‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 91 sur 195 · REF · texte numérisé non relu

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voit-il donc cette unité qui le dirige dans la construction do son dessein, celle unité que son ouvrage doit imiter pour ùtre beau , mais que rien ne peut imiter parfaitement, puisque rien ne peut cMre parlaitement un ? Il faut donc conclure, avec saint Augustin, qu'il y a au-dessus d;- nos es[)rils une certaine unité originale, souveraine, éternelle, qui est la règle essentielle en tout génie. Oinnis porropitlcliriludinis forma, iinitus est.

En second heu, il y a un lioau uatuiel, dépendant de la volonté du Créateur, mais indépendant de nos 0|>inionset de nos goiUs. (Test par l'éclat des cuuleurs que l'auteur de la nature a introduit dans la nirture un nouveau genre de beauté (jui nous olîre un s[)ectacle si brillant et si diversifié. L'azur du ciel, la verdure de la terre émaillée de mille tleurs, la clarté puie du jour, l'illumination naturelle de la nuit, le coloris animé du visage des hommes, etc., sout autant d'objets d'admiration pour nous. 11 y a donc un beau visible, naturel, dépendant de la volonté du Créateur, et il serait aisé de prouver qu'il est indépendant de nos goûts et ue nos opinions.

11 y a une troisième espèce de beau, qu'on peut a|)peler artiliciel ou arbitraire, un beau de système et de manière dans la pratique des arts, un beau de mode et de coutume dans les parures, etc.

Dans les arts, dans l'architecture, par exemple, il y a deux sortes de règles : les pr*emières fondées sur les règles ue la géométrie; les autres fondées sur les observations particulières que les maîtres de l'art ont faites en divers temps, sur les proportions qui plaisent à la vue par la régulante vraie ou apparente. Les premières sont invariables comme la science qui les prescrit. La pernendicularilé des colonnes qui soutiennent l'éditice, la symétr.e i\es menjbres qui se ré- ])Ondent, l'élégance du dessin, F unité dans le coup d'œil, sont des beautés ordonnées

far la nature, indépendamment du choix do architecture. Celles de la seconde espèce qu'on a établies pour d/ terminer les i)roi)ortions des parties d'un éditice, n'étant lundé.s (}ue sur des observations à l'œil, toujours un j)eu incertaines, ou sur des exemples souvent équivoques, ne sont pas des règles tout à fait indispensables. Voilà donc un beau de système, un beau de génie et arbitraire, (|u'on peut admettre dtuis les arts, mais toujours sans préjudice du beau essentiel.

BEC. — Petit lilet qui borde le canal du Jarmier; on l'appelle aussi mouchent pendante.

Les hec$-d' oiseaux forment un ornement très-commun en Angleterre, dans les monuments de la période romano-byzantine, ou normande, comme s'expriment les antiquaires de la Grande-Bretagne. Cet ornement rei)résente une tète d'oiseau garnie d'un bec crochu, dont la courbure s'adapte sur celle d'un tore d'archivolte ou de pieddroit.

BEFFKOl. - I. On appelle beffroi une tour ou clocher, ou simpl ment un l.eu élevé

où il y a une cloche dans une ville de guerre, ou dans une place à |>ortée de l'ennemi, où l'on lait le guet, et d'où l'on sonne l'alarme lors(iue les ennemis paraissent. Telle est la signitication première du mot belfroi. Du Cange, dans son (ilossaire de la basse latinité, dérive ce m(;t du saxon ou allemand bell ((ui .sigiiitie iloche, cl freid, (jui sigiiilio paix. On l'appelle diversement dans la basxi latinité, btlfredus, berfridu<, berefridus, verfredus, bilfredu.s, balfredus, belfreil, btljra- (jiinn, biaufroy et belfroy.

Dans les Coutumes d'Amiens et de l'Artois, le belVioi indique une tour où l'on met la cloche destinée à convoquer les habiianls du village, et qu'on appelle ban-cloque, ou cloche il ban. La charte derallranchissement de Saint-Valléry, accordée en 1370, par Jean, comte d'Artois, contient la [)hrase suivante : « Item, nous avons ordonné et accordé eschevinage, ban-cloque grande et petite, pilori, scel et banlieue aux maire, esclievins et commune de Saint-Valléry. » Ainsi , le droit de bellroi était un privilège, et Charles le Bel, en \'611, l'ôta à la ville de Laon avec plusieurs autres, pour la punir d'un sacrilège que les habitants commirent dans l'église.

Autrefois on appelait beffroi ces tours ou machines de chaipente montées sur des roues qui égalaient en hauteur les murs des villes qu'on attaquait, sur lesquelles on plaçait des soldats pour y jeter des traits, avant l'invention de laridlerie. Le roman de Gatin décrit ainsi un betl'roi :

Un engin fcl,de tel parler n'oi.

Qui ol de liaAt^ cent piez los enlerins, Pies de la porte lii venir lel eiiijin, A sept eslages loi dioil de lui chCsnin, AiDalcslriors è a mis jusqu'à vint, Bien fu cloez, couverl de cuir boli.

Quelquefois on trouve écrit belfroit, et belfroi, du latin balfridus. On trouvera encore la description d'un bellroidans l'empereur Léon de Tucticis, cap. 15, n. 30;dansSanut, lib. ii, p. k, c. 22; dans Juste Lipse, Politicor. lib. ii, dial. k.

Dans le nord de la France, et surtout en Belgique, les beffrois ne sont pas rares sur ies anciens hôtels de vill . Celui de Bruxelles est un des })lus renommés: c'est une pyramide fort élégante, d'un bon slyle et quia clé restaurée il y a[)eu d'années. Si Jadescrqîtion de ce monument et des autres de môme nature ne nous entiainail j.as tioji loin, nous placerions ici celle (pie nous avons faite sur ks lieux mêmes dans idusieuravoyagci dans le nord de l'Eurojie.

11. Dans les églises, le bffroi est un assemblage de charpente, posé dans la laitie sui)éri(.ure des tours ou clochers, à la naissance de la llèche ou aiguille, lorsque celleci existe, destiné à sujiporter les cloches et à faciliter leur mouvement dans les soniielies. Avant le fa'al incendie qui a consumé la célèbre c' arpente de la cathédrale de Chartres, il y avait un belfroi qui faisait l'adniiration des connaisseurs. Nous n'en possédons plus aujourd'hui que la description tt

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