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sur les côtés du carré; de sorte que les sujets identiques se trouvent opposés l'un à l'autre. L'une de ces images représente Jésus-Christ, la tête entourée du nimbe crucifère, la main droite levée, suivant l'usage consacré , ayant à droite et à gauche des pampres et des raisins. On sait que la vigne était, chez les premiers chrétiens , i-egardée comme l'emblème du Christ et de l'Eglise, d'après ces paroles : Ego sumvitis, vos palmites. On attachait encore aux ceps de vigne d'autres idées symboliques, et saint Bernard com[iare les ceps aux martyrs et le jus du raisin à leur sang.
Les deux autres côtés sont ornés de petites arcades portées sur des colonnes dont les fûts sont alternativement unis et sculptés en spirale. Le dessus de la table, autour du réservoir destiné à contenir l'eau baptismale, présente une riche bordure ornée d'une guirlande imitant des rinceaux. Les espaces triangulaires, compris entre cette bordure et les quatre angles, offrent, le premier une croix sortant d'un bouquet de feuillages ; le second une autre croix sous une draperie de feuilles et dont les deux extrémités latérales portant des grappes de raisin ; le troisième deux colombes buvant dans un vase, et le quatrième deux chimères ou dragons qui paraissent se mordre. Ce dernier sujet se rencontre fréquemment sous des formes diverses sur les monuments chrétiens des XI* et xir siècles.
Les antiquaires ont fait une remarque qui trouve ici son application. Lorsque, par suite de circonstances particulières, une branche quelconque de l'art a pris un grand développement dans un certain siècle, on est assuré que dans le siècle suivant cette même branche a langui et n'a produit qu'un nombre peu considérable d'œuvres dignes d'être mentionnées. Au xii' siècle, dans la plupart des églises, on établit des fonts baptismaux plus ou moins richement ornés, en matières plus ou miins précieuses, mais solides et résistantes. 11 en résulte qu'au commencement du XIII' siècle on exécuta peu de fonts baptismaux ; et cette observation explique un fait qui n'est pas trop rare, c'est que dans les églises de style ogival, on rencontre assez fréquemment des fonts qui offrent tous les caractères du style romano-byzantin de transition. Il se pourrait faire que dans quelques cas les caractères de la phase iransitionnelle se fussent conservés pendant la première moitié du xiii' siècle, comme cela eut lieu pour les vitraux peints; mais on ne saurait admettre cette explication dans le plus grand nombre des faits.
Au xiir siècle, comme aux autres siècles de la période ogivale, on ne voit pas que les artistes aient inventé un nouveau type dans la forme des fonts baptismaux. On conserve les formes adoptées aux siècles précédents, et les modiiications résultent surtout du changement de système de décoration. Notons cependant qu'à partir du règne du style ogival, la cuve et le piédestal des fonts sont couimunément à huit pans, tandis que durant
la période romane, au xir siècle principalement, la forme circulaire était communément usitée. La disposition extérieure, à pans coupés, n'atïecte jamais la disposition intérieure, qui est toujours arrond e. La fontaine est souvent ornée de moulures propres au style ogival, et les angles de l'octogone sont ornés de colonnettes à chapiteaux à crochets. Les fonts baptismaux du xiii' siècle se font distinguer plutôt par leur élégante simplicité que par la richesse de leur ornementation, il n'en est pas de même au xiv' et au x\' siècle. Les pans de l'octogone sont couverts de ciselures et de bas-reliefs de la plus exquise délicatesse et de la plus grande magnificence. Nous n'en citerons qu'un petit nombre d'exemples, quoique les monuments de cette époque soient assez communs. L'un des plus curieux spécimens des fonts baptismaux se voit à la cathédrale de Mayence. J'ai eu occasion d'en faire la description, il y a peu d'années, dans un voyage sur les bords du Rhin. Ces fonts sont en plomb et proviennent d'une ancienne église démolie au commencement du xix* siècle : cette église était celle de Liebfran. Ils sont en plomb et présentent l'image d'une coupe multilobée : ils ont été fondus en 1325. Les lobes de la coupe sont extérieurement ornés de moulures dans le style du xiv* siècle : on y voit les images de Notre-Seigneur , de la sainte A'ierge, de saint Martin et des douze apôtres. Sur le pourtour on lit l'inscription suivante, qui fait connaître le nom de l'artiste et l'âge du monument.
Disce mitteiiis 1er cenlcnisque vîcenîs Oclonis mm s manus hoc vas docla Joannis Formai ad impe:ium de summo canonicorum Hune analhemi ( ût, vas hoc qui Iwdere quœrit.
Ces fonts baptismaux sont placés dans l'abside orientale de la cathédrale de Alayence. Cette église, une des plus curieuses de l'Allemagne, fut commencée au x^ siècle par l'archevêque Willigis, et achevée dans le cours du xr. Un incendie y fit les plus grands ravages en 1190. Ce qui attire l'attention des archéologues dans ce bel édifice ce sont précisément les caractères de plusieurs époques architecturales exprimés d'une manière grandiose. La disposition originale de l'église n'est pas un des traits les moins frappants de ce monument gigantesque. L'église a deux chœurs et deux absides : l'un pour le chapitre de l'église métropolitaine, l'autre pour la paroisse. Celui du chapitre avec un dôme et un transsept paraît dater du xii' siècle ; celui du côté ojjposé est du xi' siècle en plusieurs parties, et assez moderne en quelques autres, comme dans une grande partie de la coupole.
Le baptistère de Strasbourg est supérieur h celui de Mayence : il fut exécuté en 14-53, sur les dessins de Jodoque Dolzinger. C'est une œuvre charmante de goût et de délicatesse. Les sculptures sont toutes si fines et d'une si grande pureté de traits qu'elles pourraient être comparées à un travad d'or- Icvrcrie. Si l'on a quelquefois employé avec