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res ne paraît |i<ts avoir été jamais forl répandu, quoiqu'on en trouve des tracos, par exemple, à Kome , dans l'égli-^o de Sain'e- Agnès-liors-les-Murs et dans celle de Saint- Laurent in agro Verano. En Grèce, quan I les églises n'ont point de travées, les femmes sont le plus souvent placées dans le Heu (lui co.rcspon 1 au war/Àfj" des églises monastiques. Quant h Vamhon d.^ns les basiliques, nous renvoyons le lecteur h nos articles Ajibon , Chafre , Jubé.
Entre le chœur et !e sanctuaire, dans }>lusieurs basiliques, se trouvait le solcn {t'-Oî-xc, c-o>£ùj , ffw>îcov , <7o),i9'., etc.), large degré qui formait comme un lieu de pause ou un seud à l'entrée du sanctuaire. Là se tenaient les entants, que l'on pourrait croire avoir rempli les fonctions d'enfanls de chœiir; les iidèles ne pouvant pénétrer au delà , c'était comme le terme des pèlerinages cnt. épris ])our vénéror les reliques disposées sous l'autel. De là l'expression ad (imina iîiarli/rwn, aposlolorum ,' etc. , proficisci. Par respect pour ce lieu, on y proJigua les matières les plus précieuses.
Le sanctuaire (secretariiim , sacrarhon , ca7icellus , presbytciium, ler^ô-j !l-n;-iK, »£,<;« !tov, ùyiu(j7Ôf,i'j'j , O-jo-iKo-TÂ.ioi'v), élevé au-dessus (ie tiiut le sol de la basilique, était f^rmé vers la nef par une balustrade, canccUi , que surmonte ordinairement Viconostase, dans l'Eglise grecque. Cette iconostase ou cloison du sanctuaire , composée de colonnes, d'images peintes, etc., s'élève sur une balustrade proprement dite, et dérobe la vue du sanctuaire, où le regard ne peut ))énélrer que par les portes. Elle semble avoir élS remplacée autrefois, en Occident, par des tapisseries ou voiles suspendus, qui couvraient même l'enlîée, jusqu'à ce que les catéchumènes et les pénilents fussent congédiés.
En dedans du sanctuaire, près de la balustrade, se tenaient les diacres ; de là le nom de diaconiciim, donné quelquefois à la partie du sanctuaire la plus voisine du peuple. Nous renvoyons au mot Altel pour les détails sur l'autel des basiliques.
Le fond du sanctuaire, ou abside., était ap[)elé aussi exedra, presbylorium, tribunal, (d)sida gradata , etc., parce que là siégeait l'évèque environné de ses prêtres. Les sièges , cvvOpovov , ordinairement scellés dans la muraille et en marbre, se recouvraient d'une draperie. De là les mots linlecilœ sedes, cathcdrœ velatœ. (Cf. Sarnelli, Selvaggio.) Celui de l'évèque, Ihionus, cathedra, élevé au. fond de l'hémicycle sur trois degrés, avait à droite et à gauche ceux des j)rctres , sellœ , subsellia, secuadœ fcdes, plus simples que le trône, et moins exhaussés. On en peut voir encore la forme à Rome, dans l'église de Saint-Clément et dans celle des saints Nérée et Achillée. Rappelons ici ce qui a été déjà observé [Voy. Autel), que le prcsbytcrium ou sanctuaire ne doit pas être confondu avec le chœur. Saint Charles Borromée dit expressément, connue Sarnelli, que Vancienne coutume était do placer le cireur devant l'autel. Aux ba::ilit;ues étaient souvent joints des
b'ilimehts considérables. Nous ne paclerons ici que ifes pièces ou appartements dont la destination est nécessairement liée avec le service liturgique. Les pnsiophoria , dont par'ent l 'S Constitutions apostolu^nes , rappellent le même mot em[)loyé dans le livre dos Muchnbées (I Mac. iv, 38, 57) pour exprimer des sales ou appartements voisins du femj)le, et désignés, en des circonstances toutes semblables, par les expressions gazop'iylacia, cellaria, tlud'imi, triclinia, etc.
Les auteurs grecs s'accordent à placer le d iaconi cumoii secrc tnr inin majus, u/.evo ]-vl7.ytlovt sacristie, à droite du s<inctuaire, c'est-à-dire au nndi ; à ]'op[)osite, tl'autres a|)paitements, moins dirccteiiient consacrés au service de l'aule', renfermaii nt les archives et la bibliothèque. Saint Paulin, rpii avait composé ihis inscriptions pour les dilb'rentes parties de la basilique de Noîe , explique clairement la dest'nation de ces dernières.
A droite de labside (c'est lui qui pane) :
Hic locHi est v?>i'randii peiins q::a con liiur, et qua l'rjmiiur aima sacii pjinpa miuisleiii.
A gauche :
Si que:n ianc'a tem' tneU andi in l'qe volwUa-, Jiic potenl su^ris re^ideiis inletidere li'jris.
Avant de considérer les basiliques soiisun autre point de vue, nous croyons ulde de jilacer ici la description de la basilique do Jérusalem, construite par sainte Hélène, mère de Constantin. C'est encore un des textes précieux de notre archéologie chrétienne. En produisant ainsi des documents historiques contemporains de l'érectiondes éditices, on met le lecteur studieux mieux à même de connaître les monuments d'architecture.
« Hoc , inquam , raonumentum tanquam totius oprris caput, imperatoris magniîicentia eximiis columnis et maximo cullu primum omnium decoravit, et cujusque modi ornamentisillustravit. Transgressus inde est ad vastissimum locum libero patentem cœJo. Cujus solum splendido lapide constravit , longissimisque undique porticibus ad tria latera additis. Quippe lateri illi quod e regione speluncae positum , solis ortum spectabat, conjuncta erat basilica : opus plane admirabile , in immensam allitudinem elatum, et longitudiueaclatitudine maxima expansum.
Cujus interiora quidem versicoloribus marmoris crustis obtecta sunt ; exterior vero parietum superficies, politis lapidibus probe inter se vinctis decorata, eximiam quamdaui pulchritudinom, nihilo inferiorem marmoris specie , prœferebat. Ad culmen vero et caméras quod attinet , exteriora quidem tecta plumbo, tanquam firmissimo quodam munimento, ad hibernos imbres arcendos obvallavit. Interius autem tectum sculptis lacunaribus consertum , et instar vasti cujusdam maris compactis inter se tabulis per totam basilicam dilaiatum, totumque auro purissimo coopei tum , universam basilicam velut quibusdam radiis splendere faciebat. Porro ad utruinque latus , geminœ porticus tam subterraneffi quam supra terram eminentes, tolius basdicujiongitudinem aiquabanl ; qua-
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riiiu ((tiicnihOiationcs niiro perindo varial.iî smit. Ivx his, qiJ.'c in Ironie basiliciu orant, in,L;entilms oolunniis fulcieh.mlur : qtiCR vcro inici'iorcs, possis niap;no niltii oxliinsncns ornaiis susliiit'ljan'ui'.lNtrla> tros ad uiientom suleiM apto (Ji.sposHa^ intiocunliuni tuil)ani «'xceporinit. K le^if.mo liamiii portaruni orat licniispliaM iiim, ([uod lolins nporis caput est, us(juei ad culmen ipsiiis l>asiluvc protcMilum. (^ini^chatur id duodocim coluinnis , pro iiumrio saiicloruni Servaloi'is nostri aposloloriini. Quaruin rapita maxiniis cratorihus aru,cnt('is crant ornala : quos inipciator, tan- (Iiiain pid('h( rrinium donariuMi, l)oo siio di- Ciiverat. Hinc ad eos aditus qui anle templuni sunl |)ro;;rp(îioritibus , aroain intcrposuit. Hrant auteni i!i oo loco priniiim atrium, (Icimlo portirus ad iitrunKpio lalus, ac postrcnio [lortai atrii. Post lias lolius o[)eris vcsliliula in ipsa média plaloa, in qna forum est reruni vena'ium , anil)itioso ouitu cxornaUo, iter tbrinst'cus agontibus , aspectum earum rerum ipia? inliis cernobantur nnn sino quodain stuporo exbibel)ant. » (Euseb. , Yila Constant. AJayn., Jib. m, cap. 3'i-, 39.)
L'aulcnr du HI<i(jntun Ihcntrum vilœ humanœ aflirmo que la destination spéciale des basili(|ues était do conserver lumoralderaent les rel (|ucs îles martyrs, et c'est pour cela qu'on les ap; elait souvent memoriœ martijrum. Le môme auteur assure qu'il est [)rouvé l)ar les conciles, p,ir les écrits des saints Pères et par les histoires ecclésiaslit^ues particulières, ([uc, dans les i)remicrs siècles de l'Eglise, on a|)pelait basiliques les lieux où l'on conservait les reliciues, les corps ou quelque autre souvenir des martyrs, et qu'ensuite ce nom s'est étendu aux autres tom[)les. Il cite en témoiyna;;e de ce fait un concile de Gangres, qui, dans son cauon 20% condannie un certain Eu.staclie, parce quil méprisait les basiliques des martyrs : quia contetnnehat hasilicrts vuirtijritm. Et ensuite, au concile de Cartliage, tenu en 318, qui, dans son canon l-'^, défend d'élever aucun éditice religieux du génie de ceux dont il est ici question , sinon dans les lieux où S(>rait déposé le cor|)S d'un martyr, ou (jui aurait été témoin de ses soulfrances, ou qui aurait conservé ([uolqu'um^ de ses reliques.
Le savant Du Caiige dans son (ilossaire , à l'article Basilique, conlirme l'observation précédente. Il <Jit qu'au commencement du moyen âge, c'est-à-dire vers le iv* ou le v° siècle, le mot basiliqut; empoilait avec soi Pidée d'un monument funèbre élevé sur le lieu dtî la sé|Millure d'une personne.
On a|»|iela, dit-il, basilifpies, clie/, nos anciens Francs, ceitaiiies petites constructions ou cbapelles, œdiculœ qwvdam, qu'ils élevaient sur la tombe dcsgiands, et c'est peut- 6lre de là (jue leur était venu leur nom de basilique ou dernière demeure royale, i)rin- Ciôre, c'est-à-,iirc réservée aux grands. (^Hiant aux sépulcres de ceux ijui ('taient d inie (condition inlV'rieurc, on se contentait d'eicver au-dessus une tumbj ou une [t.tito
galerie, /)orr/cu't{.<. On en trouve la preuve dans la loi salque, l.tre 58, paragrai»lies 3, 4- et 5, où il est dit :
« Celui qui aura dégradé une tombe ou |>etite galerie , po//icu/wm, sur un homme mort, |)ayera 5 sols ; mais celui ({ui aura endommag('' une basili([ue, dans le même cas sera condamné à un(î amende de 30 sols. » Siqi.i< rero basilicmn super homincm m rl}ium exprobrnverit, 31) solidis culpnhilis judicatur. De là il est clair, ajout" Du Gange, que cca l)asili({ues étaient réservées aux tombeaux des grands. Il est encore questioîi de l)asilifjues dans ces mêmes lois saliques, au titre 71, où il est parlé do lamende encourue jar celui qui aura incendié une M)asili((ue, volontairement ou par négligence. D'où les historiens concluent que ces basiliques étaient en bois et sujettes à l-'incendie.
Au xvir siècle, il y eut une dispute célèbre entre l'un des frères de Valois, historiographes d'^ France , et Jean de Launoy, critique érudit, quoique souvent trop sévère, sur le sens à donner aux mots basilique et église. Mabillon en rend com[»te, au tome I! de ses œuvres posthumes, pag. 353, article De antiquitatibns sancti Dionysii : « Il fut très-bien démontré par M. de Valois, dans sa dissertation sur les basiliques, contre le docteur de Launoy, que le mot basilique a toujours signifié , aux vi*^ et vu" siècles, dans les Gaules, une église de monastère, monachorum ecclesium, et que les églises cathédrales ou paroissiales étaient désignées à la même éjioque, simplement sous le nom d'églises, ccclesias. » A rai>[)ui de ce qu'il avance, Mabillon, à la page 357 des mêmes œuvres posthumes, ci le ce f)assage de la Vie de sainte Clothilde, écrile |)ar un auteur contemperain : Clonldis quoquc in h on rem S(tncti l'eCri bisiliram ubi rdujio monalerii ordinis vifje'et, Parisiis fecit, quœ buiilica uunc sunclœ Cienovefœ nuncvpatur.
Pour terminer ce qui concerne les basiliques, noTis avons à donner au moins quel(|ue.s b:efs détails sur les sept basilitiues roujaines dans leur état actuel. Nous regrettons de no Itouvoir en donner une description com|)lète, mais nous nous écarterions trop du but de cet ouvrage; nous renvoycns le lecteur désireux de jilus amples dévelopiiements au livre do INL le baron Marie-Théodore de liussierre, intitulé : Les sept BcsiUqucs de Rome, ou iisile aux sept enlises (2 vol. in-8". 1845j. Nous recommandons volontie(S l'ouvrage de .\L Eugène de la (iournerie, intitulé : Home chrétienne, ou Tableau historique des souvenirs et des monuments chrétiens de Home (2 vol. in-S'. IKV.'J. Paris, riez Debécourt). M. rabb('; Ph. Gerbel a publié seulement le I" volume d'un ouvrage intitulé : Esquisse de Rome chrétienne : on y trouve également des lenseignenienls fort intéressants sur les basditiues romaines.
Dès les |iremiers siècles de notre ère, dit ^L Th. de iJussierre, etjieu do tenqts après la ihi dcji poiiécutioriS, l'oiiconqilail à Kami*
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cinq (églises priiicipMfS ou pafriarcalos, h savoir, los hasliqu s: 1° du Sauveur, appelt.'-e aussi Constantinioniio, Doréo ou du Lalran; 2* de Sainf-Piorre ; 3" do Saiiit-Paul ; V do S,iinte-Mario-M<ii(uro , dite égiloniont del Presepio ou Libérienne ; 5" des saints martyrs Etienne et Laurent.
' Ces églises porlait^nt 1 • titre do patriarcats, en riionnonrdes cinq palriar('h?s de Romo , de Conslanlinoplo. d'Alexandri«\ d'Anlioche et de Jérusalem, lesquels élai<*ni les principaux du monde clirétien. H fallait que, venant à Rome, leur métropole comnmjie, soit pour atraires de religion , soit [)0ur assister aux conciles, ils y tjonvassent leur église et leur palais, comme dans l^ur propre province, lin même temf)s aussi il y avait dans l'existence des nnalre [lairiarciils inférieurs 5 celui de Lalran quelque (;hose de profondément symbolique : ils ex()rimaient à la fois et la suprématie de Rouie et l'unité de l'Kglise sounu'se à un chef unique, centre visible de celte unité.
Les fidèles. lorsifuMIs allaient faire leurs prières dans les principales é,^lises de Rome, ne tardèrent pas à en visiter encore deux a'itres, outre les cinq patriarcales, afin de eélél)rer ainsi le nombre des sept églises ment:onnéesttens l'Apocalypse, on peui-êtie aussi, comme Tobserve le docte Panvinius, parce que le respect et la dévotion les portaient à s'arrêl€ir dans les basili{|ues de Saint-Sébastien et de Sainte-Croix en Jérusalem, devant les(|uelles ils devaient nécessairement passer dafis leurs [lieux pèlerinages. Toutes les d. iix el es étaient dignes de la plus haute vénération, la première à cause de ses catacombes; la seconde, en considération de ses adiiiirables reli(|ues.
Constantin éleva à Rome un baptistère dédié à saint Jtan. Il construirai à côté une grande ]jasid,,ue consacrée au Sauveur et aux deux saints Jean : c'est celte basilique de Saint-Jean de Latran caput el mater ommiuin ecclrsiarum orhi$ terrarnm. Cette vénérable basilique fut consacrée par le pape saint Sylvestre, le 5 des ides de novembre, ci la commémoration de cette dédicace est demeurée une fête pjur toute la chrétienté. Lab'isilique actue le ne date que de 1360, et SR façade ne fut élevée que dans le dernier siècle par Alexandre (ialiloe. C'est un bâtiment noble et vaste, dit M. Eug. de la Gournerie, où ujalhcureusemont le Borroraini a enfoui sous de massifs piliers les colonnes de brèche, do serpentine et fie brncatelle de rancienue église. Des saints gigantesques, •lebout dans l'épaisseur dos pilastres, semblent y rappeler par leur gravité et par leur nombro les pontifes et les prélats qui s'y sout souvent rassemblés. Partout vous y voyez de riches chapelles , de somptueux mau^oléos, des débris antiques ; la table sur laquelle Jésus-Christ (it la cènoyestenchâsséedansl'or; el les colonnes qu'Auguste fit mouler avec le bronze des rostres arrachés aux vaisseaux pris à Actium, y soutiennent l'achitrave de l'autel où le Dieu des chrétiens demeure exi>osé ù la vénération des âmes pieuses.
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C'é'ait au pied de la colline Vaticane, dans le jardin et le cinjue de Néron, que les premiers chr(''tiens de Rome souffrirent le martyre et que f it ente: ré le corps du prince des afiôtres. Depuis lors, ce lieu était devenu sa nt et vénéré. Anaclet y avait pratiqué un oratoire, et saint Sylvestre, aidé par la munificence im|)ériale, y éleva, vers 323, une somptueuse basilique. Cette église était k cinq nefs séparées par 06 colonnes de marbre ; elle avait 313 pieds de long et 218 de large. Saint (irégoi ode Tours sn parle avec adnnration. Le tombeau de saint Pierre y était jdacé sousl'autol, et une petite fenêtre avait été prati(]uéc dans les parois qui l'environnaient, pour être ouverte à ceux qui voulaient priir devant les saintes reliques : or, la foule des pèlerins était considérable à ce sépulcre vénéré ; on les v.t quelquefois errer dans les rues de Rome comme des niues de fourmis et d'abeilles ; et les princes eux-mêmes, les rois, les empereurs, vinrent souvent abaisser lorgueil ae leur di.idème aux pieds du pêcheur de T-bériade. Charlemagne ne monta les degrés du sanctuaire qu'en les baisant l'un après l'autre.
La basilique érigée par saint Sylvestre a vécu onze siècles : aujourd'hui on n'en voit plus que de faibles débris dans les grottes vaticanes. La basilique actuelle dé Saint- Pierre a été bAtie au xvr siècle.
La basilique de Saint-Paul fut édifiée dans un champ appartenant à sainte Lucine, où l'Apôtre avait été enterré. Elle fut consacrée en 323 et reconstruite par Théodose, vers la fin du IV' siècle, avec une nouvelle magnificence. C'est alors, sans doute, qu'on y apporta de la basilique Emilienne ou du mausolée d'Adrien, ces admirables colonnes de cipolin et de brèche violette, qui, maintenant, brisées, calcinées par l'incendie, gi^ sent autour de l'église, dont elles ne soutiennent plus les spkndides corniches et le toit de cèdre. On ne peut se faire une idée en France de l'effet que produisent ces longues fdes de colonnes, à travers lesquelles l'œil pénètre toutes les parties de l'édifice, et qui, par leur légèreté, leur élégance, leur éclat, semblent plutôt placées là pour l'ornement, comme l'or et les statues sur les autels, que pour supporter la charpente qui domine vos tètes. Une singularité de Saint-Paul, singularité qui se retrouve, au reste, dans plusieurs églises d'Italie, à Saint-André de Rimini, par exemple, c'est que la charpente et la toiture n'y étaient pas dissimulées à l'œil C( tte disposition choque par sa pauvreté au milieu de toutes les richesses de l'art el des décors. Que la charpente soit de cèdre, peu importe, le temps l'a bientôt brunie, et l'on n'a [ilus alors que l'aspect assez vulgaire de cnnlreforts et de solives s'enchevètrant pén bicmcnt [)Our venir reposer sur d'élégants arceaux.
Il ne resta i»lus de Saint-Paul, après l'incendie de 1823, que la façade avec ses mosaïques curieuses et l'abside où se trouvait le maître-autel. Depuis lors, la reconstruction en a été poursuivie avec activ.té ; au-
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j()urd"liui la vieille basilique renaît de sos cendres : mais qui nous rendra les porlrails des panes depuis s,-iint Pierre, qui en ornaient la jiîrande nef?
C'est sur la cataconibede Sainte-Cyriaque, dans ln(iuelle avait été enseveli saint Laurent, (pic fut eonstnile, en 330, léi^lise de Saii.t-I.aiiretit-liors-les-Murs. UebAtie au vi* sièele par IN'lage II, accrue au \ni* siècle j)ar H<uiorius III, restaurée aux xv' , \m' et wii' siècles , celte éj-'lise présente sur le clieniin de Tivoli un j>orti(jue soutmiu par six coloiuies antiques et peint à fiesque. \inf;i-deux colonnes de granit orien'al en divisent Iqs trois nefs; on y retiouve les anibons des premiers A|:;es ; on y voit une clia re pontilicale ornée de mosaïques, et on y vénère les corps de saint Laurent et de saint Kti(Mnie.
Depuis que Constantin était maître du monde, sa pieuse mère Hélèni^ avait jeté les yeux sur la terre sainte, et bien qu'âgée de quatre-vingts ans, elle y était allée arracher la statue de Vénus du temple qu'Adrien lui avait érigé sur le Calvaire. On sait comment, en démolissant les fondements de ce temple, on trouva trois cioii et divers instruments de supplice. Un miracle révéla laquelle de ces croix avait été sanctifiée par la mort de Jésus-Chri-t ; et Hélène, après en avoir laissé une partie à Jérusalem, et en avoir donné une seconde partie à l'église de Saint-Pierre, fit bAiir une b.isjlique pour recevoir la troisième. Telle fut l'origine de Sainte-Croix-en- Jérusalem, à Home. Ella occupe l'emplacement des liorti Vnriani, somptueux jardins que souillèrent les orgies d'Eliogabale. L'église actuelle ne date que du xn' siècle, et c'est ft lienoît X!V qu'elle doit sa façade et le veslibulf orné de bas-reliefs et de colonnes qui la |)récède. Les corps do saint Césaireet de saint Anastase y re[)0sent sous l'aulel dans un.i grande urne de basalte ornée de f(uaîre tèt<^s de lion : de naïves peintures du Piiduriccbio y déioient la voûte de la tril)une, et une cliaix'lle mystérieuse y est consacrée h sainte Hélène. Ce n'est pas là toutefois que repose le corps de la s.iinte ; 1 fut déposé par l'ordre de Constantin dans la catacombe intir (tuas lauros, déjà célèbre par la sépulture des s.iints Marcellin (.-t Pierre, et sur laquelle l'empereur fit édifier une é-^lisc sous leur invocation.
IJAS-KKLIHF. — On appelle gjénépalement du nom de lias-relief tout ouvrage de scul[)tui-e dont les objets ne sont point isolés, mais adli'rents à un fond ou champ, s:»it qu'ils v aient été a[)pliqués ou attachés, soit (ju'ils fassent partie de la matière dais laquelle ils ont été travaillés. On dislingue trois genres de relii'f. On a\)po]\b haut-relief ou pleinrplief cv.u\ (k»nt les ligures sont entières ou paraissent saillantes hors du fond ; le demirelief e^t celui oiî la figure sort à mi corps du plan ; le bas-relief [)roprement dit est celui où les ligures perdent leur saillie et sont re[)réseniées comme aplaties sur le fond. On doime le nom de méplates aux figures dont la saillie est très-légère. L'usage
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cependant a consacré la dénominafon de fcfr^relief, pour désigner les ouvrages de relief, detellesaillie(prilssoient.Leniotfjna7///p/Mim chez les ;inciens (Voy. Anagi.ypue) indiquait d'une manière générale et peu déterminée ce genre de sculpture; lorsqu'on l'exécutât en [uétal, on lui donnait le nom de Inreuma, û'où l(i mot tnrettmnliquc, (\\\\ dési-^ne la science de ces objets d'.irt ; mais le nom spécial et dont Pau.'anias se seil toujours, est typos, et dans les auteurs latins typns. Le véritable bas-relirf, (pii a très-pci de saillie, exige bi^aucoup plus d'art (pie celui dont la saillie est plus cons'dérable, parce qu'il est, ( n ell'et, difficile de donner l'air natiii el à une figure qui a sa véritable hauteur et sa véritable largeur, mais qui n'a que très-peu d'épaisseur. Ce qui est encore plus difficile, c'est la composition pittoresque ou la formation des figures en groupes, parce que l'artiste ne peut pas employer, comme dans la peinture, différents fonds éloignés l'un de l'autre. Comme les ombres des bas-reliefs sont des ombres véritables et non pas des oml)res imiti-es par des couleurs plus sombres, il faut q^uo tout y soit bien calculé d'après la lumière dont l'ouvrage est éclairé. Les anciens employaient les bas-reliefs pour en décorer les monuments d'architecture et orner leurs meubles. Toutes les nations connues dans l'histoire de l'art ont eu des basreliefs, et le style do ces ouvrages est semblable à celui de leurs autres monuments.
Les antiquaires les plus célèbres dans des ouvrages spéciaux ont décrit les bas-reliefs les plus iemari{uables de l'art égyptien, assyrien, grec et romain. Nous ne les suivrons pas. Nous serions entraînés trop loin du but que nous nous proposons en écrivant ce livre. Nous dirons seulement un mot des basreliefs si renommés du Parthénon d'Athènes. On en admire aujourd'hui les magnifiques restes au ^luséum iJritanniiiue, à Londres. Ces bas-reliefs sont exécutés sur marbre blanc , en grand relief. Ils ont servi de modèle aux artistes modernes, pour la disposition heureuse des personnages, dans l'cîxéciJtion des travaux du même genre.
On trouve d ins les Catacombes de Rome une grande quantité de sarcophages en marbre décorés de bas-reliefs. Les sculptures no sont pas toujours remarquables par la finesse de l'exécution. On y voit représentées des scènes historiques, tirées de l'Ancien ou du Nouveau Testament. On y observe quelquefois aussi des figures mythologiques ou des allégories évidemment emprunté' s au paganisme. Les anti(]uaires chrétiens, qui les premiers eurent à ex[)li([UGr ces bizarreries, se trouvèrent fort embarrassés. Ce fut plus lard que l'on en donna la véritable raison. Dans la plupart dos bas-reliefs, exécutés par des artistes grecs, (pii décorent les sarcophages si nombreux à Home et en Italie, surtout sous les em[>ereurs, le visage du défunt est seulement dégrossi : ce qui fait conjecturer, dit Millin, (ju'il y avait des espèces (Je maniifacturi's, (jue l'on transportait les sareopha;;tcs de laGièce à Uoiiie, et qu'on les y terminait
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