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DOU

Dans les constniclions du moyen A.^e, les massifs sont presque conslamment en blocage recouvert d'un revêtement de pierre de taille.

BOISERIES. — On donne le nom gont^rique de boiseries à tous les ouvrages de menuiserie. Les œuvres de cette nature sont exposées à un si grand nombre d'accidents et de causes ordinaires de destruction, qu'il n'est pas cMoimant que les boiseries les plus anciennes aient disparu. C'est à peine si l'on en retrouve quelques dJ-bris de 1 1 période romano-b.vzantine. On connaît quelques stalles du xiii' siècle, comme celles de la cathédrale de Poitiers. Mais, à partir du xiv' sièile, les boiseries sculptées deviennent communes. C'est surtout dans les édifices du xV et (lu XVI' siècle que l'on voit de nombreiisos et magniliques œutrres de menuiserie. L'art de scul[)ter le bois avait fait de grands progrès vers la fin de la période ogivaie, et ou ne saur.iit calculer les chefs-d'œuvre qu'il r»roduisit alors. Le génie, la patience et l'adresse des artistes et des bahuliers trouvaient occasion de se déployer à l'aise dans la construction des retables d'autel, des stall.'s, des tabernacles, des chaires, des jubés, û^'S panneaux sculptés, des bahuts des dressoirs,des butfets d'orgue, etc., etc. LaRenaissance nous a légué une quantité prodigieuse de meubles délicatement ciselés.

Nous faisons des vœux pour que nos églises soient meublées avec ce luxe que l'on y adn)irait jadis dans tous les travaux de menuiserie. Au lieu de ces panneaux plats, à peine relevés de quelques moulures insignifiuites, que ne voyons-nous ces panneaux à dessins capricieux, imitant les compartiments des fenêtres, ou ornés de feuillages, de fleurons, de tôtes danim.nux, de masques humains et de ces mille détails charmants que le crayon, au défaut de la plume, peut seul convenablement reproduire?

Si la matière, pour ces ouvrages délicats, est exposée à des chances nombreuses de destruction, il faut la choisir aussi solide et résistante que possible. On sait que le bois de chêne peut aisément durer plusieurs siècles sans altération, et qu'il est moins exposé ciue tout autre à être attaqué par les vers. Il faut l-mc préférer le bois de chêne à ces bois tendres qui ne sauraient être conservés plus d'un quart de siècle. C'est une économie bien mal entendue qui porte aujourd'hui les administrateurs des fabriques des églises à faire employer, même à des meubles importants , des bois légers, que l'humidité décompose, que les vers rongent p.romptement, qui se déforment et qui produisent un si pauvre etfet dans nos éditices religieux..

Pour avoir des détails sur les principales œuvres de boiserie, Voy. Autel. Cuaike, Stalle, Buffet d'orgue, Jubé, Lutrin, Tabernacle.

BOSSAGE. — Toute saillie sur la surface plane d'un ouvrage de pierre ou de bois est un bossage. Telles sont les saillies que l'on ménage dans les entablements, aux clefs des têtes de voûte, dans le tympan des frontons,

rtc, pour sculpter d(>s modillons, des basreliefs, et les autres oru inents que la sculpture a coutume de prêter à l'architecture. Ces bossages d'attente s'appellent bo3~ saijrs bruts.

Au moyen Age, surtout dans la construction des voussures des portails et des .irchivoltes des fenêtres, on laissait des bossages bruts, sur lesquels le ciseau du sculpteur venait s'exercer plus tard. On ne saurait douter que les arcldlectes aient agi de la Sv)rte, puis jue , dans certains monuments, nous retrouvons des bossages à demi dégrossis, et d'autres entièrement bruts. Nous citerons en exemple le portail septentrional de la belle église de Candes, sur les bords de la Loire, au diocèse de Tours.

On appelle bossages taillés ceux qui sont considérés en eux-mêmes comme des ornements d'architecture : ce sont des pierres taillées régulièrement et séparées l. s unes des autres par des refends. Les bossages forment les chaînes dans les murailles, surtout aux angles ; quelquefois ils couvrent les façades et figurent un appareil réglé. Au moyen âge on n'employait pas 1 s bossages taillés, qui devinrent d'un us ige commun à la fin du xvi° siècle, et que l'on retrouve dans un très-grand nombre de constructions régulières, élevées de^.uisla Renaissance jus ^u'à nos jours.

BOSSE (Ronde-). — Ouvrage de sculpture figurant les objets en plein relief, soit des statues isolées, soit des groupes entiers. On a|>pelle ouvrage de demi-bosse l'espèce de basrelief dans lequel quelques parties des figures sont entièrement détachées du fond. Voy. Statues.

BOUDIN. — Moulure ronde, dont la saillie égale la moitié de la hauteur ; on l'appelle |)lus souvent Toue. Voy. ce mot et Moulu u es.

BOL'QUET. — Les archéologues anglais ajipellent finial ce que certains antiquaires français désignent sous le nom de bouquet : ce sont les feuillages épanouis ou fermés qui terminent les ogives ou accolades, les frontons aigus, les aiguilles, les pinacles, les clochetons et les pyramides de style ogival. Les bouquets ou finials n'apparaissent qu'au xiii' siècle. On en trouve l'origine dans les feuilles grimpantes qui suivent les lignes rampantes des dispositions architecturales que nous venons de désigner. Auxin' siècle, ils sont d'abord fort sim[»les et représentent ass'Z bien une Heur de lis dont les feuilles latérales seraient dirigées en haut, au lieu de l'être en bas. Mais à mesure que les feuilles grimpantes se développent, le finial prend lui-môme plus d'élégance et est composé de feuillages plus abondants et d'une végétation plus distinguée. Au xv* siècle, on voit des bouquets d'une richesse extrême : les artistes y ont déployé les feuilles les plus finement découpées et les ont étalées de la manière la plus gracieuse. Quelquefois, au xvi' siècle, le finial esi rem- })lacé par un acrolèrc destiné à porter une statu, ttc. On en voit des exemples nombreux

laiis IC'S l'dificos qui ont précédé inimôdiatcjenl la Kenaissance : ou en trouve même .es exemples antérieurs à cette époque, ■oMuneàla cathédrale du Mans. {Voy. Acno-

liCKK, FlMAL.)

lîOUUDON. Voy. Cloches.

IJOUTANÏ (Auc-). — L'a rc-bou tant est celui qui est destiné, dans les grandes constructions du moyen Age, h soutenir les 1 auts combles et à s'oi)poser à la poussée des voûtes et des cliar[)entes. La l'orme en est appropriée à cet usage : c'est ordinairement un arc-rampant. 11 s'ap|iuie sur une construction Solide, ou contrefort , de manière à ne l'aire qu'un seul membre d'architecture avec ce dernier. Vulgairement on confond l'arcboutant avec le contre-fort ijui lui sert de point d'appui. [Voy. Arc, Contre-fort,

N'OLTE.)

150LT1SSE. — On appelle ainsi toute pierre dont la plus grande dimension est située dans le sens de l'épaisseur du mur.

BRACELETS. — Les fûts déliés des colonnes et des colonnettes, aux diverses époques de la période ogivale, sont ornés, de distance en distance, de petits anneaux ou bracelets qui les divisent en plusieurs parties dans le sens de la longueur. Ces bracelets sont placés surtout aux points où le lût de la colonne touche à de longues lignes horizontales et à ces moulures qui peuvent être regardées comme établissant les divers étages de la construction. Ainsi, lorsque les colonnes ou colunnettes sont bracelces au milieu de leur hauteur jusqu'au chapiteau, elles le sont presque toujours à la nnis>anc8 et au sommet du tril'orium, et souvent encore au niveau de l'abaque ou tailloir dos colonnettes qui accompagnent la baie des fenêtres. Dans l'architecture ogivale, les bracelets sont composés de baguettes ou de tores. A l'époque de la Renaissance, les architectes ont imaginé des bracelets plats et peu saillants, couverts d'ornements de toute espèce, en relief ou en creux. Parfois ces ornements sont formés d'incrustations de dillérentes couleurs, ce qui produit un effet très-pittoresque, lorsque l'on regarde les monuments h une certaine distance. [Voy. Annelets. )

RRANCHLS DE CROIX. Voy. Croisée,

CnOISnXONS, ÏRANSSEPT, L\TÈRTRA?iSSEl'T.

BRANCHES D'OGIVE. - On appelle bronches d'ogive les nervures diagonales d'une voûte d arête en ogive. Cette expression, qui a vieilli, et qu'il serait bon de rajeunir, a la même signification que le mot, vieux aussi, de croisée d'ogives. Les petites branches d'ogives sont celles qui se détachent des grandes et vont rejoindr.s la partie inférieure d'une clef pendante. (Foî/ Croisée d'ogives, Nervure, VocTE, Ogive.)

BRAVETTE. — Sorte de boudin d'un profil composé, qu'on appelle également tore corrompu. (Voy. Moli.lres.)

BRE ITELE. — Celle expression ne s'em- |iloie (jue i)0ur indiiiucr la surface d'une jiierre, qui est dilc brttte'cc, lors(pj'elh! a été taillée avec un inslrumeiit à dents. La marque laissée par l'outil à driils est très-

DiCT:ONN. D'AuCUÉOLOfiIE S.'.Ci.ÉE. 1.

tîUI rni

sensible en beaucoup d'endroits sur les pierres et même sur les sculjitures, et jusque sur les statues, dans les édifices du moyen /igc, princi|)aleui{'nt dans ceux qui apparlienn ni à la dernière époque ogivale.

BRIQUE. — 1. La brique est une sorte de pierre factice, composée d'une terre grasse, |)étrie, mise dans un moule de bois a que i'on em[)loie dans la construction lorsqu'elle a pris la consistance nécessaire, soit en la faisant sécher à l'ombre, durant les chaleurs de l'été, soit en la faisant cuire au soleil. L'usage des briques en architecture est fort ancien ; il remonte aux premières origines de l'architecture: on trouve des briques dans les plus anciens monuments de la Babyicnie et de l'Egypte.

Lorsque les Israélites furent persécuXés en E'gypte, et condamnés par les Pharaons, oublieux des services de Joseph, aux plus rudes travaux, ils étaient obligés de travailler à la fabrication des briques, et souvent, pour aggraver leur travail, on les privait des moyens nécessaires h cette fabrication. Dès les premiers temps, les Grecs paraissent avoir connu l'art de faire des briques, et de les employer à la construction des bâtiments. Les plus anciens auteurs grecs font mention d'édihces bâtis en briijues : nous citerons, comme plus antiques et mieux connus des antiquaires, les murs de la vilie de IViantinée, en Arcadie, de la ville do Boë, sur lo fleuve Stryraon, et une partie des murailles de la ville d'Athènes. Pausanios fait encore mention de quelques temples et de (p'.clques autres monuments construils en briques.

Les briques employées par les Grecs étaient souvent crues et seulement séchées à l'air : on les préférait dans la construction des muradles d'enceinte ou de fortification , parce que l'expérience avait appris qu'ell s étaient plus propres à résister aux machines de guerre. Comme nous n'avons aucun document {lus ancien que ceux qui se rap[;orlent aux briquesdesAssyriens, nous en parlerons d'abord.

11- L'art qui, dans les temps les plus anciens, à une époque voisine du déluge , fut cultivé avec le plus grand soin et ]^ plus de succès dans la Babylonie, élai!, sans contredit, celui de la fabrication des briques. Les habitants, n'ayant à leur disposition, dans ces vastes plaines, ni pierres, ni marbre , apprirent de i)onnc heure à soumettre à la cuisson la terre dont la contrée leur offrait une nnne inépuisable, d'autant plus qu'ils trouvaient dans ce tiavad un double avantage ; car les excavations \n-ofondes dont la leirc avait été extraite sans effort devenaient naturellement ou de larges fossés qui servaient de défense à leurs places de guerre, ou des canaux qui portaient dans toutes les directions les eaux do riiujthrate et du Tigre, et assuraient au pajs i.ne feitirilc extraordinaire : aussi la iabricition (]vs bri(|ues fut-elle, à Babylune, portée au i)his haut [loint de perfection. Co n'i'taient point ces mauvaises britpn^s séchées au soleil , telles qu'on les emj.loic aujuur-

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