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cuve est quelquefois décorée de sujets relatifs au hnntôme; m;iis c'est l'intérieur de la coupole, la corbeille des chapitt-aux qui portent la rotonde, le parapet de marbre qui défend les arcades à hauteur d'appui, que l'on orne de ces sujets. « En haut, dans la coupole, peignez le ciel éclairé par le soleil, la lune et les étoiles. Hors du cercle où s'étend le ciel, faites des nuages avec la foule des anges. Au-dessous des anges et circalaireraent, représentez dans une première rangée ce qui est arrivé au Précurseur dans le Jourdain. Du côté de l'orient peignez le baptême du Christ. Au-dessus de la tète du Christ, que le Saint-Esprit descende du ciel sur un rayon lumineux et qu'on lise :
Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis mes complaisances. Au-dessous, dans une seconde rangée, re[)résentez les miracles de l'Ancien Testament, qui étaient la figure du divin baptême, à savoir : Moïse sauvé des eaux ; les Egyptiens engloutis dans la mer Rouge ; Moïse adoucissant les eaux araères ; les douze plaies des eaux ; l'eau da contradiction; l'arche d'alliance traversant le Jourdain; la toison humide et sèche de Gédéon;]e sacrifice d'Elie ; Elie traversant le Jourdain ; Elisée purifiant les eaux ; Naaman purifié dans le Jourdain ; la fontaine de vie. Sur les chapiteaux représentez les prophètes et ce qu'ils ont prophétisé touchant le baptême. » Cesparoles sont empruntées au6'uiûfe de la peinture, traduit du grec par M. P. Durand et publié avec des annotalions, pax' M. Didron.
BARBACANE. — C'est une petite ouverture en fente, pratiquée dans les murs des châteaux et des forteresses pour tirer à couvert sur les ennemis. On na pas toujours été bien d'accord sur la signilication du mot harbacane, que l'on écrivait autrefois barhocane, ou barbecane. Du Cange dans son Glossaire pense que c'est une défense extérieure de la ville ou du château, qui sert à en fortifier les portes et les murs : elle s'appelle en ]aiin barbiiana et barbicana.
On trouve dans les églises romanes, et principalement dans les cryptes, des fc-nêires extrêmement étroites, fortement évasées à l'intérieur, et qui affectent la forme de barbacane. Certains édifices religieux , fortifiés militairement, ayant créneaux et mâchicoulis, présentent parfois de véritables Jjarbacanes.
En terme d'architecture, chez les modernes, la barbacane est une fente ou ouverture éiroite et longue en hauteur, qu'on laisse dans les murs pour faire entrer et sortir les eaux, quand ils sont bâtis en un lieu sujet aux inondations, ou pour faire égoutter les eaux des terrasses.
Les Anglais appellent bartizane ce que nous nommons barbacane.
BARDEAU. — Petite planche étroite , mince et de peu de longueur, dont on s'est servi autrefois pour couvrir les toits des maisons en guise de tuiles. Les anciens couvraient communément les maisons ordinaires avec du chaume ou des bardeaux.
En Franco la même coutume se conserva fort longtemps. {Voy. Essente.) En Angleterre les bardeaux furent très-usités dans certaines contrées. On en trouve encore sur les toits de quelques églises, et sur les aiguilles ou clochers, spécialement dans les comtés de Kent , de Sussex , de Surrey el d'Essex.
On appelle voûtes en bardeaux celles qui ont été faites avec de petites planchettes de bois de chêne, principalement au x\' et au xvr siècle. On en trouve en France, dans les églises de village et dans quelques monuments monastiques, qui sont très-élégamment disposées. Elles étaient même souvent ornées de peintures et de dorures : on en retrouve des vestiges en plusi?urs endroits.
Depuis peu d'atunées, on remjjlace les voûtes en bardoau par des voûtas en brique, recouvertes do plâtre : c'est un mauvais système, dont la solidité est fort douteuse, à cause de la propriété que possède le plâtre de se dilater et d'absorber l'humidité. On doit proscrire la coutume qui paraît s'introduire de recouvrir en plâtre les anciennes voûtes en bardeaux, ou même de les recouvrir simplement d'une teinte uniforme de prétendue couleur de pierre, de bleu de ciel, ou do toute autre nuance. Il vaut mieux conserver au bois sa couleur naturelle, lorsqu'on ne peut pas entrer dans le parti d'une entière et convenable ornementation.
BAS-COTÉ. — Une église de grande dimension est ordinairement divisée en trois parties, la nef majeure ou simplement la nef, et deux nefs mineures, ou bas-côtés, collatéraux, ailes. Voy. Aile.
La basilique civile, chez les anciens, était déjà divisée en trois nefs. La même basilique, consacrée au culte par les chrétiens, conserva la même disposition. Lorsque la basilique, selon sa destination première, servait de tribunal à la justice, les nefs collatérales servaient à la circulation : on r.''servait souvent la nef centrale pour les gens d'affaires et pour ceux qui se livraient au commerce. Les chrétiens réglèrent, dès le principe, que le bas-côté méridional, ceui de droite en entrant, serait réservé exclusivement aux hommes , et le bascôté septentrional uniquement destiné aux femmes. Pendant fort longtemps , comme cela se pratiquait chez les Juifs, des voiles tendus le long des piliers jusqu'à une certaine hauteur, empêchaient que la vue pût pénétrer d'une nef dans l'autre.
Plus tard, on supprima ces voiles, lorsque les bas-côtés furent abandonnés à la circuhition des fidèles et que la nef majeure fut remplie indistinctement par les fidèles de l'un et de l'autre sexe. Chez les Grecs cepen dant, on garda toujours, et l'on garde encore la coutume de la séparation des hommes et des femmes à l'intérieur des temples.
Le plan des basiliques romaines subit diverses modifications. On commença par y ajouter des transscpts saillants sur le corps de l'édifice, de manière à former le signe de la croix. CcjU'emier chansemcnt, qui date du
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• siècle el qui est souvent inenlionné p.vr __s plus anciens écrivains ecci(';siastiques, l'ut bientôt suivi d'un second. On ne se contenta pas de ra;^randissernenl des transsepîs, on prolongea les bas-côtés tout autour de l'abside , de manière (pi'ils communiquassent ensemble à leur point de n ncontre, derrière le maître-autrl ou le siège du célébrant. Ce n'esl^ qu'au xr siècle que cette importante modification eut lieu, et l'église de Preuilly, bAtie de 1001 h 1009, en est un des premiers exemples connus. Par suite de ce prolongement des nefs minc\jres, le ch-f ur et le sancluaire prirent un grand accroissement. L'abside conserva toujours la même position ; mais les autres parties de l'édifice qui entrent dans la région absidale furent profondément modiiiées. Au fond de l'église et derrière l'abside majeure , on construisit une seconde abside, dédiée à la sainte Vierge , et l'on établit de cliaque côté une ou plusieurs cliapelles. Le bas-côté qui formait 1.* pourtour du cbœur et du sanctuaire fournissait un libre accès à ces absides ou absid^ok'S accessoires : de Ih il prit le nom de déambulât orium, qui lui fut donné au moyen âge. Le deambulatorium n'est donc à proprement parler que cette partie des nefs collatérales qui embrasse le rond-point du sanctuaire.
Au XII' siècle et aux siècles suivants, durant toute la période ogivale , on construisit un grand nombre d'églises h plusieurs nefs. Mais ce n'est qu'au xiii' siècle que l'on bâtit des édifices h quatre nefs mineures, comme à Notre-Dame de Paris , à Saint- Etienne de Bourges , h la cathédrale de Troyes , et dans d'autres cathédrales de France, d'Angleterre et de Belgique.
De tout temps il y a eu des églises sans bas-côtés , comme dans les paroisses peu populeuses des campagnes ; il y a eu aussi des églises n'ayant qu'un seul bas-côté. Ces dernières églises sont incomplètes, ou bien
f>arce que les ressources n'ont pas permis de es achever , ou bien parera que le nombre des paroissiens ne semblait i)as en exiger davantage. Ajoutons que la plupart des églises appartenant aux ordres mendiants ont été bâties à une seule nef, pour faiie voir, sans doute, que les moines mendiants manquaient de quelque chose.
Terminons en disant que les bas-côtés de la nef principale ne furent garnis de chapelles latérales qu'à dater du xiv' siècle. C'est pour cela que les nefs mineures de la magnifique cathédrale de Reims ne sont pas accompagnées de chapelles accessoires.
BASE. — On appelle base tout membie d'architecture qui sert d'appui ou de support à un autre. On emploie ce mot particulièrement pour désigner la partie inférieure de la colonne et du piédestal. La b.ise est à la colonne une [)artie aussi essentielle (jue le chapiteau ; sans la base on nc! saurait pas si la colonne est entière, ou si elle est en partie enfouie sous la terre. Lorsque la colonne i;'csl ))lacée que sur un- dalle carrée, on
donne h cette partie le nom de plinthe. L,-i véritable base est circulaire et composée do plusieurs moulures, dont le diamètre augmente à mesure (ju'elless'éloignent<lul'ôtd(!la colonne, et c|ui ne doivent pas être trop nudtipliées, i)our ne pas ôtcr h l'arcliitecture sa noblesse et sa grandeur par trop de peii tes parties.
La base de la colonne toscane doit avoir, en hauteur, la moitié de l'épaisseur du pied du fût de la colonne. Elle est composée do deux parties, dont chacune l'ail la moitié (ie la base. Sa partie inférieure est une plinthe circulaire, au-dessus de laquelle se trouve un tore avec un apophyge et le listel qui y appartient.
La colonne dorique n'avait point do t^ase avec des membres, mais une simple i)linlhe carrée. Ordinairement on supprimait ces plinthes, et on plaçait les colonnes sur la marche la plus élevée du temple, qui dans ce cas faisait la fonction de la i)lintlie.
La colonne ionique avait, dès )es premiers temps, une base dont la hauteur est ordinairement d'un module, el qui était composée de différents membres. Les colotuies ioni ques des propylées d'Athènes, qui sont dans l'intérieur de cet édifice, ont la base qu'on nomma, par la suite, af/î^ue, peut-être parce qu'elle a été inventée à Athènes. (Toy. At- TiQUE.) Les Grecs ne donnaient point do plinthe à la base attique, mais ils la plaçaient immédiatement sur la marche la plus élevée du temple : chez les Romains elle avait une plinthe, ainsi qu'on le voit au temple de la Fortune Virile et au théâtre de Marcellus, à Rome. La base attique est composée avec tant de finesse et de goût, ses membres ont une si belle j.roportion , son profil est si pur et si agréable, qu'on a lieu d'être étonné do ce qu'elle n'a pas été adoptée généralement. Elle a, du reste, cela de particulier, qu'elle n'est ni trop simple pour la colonne corinthienne et composite, ni trop riche pour la colonne dorique ; on peut d'ailleurs la faire plus ou moins riche, en ap- 1 liquant plus ou moins d'ornements à ses membres , ou en les laissant tout à fait lisses.
La base attique a été appliquée à l'ordre corinthien, pour lequel on n'a pas inventé de nouvelle base.
Dans l'architecture du moyen Age, les formes et les proportions des difféients membres n'étant pas régularisées par des lois fixes, connue dans les ordres de l'architecture classique, on retrouve, dans les bases des colonnes, les mômes variétés cai)ricieuses que dans tous les autres traits de chacun ûqs stvles qui ont régné successivement. Nous devons donc nous borner à montrer quelques-unes des formes les plus conmiuné-r ment usitées et les plus caractèrisliuues.
D.ins les bases extrêmement variables de l'arcliitecture romano-byzantine au xi" et ay xir- siècle , surtout durant la période de transition, des réminiscences plus ou moins fidèles, plus ou moins exactes des bases des ordres antiques, et surtout de la base altii^uc
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Los culoiincsde style roman ont dos b.isos forincps de moulures semblables à celles de l'ordre toscan. Elles reposent le plus ordinairement sur une plinthe massive et carrée, (juoique les moulures, de môme que la colonne, soient circulaires. Dans la période primitive du style roman, les moulures de la itase sont fort peu nombreuses, mais elles 5 ont plus compliquées et plus riches à mesure que le style lui-môme fait des progrès. On leur trouve une analogie assez prononcée avec la base attique, surtout à l'approche de la période o^'ivale. Si la ressemblance avec la base atliijue est évi lente, les diiîérences sont sensibles. Ainsi les seoties ont plus de profondeur et soit assujetties à un tracé particulier ; les tores ont plus de saillie et se dépriment ordinairement dans la forme d'une scotie inverse ou d'un quart d'ellipse, au lieu de se protiler en moitié de cercle. Le filt ne se relie que rarement par un congé avec sa base. L'art romano-byzantin, imité en cela par celui de la première éj-.oque gothique, se complaît à racheter les angles de ses bases carrées par des masques, des feuilles d'ornement qui empattent le tore inférieur, lorsque cette plinthe ne prend pas la forme octogonale.
La plinthe romane est d'ordinaire peu élevée, quelquefois ornée ; mais elle pose souvent sur un socle d'une assez grande hauteur, auquel elle s'unit presque toujours par un glacis ; son ajustement varie arbitrairement lorsque ce socle devient un piédestal parfois richement décoré.
Au commencement du xiii' siècle, les bases des colonnes diffèrent assez peu des bases de style romano-byzantin. Elles ont fréquemment une double plinthe, de forme carrée, avec des congés partant des moulures et placés sur les angles. Vers la fin de ce môme siècle, la plinthe communément prend la môme forme que les moulures, et elle est souvent si h.iule qu'elle ressemble à un piédestal : alors il y a d'ordinaire une seconde moulure au-dessous de la partie principale de la base. Selon le style ogival primaire, Us moulures sont souvent en saillie sur les faces du plinthe : on rema'-que encore, suivant ce même style, que les moubu'es de la base proprement dite sont fortement prononcées ; la scolie surtout est tellement profonde qu'elle S'pare entièrement les moulures su- ])érieures des inférieures : le toie inférieur est très-considérable, mais aplati tellemeit qu'il est m!!'Connaiss ible pour des yeux distraits. Cette double modiliration provient de ce que l'ouverture de la scotie est resserrée et que le tore semble avoir cédé à une pression perpendiculaire.
Dans les édifices du style ogival secondaire, au XIV* siècle, lesbases des colonnes admettent encore de nombreuses différences. Quelquefois la base est octogonale, les moulures demeurant toutes circulaires; dans ce cas, les moulures ont une saillie considérable sur les faces des plinthes. Quelquefois la plinthe ou la base elle-même proprement dite, se rcnflc::t par le l,>as ; mais celle forme n'est coua-
mune qu'au xv' siècle, surtout lorsque la coloiuie, perdant ses proportions, se transforme en un colonnette.
Durant la période ogivale tertiaire, la base des colonnes est invariablement à plusieurs pans et généralement elle est octogonale. La plinthe est très-élevée et divisée en deux, dans le sens de la hauteur par des moulures et des saillies différentes. La moulure qui semble caractéristique de la base de style ogival tertiaire est le cavet renversé, soit simple,'soit double : lorsqu'il est double, il y a une baguette intermédiaire.
Résumons en quelques mots ce que nous venons de dire avec quelques déta'ls des bases des colonnes dans l'architecture chrétienne du moyen Age. Durant la période romano-byzantine, la base de la colonne garde le tracé de la base attique, en lui faisant subir quelques modificitions ; elle repose sur une plinthe carrée. A la fin du xii' siècle et au commencement du xni% la base est appendiculée ; la plinthe est encore communément carrée ; il y a quelquefois doux plinthes d'inégale saillie superposées. Au xin' siècle, la base est formée de moulures dont les mieux caractérisées sont une scotie profonde, à ouverture étroite, et un tore a|ilati ; la plinthe est encore carrée; elle est octogonale par exception ; parfois aussi elle est ornée d'arcatures. Au xiv' siècle, la base n'a pas de scotie profonde ; le tore est moins aplati. La plinthe est communément octogonale et trèsélevée. Au XV' siècle, la base est composée de moulures variées, où domine le cavet renversé. La plinthe est très-élevée et coupée par des ressauts multipliés.
BASÎLICULE. Voy, Reliquaire.
RASILIQUE. — L Nous commencerons par donner une idée générale de la basilique chez les anciens et surtout de la basilique chrétienne. Nous en étudierons ensuite les diverses parties.
Après trois siècles de souffrances et d'épreuves, la religion sort pour jamais des cryptes qui, trop souvent , avaient couvert de leurs ombres la majesté de ses mystères. Elle étale au grand jour ses rites dont la pompe et la sainteté achèveront la victoire que déjà l'auguste vôrité de ses dogmes et la beauté de sa morale lui ont assuré sur le paganisme (1). En quittant les Catacombes, elle manifeste, dans la construction et la disposition do ses temples, des doctrines sublimes par leurs tendances régénératrices. Jusque-là les édifices religieux avaient été un sanctuaire sévèrement interdit au poupie, ouvert seulement aux prêtres, aux sacrificateurs et à quelques initiés. Le ehristianismei religion de charité, dilata l'enceinte sacrée, agrandit le temple, appela autour des autels tous les hommes sans distinction, en proclamant leur égalité devant Dieu, leur fraternité en Jésus-Christ ; il invita le peuple, c'est-à-dire ceux qui, trop souvent , soni malheureux, ceux qui ont le plus grand be'
(1) D. Gucraiigcr, Inslit. lilurg., loai. I.
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soin (lo prières cl di" consolations, à venir ot h so presser antoiir du san('liiaii(\
Lors(|no la rolij^ion devint Iil>i-e en comptant an nomhro de ses nienibres le vaincjueur »le Maxenee, les évi^([iies de Rome eurent h <hoisir, parmi les éditicvs publies, ceux qui convenaient lo mieux l^ lexcrc ce du nouveau culte. Rome et le monde romain étaient alors couverts de temples érigés h l'honneur d'une foule de divinités. Ces temples, pour la plupart, éta'ent magnifi(]ues ; que'quesuns étaient com[)tés à juste titre parnn les chefs-d'œuvre de raichitecturc ancienne.
Les évoques i)Ouvaient s'en emparer , mais une répugnance invincible les en détourna. Ils les considérèrent comme souillés par les mystères impurs du paganisme, et refusèrent de consacrer au culte du vrai Dieu des murs qui avaient si longtem[)s abrité les sacrfices et les superstitions de lidoliUiie. D'un autre côté, quand bien même ces temples eussent été puritiés, ils n'auraient répondu que d'une manière imparfaite aux besoins les plus impérieux du nouveau culte. Leur enceinte était beaucoup trop resserrée pour contenir la multitude destidèles. On jeta les yeux sur les basiliques, dont l'usage était commercial et la destination civile ; on les appropria facilement aux premières exigences des cérémonies, et plus tard on adopta presque exclus>ement leur plan dans la construction des é.iifici-s religieux, surtout en Occident. «La vaste étendue des b;isiliques convenait, en effet, bien mieux aux assemblées des chrétiens, dit L. May, que la forme exiguë de la plupart des temples païens, dont peu do personnes remplissaient l'espace, et dont l'idole, comme le dit spirituellement un auteur moderne, dis[iaraissait souvent dans la fumée d'un grain d'encens.» (May , Des temples anciens et modernes.)
Nous devons noter en passant que lorsqu ' la religion chrétienne domina pleinement à Rome, sans qu'd y restcit la moindre trace du paganisme, rÉ^lisG consacra au culte plusieurs anciens tomples : ainsi, à Rome, on a converti en églises le Panthéon, la Minerve , la Fortune Virile et quelques autres.
Avant d'exposer comment la basilique fut transformée en église et adaptée aux cérémonies religieuses, il est indispensable do prendre une connaissance exacte des basiliques antiques.
Les basili(jucs, maisons royales, étaient ainsi nommées chez les Grecs et les Romains, soit parce que dans l'origine elles attenaient aux palais des rois, soit parce que ceux-c. venaient y rendrai personnellement la justice à leurs sujets, soit parce que tout s'y faisait en leur nom, soit enfin parce que les basiliques, par leur importance, surpassaient tous les autres monuments civils.
Quoi qu'il en soit de l'étymologic fort incertaine de cette dénomination, les basiliques étaient des espèces de tribunaux do justice et de bourses commerciales : on s'y réunissait pour jiarler d'alVaires. Sous le rèi^uG des rhéteurs on s'y rassemblait pouren-