‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 86 sur 195 · HAS · texte numérisé non relu

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striiites, h Rome, les églises (le Saint-Paul, de SaiTit-Laurf-nt, de Sai>ite-M(ni(.'-.M.-ijouro, et Ion tes les églises do la niùme épo({ue. Par r.froade centrale, on voyait le s.inctuaire, la tombe du martyr auquel l'église était consacrée, l'autel éii'vé sur cettu tombe, le crucilix et les trophées du du istianisme : aussi cette arcade était-elle aiipclée Tare de triomphe, par opposition à ceux, que les païens élevaient en l'honneur de leurs anciennes victoires. Le sanctuaire était élevé de quelques degrés au-dessus du niveau de la iief, des. ailes et même du chœur.

La disposition primitive de l'abside se retrouve à Home dans les basiliijuis d(i S.dnl- Pa;il, de Sainte-Agnès, de Saint-Ch'^ncnt, de Sainte->!a!ie in Cosiupdin, de S.iiritc-.Maiic ïranstévérine, de Saint-t^ésaire ; à Havenne, dans léglise de Saint-Apollinaire exlra muras. A Torcello, l'altside parait dans son ancienne firme ; on monte au trône par une longue suite (le degrés ; autour du Irùne, les sièges du clergé sont disposés en jilusicurs rangs semi-circulaires. Un trouve , à Home , dans l'église des saints Nérée et Achillée, près de la porte Capènc, une belle mosaïque qui représente une al)side : à droite et à gauche du trùiie central de l'évèque sont assis, sur deux rangs, de graves personnages à longue barbe ; ceux du rang supérieur ont la mitre eu tète, les autres sont de simples diacres.

Les salles carrées ou rondes placées dans les basiliques païennes en face des ailes, furent également conservées dans celles des chrétiens ; elles servirent de sac: isties et de lieux lie [)uriiiration, jusqu'à ce qu'on les cliangeât eu chapelles latérales, comme nous le voyons à Rome dans les églises de Saint-Marc , de Saint-Clément, de Samte-Marie ïranstévérine, et dans plusieurs autres.

Si l'église de la Nativité, qui subsiste encore à Bethléem en Palestine, est réellement celle que Constantin lit bâtir à la demande de sainte Hélène, sa mère ( cl rien nepiouve le contraire) , on ne doit pas être surpris qu'elle ressemble encoi-e [)kis (|uaucuue autre à la vraie basilique païenne, eu ceci du moins que les cdonncs qui sép.u'ent les ailes de la nef supportent, au-dessous du mur extérieur sur le([uel s"a[)puie le toit cent/ai, un ei.tablement continu au lieu d'un rang d'arcs plein cintre.

Ouoi qu'il en soit, dit M. Hope, dans son Histoire de l'architecture, les premières basiliques romaines, converties en églises par Constantin, ont été si promptement détruites, etcelles<}ue'l"héodose et sessuccesseurs rebâtirent sur une plus large échelle, ont éprouvé tant il'altérations, que Ion en peut citer bien peu, même dans la capitale de la chrétienté', qui remontent à une date fort éloignée.

La Mia.nifique colonnade qui formait les aih'S do Saint-.Tean de Latran, restaurée en 967 par le pape Sergius 111, après uu tremblcmciit de terre ([ui l'avait lenversée, fut changée par Fonlana en une suite do lourds piliers et d'arcades massives. Labasili(jue de Saint-Pierre qui, depuis Constantin jusqu'à Jules 11, avait conservé à l'cxtér eur son

portique C|uadrilatéral , et à l'intérieur ses quatre raugsdo vingt-cinq superbes colonnes, fut abattue par ce pape, et réédiliée sur un plan tout à fait diiïércnt. L'ancienne nef de l'église de Saint-1 auront devint un chœur sous la main du pape Adrien; et au commencement du xnr siècle, Honoriuslilajoiita une nouvelle nef îi celle ((ui auparavant formait le chœur. Nous pouvons dire qsie [>arrai les plus anciennes et les plus imporlantes basili(iues do la chrétienté, celle de Saint- Paul est la seule qui ait conservé la forme antiijue, sans altération essentielKs quoique dans le ix- siècle on ait divisé sa travée en deux parties, pour la consolider d.ivantag-, et que de))uis on ait placé sur l'autel un ciboire en stylo gothique. Les restes de la forme primitive subsistent encore à Sainte- Agnès, restaurée parle [>ape Symmaque; à Saïut-Laurent, où l'on voit le triforium ou galerie des femmes ; à Sainte-Croix en Jérusalem, à Sainte-Marie in Cosmedin et à Sainte-Sabine, quoique ces dernières aient des traits plus modernes ; à Saiute-Marie- Majcure ; dans l'église des saints Martin et Sylvestre, dont les ornements dans le goût nouveau sont magnificiues, à l'intérieur aussi bien qu'au dehors ; à Sainte-Cécile, construite en 820 par le pape Pascal 1"; à Saint-Marc, bAtie en 836 par Grégoire iV ; et SLirloutà Saint-Clément. Cette église, que l'uu n'a jamais honorée du nom de basilique v présente cependant, sur uneéche.le plus petite, tous les traits essentiels des basiliques primitives : le vestibule, le chœur, les ambons, la travée, la Confession, l'autel, les absides. A Ravenne, considérée comme la ca;>ilale de riialie depuis le temps que Honorius en lit le siégo de l'empire d'Occident jus ju'au milieu du \nv siècle, l'ancienne catiiédralo, avec ses deux ailes, son chœur dar.s le centre de la nef, dont il était s ■ paré par de petites colonnes, et son abside demi-circulairo, resplendissante de mosaïques, était un des plus magnihquos monuments du slvlo des basiliques. MalhcureuseuKf.t elle fut démolie en 173'i., pour être rebâtie sur les dessins de lîuonamici de Rimini. ^.'ais nous pouvons voir encore dans la même ville la forme primitive de la basilique complètement conservée dans la fameuse église située maintenant hors des murs, et élevée sur le tombeau de saint Apollinaire. Cette église, bAtie en briiiues fort minces ou tuiles, comme les anciens éditJces romains, fut terminée en 5'i.9. Elle était autrelois |)ivcédée d'un porti- (jwe quadrilatéral. Des colonnades do marbre dHymette, où le chaj)iteau corinthien est assez gro.'Sièrement imité, sé[)arent la nef des ailes, et supportent des arcades à plein cintre, sur !es(iuell(.'s pose un mur percé de douze ienêtres également à [tlein cintre : l'ensemble est d'un ejfet grandiose et imposant. Douze degrés conduisent au sanctuaire l)iacé au-dessus d'une cry|ite environnée d'une galerie, et en même temps h l'autel et à labside, qid servait de presbytère. Cetlô abside, circulaire à l'intérieur, est polygonale au dehors, comme celle de Saint-Jean Ue La-

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tian tK Roiïio. Ilavenne pressente encore plusieurs iraitsdumoiJèle primitif dans lesautres basiliques qu'ellereulenne: par exemple, dans celle de Saint-Martin, dont la fondation est attribuée à Théodoric, et qui prit le nom de Saint-Apollinaire di Dentro, depuis que Ton y a transporté le cor[)s de ce saint ; dans celle de Sainfe-Agallie-.Majeare, bâtie |)ar saint Kxuperanlius, à la tin du iv^ siècle ; et cnlin dans l'église du Saint-Ksprit, oui est d'une c instruction encore plus mouerne. ( Voijcz d'Agincourt, Hist. de tari par les monum. )

Dans les lagunes de Venise, à l'de de Torcelio, on retrouve la forme de la basilique jarfaitement conservée dans réglise de ^^ainie iMarie ou du Dôme, bâtie, en 1008, par Oiso Orseolo, évèque de cette église. Deri'ière un porche ou porticfue d'un travail assez grossier est la nef, séparée des ailes par lies colonnes, dont les chapiteaux, imités de l'oidre corinthien, suj)poitent au-dessus de petites arcades en plein cintre, des murs per- Cf'-s de fenèires et surmontés d'un plafond en bois ; à l'extrémité de la nef s'élève le chœur ■environné d'une balustrade de p.ilites colonnes alternant avec des planches de marbre richement sculptées ; derrière ce chœur, comme à Saint- Apollinaire de Ravenne, est ime crypte ; au-dessus de cette crypte l'au- Icl, et plus loin l'abside semi-ciiculaiie ; ih, <iu haut d'un escalier de douze degrés, paraît J.' Irùne de marbre de l'évèque, qui domine •les sièges du clergé disposés en aiiqihitht'àtre -dans la courbe de l'abside : c'est incontestablement un des plus beaux presbytères qui existent.

A Parenzo, en Jstrie, nous trouvons une b isilique bâtie, en 5i0, par l'évèque Eufrasius : elle est précédée de son portique qualirilatéral ; les aik'S sont séparées de la nef par des colonnes qui supportent des arcades plein cintre, et l'abside semi-circulaire renferme le trùne de l'évèque et les sièges des f)rètres, le tout enrichi de mosaïques.

Près de Bergame sont les ruines d'une basilique consacrée à sainte Julie, avec trois Absides à l'extrémité de la nef et des ailes.

Les Annales de pUilosophie chrétienne renferment plusieurs articles savants de MM. Guénebault et Ch. Cahier sur la basiiKIue chrétienne des premiers siècles.

[loin. XVI, XV II et XIX.) Ces auteurs ont «'.xpliqué les plans donnés par Beveridge et Sarnelli. M. l'abbé Ch. Cahier n'a pas cru devoir adopter sans modification le plan de Sarnelli, publié par l'abbé Hyacinthe Amati avec quelques changements de peu d'importance. iNous emprunterons aux travaux de ces archéologues érudits quelques détails qui serviront de complément à ce qu t nous avons dit ci-dessus des basiliques primitives.

Quant k la forme des basiliques, nous ne répéterons pas en d'autres termes ce qiie nous avons dit précédemment : nous ciler^His, comme règl 'ment générai sur la lieu et la forme de l'assemblée, les prescriptions ■des Consiilulions apostoliques : « Evèque,

lorsque vous réunirez l'assemblée des sejvileurs de Dieu, veillez, patron de ce grand navire, à ce que la décence et l'ordre s'y observent ; les diacres , comme autant de nautoiuiiers, assigneront les places aux passagers, oui sont les fidèles... Avant tout, l'édifice sera long, en forme de vaisseau, et tourné vers l'orient, ayant de chaque côté, dans la même direction , un appartement contigu (pastophorium). Au milieu (on voit qu'il s'agit de l'extrémité orientale de l'édifice) siégeia l'évèque , ayant de part et d'autre les sièges de ses prêtres. Les diacres, debout, vêtus de manière à pouvoir se porter partout oiî besoin sera, feront l'office des matelots qui manœuvrent les (lancs du vaisseau. Ils auront soin que dans le reste de l'assemblée les laïques observent l'ordre prescrit, et que les femmes séparées des autres fidèles gardent le silence. Au centre, le lecteur du haut d'un lieu élevé lira les livres de l'ancienne loi, et après la lecture un autre commencera le chant des psaumes, qui sera continué par le peuple. Puis on récitera les Actes des apôtres et les Lettres de saint Paul. Après quoi un diacre ou un prêtre fera la lecture de l'Evangile, que tous, clergé et peuple, écouteront debout et en silence. Ensuite les prêtres, l'un après l'autre, et enfin l'évèque, pilote du navire , exhorteront le peuple. A l'entrée, du côté des hommes, les portiers ; du côté des femmes, les diaconesses, représentent l'homme de l'équipage, qui règle les frais avec les passagers. » (Constit. apost., lib. II, cap. 57. Voy. les Notes de Cotellier sur ce pas.'^age.)

On voit combien l'idée de vaisseau, de nef, domine d.ins celte description. C'était un type consacré par la comparaison si fréquente des apôtres avec des pêcheurs et de l'Eglise avec Varche, hors de laquelle il n'y a que naufrage, etc. Les saints Pères et les monuments des premiers siècles reproduisent cette pensée avec affection. (Cf. Mamachi, Origin. et antiq. Christian., lib. iv, cap 71 ; m, 101 ; Foggini, De Romuno divi Pétri itinere et episcopatUy frontisp. et pag. 48i, 493, etc. ; Boldetti, Ctniiteri; Miinter, Symbota, pag. 7.) Ajoutons encore quelques lignes des Constitution a apostoliques. Si ce recueil ne remonte pas aux apôtres eux-mêmes, comme le prétendent les critiques, c'est incontestablement un des monuments les plus anciens de l'antiquité ecclésiastique.

« L'Eglise ne ressemble point à un navire seulement, mais encore à un bercail, et comme le berger partage son troupeau d'après l'ilge et l'espèce, de môme dans l'église les jeunes gens et les enfants seront assis à part, si l'emplacement le permet, sinon que les enfants se tiennent debout près de leurs parents ; les femmes mariées auront leur place ti part; mais les vierges avec les veuves et les femmes avancées en âge occuperont les premiers rangs.»

L'orientation des basiliques, d'après les jilus anciennesprescriptions, semblerait avoir été fixée de manière que le grand axo formât une ligne dirigée de l'est à l'ouest,

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les |)ortos rogini.int l'occident, et l'absido Itr('.-(Mit.-Mil sa rniivpxité h Toniprit. Ainsi, les tidùlos, ayant h droiti» )o midi ot h gaucho if rutrd, tournaient le vis;igo vers l'orient. fA'.Citnsiit. a/josr.. Notes do Cotollier.) Cotte disposition, dont on a <Ionné beaucoup de raisons ni.vsti(iues, mais dont le titre le i)lus rrspocinblo est do remonter aux temps dos apulres, ne fut regardée d'ailleurs que comme convcnal)le et non obligatoire: aussi y fut-il dc^rogé dès les premiers siècles et dans d'èclalantes occasions. D'ailleurs, loslièr(''liqu«»s ayant imaginé di^ voir Jésus-Christ dans le soleil, le respect de l'ancien usage c^da au danger de paraître autoriser la siii)erstition. Je ne sa s pourtant si M. A]l)ert Lonoir [trouverait aisément quh Uome la plupart des basili(jues bâties par Constintin aient vraiment leur porte h l'orient ot l'abside au couchant. [Instriict. du Com. hist. des arts et monum. 1839.) Il est certain du rest > que tout système d'orientation peut trouver son modèle à Homo même, parmi les églises ancieimes. Sanctuaire à l'est : Saint-Laurenfhors-les-Murs, Ara-Cœli, Saint-Paul; au sud: Saint-Jean de Latran , Saint-Grégoire, etc. ; au nord : Sainte-Mare-du-Peuple , Sainte- Marie r/fi Monti, etc. ; h l'ouest : Saint-Pierre, Sainte-Marie-Vlajeure, Snint-Clémont, Sainte- Praxède, etc. Ainsi, il ne serait pas exact r.on plus de penser que l'on ait prétendu tourner les sanctuaires vers la Palestine plutôt que vers l'orient équinoxial. Lorsqu'on a voulu conserver une trace de l'usage primitif dans les églises orientées d'une manière inverse (avec le portail vers l'orient), il seml)le qu'on ait recouru, comme à une sorte de compensateur, à la dicction d î l'autel : le urètre célébrant alors le visage tourné v(m-s le peuple, suppléait au défaut de l'orientat'on générale. (Vid. Goar, Not. IV in ord. sacri ministerii.)

Vatriwn ou enceinte extérieure formait une sorte d'entrée en hors-d'œuvre, destinée à isoler l'égliso proprement dite loin des bruits et du mouvement de la cité. C'était, en arrière d'un premier mur d'enceinte, ime sorte d'esplanade à ciel ouvert, environnée de trois cAtés par un portique. Le quatrième c<Mé semble avoir été formé comaïunément l)ar le portail ou la façade de la basilique.

Le j)ortique qui régnait sur les côtés de cette cour d'entrée (ÉliS/iat), servait de lieu dereposàceux qui attendaient l'heure de l'assemblée ; là aussi s'abritaient les pauvres qui profitaient de la réunion des lidèles pour se recommander h leur charité. (Cf. S. Joann. Chrysost., Homil. in II ad Corinth. ; Haronius, an. 57, n. 128; Ferrari, De rilusacmrum tJ cries, veleris concîon»/m,lil).ii,cap.22.) Plusieurs passages des écrivains ccclésiastitfues donnent lieu de penser qu'on y adjoignait [tarfois d s bAtiments s -rvant d'hospice.

Au milieu de ces poriques, une sorte de cour, imptuvium, area Dei, souvent [tlantée d'.irbres, paralisus, parvis, servit de cimetière vers lev' ou vr siècle. Au centre de ce parvis, et quelquefois pout-ôtn» plus près du portail de la basilique, soit en dedans ?oit en

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