‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 79 sur 195 · RAN · texte numérisé non relu

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f^jiepont, capitaine Au cliastel ot alleii de Bar-sur-Avibf^, q'ii trcsnnssa le prcinior jor (lo marsl'anM.cccc.xi.v. »

BANNIÈRE. — I. Durand, ('•vrqiicdc Monde , at'iirme quo l'Eglise a pris de l'enipcrour Constantin lusage de porter des croix et des bannières, en tcHe des processi<nis , en imitation et en souvenir de la ci'lèhre apparition In hoc signo rinces, qui précéda là bataille où Maxence perdit la victoire avec la vie. Chacun sait que la bannière de Constantin jiortait le nom do Labarum. En voici la description abrégée : Un long bAton en forme do pique était surmonté d'un au're ])lus petit; en travers do celui-ci pendait une f)ièce (rétoffc do pourpre, brodée d'or et enrichie de pierres précieuses. Une frange la terminait, et au-dessous d' cette frange étaient attachées au bilton quati e médailles d'or qui représentaient, en buste, l'empereur et ses enfants. Au-dessus de la traverse supérieure était une couronne d'or, au centre de laquelle était le monogramme de Jésus-Christ, formé des lettres grecques X et P entrelacées.

Selon Guillaume Durand, qui donne l'explication symbolique de toutes les cérémonies religieuses et des diverses parties des éditlces sacrés, la bannière précède les processions pour représenter la victoire de la résurrection et l'ascension de Notre-Seigneur, qui s'éleva dans les cieux, accompagné d'un grand nombre de ca-tifs débvrés.

La première bannière qui ait été bénite par un pape est celle que Grégoire 111 envoya, vers 752 ou 7o"}, au roi do France. Les clefs do saint Pierre y étaient représentées. Celt' bannière était en môme temps un étendard militaire; mais il ne faut pas oublier qu'à cette époque, et pendant de longs siècles, l'étendard militaire était bénit par l'Eglise et regardé comme un objet sacré.

Nous venons dédire qu'une bannière avait été envoyée dès le vuv siècle par un pape à un roi de France. On voyait jadis, dans une salle d'attente attenante à Saint-Jean de Latran, une mosaïque représentant saint Pierre assis suri •- trône ponlitical. A sa droite ét^iit le pane Léon tll ; h sa gauche, l'empereur Charlemagne. Le prince des apôtres présentait une élole au pape et une bannière à l'empereur. Cette salle, bâtie par Léon 111, ayant été déuiolie, la mosaïque a disparu. On en peut voir le dessin dans les œuvres de Ciainpini.

La bannière que l'on nomme Gonfalon ou Gonfanon , était originairement celle de l'armée chrétienne commandi'e par Baudouin. Le pape l'avait envoyée à ce j)! inco , comme au vrai défenseur de la foi contre les infidèles.

IL L'oriflamme, si célèbre dans notre histoire de Fiance , était une bannière rouge, soutenue par une lance dont la hampe élail recouverte (le cuivre doré. On en trouve la description dans un ancien inventaire de Siinl-Denis :« Etendard d'un condal fort épais, fendu ])ar le milieu, en forme de gonfanon fort caluc, enveloppô d'un bAton DicriON?»'. d'Auchéoi.ogig sacpèe. L

couvert de cuivre doré et un fer longuet et aigu au bout. » L'ancienne oriflamme, qu'on allait chercher en grande cérémonie à l'abbaye do Saint-Denis , fut perdue dans la guerre de Flandre, sous Philippe de Valois, lin vieux poëlc, (iudlaume Guiart, en [)arlo ainsi :

Orinamme est une bannière, Aucun poids plus (orle que g liiepic De ceailal roujoyant et simple.

Sans pourlraicUjre d'aune allairc.

III. II y avait aussi en Ecosse une bannière célèbre que Ion portait jadis à la têto des armées. Nous en donnerons une courte description empruntée à un ouvrage intitulé : H' tes o[ Uxirhnm obbey.

« Le prieur de l'abbaye de Durham avait fait faire une bannière magnifique, soutenue par une hampe très-haute, entourée de tubes d'argent qui so playaicnt ou s'enlevaient à vflonté. Cette bannière, entourée de la plus grande vénération, était portée en procession à l'intérieur de l'abbav e, aux jours de grande solennité. On la gar lait précieusement dans un coffre, auprès de la ch;Vsse où reposait le corps du grand saint Cuthbcrt. C'est là ([ue les autres bannières ou pavillons de l'abbaye étaient conservés, jusqu';: la malheureuse époque de la destruction t:e ce célèbre monastère.

« Le sommet de la hampe se terminait par une croix d'argent; les extrémités du bâton destiné à soutenir l'étoffe flottante de la bannière portaient une pomn;e en argent, délicatement travaillée, et une petite clochette également en argent. Ce bàion était mobile et attaché au pied de la croix.

« L'étoffe de la bannière avait en largeur environ quatre pieds sur une longueur un peu moindre. La partie inférieure en élait festonnée, et les festons étaient au nombre de cinq, bordés de franges. Le tout élait d'un trav.u'l admirable, en or et en soie cramoisie, et d'une grande solidité. L'étolfe était de velours cramoisi et ornée de broderies soie et or, représentant des fleurs et des feuillages. Au centre de la bannière la piécieuse relique do la vraie croix était enveloppée dans un corporal couvert de velours blanc. Cette partie de la bannière était décorée très-artistenient : on y voyait deux croix rouges sur le velours blanc, et des broderies d'un travail plein de goût, de délicatesse et de fantaisie. La partie inférieure portait trois jolies clochettes , semblables à celles que l'on appelle ctocli'S (le viatique.

a La bannière do rab!)aye do Durham était portée d ms les batailles; et jamais ellr ne so montra dans un combat aux yeux d'une armée, sans que, par la grâce spéciale do Dieu tout-piiissuit et par l'intercession du grand saint Cuthiierf, elle ne fit rem|iorter la victoire à nos soldats. Mais, hélas! à l'époque de la destruction de labbaye, la célèbre barmièro tomba entre les mains du doyen do Witliingham, dont la femme, nommée Catherine et française de naissance, jeta la sanle relique dans les flammes, au

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grand scand.ilo do. ceux qui lionor.'Ht les reli<iues des serviteurs de Dieu. »

BAPTiSTÈRK. — I. Aux temps apostoliques et durant les sièiles de persécution, il n'y eut pas d'autre baïUistère que les rivières et lesfonlaines; de l'i l'orib^ne du mot de fonis baptismaux (fonfex baplismi). Nous voyons, en etîet, dans les Actes des apôtres, comment le baptême était administré aux premiers fidèles, et le baptême de l'eunuque de la reine de Candace en est le plus frappant exemple. On trouve dans les Catacombes de Rome des sources et des bassins qui oU été rei;ardés par les savants archéologues italiens, qui ont publié de si int'ressants ouvrages sur les souterrains sacrés do Home, comme les baptistères primitifs, où les apôtres et leurs successeurs administraient le baptême à ces fervents néophytes. Ceux-ci commençaient souvent la vie chrétienne au milieu des persécu- Jions pour la finir bientôt par le martyre. Ils venaient reposer au sein de ces mêmes Catacombes obscures, à côté de cet endroit où ils avaient été engendrés à Jésus-Christ, suivant une belle expression de nos livres sa nts. Bosi 1 en parle en plusieurs endroits (lésa Raina solt'rranej, et nous renvoyons h l'article Catacombes pour n'avoir pas à répéter ici ce que nous y avons dit à ce sujet.

A quelle époque précise l'EgUse a-t-elle ordonné d'administrer le baptême dans un lieu consacré h cet usage et avec des cérémonies déterminées, en dehors des paroles essentielles de la forme du sa-rement ? Il serait dinicile,p .urne pas dire impossilde, de l'assigner d'une manière absolue. Saint Clément, si les actes qu'on lui attribue lui appartiennent réellement, est le premier qui prescrivit les onctions du saint chrême. Dans la suite, au iV et au V siècle, les papes saint Damase et saint Léon y adulèrent les exorcismes, les bénédictions et les autres cérémonies.

Pour bien comprendre tous les détails dans lesquels nous allons entrer sur la forme et la disposition des ba;)tistères et des fonts baptismaux, il est nécessaire de rappel r ici brièvement que le baptême se conférait anciennement de deux manières principalement, par immersion et par infusion. Le baptême donné par aspersion est regardé comme valide ; mais on ne connaît que de rares exemples de cette manière d'administrer ce sacrement. 11 est constant que l'immersion fut pratiquée généralement dans les ])remiers siècles. Toutes les Eglises d'Orient baptisent encore ainsi. Ce fut en Occident, et dans le nord de l'Europe, que le baptême par infusion commença d'être i)ratiqué communément et de bonne be ire, à cause des inconvénients et même du danger de l'immersion. En tout temps, d'ailleurs, l'Eglise grecque et l'Eglise latine regardèrent comme légit.me la coutume de baptiser en versant seulement de l'eau sur la tête du néophyte.

11 ne saurait entrer dans nos vues de retracer ici, même de la manière la plus succincte, les rites et cérémonies qui accompagnaient ladministraliou du baptême et qui

sont toujours en usage dans l'Eglise citliolique. Nous citerons néanmoins quelques traits intéressants, propres à éclaireir certaines particularités archéologiques et iconographiques. On était dans l'habitude , en plusieurs (glises, (le faire manger aux nouveaux baptisés du miel mêlé de lait, pour faire entendre que, par le baptême, ils entraient dans la véritable terre promise, c'està-dire dans l'Eglise de Jésus-Christ, dont la terre do Chanaan n'était que la figure. Lo nouveau baptisé était revêtu d'une robo blanche qu'il portait pendant huit jours. Eu Orient, on mett tit sur la tête du néophyte une couronne de palmes et de myrte. Quelques églises d'Occident, entre autres celle de Narbonne, faisaient broder sur la partie supérieure de la robe blanche du ba[)tisé une espèce de couronne en ruban rouge : cette couronneétait le symboledu sacerdoce royal dont le nouveau baptisé est honoré comme hérititier du royaume céleste.

Leciergeallumé, qu'on metencore entre les mains du nouveau baptisé, est un rite des plus anciens : saint Ambroise en fait mention. Les trois vers latins suivants d'un vieux poëte expriment assez bien les rites accessoires du sacrement de baptême :

Sal, oleutn, cliThma, ccreus cfirimab, sali.'a, Flalits, virtilem biiplisnulis ista figurant. Hœc cum patrinis non muianlsed tamen ornun'.

ï.orsque la paix fut dmnée à l'Eglise par suite de la conversion de l'empereur Constantin, le baptême fut administré solennellement aux nouveaux convertis dans des édifices particuliers, attenants aux principales églises et spécialement aux églises épiscopales. Ces édifices furent plus ou moins spacieux : ils étaient communément de forme ronde. A parler exactement, ce n'étaient d'abord que des bassins assez larges, recouverts d'un dôme ; on y montait par trois marches et on y descendait ensuite par quatre degrés. Saint Isidore de Séville reconnaît di'jà un symbolisme dans ce nombre siptennaire, et il pense q le l'on voulait ainsi faire allusion aux sept dons du Saint-Esprit.

Dès les premiers temps, on ajouta devant un grand nombre de basiliques chrétiennes une cour carrée, atrium ou parvis , environnée d'un péristyle sous lequel se tenaient les catéchumènes pendant la célébration des saints offices, auxquels i-1 ne leur était pas permis d'assister. Au centre de l'atrium s'élevait le baptistère, petit édifice de forme et de dimension très-variables, carré, circulaire, octogone, en forme de croix grecque, quelquefois d'une simplicité austère, souvent orné avec une grande magnificence. JJ renfermait un bassin peu profond, ou une large cuve de matière précieuse, que l'on remplissait d'eau pour donner le baptême par immersion. Voy. Basilique.

Les baptistères ou basiliques baptismales étaient dédiés à saint Jean-Baptiste. On y voyait ordinairement des peintures représentant I2 baptême de Notre-Seigneur dans le

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