‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 90 sur 195 · BAT · texte numérisé non relu

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tenant à l'anhitecture classif)ue , et qu'on appelle bâtons rompus , parce qu'il offre, en effet, (luelipie ressemblance avec un l)âlon ou tore qu'on romprait de distance en d stauce . et au(|ucl on ferait former une suite d'angles droits. Les bâtons rompus, ([u on nomme aussi moulures qrecf/ues, ou simplement grecques et méandres, se voieiit sur un petit nombie de monuiuents de la [)ériode romano - bvzanline , au xii° siècle. Voy.

FUETTES, MÉ\M)KES Ct ToUES COLTÉS.

B.vTON UE ciiA>TUE. Daus un grand nombre d'églises , en France , le grand chantre, dignitaire; du chapitre, porte un bâton d'honneur, qui rcssi^iwUlii iiSSL'i au bâton pastoral, quant à la ricnesse et môme quant à la forme , ex(e|)lé (ju'il n'est {(as terminé en haut par la crosse. Ce bâton est surmonté (fun ornement qui varie suivant les lieux, quelquefois suivant les prérogatives des églises.

Le bâton cantoral entre les mains du grand chantre ou précenteur, est le signe de l'autorité qu'il possède dans le chœur pour régler le chant et la psalmodie. L'usage en est fort ancien dans nos églises ; il se conserva en Angleterre jusqu'à l'époque de la réformation.M.Puginapublié des extraits d'inventaires des églises delà Grande-Bretagne, où l'on trouve des renseignements fort curieux. Chapelle de Saint-Georges, à Windsor. — Item, un bâion d) grand chantre pour le chœur, ayant cinq anneaux ou nœuds dans la hauteur, et une traverse en ivoire, enchâssée dans l'argent , avec une pomme de cristal, au sommet. — Item, deux autres bâtons semblables entre eux pour les chantres, aux princijiales fêtes.— ifcm, deux autres bâtons semblables \)onv les jours ordinaires. Cathédrale d'York.— /fem, un long bâton, »>n vermeil, surmonté d'une pomme.— //em, un bâton d'argent, fait par Robei t Sémar.

Cathédrale de Saint-Paui.— /^ew, un bâton de chantre en ivoire , orné d'anneaux ou nœuds en vermeil, avecdes trèfles entourés de pierreries, surmonté d'unepoinme de cristal. Cathédrale de Lincoln. — Un bâton de chantre couvert de vermeil , avec une image de Notre - Dame gravée sur argent , à I une des extrémités , et une image de saint Hugues, à l'autre extrémité. Ce bâton p- éseiile a la partie supérieure une tôte à six pans , avec de petits contreforts ornés de feuillages fort élégants, et douze figures émaillétis, le tout en argent ; c'est un don de M. Alexandre Prowett. — Jlem, deux autres bâtons de chantre , couverts en vermeil , ayant une image de Notre-Dame avec un chanoine a genoux devant elle, à chaque extrémité des bâtons. On y lit celte inscription : Ora pro nobis , cU:. Le sommet est une espèce de pomme avec de i)etils contreforts et six fenêtres au milieu. Autour du bâton on lit cette inscrii)lion : Benedictus Peus m donis suis. — Jlem, deux autres bâtions recouverts d'argent, doré en partie , et surmontés d'une pomiiie à pinacles et à contreforts, avec six fenêtres. — Jtem , deux bâtons de bois, ornés de lames d'argent et de branches de vigne. (Dugdale, Monaslicon.)

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Bat(>\ nn CONFRÉRIE. C'est un long hâton ciiriohi (roriKMiionfs, on bois ou on nirtal, surmonté do la staluelle d'un saint, p.itron de la confrérie. La sîatuette était souvent placétt sous une espiVf^ de [nnacle à crochets, acconipagnéo de feuiliagos et de sculptures de toute espèce : on remarrpiait souvent des pierres [>r.'cieuses enchâssées au milieu des moulures, des découpures ou des feuilles d'orncmenlntion. On retrouve fort r rement des hâtons do ce genre; ils ont disparu presque tous; mais on en voit souvent la figure dans l.>s livres à miniatures et dans les tableaux anciens.

Baton AiGLRAL. Lo b^tott flu^ural, appelé htuns par les Latins, était façonné en crosse f)ar le bout : on en trouve la représentation sur de nombreux monuments chrétiens . es Catacombes romaines; on en voit une ima^'c sur un curieux bénitier de l'église de Loches, au diocèse de Tours, que Ton prétend avoir été un autel votif j)aïen.

Bato\ PASTORAL. Voy. Crosse.

Batov d'appui. I 0 card nal Bona, dans son Traité de la Liturgie, nous apprend qu autrefois ceux qui se servaient de bâton dans 1 église pour s'apimyer éta eut obligés de le quitter et de se tenir debout dans le temps qu'on lisait l'Evangile, pour témoigner leur respect par cette posture et faire voir qu'ils étaient prêts à obéir à Jésus-Christ , et h aller p.u'tnut où il leur commanderait d'aller. Pendant longtemps les clercs qui cantaieiitrofiice se tinrent debout au chœur : Sul|)ice Sévère remarque quejamais on ne vit saint .ALnrtin s'asseoira l'église. Les clercs et les moines tirent usau;e (i'un b.Uon pour s'a[)ptiycr durant l-,s l-ngs ofùces, ahn de prévenir, pour les i)lus fail)les, une latigue excessive. Nous avons donné à cesi:jet d'assez amples renseignements à l'article î5TAi,LR. ( Voy. ce mot. )

BEAU. — Le beau dans les arts se sent mieux qu'il ne se définit.

Nous qui, depuis d'assez longues années , travaillons avec ar icur à la réhabilitation des arts chrétiens du moyen âge, nous rejetons, dans la question du beau dans les arts hs Idées exclusives des écrivains du siècle qui nous a précédés,du siècle mèmedeLouisXlV, et de ce xvi' siècle qui a créé tant de merveilles, mais qui a malheureusement consacre tant d'erreurs en tout genre, en théo- I 'gie, en littérature et dans les beaux-arts. Non, mille fois non, le moyen âge chrétien n'a pas été un temps de grossière barbarie, indigne de l'attention des hommes versés dans l'étude de l'histoire des diverses branches de l'art. Nos cathédrales et nos grandes abbatiales du xiii' siècle resteront à jamais pour porter témoignage en faveur d'artistes qui conçurent le beau chrétien d'une manière SI noble et si élevée, et qui eurent le talent de le réaliser d'une manière si étonnante ! Voy. Esthétique, Byzantin, Gothique, Ogival, KOMANO-BYZANTIN, ARCHITECTURE, ArT.

Nous placerons ici, comme appartenant à a philosophie archéologique, l'anal vsc de 1 iissai sur le Beau, par P. André.

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Le beau est-il quelque chose d'absolu ou de relatif? y a-t-il un beau essentiel e» indépendant de toute institution ? un beau fixe et immuaMement tel ? un beau suprême, règle et modèle du beau subalterne que nous voyons ici-bas ? Ou enfin en est-il du beau comme des modes ou des parures dont le succès dépend du caprice des hommes , de 1 opinion et du goOl?

Quolle idée devons-nous concevoir du beau? Celte idée dit excellence, agrément, perlection. 11 y a un beau essentiel" et indépendant de toute institution ; un beau naturel et indépendant de l'opinion des hommes. 11 y a, en outre, une espèce de beau d'institution humaine, et qui est arbitraire jusqu'à un cert:un point.

Le beau peut être considéré dans l'esprit ou dans le corps. 11 faut encore le diviser en beau sensible, que nous apercevons dans le corps, et en beau intelligible, que nous apercevons d.ms les esprits. L'un et l'autre ne peuvent être aperçus que par la raison : le beau sensible, parla raison attentive aux idées qu elle reçoit des corps; le beauinlelliqible, I^arla raison attentive auxidéesdel'espritpur.

Trois de nos sens, le goût, l'odorat et le toucher, ne cherchent que ce qui leur est bon; les deux autres, la vue et l'ouïe, sont laits pour discerner le beau. Le beau visible ou optKiue est du ressort de l'œil ; le beau musical ou acoustique est du ressort de l'oreille; mais quoiqu'ils en soient les juges naturels, ils ne doivent en décider qu'en tribunaux subalternes, suivant certaines lois, qui, leur étant antérieures et supérieures, doivent dicter tous leurs airôls.

Le P. André prononce ensuite qu'il y a un beau visible dans tous les sens qu'on vient de (lire, un beiu essentiel, un beau naturel, et un beau en quelque sorte arbitraire ; et il établit des règles pour les reconnaître, chacun par le trait particulier qui le caractérise.

La plus légère attention à nos idées primitives nous fait voir que la régularité, l'ordie, la syraéti-e, sont essentiellement préférables h l'irrégularité, au désordre, à la disproportion : d'après les premiers principes du bon sens, nous jugerons qu'une ligure est d'autant plus élégante, que le contour en est plus juste et plus uniforme; qu'un ouvrage est d'autant plus parfait que l'ordonnance en est plus dégagée; que dans un dessein composé de plusieurs pièces différentes, elles y doivent être tellement disposées que la multitude n'y cause point de confusion, et quo de cet assemblage il en résulte un tout où rien ne se confonde, où rien ne se contrarie, où rien ne rompe l'unité du dessein. Un simple coup d'œil sur deux (?ilifices, l'un régulier, l'autre irrégulier, nous suflit pour* nous faire voir qu'il y a des règles du beau, et pour nous en découvrir la raison. C'est donc la similitude, l'égalité, la coHvenanco des parties qui réduit tout à une espèce d'unité qui lait qu'un ouvrage est beau. Mais il n'y a point de vraie unité dans les corps, puisqu'ils sont composés d'une quantité innombrable de parties. Où l'ouvrier

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