‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 84 sur 195 · RAS · texte numérisé non relu

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tendre déclamer des vers et des harangues; enlin, quelquefois on y ét.iblissait des étalages de marchandises, comme dans nos halles et nos bazars.

On pourra consulter à ce sujet un Traité des Rasili(jues du comte Arnaldi , Vitruve et les écrivains de la Renaissance, tels que Léon-Baptiste Alberti, Serlio, Palladio, Scamozzi, etc. On y joindra avec proMt Donati, de Urhe lîoma, lib. vi, ca[). 2, et Giampini, Vetrra Momimentn, lil). i,

N'ilruve nous a donné, au livre v' de son Traité d'architecture , une descii[)tion trèsdétaillée d'une basilique bâtie sur de vastes proportions. Le texte de Vitruve était, à une é[)oque encore peu éloignée, le seul document positif et authentique que nous eussions en notre possession sur ce sujet intéressant, puisqu'on ne connaissait aucun monument de ce genre qui eût échappé aux ravages du temps ou à la main des hommes, quand des fouilles dans les ruines de Poinpéi amenèrent au jour les restes importants d'une gtande et magnifique basilique. Ou serait tenté de dire que les ruines de Pompéi n'ont été si merveilleusement conservées que pour nous initier à tous les secrets de la vie publique et privée d( s anciens. Malgré l'éîai déplorable de dégradation dans lequd se trouve ce curieux monument , il est très-aisé d'en suivre lo plan et d'en étudier les principales dispositions. Des tronçons de colonnes, des chapiteaux, des fragments de moulures, permettent de juger du style cjui doit remonter à une époque où l'art était florissant.

En 1812 , Napoléon avait ordonné des fouilles sur le forum de Trajan à Rome. Les travaux mirent à découvert le plan et de magnificjues restes de la célèbre basilique Ulpienne, située au milieu du forum ; elle f)assait pour la plus vaste et la plus belle de l'antiquité. Cette ba^^ilique, dont on a retrouvé le pavement de marbre précieux, les colonnes en granit, et une quantité d'admirables fragments, appartient à celte glorieuse époque qui léalisa, pour ainsi dire, l'allianco de l'art grec et de l'art romain. Pausanias parle de la charpente qui était de bois de cèdre revêtu de bronze, de ses plafonds de bronze doré, et des orninnents de son toit couvert en même métal. Ces détails de l'historien grec, joints à ce qui nous est parvenu de ce monument , nous mettent h môme d'apprécier la grande célébrité qu'il avait acquise.

Nous emprunterons au grand ouvrage de Séroux d'Agincourt, Histoire de l'art par les monuments, l'indication des détails architectoniques intérieurs et extérieurs des basiliques civiles.

Les basiliques se faisaient remarquer extérieurement par la plus grande simplicité. Toute la construction au dehors portait les man|ues d'une extrême sobriété de tous les ornements jetés à jirofusion sur les autres grands édifices. Les murailles étaient percées de ItJnêtres cintrées nombreuses , qui versaient h l'intérieur une lumière abondante.

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Le cintre était lo plus souvent formé de briques juxtaposées, quelquefois de inoe!- .ons séparés par deux briques accolées. Jamais, ou presque jamais, on ne voyait d'archivolte, ni d' colonnes, ni de sculptures.

L'intérieur était divisé par deux rangs de colonnes en trois parties inégales, dont la médiane était plus lirge et plus haute que les latérales. La basilique Ulpienne et quelques autres étaient divisées en cinq galeries. Le peuple qui assistait aux plaidoiries se plaçait à droite et à gauche dans les ailes ornées de colonnes qui se prolongeaient depuis lo portique jus([u'à l'enceinte réservée aux gens de loi. Cotte enceinte privilégiée, peu étendue, protégée par une barrière ou balustrade, était occu[iée par les avocats, les greftiers et les autres ofiicicrs de la justice : elle se nommait transseptum, transsept, littéralement au delà de la barrière.

Au delà de cette partie renfermée, vis-h-vis de la galerie centrale, se trouvait un enfoncement semi-circulaire , couvert par une voûte que les Latins appelaient concha, coquille; l'arcade qui en formait l'cntréo s'appelait en grec apsis, absis^ abside. C'était au milieu de cet hémicycle qu'était placé le tribunal du juge principal, entouré des sièges d?s juges assesseurs. Nous trouvons ici l'origine et l'explication de jdusieurs dénominations conservées dans la basilique chrétienne, telles que tribune, tribunal, conque et abside. Le mot abside parcît avoir triomphé de tous les autres; il est plus communément employé. L'orthographe du mot abside a prévalu sur apside , quoique cette dernière forme soit plus régulière.

Ainsi disposée, la basilique commerciale parut facile à approprier à la célébration des mystères chrétiens. Sans changer notablement la disposition intérieure , on appliqua convenablement chaque distribution au service du culte. Le même Séroux d'Agincourt, tom. I, part, m , en faisant la description de la basilique de Sainte-Agnès-hors-les-Murs, à Rome, nous ftiit connaître comment chacune des parties reçut une destination chrétienne.

Au fond do l'abside ou de la tribunr^, à la place du juge qui prononçait les sentences, se mit l'évêque qui présidait l'assemblée des chrétiens : il fut entouré des prêtres assistants. A cette disposition l'abside dut encore les noms de presbyterium et de sanctuaire ; plus tard elle fut encore appelée le cheiei de l'église, capilium ecclesiœ.

L'enceinte réservée aux avocats f.t destinée aux clercs et aux chantres ; elle prit da là la dénomination de clicsur. L'autel était placé à peu près au milieu, de manière que le célébrant avait le visage tourné vers le peuple. Nous en parlerons plus bas. Voy. Ambon.

Les galeries ou nefs latérales furent occupées ])ar les fidèles, les hommes à droite et les femmes à gauche. La portion inférieure de la galerie centrale était réservée aux catéchumènes qui ne participaient pas encore à la célébration des mystères,

mais qui venaient seuicment écouter les instructions.

La nef centrale de la plupart des basiliques présentait deux ordres de colonnes superposés de manière qu'au-des-^us du premier ordre régnait une espèce de galerie ou de tiibune , réservée aux veuves et aux vierges qui se consacraient particulièrement à la prière.

L'autel des basiliques était bien différent de celui que nous voyons actuellement dans nos églises. C'était simplement une table de marbre, de porphyre ou de toute autre matière précieuse, appuyée sur quatre petites colonnes d'un travail riche et varié. Vuy. Autel.

On ajouta devant un grand nombre de basiliques une cour carrée , atrium, ou [)arv;s, environnée d'un péristyle sous lequel se tenaient les catéchumènes pendant la célébiation des saints offices, auxquels il ne leur élait pas permis d'assister.

Vers l'extrémité supérieure de l'église, on avait pratiqué en dchoi s une construction spéciale, destinée à recevoir les vases sacrés et les ornements sacerdotaux. Elle élait appelée «ecre/artum ou diaconicum.

Une modification importante, qui ne tarda pas à s'introduire dans le plan des basiliques anciennes, fut l'élargissement des transsepts, de manière que cette partie figurât, avec la nef principale, la forme d'une croix. Quelques auteurs, et ce n'est peut-être pas sans raison, ont vu dans cette disposition le symbole de cette croix mystérieuse qui avait apparue Constantin avantle combat oiiMaxence perdit l'empire et l;i vie. Mais quelle que soit l'origine de cette forme aJoptée dans le plan d'un grand nombre de basiliques chrétiennes, il est certain qu'elle devint, dès cette époque, une des données essentielles du plan des églises.

Il existe un autre point de dissemblance entre la basilique chrétienne et la basilique antique, que nous devons signaler comme ayant exercé une grande influence sur les formes architecturales des siècles qui suivirent ; nous voulons parler de l'arcade sur les colonnes, dont il n'existe aucun exemple dans l'antiquité, pour les m aiumenls religieux, et qui fut substituée par les chrétiens à l'architrave employée par les païens. Doiton, comme tous les auteurs l'ont fait jusqu'à présent, attribuer ce uiode de construction à l'ignorance ou à la difficulté de poser des monolithes d'une telle dimension? Nous ne saurions partager cette opinion qui se trouve démentie, d'une part, par la construction de l'ancienne basilique de Sainte-Marie-Majeure et de Saint-Laurent, à Home, où l'on voit des colonnes surmontées d'architraves ; d'une autre part, la pose de colonnes monolithes de quarante pieds de haut, comme celles qui soutiennent les grands arcs du chœur de Saint-Paul-hors-hs-Murs , et d'autres parties encore de cette immense construction, n'offraient-elles pas beaucoup plus de difficultés que la pose d'architraves qui n'auraient pas eu seize ])ied,s de long? Nous peu-

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sonstiii'il serait bien plus naturol d'attribuer ce mode de coii.slruction, soit au inaruiue de nia'ériauï, soit h la nécessité d'aller plus vile; ou, ce qui n'est pas moins probai)lc, à ce besoin de créer et de faire du nouveau qui est si naturel h l'homme. Sans juger jusqu'à quel point le système d'arcades sur les colonnes est admissible dans une bonne Construction ou comme forme arcliitecturole, nous ferons remarquer que ce type, inventé par les chrétiens, est celui qui servit de base h l'architecture byzantine, puis, par suite, h l'architecture romano-byzantine, et à celle dite gothique, et qu'après avoir été adopté par les maîtres de la Renaissance, il est parvenu jusqu'à nous, sans jamais avoir été abandonné.

Eusèbe de Césarée, historien de Constantin le Grand, rapporte avec longs détails la dédicace de la basi]i(pie de ïyr, inaugurée en 315. Cette ville, qui avait Paulin pour évêque, avait vu son église détruite durant la persécution de Dioclétien, et les païens s'étaient etlbrcésd'en défigurer jusqu'à l'emj)lacen)eijt, en y amassant toute sorte d'immondices. On eût pu trouver aisément un autre lieu pour construire une église, lors de la paix rendue au christianisme; mais l'évoque Paulin préféra faire nettoyer le premier emplacement et y jeter les fondements delà seconde basilique , afin de rendre plus sensible encore la victoire de l'Eglise. Eusèbe, évèque de Césarée, l'ut chargé de prononct r riiomélie solennello de la dédicace au milieu d'un peuple immense, accouru [)Our prendre |)art à celte fête. Ce qui nous intéresse davantage dans cette homélie, c'est la description que fait Eui^èbe de l'ensembl:) et des parties de la basilique, avec le détail des mystères exprimés dans sa construction. Ce (îassage est important en ce qu'il nous r/vèle la forme des églises chrétiennes primitives.

«Paulin, dans la rééditication de son église, dit l'éloquent panégyriste, non content daccroître l'emplacement primitif, en a fortifié l'enceinte comme d'un rempart au moyen d'un mur de clôture. Il a élevé son vaste et sublime porti(iue vers les rayons du soleil levant ; voulant par là donnera ceux mêmes (jui n'a[)erçoivcnt l'édilice que de loin, une idée des beautés qu'il renicrme, et inviter par cet imposant spectacle ceux qui ne partagent pas notre foi à visit r l'enceinte sacrée. Touiefois, lorsque vous avez franchi le seuil du [X)rt:(|U(s il ne vous e^t fias licite encore d'avancer avec des pieds impurs et souillés : entre le temple lui-même et le vestibule qui vous reçoit, un grand espace cane s'étend , orné d'un péristyle que forment quatre galeries soutenues de colonnes. Les enlro-colonnemenls sont garnis d'un treillis en boiS qui s'élève à une hauteur modérée et convenable. Le milieu de celte cour d'entrée est resté à découvert, alin qu'on y puisse jouir de la vue du ciel et de l'éclatante lumèrc qu'y versent les rayons du soleil. C'est là que Paulin a placé les symbol; s de

rex|»iation, savoir les fontaines qui, situées tout en fiice de l'église, fournissent une eau pure et abondante, pour l'ablution, aux fidèles qui se préparent à entrer dans le sanctuaire. Telle est la première enceinte, propre à donner tout d'«bord une idée de la beauté et de la régularité de l'édifice, et offrant en môme temps une place convenable à ceux qui ont besoin de la première instruction. Au delà, plusieurs vestibules intéri urs préparent l'accès au temple lui-môme, sur la façade duquel trois portos s'ouvrent tournées à l'orient. Celle du milieu, plus considérable que les deux autres, en hauteur et en largeur, est munie de battants d'airain avec des liaisons en fer et ornée de riches scidptures : les deux autres semblent deux nobles compagnes données h une reine. Au di^là des portes s'étend l'église elle-même, présentant deux galeries latérales au-dessus desquelles ouvrent diverses fenêtres ornées de sculptures en bois du travail le plus délicat, et par lesquelles une abondante lumière tomb3 d'en haut sur tout l'édifice. Quant à la décoration de cette demeure royale, Paulin a su y répandre une richesse, une opulence véritablement colossales. Je ne m'arrêterai donc point à décrire la longueur et la largeur de l'édifice, son éclat splendide , son étendue prodigieuse , la beauié rayonnante des chefs-d'uuvre qu'il renferme, son faîte arrivant jusqu'au ciel et formé d'une précieuse charpente de ces cèdres du Liban, dont les divins oracles ont céli'bré la louange quand ils ont dit : « Les bois du Seigneur, les cèdres du Liban, seroi t dans la joie. » Parlerais-je de l'habile et ingénieuse disposition de l'ouvrage entier, do l'excellente harmonie de toutes les parties, lorsque déjà ce que l'œil en contemple d'-jasse ce que l'oreille en pourrait ouïr. Après avoir établi l'ensemble de l'édifice, et (!ressé des trônes élevés pour ceux qui président, en même temps que des sièges de toutes parts pour les fidèles, Paulin a construit le saiiit des saints, l'autel, au milieu ; et pour rendre inaccessible ce lieu sacré, il en a défendu l'approche, en plaçant à distance u\\ nouveau treillis en bois, mais si merveilleux dans l'art qui a présidé à son exécution, qu'à lui seul il olfre un spectacle digne d'admiration à tous ceux qui le considèrent. Le paviî même de l'église n'a point été négligé : Im marbre y décrit de riches compartiaimt'^. Sur les nefs latérales de la basilique ouvrent de très-amples salles que Paulin, nouveau Salomon vraiment pacifique, a fait construire pour l'usage de ceux qui doivent recevoir l'expiation et la purgation par l'eau et le Saint-Esprit. »

Après ces détails de descrijjtion, dont nous n'ollrons ici qu'une traduction libre et abiégée, l'évoque do Césarée se livi e de nouveau aux transports de l'enthousiasme que lui inspire lu déliviance de l'Eglise, figurée dans la sfileudeur du glorieux é.iitice élevé par la main de Paulin ; mais bientùt il rentre dans son suji.'t et expose ainsi ipielquesuns des mystères ox[>rimés dans les formes

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