination latine de sedilia. Ils sont situés dans le voisinage de l'autel, et souvent ils sont pratiqués dans l'épaisseur de la muraille. Ils sont ordinairement divisés en trois parties : l'une, celle du milieu, destinée au prêtre célébrant ; les deux aujtres, destinées au diacre et au sous-diacre. Ciiaque division est séparéerunedel'autre par une colonne te, quelquefois par une cloison. Les sedilia les plus anciens remontent au xii* siècle, et on en compte une grande quantité du xin* siècle et des siècles suivants, jusqu'au règne déplorable de Henri "V'IIl. Les sedilia olTrent trois sièges distincts : par exception, cependant, on en voit qui n'en on! que deux ou un seul ; d'autres, au contraire, en ont quatre, comme k l'église de Uothw el, dans le corn é doNorthampton, et h l'abbaye de Furness ; d'autres en ont jusqu'à cinq, comme au monastère de Southwell. Les sièges des sedilia ne sont {«as toujours au même niveau. Parfois le siège le plus à l'orient est plus élevé d'im degré que les deux autres ; quelquefois celui qui est le plus vosin de l'autel est le plus haut ; le second lui est inférieur; et le troisième est inférieur aux jesx aulres. Les sedilia sont décorés quelquefois avec un grand luxe. On en trouve ,qui sont surmontes de baldaquins irès-éiégants.
H est très-probable qu'il y avait des sedilia en bois , antérieurement aux sedilia on pierre ; mais nous n'en connaissons aucun exem[)Ie qui soit arrivé jusqu'à notre temps.
Dans les anciennes églises paroissiales, les sedilia sont très-simples et les sièges n'y
BAN
BAN
4QO
dépassent jamrîis le nombre de (rois. Ce ne l'ut que dans les églises calhéilrales ou collégiales, dosservias par un clergé nombreux, que les scdilia olfrirent quatre ou cinq sièges.
Banc-d'oeuvre. m. a. Berty, dans son Dictionnaire de l'architecture, avance que primitivement les bancs-d'œuvre étaient comp(>sés de stalles semblables à celles destinées aux clercs. Nous n'en connaissons aucun exemple. Nous pensons que l'introduction ues hancs-d'œuvre dans nos églises est fort moderne.
BANDE.— Moulure plate et peu saillante ; on l'appelle plus ordinairement plate-bande, et quelquefois face. C'est une partie lisse, d'une épaisseur peu considérable, qui rè:^no tout le long de la partie inférieure de l'architrave, de l'archivolte et du chambranle. Le nombre, la disposition des bandes, varient selon le style de l'architecture. On peut donner le nom de bandes aux fiices latérales des nervures usitées , au xii' siècle surtout, dans la construction des voûtes. On rencontre la même disposition dans les édiiices du xiii* siècle et jusque dans ceux du xiv'.
L'architecture romano-byzaiitine enijjloie fréquemment les bandes dans les parties les plus importantes des constructions religieuses. Afin de donner plus de richesse à la décoration inléiieure des édifices, elle charge les bandes d'ornements de toute espèce. En quelques contrées, les bandes sont creuséi'S de traits et de lignes qui forment des dessins capricieux, d'un caractère original ; les parties creuses sont remplies de peinture ou d'un mastic coloré qui produit un etfet assez
Êiquant. Au xii' siècle, on pratique dans les andes des espèces de découpures en trèfles ou en qufttre-feuilles, et ces bandes se développent quelquefois sur une grande longueur.
La même observation a été faite dans les monuments anglais , mais nous n'avons pas adopté l'expression de bande pour désigner l'ensemble des moulures qui entoure les colonnes au XII' et au xm' siècle, dans les édifices que les antiquaires de la Grande-Bretagne attribuent au style primitif anglais. On a retrouvé des bandes ornées, même dans des constructions qui paraissent antérieures au XI' siècle. On ne peut donc tirer un caractère bien significatif de la présence des bandes ornées , pour déterminer l'âge d'un monument : le style seul des moulures qui raccompagnent et des ornements qui la décorent peuvent guider l'archéologue. (Foy. iMou-
LUBES.)
Nous devons ajouter que les colonnes des ordres rustiques ont souvent leur fût entouré de bandes nombreuses, régulièrement espacées.
BANDEAU. — Le bandeau est une moulure unie et plate, mais plus large que la plate-bande. 11 se trouve autour de.5 biies des portes et des grandes arcades. 11 environne souvent les lenèlres simulées et sort d'accompagnement aux claveaux qui servent à en former l'ouverture. Le bandeau,
môme dans l'architecture grecque ou romaine, remplace souvent l'archivolte.
BANDELETTE. — C'est un ornement fréquemment employé au xii' siècle et déjà u-«ité au xi% Dans les monuments romanobyzantins de la Bourgogne et du Nivernais, on observe de fort curieux arrangements do bandelettes, où apparaît un goût fort remarquable dans les architectes. Les bandelett'.s sont simples ou ornées. Elles sont brodées, ou elles sont chargées de grosses perles demi-saillantes : ces dernières se nomment bandelellea perlées. Quelquefois elles sont garnies de points enfoncés, et cette particularité a été souvent observée dans le Nivernais.
Il ne faut point confondre les bandelettes avec les galons. Ceux-ci servent à orner les vêtements des statues et des statuettes , tandis que celles-là sont libres et s'entrelacent de toutes les manières. Certains chapiteaux du XII' siècle , ornés de bandelettes perlées, entremêlées à des feuillages, sont d'une élégance exquise et peuvent être comparés à ceux de la même époque et de l'époque suivante, uniquement formés de feuilles découpées et justement admirées. Non-seulement les bandelettes se déroulent en longueur, mais elles se replient en divers sens, de manière à se prêter aux mille caprices de l'ornementation. (Poy. Entrelacs, Galons.)
BANDEROLE.— La banderole est une petite bande plus ou moins allongée, plus ou moins ornée, que l'on met entre les mains des anges ou d'autres personnages, et qui est communément destinée à être garnie d'une inscription , soit en creux, soit en relief. C'est ainsi que les sculpteurs et les peintres ont souvent mis entre les mains de l'ange qui annonce l'Incarnation h la sainte Vierge, une banderole sur laquelle on lit ces mots : Ave , gratta plena. Les Grecs, dans leurs peintures, suivant une observation du savant M. Didron, placent fréquemment des banderoles entre les mains des principaux personnages. Dans le Manuel de l'iconographie grecque et latine, on trouve l'indication des légendes ou des textes qui doivent être écrits sur ces banderoles.
Sur certains tombeaux en marbre exécutés au XV et au \\v siècle, on voit de petits personnages portant des banderoles sur lesquelles sont inscrites les louanges du défunt. Plusieurs pierres tombales du xiii" et du XIV' siècle présentent l'image d'un squelette : de la bouche part une banderole sur laquelle on lit : Es quod eram; eris quod sum. Le mort s'adresse à celui qui voit l'inscription et lui donne un dur avertissement en disant: «Tu es ce que j'étais; tu seras ce que je suis. » On lit sur d'autres banderoles : Mémento mori. A l'église de Saint-Maclou, à Troyes, un squelette dont la tête est accompagnée de deux écussons blasonnés, présente une banderole oii se trouve l'inscription suivante : Sum quod eris , quad es eram; pro me, precor, ora. Celte banderole se trouve sur la pierre tombale de « noble homme Gillebin de Pons, seigneur de Ro-
iSO