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plus grande partie de ces antiques dispositions et des cert''monies qui soinl)lonl s'y attarluT étroitement. ( Instructions du Comité liist. dps arts et monuments.)
Qu'il ait existé un art bi/zanlin proprement dit, c'est une question qui nous paraît décid''e afiirmativeiiicnt. Que cet art soit caractérisé spécialement par la présence de la coupole, c'est encore un trait admis de tout le uionde. 11 nous reste maintenant à indiquer comment le stylo byzantin s'infiltra, si Von peut s'etprimer ainsi, dans l'art de l'Occident. Voici d'abord quelques faits. Les artistes byzantins, h plusieurs reprises , se répandirent au moyen Age dans toutes les contrées de l'Occident. Nous savons que l'abbaye de Saint-Médard, à Soissons , fondée vers l'an 560, par Clotaire 1" ; que l'abbaye impériale de Stavello, située près de celle de Saint-Hubert, en Bclj^ique ; que la cliajielle de Cliarlemagne, à Aix, et d'autres ét;lises bUies sous ses auspices sur les bords du Khin, sont construites dans le style oriental et d'après les it)fluences byzantines. Pendant le siècle qui suivit celui do Cliarlemagne, les persécutions des iconoclastes forcèrent une foule d'artistes byzantins à émigrer dans l'Occident.
L'art byzantin a fait inv.ision en Occident par trois points principaux : 1° la Sicile, occupée par Nicépliorc, vers 850; 2" par l'exarchat de Ravenne ; 3° par Venise. Nous ne mentionnons pas ici les causes spéciales dû la dilfusion de l'art byzantin ; nous en avons ind (pié quelques-unes ci-dessus; nous en pourrions alléguer beaucoup d'autres.
11 n'est pas difticile de constater par les monuments l'influence byzantine en Sicile et dans les contrées qui forment aujourd'hui le royaume de Naples. Dans un grand travail, V Histoire de la conquête des Normands en Jtalir, publié |;ar M. le duc de Luynes , on a fij^uré un grand nombre de monuments que riiistoire assure être dus h l'art grec. Ainsi la cathédrale de Monte-Sant-Angelo (in monte ti aryano ) oïïra h l'examen du curieux de uiagnifi([ues portes en bronze, ornées de vingt -quatre compartiments ou panneaux rejjrésenfant tous les traits bibliques relatifs aux diverses apparitions des anges. « L'Italie, dit l'auteur de cet ouvrage, méfiait h contribution les artistes et les ciseleurs do la Grèce. » Voici des renseignements plus précis encore. Un Grec du nom de Byzantins occupa le siège épiscopal de Bari, depuis 1028 jusqu'à 103'i- : il est regardé comme le fondateur do la cathédrale de Bari, sur l'em- ]>lacement qu'elle occupe aujourdhui. « Conjiidi'rant , dit Ughelli , que l'ancienne cathédrale était mal bAtie et trop éîroi'c, il résolut de jeter les fondements d'une nouveTe église et de lui donn;T des proportions, dont la majOsté excitAt l'admiration des Ages futurs. C'est pourquoi il voulut qu'elle fût construite selon l'ordre doricpie, sous la direction du plus fameux architecte do l'époque, et pour l'uiuor, il lit venir de 1 i!e de
Paros vingt colonnes d'une hauteur prodigieuse, et deux cents colonnes plus petites, qui furent ensuite disposées avec une telle symétrie, que cet ouvrage passa pour une merveille d'architecture. »
Après la mort de Byzantius, qui avait été obligé de se retirer à Constantinojile, son successeur, Nicolas, continua ce grand travail, plaça la nouvelle église sous l'invocation de la sainte Vierge, et la consacra peu (le temps après, 1053. Il paraît que l'évèque Nicolas s'occujîa surtout de l'intérieur. Malgré d'assez nombreux désastres, la cathédrale de Bari montre encore actuellement K l'observateur beaucoup de traits de sa physionomie architcctonique primitive. Partout on y reconnaît les influences orientales; la coupole orientale est tout à fait dans le goût byzantin, et les détails en sont d'une belle et curieuse exécution. La fenêtre en arcade du milieu est remarquable aussi jiar le fini des sculptures : Les rinceaux, les feuillages, les sculptures et les animaux variés qui en composent l'ornementation appartiennent également au style byzantin. La cathédrale de Bari est fort intéressante; elle n'a pas été suffisamment appréciée des voyageurs.
A huit lieues environ au nord de Bari, en suivant les côtes de l'Adriatique, on arrive à la petite ville de Trani, dont la cathédrale, située tout au bord de la mer, n'est défendue contre les Ilots que par un quii d'une élévation médiocre. Sauf son campanile et sa grande porte, elle n'offre rien de remarquable au premier abord ; ce campanile paraît ôtro de même caractère que ceux de Bari et de Melfi. La poite, qui a cinq mètres de hauteur sur trois de largeur environ, est composée de plaques de bronze fixées sur nn fond de bois de chêne; le travail en est merveilleux et peut passer pour un chef-d'œuvre d'art byzantin. Que ces ciselures apitartiennent à Varl byzantin, c'est à la lettre qu'il le faut prendre, puisque certains auteurs prétendent qu'elles ont été exécutées à Constantinople mémo. Ajoutons ici une note relative h la figure de la sirène qui se mont e si s )uvent sur la porte en bronze de la cathédrale de Trani. « La Vénus Derceto, déesse syrienne, avait le corps moitié de femme, moitié do poisson, w Ne faut-il pas voir une allusion h ce fait mythologique dans certaines sculptures du moyen Age, où la sirène jouo un rôle équivoque ?
11 nous est impossible de suivre tous les documents que nous possédons sur l'introduction de l'art byzantin en Sici'e et dans lo midi de l'Italie : c'est lui ftiit admis d'ailleurs par beaucoup d'antiquaires italiens, et nous acceptons leur témoignage, d'autant plus que des monuments encore subsistants l'appuient solidement.
La ville de Ravenne, si longtemps possédée par l'empire grec, lorsque le reste ue l'italin était entre d'autres mains, présente de nosjours encore un magniiique monuuu^nt byzantin dans la curieuse église de Saint-Vital. Nbus ne prélendons pas (pie l'église de Sainte-Sonhie ail été copiée dans celle de Saint- Vi'al
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et dans ceile tle Saint-Marc de Yen se ; nmis soutenons seulement que ces deux derniers édiliccs ont été élevés sous les intlucnces directes de rarchitecturc byzantine ; et ainsi tombent les objections de ceux qui avancent que Saint-Vital' et Saint-Marc n'appaitiennent pas au style byzantin, ]misqu"une construction peut fort bien avoir été bâtie d'après les mêmes principes qu'une autre, sans que les deux soient entièrement semblables.
M. Joseph Bard a écrit et publié un opuscule intitulé :Slali.iliquemonumeutairedres''ée dans la ville de Rnvenne. On y trouve de bons renseignements.
Il n'est guère d'archéo'ogucs qui n'admettent l'origine byzantine de Sainl-Vital (ie Ilavenne et de Saiiit-.MaiC de Venise. Il se.aii «ionc superflu d'insister p^uslon^ucmen: sur I e point. Vasari dit positivement que l'église de Saint-Marc fut bâtie dans le styîe grec, l)ar des architecles grecs, en 970. Félibien jirétend, de son coté, qu'elle fut reconstruite, on 11T8, par un aicbitecte que le doge S.Ziani vivait fait venir de Constantinople.
En 18i2, un architecte hab'le et savant a publié un volume in k% accompagné de 37 planches, intitulé : Eglisrs bijzanlinesen Grère. 31. Couchaud, auteur de ce travail intéressant, entreprit un voyage en Groce , où il pas'^a plusieurs années à étudier et à relever I.-s plans, à dessiner les élévations, les coui)es et les détails desmomnnonts les plus remarquables de l'époque qui suivit celle de l'art anti(|iie. Voici une analyse très-abrégée du résultat de son travail.
11 résulte de l'étude et de la comparaison des monuments grecs du moyen âge, <pi'il y eut en Grèce, ainsi que de M. de Rumohr l'avait énoncé précédemment par ind.iction, trois époques distinctes dans l'hisloire do i'arcliiiecturr, et que toutes les plus anciennes églises byzantines sont construites d'afirès le plan de la basilique aniique, ayant toutefois une disposition centrale particulière, permettant de placer au milieu du monument une coupole élevée et élégante , construite sur une partie cylindrique àl'intéritur, cl i.>rismatique( octogone) à l'extérieur, pendant les première et deuxième époques, qui sont aussi les plus belles. Les plus anciennes façades, depuis Constantin jusqu'à Justinienl" f:n 527, présentent une masse carrée, terminée H son sommet par une corniche en pierre uu en marbre, souvent en brique, et forment des angles saillants et rentrants. S.jr ces façades il n'y avait aucun fronton indiquant la pente du comble ; car la charpente, alors cumme plus tard, ne fut jamais employée par les Grecs pour couvrir les éditices ; on se servait seulement de terrasses et de dûmes. Une ou plusieurs portes donnaient accès dans ces églises ; e'ics étaient généralement ornées de moulures très-refouillées , et le linteau se tr.nivait soulagé par un arc en décharge . Les laçades latérales différaient peu des façades principales ; elles avaient aasii une porie. Les abside?, souvent au
nouîbre de trois, étaiejit simples, et leur forma plus souvent demi-circulaire que polygonale. Elles étaient [>crcées d'une ou plusieurs ouvertures. L'architecture de celle première époiiue ressemble encore parfaitement à SiiU modèle, l'architecture chrétienne roiiiaine primitive.
Dans la seconde époque du règne de Justinien 1", en 527, jusqu'au -%." siècle, les djmes se multiplient et finissent par régrer, môme au-dessus du porche. Le i)lan de la basilique romaine est maintenu, mais mo Jifié. Les nefs augmentent en nondjre, les piliers carrés remplacent b-s colonnes, qui deviennent de plus en plus rares ; les pendciitifs se mo(Hiient et varient. Les voûtes, se divi- S'iril par zones horizontales, se décorent de peintures. Les fenêtres ne sont plus placées que sur la partie cylindrique et perpendiculaire du dôme central ; leur sommet pénètre encore dans la calotte sphérique. Dans cette seconde époque, l'aîchiteclure se développe dans un style plus riche et plus brillant que celui pratiqué en Italie après les guerres des Goths.
Dans la trois-ème époque, enfin, du \' au xir siècle, le plan tend à se rapprocher do nouveau de celui des basiliques romaines. Dans les façades, l'inclinaison des toits e>t indiquée (tar des fronloi.s. Les tribunes réservées aux femmes ont disparu ; on leur réserve certaines parties des nefs lat 'raies. Al )rs arrive aussi une profusion et une richesse extiaordinaire d'ornemei-its inconnus jusqu'alors. Des voûtes en berceau règn-nt sur tout ' la longueur de l'édifice. Cette époque cons'-'rva jusqu'à la fin ses caractères esseniicls et le p'an général de l'époque de Just nien, sans toutefois atteindre h s dimensions, la magnificence, la solidité et l'exécution matérielle des luonuments de la première épo jue.
L'influence byzantine s'est fait sentir fortement en France, et il nous suffira de le constater par la description abrégée de quel- (jues monuments de premier ordre. Commençons par la curieuse église de Saint- Front, de Périgueux : depuis longtemps l'attention des antiquaires français a été vivement émue parle caiactèreorig nal de cette construction.
Laissons parler M. de Vernheil, archéologue instruit, qai a étudié d'une manière toute particulière la cathédrale actuelle de Périgueux, a Le ]-)lan en croix grecque de l'église (le Saint-Fiont, ses cinq coupoles, surtout sa toiture en terrasses d'allées, oii le bois et les métaux n'entrent pour rien, témoignent assez de son Oiigine byzantine. Je ne pouvais cependant songer à la rattacher à ceux de nos édifices des xr et xir siècles, que l'on nomme aussi byzantins : c'était évidemment une rejiroduct on plus ou moins complète d'un type néo-grec quelconque. Je passai donc en revue les principaux édifices à coupoles dans leur ordre chronologique. Jusqu'à l'an mil, il n'y en a point qui ait pu servir do modèle à l'ai^chilecture de Saint-Front j
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je suis TTi(^mc convaincu ((uo, jusfiu'à celle épo(iue,rinllucnce byzantine n'ayuèicpoussû à coiislniire en Pale>line, en Ilahe, ruais surloul en France, que des édifices ron;ls ou oclot'ones, comme le Saint-Sépulcre, Saint- Vital, l'église d'Aix-la-Chapelle. Aux ap|»roches'dcran mil ai)paraissent plusieurs é;.:;lises ^ cinq coupoles, telles (pie le Pantocrator de Constantinoplo, qui ont des rapports généraux avec Saint-Front. Parmi les édifices de celle famille, il en est un, la célèbre basilique de Sainl-xMarc de Venise, qui se dislin-ue de tous les autres par des dispositions si neuves, si originales, si bizarres même, qu'il doit être considéré comme un type à paît, comme un é iitice unique : voici ces diopositions, dont j'ai tâché de me rendre com|)te par l'analyse : .
« Les arcliitectes do Saint-Marc voulaient constcirre un édifice vaste cmime S:inte- Sopiiie, l'idéal que se proposèrent toujours les artistes byzantins. Ne pouvant reproduire sa coupole {mmensc, ils en donnèrent la monnaie, s'il est permis de s'exprimer ainsi : Saint->!arc cul donc cinq coupoles presque égales, copies r.'duites de la coupole de Sainte-Sophie, ils placèrent la plus grande, qui n'a cependant que li mètres de diamètre, au centre d'une croix grecque ; les qu.dre autres couvrirent lesquatie branches de la croix. Ces cinq coupoles ainsi juxtaposées, l'on conçoit ([ue deux des piliers et un des grands arcs de chaque petite coupole durent se confondre avec les piliers et les grands arcs de la coupole centrale. Ainsi s'opéra la liaison des divers membres de
l'édifice. . . ,.,.,,
« Quoiqu'ils eussent ainsi multiplié les coupoles, les architectes de Saint-Marc étaient encore loin des dimensions de Sa'nte-Sophic ; pour agrandir leur plan, ils donnèrent aux grands arcs de coupoles, et par conséquent aux piliers qîii les supportent, un dévcloiipcment excessif et tout h fait inutile à leur solidité. Cha pie pilier eut ainsi plus de 20 pieds sur chaque face, et plus de 80 pieds de tour ; et chaque grand arc, deviuni une large voûte en berceau, fut, à l'cxce[!tion de ceux de la coupole centrale, fermé i)ar un mur Irès-mincc h. son ouverture extéueure: ces murs, qui dessinent la croix grecque k l'extérieur (t ne concourent en nen à la solidité (.'e l'édifice, furent percés de noinbreuses fenêtres.
« Ces pdiers se trouvaient en saillie dans l'intérieur do l'édifice qu'ils rétrécissaient de toute leur masse. Sans nuire à leur soluhté, on put les éviderintérieuiemcnt et les creuser en coupoles. Les quatre pdiersqui supportent la coupole centrale furent percés sur leurs quatre faces de qua're grandes ouvertiires superjiosées ; les arcades infrioures firent communiiiuer enlre eux ces b.is-c(Més formés le long des nefs princii)ales par l'élargissement des grands arcs; los arcades supérieures éclairèrent des galeries haut s pratiquées dans la masse des piliers.
« C"S dispositions essentielles de Saint- Marc se relrouvcai à Sainl-Front dans toute
leur originalité, dans toute lei:r bizarrcr e. En ell'et, la .•iescri})lion analytique que je viens de faire de la |)rcmière basilique s'applique rigoureusement h la seconde. Comme il faudrait la restreindre de tout point, pour qu'elle pût s'apf)liquer de m^'-iue aux édifices où l'on s'accorde à reconnaître des imitations de Saint-Mare, à Saint-Antoine de Padoue, par exemple, j'en ai conclu qu'il y avait dans l'un des deux édifices imitation directe, iinmédiate de l'autre ; (pTenfin Saint-Marc était un oiiginal dont Saint-Front n'était que la copie. Je dois dire que rap[)arence des deux édifices est loin d'être la même ; leur ressemblance n'est pouitde celles (jui saisissent, elle est intime, et l'analyse peut seule en faire apprécier toute l'étendue. Mais celte difiVrence d'aspect résulte des adjonctions ou des restaurations successives qui ont altéré le p'an primitif des deux basiliipies; elle résulte surtout de l'abandon fait par l'archi'ecle de Saint-Fiont, de rornemenlation jiroiirement byzantine.»
Nous admettons volontiers avec quelques auteurs, et avec M. de Caumont entre autres, que l'église cathédrale de Cahors peut nous donner une idée des constructions byzantines carlovingiennes, parce qu'elle reproduit les dispositi(jns que nous connaissons comme caractéristiques d'un siècle de mouvement et de renaissance. Nous ne voudrions pas pour cela en faire un monument contemporaindeCharlemagncoumêmeantérieurau règne de ce grand prince. Les deux voûtes en coupole de Cahors ont 19 mètres de diamètre et sont dignes de l'observation des architectes et des antiquaires. Le cintre affecte à l'extérieur la forme conique, à sommet obtus : on l'a plusieurs fois revêtu d'épaisses couches de mortier pour le préserver de l'infiltration des eaux pluviales, il en a été de même autrefois à Angoulême, lorsque les voûtes en coupole s'élevaient au-dessus du toit , autant qu'on en peut juger par analogie. Du reste, les parties les mieux caractérisées de la calhédralo d'Angoulèmeet surtout les cotq'oles annoncent évidemment des inllueuces byzanti es. Comment pourrait-on les méconnailre ces infiuences de l'art de lîyzance lorsqu'elles .'ont si fortement empreintes àSaiid-Front de Périgueux, à Saint-Etienne de Cahors, à Saint-Pierre d'Angouléfîiie, dans les deux anciennes abbatiales de Solignacet de Souillac, et dans Notre-Dame du Puy, où l'on voyait autrefois des figures byzantines de personnages ecclésias'iques bénissant à la manière grecque? La chapelle de Sainte-Ciox de I^Iontniajour, d'après une note du savant M. Didron, doit aussi êlre rangée au nouibi e dos édifices byzantins.
Une insciii)tion sculptée au-dessus de la porte d'entrée, en caractères du xw ou du XIII' sièc'e, déclare (juc cette chapelle a été fondée primitivement par Charlemagne, qui se serait emparé d'Arles alors au po .vdr des Sarrasins, et aurait fait inliumer dansla chajudle de Sainle-Croix plusieurs guerriers de France ipluris de Fiancin], morts dans le combat. La chapelle actuelle ne date pas do
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Chailcmagne, et paraît, d'après l'Iiisloiro, avoir été bAtie par R.imbert, abbé de Moiitmajour ; elle a été consacrée le 13 mai 1019.
Ce monument, chef-d'œuvre d'élégance et qui est appareillé merveilleusement, présente une extraordinaire analogie, quanta la forme et aux dimensions, avec les églises de la Grèce. Trois églises particulièrement, d int une à Athènes et les deux autres au mont Athos, sont, en quelque sorte, le modèle ou le calque de la chapelle Sainte-Croix. C'est à des monuments de celte espèce qu'il faut réserver exclusivement en France la dénomination d'architecture byzantine.
L'architecture byzantine pénétra en Russie avec la religion, qui y lut portée par les Grecs; elle s'y est maintenue avec ses formes natives plus longtemps qu'en aucun autre pays. Dans le x' siècle, la princesse Elga lit l)Atir à Kief une église dansie style grec. Eu 988,
le grand duc Wladimir en fit édifier une autre, dédiée d'abord à la Sagesse divine, sur le môme plan que Saint-Marc de Venise, c'està-dire avec cinq coupoles dorées, dont une centrale. Au xi* siècle, des artistes grecs en élevèrent àNovogorodune autre sur le plan de la précédente, avec de légères modifications. 11 y avait un grand nombre d'églises semblables, qui ont été détruites dans les irruptions des T;irtares, an xm' siècle. On continua d'employer des architectes grecs longtemps encore après cette époque. Les coupoles prirent alors la forme bulbeuse des mosquées moresques. M. Ho})e, dans son Ilistvire de ^architecture, établit que l'arcliitecture byzantine de la Russie a des rapports intimes avec celles des Arabes et des Persans, et qu'elle a étendu des ramifications au nord de l'EuroiJe, comme au sud de l'Asie , sur les rivages de la mer des Indes, comme sur les bords de l'Océan Atlantique.
CABLE. — Espèce de moulure ou d'ornement, en usage durant la période rominobyzantine et ayant la figure d'une grosse Corde ou d'un cAble. Celte moulure t st communément employée autour des archivoltes, quelquefois surle tailloir des chapiteaux, quelquefois encore sur les saillies de la corniche extérieure de l'absid '.
On dit, en termes d'architecture, que des cannelures sont câblées, lorsqu'elles sont relevées et contournées en forme de câbles.
CMMEISTUM. — On inlerprète le mot Cffmenfum, par moellons, ditMillin, parce que Vitruve oppose le cœmenlum aux gros quartiers de pierre et aux gros cailloux qui font /avec le moellon les trois espèces de cœmentwn pris généralement. Le cœmentum en général signifie toute sorte de pierre qui est employée entière, et telle qu'elle a été produite dans la terre, quand môme elle aurait reçu quelques coups de marteau, et aurait été grossièrement équarrie ; cela ne change poii.t son espèce, et ne saurait la faire appi/ler iiierrt' de taille. La pierre de taille est ce que les Latins appclait-nt polilus lapis, dilTérente de celle qu'on appelle cœsus, en ce que cœsus est celle qui est seulement rompue par quelque grand coup, et que politus se dit do celle qui est oxactemenl dressée par uneinlinité de petits coups. Nos maçons font trois espèces de ces pierres non taillées qui ont quelque rajtporl avec le cœmentum des anciens, mais elles en dillèrent par la grosseur. Les plus grosses sont les (juartiers qu'ils appellent de deux et de trois à la voie. Les icoycnnes sont apiielées libages, et les petites sont les moellons. Vitruve, au 6' chapitre du VII' livre, a;)[)elle les éclats do marbic que l'on pile pour faire le stuc, cœmenta maruiorea.
CAGE D'ESCALIER. — Dans plusieurs édifices religieux de la période ogivale, on a c^iislruit des escaliers et dos cages d'une élé-
gance extraordinaire. C'est le propre de toute architecture originale d'embellir les membres nécessaires au corps de l'édifice, soit pour en assurer la solidité, soit pour en compléter l'ensemble. Le style ogival, jusque dans les parties les plus secondaires des constructions religieuses, a su imprimer un cachet de distinction. On connaît des cages d'escalier en pierre, qui ont été bâties avec une légèreté admirable, et couvertes d'ornements de toute espèce. C'est surtout au xvi* siècle que les artistes épuisèrent dans des cages d'escalier en bois toutes les ressources de l'ornementation capricieuse qui régna immédiatement avant l'époque de la Renaissance. Non-seulement les montants qui supportent les degrés, mais encore la saillie extérieure de ces degrés, et la balustrade qui suit tous les tours et détours de la spirale, sont sculptés avec un soin étonnant et décorés de feudlages, d'arabesques, de têtes humaines, de tètes d'animaux, de formes fantastiques, et de ces mille ornements que l'imagination savait alors créer et animer en si grande quant té. Nous en avons observé dans ce genre de fort curieux, à Amiens, à Angers, dans l'église delà Trinité.A la Renaissance, les architectes se plurent également à décorer les cages des escaliers principaux. Dans les châteaux si pittoresques des bords de la Loire, dans le RIaisois et la Touraine, on admire de charmantes compositions de cette nature. Qu'il nous suffise de citer les châteaux de Rlois, de Chambord, de Chenonceaux, d'Azay-le-Rideau. Nous indiquerons comme l(j chef-d'œuvre du genre, VescuUer lioyal de la cathédrale de Tours. Cet escalier en hélice est établi dans la tour septentrionale : il repose sur une clef de voûte, dont les arceaux ou nervures seules exisli-nt. I.a cage de l'escalier est transjiarente, formée do colonnettes et de moulures prismati(jue3 ; cl cet escalier ({ui semble si fragile et s"ap'
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pu w, pour «insi dire, sur le vide, n'a pas moins do 75 degrés.
La ca2C d'un clocher est 1 assemblage de rharpôrtequi forme le corps du clocher jus- (lu'à U base de la Hèche.
CAISSON. — Le caisson est un compartinïent ou renfoncement carn'^, hexagone, octogone, dont les parois sont ordinairement oinées d'une moulure et'ormées sur une surface principalement sur celle d'une voûte, d"un plafond, par un réseau de moulures qui s'entrecroisent. Le fond du caisson s'appelle caisse , et le caisson lui-m(Miie s'a|)pellc encore panneau, cassette et caisse. On rvuiplit la caisse de rosaces, de fleurs et d'ornements variés, tels que muffles d'animaux, fruits, coquilles, groupes, arabesques, etc.
Dans les monuments d'architecture classique on emploie les caissons dans {"ornement du softite de la corniche dorique , où on les place entre les rautules, et dans celui de la corniche corinthienne et composite, où ils rem{)lissent l'espace entre les modil-
loris- . . , . ,•
On doit chercher 1 origine du caisson, disent les auteurs, dans la charpente ou dans les assemblages de bois qui servirent à former les premières constructions. Les solives d'un plancher, disposées également et coupées par d'autres solives dans lesquelles elles s'emboîtent, forment naturellement des caissons. En beaucoup de pays, et surtout en Itahe, les plafonds de tous les appartements, de toutes les chambres, sont faits de cette sorte.
Durant la période romano-byzantine, les caissons furent peu usités dans les raonumenls religieux. Ce n'est guère qu'à l'archivolle des portes principales et dans de petites dimensions que l'on remarque des caissons remplis de tètes de clous ou de pointes de diamant. On pourrait regarder comme des cais-ons les compartiments établis à la voussure de la porte occidentale dans certaines églises du xir et du xiii' siècle, où l'on figurait les travaux champêtres par les divers signes du zodiaque. No nourrail-on pas môme aller plus loin en consid Tant comme une variété des caissons les trètles ou quatre feuilles de certaines façades de cathédrales, comme à Auxerre, dans le fond desquels on a sculpté des scènes historiques ou des ornenients variés.
Nous devons reconnaître néanmoins que le style ogival a rarement employé les caissons dans son ornementation : on peut ajouter qu'il n'en a jamais fait usage comme système. C'est à l'époque de la Renaissance seulement q le les architectes adoptèrent l'usage des caissons dans l'ornemcnlation de la plup.irt d( s édilices religieux ou civils. 11 n'y a p.is d'églises du milieu du xvi* siècle, où l'on n'en rencontre un très-grand nombre. Le cliami) ou lit fond des caissons est reuqjli de masques humains, de figurines ei quclquefiiis de pr-intures. Au chUoau deChauibor!, les voûtes sont chargées de caissons au cintre desquels sont seulp es des F couronnés et des «>alamandres au iu:lieu ûe-^ ilauiiues.
emblèmes du roi François I". A l'église do Sully-la-Tour, au diocèse de Nevers, le portail situé sous la tour est orné de caissons rem[)lis de sculptures fort délicates : il eu est de même aux églises de Saint-Syraphorien, à Tours, et de Montrésor , en Touraine.
Les grands retables d'autels, au xvi* siècle, surmontés d'un baldaquin en demi-voùte saillante au-dessus de la table de l'autel, odrent communément des calissons ornés avec beaucoup de luxe et de goût. Il n'est pas jusqu'aux grands sièges et aux stalles de ia môme époque qui ne présentent le môme système de décoration.
Les nervures des voûtes gothiques, au XVI' siècle, en multipliant et compliquant leurs rameaux, ont formé des espèces do caissons irréguliers dans lesquels la sculpture n'a placé aucun ornement. Ce système de nervures nombreuses, s'épanouissant dans tous les sens, a donné naissance, en Angleerre, h. des compositions aussi savantes qu'originales. Nous citerons seulement ici la chapelle de Windsor et la chapelle du Roi au collège de Cambridge. A la cathédrale de Strasbourg et à celle de Beauvais, dans des chapelles accessoires, on admire aussi des voûtes à compartiments multipliés, d'une grande finesse et d'une grande élégance.
CALENDRIER. — I. On a sculpté, au portail d'un assez grand nombre d'églises romano-byzantines, au xi' et au xii' siècle, et môme d'églises ogivales du xiu^ siècle, dans des espèces de caissons ou do médaillons, des emblèmes représentant les divers travaux de l'agriculture : ces emblèmes figurent euxmômes les mois de l'année durant lesquels les travaux des champs sont exécutés. Ces calendriers, qu'il ne faut pas confondre avec les zodiaques, ornent communément los pieds droits des portes et sont toujours très-curieux par les renseignements qu'ils donnent sur le costume et les usages populaires de l'époque à laquelle ils appartiennent.
Dans l'introduction à son livre de 1 Iconographie chrétienne, M. Didron, en faisant une rapide analyse »iu Miroir universel de \ incent de Beauvais, montre que la sculpture avait pris à tâche de reproduire, par des statues et des bas-reliefs, l'ordre scientifique suivi par le savant précepteur de saint Louis dans son résumé des connaissances au xiir siècle. L'ordre de classification adopté par Vincent de Beauvais est suivi dans la statuaire qui décore l'extérieur delà catliédralo de Chartres. Après avoir représenté la création et la chute de nos premiers parents, l'artiste plaça, à la droite d'Adam chasse du paradis terrestre et condamné au travail, et pour la perpétuelle instruction de tous, d'abord un calendrier de pierre avec tous les travaux de la campagne ; puis, un catéchisme industriel avec les travaux de la vile ; enfin, et pour les occupations intollectucUos, un manuel des arts libéraux personnifies do préférence, dans un pliilosoplie, un géomètre et un magicien. Le tout se développe en cent trois figures au porche du nord, et [■nu-
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ciiial<^n-ci)t dans Tarifa le de droite. [Introd. à riconog. chrét., pag. \m et xiv).
Nous lisons dans le Guide de la peinture, sous le titre : Comment on repri'sente le icmps mensonger de la vie, que les ("irecs 11jiuraient sur les niui-ailles de leurs éj^lises un calendrier avec les différents signt^s du zodia(iue. « Après avoir tracé un premier cercle où sontiiguréesles quatre saisons, sous reniblème de personnages allégoriques, décrivez un autre cercle encore plus grand que le premier, dit l'auteur du Guide. Tout autour laites douze cases; ])uis au dedans les douze signes des douze mois. Faites bien attention de placer cl!a(]ue signe auprès des saisons qui y répondent. Ainsi donc vous mettrez auprès du i)rintemps, le bélier, le taureau, les gémeaux ; auprès de l'été, le cajjcer, le lion, la vierge ; auprès de l'automne, la balance, le scorpion, le sagittaire ; auprès de l'hiver, le capricorne, le verseau et l;^s poissons. Disposez donc ces signes suivant leur ordre, tout autour du cercle, et ayez soin d'écrire au-dessus de chacun, son nom, et aussi les noms des mois, de la manière suivante. Au-dessus du bélier, écrivez mars; au-dessus du taureau, avril ; au-dessus des gémeaux, mai ; au-dessus du cancer, juin ; au-dessus du lion, juillet ; au-dessus de la vierge, août ; au-dessus de la balance, septembre ; au-dessus du scorpion, octobre; au-dessus du sagittaire, novembre ; au-dessus du capricorne, décembre ; au-dessus du Verseau, janvier ; au-dessus des poissons, février. » {Guide de la peint., trad. Durand, pag. 409.)
Les observateurs ont fait une remarque assez curieuse en examinant les calendriers en pierre sculptés à la porte des églises roniano-byzantines: c'est que les emblèmes des travaux champêtres, de même que les signes du zodiaque, ne se suivent pas toujours régulièrement, selon l'ordre de la succession des saisons. Quelques-uns en ont conclu que ces sculptures étaient exécutées avant la porte dont elles forment le principal ornement, soient qu'elles y aient été apportées d'ailleurs, enlevées h. un édifice antérieur et maladroitement replacées, soit qu'elles aient été travaillées sur des pierres isolées, que l'architecte a fait ensuite entrer dans sa construction. D'autres y voient une distraction du constructeur, sinon un acte d'ignorance. Il arrive parfois qu'au sommet de l'archivolte on voit un emblème qui devrait se trouver jtlus bas : on a cru que c'était un signe j)roj)re à marquer à quelle époque les travaux avaient été entrepris. Nous n'attachons pas grande importance à ces diverses conjectures ; nous les avons notées cependant, par considération pour ceux qui sont d'une opinion contraire.
H. Autrefois, dans certaines églises cathédrales, collégiales et abbatiales, on avait coutume d'attacher au cierge pascal une table en forme de calendrier, où étaient indiquées les principales fêtes de l'année. Cet usage a disparu depuis assez longtemps. Pour en donner une idée exacte, nous allons trans-
crire quelques pages des Voyages liturgiques par Lebrun Desmarottes :
« 11 y a une pratique h Rouen qui est fort ancienne, et que nous trouverions sans doute dans l'ancien ordinaire de six cent quarante ans, si l'on n'en avait pas déchiré quelques feuillets à cet cndroit-ih. C'est l'inscription de la Table pascale sur un beau vélin, que l'on attache à hauteur d'homme autour d'une grosse colonne de cire, haute environ de 25 pieds, au haut de lat|uelle on met le cierge pascal entre le tombeau de Charles V et les trois lampes ou bassins d'argent. Cette table était {\ ce que je m'imagine) autrefois lue tout naut par le diacre, après qu'il avait chanté son Paschale prœconium, dont elle étaitapparemment une partie. Du moinsétaitelle exposée, comme elle est encore présentement, à la vue de tout le monde, depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte inclusivement. 11 en est fait mention dans le livre vi' des divins Offices de l'abbé Rupcrt, chap. 29 ; dans le livre intitulé Gemma animœ, d'Honorius d'Autun ; au traité de antiquo Ritu missœ, chap. 102; dans Guillaume Durand, Rationnle divinorum officiorum, lib. vr, cap 80 ; et dans Jean Belelh, Livre des divins Offices, ctiap. 108, en ces termes : Annotatur quidem in cereo paschali annus ah incarnatione Domini : inscribuntur quoque cereo paschali indictio v(l œra, utque epacta. Quand j'ajouterai qu'on y marquait non-sf^ulement l'année et l'épacte, mais encore les fêtes mobiles, combien il y a que l'église de Rouen est fondée, qui en a été le premier évoque, combien il y a qu'elle est dédiée, l'année du pontificat du pape, celui de l'archevêque de Rouen et celui du roi; ce n'est rien dire: il faut la donner ici telle qu'elle était en l'année
Tabula Paschalis, anno Doiiin'i 1607.
Anmis ab origine niundi Aiiims al) luiiversali diluvio Annus ab Incarnalione Domini Annus a Passioneejusdeni Annus a Nalivilale B. Mari;« Aiuius ab Assumplione ejusdcin Annus indiclionis Annus cycli solarls Annus cycli lunaiis
Annus prœscns a Pischti prcceieilc nsq'ie ad P teq e:s est co mtnis abinid.
Epacla
Aureus numcrus LiUera dominicalis LiUcra niarlyrologii
Tcrniiiuis Pasclia; 1 4
Luisa ipsius Ki
Annoliiiuii! Pascluc 2 l
Dics U;)g;ili()nuni iô
Dics Ascensionis Ki
Dies Pcri'ccosles 2 i
Dies Eiicharisli;c (j
Domniica:' a Penlccosle usquc ad Ad-
venluni Dominica lifinia Advcnlus 1 i.k'
Lillf^ra dominicalis anni scquenl's Annus sciiucns est 1G98, comnuinis ord.
Lillera niarlyrologii anid seciuenlis Dominical a S'alivitatc Domini usquc a.l Scp-
luagcsiiiiam anni soquenlis
l(iS7 UUii Hi.i7 ;">
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«Iiicnlis Dominua Sepluagcsinise amii se-
(|iieiilis I)o:iiinica i Quadragcsimai amii sc-
(|iioiUis Oies l»asd):«anni scqiionlis Aiimis ab inslilutioiic S.Mi-loni
•26 jamiar.
2G januar.
Amuis a (ransitu oinsdi'in
10 febniar.
50 niait.
Aiiinis al) iiisliliUioncS. Koinani K'il!!
Aîiiiiis a traiisilu ejusdein ll>^ô
Aiiims al) iiislilulioiit' S. Aiitlooni I'i;M^
AniiiiS a transita cjusdi'in li>08
Anaus a doilitaliono liujiiscc(lesia> inclrojio-
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Aiinus ab inslilutionc Uollonis p: inii duc'.s
Nonna!ini;\î 2^''
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Ainins a ciMonalione {"■niliclmi prinii diicis
Nornianiiia' in rogno Angli.c (V25
\nnus ab obiln ejnsdoni 6)0
Annns a reduclione ducatiis Nornianniuî ad
IMiilippnni 11, Fraiicia; rogeni 493
Annns ab alia reduclione ducalus Normannia;
ad Carolun» Vil, Fiancia; rcgeni 2i7
Annns ponlilicalns SS. Patiis el I)D. iinio-
ccnlii pap;e XII 5
Annus aU inslilulione U. Palris et DD. Ja-
oobi Micolai Aichiepisc. Uothomag. el
^()^u1aunia; priniatis 7
Annus a Nalivitalc Chriilianissinii principis
Ludovici XIV, Fiancioc et iSavarr;c leg s fiO
Annus regni ipsius 5i
Consecralus est isle cx;reus in honore Agni ininia-
cnlaii, cl in honore gloriosie Virginis ejus Genilricis
Mariit'.
« C'c'-tait bien à propos qu'un publiait cette Table la nuit de Pâques, puisque c'était le pi-eiuier jour de Tannée durant plusieurs siècles, jusqu'à Tan Io'ôd, qu'oii coanueuça Tannée au premier jour de janvier, suivaiil l'ordonnance de Charles IX, roi de France. Cette table est une espèce de calendrierecclésiaslicjue. C'est à M. le chancelier de i'église cathédiale de Rouen à l'écrire, ou à le laire écrire à ses dépens. Et ce n'était pas seulement dans cette éj^lise ; il y a tout lieu de croire qu'on en mettait une pareille dans T s églises collégiales ou du moins dans les abbatiales, comme dans celle du Bec; car il en est parlé dans les statuts que le bienlieurcux Laiifrai'C, qui eu était j)tieur, a faits pour 0(re observés dans les monastères de Tordre lie Saint-Benoît, dans les Coutumes de Cluny, et dans les Us de Cîteaux. » [Voijag. liturgiques, pag 318j.
CAIJCE, — I. En instituant l'Eucharistie, Jésus-Christ se servit de la c upc ou calice en usage de son teiui s dans les festins des Juifs. « Dans les repas destinés à cimenter une alliance, dit Bergier , ou à la lui d'un sacrilice, on ne manquait pas de boire la c<iU|)e d'actions de grAces et (Je bénédictions : c'était alors !a cou{)e d'à liance et d'amitié. » Celte coupe était ordinairement un vase ii deux ansL'S, qui contenait assez de vin pour que tous les conviés pussent en boire. Le véuéi^able Bède dit qu'on montrait ;i Jérusalem, dans l'église du Saint-Sépulcre, le calice dont Notre-Seigneur se servit dans la Cène avec ses disciples; il était enfermé dans un riche étui où Ton avait piati(pié une ou-
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verture par laquelle les fervents chrétiens pouvaient baiser cette précieuse relipie. 11 est probable ([ue lors(pie les apôtres célébrèrent les saints mystères, ils se servirent de calices jiareiis à celui dont leur divin maître avait usé dans la dernière Cène. On pr(''tend que ces coupes étaient <ie verre; mais on n'a guère, jjour appuyer celte ofiinion, que la croyance c.inununément répandue c|[uc le calice de la Cène était de cette matière. Pour avoir une idée de sa forme, il suilit de voir le calice rein-ésenté sur les monnaies des Juifs; le siclc d'argent porte d'un côté une branche d'amandier ou d'olivier, ou la verge (TAaron, et de l'autre un vase i lein de manne d'où s'échappent des va[)eurs abondantes. Ce vase [irésente une coupe largement évasée, soutenue sur une tige dont le milieu est orné d'un nœud ou anneau, et dont la partie inférieure est lixée sur un pied solide : on y reconnaît évidemment le tvpe de nos calices. (Voir la ligure à la fin du vol., art. Calice.) 11. Avant de donner quelques détails sur la matière et la forme des calices aux différents siècles du moyen âge, il est nécessaire de distinguer plusieurs espèces de calices : les calices ordinaires servant pour le célébrant lui-môme dans Toblation du saint sacrilice; ceux avec lesquels on administrait aux hdèles la communion sous l'espèce du vin, et qui étaient désignés sous le nom de calices ministériels, calices ministeriales; les calices du ba[)tème, calices baplismi, qu'on employait pour communier les nouveaux baptisés et fiour mettre le lait et le miel qu'on leur faisait prendre ; entin, ceux qui ne servaient que pour Tornement des autels. Ces derniers avaient souvent un poids et des dimensions considéral)les. L'évèque Conrad, dans la Chronique de Mayence, décrivant les vases sacrés de celle égiise, fait mention d'un calice d'ornement qui était si grand qu'il naui^ait pu servir pour l'administration de la sainte eucharistie. Anastase le Bibliothécaire parle eu plusieurs endroits du Liber Poniificdlis de ces sortes de calices. Dans la \ie de Léon 111 il en cite un qui avait été olfert par Charleinagne et qui pesait 58 livres. Dans la Vie de Grégoire II il en indique un autre dont le poids était de S't- livres. Dans la Vie de Léon IV il parle de dix grands calices suspendus en cercle, et de quarante autres placés entre les colonnes de l'autel, pesant ensemble 267 livres. 11 dit, dans la Vie de Pascal I", que ce pape en lit pour être suspendus dans l'église k-2, dont le poids total était de 231 livres. Ces calices avaient deux anses, et on les attachait ordinairement avec des chaînes aux jouis de grande solennité. Mais il y en avait que Ton plaçait simplement sur l'autel : c'est ainsi que dans les ancieiines Coutumes do Saint-Bi'nigne de Dijon, on nu^ttait aux principales fêtes plusieurs calices sur l'autel : calices aiirei super al lare ponantur ad ornalum. Les calices ministériels, sans être aussi grands que (;eux (pii servaient [)Our Tornemcnt , avaient C(>pendant des dimensions considérables, (jui variaient selon le nombre
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des communiants. Il est question de ces calices dans plusieurs des Ordres romains publiés dans le Musœum Jtalicum, et ils y sont quelquefois désignés sous le nom de scyphi. Le Livre des Pontifes parle aussi de ces sortes de calices : on y lit en particulier que Constantin en donna 50 petits du poids de deux livres : Dédit calices 7ni7iores viinisteiiales quinquaginla, pensantes lihrns binas (In Vit. Sylv.). Il est encore fait mention dans ce dernier ouvrage des calices du lja[)tèmc: il y est dit, dans la Vie d'Innocent 1", que ce pape en donna trois d'argent qui pesaient chacun 2 livres : Obtulit calices argentcos haptismi numéro tre.<, pensantes singuli libras biniis (L'abbé Barraud, Ballet, mon., pag. 39V).
III. On a employé pour la fabrication des calices des matières très-diverses. Dans les premiers temps du christianisme on s'est (juelquefois servi de calices de b.jis. Tout le monde connaît cette parole célèbre de saint B.jniface, évêque de Mayence au vnr siècle, parole que l'on répète souvent avec des intentions malignes : « Autrefois des prêtres d'or se servaient de calices de bois, maintenant au contraire des prêtres de bois se servent de calices d'or (1). » Guy Coquille, dans son Histoire du Nivernais, cite la même parole rimée selon l'esprit du tem[)S où il vivait, en l'appliquant aux évoques :
\u temps piissé du siècle d'or (Grosse de bois, évèque d'or ; Maintenant changent les lois, Crosse d'or, évèquc de bois.
Saint Isidore , évêque do Séville, était si persuadé que les premiers calices étaient en bois qu'il cherche l'étymologie du mot calice dans un mot grec qui signifie bois : « Les Grecs, dit-il , appelaient ■/«)iov, toute espèce de bois (2j. » Saint Benoit, le patriarche des moines de l'Occident, se servit d'abord d'un calice de bois; plus tard il lui en substitua un de verre, persuadé que la pauvreté monastique lui faisait un devoir de n'user que de substances communes, môme dans les cérémonies les plus sacrées. La coutume d'emi)loyer des calices en bois parait s'être conservée jusqu'au ix' siècle ; mais comme cette matière est trop poreuse, elle fut défendue par respect pour le sacrement. Dès le commencement du ix' siècle, d'après Yves de Chartres, un concile tenu à Reims en 803 interdit les calices de bois, de verre, de cuivre et d'airain. Le pape Léon IV, qui occupait le trône pontifical en 847, défendit expressément de s'en servir : Ne quis ligneo calice aal vitreo audeat missam cantare. La môme défense fut faite au concile de Tribur, tenu en 895 sous le pape Formose : Ne sa-
(1) < A|>ophihegnia célèbre hoc circumferlur S. Bonilacii episcopi Moguntini cl niarlyris. Interrogatns si licerel in vasculis ligncis sacrainenta conlicere, respondit : « Quondawi saterdoles aurei ligneis calicibus ulebaiiliir, nunc e conlra lignei sacerdotes aureis iilunlur calicibijs. > {Bibliolli. Patrain Liujd., lo:n. XY, p.'ig. \U. )
("i) « (ineoi enim onine lignum y.iù.Tj dicebanl. i (Op. loni. IV, p;.g. i'JO.)
cerdotcs in ligneis vasis ullo modo confucre prœsumant.
On employait communément des calices de verre dès les premiers siècles, comme nous l'arons indiqué préc'demmenf, et nous I)Ourrions apporter un grand nombre de témoignages j)our prouver que ces sortes de vases se conservèrent aussi jusqu'.iu ix' siècle. Saint Jérôme, au v' siècle, rapporte que saint Exupôre, évôipie de Toulouse, ayant vendu les vases de son église pour secourir les pauvres, portait le corps de Jésus-Christ dans un petit panier d'osier et son sang précieux dans une cou]ie de verre (1). Saint Honorât de Marseille, au v siècle, et saint Césaire d'Arles, au vi% sont loués comme ayant fait la môme action, en vendant les vases précieux de leur église, et ne conservant que des vases de verre (2). Il paraît qu'on eut en Angleterre, pendant quelque temps, des calices de corne, puisque le concile de Cfilchut, tenu au vnr siècle, les prohibe absolument, et que Thomas Bartholin dit qu'il eut en sa poss 'ssion un calice de corno qui avait servi autrefois en Norw ége.
Le comte Everard, fondateur du monastère de Chisoing, au diocèse de Tournay, dans le cours du ix' siècle, légua par son testament à Bérenger, le plus jeune de ses tils, un calice d'ivoire qui faisait partie de sa chapelle : De paramenlo capellœ calicem eburneum. iM. l'abbé Barraud en cite un autre qui se trouve aujourd'hui entre les mains de M. Voillemier de Senlis, d'une forme singulière et que l'on pourrait comparer à la fleur de la campanule. Mais ces calices, de môme que ceux qui étaient faits avec une pierre précieuse, devaient être très-rares, et on ne doit les considérer que comme des exceptions. La reine Brunehaut, au vi* siècle , au rapport de l'abbé Lebœuf, donna à l'église d'Auxerre un magnifique calice en onyx, garni d'or très-fin. On lit dans le concile de Douzi, tenu en 871, qu'un des crimes dont on accusa Hincmar de Laon fut la soustraction d'un calice également en onyx, orné d'ur et de diamants. On trouve encore dans les écrivains ecclésiastiques d'autres indications de calices semblables : l'abbé Suger, dans les Mémoires de son administration, rapporte qu'il acheta un calice en sardoine pour l'usage de l'autel. Ce calice est jirobablement celui qui existait av.int la révolution de 1793 dans le trésor de Saint-Denis et dont il est fait mention dans le IV' volume de V Explication des cérémonies de l'Eglise par dom Claude de Vert. La coupe seule était faite avec une agate orientale, et sur la garniture qui était en vermeil et eriiichie de pierreries on lisait : SVCER. ABBAS. Nous reproduisons la figure de ce calice (3) (Fig. A.j L'abbaye de Saint-Denis possédât deux
(l) < Nihil illo ditius qui corpus Domini cnnislro vimineo cl sanguineni portât in vitro. > ( Epiai. 4, ad liuit.)
(•2) « Qui eo creJidit omnia dislrahenda quousquo ad patenas vel calices vilreos vcniret. » — « An non in vitreo habetur sanguis Chrisfi ? »
(5) Voir à la lin du volume, art. Calice.
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autres calices en pierres précieuses, roprôsoiil(5s dans l'ouvrage (le doia de Vert. I.o premier ( Fig. B) était d'une seule agate gravée, d'un prix inestiinalile : on prétend (^ue la coupe avait autrerois servi aux lil)alions des païens. Le second (Fig. C), q le l'on assurait avoir été à l'usage de saint Denis, avait une coupe en cristal de roclio : la coupe était encîiAssée dans l'or et la lige en était ornée de pierreries. •
Les métaux furent le plus souvent employés dans la confection des c.ilices, et dos les temps les plus reculés il est fait m*'nlion de calices en or et argent 11 serait superllu (i'extra're d.'S anciens écrivains et des saints Pérès les passages où il est question des vases sacres en métal précieux : à lépoque même des persécutions, et dans les moments où les chrétiens étaient poursuivis avec le plus d'acharnement, les évoques et les prêtres se servaient de vases en or et en argent. Ainsi saint Grégoire do Tours, au livre i" de la Gloire des martyrs, chnp. 38, fait mention de vases sacrés en argent trouvés dans les souterrains où les lidèles s'étaient retirés dans les temps de persécution. Le mèine saint Grégoire nous dit que Chilpéric rapporta de son expédition d'Espagne soixante calices, quinze patènes, vingt cotreets pour le lirre des Evangiles, et que tout cela était d'or et garni de pierreries. (Greg. Turon. , ïlist. Franc, lib. m, c. 10.)
Outre l'or et l'argent, on employa quelque-» fois le cuivre, l'airain et l'étain. Saint Colomban, ainsi que nous l'apprend l'auteur do sa Vie, offrait toujours le saint sacritice avec un calice de bronze ou d'airain, parce que la tradition rapportait que les clous qui avaient percé les mains et les pieds de Jesus-Christ étaient de ce même composé métallique.
Saint Gall, disciple de saint Colomban, imitait l'exemple de son maître. Depuis longtemps les calices en cuivre ou en airain sont interdits, parce que ces substances s'oxydent facilement et qu'il en résulte de graves dangers pour celui qui s'en sert et pour le respect que l'on doit au sacrement. Cette prohibition a toujours été sévèrement maintenue jusqu'à nos jours. Quant aux calices d'étain , dans beaucoup de diocèses de France on les toléra pour les églises pauvres jusqu'après la révolution de 1793. Aujourd'hui on se sert seulement de calices dont la coupa au moins est en argent doré en dedans; pour faire usage de calices en étain, il faudrait en avoir une autorisation spéciale de la part de l'évêque. Le Missel romain en permet l'emploi dans ie cas d'extrême pauvreté.
Un grand l'ombre de calices étaient précieux par le méia! dont ils étaient formés et plus encore par les ornements dont ils étaient chargés; l'art donniit à la matière une valeur inestimable. Tout le monde sait que ies caiices étaient ornés de l'image du bon Pasteur au iemps de Tortullien , au témoignage de cet auteur. Le Liber Poniificalis, cette mine riche et inépuisable en renseignements sur les arts ecclésiastiques ,
mentionne plusieurs calices donnés par les papes et décorés de seulplures admirables; c'est ainsi que Léon IV donna à une église un calice orné d'une croix et de la figure des évangélistes. Au moyen ;'igo les calices étaient frétiuemment ornés d'émaux, au moyen des(piels on ligurait sur le pied, sur la tige et même (pielquefois sur la coupe, des feuilles, des lleurons, des rosaces , des enroulemerKs, et plus souvent encore des |»ersonnages. Les couleurs employées étaient surtout le bleu, le rouge et Te vert. Les calices olfraient souvent des inscriptions en rapport avec le mystère aux(|uels ils sont consacrés.
La ligure D re[)résente un calice ministériel ([ui se trouvait autrefois dans le trésor de l'église de Saint-Josse-sur-Mer, et sur la coupe duquel on lisait au-dessus des tigures ces deux vers latins :
Ciim vino wixli fit Cltn4i san ims et unda, Talibus hii sumplis salcutur quisqne (idtiis.
Mabillon, dans son Musœum Italicum, parle d'un calice déposé au trésor do labbaye do Clairvaux, dont le bord supérieur étaitgarni de sonnettes. Ce calice avait appartenu h saint Malachie, priiuat d Irlande; les clochettes étaient destinées à avertir les hdèles, afin de les exciter à la piété , quand le célébrant touchait au calice.
IV. Quant à la forme des calices, nous en dirons quelques mots seulement; les dessins que nous })laçons à la fin du volume en donneront une idée assez exacte. La plupart des calices qui servaient à l'ornement de l'autel avaient deux anses au moyen desquelles on les suspendait; les calices ministériels et même les calices ordinaires étaient également munis d'anses. On lit dans le premier des Ordres romains contenus dans le Musœum Italicum, que, lorsque le pontife dit à la messe ces i)arolos : Per ipsum et cum ipso, l'archidiacre prend le calice par les anses et le tient élevé devant lui. [Cum dixerit ponlifex : Per ipsum et cum ipso, levât (archidiaconus) cum offertorio calicem, et tenons exaltai eum juxla pontificcm. Puntifex autem langil a lalerc calicem cum oblatis [Mus. Ital., Ord. 1, n. IGJ.) Cet Ordre , d'après Mabillon , remonte au moins au temps de saint Grégoire le Grand , au vi* siècle. Depuis cette époque jusque vers le milieu du xiir siècle, on trouve dans les auteurs les calices à anses ou oreilles assez; fréquemment mentionnés. Le moine Tliéopliile, dans son diversarum artiumScheduloy. indi(pie la manière de s'y prendre pour l'cliro un calice en cette forme. Ce passag.e est trop curieux pour que nous l'omettions « Si vous voulez, dit-il, appliquer des oreilles à un calice, dès que vous l'aurez battu, et avant d'y faire aucun autre travail, prenez de la cire, formez-en des oreilles et modelez-y des dragons, des animaux, des oiseaux ou des feuillages de (pielque faeon que vous voudrez. » {Div. Art. Sched. Theoph. preshyteri et monacli., lib. m , cap. 29j. Ce texte nous apiircnd de quelle forme et de quels
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ornoments ëlaient composées ces anses. Du reste, les calices ont eu dès l'origine ^ peu près la môme forme qu'on leur donne aujourd'hui. Ils ont toujours consisté en une coupe plus ou m;'ins haute, plus ou moins ouverte, soutenue par une tige munie d'un ou de plusieurs nœuds, et reposant sur un [ued plat, hémisphérique, conique ou i\yramidal. On trouve dans V Histoire del'ari\)av Séroiix d'Aginc^ourt la ligure de deux calices qui datent des premiers* siècles. L'un (Fig. E) est en verre blanc; la coupe a la forme d'un cône tronqué renversé; la tige est ornée de qualre tèies barbues; le pied est conique. L'autre (Fig. F) est en verre bleu : la coupe a la firme d'une demi-ellipse allouj^ée; elle est liée à un pied conique par un boulon et ime rose'.te en cuivre. On trouve dans une Histoire de saint Bonaventure, imprimée en 1747, le calice qui avait servi à ce saint docteur, et qui datait par conséquent du xni' siècle. Ce calice ressemble jtlutùt à un vase du xvi% et ce n'est que sur la tradition formelle conservée h Lyon jusqu'à l'époque où il fut dessiné et pubHé, que nous i)Ouvons nous appuyer pour le reproduire (Fig. G). Ce calice a une coupe tout unie, ornée à la base de rayons qui sortent de la tige ; le pied en est très-élevé, il est formé de huit i)ans arqués, séparés les uns des autres par des côtes aiguës ; la tige, munie d'un nœud assez étroit , présente quelques cann lures. Dans les Annales arcfiéologiques dirigées par M. Didron, on a publié le dessin de trois calices très-remarquables. Nous mentionnerons seulement ici deux calices du xiii^ siècle, dont l'un a été découvert, en 18ii, dans le tombeau de l'évèque Hervé, fonda! eur de la cathédrale de Troyes, et enseveli dans son église en 1223. Le second n'existe plus et a été gravé dans la Lilurgia Alemannica de Mar;in Cerbert. Tous deux ont une coupe très-basse et largement ouverle ; la coupe du c;dice allemand est ornée et celle du calice de Troyes est simple et unie.
Dans son Glossaire des ornemenls ecclésiastif/ues M. Pugin mentionne un assez grand nombre de calices du moyen âge, qui ont échappé à la destruction, soit en Angloterre, soit en Allemagne. Ainsi, dans la sacristie de la cathédrale de Mayence, on voit deux magnifiques calices du xiv' siècle , ornés de riches émaux représentant les cinq mystères douloureux : ces émaux sont enchâssés dans le nœud et dans le pied du calice. A l'église de Saint-Jacques, à Liège, il y a un beau calice du xv" siècle , en vermeil, orné de niches et de statuettes. Au Ci)llége de Corpus Chrisli et dans d'autres collèges û'Oxford, on conserve d'anciens calices, ornés de devises et d'inscriptions du XV' siècle. Au collège de Saaite-Aiarie, à Oscolt, il y a trois calices en vermeil, également du XV' siècle. A l'église de Suint- Chad, à Birmingham, on admire un magnilique calice de la première pa tic du xiv' s ec!e, enrichi do curieux émaux enchâssés dans le pic i. Quelques enlises paro;s.^ialcs
d'Angleterre, depuis l'acte du schisme et de l'hérésie, conservent toujours d'anciens calices consacrés autrefois par les catholiques ; mais c'est dans les chapelles particulières des familles catholiques, restées lidèles à la foi malgré la persécution, que l'on trouve un très-grand nombre d'anciens calices.
Dans les inventaires dj quelques cathédrales d'Angleterre, cités par M. Pugin, on remarque des détails intéressants, sur la nature des ornements de certains calices. ». Calix de auro qui fuit Alardi decani, ponderis eu m patena xxxv^ x'^. Et continet in pede xn lapides, et in patena est medietas imaginis Salvatoris. — Jlem, calix de auro cum pede cochleato, et in patena manus benedicens, cum stellulis in circuitu impressis, ponderis cum patena xli* vii*^. — /fem, calix de auro qui fuit Henrici de Wengham episcopi, continens in pede circulos aymalatos, et circa pomellum sex perlas, et in patena Agnus Dei ponderis cum patena XLviii» iiirJ. — Item, calix argenteus deauratus, qui fuit, ut dicitur, magistri Rogeri, capellani, cum flosculis in pede levatis, et, in patena, plena imagine majestatis, ponderis cinii patena LUI*. — Item, calix argenteus Henrici de Noithampton deauratus cum pede cochleato et scalopato, et pineato, ponderis cum patena l". » {Invent, de l'ancienne ccUJiédralc de Suint-Paul, à Londres.)
Dans l'inventaire de la cathédrale de Lin- -coln on a mentionné : « Un calice en or, avec perles et diverses pierres précieuses incrustées dans le nœud et dans le pied : la patène est de même métal; on y a gravé ces mots : Cœna Domini, avec la tigure de Notre- Seigneur, au milieu des douze apôtres, le tout pesant 32 onces. — Jlem, un grand calice, en vermeil, avec sa patène, pesant 74 onces* donné par lord William Wickham, évêque de Winchester, aj)rès avoir été quelque temps archidiacre de Lincoln : sur le pied du calice sont représentées laPassion etla Résurrection de Notre-Seigneur,la Salutation angélique, et sui' la patène, on a figuré le Couronnement de la sainte Vierge ; tout autour est une banderole sur laquelle on lit : Memoriale domini Willielmi Wickhum .
Extrait de l'mventaire de l'église métropolitaine d'York. — Item, un riche calice avec sa [)atène en or, orné de pierres précieuses, au nœud et sur le pied et de quatre perles à la patène : donné par M. Walter Grey, pesant trois livres et une once. — Item, un calice d'or avec sa patène, ayant une image gravée sur le pied, et émaillé tout autour, pesant trois livres huit onces et un quart. » CALLIGRAPHIE. — Dans un Dictionnaire consacré à faire connaître l'était des arts au moyen âge, et le degré auquel certaines branches spéciales de l'art avaient atteint sous les iniluences de la religion, nous devons entrer d ins quelques détails sur un art q.ii fil des progrès supérieurs à tout ce qui a jamais existé dans lemèine genre, et qui a été particulièrement cultivé dans les cloîtres. Nous n'avons point à considérer la calligraphie au point de vue de la diplomatique, c'est-k-iire
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dfs cararlr-ros d'antiiiuiU; et d'aiilliPiiticité des manuscrits. Notre tAche est al)soliiment différente : nous devons nous contenter d'une a[>préciation artistique et archéologique.
La calligraphie, ce lu\e de la copie des manuscrits, si naturel à un écrivain, qui allô^e ainsi son fastidieux travail en se [biaisant à l'embellir, s'était introduite, dès l'origine, dans les monastères, puisqu'un abbé des premiers siècles de la vie cénobili(juo craignait déjà de voir attacher plus d'importance aux accessoires qu'au fond, et qu'il ne se glissât dans cette complaisance des anliqunrii pour leur ouvrage, quoique vaine gloire. Si feceris libruin, ne exornes illum, hoc quippe affectum lumn f5S^cir/iL (Hegiila Isaiœ abbatis, cap. 23. aj). Mabillon, Etudes fnonastiques.) Saint Jérôme, dont le génie ardent condamne si souvent l'abus dans des termes où l'on croirait lire la censure de l'usage môme légitime, se plaignait déjà du luxe des manuscrits au iv*" siècle, y voyant plus d'atTeclion pour ]e matériel que d'amour pour le sens pratique des Ecritures. Inficiuntur membranœ colore purpureo, aurum liquesciC in Utleras, gemmis codices vesliuntur, et nudus anie fores Christus emorilur. (Hieronym. , ep. 22 ad Eusioch.) Plus tard encore, la rivalité des Cisterciens et des Clunistes inspirant aux premiers le même excès de zèle, les disciples de saint Bernard blâmèrent aussi amèrement la recherche des manuscrits de Cluny. Mais des hommes, du reste, non moins austères, ne partagèrent point la sévérité des censeurs. Saint Eplirem, cité par Mabillon {Etudes monastiques, chap. 15), loue au contraire les solitaires du iv" siècle, qui écrivaient en or ou en argent, sur des peaux teintes de pourpre ; et ce luxe fut considéré plus fard comme de rigueur pour les copies de l'Ecriture sainte et pour les livres destinés au service de l'Eglise; en sorte que nous voyons saint Meinwerk, évéq\ii de Paderborn au xi° siècle, un des plus grands artistes du m,oyen âge, prendre sur ce point précisément le contrepied de saint Jiernard et de saint Jérôme; si bien qu'il lit jeter au feu le missel de son hôte, saint Heimrad, ne le trouvant pas digne de figurer dans l'office divin. Lingard {Anli^i. de l'Eglise anglo-saxonne, chap. k) et le Nouveau traite de Diplomatique {lom.Uï) parle d'une copie des quatre Evangiles, commandée par saint Wilfrid, au vu' siècle, et exécutée en lettres d'or sur fond de pourpre. Le saint, qui destinait ce livre à l'église de Ripon, le fit enfcimT dans une cassette d'or garnie de pierres précieuses ; et c' n'est là qu'un exemple entie mille de la magnificence gi'néralemont u ilée au moyen âge pour les livres liturgiques.
Les Bénédictins de Saint-Maur ont traité fort au long ce qui regarde les couleurs, plus ou moins éclatantes, donnée-; aux parcliemins dos vieux manuscrits, ou emjiloyées j)0ur tracer les lottres. Ils font observerque î'.-irt do teindre le vélin en pourpn; seinljlc baisser b.'aucoup au i\' siècle; (|uo les manuscrits tracés entièiement en loltres d'or DiCTiONN. D'AncnicoLO.'îJiî sacuée. L
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appartiennoiit à la période renfermée entre le vnr et le x" siècle ; que, durant celte époque, on distingue parfois des parties saillantes caractérisées exclusivement par celte couleur, comme dans un Evangéliaire du ix' siècle, aujourd'hui àla bibliothèque nation-ile, à Paris, où toutes les p:iroles de Notre-Seignour tranchent par ce moyen sur le reste du texte. Les lettres d'or deviennent rares du xr au xiir siècle, et reprennent faveur du xiv'auxvr; mais l'époque de leur grande vogue semble être le ix'.
Quand il s'agit d'aborder la forme des lettres, la difficulté devient grande. Les formes les i)lus usitées et communément employées à tracer !a plus grande partie du texte,^ ont bien pu être déterminées par les diplomatistes, avec un travail énorme, il est vrai, et après des querelles dont nous nous contentons aujourd'hui de recueillir les fruits, sans guère nous enquérir des flots d'érudition et de bile qui ont été versés sur le champ debataille.Alais lorsque les savants ont voulu appliquer la classification aux leitres ornées qu'enfanta l'imagination des caligraphes, le langage n'a point suffi à leurs téméraires essais. Je ne parle point dos lettres historiées où le caractère alphabétique n'est qu'une occasion ou simplement un cadre pour tracer un petit tableau ; cela regarde les jniniatures. Mais comment caractériser autrement que d'une façon extrêmement vague, les lettres barbues, chargées d'une ciievelure ou plutôt d'une crinière touffue d'append'ces démesurés et d'accompagnement^ sans nombre ? Les lettres tondues ou rasées, c'est-àdire, réduites, quant au corps de l'écriture, à leur plus simple expression ; lettres perlées, ou à enchâssures de petites baies; lettres bordées de points; brodées on tressées; en treillis ou à mailles en chaînettes ; nouées et entortillées ou lahyrinlhoïdes : lo règne de ces dernières est le ix" siècle. Lettres à jour: des pages entières de cette sorte paraissent tracées avec une plume à deux becs ; lettres marquetées, ou à compartiments do traits et de couleurs diverses, cpn semblent autant de pièces rapportées ; complexes, ou à enclaves ; conjointes ou associées : des mots entiers, surtout pour les monogrammes, sont réduits ainsi à une sorte d'hiéroglyphe enveloppé comme dans un seul trait. Lettres sagittées, fleur années, hachées ou tailladées, filigraniformes, en pilastres , anguleuses et fracturée$, arrondies, carrées, etc., etc.
La nomenclature des accidents botaniques n'est qu'un jeu, au prix de co qu'il faudrait imaginer pour fixer la dénomination de ces caprices. Les productions diverses de la nature y sont misos à contribution avec un mélange de fantaisie fait pour désespérer toute prétention à la méthode. On y trouve des ornements végétaux et animaux; mais les lettres anthropoides, ichlhi/iides, ophioides, draconloides, ornilhoïdes, anlhoides, phijlloides, etc., etc., ne formeraient que des genres qu'il faudrait subdiviser de nouveau, dans un système où l'on prétendrait classer ces fant.iisies d'une manière précise; et le Linné
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fia celte méthode est encore h trouver.
Heureusement que cette lacune est de i»ou irimportanco, tant (ju'on n'aura point déteruiiné la méthode diplomatique de manière à pouvoir désigner une forme calligraphique 5ans l'aide de représentations. Hornons-nous à faire remariuer que les lettres à caprices paraissent dater seulement du vu* siècle, et qu'à partir de là il n'est rien dans la nature normale ou tounoenlée dont ces l-'ttres n'aientépuisélaforme, pour ainsi dire. L'imagination, après avoir emprunté toutes les formes naturelles, recourut au fantastique, faute de modèles existants. Cependant, l'ignol)le-et le laid, proprement dits, n'y paraissent guère qiie du xi Tau xv' siècle, comme par lassitude, après avoir tari toutes les sources. Un ett'rt de retour se man^festo dès le xiv* siècle ; mais les cal.igraphes,en abusant de leurs plumes, avaient joué leur dernier jeu. Leur règne était [)assé dès lors, et la p.nnture envahit les manuscrits, no laissant plus guère aux copistos que le rôle de retracer le texte avec toute ia sigesse et toute l'exactitude jrossib!es, lorsqu'ils voulaient se distinguer delà foule.
Les manuscrits totalement écrits en capitales sont antérieurs au vu' siècle. L'écriture ondule n'esi giièrequ'une sorte de petite capitale arrondie, comme pour devenir plus ex[)éditive. La minuscule, seconde forme de transit.on, est un acheminement au caractère cursif, où l'écriture devient dérmitivement liée et expéditive. Au vii° siècle, on commença à se contenter d'écrire le texte entièrement en nnciale et en minuscule. Les initiales seules prirent au viii' siècle, ou déjà peut-être dans le vir, la forme capitale en manière d'enjolivement, et les capitales de l'époque mérovingienne sont remarquables, en eflfet, par li'ur beauté ; on en voit qui ont jusqu'à un pied et demi de hauteur, occupant toute la première page du manuscrit. Ce luxe d'initiah^s prescrivit plus tard, et les lettres capitales conservent une assez grande beauté jusqu'à la fm du xii' siècle, époque du dépérissement des écritures latines.
On a donné aux caractères des dénominations différentes, plus ou moins contestables, assez généralement admises et que tout le moud,' comprend. On est donc convenu de se comprendre, dit M. l'abbé Cahier, auquel nous emprun'ons ces détails , quand on parle de romaine, de lombarde ou italienne du Vil* au xiu* siècle, de visigothique ou écriture de lEspagne et de la France méridionale. Ce caractère céda la victoire à celui des antiquarii de France, lors |ue, en 1091, le concile de Léon ordonna qu'on abandonnerait en Espagne la visi.jollnque pour y substituer l'icriturc française. Vanglo-saxonne eut une grande influence sur les scriptoria d'Allemagne, par ks fondations de Saiut-Boniface, à Fulde, etc., et de Saint-Gall, d'autant plus que le monastè/e de Saint-Gall eut une école célèbre de calligraphie depuis lo vm* siècle jusqu'au xm*, [)resque constamment, et de nouveau au xvi* siècle. Le non do gallicane indique l'écriture en usage dan^
les Gaules avant el quelque temps après l'arrivée des Francs ; la mérovinoienne ou franco-gallique , et la Caroline ( carloving enne), ou nouvelle gallicane, portent assez clairement leur indication dans leur nom. La ieutonique (période germanique de l'Empire) se mêle en plusieurs choses aux caractères {irécédemment indiqués. Car, à part l'inlluence britannique , la capitale des manuscrits germaniques, aux ix* et x* siècles, ne ddfère guère de la Caroline. La capétienne ou française proprement dite, s'étend;t au loin et gagna presque toute l'Europe. C'est que dans le fait, la minuscule capétienne du xi* siècle, époque de son triomphe en Espagne, est belle et de meilleur goût qu'on ne serait tenté de le croire, d'après l'idée que nous avons di ce temps. Entin, vient la gothique moderne ou monacale, qui paraît vers la fin du XII* siècle. On y avait préludé, si l'on veut, par des brisures de lettres employées pour enjoliver les capitales. Puis ces embellissements auront amené un système d'alphabet ordinaire en zigzag, surtout pour les inscriptions : on la trouve parfois serrée et allongée en même temps, d'une manière qui désoriente absolumeni l'œil peu exercé ; mais les manuscrits ne l'olfrcnt pas encore fréquemment du XIII' au XV* siècle. Quoique aujourd'hui l'Allemagne l'ait prise sous son patronage , et semble y tenir comme à un titre de famille, son origine allemande n'est rien moins que prouvée. Bien plus, elle ne s'introduisit quefort tard chezles Allemands, et ne reçut le nom d'écriture allemande que par son adoption dansrimprimerie,art inventé et répandu en Europe par des artistes des bords du Rhin. Mais dans l'ancienne écriture italienne, elle portait le nom da letlera francese.
Vouloir indiquer ici les plus brillants monuments calhgraphiques du moyen âge, ce serait empiéter sur la description des miniatures, parce que la peinture entre presque toujours dans les beaux manuscrits. D'ailleurs toutes les descriptions n'équivaudraient pas à un coupd'œil jeté sur les manuscrits euxmêmes ou sur des fac-similé. On peut indiquer au moins : l'Evangéliaire de saint Kilian, autrefois à Wurzbourg, antérieur au ix* siècle ; la superbe Bible latine, dite de Saint Paul, à Saint-Callixte de Rome; VExultet du samedi saint, à la bibliothèque Barberini ; le Codex Argenleus (d'Ulphilas), aujourd'hui à Upsal ; les Leges Bajuwariorum, un des plus beaux manuscrits du x' et du xi' siècle, et qui était autrefois à la bibliothèque d'Ingolstaldî; l'Evangéliaire de Saint-Emmeram, du IX' sièc'e, musée calligraphique de l'époque; le manuscrit grec el latin des quatre Evangiles, qui, de Saint Iréuée de Lyon, était passé entre les mains ueBèze, et se trouve aujourd'hui à Cambridge ; les manuscrits de Saint-Pierre de Salzbourg, indiqués parBesscl, etc., etc.
CALOTTE (VouTE en). — On désigne sous le nom de voûte en calotte une voûte sur un plan circulaire qui a peu d'élévation ie cintre C'est aussi la partie supérieure
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d'une vortte sphérique ou .sphéroïde, inscrite iiaus un carré ou un polygone régulier quelconque. Les voiUes en càlutte ont l'avantage do reunir la solidité et l'économie. Les efforts qui résultent do ces voAtos combinées se détruisent mutuellement; les murs et les points d'appui qui les soutiennent ont besoin de moins d'épaisseur que pour toute autre combinaison de voûtes. Voy. Voutks. On appelle encore calotte une portion de route sphérique ou s[»licroïdequc l'on prati- «jue dans les plafonds, queljuefois au-dessus de lunettes ouvertes dans d'autres grandes voûtes ou dans des coupoles, pour faire paraître celles-ci plus élevées, et pour servir de champ à des peintures. On les fait dssc/ ordinairement avec des courbes de cliorpenle lambrissées de plAtre.
camaïeu. — La peinture en camaieu est une peinture monochrome, ou d'une seule couleur, qui ne représente les objets que sous le rappoit de la solidité et du relief exprimés au moyen des ombres. On appelle aussi les tableaux en ce genre peintures en clair - obicur . On donne ordinairement le nom de grisailles h celles de ces peintures qui sont en blanc ou en jaunAtre, pour imiter les bas-reliefs en plâtre, en pierre ou en marbre ; et l'on réserve plus spécialement celui de camaïeu à celles qui sont en vert , en rouge, en bleu, etc. Ces camaïeux qui diffèrent également des couleurs de la nature et de celles des représentations que l'on fait de la nature par le moyen de la sculpture, ont été fort à la mode dans le courant du xvin* siècle. De[)uis , on a cessé de les estimer et de les exécuter. Au temps de leur plus grande vogue, toutefois, on ne les employait guère qu'à de petits sujets , pour assortir, dans l'intérieur des appartements , les ornements en peinture aux couleurs de l'ameublement. La peinture en camaïeu a été fort peu pratiquée au moyen ù;^e : on préférait à cette éj)oque, et avec raison, les effets variés produits pnr l'assemblage des couleurs et par l'harmonie des teintes les plus riches.
A la cathédrale d'Aix , en Provence , on admire un tableau gothique qui attire dopuis longtemps l'attention des connaisseurs. C'est un triptyqur^ , dont le milieu représente le buisson ardent, dans le haut duquel apparaît la vierge Marie. Le roi Hené, à genoux et en prière, occupe l'un des volets ; à ses côtés, on distingue entre autres figures celle de saint Maurice , patron de la cathédrale d'Angers ot protecteur de l'ordre du Croissant. Sur l'autre volet est Jeanne do Laval , seconde fimime de René, dans la môme altitude et entourée d'autres saints personnages. Sur les revers des volets , on voit l'Annonciation peinte en camaïeu. On croit communément, à Aix, que ce tableau a été point |)ar le roi René. Quelques-uns l'attribuent h Van- Lyok; mais cette opinion n'est p.is admissible, puis(Jue Jean Van-Eyck,plus connu sous le nom de Jean do Bruges , était mort avant que René eût énousé Jeanne de Laval.
Dans le musée de peinture, à Cologne, on
conserve de fort curieux monuments do la peinture en camaïeu. Nous avons eu l'occasion de les voir et d'admirer la collection de tableaux du moyen âge et des temps les plus reculés de la peinture, collection la plus bello et la plus riche, i)eut-ôtre, en ce genre, qui existe en Europe.
CAMÉE. — Los camées sont des pierres fin! s gravées en relief: à proprement i)a.'ler, ce sont dos |)ierros gravées qui ont des couches do ditférentos couleurs. Les auteurs no sont pas d'accord sur l'origine du mot carnée. Selon Du Cange, on trouve ce mot écrit de diverses minières, camœus , camahutus, cnmahelus, cnmaholus et camnheu. Ces derni'TS mots étaient dans l'invontaire do la Sainte-Chai)elle de 1:376. D'après d'anciens minéralogistes, Lossing cite encore les mots suivants : camehnjœ , gcmohuiila , g^mmahuija. D'après tout ce qu'on sait , il parait constant que ce mot n'est guère plus rincien que le xiv* siècle. Quelquos auteurs ont pensé que ce mot vient de l'hébreu camea, ou de l'arabe camaa, qui signifie une amulette ; et, comme ces amulettes élai nt de sardonyx, et gravées en relief, on a été conduit à pensor que les pierres de cette espèce ont depuis été nommées carnets. Quelle que soit l'origine du mot, les camées se travaillent de la même manière que les intaiiles, ou pierres gravées en creux.
Dans la gravure des camées , l'art ne se borne pas à imiter le modèle })lacé sous les yeux, comme cela a lieu dans la sculpturo en bas-relief : il cherche h tirer le parti le plus avantageux possible des nuances de là pierre ou des diverses couches de la pierre. C'est ainsi que l'on connaît des camées d'un très-grand prix, où l'art se rapproche, autant qu'd est possible de le faire, des couleurs de la nature. Non -seulement les chairs, mais encore les cheveux, la barbe eths vêtements sont d(! couleur varii^-e, et produisent un effet surprenant et qu'on n'espérerait guère de co genre de travail.
Les camées sont moins communs que les intailles {Voy. Glyptique); o;n en possède cepcnd'jnt beaucoup d'antiques. Au xv* et au XVI' siècle, on a gravé un grand nombre de camées qui peuvent aisément passer pour anti((uos aux yeux de ceux qui ne sont pas habiles dans la connaissance de la glyptologie.
On possède dans les cabinets de Paris et de Vienne des camées d'une grande perfection et d'une grande valeur. On en connaît quelques-uns qui ont aj)partenu aux premiers chrétiens : au musée sacré du Vatican , h Rome , on en montre plusieurs qui sortent des tombeaux chrétiens des Catacombes. Il n'est pas trop rare de rencontrer des camées antiques sur les chasses du moyen Age. Ces camées sont ornés de figures mythologiques, et l'on est parfois étrangement surpris de voir dos têtes de Jupiter, de Minerve, de Vénus (»u de Bacchus sur les reliquaires de nos martyrs, de nos vierges et de nos pontifts.
CAMERA. — 11 n'est personne ayant élu^
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(iié les (looumoMtslnstoriquosrnlalifs 5 l'histoire ecclésiasliquo qi-i n'ait souvent trouvé ilans les auteurs latins des expressions difticiles à traduire en français. Le sens même en est quelqueto s tellement vague et indéterminé, ({ue la ttaduction en est impossible. I^e mot camcra a été interprété diversement. Suivant Servius, lï-tymologie de caméra serait camerus , qui signifie courbé. Dans son Traité d'architecture, Vitruve parle des lacunaria , qui ne seraient autre chose que le renfoncement produit par les solives d'un plancher; tandis que les camerœ , q-i'il npposf> aux lacunaria , seraient dos planchers voûtés , de véritables voûtes. Ces deux expressions se rencontrent fréquemment dans les écrits de saint Grégoire de Tours : on les traduit communément, lacunar i^ar pin fond, et caméra par voûte.
CA.MPANE. — Ce mot est pou usité actuellement : on le trouve dans les écrivaiF.s des derniers siècles. En architecture , campane signifie le ch.ipiteau coiintiiien ou composite qui représente un panier ou une corbe lie entourée de feuilles. Les ouvriers rappellent tambour ou vase ; on place au-dessus l'abaque ou tailloir. L'origine d.i mot campa\e est le mot latin cqmpana, parce qu'on Irouve delà ressemblance enire cette forme et celle d'une cloche renversée.
Campane se dit aussi de certains petits ornements ronds , qui sont comme de petits cônes, et qu'on appelle autrement /armes ou (jon'tes.
11 y a encore un ornement de sculpture que l'on désigne sous le nom de campane : (le cet ornement pendent d s houppes en form? de petites cloches. Cette espèce de décoration est employé* à un dais d'autel, de trône ou de chaire de prédicateur. C'est, à pro|)i-ement pirler, une crépine de fil d'or ou d'argent, ou de soie, qui se termine en petites houppes façonnées en forme de clochettes.
CAMPANILE. —Le mot campanile est italien et signifie un clocher. Il a été transporté dans notre langue, et on l'applique particulièrement à des tours rondes ou carrées, bâties auprès des égUses dont elles sont entièrement isolées, et formant un édifice à part. L'Itabe possède un grand nombre d'éditices de ce genre fort célèbres et bien connus des vovageurs. Les campaniles, enitahe, font l'ornement des villes qui toutes ont rivalisé entre elles pour élever des monuments supérieurs las uns aux autres, en hauteur et en magnificence. C'est un ornement qui manque à nos villes de France; car on ne saurait ranger parmi les campiniles les rares clochers bâtis chez nous en dehors du corps des églises. On vante surtout les campaniles de Crémone , de Florence , de Bologne et de Pise. Comme la plupart de ces éditices ont une élévation considérable et une bise étroite, il en résulte un di'rangement sensible dans leur à-plomb. On a fait la remarque que presque tous les campaniles d'Italie ont une inclinaison plus ou moins mar.fuée C; t elfet est sensible aux campaniles de Ravenne, dePadoueetdeSainte-Agnès,àMantoue,mais
particulièrement à ceux de RoiogncetdePise.
La tour penchée ou Campanile est l'édifice le plus curieux dePise, et l'une des merveilles de l'Italie. Il est de forme cylindrique, ayant 56 mètres de hauteur, sur 17 mètres de diamètre, et cerné de sept étages de colonnades d'ordre diti'érent. Ces colonnes sont alternées avec tant de goût qu'on n'aj^erçoit aucune confusion dans leur disposition. Son inclinais n est si grande qu'un niveau jeté du sommet va toucher h plus de quinze pieds de la base. Cette inclinaison a donné lieu aux dissertations les plus étranges et, disons le mot, les plus ridicules ; nous ne les rapporterons point ici, et nous dirons seulement (pie nous nous rangeons è l'opinion de ceux qui ont attribué ce phénomène à l'atTaissement du sol, parce que cette solution nous paraît la plus raisonnable, et qu'elle a été soutenue par les hommes les plus compétents en architecture. Quoi qu'il en soit, cet édifice, commencé en 117i par Guillaume d'Inspruck et Buonanno de Pise, et terminé vers le milieu du XIV' siècle par Thomas Pisan, est d'une grande solidité, et il ne paraît pas que son architecture ait subi jusqu'à présent la plus Légère altération.
CANAL. — Le canal, en termes d'architecture, est un évidement pratiqué dans le plafond d'un larmier.
On appelle aussi canaux certains ornements, consistant en petites cannelures fort courtes. Ils sont assez communs sur les piédestaux des colonnes, dans les monuments d'une architecture riche et ornée, durant la seconde partie du xii' siècle, sous l'empire des influences de la transition proprement dite, et durant les premières années du xiii* siècle, sous le règne du style ogival primitif. Ils sont ordinairement évidés suivant la forme somi-circulaire ; quelquefois, cependant, ils rappellent la forme des triglyphes doriques.
On appelle encore canal le sillon en spirale tracé sur la volute des chapiteaux : tel est en particulier le creux formé par le listel de la volute du chapiteau ionique dans sa circonvolution : c'est le canal de volute. Enfin, on nomme canaux les cavilis droites, ou torses, dont on orne les tigettes des caulicoles d'un chapiteau.
CANCELS ou Chancels. — Le cancel ou chancel, en latin cancelli, était une barriète qui était placée en avant du sanctuaire ou du chœur, et dont la forme et la disposition ont varié suivant les prescriptions de la liturgie et dans le cours des siècles. Nous en avons déjà [lailé à l'article Autel. Nous y reviendrons ici en peu de mots. Exposons d'abord quelques passages des anciens écrivains ecclésiastiques , qui nous donneront à ce sujet l'idée la plus exacte.
Saint Grégtdre de Tours, dont les écrits sont une raine inL>puisable de renseignements de toute espèce sur nos antiquités gallicanes primitives, saint Grégoire nous apprend que les cancels ou chancels étaient placés sous l'arc oii les cleres chantaient les psaumes. ( De Gloria marttjrum, lib. i , cap. 39. ) Quoique ce passage ait trait à l'église de Saint-
CAN
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Pancrace, siluc'C non loin dos murs delà ville de Rome, nous le citerons ni'aninoins. à cause de son importance on coite m: tièro. Saint Grégoire rapporte que saint P;incrace était un vengeur sévère dos parjures, et continue en ces ternies : Ad cujus sepiilcrum, si cufusqitam meiis insana juratmnlnm incne proferre toluerit, pi ius(,U(im sepdcrum ejiis adeat, hoc est, auicquom ad cauceUos, qui siib arcuhabentur,ubi chricorum psallentiumslare tnos est, accédai; statimautarripitura dœmone, aut cadens in pavimentum emittit spiritiim.
Dans nos anciennes églises, les chanccls étaient destinés à Ibrràor une barrière entre le sanctuaire, le chœur et les nefs. Les clercs seuls avaient droit de se tenir au delà des cancels et de s'approcher du sanctuaire et de la région absidale. Los laïques ne pouvaient pas franchir les cancels : cette défense est exprimée en termes firmels dans le quatrième canon du second concile do Tours : Ut laici serus altare. quo sanctn mj/sl«ri:i ceiebrnntur inter clerir s, lum ad viqilias, quam ad tiiissas, star e penidis non prœsitmant : sed pars il hi qiKCd raucelHsv rsusaUai e dix iditur, choris tanlum ps-i[(pn[ium patent clericorinu.
La disposition était un pou ditiérente dans les églises grecques, où les cancels étaient destinés à séparer les clercs eux-mêmes du sanctuaire proprenr nt dit, dont l'entrée n'était ouverte qu'aux prêtres seuls. Ce fait est mentionné par DuCange,num.70, dans sa description de Sainte-Sophie deConstantinople.
11 y avait aussi des cancels autour des tombeaux des saints. C'étaient des espèces de grilles qui étaient (luelquefois d'argent. C'est (lu moins ce que l'on peut conclure de la * conduite de saint Césaire d'Arles, qui lesvendait et se servait du produit pour racheter les captifs. Videntur eliam hodicque, ait Cijprianus (in lib. I de ojusVita, num. 17) securiiim ictus in podiis et canccllis, dum iude coliitnnariim ex arg nto excutiantiir ornamenta. Mais ces cancels étaient plus communément en bois et ceux qui entouraient le tombeau de saint Martin, a Tours, étaient primitivement de cette sorte. Saint Grégoire de Tours rapf/ortel'action d'un homme qui avait enlevé le bois vénérable du cancol du tombeau de saint Mrirtin : Lignum venerabile de cancLl'iO Itctuli bcnti Martini.
Par extension, les anciens écrivains coii> prenaient souvent sous la dénomination de cance', tout l'espace enf( rmé ordre cotte barrière etlo jubé, qu'on a depuis appelé /er/Wur. En Angleterre, le chœur est encore connnunément désigné tous le nom do chancel. Voij. Choeur, Avtel, Jlbé, Clôture du choeur.
CANDÉLABKK. — Voy. Chandkliku.
CANIVEAU. — Pieric creusée dans le milieu de sa f;ice supérieure, soit par des biseaux, soit par une courbe, pour faciliter l'écoulementdoseaux.On place les caniveaux sur les terrasses ou galeries extérieures des églises, pour diriger vers un conduit commun les eaux qui tombent des toits. Pros(juo p.irlout Cl' sont dos arcs-boutants ciui servent de cmiduils, et le ram[)ant (jui sort de couron- Dcmcnt uu d'cxtrado:^, e^l croulé, à cet elii t,
on caniveau cuu)uuinii]uant avec une gouttière ou gargouille, à travers le contrelbrt. Vog. G\R(;onui.E.
CANNELURES. — Nous diviserons cet article on deux parties: nous parlerons d"ab( rd dos cannelures employées par l'architocturo classique, ensuite de celles employées dans les monuments du moyen âge.
Los cannelures sont des espèces de canaux ou de cavités longitudinales, taillés perpendiculairement ou en spirale autour du fïU d'une colonne, le long d'un jjilastre, sur divers membres d'architecture, autour des vases, et sur la supcrlicie de plu- leurs autres objets. En étudiant les ])lus anciens monrments de rEgyjUe, on découvre assez aisément l'origine dos cannelures, quoique les Egyptiens n'aient paseinployé les cannelures proprement dites, surtout de la manière dont nous les voyons usitées dans l'architecture grecque et romaine. Plus recherchés dans leurs constructions que les Egyptiens, les Perses portèrent le luxe et le nombre des cannelures dans la décoration bien plus loin que les Grecs, et jusqu'à un degré qui atteste plutôt leur goût pour la magnificence que pour l'élégance simple et vraie : on compte jusqu'à quarante cannelures sur le fut des colonnes de Persépolis. L'ordre dorique, chez les Grecs, admet des cannelures, mais, dans les édifices les plus anciens, on remarque que le fût des colonnes n'en a jamais moins de seize, ni plus de vingt. Il parait que l'usage d'orner de cannelures les colonnes doriques est aussi ancien que l'ordre doriciue lui-même, puisqu'on en voit sur les ruines des édifices prim;tifs élevés selon les principes particuliers à cet ordre. Los colonnes doriques, suivant les prescriptions de Vitruve, doivent avoir vingt cannelures ; la manière des Grecs était de les faire peu concaves dans cet ordre, et de les tailler à vivo arête, à peu près dans le genre adopté par Sorvandoni pour les colonnes du péristyle de l'église Saint-Sulpice, à Paris.
Les cannelures de l'ordre ionique et do l'ordre corinthien ditfèrent des cannelures doricjues, par le nombre, la forme et les ornements que les premières peuvent recevoir : dans ces deux ordres, leur nombre est de vingtquatre, et quelquefois de trente-deux, selon Vitruve et les modernes ; leur ferme a aussi un caractère particulier. Elles ne s nt pas légèrement creusées, comme au doiicjue, mais leur enfoncement est ordinairement de tout le demi-cercle, ou d'une portii-n de cercle soutenu | ar le côté d'un triiuigle équilatéral inscrit. Aux ordres ioni([uo et cointhien, les cannelures sont séparées entre elles, non plus par une simple arête, comme au dorique, mais par uu listeau ou listel, qui fait ce qu'au appelle la côte. La met'.i! (le la plus ordinaire d'orner les cannelures ioniques et corinthiennes, est de remplir leur cavité d'une rudenture, c'est-à-(liro d'une sorte de b;lton simple, ou taillé en manie: e de corde ; c'est ce (pii fait appeler ru.-
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oontées les colonnes où sont cps espèces d'ornements. (Vcy. Rt: denture.) L'objet principal de rette pratique, ditMiliin, est do donner plusde soliditéauxpartiesinférieures de la colt.nne, et particulièrement de fortifier les eûtes des cannelures, qui sans cela seraient exposées à être fracturées, et à éprouver tous les accidents qui peuvent menacer des colonnes placées en bas. Daprès cela, on peut dire quelescannelures rudentées ne doivent s'employer que dans les colonnes qui sont au rez-de-chaussée, c'est-à-dire, en danger d'être heurtées, et non dans celles que leur élévation sur des piédestaux met hors d'un pareil risque, ou qui se trouvent appliquées a un second ordre ; ensuite, que les rudentures ne doivent occuper que la partie inférieure des cannelures, puisque le besoin qui les motive dans cette même partie de la colonne ne subsiste plus par rapport à la portion du fût que la hauteur met hors de la portée de tout accident.
Ce qui a été dit des cannelures par rapport aux ordres ionique et corinthien, s'applique en entier à celles de l'ordre composite. Quant à l'ordre toscan, il n'en comporte pas, daprès les règles de progression de richesse, déterminée entre les cinq ordres ; et si on lui en donnait, l'austérité de cet ordre ne permettrait que de lui adapter les cannelures doriques ou celles à pans.
Les cannelures s'appliquent quelquefois aux colonnes, moins p r un motif d'embellissement que pour faire croire à l'œil leur diamètre plus grand qu'il n'est en effet. On appelle cannelures à côtes celles qui sont séparées par des listels de certaine largr'ur, ornés quelquefois d'astragales ou baguettes, de côté, ou dessus, comme on en voit aux deux colonnes du sanctuaire de Sainte-Marie de la Rotonde, à Rome. Les cannelures à vive arête S', ni celles qui ne sont point séparées par des côtes ; cescannelures sontpropreshl'orçlre dorique. Les cannelures de gaine, de terme et console, sont plus étroites par le bas que par le haut. On appelle cannelures ornées celles qui ont dans la longueur du fût de la colonne, ou par intervalle, ou enfin depuis le tiers d'en bas, de petites branches ou bouquets de laurier, de lierre, de chêne, etc., etc., ou fleurons et autres ornements qui sortent ks plus souvent des roseaux ou bâtons formant la rudenture. On désigne sous le nom de cannelures plates, celles qui sont faites en manière de pans coupés, au nombre de seize, comme l'ébauche d'une colonne dorique : on peut aussi appeler cannelures plates, celles qui sont creusf'es carrément, en manière de petites facettes ou demi-bâtons dans le tiers inférieur du fût, romrae aux pilastres du Val-de-Gràce, à Paris. Les cannelures rudentées sont remplies de bâtons, de roseaux et de câbles jusqu'au fut de la colonne. Les cannelures torses sont celles qui tournent en vis ou ligne spirale autour du fût d'une colonne ou dun vase.
^'architecture chrétienne primitive, dans
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les monuments que certains archéologues attribuent h ïépoque latine, fit un usage fréquent dos cannelures aux colonnes des églises, en imitation de l'architecture antique proprement dite. Les fûts des colonnes sont creusés de cannelures soit verticalement, soit en spirales.
Au XI* et au xii* siècle, l'architecture romano-byzantine a fait un emploi fréquent des cannelures, surtout dans certaines régions architectoniques, comme en Bourgogne, dans le Bourbonnais (t le Nivernais. Cette particularité a paru si remarquable aux archéologues , qu'elle leur a suffi pour caractériser l'architecture de Vécole bourguignonne. Nous avons eu l'occasion don faire plusieurs fo's l'observation, notamment dans le livre intitulé Cathédrales de France et dans un autre qui porte pour titre : Etquisse archéologique des principal ei églises du diocèse de Nevers. Les grandes églises du XII* siècle des provinces que nous venions de nommer présentent des colonnes et des pilastres à cannelures, que l'on ne rencontre presque jamais ailleurs. On connaît la cause qui a produit cette particularité architectonique. A Autun et à Langres on trouve encore de magnifiques restes d'architecture romaine, où les colonnes et les pilastres sont creusés de cannelures. Les architectes du moyen âge, frappés du .'tyle de ces constructions n'ont pas cru pouvoir mieux faire que de les copier ou de les imiter. L'intention est si évidente, que dans la cathédrale d'Autun , par exemple , les colonnes , ornement ordinaire des grandes églises, ont été remplacées par de hauts et larges pilastres cannelés, parce que les p; rtes d'Aron et de Saint-André, dans la même ville, arcs de triomphe bâtis par les Romains, sont décorés de pilastres de cette même forme.
A la magnifique et curieuse église de la Charité-sur-Loire, on voit de nombreux pilastres cannelés, et l'on semble même avoir affecté d'employer cette forme presque exclusivement, comme si l'architecte de cet édifice eût voulu montrer qu'il tenait à suivre un système différent de celui que l'on avait adopté dans le reste de la France. Nous avons observé spécialement les colonnes et pilastres à cannelures dans les églises de Langres, de Châlons-sur-5aône, de Mâcon, d'Autun, de Nevers, de la Charité, d'Avallon, etc. Nous en avons remarqué encore au portail de la belle église de Saint-Remi de Reims, et c'est peut-être l'exemple le plus frappant d'un éditice aussi avancé dans le nord de la France. {Voy. Ecoles.)
A l'époque de la Renaissance, on fit un emploi très-commun des colonnes et des pilastres à cannelures.
Quanta lapériodo ogivale proprement dite, file ne fit point usage de cannelures dans ses constructions. Ce n'est que fort improprement que l'on a donné le nom de canncnelures aux sillons ménagés entre les moulures prismatiques et serrées les unes contre les autres du stUe ogival flamboyant^ au xTi' siècle.
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Nous devons dire que plusieurs antiquaires ont regardé les celonnes à cannelures, jans les monuments chrétiens du moyen ige, comme arrachées à des monuments antiques, et non comme exécutées au xr et ni xii* siècle. Un examen attorilif dos monu- Qients eux-mAmes suffit pour faire abnndon- Her une pareille opinion. 11 est évident, a.ix jeux de ceux qui ont parcouru les grandes villes de l'ancienne i)rovincc de Bourgogne, que les constructeurs du moyen Age ont exécuté eux-mêmes les colonnes cannelées
aui se trouvent dans un si grand nombre 'églises et jusque dans les moindres villages. Il faut ajouter à cela que dans certaines localités on voit des pilastres cannelés dans des églises d'ailleurs fort mal bâties et dans des villages oi'i l'on ne rencontre pas le moindre vestige d'antiquité de l'époque romaine. D'autres ôntiquaires ont exprimé un doute sur l'ancienneté de ces mômes cannelures, et ont demandé si elles n'auraient pas été exécutées après coup, au xvi' siècle, j)ar exemple, au moment où les idées de renaissance et de retour vers l'antique dominaient tous les esprits. Les raisons énoncées tout à l'tieure suffisent amplement pour faire rejeter cette supposition ; il serait d'ailleurs fort étonnant que , dans les églises de la Bourgogne et du Nivernais, celte importante modilication eût été faite dans un grand nombre d'églises, sans qu'il restât à ce sujet le moindre document historique pour la signaler ; nous ne prétendons pas que cette modification n'ait été faite dans aucune église de la Bourgogne, comme cela eut lieu à Paris, sous le règne de Louis XIV, pour l'église de Saint-Germa'n-l'Auxerrois ; nous croyons que le fait général est celui de l'établissement primitif des colonnes et pilastres à cannelures.
CANON. — Le canon est une règle ou un type qui sert à fixer de quelle manière on (joit exécuter une œuvre d'art. On ne saurait guère douter que les artistes du moyen âge aient exécuté un grand nombre de sculptures d'api es un canon déterminé : nonseulement le genre du travail et la ressemblance entre plusieurs statues et bas-reliefs, mais la similitude entre les tètes qui ont la même expression, les poses, les draperies et les ornements en sont un indice certain. M, Raoul Ilochelte, dans son Ëssni sur la statuaire au moyen dye, a exprimé et soutenu cette opinion.
Je suis loin de supposer que les artistes du moyen ûg • n'avaient j)as la liberté de dessiner et de seul] ter les sujets qu'ils exécutaient suivant leur inspiration personnelle : mais n'étaii nt-ils pas guidés dans leurs compositions, [)our la distribution des personnages, le type des visages, le mouvement *ies physionomies, par des règles auxquelles ils ne pouvaient se soustraire? Le passage suivant, extrait du Ralional de Guillaume Durand, évéque de Mende, auteur du xn* siècle, ne saurait détruire cette conjecture. Viversœ historiœ (am Novi quant Velcris Tesiamenli pro volunt(it$ pictorum dtpin-
guntur ; nam picloribus alque poelis quœlihet audendi semper fuit œqua potestas. Guillaume Durand exagère ici certainement l'indépendance des artistes. En Occident, comme en Orient, l'art est libre, le peintre eit maître de l'exécution : mais l'invent on et l'idée ne lui appartiennent pas ; elles sont imposées par la tradiiion ecclés astique, par les saints Pères, par la théologie, par TEglise. Nous n"en donner /ns pour [)re.ive que le canon suivant du second concile de Nic'e. «Non est imaginum structura pictonmi inventio, sed Ecclesiae catholicre probata legislatio et Iraditio. Nam (piod vctusate excellit, vencrandum est, ut inquit divus Basil ius. Testatur hoc ipsa rerum antiquilas et Patruni nostrorum, qui Spiritu sancto feruntur, doctrina. Etenim, cuin bas in sacris templis conspicerent, ipsi quoqiie animo propenso venerandatempla exstruentes, in eis quideui gratas orationes suas et incruenta sacrificia Deo omnium rerum Domino ofl'erunt. At{{ui consilium et traditio ista non est [)ictoiis (ejus enim sola ars es'), verum ordinatio et dispositio Patrum nos'rorum, quœ œditicaverunl.» {Concit. Labbe, tom. VII, col. 831 et 832.)
En raecn'ant l'histoire de la découverle du Guide de la peinture, dans son voyage au mont Athos, en Grèce, M. Didron met fort habilement en lumière comment les artistes grecs ne peuvent s'écarter d'un type consacré par le temps et par l'expérience, arrêté par l'enseignement des auteurs ecclésiastiques. Il ajoute les réflexions suivantes, que nous transcrivons, pour servir de complément à ce que nous avons dit cidessus. «Je m'expliquai alors, dit M. Didro.n (après avoir vu le manuscrit du Guide de la peinture), je m'expliquai alors la constance et l'identité des types figurés dans toutes les parties de la Grèce, depuis Syra, Mistra et Smyrne, jusqu'à Triccala, les Météores, Salonique, le mont Athos et Constantinople. La forme des cheveux et de la barbe, Tàge, la physionomie, le costume, et l'attitude, sont consignés dans ce livre. Ainsi donc, avec une mémoire ordinaire et une intelligence assez commune, servies par ce code d'une part, de l'autre par la vue ou l'étude continuelle des anciennes peintures, et surtout par la pratique constante de l'art, un artiste, quel qu'il soit, peut facilement ètro un Joasat)h (peintre auquel l'auteur avait vu dessiner et peindre de belles et nombreuses compositions). Ainsi s'expliquait le bel ordre des peintures de Salamine. Ce qui se passait au mont Athos avait dû se passer en France et dans toute l'Europe chrétienne, au moyen Age. La composition et la distribution des sculptures qui décorent les portails des cathédrales d'Amiens, de Iteiius, de Chartres surfout, témoigneraient d'un grand génie, si quelque artiste picard ou beauceron les avait inventées ; niais elles ne réclament qu'un homme ordinaire, assisté d'un code analogue à celui du mont Alhos. Il en est de môme pour la |)einture sur verre. Je tenais donc enfin !a soluiion d'un iiroblôme
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qui m'avait tourmenté depuis longtemps, et qui s'obscurcissait h mesure que j'étudiais et que j'a'lmirais nos monuments du moyen Age. » [Mnniiel d'iconographie grec, et lut., Jnirod., pag. x\ii.)
Ce serait une erreur de penser que les r>rtis".es de l'Orient se soient trouvés dans une .'-ituation de dépemiance ditrériMite de colle (ies artistes de l'Occident. Je sais que cette pensée a été émise et soutenue : mais elle n'est pas suftisamment appuyée sur les faits. L'étude approfondie des monuments iconographiques, calligraphiques et autres, exécutés en Orient ou en Occident, à une époque identique, démontre qu'ils ont été inspirés et achevés sous l'action d'influences semblables.
CANTONNÉ.— Cantonné se dit d'un bAtiment, d'une façade ornée ou fortifiée sur les angles, de pilastres ou antes, de colonnes, de contreforts, de tours, ou de tout autre membre d'architecture, même d'un autre bAtiment adhérent, de moindre importance toutefois que le bâtiment central. On trouve des façades cantonnées de deux tours ; des dômes et des tours cantonnés de tourelles ; des flèches cantonnées de clochetons ; des coalrefiirts cantonnés de c olonnettes. Nous nous bornerons à ces indications générales au sujet de l'application du mot cantonné. 11 n'}^ a aucun édifice qui ne présente des exemples Je quelques-unes des parties qui le composent cantonnées de diverses manières. Nous devons noti r que les monuments de stylfi ogival du centre de la France présentent parfois des membres d'architecture ornés de colonnetles sur leurs angles , comme les co^itreforts de la cathédrale de Tours qui sont cantonnés de colonnettes très-élégantes, disposition plus rare dans le nord et dans le midi.
On dit que le pj/ier des églises romanobyzantines ou ogivales est cantonné, pour marquer que ce pilier, carré ou cylindrique, est accompagné de quatre colonnes disposées sur le plan géométral en forme de croix (engagées, tangentes et même parfois isolées), bien que, relativement au pilier carré, elles soient appliquées sur ses faces, et non sur sesanghs, et que d'autre part le pilier cylindrique n'ait ni faces, ni angles.
CAI'ITL'LAIRE (Salle). — La salle capilulaire, autrement appelée le chapitre, est une grande salle ornée où. se font les réunions des membres d'un chapitre de chanoines ou de rcli^^ieux. Dans chaque abbaye, comme dans chaque église cathédrale ou collégiale, il y a une salle capitulaire où se traitent les affaires particulières à la communauté ou à la compagnie. Personne n'y est admis s'il n'est membre du clia[)itre.
Les salles ca[itulaires ont été construites et disposées sur un plan varié : il y en avait de carrées, de rondes, de polygonales. Elles étaient ordinairement décoi-ées arec un certain luxe de sculptures, de peintures et de vitreaux de cotilfur. Le mobilier consistait en sièges en forme de stalles, ornés de feuil- {ag''S et de bas-reliefs sculptés en bois.
En France, la plupart des anciennes salles capitulaires attenantes aux églises cathédrales ou collégiah'S , ont été démolies ou ont changé de destination. A Tours, l'archevêquo Jean de Bernard, en liGO, avait fait bAtir un cloître, une bibliothèciue et une salle capitulaire. Le cloître et les salles delà bibliothèque, d'une architecture très-élégante, subsistent toujours : la sal-le capitulaire seule a été détruite à la révolution de 1793.
En Angleterre, les chapitres des cathé^ drales, avant l'époque de la réformation, étaient composés pour la plupart de chanoines réguliers. Ce qui nous explique pourquoi les églises cathédrales sont quelquefois nommées monastères et entourées de cloîtres spacieux et somptueusement bâtis. Malgré les destructions si regrettables, en tout genre, opérées par les prétendus réformés, les cloîtres anciens et les salles capitulaires qui les accompagnent, existent encore aujourd'hui. C'est là que nous étudierons spécialement les salles capitulaires : nulle part ailleurs elles ne sont plus belles et en meilleur état de conservation.
A la cathédrale de Bristol, il y a une vaste salle capitulaire de la période romano-byzantine : elle est adjacente au frontispice méridional du transsept. C'est un admirable spécimen de l'architecture du xii' siècle. Elle est précédée d'un vestibule de la môme époque , formé de deux travées d'arceaux à plein cintre, appuyés sur des colonnes groupées. La salle capitulaire également voûtée en plein cintre, est éclairée par un beau triplet roman , c'est-à-dire, par trois fenêtres semi-circulaires ouvertes à côté l'une de l'autre. Tout autour de la salle, règne une espèce de dé ou de socle, comme dans quelques-unes de nos églises romano-byzantines de la fin du xu' siècle : au-dessus, se développe un soubassement orné d'arcades aveugles et simulées. Par-dessus, s'étend une espèce de galerie feinte, composée d'arcades à plein cintre entrelacées. L'archivolte de ces arcades est formée de plusieurs moulures toriques et ornée de perles. Les colonnettes, de deux en deux, ont le fût entouré d'une ligne saillante qui monte en spirale. Les nervures de la voûte sont ornées de dessins géométriques et de zigzags simples ou opposés. Cette construction présente un caractère sévère, mais elle n'est pas dépourvue de noblesse et de grandeur. La longueur lolale, y corn'pris le vestibule, est de 60 pieds anglais ; celle de la salle capitulaire proprement dite est de 45 pieds ; la largeur dans œuvre est de 25 pieds.
On connaît plusieurs salles de chapitre, dans leséglisescathédralesou collégiales, affectant la forme polygonale ; mais celle de la cathédrale de Lincoln fut probablement la première bâtie en Angleterre sur ce plan. Les salles capitulaires connues pour avoir été bâties au xir siècle, c mme colles de Durham, de Cloucestor, de Bristol et de Péterborough, sont toiites oblonguos. L'auteur du texte anglais des Cathédrales d'Angleterre, publiées [}av Winkles, [)cnse que ce change-
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ment dans les formes primitives fut introduit en imitation des églises eirculairos des chevaliers du Temple, «''levées à la fin du xii' siècle, f n souvenir de Tliglise du ?aint- S. pulcre, à Jérusalem.
La cathédrale 'le Lincoln est inc ntostablcment l'une des olus reuiarquahles de toute l'Angleterre et oe la chrétienté : c'est un des 1)1 us boaui travaux des mains catholiques du moyeu Age, instrument de travaux qui font et feront toujours l'admiration delà postérité. Le plan géométral en est surtout magnifique : les connaisseurs l'estiment supérieur à tous ceux des monuments religieux d'Angleterre. La salle capitulaire est une construction également distinguée. Elle est bâtie sur le plan du décagone, ou il dix pans. Le diamètre est de 60 pieds; la hauteur de 'V2 pieds. La voûte est en pierre. Au centre de la salle est un pilier composé de dix colonnettes de marbre de Purbeck, disposées autour d'un pilier en pierre auquel elles sont attachées, vers le milieu du fût, jiar un annelet circulaire. Les chapiteaux de ces dix colonnettes sont formés de feuillages finement découpés, agencés de manière à couronner le pilier d'un large chapiteau, tout en couronnant les colonnettes d'un chapiteau dis'.inct fort gracieux. Les arceaux de la voûte s'appuient d'un côté sur le pilier central , et de l'autre sur des colonnettes groupées , à chaque angle du décagone, appuyées sur des consoles richement ornées.
A l'extérieur, la salle capitulaire de Lincoln présente un système de comreforts fort ingénieux. Des arcs-boutants soutiennent chaque angle de la construction : les contreforis sont ornés de quatre-feuilles à leur sommet, et les fenêtres, extérieurement, étaient surmontées de frontons aigus d'un bon style, comme on en voit à lacdthédrale d'Evreux, à celle de Cologne, et ailleurs.
La magnifique cathédrale de Salisl)ury j)résente, au nombre des bAtiments accessoires qui l'accompagnent, des cloitres, et la salle ca}»itulaire, situés à la |)artie méridionale de l'édifice. Le côté oriental du cloître, qui forme un carré parfait, comnuniique par un vestibule et une double porte à la salle du chapitre, construction élégante et achevée sous tous les rapports. On croit que la salle capitulaire {cliapter-honse) fut bâtie sous l'épiscopat de lévèque liii Iport, mort en 1262 : les détails de larchitccture et le style de la sculpture se rajtportant aisément à cette époque. La salle du ciiapitre est bAtie sur un [)lan octogonal, ayant au centre un [)irier composé d'un faisceau de coloimettes , comme soutien apparent des nervures ramifiées de la vGÙte. Les fenêtres, au nombre de huit, sont larges et hautes ; elles étaient garnies primitivement de vitraux peints ; le pavé lui-môme était fnrmé de carreaux émaiilés, dont il reste encore de curieux débris, une arcade creusée à la |)art eintelieure des murailles et une plinthe saillante en pierre, où les clianoincs s'asseyaient sur
des tapis. La partie orientale de la salle , à l'opposite de la porte d'entrée, était réservée à l'évoque et aux dignitaires. Dans la profondeur de l'arcade qui s'élève au-dessus des sièges des chanoines, est une série de trails historiques, tirés de l'Ancien Testament, sculptés en bas-relief; et quelques-uns des bustes qui terminent les lambels d s arcades sont de curieux objets d'art, remplis de caractère et d'expression. Dans la salle du chapitre, se trouve une table en bois fort intéressante , exécutée il y a environ six siècles, pour l'usage du chapitre : c'est un admirable spécimen de l'ancien mobilier.
Cette table repose sur huit pieds en forme de colonnettes avec bases, chapiteaux et annelets d'un travail fin et (Jéiicat : sur les colonnettes s'appuient huit arcades ogivales d'une forme gracieuse. Il paraît que la table entière était peinte et dorée, à en juger par les vestiges qu'on peut encore découvrir.
La salle capitulaire de Cantorbéry est un somptueux appartement, oiî l'architecture a déployé un système d'ornementation d'un beau caractère : elle a 92 pieds de long sur 37 de large. Les murailles sont ornées -d'une série de colonnes et d'arcades , au-dessus des sièges en piei re sur lesquels se plaçaient les chanoines réguliers dans les chapitres pléniers. A l'extrémité orientale est un trône ou riche stalle pour le président du chapitre. La grande fenêtre a des men;^aux qui indiquent le style perpendiculaire anglais. L'érection de cette salle capitulaire paraît devoir être attribuée au temps où vivait le prieur Eastry jusqu'à celui où vécut le prieur Chillendren. A la fenêtre orientale et à la fenêtre occidentale correspondante, on voit le nom et les armoiries de Chillendren. La fenêtre de l'ouest conserve encore quelques restes de vitraux peints : ce sont des figures d'anges représentant la hiérarchie céleste : on y lit les inscriptions suivantes : Cherubim, seraphim, ang>U, arcfiangeli, virluits, potestates, dominntiones. Les murailles du nord et du midi sont ornées de grandes arcades à meneaux prismatiques et perpendiculaires, de manière à iair.- symétrie avec. les fenêtres. La voûte est d'une richesse et d'une élégance dont il serait difficile de donner une idée par des descriptions : elle est en berceau et couverte de nervures qui s'entrecroisent en mille sens : au point d'intersection se voient des rosaces, des étoiles et des écussons.
La salle capitulaire de l'église archiépiscopale d'York fut construite, à ce que l'on prétend, par l'archevêque Walter Grey, sous le règne des rois Jean et Henri IH ; mais elle appartient probablement ?i une époque plus récente. En comparant l'architecture de la sallô capitulaire avec celle de la cathédrale, on trouve de notables différences d<Mis la forme des fenêtres, les contreforts, les galeries, les figures grotes(^ues et d'autres particularités d'ornementation. La nef et la partie occiden'ale de la cath drale furent bUies vers l'an f2'Jl; la salle ca|)itulairc ne peut êtro attribuée avec v;aisemb!ance quh
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l'époque du roi Edouard I". Sur un des piliers on lit l'inscription suivante :
Vl rosa flot florum, sic est domus ista domorum.
Le plan est octogone : les fenêtres sont divisées par quatre meneaux très-légers, et terminées, h leur sommet, par trois jolies rosaces superposées.
La cathédrale de Wells, dont un des principaux fondateurs fut l'évoque Jean de Villula, natif de Tours, possède une salle ca-
{)itulaire qui mérite une description spéciale, îlle est bâtie au-dessus d'une crypte fort ancienne et dans un slyle très-élégant. Les voûtes surtout sont originales et admirables. Au centre de l'octogone de la salle s'élève un pilier composé de nombreuses colonnettes groupées : du cbajùteau de ce pilier mille nervures partent et s'épanouissent au-dessus de la salle, comme les branches d'un palmier. L'effet de cette belle disposition est piquant et saisissant à la fois : tout y est sculpté avec un goût excellent. C'est une des plus rharmantes créations d'une licbe imagination : nulle paît on ne voit de salle plus splendidement bAlie. Elle fut fondée par l'évoque de la Marche, trésorier d'Angleterre, sous le règne d'Edouard l'^ Les dépenses en furent faites par les conlribulions volontaires des populations.
Nous aurions pu décrire encore quelquesunes des salles capitulaires des cathédrales de l'Angleterre. Nous en avons assez dit pour donner une idée exacte de la nature de ces consiructions et du système de décoration qui élait usité dans leur ornementation. Ces magnifiques salles et les cloîtres qui accompagnent les cathédrales de ce pays jadis si catholique, aujourd'hui séparé de la communion de l'Eglise, ne sont plus Actuellement qu'un souveiiirdes vieux temps. Espérons qu'un j sur l'Angleterre reviendra à l'antique foi de ses | ères, que les magnificences du culte catholique se déploieront de nouveau sous des voûtes qui ont été faites pour les abriter, et que les chants romains réveilleront des échos accoutumés jadis h les ré|»éter !
CAPRICE. — Ce terme est employé en architecture pour désigner, en général, toute espèce de décoration qui n'a de. motif que dans la fmtai.sie ou Timaginalion, et qui .semble s'éloigner des règles communes et des lois ordinaires du goût. On observe dans l'architecture trois espèces de caprices, ceux de construction, ceux de p'an ou de disposition, et ceux de décoration ou d'ornement. On appelle capric s de construction tous ces secrets de construction qui consistent le plus souvent à déguiser les points d'appui par le moyen d'une coupe de pierres plus ou moins ingénieuse ou par un système caché d'armatures solides en fer. Les caprices de plan et de décoration sont beaucoup plus nombreux dans l'architecture moderne que dans l'architecture ancienne. La science moderne abus8 souvent des ressources qui sont à sa disposition pour se jouer dans des caprices de tout genre, le plus souvent aux dt^pens
des bons principes de l'architecture. Les caprices d'ornement ou de décoration sont, sans contredit, les plus nombreux de tous. Il serait impossible de soumettre à l'analyse et à la description ces mille formes plus ou moins gracieuses qui doivent naissance aux besoins ou aux rêves de l'imagination. On trouve des caprices de cette espèce dans les éditices des anciens, mais c'est principalement dans les monuments du moyen âge, dans ceux du xvi' siècle et de la Renaissance que l'on remarque les formes les plus multipliées et souvent les plus ingénieuses. Nous sommes peu portés à louer les fantaisies de l'architecture et de la sculpture qui ne reconnaissent d'autre cause et d'autre but que la singularité et la bizarrerie, et qui, trop souvent, otïensent autant le bon goût que les lois sévères de l'art. Mais aussi nous n'avons pas le courage de condamner ces charmants caprices qui se déroulent sur les murailles des églises et des châteaux du xvr siècle et de la Renaissance. On y reconnaît l'inspiration libre d'un génie fécond qui se joue avec la plus grande aisance dans les mille détails fins et délicats de compositions féeriques. Essayer de retracer même les motifs de prédilection le plus en usage au xvi' siècle, ce serait vouloir reproduire les couleurs changeantes de l'arc-en-ciel, ou fixer les formes mouvantes des nuages poussés par le vent. Nous serions injustes si nous ne payions pas un juste tribut d'éloges à ces artistes dont la verve inépuisable a créé ces innombrables caprices que l'art moderne admire tant, quoique les écrivains du siècle dernier les aient si injustement décriés. Ce n'est pas S'ins étonnoment cjue l'on contemple les compositions capricieuses qui se développent sur une grande échelle au frontispice de nos plus célèbres basiliques, ou dans de délicieuses miniatures sur les marges des précieux manuscrits,' le plus somptueux ornement de nos bibliothèques.
CARACTÈRE. — L Le caractère, dans uno œuvre d'art, est, à proprement parler, l'ensemble des formes extérieures reunies entre elles suivant des proportions déterminées d'étendue, de couleur, etc. Cette expression est très-fréquemment employée par les écrivains qui ont traité de l'architecture, de la sculpture et de la peinture, et surtout par ceux qui se sont appliqués à décrire les monuments. C'est pour cela que nous avons cru convenable d'entrer ici dans quelques explications à ce sujet. De nos jours, beaucoup de littérateurs , ou prétendus tels, écrivent sur les antiquités et émettent leur jugement sur les chets-d'œuvre de l'archéologie religieuse. Sous leur plume, le mot caractère appliqué aux monuments est un terme hasardé, comme bien d'autres, et l'on a peine à saisir le sens qu'il y faut attacher.
Pour nous restreindre aux seuls monuments d'architecture , le caractère général d'un édifice se reconnaît à l'ensemble de la construction. Toute œuvre a son caractère, à moins que ce ne soit une mauvaise copie d'une œuwre origunle, dans laquelle un
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inhabile arcliitecte aura dénaturé l'ensemble des proportions et dos lignes, de manière à n'en faire qu'une bâtisse qui ne saurait 6tro décrite en lansagc artistKiuc. Il y a des constructions d'un caractèrt simple, sévère, noble, élégant ; il y en a d'un caractère riche, orné, où l'on remarque par-dessus tout la recherc'ie et la prétention.
Les monuments antiques de la Grèce ont un caractère de pureté, de noblesse et de simplicité, qui les ont rendus le mo<lôle de l'architecture clas>i(|ue. Ceux de l'Italie, et de Rome en particulier, ont un caractère d'austérité ou de recherche , qui n'est pas sans affectation, d'une part comme de l'autre. Les constructions primitives des Romains sont d'une lourdeur qui montre des préoccupations de durée et de solidité bien plus que de grAce et d'élégance : celles qui leur succédèrent, lorsque l'empire romain fut parvenu à son apogée, portent les traces de la prétention à la richesse et même à la somptuosité. Nous faisons allusion seulement aux éditicos où l'art déploie ses ressources, et non à ceux bâtis uniquement dans un but d'utilité.
Les constructions religieuses du moyen Age portent toutes un caractère spécial. Les édifices chrétiens, durant la période romano-byzanline, sont ordinairement lourds dans leur ensemble; l'ornementation n'y est originale et brillante que dans des parties accessoires. Mais à mesure que l'on approche du xni' siècle, époque de la complète transformation de l'architecture, les édifices prennent un caractère remarquable de grandeur et d'élégance. Déjà, au XII* siècle, pendant la phase de transition, les églises sont bâties sur un plan et dans des proportions c[ui ne seront plus changées, qui subiront seulement des modifications. Au xin" siècle , lorsque le style ogival triomphe pleinement, nos cathédrales offrent un caractère de dignité, de majesté, de conveiiancû religieuse, qui n'a jamais été surpassé, ni morne égalé. Quand on parcourt le centre, l'ouest et le nord de la France, on retrouve partout, dans les magnifique s cathédrales d'Auxerre, deRourges. de Tours, du Mans, de Coutances,de Raycux, de Rouen, de Chai très, de Paris, de Reauvais, d'Amiens, de Seiilis, de Reims, etc., le môme caractère qui distingue éminemment l'architecture ogivale et qui en fait l'objet de l'aimiralion des hommes versés dans l'étude de l'archéologie chrétienne. Au XV' siècle, surtout dans la seconde moitié de ce siècle, et dans les premières années du siècle suivant, le caractère du beau style ogival fut altéré par la recherche et l'alfeclalion non-seulement dans l'ornementation , mais encore dans la forme et l'établissement dos principales lignes. Cette dégénérescence était l'indice d'une révolution qui ne tarderait pas à s'accomplir. Et, en effet, dès le commencement du xvi* siècle, on en voit 1 s premiers signes, et au milieu du même xvi* siècle, elle était consommée. L'architecture chrétienne du moyen Age était délaissée pour rarchitecture antique , modifiée par
les artistes de la renaissance italienne. Les monuments élevés par la Renaissance proprement dite ont un caractère en accord avec celui de la littérature, à la môme époque. On abandonne les règles et les vieiix principes. L'art de bâtir, comme l'art d'écrire, est libre dans toutes ses compositions, mais de cette liberté qui s'éloigne ae l'Evangile et (}ui court après la licence du paganisme. Les murs des chAteaux, et môme ceux des églises, au moins dans des œuvres accessoires, comme les stalles, etc., sont couverts d'allégories païennes, où la décence est blessée ouvertement, où les traditions de la sainteté chrétienne sont oubliées et foulées aux pieds.
Les édifices construits sous les règnes de Louis XllI, de Louis XIV, et de Louis XV, présentent un caractère bien prononcé qui aide aies distinguer les uns des autres. Les édifices bâtis au xvii' siècle ont un caractère de grandeur qui les a rendus justement célèbres, et l'on admire avec raison les églises des Invalides, du Val-de-Grâce, la chapelle de Versailles , et la colonnade du Louvre.
II. Outre le caractère d'un édifice, considéré en général, il y a un autre caractère particulier, qui en est le signe distinctif. C'est à l'aide des caractères particuliers, que l'on a établi un système de classification dans les monuments du moyen âge, de même qu'en histoire naturelle, en se servant de caractères de différent genre, on réussit à ranger toutes les produriions naturelles selon les lois de !a méthode.
On a nié l'existence réelle des caractères dans les édifices d'architecture, c'est-à-dire, on a prétendu que la smilitude des formes n'était pas une raison suffisante d'affirmer que deux constructions portant les mêmes caractères appartinssent à la même éfioque. Si la puissance de l'analogie est méconnue dans les sciences d'observation, il faut renoncer à toute recherche [)hilosophique dans ces mêmes sciences : elles resteront stationnaires et ne tarderont pas à tomber en décadence. Voy. Analogie.
Quiconque a étudié l'histoire du moyen Age, et en a suivi les diverses évolutions, a remarqué que les œuvres artist ques portaiei.t, à chaque période, un cachet particulier qui sert à les caractériser. Ne suflit-il pas de comparer entre elles les principales (tuvres architecturales d'une mémo époque, qui remontent aulhentiquemenl au même temps selon les documents les plus irrécusables do l'histoire, pour y reconnaître, pour ainsi dire, une physionomie commune, des traits semblables et i)rosqiie idenli(pies ? Ce sont précisément ces traits qui constituent ce que nous appelons les caractères propres aux œuvres de celte époque. Et ce qui doit faire une vive impression sur les i-spriis rétléchis, c'est que les curorf^'re.farchilc^ctoniques, leli» (ju'ils ont été établis d'après l'observation, n'ont jamais trompé personne dans l'appréciation d'une œuvre d'archit dure. Qui p-ur-
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rait donc leur refuser l'autorité scientifique qui leur appartient si justement?
Le système de classitication que nous avons adopté et suivi pour les monuments religieux du moyen Ag«\ repose entièrement s.ir la réalité et la valeur des caractères archiiecloniques particuliers. Voy. Style ogival, llOM VNO-BYZANTIN, ByZANTIN, CLASSIFI- CATION, Ecoles.
Nous nous sommes appliqué, dans autant d'articles, à mettre en évidence les signes qui constituent les caractères propres à chaque variation ou évolution de rarchitecturc auranl une même période. Nous no parlons pas de ces caractères de convention que l'art cherche à donner à certaines compositions lie .sculpture ou de peinture. Ces détails sont étrangers à noire sujet. Notons cependant, en passant, que les anciens attachaient à cela la plus grande importance. Sous le nom d'attributs, ou d'emblèmes, les artisles chrétiens ont donné aux personnages les plus célèbres de l'histoire de la religion un caractère qui pût aider h les faire reconnaître. Il y a encore pour certains personnages illustres, un caractère historique dont il n'est pas permis de s'éloigner, et les types consacrés dans l'iconographie chrétienne doivent être fidèlement reproduits.
CARLOVINGIENXE (Architecture). — I.
Nous renvoyons à l'art. Classificatio.v, afin de ne point répéter ici ce que nous y avons dit sur la succession des styles architectoniques au moyen âge. Nous y avons clairement explique quelle valeur il faut attribuer h ces expressions architecture lombarde, architecture cari ovin gienne, architecture saxonne. Certains auteurs ont attaché et attachent encore une trop grande importance à ees dénominations. Dans l'histoire générale de l'architecture, on établit que l'art de bâtir se développa dans la partie centrale et septentrionale de l'Europe, d'une m-mière synchroniqiie, pour employer un mot consacré par l'usage, c'est-à-dire, en su vant partout une marche semblable et des procédés analogues. La plus ou moins grande perfection qu'il sut imprimer à ses œuvres, doit être attribuée k des causes particulières. Si l'on se bornait à désigner ces causes spéciales et locales sous le nom de carlovingienne, de saxonne, etc., non-seulement ces dénomi- 'nalions ne devraient pas être rejetées de la langue archéologique, mais encore elles y figureraient avec une signification vraie et bien déterminée. Il a existé en etfet, en différentes contrées, un mouvement artistique plus prononcé qu'en d'autres; et personne ne niera que sous Charlemagne, par exemple, il n'vait eu sur les bords du Rhin une activité littéraire et artistique fort étendue, tandis que dans les provinces du centre et du nord de la Germanie, la barbarie régnait partout.
Nous avons donné des détails, autant qu'il nous a été possible, sur les monuments de l'époque lombarde, carlovingienne, saxonne, sans les regarder comme appartenant h un ilyle architcctonique particulier. [Voy. A>-
GLAis ( Style ), Saxone, Lombarde ( Architecture).
Il existe encore, en France et en Belgique, deux édifices fort remanjuables, appartenant aulhentiquement h l'époque carlovingienne. Le premier est dans le Languedoc : ce sont les restes de l'antique et célèbre abbaye de Saint-lluillem-du-désert. M. J.Renouvier en a publié une description fort intéressante sous le titre suivant : Histoire, antiquités et architectonique de Vabbaye de Saint-Guillemdu-Déserf.
Nous donnerons ci-après une notice trèsabrégée sur l'architecture de Saint-Guillem. Commençons par citer un passage du livre de M. Renouvier, qui résume des observations curieuses sur la géographie et le développement des styles architectoniques.
« Toutes les fois que nous avons vouUi comparer l'édifice de Saint-Guillem à quelque autre, dit M. Renouvier, c'est en Italie et en Allemagne qu'il a fallu aller chercher l'analogie. Ces rapprochements entre des monuments de pays si divers, -ne sont ^int arbitraires. L'influence de Charlemagne, étendue sur l'Europe, y avait donné à l'art une impulsion unitaire. Les artistes qui se répandirent alors sur les bords duRhin, dans le midi de la France, en Italie, y produisirent des églises qui n'étaient ni les basihques do Constantin, ni les dômes byzantins de Justinien et des exarques de Ravenne, mais quelque chose de plus, un style nouveau déjà élancé, déjà chrétien. Ce style renfermait encore, il est vrai, beaucoup trop d'imitations romaines ; aussi la barbarie dutelle se prolonger et s'étendre, pour que l'innovation s'introduisît jusque dans les moindres parties de l'art. Ce fut la tache des Sarrasins, des Normands et de tous les barbares dont les invasions affligèrent les derniers moments de Charlemagne. Les pays plus particulièrement occupés par eux ne reçurent pas l'empreinte de ce style que quelques personnes veulent appeler la renaissance carlovingienne, terme impropre, puisqu'il désigne plutôt le retour au passé que le progrès vers l'avenir ; mais l'architecte ne laissa pas pour cela d'y marcher, par des voies qui lui étaient propres, à l'accomplissement de ses destinées. On phercherait vainement en Angleterre et en Normandie des monuments de style carlovingien. En Allemagne, ce style régna avec autorité sans repousser les innovations barbares, et conduisit, par une suite de changements logiques, à la grande et complète architecture chrétienne. En Italie, il eut à un plus haut degré les caractères d'imitation antique, et se continua avec les mêmes tendances jusqu'aux renaissances successives qui ont marqué l'art italien moderne. Dans le midi de la France, enfin, il fut souvent interrompu par les invasions du Nord ; mais elles n'y furent point assez complètes pour absorber tous les éléments antiques que ce style contenait, et empêcher les habitudes classi jucs de se reproduire avec plus do force au xn' siècle. Aussi voit-on que, dans le midi delà Franco
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comme on Italie, après de magnifiques tentatives, l'architectLire manqua de loi'ce et d'rlan, pcécisément ilans le moment où dans le Nord elle prenait ce vol hardi qui marquera .\ jamais le xiiT siècle comme une iicii plus grandes époques du dévolo()i)ement du beau, lorsqu'on aura cessé, ce qui ne piul man- (pier d'arriver bientôt, do prendre |)our type uiii(iue les époques de diffusion, d'imitation et de correction : Périclès, Antonin, LéonX, Louis XIV, et qu'on aura remis en honneur les époques d'org-iuisation, d'unité et d'originalité : Solon, Tarquin, Charlemagne, Innocent III, et saint Louis. »
II. Non-seulement, dans les parties importantes de l'antique abbaye de Saint-Guillem, mais encore jusque dans les parties accessoires, on reconnaît les caractères propres à la construction primitive. On y retrouve le cloître primitif dont Guillaume avait mesuré les proportions. Les galeries du nord et de l'ouest ont échappé à l'atfreux vandalisme qui a vendu pièce à pièce les galeries plus élégantes des faces latérales et d'un cloître supérieur qui formait un premier étage de chaque côté.
Le caractère distincfif des parties conservées du cloître inférieur consiste en deux petits cintres composés chacun d'un double arc en pierre, caractère dislinctif des anciennes constructions de Saint-Guillem, et sél'arés par une légère colonnette : mode do construction qui trouva plus tard son per fectionnement ou plutôt son développement naturel dans les lancettes géminées de l'architecture ogivale. Quant aux chapiteaux des colonnettes, ils ont la forme d'un cône tronqué et renversé, et quelques-uns sont ornés (ie têtes pla'.es, de figures d'hommes ou d'animaux grossièrement ébauchés, dans le genre des décorations de l'abside. L'ensemble du vieux cloître, bien que d'un aspect un ))eu lourd, n'était point dépourvu d'élégance à l'extérieur.
La description que nous allons donner do l'église de Saint-Guillem, est faite d'après les notes manuscrites de M. l'abbé Crosnier, curé de Donzy, chanoine honoraire de Nev(!rs. Nous commencerons par indiquer la forme du [)lanetle symbolisme qui s'y trouvait exj)rimé.
Le plan du monastère fut d'abord réglé d Tmilivement, et, à quehjues changements pi es, il est facile de le reconnaître dans les dispositions actuelles de Saint-Guillem-du- Désert. Le duc (iuillaume lit creuser les fon- MCdients (Je la basilique en commençant par le sanctuaire, dont il jeta les [jremières [)ierresau nom de Jésus-Christ sauveur du monde. Gomme l'observe très-bien l'auteur de la légende, uno dis|)osition mystique déterminait ce premier acte de la part du fondateur, et tout dut répondre h ce début : c est-à-dire, (jue chaque jiartie do la basili([ue fut un symbole, une re[)résentation de (iuel([ue idée I eligieuse. 11 importe au moins de remarquer ici celte règle constante de l'architecture chrétienne, qui, h jiartir de l'époque de Charlem.-igue, doima toujours aux chœurs des
églises une ornementation plus riche, plus élégante et plus légère que celle de la nef. C'était là un des caractères de la rénovation qui s'opérait alors dans les arts, et c'est pourquoi le pieux fondateur avait choisi un lieu où il n'y eût aucun oratoire déjà construit, car il ne voulait plus réparer, comme on l'avait fait si longtemps, de vieilles constructions cl la fois païennes, barbares et chrétiennes. L'art mélangé et sans caractère distincts, (]ui jusqu'aloi s avait accommodé, sans aucun choix, au culte de la religion nouvelle, tous les éditices sacrés ou [)roi"anes de l'antiquité, n'avait représenté que trop fidèlement dans cette espèce d'anarchie, le chaos social de l'époque mérovingienne : aussi cet art ne pouvait-d convenir m au but de Guillaume, ni à la civilisation de Charlemagne.
Celle-ci, retrempée à la source même du christianisme, devait inqirimer à l'architecture un mouvement plus logique, un développement plus pur et plus régulier. Elle commença donc à consacrer la forme des édifices religieux , et les revêtit de certains caractères typiques invariables, qui jdus tnrd constituèrent définitivement le symbolisme de l'art chrétien.
L'église de Saint-Guillem fut fûn-Jée en 80i. Le plan géooiétral représente la croix latine ; il y a trois nefs, divisées on quatre travées, non compris l'arcade qui soutient les orgues, et qid formerait une cinquième travée pour la nef principale. Ma's cette partie est postérieure au reste de l'édifice et ne saurait être attribuée à une époque antérieure au XI' ou au xii' siècle. L'abside est circulaire et est voûtée en petites pierres noyées dans du mortier; c'est de cette manière que sont bûties les voûtes absidales que les archéologues font remonter à une é[)oque antérieure au x' siècle et qui sont attribuées à l'architecture romano-byzantine primordiale. On voit deux chapelles absidales j)arallèles au sanctuaire, précédées d'une travée. Chaque abside est éclairée par trois fenêtres.
L'église est orientée et l'appareil y est différent dans la partie primitive, dans la construction et dans celles que l'on rapporte au XI' ou au xn' siècle.
Quant aux voûtes, elles sont en berceau, et aussi hautes aux croisillons du transsept, ([uc dans la nef majeure. On romanjue dans l' croisillon septentrional du transsept une tribune élevée au xiir siècle. La voiUe y présente la croisée d'ogives, et, à la clef, on voit une main qui bénit. Dans la jartie méridionale, il y a une voùle élevée au xV siècle et bien caractérisée par les nervures prismatiques.
Dans tout l'édifice, les arcades sont en plein cintre. Les arcs-doubleaux des bas-côlés sont en plein cintre surhaussé. L'arc qui s'ouvre sur l'abside principale o>t en retraite et laisse un large esi)ace entre son sommet et l'extrémité de la voûte. Cet espace est garni par deux espèces de fenêtres en œil-de-bœuf séparées [tar une croix grecque. Au pignon
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de cljaque abside il y a un œil-de-î^œuf seaiblable.
Les piliers ne sont ornés que de pilastres Oïtrêmeoient simples avec une corniche on chanfrein, dans la nef. Les deux chapelles absidales présentent sur les côtés, deux colonnes engagées, sans chapiteaux, prenant insensiblement la forme de la plate-bande de l'arc-doubleau. Ce qui doit ôtre remarqué, c'est que les piliers ne sont nulle part ornés de chapiteaux, excepté au nartliex. Au-dessus des pilastres de la grande nef, règne une corn'che qui s'étend tout autour de l'église jusqu'à l'abside.
Les fenêtres, comme les arceaux, sont en plein cintre ; elles sont évasées Ji l'intérieur, et le cintre est formé d'une double rangée de claveaux : le second rang de claveaux ne fait aucune saillie sur le premier.
L'entablement extérieur présente une espèce d'engrenage de dents de scie qui règne tout autour de l'église et des absides ; on remarque deux dalles en saillie sur cette sorte d'ornementation.
A l'extérieur de l'abside, on remarque des arcatures appuyées sur des colonnettes à chapiteaux grossiers, environnant toute la grande abside, au-dessous des modillons. Chaque arc est composé d'une triple rangée de claveaux. Au premier rang de ces claveaux sont des têtes d'animaux dessinées et sculptées d'une façon barbare.
On distingue plus spécialement dans Tornementation, des losanges placés de distance en distance : ils sont parfoiî» formés d'à très losanges plus petits, de pierres de couleur et travaillées.
Nous avons donné au mot Autel une description assez détaillée d'un très-curieux autel, appartenant à l'église de Saint-Guillem, et consacré en 1070 par un légat du pape saint Grégoire VIL
IIL Nous allons ajouter aux détails précédents la description d'un édifice carlovingien fort intéressant et que nous croyons très-authentique. L'ancienne abbaye de Saint-Guillera-du-Désert a conservé beaucoup plus (je souvenirs historiques que de monuments archéologiques proprement dits.
Il en est autrement de la chapelle du château de Nimègue : quoique l'édifice ait perdu quelques-unes de ss'S parties, et que d'autres aient été dénaturées, on y retrouve cependant des caractères évidents de la construction carlovingienne.
L'histoire nous apprend que Charlemagne fonda une maison ou un palais impérial à Nimèg'ie, dans le but d'y tenir des cours plénières. (Eginhard,F<Y.Cà?-. Magn , cap. 17.) Dans le mois de mars 777, il se rendit à Nimègue accompagné de plusieurs seigneurs, et il y célébra les fêtes de PAques avec une solennité inaccoutumée. Le pape Léon 111, en 799, selon d'anciennes chroniques, consacra la chapelle octogonale de Nimègue. L'empereur airectionr-.ait le séjour de Nimègue, puisqu'il y revint souvent et qu'd y passa un temps assez considérable h
diverses reprises, notamment en 804, en 800^ en 807 et en 808.
Nous emprimtons la description suivante à M. Oltmans, d'Amsterdam. On y trouvera, au moins comme termes de comparaison, quelques détails sur l'église d'Aix-la-Chapelle, et sur celle d'Othmarsheim, qui est regardée comme remontant également à l'époque carlovingienne.
Le plan géométral de la chapelle de Nimègue consiste en un octogone régulier, de 6,7:2 mètres de diamètre, chaque face ayant h peu près la longueur de 2,6 mètres. Les faces ont des arceaux ouverts, de manière que l'octogone intérieur repose sur huit pieils-droits ou piliers brisés. Deux galeries superposées environnent l'octogone ; elles ont une largeur de 2,6 mètres, et donnent sur l'intérieur par le moyen des drcoaux; Du côté de l'ouest, ces galeries ont une espèce de vestibule, et à l'est on voit une tribune pour l'autel de chaque galerie.
Toutes les faces de l'octogone à l'intérieur étant semblables, nous nous contenterons de donner la description d'une seule face. L'arceau du rez-de-chaussée, haut de plus de 2 mètres, a une forme lourde et trapue^ surtout en faisant la comparaison de ces arceaux avec ceux de l'église d'Aix-la-Chapelle. Le diamètre du plein cintre est plus grand que l'espace entre los pieds-droits, et le cintre s'appuie dans l'épaisseur du mui* sur une moulure d'un profd barbare. Ce! profd n'existe que dans l'épnsseur du mur; car dans l'intérieur et dans la gaîerie le mur est uni ; on en peut voir cependant distinctement l'assise ; ce qui diffère de ce que l'on voit à Aix-la-Chapelle, oii ces moulures continuent partout. Aussi nous ne trouvons paS une moulure à la base de l'arceau de la galerie supérieure, faisant le tour de l'octogone, et qui indique le deuxième étage à Aix-la-Chapelle et à Othmarsheim.
Cet arceau de la galerie supérieure est d'une proportion plus basse que celui d'Aixla-Chapelle; mais il est pourtant plus haut ('le 0,5" ) que l'arceau du rez-de-chaussée. On y trouve aussi la moulure dans l'épaisseur du mur et le plein cintre au diamètre })lus grand que l'espace entre les piedsdroits. Au milieu de l'arceau on voit une colonne, dont le sommet du chapiteau est dans une ligne horizontale avec le sommet du la moulure : cette culonne sert d'appui à dc'ix petits arceaux en plein cintre un peu surhaussés, qui retombent de l'aut e côté sur la moulure. A Aix-la-Chapelle, on voyait daiis ces arceaux quatre colonnes tirées de Ravenne, et placées deux à deux, de sorte que les unes étaient superposées aux autres. A Othmarsheim ces colonnes existent encore.
Au-dessws du deuxième arceau nous voyons une ouverture ou fenêtre qui est fermée en haut par une ogive. On peut expliquer cette difllérence en considérant que le mur a été bâti jusqu'à cette hauteur de grandes pierres de tuf, de forme carrée, et a clé élevé plus tard en briques.
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