‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 94 sur 195 · BRI · texte numérisé non relu

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d'hiii dans rOiient, cl cionl tm l.ips de quelques années, rinipi\'Ssion de l'aii-, les pluies, amènent en peu de temps la deslruclion. Les hriipies (le I)a!)ylonc, tant celles qui ('laicnt cuites au four que colles qui avaient éié simiilcment scellées à l'ardeur du soleil, oflVent une tinesse, une beauté, une solidité vraiment admiraliles. Après tant de siècles, elles se présenl-nt à hous aussi peu altérées que le premier jour ; les inscriptions gravét-s sur plusieurs deulro elles sont dans un état de conservation parfaite. Ce n'est qu'avec de longs elforts qu'on peut lessépirer les un s des autres, soit qu'elles se trouvent unies par une légère couche d'un ])lAtre extrêmement tenace, soit que les ditférentes couches soient jointes ensemble par un ciment de bitume, entremêlé de roseaux. On peut aflu'mer que jamais aucun peuple du monde n'a porté h un aussi haut point de perfection que les Babyloniens l'art de fabriqu r les briques. Au reste, on peut croire qu3 ces matériaux si bien choisis étaient cm[)lojés de [référence , et peut-être exclusivement, pour 1 s édifices publics, les temples, les palais. Suivant toute apparence, les maisons des particuliers étaient bAlies à bien moins (le frais ; l'on se mettait peu en peine de choisir avec un soin minutieux Ks briques qui devaient en former les murs et qui étaient simplement séchées au soleil ou soumises cl une cuisson légère. De l?i vient qu'on ne trouve plus aucune trace des maisons nomlireusos qui couvraient le sol de Inibylonc.

lil. Chez les Romains, les briques furent souvent employées dans les constructions : on en faisait usage déjà sous la République; sous les empereurs, elles devinrent la matière principale des constructions, surtout celles des particuliers , et communément de l'intérieur d^'S murs : les monuments les

F lus somptueux étaient seulement revêtus à extérieur d'un parement de marbre. Dans nos contrées, après l'invasion romaine , les murailles étaient bàtios en pierre de petit appareil, et les briques servaient h former des bandes horizontales pour régulariser les assises do l.i maçonnerie. Dins les murailles gallo-romaines , les briciues, établies par zones également espacées, éiaient posées à pfat et en recouviemcnt : quelquefois, elles étaient disposées en arêies de poisson ; c'était Vopus spicalum ; quelquefois encore elles servaient à tracer dans les panneaux de maçonnerie, des zigzags, des losanges , et autres ornements géométriques rectilignes. Ces briques avaient une certaine épaisseur, et dans nos provinces elles sont composées d'une pato assez grossière, dans laquelle on voit des grains de sable et des fragments da charbon, qui les font aisément reconnaître : elles sont longues d'environ 50 à 55 centimètres. Nous ne rencontrons jamais (ou du moins nous n'en connaissons ))as d'exemple) de briques séchées au soleil, mais seulement des briques cuites au feu, dans nos monuinonts de l'époque gallo-romaine. Les briq.es roumaines étaient carrées, mais lors-

qu'elles n'étaient employées que pour former le parement d'un mur construit en b'ocage, on les coupait en deux parla iliagonalo, mettant le grand côté du triangle en parement.

Dans les monuments du moyen cige, à la période romano-byzanl.inc p-riniordia!e, que certains auteurs appellent période latins ^ ]iour marquer qu'elle est bien plus romaine que byzantine, les briques sont fréquemment employées aux mêmes usages que dans les constructions romaines : eiles ressemblent b .aucoup aux briques antiques pour la forme et la quai té, et même pi-ur tous les caractères extérieurs. On en voit de quadrrmgulaires et de triangulaires. Au viir siècle, Eginhard on faisait faire pour être employées dans les constructions qu'il avait entrepris de bûtir : ces briques avaient deux pieds de côté sur trois doigts d'épaisseur (lo double environ de la brique romaine), et d'autres de dix doigts seulement de carré, sur égale épaisseur de trois doigts.

Nous reRControns assez souvent, au moins dans le centre de la France , des briques dans les murailles des églises romano-byzantines. La présence de ces briques est un caractère qui trompe rarement, parce que, à l'époque ogivale, elles ne furent jamais employées ; et même , dès l'apparition de l'ogive, à l'éjioque romano-byzantine de transition, au xn' siècle , on n'en voit que fort rarement. Dans les édihcos de la première époque romano-byzantine , les briques ne sont pas toujours usitées comme moyen de construction, mais parfois comme motif de décoration. Elles apparaissent entre les claveaux des arcades, aux fenêtres, aux portes, dans les cintres principaux, où leur couleur, en se détachant de celle de la pierre, produit un certain effet pittoresque. Enfin, on les a disposées quelquefois autour du cintre des baies, de manière à figurer une sorte d'archivolte.

IV. La belle cathédrale de Sainte-Cécilo d'Alby est entièrement construite en briques. Les ornements d'architecture, à l'intérieur, tels que le magnifique jubé et la clôture du chœur, sont en pierre blanche. Aussi cette cathédrale , dont la décoration intérieure surpasse peut-être, au moins sous certains rapports, celle de nos plus célèbres églises du nord de la France, est-elle d'un aspect sévère à l'extérieur, parce que les briques, sous l'influence du temps et des saisons , ont pris une teinte sombre, et que ces matériaux rebelles au ciseau n'ont reçu aucun des ornements que l'on admire tant à l'extérieur de nos grandes cathédrales. « A voir Sainte-Cécile d'Alby, si noire et si sévère au dehors, disions-nous dans nos Calhéihalcs de France, pag. 48, avec ses hautes murail- 1( s lisses, dj trente-huit mètres d'élévation, avec sa tour massive, partagée en étages, sans sculptures, sans statues, sans couronnement élancé, on ne soupçonnerait nullement sa beauté, et on serait {>resque tenté de croire que sa réputation est usurpée. Mais, semblable 5 cette femme symbolique dont

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pnrlo l'Ecriture, toute sa beauté est h l'intérii'ur. »

A la Renaissance, on fit dans les constructions civiles, en France, grand usage des bri- (|ues, inèuie dans les parements extérieurs. Sous Louis XI, (juel([ue t('nii)S avant la Renaissance proprement dite, on construisit beaucoup de bâtiments particuliers, avec des briques mélangées de pierres. Le cliAteau du IMessis-lùs-Tours avait été bûti de celte manière : à Tours et sur les bords de la Loire, dans le lilaisois et l'Anj lu, on trt)uve un grand nombre d'édilices bàiis dans ce genre.

RRODERIE. — Soit dans les ornements d'architecture , soit dans les draperies des statues ou des ligures peintes en viti-ail, soit encore dans quelques rares frngmenîs de vêtements ecclésiastiques échappés à la destruction, on peut retrouver le système adopté aux princip.iles époques du mo;. en ;1gedans l'art de la broderie. Les franges des ornements sacerdotaux , le bord des ouvertures , éta ent embellis de dessins variés , brodés à l'aiguille avec autant de soin que de talent. La plupart de ces broderies étaient or et couleur. Plusieurs pierres tombales ou cuivres tumulaires, plusieurs carreaux émaillésnous fournissent à ce sujet de curieux et précieux documents. La tapisserie, dont nous possédons de si intéressants monuments, à Bayeux et à Nevers, dans l'œuvre exécutée par des mains royales ou princières, nous donne également des renseignements sur celte matière. Les broderies, au xii' et au xiir siècle, étaient plus riches que délicates : les dessins offrent des traits de ressemblance avec les motifs les plus connus de l'ornementation architecturale. Rien, cependant, n'est plus varié que les dessins des parements d'aube ou apparels, comme disent L^s antiquaires anglais. M. Pugin en a publié de forts nombreux spécimens en or et couleur, dans son Glossaire des ornements et vêtements ecclésiastiques. Les aubes, au xni° siècle, comme auparavant et après, jusqu'à une époque voisine de celle où nous vivons, ne présentaient nullement ce luxe de bro leries qu'on y remarque aujourd'hui. Elles étaient quelquefois garnies de dentelles assez étroites : jamais on n'y voyait ces larges broderies sur tissu transparent que ion aime tant à prodiguer actuellement. La c utume antique, sous ce rapport, sest mieux conservée en Italie qu'en France; et on devrait y revenir, en rejetant les tuUcs plus ou moins lidiculement brodés, qui forment l'ajustement de nos aubes modernes et sont hors de toute proportion, l'accessoire étant de beaucoup plus considérable que l'essenli«'l, c'est-à-dire l'ornement ou la frange de l'aube otTrant une surface bien [»lus étendue que l'aube pro[)rement dite.

Nous rejetons le terme de <>rodertc que quelques antiquaires veulent introduire pour désigner les coraparlimen!s rayonnants ou llamboyants qui rem{)lisst>nt les larges fenCties du XIV' siècle et du xv'. Nous aimons mieux celui do réseau, qui est déjà consacré

par l'usage et (jui paraît plus convenable. Nous i)roscrivons encore le mot anglais trucery, (jue l'on veut introduire dans notre langue, ou que l'on traduit par Iracerie, ou tracé : le mot anglais ou sa traduction n'exprime pas assez clairement en français les formes qui composent le ré'seaii *de nos grandes roses du xni* ou du xiv* siècle, et les formes variées qui s'épanouissent dans les larges fenêtres de la dernière partie de la période ogivale. {Voy. Réseau, Fenêtre, Flamijoyant , Rayonnant, Rose, Rosace.) Voy. encore : Etoffes, et l'article consacré à chacun des principaux ornements sacerdotaux , examinés au point de vue archéologique.

BUFFET (d'orgue;. — Les grands buffets d'orgue, destinés à l'ornement plus qu'à l'utilité réelle de l'instrument, ne remontent pas, dans nos églises, à une époque très-reculée ; ce qui le démontre évidemment, c'est que, dans les édiilcesde style ogival du xiii' ou du XIV' siècle , l'ordonnance architecturale ne se prête en aucune manière à la disposition du buffet des grandes orgues. L'examen de ce meuble lui-même , dans les monuments , nous apprend que ce n'est qu'à dater de la fin du xv' siècle , ou même du commencement du xvi', que l'on plaça, soit à la partie inférieure de la nef majeure, soit à l'extrémité de l'une des branches du transsept, ces beaux et grandioses instruments de musique, qui forment aujourd'hui l'un des plus remarquables ornements de nos cérémonies religieuses. A la charmante église de Saint-Jacques de Liège, nous avons vu un des buffets d'orgue les plus curieux et les plus anciens qui existent , quoiqu'il ne remonte pas au delà des premières années du XVI' siècle. Il est orné de panneaux mobiles chargés de peintures et de dorures, et toute la décoration en est d'un goût exquis.

Le buffet d'orgue de la cathédrale d'Amiens a été exécuté entre les années U22 et li29 : c'est un don de Charles le Mire, valet de chambre du roi Charles VI.

BULLE. — Au moyen âge, on appelle bulles les boîtes de métal dans lesquelles étaient placés les sceaux des diplômes ou les sceaux même, lorsqu'ils étaient frappés sur métal : de là l'expression de bulle d'or, qui désigne le diplôme de l'empereur d'Allemagne Charles IV, par lequel il établit, en 1356, la forme de l'élection des empereurs. Les bulles des papes, bullœ plumbatœ, sont les lettres de la chancellerie romaine scellées ni plomb. On trouve, dans les cabinets des amateurs, des collections de bulles en plomb remontant à une assez haute antiquité et fort curieuses. Sur l'un di'S. côtés de la bulle en p'omb on voit les ligures, grossièrement dessinées, do saint Pierre et de saint Paul, et sur l'autre le nom du souverain ponlifo qui a donné les lettres apostoliques.

BURETTE. — Les burettes, dans leur forme actuelle, ont remplacé des vases destinés au même usage, mais plus grands, lorsque les fidèles recevaient la communion sous les deux espèces : on les appelait ancienne-

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mont amœ ou nmii/tp, et le peuple offrait luimt^ino, dans ces vases, le vin qui devait ôti e ronsarré. Dans ses Voyages lilttrgiqncs, Lebrun Dcsinaretlcs a vu des burelles fort ui-antles, d'après les traditions de lantiquité, à Tours, à Uoutn et en d'autres lieux.

Dans l'Histoire de l'abbaye de Saint-Denys, par doin Ft-libien, la planche 111 du trésor représi'nte deux burettes qui ont autrefois ap[)artenu à l'abbé Su^er : elles sont en ( rislal , montées en vermeil et ornées de |iierres précieuses. Le corps des burettes, (iaprès li-'S anciennes rubriques, doit être en cristal, en verre ou en quelque autre subslan.'c transparente, pour permettre au célé- [irant de distinguer aisément le vin de l'eau. Dans les anciens inventaires des églises (i'Andeterre, on remarq':e que les burettes étaient conununémcnt en argent, entièrement o.i I arliellcniJ^ît do.ées. Dans lo catalogue d;^s burettes apparti^aiant à l'église do Saint- <ieo;'ges de Windsor, on remarque qu'il y a di'uxl)ureltes en béril : Item, duœ pliynlœ de Icrillo, ligalo cum argcn.'o deauralo de bono opère.

Au nombre des vases appart» nant autrefois à l'église métropolitaine d'York, on trouve deux burettes très-précieuses , d'un c ■ri(ux travail, enrichies de pierreries : elles furent données par lord Walter (liffoid, archevêque d'York, et elles jiesaient quatre livres et deux onces. On y remarquait encore deux burettes en vermeil, ornées des images de saint Pierre et de saint Paul , gravées sur le corps de ces vases, qui pesaient deux livres et une once et dem^e. Enfui, on y voyait deux autres burettes en vermeil surmontées (Tune statuette représentant un personnage lisant dans un livre.

Dans l'ancienne église catholique de Saint- Paul, à Londres, on possédait jadis des burettes également précieuses etcurieuses. Consultons l'inventaire: «Duœ phia'ee argenteœ, quarum una deaurata, cum imagine, ponderis utriusquexLiin'ii'.— //cm,duœp!iialœ,Alardi decani, cum tribus circulis vineatis, qua um una deaurata, ponderis utriusque xix" et vi-i. — Ilem , duœ phialœ argenteœ costilatœ , et deauratœ, cum alternis vineis, de dono Henlici de Wcngeham, in co, hin s de corio, ponderis utriusque xx*. — Item, duœ phia'œ albœ argenteœ cum unico circulo vineato deaurato siiîe cooperculis, ponderis xiiii^ »

Visconti, dans son livre intitulé : De missfs apparatu, écrit que les burettes pour le vin et pour l'eau sont ditlérentes l'une de l'autre : la burette du vin s'appelle ama ou amula, r^utre s'appelle scyphus. La matière employée à les faire est l'or et l'argent : on les orne souvent de pierres précieuses , dit le môme auteur.

Anastase le Bibliothécaire mentionne souvent des burettes, amuhs, d'or ou d'argent. Blanch ni , et après lui Georgius, a d.:ssiné de magniliques burelles en argent d'une grande antiquité. Sur l'une de ces burettes on voit représenté, en bas-relief, Notrc-Seigncur entouré de quelques-uns de ses discii>les, et dans l'action de changer l'eau en

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vin aux noces de Cana. Une autre est surmontée d'une figure du Christ accompagné de plusieurs des apôtres ; ailleurs sont des colombes séparées par une croix; sur le pied sont des agneaux, emblème usité souvent chez le i premiers chrétiens.

BYZANTIN (Style). — I. En Allemagne, on appelle architecture byzantine celle que nous désignons sous le nom de romano-byzantine. Cette architecture a été ainsi nommée, en Allemagne et en France, pour marquer qu'elle a une origine étrangère et qu'elle l)rocède plus ou moins de l'art qui fleurit <\ Byzance ou Constantinople, sous l'empereur Constantin et ses successeurs. Plusieurs auteurs , méconnaissant l'art byzantin proprement dit, et niant les caractères qui lui sont propres , ont avancé que notre architecture religieuse n'avait rien emprunté à l'art néogrec, et qu'elle ava t donné à l'art byzantin sans en rien recevoir. Pour nous, qui avons la conviction que l'art byzantin a exercé une influence profonde sur notre art chrétien occidental, nous allons exposer aussi clairement qu'il nous sera possible, les raisons sur lesquelles s'appuie cette conviction. Nous caractériserons d'abord l'art byzantin proprement dit; nous montrerons ensuite comment cet art s'est infiltré en Occident, et nous comparerons plusieurs de nos édifices ou de nombreux détails dans nos monuments du xii' siècle, qui portent évidemment des traces byzantines.

Constantin avait transféré , en l'an 328, le siège de l'empire à Byzance , à laquelle il donna son nom. Co prince voulut que cette ville , dont le site est le plus imposant du monde, pût rivaliser avec Rome en grandeur et en magnificence. Par une curieuse analogie, la c • nfiguration du terrain permit de diviser la nouvelle capitale en sept collines, qui rappelaient les sept collines de la ville éternelle. Au centre de Constantinople il fit placer le milliaire d'or, d'où partaient toutes les grandes voies publiques. Constantinople eut son cirque et son forum ; partout on construisit des édifices imposants avec des débris arrachés aux plus célèbres monuments de la Thrace et de laPropontide. Constantin fit bâtir quatorze palais pour lui et pour ses enfants, plusieurs arcs de triomphe, huit bains publics et quatorze églises. Il décora Byzance des chefs-d'œuvre des arts dont il dépouilla l'Italie, la (irèce et l'Asie; de plus, il fil exécuter un nombre considérable de peintures, de uvosaïques, de bas-reliefs et de statues en marbre , en bronze et en métaux précieux. (Euseb., de Vit. Constantin., lib. m, cap. 4-7; Anonym. , Antiq. Constant., lib. i; Banduri, Imper. Orient., tom. 1, pag. 6,7, 19, seqq.)

Outre l'architecture , les arts du dessin appliqués à l'industrie étaient fort cultivés à Byzance Que ces arts aient pu avoir une certaine influence sur les autres branches de l'art, surtout sur l'ornementation des édifices, c'est ce qui parait incontestable. On fabriquait, chez les Grecs, des tissus de soi'é arnés

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do toute sorte de dessins , rcpréeentant des fleurs, des animaux et des scènes historiques. fAnast. le Bibliothéc. pa.<5tm, surtout dans les Vies des papes LéonIII,rirr;p;oireIV,Léon IV, saint Etienne VI, pag. 110, 127, 160, 161, 1%, 266. '^ Sur une tunique ou sur un manteau, on voyait jusqu'h six cents figures : ce qui faisait dire à saint Asterius : «que les habits des chnHiens effémini^s ('■taient peints comme los murailles de leurs maisons. » (Homil. de dirile et Lnzaro.) On tenait à avoir des lits, des coffrets, dos vases d'airain , d'ébène , d'ivoire, d'argent et d'or. Le goOt pour tous ces objets d'un travail précieux était si répandu, que saint Jean Chrvsostomc s'écriait: «Toute nnfre admiration, aujourd'hui, est réservée pour les orfèvres et les tisserands. » Dans leurs compositions , le- artistes cherchaient souvent la richesse et l'fTiginalité, et abandonnaient les vieilles traditions de l'art grec. M en fut de même pour l'architecture.

Les Tirées donnèrent K leurs églises une disposition dilTérente de ceîle des basiliques r imaines. Dès le commencement, ils avaient adopté un type qui pût être modifié sans être altéré profondément. Quels furent les caractères des constructions religieuses de l'Orient ? En voici l'indication, d'après M. Hope, dans son Histoire de l'architecture : «Au centre d'un vaste carré, dcmt les côtés se prolongeaient à l'extérieur en quatre nefs plus courtes et égales entre elles, se trouvaient quatre piliersliés parquatrearcades qui s'appuyaient sur eux; les pendentifs, entre ces arcs, étaient disposés de manière à former avec eux, à leur sommet, un cercle qui portait une coupole : cette coupole ne devait p )int , comme celle du Panthéon, à Rome, ou celle du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, reposer sur un vaste cylindre , placé entre elle et le sol ; mais elle s'élançait dans les airs au-dessus de ces quatre immenses arcades ; et, pour qu'elle réunît, autant que possible, la légèreté et la solidité, avec le plus grand développement , elle était construite avec des tubes cylindriques de terre, agencés l'un dans l'autre. Des demicoupoles fermaient les arcs sur lesquels s'appuyait le dôme central , et couronnaient les quatre nefs au bas de la croix. L'une de ces nefs, terminée par l'entrée principale, était précédée d'un portique ou narilicx. La nef opposée formait le sanctuaire, tandis que les deux branches latérales étaient coupées dans leur hauteur par une galerie destinée aux femmes ; souvent encore il s'en échappait de petites absides, couronnées de demi-dômes, ou des chapelles surmontées de petites coupoles ; et, comme on avait ménagé de longues et étroites fenêtres plein cintre dans les murailles parallèles oui supportaient le toit des nefs et des absides dans- les basiliques romaines, ainsi l'on perça des fenêtres semblables à la base des coupoles et des demi-coul)oles qui couronnaient toutes les parties des églises grecques.

« Ce fut probablement h. Consfnnlinoplo que la cour carr.''e, (|ui pouvait rarement trouve [)lace dans les ipiartiers i opulcux de kome, commenra à devenir d'un usage

général; elle subsiste encore dans les églises grecques, que les Turcs changèrent en mosquées h la prise de cette ville. Remarquez ?[ue les Turcs ont toujours employé les Irecs à la construction de leurs édifices religieux, et que ceux-ci ont toujours bAti les mosquées mahoraétanes sur le modèle des églises grecques : aussi sont-elles encore aujourd hui précédées chacune d'un beau portique quadrilatéral , surmontées de plusieurs rangs de coupoles égales, et le temple , auquel conduit ce portique est couronné d'une pyramide de dômes (jui s'élèvent l'un sur l'autre.

« Ainsi l'on voyait partout des arcs sur de.s arcs, des coupoles sur des coupoles : on peut dire que toutes les surfaces rectilignes, carrées, angulaires, des temples d'Athènes so changèrent, dans les églises de Constantinople, en surfaces circulaires, curvilignes, concaves à l'intérieur , convexes à l'extérieur. »

On comprend que ce fut là tout un nouveau système d'architecture. 11 paraît que les basdiques bâties par Constantin présentaient déjà les princpaux traits que nous venons d'indiquer, la croix grecque et le dôme central : telle était, du moins, d'après saint (Grégoire de Nazianze, l'église des Apôtres.

Malheureusement, tous les édifices religieux construits à Byzance , quand celle ville devint le siège de l'empire, ont entièrement disparu à la suite des séditions et des tremblements de terre, ou des mallicurs delà guerre.

« Comment naquit cette architecture nouvelle , que nous avons nommée by/auline ? demande M. Ludovic Vitet, dans une savante dissertation sur le sujet qui nous occupe. Peut-être pourrait-on l'apprendre en étudiant l'histoire et l'esprit des peuples de la Syrie, de la Perse et de l'Ionie, celle terre si féconde en inventions , et, dès les anciens temps, plus d'une fois rebelle aux règles du goût sévère et symétrique. Mais ne nous arrêtons pas à cette recherche. Constatons seulement qu'à Byzance et dans l'Asie Mineure, au tempsdeConstantin, on voyait, à côté du stylo venu de Rome, un autre style ind'gène. Le génie oriental commençait à secouer ses ailes. Déjà, dès le ir siècle^ H s'était joué, comme un enfant timide, dans les colonnades incorrectes, mais brillantes, de Balbcck et de Palmyre. Puis, grandissant chaque jour, il avait à peu près conquis son indépendance : libre, hardi, original, il s'atTranchit enfin sousJustinien, lorsque d'après les dessins d'Lsidoro de Milet, on vit s'élever le temple de Sainte- Sophie. De ce jour, le goût oriental reçut sa sanction dans l'empire byzantin. L'arclutecture romaine, délaissée depuis longtemps, fut désormais proscrite, et le style néo-grec régna sans rival dans toutes les contrées d'Orient, sous cette nouvelle forme qui, à la vérité, fait gémir les admirateurs exclusifs do la bfviuté aiiti({ue, maiscpii a droit aux hommages plus ind Igents des vrais amis du beau. Le génie des vieux architectes de la Grèce se réveilla moins correct, moins se-

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v'"'i-o, mais biillaiit do jeunesse et tie vie, }>liis téméraire, plus merveilleux. Pour la seconde fois, les Grecs prirent le sceptre de ce {^rand et bel art de b;Uir : ce fut d'eux que les Arabes eu reçurent le secret; ce fut par eux que les leçons en parvinrent à l'Europe entière. »

Le temple de Sainte-Sophie ayant été la consécration du style nouveau et le type aJopté, sauf de légères modifications, pour l'érection des églises byzantines, nous en donnerons une courte description empruntée h V Histoire du Bas-Empin , par Lebeau , tom. IX, j).495.

« A la fin de l'année 537, Constantinople vit célébrer la dédicace du plus fameux temple que le christianisme ait élevé en Orient. L'église de Sainte-Sophie, bâtie par Constance , réparée par Théodose le Jeune , après un incendie, décorée par tous les empereurs, avait été réduite en cendres dans la furieuse sédition du mois de janvier 532. Justinien entreprit aussitôt de la rebâtir, non l*as telle qu'elle avait été, mais avec une magnificence qui la rendît le plus bel édifice de funivcrs. Anthémius de Tralles, le plus habile architecte de ce temps, dressa le plan et commença l'ouvrage; mais il mourut après avoir jeté les premiers fondements. Isidore de -Milet l'acheva, et les connaisseurs observent que le plan est supérieur à l'exécution. « De la plus grande place de Constantinople, nommée Augustéon, on arrivait dans une cour carrée, environnée de quatre portiques, et au milieu de laquelle était un bassin d'eau jaillissante , parce que les Grecs ont coutume de se laver le visage et les mains avant d'entrer dans une église. Après avoir traversé un double portique, on entrait dans l'église par neuf portes. L'édifice, tourné vers l'oiient, suivant l'ancien usage, était de forme carrée, plus 1 ng que large. Il avait environ 8i mètres de longueur sur 76 mètres de largeur, et kl mètres de hauteur, sans y comprendre le dôme de 36 met. es de diamètre et de 53 mètres d'élévation. Tout l'édifice reposait sur huit grosses piles et vingt-huit colonnes do raarbte de diverses couleurs. La nef, s'arrondissant aux extrémités, formait un ovale. Le long des trois côtés de la nef, régnait une galerie haute oiî les femmes s'assemblaient; car dans les églises grecques elles sont séparées des hommes. Les chapiteaux des colonnes étaient d'airain bronzé ou argenté. Les plus beaux marbres dont les murs étaient revêtus, les compartiments de marbre et de por[)hyre qui formaient le pavé du temple , l'or, l'argent, les pierreries et la mosaïque des voûtes, une infinité de lampes de tous les métaux j)récieux et do toutes les formes éblouissaient les regards et partageaient l'admiration. L'an o5y, le dôme, fcn !u alors en plusieurs endroits par les fréquents tremblements de terre, tomba dans la jiartie orientale, tandis que l'on tiavaillait à la réparer. Justinien le ut rebâtir par Isidore, neveu du {)remier architecte. Il fut élevé de soj)t mètres âU-dcissus de sa première hauteur. Pour évi-

ter les incendies , Justinien n'employa jio nt de bois de charpente; il fit recouvrir la voûte avec de longues tables de marbre. »

Quand le temple de Sainte-Sophie fut lerminé, on songea à le décorer avec magnificence. L'or et les mosaïques furent prodigués sur toutes les surfaces; tous les mu: s étaient revêtus de marbres précieux; les chapiteaux et les corniches furent dorés, h s voûtes des bas-côtés peintes à l'encaustique, la coupole rehaussée d'une mosaïque doréo et colorée. En général toutes les peintures étaient sur fond d'or : c'est un des caractères de rarcliilecture pcJychrôme des Byzonlii;s, caractères que l'on retrouve dans les églises des XI' et xii" siècles de notre pays, et surtout en Sicile et en Italie. Il yavait d'ailleurs .\ Saint -Sophie une grande profusion de vas. s précieux et de candélabres. Enfin, seize ans aprè^ avoir été commencée, la basilique de Sainte-Sophie était achevée. L'empereur voulut que la dédicace du nouvel édifice fût faite avec éclat. Dans son admiration, il s'écria : « Gloire à Dieu, qui m'a jugé digne d'accomplir cet ouvrage : je t'ai vaincu, Salomon 1 »

Nous ne donnerons pas une description détaillée de chacune des parties de l'égliso de Sainte-Sophie, nous serions entramé trop loin. Nous renvoyons le lecteur curieux de voir des détails sur ce monument à la description en latin de Du Cange : l'ouvrage de ce dernier est un trésor d'érudition , comme tous les écrits composés par lui.

Los façades des églises byzantines offrent quelques caractères particuliers que nous devons indiquer. Elles se font remarquer au premier coup d'œil par une grande simplicité arc'nt'cturale; quelquefois, néanmoins, elles se distinguent par des ornements propres à l'Orient, par des moulures qu'on ne retrouve point ailleurs; généralement aucune p nte ne surmonte la façade de manière à indiquer l'inclinaison dos toits, en sorte que le sommet offre une ligne horizontale.

Une coupole centrale surmonte la façade; si le temple est vaste, des coupoles plus basses occupent tous les angles à la rencontre des galeries intérieures qui forment le porche ou vestibule et les nefs latérales de l'édifice.

L'autel des anciennes églises byzantines présente la plus frappante analogie avec celui des b:!siliques latines. Il est quadrangulairc, en pierre ou en marbre, mais il n'est jamais surmonté d'un gradin , comme l'autel rom lin ; les flambeaux se placent isolément aux quatre angles. Le ciboire byzantin, porté par quatre colonnes qui s'Hèvent aux angles de l'autel, a quelquefois la forme d'une coupole, et se trouve surmonté* d'une portion do splière supportant une croix. (To//. Autel.)

En avant de l'autel est une clôture dans la }uclle s'ouvrent les portes saintes: un rideau qui , dans le cours des cérétconies, so tire et se ferme à plusieurs reprises pour voiler ou pour découvrir Is sanctuaire, surmonte les portes et s'harmonise avec ellrs par la richesse des broderies et des peintures qui le décorent. Les Grecs modernes, fidèles à leurs vieilles institutions, ont conservé la

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