‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 96 sur 195 · TAU · texte numérisé non relu

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Au-dessus <le celte fenêtre, est placù maiiitenant un plancher, et ce n'est pas sans Ibrideuient qvie nous pensons (pie le plein cin(re delà coupole, qui, sans doute, existait primitivomenl comme à Uavenne, à Aixla Chapelle et à Othmarsheim, commençait à cette hauteur.

Il est probable qu'après la chute de la voûte, causée par les ravaj^cs des Normands ou par la vétusté de la maçonnerie, on a tficlié de couvrir la cliaj)cl!e d'une manière plus simple.

Dans les gnlcrics qui environnent l'octogone, le mur extérieur est formé do seize laces, dont huit sont parallèles aux faces de l'octogone, et les huit autres sont placées vis-à-vis des pieds-droits. Cet arrangfment est cause que l'espace de ces galeries consiste en des carrés et des triangles qui se suivent tour à tour. C'est une [U'euve des plus fortes pour le rapport qui existe avec l'église d'Aix-la-Chapelle, quoique nous ne voyions pas ici les arcs doubleaux en

f>lein cintre, qui sont là-bas placés p.irallèement entre le mur intérieur et extéri ur.

Les voûtes d::! ces deux galeries ont la même foirae. Dans les espaces carrés, c'est une voûte d'arôte, formée de deux voûtes en berceau qui se cro sent. En considérant ces voûtes dans la coupe, nous trouvons un fait singulier, c'est que ces voûtas ne sont pas placées horizontalement, mais qu'elles d^'Scendent vers l'octogone au lieu de monter. Dans la galerie supérieure elles sont posées horizontalement.

Dans l'église d'Aix-la-Chapelle, nous ne trouvons pas une pareille singularité : au contraire, nous y voyons dans la galerie supérieure un tout autre arrangement, qui consiste dans des voûtes en berceau montant vers l'octogone et semblant soutenir celte partie de l'édifice. Aussi, on n'y trouve pas le resserrement des espaces carrés dont nous venons de parler. La forte saillie des a êtes à Nimè^ue donne à ces voûtes une forme caractéristique, qui plaide pour leur antiquité, quoiqu'd soit probable que cette construction n'ait pas été favorable à la solidité, et qu'elle est peut-être la cause pour laquelle on a été obligé de consolider dans quelques endroits le centre des arôtes par des fers.

Dans la galerie inférieure, nous voyons, en quelques endroits, les fenêtres primitives, qu'on a murées, mais qui ont pourtant la niÔDie forme que celles d'Aix-la-Chapelle ; (Iles sont couvertes on plein cintre et les p;iruis se rap[)rochent l)eaucoup. En d'autres «•n Iroits, nous voyons que l'on a changé ces fenêtres, durant la période romane.

Du côté oriental, nous voyons à Niraèguc, en haut et en bas, un autel, et nous n'aui ons pas à douter de l'auihenticité de cette disj)()sition pritiiilive. M. Mertens, dans sa Restauration (le l'église d'Aix-la-Chapelle, nous fait voir une disposition semblaiile, (jui a été plus tard changée en ajoutant au polygone un grand chœur de style ogival, en 1353, et en démolissant ces autels. Le mémo

aute.r liit qu'on rencontre des autels doubles ilans l'ancienne église de Sainte-Marieau-Mont , auprès de IJrandenbourg, dans les chapelles doubles à Eger, Uatisbonne, Nurenberg, Freybourg, Landsberg en Saxe, Schwartz - Kheindorf près do Bonn, etc. Aussi peut-on croire que la disposition de la chapelle de Nimègue plaide fortement en faveur de la restauration faite par M. Mertens.

Suivant M. Schnaase, on voit à Othmar^ sheim une espèce de chœur carré, oublié par Schoepllinus, qui ne ()arle que de chapelles qui auraient été ajoutées plus lard. 11 est possible que Schoe[)llinus n'ait pas fait une attention sudisante à cette disposiiion, parce que, môine à Nimègue, ces autels ne sont, àproprement parler,quedes fenô;res ou baies profondes de 1,7 mètre do l.irge, couvertes par des voûtes en berceau. L'apf^ui a une retraite de 0,i m., et scrtdiiutel ; on y voit encore la table, ayant cinq croix comme de coutume ; l'autel a la hauteur d'un mètre. Celle description peut servir pour les deul autels à la fois ; seulement nous voyons h l'aiitel d'en haut une pierre à peu près carrée qui paraît avoir servi au sacrifice. Au-dessus de ces autels, on peut voir que trois fenêtres ont été placées dans la direction de trois côtés d'un octogone. Les restes de leur encad ementde pierre de taille font voirie demitrèfie, et on en peut tirer la coficlusion qu'elles ont été restaurées durant la période romane, ainsi que la plupart des fenêtres du polygone.

On a tellement changé l'extérieur de la chapelle de Nimègue qu'il serait fort d fficilo de se faire une idée de l'état primitil' du monument, si deux des faces du polygone n'avaient conservé la maçonnerie première. On y vo t de gran les pierres de tuf, souvent taillées irrégulièrement , tandis que l'on voit ailleurs des briques dont on s'est servi pour une restauration plus récente. Le mur ne monte pas plus haut que la voûte de la galerie supérieure, et les deux fenêtres accusent les deux galeries. Ces fenêtres, placées l'une au-dessus de l'autre, sont en plein cintre ; elles sont basses et larges, et les parois s'approchent vers l'intérieur de la même manière que nous avons décrite pour l'intérieur du monument.

Au-dessous du toit on voit une corniche d'un prolil grossier. Cette corniche a été primitivement construite en pierres de taille ; mais, à la restauration de la muraille extérieur.', on a remplacé ces matériaux par des briques, qui sont posées sur le côté étroit et ont le même |irolil. C*^ jirolil est plus grossier que celui d'Aix-la-Chapelle etde Bavenn f ; il est en ra[)port avec l'extrême simplicité d l'inlérie .r.

11 est à remarquer que l'intérieur de I chapelle du ch.Ucau de Nimègue, comn;les autres monuments carlov.ngiens, 6 ta 1 revêtu de peintures murales. Il serait impossible d'indiquer actuellement, à cause* do l'état de dégradation de l'édifice, quel était le système adopté tlaus la décoration peinte ;

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mais (les traces, encore bien apparentes , clo peinture à fresque, suffisent pour nous faire savoir que l'art n'avait rien négligé pour orner avec magnilicence la chapelle de Nimègue.

IV. Dans une description historique de la province de droningue, nous lisons que jadis existait à Groningue une église consacrée à saint Walburge. Cette église était s tuée dans le grand cimetière, près de la rathédraledé liée à saint Martin. On attribuait son origine àl'ère païenne, et on la considérait comme le monument le plus ancien de la ville de Groningue. Par une suite d'accidents de divers genres, le monument tomba ( n ruines en 1011, et on résolut en 1627 de démolir le reste et d'en vendre les matériaux.

Par un heureux hasard, on possède une rstampe représentant cette église de Saint- 'NValburgp, et tirée du Trésor d'antiquités néerlandaises du docteur L. Smids. Elle a été reproduite aussi en guise de cartouche sur quelques vieux plans de Groningue. Il est vrai que l'estampe ne paraît pas être d'une CK^actitude scrupuleuse ; mais on y voit assez pour conclure que ce monument était composé de trois parties différentes, que la partie principale [ celle du milieu et l'église jTiraitive ) (st un polygone, auquel on a ajouté plus tard une tour carrée, située à l'ouest, et un chœur de style ogival situé à l'est. Le polygone offre la plus grande ressemblance avec l'église d'Aix-la-Chapelle et la chapelle de Nimègue. J. deLemmege dit, dans sa chronique, qu'on voyait entre la tour et l'église, une voûte garnie en haut de petites fenêtres. Corn. Kempius [De origine, qualitale et quantHate fr/sÙR ) rapporte que ce monument était couvert d'un toit de plomb. Il est facile de conclure de tout cela que l'église de Saint-Walburge était une copie de l'église d'Aix-la-Chapelle, et qu'elle devait être rangée à coté des monuments carlovingiens de Nimègue et d'Othmarsheim.

V. L'œuvre capitale de Charlemagne, en Architecture, est, sans contredit, la magnifique église qu'il fit construire à Âix, sa résidence habituelle. Pour la faire bâtir avec toute la somptuosité possible, il avait fait venir des ouvriers habiles de toutes les parties de l'Europe. La célébrité de ce temple fut telle, que la vdie en prit le nom d'Aix-la-Chapelle. L'influence que ce monument exerça sur toutes les grandes, constructions de l'époque se conçoit mieux qu'elle ne peut s'exprimer : nous manquons aujourd'hui d'objets d'étude pour en constater l'étendue et l'importance ; niiis nous possédons un trop grand nombre de documen's historiques pour qu'il soit possible d'en douter.

Charlemagne, par l'cfîet de son génie , communiqua une activité prodigieuse à toutes les branches des sciences humaines : il protégeait, encourageait et récompensait les artistes. Nous sommes étonnés aujourd'hui de la grandeur colossale de ses entreprises et du résultat de ses elforis pour procurer la civilisation à d'innombrables populations, à l'aide de la religion chrétienne. Ceux qui

ne voient dans Charlemagne qu'un prince guerrier et qu'un conquérant ne sauraient apj)récier à sa juste valeur cet homme extraordinaire, dont la réputation ne peut que s'augmenter aux yeux de ceux qui en connaissent mieux les grandes œuvres. Malheureusement, lorsque Charlemagne fut descendu dans le tombeau, l'art de bûtir, comme tous les autres, qu'il avait si })uissamment favorisés, déclina rapidement, et Charlemagne, avant de mourir, eut la douleur de voir, sans y pouvoir mettre aucun obstacle, les vaisseaux de ces pirates du Nord qui devaient semer dans son vaste empire tant de ruines et do deuil. Les descendants de cet empereur, princes pour la plupart faibles et incapables, ne surent pas continuer ce qu'il avait si glorieusement commencé, et furent impuissants à préserver la France des horribles dévastations des Normands. Bientôt notre pays fut couvert de débris, et bien loin d'entreprendre de nouvelles constructions religieuses, les populations n'étaient pas en état de réparer les désastres causés par l'invasion normande. C'est ce qui explique la justesse de l'expression adoptée par les antiquaires pour désigner sous le nom de renaissance le mouvement qui eut lieu dans l'art de bâtir et les arts qui en dépendent, dès le commencement du XI' siècle.

VI. A la fin du viii' siècle, Charlemagne travailla avec ardeur à la restauration des arts. Adrien I" et Léon III se montrèrent en Italie les dignes émules de ce grand homme dans cette noble entreprise ; mais ce furent encore les monuments de l'antiquité que les artistes de cette époque prirent pour modèles. Les admirables manuscrits ornés de njiniatures que cet âge nous a légués, les fragments de mosaïque existant à Rome, quelques restes de constructions, comme cette muraille de l'abbaye de Lorsch sur le chemin de Manheim à Darmstadt, et les chapiteaux du château de Ingelheim qu'on voit au musée de Mayence, sont autant de preuves qu'ils s'appliquèrent à conserver assez fidèlement lest\lede l'antiquité romaine. Néanmoins on ne peut méconnaître qu'une certaine influence byzantine n'ait commencé dès lors à se faire sentir : ce qui s'explique facUement par les relations de Charlemagne avec la cour d'Orient. Le style oriental se prêtait trop bien à cette richesse d'ornementation, que les hommes préfèrent la plupart du temps à la noblesse et à la simplicité, pour ne pas avoir eu une grande influence sur toutes les industries artistiques qui s'occupaient de produire les armes, les bijoux, tous les objets meubles, en un mot, à l'usage des grands. On peut s'en convaincre par la couronne de Charieuîagne que possèd ^ le trés.-^r de Vienne, où la forme est sacrifiée à la richesse de la mat'ère et à l'exhibition des énormes pierres fines dont elle est surchargée.

Ce que nous disons de l'époque de C arlemagne doit se rapporter également au temps oi!i régnèrent ses fils et ses pelUs-fiJs. La vive impulsion donnée par ce grand homme ne s'étriguit pas immédiatement à sa

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mort, et jusqu'il la fin du rè^ne de Charles le Chauve les arts reçurent encore des encouragements.

Si la sculpture monumentale des premiers siècles du moyen âge ne nous a légué que de rares débris, la sculpture appliquée aux objets mobiliers présente des spécimens plus fréquents dans ces feuilles d'ivoire qui proviennent de diptyques ou de la couverture de riches manusor ts.

VII. Lorsque Ch.u-lemagne voulut relever le culte des arts dans le vaste empire qu'il avait soumis à ses lois, il trouva, pour l'orfèvrerie, des artistes tout prêts à seconder SCS vues. Les églises furent abondamment pourvues de vases d'or et d'argent; les princ'.'S et les évéques rivalisèrent de magnilicence dans les présents dont ils dotèrent les basiliques restaurées et embellies parles ordres du puissant empereur. Son testament, que nous a fait connaître Eginhard, est un curieux témoignage des immenses richesses en orfèvrerie que possédait ce prince. Entre autres objets, il faut remarquer trois tables d'argent et une table d'or, d'une grandeur et d'un poids considérables. Sur la première était tracé le plan de la ville de Constanlinople, sur la seconde une vue de Rome ; la troisième, très-supérieure aux autres par la beauté du travail, était convexe et composée de trois zones qui renfermaient la description de l'univers entier, ligure avec art et tinesse. Ainsi, lascience et l'art avaient réuni leurs elTorts dans l'exécution de ces monuments.

Un assez grand nombre des pi us beil es pièces d'orfèvrerie que possédait Charlemagne le suivirent dans son tombeau. Son corps embaumé fut, dit-on, renfermé dans une chambre sépulcrale, sous le dùrae de l'église d'Aix-la-Chapelle. 11 était assis sur un siègede marbre orné de lames d'or et revêtu des habits impériaux, ayant au côté une épéa dont le pommeau était d'or, comme la garniture du fourreau ; sa tête était ornée d'une chaîne d'or à laquelle était suspendue une croix d'or renfermant un morceau du bois de la vraie croix, son sceptre et son bouclier, tout d'or, étaient suspendus devant lui. (Mabillon, Discours sur les anciennes sépultures dts rois; Mém. deVAcad. dts Inscript. , tom. H, pag. 698 et 699.)

Ces richesses tentèrent la cupidité des empereurs d'Allemagne, ses successeurs, qui s'en emparèrent : ce fut probablement lorsqu'en 1166 Frédéric Barberousse, qui avait obtenu de l'antipape Pascal la canonisation de Charlemagne, retira son corps du tombeau et partagea ses ossements pour les renfermer dans dos châsses. Los seuls monuments d'orfèvrerie qui nous restent de ce grand homrae, au témoignage de M. J. Labarto, sont sa couronne et son épé(^ [Introd. hist. à la descript. de la coilecl. Dcbruge, pa^. 215.)

CAROLLE. — Niche pourvue d'un siège et d'un [)upilre de pierre. On en pratiquait autrefois dans les corridors de quelques cloîtres : c'est là que les moines calligraphes se retiraient pour copier les marniscrïts. Il

Diction. d'Aucuéoi.oijie sachle. 1.

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pnraît qu'on donnait aussi ce nom à celles uni, dans quelcpies basiliques primitives, étaient |)ratiquées autour du presbylerium] et (ju'il passa ensuite aux chapelles du pourtour du chœur, lesquelles ont précédé de longtemps celles des nefs. Cette dénomination n'est plus usitée.

CARUKAUX. — On a employé, pour paver les églises, des carreaux de marbre, do pierre ou de terre cuite. Nous parlerons ailleurs des dalles en général , des pierres tombales et des carreaux de marbre ou do pierre qui s'y rap[)ortent.

On distingue des carreaux de terre cuite, destinés au pavage des églises, de diftérents genres. Il y en a d'une seule^teinte, dont la pâte est colorée dans la masse ; il y en a d'autres qui sont émaillés à la surface ; d'autres, enfin, sont incrustés de terres do diverses couleurs.

Les carreaux de la première espèce ont été le plus fréquemment employés, depuis le xn' siècle jusqu'au xvi*. Ils étaient ajustés ensemble, en assortissant les couleurs, de manière à former une mosaïque brillante et variée. Les couleurs dominantes étaient le noir, le rouge, le blanc et le jaune pâle. Le dessin formé par l'assemblage de tous les carreaux était encadré dans une bordure formée elle-même de carreaux ajustés différemment. Cette manière d'orner le sanctuaire, le chœur et les chapelles, était bien préférable au système employé communément aujourd'hui, et qui consiste Jo lus souvent à transporter dans nos églises es carreaux qui servent à paver les antichambres de nos apf>artements. Il est difiicile d'imaginer, si l'on n'a vu les ajustements des petits carreaux du moven ^ge , à quelle infinie variété de combinaisons so prêtent ces carreaux, qui n'ont que cinq à six centimètres de côté. Quelquefois chaque carreau est encadré dans de petites bordures aussi en terre cuite, d'une couleur tranchée, de façon à produire une espèce de réseau d'un etfet très-original et très-pittoresque.

Les carreaux sont parfo's découpés d'une manière très-ingénieuse, formant des figures fort élégantes et présentant par leur assemblage une mosaïque du me Heur goût, com-^ poséo de losanges, damiers, cercles entrelacés, broderies réticulées et festonnées avec une grande délicatesse.

A la richesse des formes et des assemblages vient s'ajouter l'éclat des couleurs les pL.s variées dans les carreaux émaillés et vernissés. Chaque carreau porte un dessin particulier, d'une couleur brillante, sur un fond également de couleur; ou bien il ne porte qu'une partie d'un dessin compliqué, qui se dével ippera à l'infini et se complétera par l'union de carreaux de même nature. Alors le pavé ressemble vraiment à la plus éblouissante mosaïque, et peut rivaliser en éclat avec les verrières peintes qui garnissent les fenêtres. L'ima,i;uiation des artistes du moyen âge s'est jiuée dans des combinaisons de couleurs et d'ajustements qu-

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