‹ Dictionnaire d'argot moderneChapitre 2 sur 12 · MODERNE · texte numérisé non relu

MODERNE

I Abbaye de Saintr-Pierre. Nom

Sue donnaient à la guillotine, y a une quinzaine d'années, les lauréats de Cour d'assises; .icu de mots sur saint Pierre et cinq pierres, par allusion aui cinq dalles qui formaient le plancher de l'écbafaud. Depuis qu'il est à ras de terre, c'est la l'Iaini: ronge, le Glaive ou encore la Veuve Raûbus.

Abbaye de s'offre à tooB. Maison de tolérance du temps ja-

Aborgoer (S'). Regarder avec attention, ouvrir l'œil, — dans le jargon des voleurs,

Abouler. Donner, compter, Aboukr de la braise, donner de l'argent. « Ecoppé, ma vieille I ~ akoule tes cinq ronds, n (Al.

Arnaud, iesZouaves, acte 1, 1 8S6.} — Aller, venir, abouler à ta taule, abavler icigo, aller à la maison, venir ici. H. Ch. Nisard fait sortir aboukr d'affouler, accoucher avant terme ; H. Fr.

Michel le lire avec plus de raison d'advolare, bouler k, d'où ébouler dans la langue régu-

Aboyeor. Employé chargé, dans une prison, d'appeler les prisonniers au parloir. — Individu qui crie des imprimés dans les rues. ■ — Crieur dans les ventes publiques, dans les bals de barrière, devant la porte de certains bazars. A l'Hôtel Drouot, le célèbre Jean, de grimaçante

type du parfait aùoyeur. — Dans les réunions publiques , les aboyeurs sont cens qui empêchent par leurs cris l'orateur de parler ou de continuer. (Le Subtime.^

Abracadabrant. Etonnant , I de l'ahsitithc. Cultiver l'ubsiii-

rreilleuï,

. . l'a, mot cahalistique auquRl on altriLuail des vertus mag'iques pour guérir la fiëvre, en le portaul au cou écrit d'une certaine manière. > Je n'avais jamais lu ces pièces qui m'avaient tant réjoui à la scène; je me figurais, comme bien d'autres, qu'elles avaient besoin du jeu abracadabrant de leurs interprètes. " (E. Augier, Préface du thédtre complet de Labiche , 1878)

Abracadabrantisins. Art d'écrire , de dire des choses étonnantes, insensées. i< Il faut bien que je me tienne au courant de . 1 abracadabrantisme. » (A. Del- Tau, Le Grand et le pelîl troltoir.)

Abmtir sur (S'j, Faire traîner un ouvrage en longueur; même signilicalion que s'endormir sur le rôti, mais plus courte et plus énergique.

Abs. Absinthe , par apocope.

— A sou lit de mort, un vieil ivrogne, frappé de paralysie, démenait sa bouche en d'alTrcuses grimaces, pour arrivera expectorer de minute en minute une série de abs, abs désespérés. On crut qu'il demandait l'absolution, et on lui dépêcha un prùtre.

A cette vue, la paralysie semble battre en retraite, tout le monde croilqu'un miracle va s'opérer... Le vient biberon a poussé un grand cri, il se lève sur son séant et, par un suprême ctTort du gosier, il lâche un formidable « N. D. D. l'absinthe I » retombe sur l'oreiller et meurt. C'était de l'absinthe qu'il demandait.

àhtinthafO.Habilude de boire

!. îf'abraca- thage, le livrer à Fabsinlhage.

Absinthe (Faire son). Pour les

profanes, c'est verser au hasard de l'eau dans un verre contenant un ou deux doigts de liqueur d'absinthe ; pour les fidèles, c'est la laisser tomber de haut, doucement, avec conviction, tantôt au milieu, tantôt près des bords du verre. Ils appellent cela » battre l'absintlie. »

C'est insulter un buveur d'absinthe que de lui offrir de " faire son absinthe. » Presque tous les dUettanli de la liqueur verte la boivent debout. Est-ce par rcs-

Eect. est-ce par suite d'une liaitude contractée devant le comptoir du marchand de vin?

Abaintbe en parlant (Faire 1').

Lancer, en parlant, de petits jets de salive, — dans le jargon des piliers de café. L'étyraologie est anccdotique. « Pelloquet est là, etdemancfe une absinthe, qu'on lui sert, sans lui apporter en même temps la carafe d'eau.

II parle — comme il parlait toujours — la pipe à la bouche, elposlitlonnant dans son verre...

— Eh bien? demande-t-il tout à coup, et la carafe? — Ne vous dérangez pas, garçon, crie une habituée : l'absmthc est faite. »

(Maiime Rude, Tout Paris au café.) « El avec cela, quand elle ouvrait la bouche pour jaser, elle faisait l'absinthe! » (Huysmans, les S<turs Vatard.)

Absinthe (L'heure de 1'). Avant dîner, entre quatre elcinq heures. Heure à laquelle on se rend au café pour prendre des apéritifs, 'Tel donne rendcï-vous è.

un ami, à l'heure 4e\aii%\ïL'ùia, qui n'a jaiuiiU çf va à! a\i^\o.VÎQa

de 3a vie. Dans les cafés littéraires, c'est l'heure où I'od a coutume de se réuuir pour prendre langue. « (Elle) est d'éclosion toute récente; elle date de l'épanouissement et de h splendeur de )a petite presse.., L'heure de l'absintke est la ré' sultante logique des échos de Paris et de la ekroniqjie. • (J.

Guillemot, Le Bohème, 1868.) — a C'était le temps où le timbre des pendules a commencé à sonner cette heure particulière, qui en dure deux ou trois, et qu'on a appelée l'heui'e de l'absinthe. » (Maume Rude.)

Usinther (S'). Boire de l'absinthe.

Absinthenr. Buveur d'absinthe. Privât d'Angle mont, une autorité, doûnc « absinthier * dans le m6me sens.

Ahsinthisme. Maladie particuhÈre aux buveurs d'absinthe.

Nom donné par le docteur Lunel à l'afTection chronique résultant de l'abusdecctte hqueur.

L'absinthisme conduit ses victimes à l'hystérie, l'épilepste, l'idiotisme et la mort.

Académicien. Terme de profond mépris lancé par lesromantiques de 1830 à la tôte de tous les bourgeois qui s'habillaicntà peu près comme tout le monde, pensaient et vivaient à peu prés comme tout te monde. « Quelle injure, alorsl tout homme à t^te chauve était académicien de droit, et, à ce titre, su bissait, etc.»

(J. Claretie, Petrus Borel le Lycanthrope.) « Il lui fit voir l'échelle ascendante et descendante de l'esprit humain... Comment ensuite Von ne comptait p/us, et que l'on arnVait par la

filière d'épitbétes qui suivent :

ci-devant, faux-toupet, aile de pigeon, perruque, étrusque , mâchoire, ganache, au dernier degré de la décrépitude, à l'épitbéte la plus infamante : Académicien et membre de l'Institut! » (Th. Gautier, Les Jeunes- ^hmce.)

Acaioa. Crâne chauve. — Avoir un bel acajou, un acajou bien luisant.

A cherche. A rien; pas un point; c'est-à-dire qui cherche à faire un point. Terme de joueurs d'écarté. A'ous sommes Irois à cherche.

Accent, Arçon. Signe d'intelligence entre voleurs. — Signal do reconnaissance. — Avoir de l'acoenl signifie être reconnu pour un voleur à certains signes.

Accommoder qnelqn'im à Ia ■ance piquante. Relever les ridicules de quelqu'un avec le filet de vinaigre de la parole, comme les cuisinières relèvent une' sauce avec un filel de vinaigre plus ou moins d'Orléans. Déjà au x\m' siècle, accommoder avait le sens de maltraiter. — Je l'ai pas mal accommodé à la sauce piquante. — Çanefn'étonne pas,il est assez cornichon pour ça.

Accordéon. Chapeau à claque, chapeau surletjuel on s'est assis avec ou sans intention. « T'es pas un frère ! tu m'as mis mon chapeau en forme d'accordéon. • (Le Triboukt du 22 fév. 1880.)

Accordeur de la camarde. Lo lurreau, lorsqu'il procède à la toilette du condamné à mort.

Accoi&ftui &tt itvuu». Uhei>

DICTIONNAIRE □ ARQOT MODEKNE. 6

sacré nom de n'importe quoi.

Un qui prend la taille des femmes pour un clavier, el qui pince, tapote et palpo comme s'il promenait ses doigts sur les touches d'un piano.

Accoucher. Se décider à parler. ~- Mettre au monde unij œuvre d'art, souvent d'antanl plus mauvaise que l'accoucbement a été plus laborieux.

AccroctaB-cœiirs. Mèche de cheveux que les souteneurs d<?

barrière portent plaquée sur la tempe, coiffure qu'ils affectionnent; d'od le surnom donné au souteneur lui-même.

Accrocher nu palatot. Mentir, — dans le jargon du peuple.

L'ouvrier qui a accroché son pa~ letot au Mont-de-Piété n'an-

temeiit à sa ménagère le prix de l'engagement. 11 escamote souvent une petite pièce au profit du marchand de vin.

Accrocher. Mettre un objet au Mont-de-piété. II est accroché au clou.

Acoqoiner (3'). Vivre en étal de concubinage. Mot à mot ; vivre avec une coquine. « H se faisait pitié maintenant à lui~ même, en pensant qu'il avait été jusque-là assez bon enfant pour rester acoquiné avec une ouvrière. » (Vast-Ricouard, Le Tripot, 1880 )

Acre. Pais! Silence! Exclamation lancée à l'atelier, soit pour avertir les camarades de sa taire ou de se méfier, soit pour annoncer l'entrée du patron. — Quand II }/ a de l'acre, lal, le patron n'est p;

content. C

id'aa

i abréviation

jets de consommation, gens qui suivent les modes disent Vaddition. " (Eug. Wnst^rn, Physiologie du dîneur.) « On n'a jamais souflert que le mot addition fût prononcé au Cafi de Paris. C'est ce que les gens bien élevés appellent la carte. » (Nestor Roqueplan, Parisine.) Malgré l'indignation de NeHor Roqueplan, 1c mot addition a pré~ valu; il est généralement employé par quatre-vingt-dix-neuf consommateurs sur cent.

Adjoint. Valet de bourreau, par euphémisme. « M. Roch (l'exécuteur des hautes œuvresl dit : Mon adjoint, » (Imbert.)

Âdiodant de manéga. Garde manège, par ironie, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

AH (Ean d'). Eau-de-vie.

n Vaffe pour la vie est de la plus haute antimiité. Troubler l'affre a fait les alTres, d'où vient le mot affreux, dont la traduction est ce qui trouble la vie. a (Balzac, La Dernière incarnation de Vautrin.) D'après H. Lorèdan Larchcy, aff est l'abréviation de paf, qui désignait autrefois

lu-de-v

Affaire. Vol en perspective.

— Affaire à la manque, procès.

Affaire (Avoir son). Avoir reçu une blessure grave. — Etre complètement soûl.

Affaire (Faire son). Battre quelqu'un, le tuer, « En attendant que Golo te fasse ton affaire. " (H, Crémieu et E. Trél'eu, Geneviève de ^lTo.'^)^HA^l n ou de i An xviii" avfecVe on ivftWiX. ". %«*■

affaires sont faites, pour : il est perdu, il est ruiné.

Affaires (Avoir ses). Avoir ses menstrues.

Affaires (Manquer ses). Perdre son temps avec un amant de cœur et négliger les amants sérieux, — dans le jargon des filles galantes.

Affaler (S*). S'échouer, s'étendre. S'affaler sur le pieu, se coucher, — dans le jargon du peuple. C'est un mot emprunté au vocabulaire des marins.

Affranchi. Voleur que les remords n'empêchent pas de dormir, c'est-à-dire affranchi de tout scrupule.

Affranchir. Donner des leçons de vol à un novice. Pousser quelqu'un au vol, corrompre un témom.

Affres. Reproches, blâme.

Affurage, Affnre. Bénéfice,— dans le jargon des voleurs.

Affnre. Avance d'argent sur un ouvrage, — dans le jargon des ouvriers. — La variante est :

Avoir du poulet.

Affurer. Voler, réaliser un bénéfice, — dans l'ancien argot.

Du latin fur, voleur.

Affût (Etre d'). Etre malin. — Un d'affût, un homme malin.

Futé est resté dans le langage régulier.

Affûter. Embaucher. — S'affûter, s'habiller. — Affûter ses pincettes, se préparer à sortir.

Affûter ses meules. Bien manger, bien jouer des mâchoires. Les meules sont les dénis qui servent à brojer les aliments. Chez les misérables,

elles broient trop souvent dans le vide. La variante est : Graisser ses meules.

Aganter. Attraper au vol; mot emprunté au provençal.

C'est eiiganter avec changement de syllabe. — Aganter une claque, attraper un soufflet.

Agcbilles. Outils, — dans le jargon des voleurs.

Agrafe Main. — Serrer les agrafes, serrer les mains.

Agrafer , agrif f er. Arrêter.

Dérivé de griper, prendre avec avidité, agriper et agraper.

Agrément de banque. Bénéfice réalisé dans la même journée à la Bourse. {Argot de la Bourse.)

Agrément (Avoir de 1'). Terme de coulisses pour signifier l'action d'être applaudi. « Mademoiselle Mars n'a pas eu d'agrément en voulant s'initier prêtresse de la muse tragique. »

{Petit dictionnaire des coulisses, 1835.)

Agrément (Se pousser de 1').

S'amuser, passer un moment agréable. Quand on a massé toute la semaine, il faut bien un peu se pousser de l'agrément le dimanche.

Aguicher. Attirer, — dans le jargon des voleurs. — Aguicher un sinve pour le dégringoler, attirer un imbécile pour le voler.

Aides (Aller à la cour des).

Une femme va à la cour des aides, lorsqu'elle donne un ou plusieurs collaborateurs à son mari. L'expression date du dixhuitième siècle.

Aiguille. Clé — Barbe de huit jours, — dawa \ft \w^o\i d^^

DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.

voleurs. Elle pique comme une aiguille.

Aigailler. Aiguiller la brème.

Disposer, corner une carte de façuu à ce qu'elle dépasse légèrement les autres; cela facilite le coupage dans le pont. La carie ainsi disposée s'appelle t'aiguille.

Elle conduit au pont la mam de celui qui coupe, comme une aiguille de chemin de for conduit un train sur telle ou telle voie.

Aignilteor. Gréa qui a {habitude d'aiguilUr la carte. Mot emprunté au vocabulaire des chemins de fer.

Aile. Bras. Attrapet mon aile pour Ut ballade. Donnez-moi le bras pour la promenade.

Aileron. Pied, main. « Qu'estce qui bronche ici? que je lui abatte un aileron. » {E. de La Bédolliére, Les Industriels.)

Aimant (Faire de 1'). Chercher à attirer l'attention, comme raimant attire le fer.

Aimer comme la coUqae. Détester.

Aimer comme sch petits boyaux. Ressentir une vive affection.

Air (Se donner de 1'). Se sauver. Les variantes sont : Se pousser de l'air, jouer la fl.lle de Cair. « Allons, môme, poussetoi de l'air! > {X. de Montépin, les Viveurs de Paris.)

Alarmiste. Chien de garde.

Albinos. Couleur blanche d'un jeu de dominos.

Albom. Chapeau à hante forme, — dans le jargon des char-

àicoolique. Pour alcoolisé, i

Ivrogne imbu des principes alcoohgues, saturé de trois-sii, récipient humain à absinthe,— dans le jargon des médecins.

La passion de l'alcool est tellement impérieuse chez certains ivrognes, qu'ils arrivent, faute de mieux, à absorber de l'alcool camphré. On en a vu même, en extase devant la boutique des pharmaciens, fairclesyeux doux aux bocaux à fœtus et avers solitaires.

Aligner (S'). Avoir affaire à, — dans le jargon du régiment.

S'emploie surtout dans l'expression : Allei donc vous aligner avec des types pareils! c'est-àdire : allez raisonner avec de pareilles brutes!

Aligner sur la pancarte (Se ', faire). C'est mot à mot, dans l'argot du régiment : Se faire aligner sur la pancarte des hom-

AUer da (T). Payer. Y aller de srs dix francs. — Y aller d'une, de deux, de trois, payer une bouteille, deux bouteilles, elc.

' — Y aller de sa goutte, de sa larme, pleurer, fitre ému jusqu'aux larmes. — Y être allé de

• fait I

î dé-

Y aller gaimar, faire quelque chose gaie- Aller arec nn homme. Se pi'ostituer à un homme, — dans le jargon dos lilles et de leurs souteneurs. — s C'est-y grossier ces nouvelles couches âoeiales ! dit une flile en s'écarlanl, comment peut-il y avoir des femmes qui aillenl avec ça? » (F. d'Urville, Les Ordures de Pans,\ Aller où \6 ml ii«ï«oNfe-Vit-

sonne. Aller auï lieux d'aisan- ', ces. La variaote est : Aller où le roi va à pied.

Alliance. Poucettes.

Allonger, Allonger de l'argent, s'Allonger. Donner de l'argent, c'est-à-dire allonger le bras pour payer.

Allonger (3'). Se laisser tomber dans la rue. — S'étirer les bras en bâillant.

Allamage. L'un des premiers deg:rés du thermomètre de l'i-

Allomé. Légèrement pris de Tin. — Enthousiasmé.

Allumer . Regarder avec soin, observer, — dans le jargon du peuple. M Tais-toi, Pivoine, le républicain nous allume » [A. Joly, Fouyou a» Lazary, Chans.)

— Dans l'argot des camelots et des marchands forains, allumer a le sens de surveiller l'acheteur, de veiller à ce qu'il ne chipe rien. — Allumer le ponte.

— Allumer le miston. On disait au iviii< siècle éclairer dans le même sens ; c'est le aliguem speculari de Cicéron.

Allumer. Enlhousiasmer, exciter l'admiration, surexciter.

— " Avec un costume neuf elle allumerait une salle. » (Huysmans, Marthe.) — Allumer U pingouin, exciter l'enthousiasme du public, dans le jargon des saltimbanques.

Allnmer. Stimuler un cheval à coups de fouet. — « Le pauvre gars apparut, tout ptétreencore, et se hissa péniblement dans la voiture. Après lui, madame y monta, puis, en route, allume l»

(L. Gladel, Ompdraillei, Le Tomieau-des-lutteurs. }

Allumes. Morceaux debois sec, — danslc jargon desboulangers.

Allnmette ronde (Atlr^er nne). Ressentir les premiers effets de l'ivresse ; une des nombreuseâ métaphores pour désila manière d être d'un ic soûl. A des degrés dion dit : Avoir sa cocarde, avoir son plumet, être dans Ui vignes, dans les brindezingues, avoir son compte, son affaire, sa pointe, un coup de soleil, un coup de jus, un coup de sirop, être tout chose, éméehi, parti, lancé, paf, pocftord, soûlot, soulard,

?avÉ, poivre, poivrot, raidecomme aile, raide comme la justice.

Voici, d'après M. Denis Poulot (Le Sublime], les marches de l'échelle alcoolique, dans l'argot des ouvriers mécaniciens :

ï" Attraper «ne allumette ronde:

il est tout chose ; 2° Avoir son allumette de marchand de vin : il est bavard et eipansit; 3" Prendre son atlumiitte de eampai/ne, ce bois de chanvre soufré des deux bouts : il envoie des postillons et donne la chanson bachique; 4" Il a son poteau kitométrigue : son aiguille est affolée, mais il retrouvera son chemin ; S" Enfin le poteau télégraphique, le pinacle ; soulographie complète, les roues palment, pas moyen de démarrer; le bourdonnement occasionné par le vent dans les faïences est cause du choi^.

Allumettes. Jambes longues et maigres. Prends garde, tes aliumettes vont prendre feu.

Allumeur. Juge d'instruction, — dans le jargon des voleurs.

Allnmenr. Entrai ne ur, père dans les bazars, les ventes publiques, les théâtres forains.

« Les aliiimeurs sont des employés am ga^es des saltinibanques, qui entraînent le public à leur suite, en donnant l'eiemple. » (G. Escudier, Les Saitimhanques.)

• Eiploil

crédult

(A. Pommier. Paris, isS7.)

AUnmease. Femme payée par l'administratioii d'un bal public pour danser et avoir l'air de beaucoup s'amuser. — Femme doDt le métier consiste à attirer l'atteution des hommes, à faire de l'œil, sur la voie publique, dans les théâtres, en chemiu de fer et ailleurs. Elle cherche â allumer sa victime, â l'incendier de son regard.

Alpa. — Vêtement. Abréviation d'alpaga. Se payer un alpa sasthne Jardinière ou système Godchau.

Alphonse. Joli jeune homme qui reçoit de l'argent des femmes séduites par sa beauté et ses complaisances. Type d'un

Bersonnage d'une comédie do :. Dumas fils. Fort à la mode un moment, le mot a déjà vieilli. A/pAonse deôarri^re. Souteneur de barrière. Le nom d'Alphonse, pour désigner un homme qui vit des générosités d'une femme, paraît être bien antérieur à la comédie de H. Dumas fils. 11 y a une vingtaine d'années, il devait avoir cours au quartier lalin, s'il faut en croire l'exemple suivant :

< L'an dernier, elle avait un Upbonse pour lequel elle (ra-

L vaillait du matin au soir et sauvent du soir au matin. L'Alphonse est parti. » {Petits Mystères du quaHier latin, fSliO.)

Altèque. Beau , eiccUent.

Valtar, d'où dérivent les mots altier, aililudc.

Amadonago. Mariage, — dans le jargon des voleurs.

Amandes de pain d'épice.

Grandes dents d'unglaise. Pour que rien ne se perde dans la langue métaphorique de l'argot, on appelle, par contre, " dents d'anylaiie >< les amandes de pain d'épice.

Amar, Amarre. Camarade, par abréviation, — dans le jargon des ouvriers. ^ Un amarre d'attaque, un ami dévoué.

Amatenr. Mot à mot : amateur du beau sexe, entreteneur éphémère. <( Si ce n'est pas sa femme (la femme du Suolime) qui est trop vieille et trop Inide, c est sa nile qui aura été vendue et que sa mère instruira dans l'art de rançonner l'amateur. B iLe Sublime.)Ea peinture, en littérature, l'amateur est un monsieur à qui sa fortune permet de cultiver les beam-arts sans chercher à en tirer un prolit quelconque. — Travailler en amateur c'est, en stj'le d'artiste, travailler peu et faire mauvais.

Ambassadonr. Cordonnier, — dans le jargon des voyous.

fA. Delïau.) — Souteneur bien vEtu. Le ha! qu'ils fréquentent

' d'ailleurs très connu sous le

n n d'ambassade. » — t Allons à l'ambassade » disent les artistes du quartier Pigalle qui veulent s'encana.\\\ftt <ii cwa cherchent, des 3M\ft\s SKuA^»

immorales. — Autrefois c'était un « ambassadeur d'amour. »

« C'est un ambassadeur d'amour. »

(Molière, Georges Dandin.)

Ambes. Jambes. — Suppression de la premi(^re lettre.

Ambulante. Fille publique.

Allusion aux marches et contremarches auxquelles ces demoiselles se livrent, avant de se livrer au public. Le mot remonte au siècle dernier. « Une belle soirée qu'elles étaient assises au pied d'un arbre, et interrogeaient les passants, s'ils voulaient s'amuser (c'est le terme technique avec lequel ces ambulantes expriment sous une image honnête Tacte de leur métier le plus malhonnête). »

(Anecdotes sur la comtesse Du Barri, 1776.)

Amendier Henri. Régisseur,

— dans le jargon des acteurs.

Cet employé est chargé de distribuer les amendes ; d'où le jeu de mots.

Amener (S'). Venir, se rendre à, — dans le jargon du peuple.

— « Amène-toi ce soir à ma boîte. » (Le Triboulet du 9 mai 1880.)

Amer. Bitter. Cette liqueur a le double désavantage d'être amère et corrosive.

Américain (L'j. Chemin de fer américain. Omnibus qui roule sur des rails; le précurseur des tramways en France. L'Américain dessert encore les lignes du Louvre à Versailles, Saint- Cloud et Sèvres et la ligne de Rueil à Marly.

Américain (Œil). Œil auquel

r/en n'échappe. Dans une ronde

éfes bagnes, on parle de cet œil

américain qui fait le succès des char rieur s.

« Pour être un voleur aigrefin Il faut un œil américain.

Pour détrousser un citadin, Ah ! vive un œil américain, »

(Léon Paillet, Voleurs et Volés.)

Américain r(ŒU). Œil fascinateur. Dans le monde de la galanterie, longtemps l'Américain a passé pour avoir le double mérite de posséder de l'argent et d'être généreux. Lorsqu'un homme paraissait réunir les conditions de générosité requises, il ne manquait pas de plaire à ces dames qui lui trouvaient Vœil américain. « Oh !

voilà deux petites femmes qui s'arrêtent... Elles s'asseyent devant nous... La brune me fait un œil américain. » (Paul de Kock, Le Sentier aux prunes.) Aujourd'hui, quand une femme dit à une autre : un tel a Vœil américain, traduisez : Méfietoi, ou méfions-nous, c'est un floueur. Elles en ont tant vu de toutes les couleurs et de tous les pays, qu'elles ne croient plus ni aux Russes, ni aux Américains.

Américaine (Vol à V). Vol au

change, un des vols les plus pratiqués à Paris, où il y a tant d'imbéciles à qui l'on fait accepter des rouleaux de plomb doré pour des rouleaux d'or, tant d'imbéciles qui se laissent prendre à des pièges encore plus grossiers.

Ami. Voleur émérite, d'après Balzac. Voleur qui professe un culte pour son métier, et ne met rien au-dessus du vol.

Aminche, Amuncbe. Ami. Les voleurs d\aeul eiveoT^ «n^c. Te-

doublement : Aminchemince , aminchemarj quand ils ne sont pas pressés. — Aminche d'affj complice. Mot à mot, ami d'affaire. Dans le jargon des voleurs, affaire veut dire vol.

Amocher. Donner des taloches ; pour moucher.

Amour de. Charmant, ravissant, fait pour plaire. « Il portait un amour de redingote noire. » (J. Barbey d'Aurevilly, Les Diaboliques, 1874.)

Amoureux de carême. Amoureux timide. Le peuple disait autrefois proverbialement :

Amoureux de carême, qui a peur de toucher à la chair.

Amoureux (Papier). Papier ui boit l'encre, — en terme imprimerie.

Amuser à la moutarde <[S').

Perdre son temps à des bêtises.

« Grande colère du père Duchène de voir les sans-culottes s'amuser à la moutarde. )> (Le père Duchène.)

Auastasie. Nom donné par les journalistes au bureau de la censure littéraire. Les dessinateurs la représentent toujours une paire de ciseaux menaçants à la main, fer aussi cruel pour les œuvres de l'esprit que le rasoir du chanoine Fulbert pour l'amant infortuné de l'infortunée Héloïse. — Un dessin de la Revue parisienne du 9 août 1877 représente une soirée chez Anastasie, avec cette légende : « Le domestique annonçant : MM. X., Y., Z., journalistes, dessinateurs. — Madame Anastasie (à un invité) : Soyez donc assez nimàble pour voir si on a servi

les glaces aux amendes et aux suspensions. »>

Auchois (Yeux bordés d').

Yeux dont les paupières rougies et tuméfiées figurent des lanières d'anchois. Quand on a vu une fois de pareils yeux, on est dégoûté des anchois pour la vie.

Aucien. Elè^e de deuxième année ou de première division dans une école militaire. (Saint- Patrice.)

Ancienne. Ancienne maîtresse.

— C'est une ancienne.

Ancienne. Ancienne fille galante exerçant un commerce. — « La propriétaire, une ancienne, fait la causette avec elle. »

(F. d'Urville, Les Ordures de Paris.) — « Certaines tables d'hôte souvent tenues par une ancienne. » (Idem.)

Anderlique. Homme dégoûtant, sale, malpropre, celui qui dit ou écrit des saletés. Allusion à l'anderlique, petit tonneau employé en vidange pour recevoir les résidus de la fosse. (Le Sublime.)

Andouille. Personne sans énergie. Grand défendeur d' andouilles , individu de haute taille, un peu sot. Les andouilles sont pendues au plafond. Il faut être grand pour les dépendre, et ce travail ne demande pas beaucoup d'intelligence. — « Le grand dépendeur d'andouilles, qui l'endormait, a aussi disparu. » (Huysmans, Gaulois du 26 juin 1880.)

Ane. Terme de relieur, boîte où tombent les rognures. Est-ce une allusion aux livres, qui, la plupart, conUcunowl IwwV^i!^^^ries?

Ange gardien. Accompagnateur d'ivrognes. Avant l'annexion des anciennes barrières, un grand nombre de marchands de vin avaient attaché à leurs établissements « des anges gardiens » chargés d'accompagner les ivrognes à domicile, de veiller à leur sûreté et de leur éviter le désagrément d'être dévalisés par les voleurs au poivrier.

Industrie disparue aujourd'hui.

Anges pissent (Les). Il pleut.

Anglais. Créancier. Avoir un tas d anglais à ses trousses. Par suite d'une vieille antipathie de race, le débiteur a octroyé au créancier le surnom d'anglais, ennemi.

Anglais. Menstrues. Allusion à l'uniforme rouge des soldats anglais. — Avoir ses anglais.

Les anglais sont débarqués.

Anglaise. Jeu de sous à pile ou face, jeu favori des voyous.

Anglaise (S'esbigner à, pisser à r). Quitter une société sans rien dire à personne. Cela évite des salutations et des serrements de main qui n'en finiraient plus.

Anglaise (Faire une). Se cotiser pour aller boire bouteille chez le marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers. — C'est ce que les Italiens appellent faire une Romaine, se régaler à la Romaine.

Angliche. Etranger. Après la restauration des Bourbons, les étrangers étaient des angliches pour le Parisien. — Homme dur. « Ça n'a pas de cœur, ce merlan-là, grommela-t-il, c'est un anffiiche. » (y, Hugo.)

Angonlème. Bouche, du vieux moi goule, gueule. — Se caresser VangouUme, faire bonne chère.

Anguille de buisson. Couleuvre. Plus délicate, au dire des amateurs, que l'anguille de rivière, de même que le chat est plus aimable à l'estomac que le lapin domestique.

Anisette de barbillon. Eau.

Annuaire sous le bras (Passer r). « Quand un officier est promu à l'ancienneté, on dit qu'il passe V annuaire sous le bras ou bien avec la protection de la veuve Berger-Levrault, laquelle est l'éditeur de l'annuaire. »

(Fr. de Reiffenberg, La Vie de garnison, 1863.) ^

Annoncier. Ouvrier typographe chargé de la quatrième Bage du journal, des annonces, n bon annoncier est très apprécié.

Anquilleuse, ou voleuse à la mitaine. Voleuse à la détourne qui s'attaque aux magasins de nouveautés. Habile à faire tomber un coupon d'étoffe, elle se sert de ses pieds, chaussés de bas en forme de mitaine, pour cacher la marchandise entre ses jambes, quilles, ce qui ne l'empêche ni de marcher, ni même de courir, quand elle sent la police à ses trousses.

Anse. Bras.

Anse du panier (Faire danser

1'). Gagner sur la dépense du ménage. L'expression remonte à l'an 1636. {La Response des servantes.) Faire danser est pris dans le sens de faire sauter, voler. C'est donc mot à mot :

faire sauter une partie de l'ar-

gent destiné à l'achat des provisions que protège l'anse du panier.

Anses (Panier à deux). Homme qui se promène avec une femme pendue à chacun de ses bras, et qui doit regretter de ne pas en avoir une troisième, tant il semble heureux et fier. Les militaires non gradés et nos bons villageois font souvent le panier à deux anses.

Anspezade. — Elève de première classe à l'école de Saint- Cyr.

Antif, Antifle. Chemin. — Battre Vantif, battre le pavé, le chemin. Au dix-huitième siècle, on disait dans le même sens :

Battre la calabre, par altération pour calade, montée.

Antif (Battre 1'). Espionner ; par altération pour antiile. « Je me défie maintenant des railles qui entrent ici pour battre ïantif. » (Imbert, A travers Parisinconnu.) C'est-à-dire mot à mot :

fréquenter l'église, faire métier de cafard, de jésuite.

Antifle, Antenne, Eglise, — dans l'ancien argot.

Antifier. Marier, — dans le jargon des voleurs.

Antique. Personnage à idées arriérées, mis à la mode du temps jadis. L'opposé de moderne,

Apic, Aspic. Œil, — dans le jargon des voleurs. C'est-à-dire as ae pique, allusion de forme, si l'on veut.

Apiéceur. Ouvrier tailleur qui fait la grande pièce, c'est-à-dire le paletot, la redingote, riiabit.

Aplatir. Réduire au silence, confondre son contradicteur. Le superlatif est : Aplatir comme une punaise.

Apoplexie de templier. Transport au cerveau par suite d'excès alcooliques. — Les templiers n'étaient pas précisément renommés pour leur sobriété. On a dit, pendant longtemps, boire comme un templier.

Apostrophe. SoufQet, coup de poing sur le visage. (Dict. des homonymes, Hurtaut, 1775.)

Apôtre. Doigt, — dans le jargon des voleurs. Les doigts ont la mission de dérober avec zèle.

Appnyer. Faire monter un décor, — dans le jargon des machinistes.

Appuyer sur la chanterelle.

Répéter, insister de manière à agacer. Inutile d'appuyer sur la chanterelle, fai compris.

Aquarium. Réunion de souteneurs. — Estrade d'un bal public de Paris qui leur est affectée.

Aquilin (Faire son). Faire la mine, crest-à-dire faire son nez aquilin.

Arabe. Avare, usurier. (Hurtaut, tiic^. des homonymes. 1775.)

Araigne. Crochet en fer dont se servent les bouchers pour accrocher la viande. Primitivement ces crocs à plusieurs branches avaient la forme de pattes d'araignées.

Araignée. Voiture montée sur roues très-hautes et pourvue seulement d'un siège. Elle a des airs de îauc\ievrL\ ^ Q^^av3L\iWSi»

Elle sert spécialement aux ma- Arcat (Monter nn). Mystifier

quignons pour essayer les clie- dans le but de voler. — Il y a

vaux. une dizaine d'années, plusieurs

Araignée de comptoir. Mer- personnes reçurent des lettres

cier, — dans le jargon des cou- f^'arcat, écrites par des prison-

lurières. Le mercier est tou- ^^^^^s espagnols et dans lesquel-

jours blotti derrière son comp- ^^s, en retour d'une certaine

toir comme l'araignée derrière somme, on s'engageait à révé-

sa toile. Envoyer le rouffion chez ^^^ l'endroit où l'impératrice

Varaignée de comptoir. Eugénie, en quittant la France,

Araignée de bastringue. Fille ^^f^J ""^^LT ^Z'tflJ'''''^

qui tend ses toiles dans les bals ''TX/fTn^!:^ Hl^l' T

rSurd^S i^ptiîeSeT^n^ rZeu^L fa'îeS ^ té' oui raccrochent : des araignées end^ secrétaire un^^ cass^ette 3. pzs.oaér.. Quœrens quem de- ^^utnant un" diza?^^^ 'de mU- *. . , * j lions. C'est toujours le même Araignée dans le plafond roman de la cassette enterrée, rAvoir une). Extravaguer par des plans qui serviront à la remstant. Le plafond figure le trouver et qui sont dans une crâne; l'araignée y file sa toile malle saisie qu'il faut dégager et empêche les idées de sortir et qui exige une certaine somme claires et nettes. qu'on demande aux destina- Arbalète. Croix à la Jean- taires de la lettre. » {Petit nette, qui est devenue plus tard Journal du i4 sept. i878.) la fameuse croix de ma mère, Varcat ou lettre de Jérusalem dont les dramaturges ont fait était pratiquée au xvia® siècle, une consommation effrayante, avec tout autant de succès que

a 7. les œuvres complètes de de nos jours. Nous en trouvons

. Dennery.) un exemple relaté dans le Paris

Arbalète de chique, d'an- métamorphosé de Nougaret, (an

tonne, de priante. Croix d'é- ^^I)

glise, - dans le jargon des vo- Arcavot. Mensonge, — dans

'®"^^' le jargon des marchands juifs.

Arbi. Arabe, — dans le jar- — ll est probable que Varcat

gon de nos soldats d'Afrique, des voleurs vient à'arcavot. W

«Eh l'arbi! combien ta viande?» se sera rencontré un voleur de

(Ant. Camus, l£s Bohèmes du juif qui aura propagé le mot.

rapeau.) Arche (Fendre 1'). Impor-

Arcasien. Malin, — dans 1 an- tuner,

Arcasineur. Mystificateur dou- -^F^^® ^^^^\ ^ ^')- .^^^^ ^"

y^^^'*'^^^,^*^''''^j^'''^"^r. '^. " quête d argent, courir après

b é dun filou. Se dit aujour- ^ débiteurs récalcitrants, d hui de celui qui exerce la

m en à) cité à domicile. Ardent, Chandelle, — dans

Tancien argot. — Ardents, yeux.

Ardoise (Avoir V). Avoir un compte ouvert dans une gargote, chez un marchand de vin, où le grand-Hvre est représenté par une planche d'ardoise.

Ardoise. Tête. — Chapeau. — Se fourrer dans Vardoise, se mettre dans la tête.

Argoter. Parler argot. Argo^ tier, celui qui connaît et parle l'argot comme un académicien est censé connaître et parler la langue française.

Argoteur. Celui qui parle l'argot comme certains faiseurs de romans font parler leurs personnages.

Argousin. Contre- maître, — dans le jargon des ouvriers qui comparent l'atelier à une galère.

Argnche. Argot, avec changement de la dernière syllabe.

Arguche. Niais, — dans le jargon des voleurs.

Aria. Embarras, obstacle, étalage de toilette. En patois champenois haria signifie tapage.

Aristo. Aristocrate — Pour Touvrier, un aristo est le monsieur qui porte des gants grisperle ; pour le voyou, c'est l'ouvrier qui se paye un cigare de dix centimes; pour le pégriot, c'est le voyou qui vient de ramasser un cigare à moitié fumé.

Arlequin. Epaves de victuailles recueillies pêle-mêle dans les restaurants, dans les grandes maisons, et débitées aux pauvres gens. La variante est : Bijou.

• En eifet, c'est une chose af-

chose affreuse, puisqu'elle a empoisonné deux hommes, la semaine dernière, l'un en vingtquatre heures. » (Le Titi, du 17 janv. 1879.) — Ça un arlequin, la petit' mère ! vous vous foutez de moi. . . c'est tout au plus du dégueulis.

Arme à gauche (Passer T).

Mourir, — dans le jargon des troupiers.

Armoire à glace. Quatre d'un jeu de cartes.

Armoire à poils. Sac de soldat d'infanterie.

Amache, Amac. Tromperie.

— Jouer l'amache^ duper.

Amache, Amac. Agent de police, — dans le jargon des voleurs.

Amau. Braillard, individu qui se répand en criailleries, dès qu'il s aperçoit qu'on veut lui faire du tort, qui renaude ,

— dans le jargon des voyous.

C'était, autrefois, le pante arnau, la dupe braillarde et récalcitrante. — Pourquoi avezvous assassiné cet homme? — Dame! mon président, il était aussi par trop amau,

Arpète. Apprenti, — dans le jargon des ouvriers. Par altération d'arpenté. L'apprenti, en effet, est toujours par monts et par chemins. 11 arpente l'atelier et les mes, à ses moments perdus, quand on ne l'emploie pas à des travaux qui le voueront plus tard à l'orthopédiste et au fabricant de bandages.

Arpion. Argot des chiffonniers.

Arpion. P\cd.l^'vvY^low,^Y\ffe \

îreuse que les arlequins,., uug [ d'où harponu^T. ^lom\iet ^^^

arpions, sentir mauvais des Arroser. — Ajouter de Tar-

pieds. gent à une somme engagée

Arquepincer. Dérober adroi- ^P'*^^. "" ^^up gagné à la ponte,

tement. — Prendre, surprendre — Risquer une nouvelle mise

avec adresse. — Un voleur ar- ^" banque après décayage, —

quepince un porte-monnaie, un ^^5? • J^^'^p*^ Y^s joueurs,

agent survient qui arquepince le Ordmairement, à la ponte, on

voleur. arrose après le premier coup

de gain. C'est mot à mot: ar-

Arracner du cniendent. At- ^oser le tapis avec de l'argent

tendre en vam en plem air. — tiré de la masse. A force cVarro-

Le Don Juan de comptoir qui, ^^^ g^ns succès, on finit par

les pieds dans la boue, attend gtre à sec

sa belle pour calmer les élans j^„^^ j, Verdouae. Ma-

de 1 amour, le voleur qui, au raîcher »w*i*wi*^w.

coin d'une rue, attend une pra- *

tique convenable pou? calmer Arrosoir (Coup d'). Verre de

les élans de la faim, arrachent, vm, tournée sur le comptoir du

l'un et l'autre, du chiendent. Le marchand de vin, opération qui

trop confiant créancier, qui at- arrose 1 estomac,

tend chez lui la visite d'un dé- Arsenal. Arsenic. Change-

biteur, arrache du chiendent en ment de la dernière syllabe,

chambre. Arsonner. Fouiller, — dans le

Arracher un pavé. Se livrer jargon des voleurs.

jargon aes voyous. ^^^^^ ^^ 1^^ ^^^^^ canaiUes.

Arrangemaner. Tromper, du- ArgooJUer (S'). Se compro-

per. Le grec arrangemane sa ^^ des arsouilles, hé-

dupe en la dépouillant de tout ^^ ^ crapuleux,

son argent. Arrangemaner aux ^ a 4 • Dff

petits oignons, duper d'une ma- Article de foi. Petit verre

nière tout à fait hors ligne. — d'eau-de-vie, — dans le jargon

Arrangemaner unaminche,ivahiv des ivrognes du dix-huitième

un camarade. siècle.

Arrondissement (Chef-lieu d'). ^^^^® ^^^? 1'). Faire valoir

^xuuuxDoc7iuc7ui.,uuoxuouu;. yj^g marchandise, faire ressor-

Femme dans un état de gros- ^j^ ^^^ ^^^^-^^^ ^,i^^ personne,

sesse avancée.^ ^^ boutiquier et la fille s'enten-

Arrondir (S'). Mettre de Tar- dent mieux que personne à

gent de côté. Mot à mot : ar- faire l'article,

rondir sa fortune. j^i^le (p^^é suri'). De com-

Arrosage. A-compte donné à plexion amoureuse. Mot à mot :

un créancier. porté sur l'article femme, dont

Arroser. Donner un à-compte ^^ Parisien fait une si grande

à un créancier. « A quoi bon consommation,

arroser ces vilaines fleurs-là? » Artie. Pain, — dans l'ancien

(V. Hugo, Ruy-Blas.) argot. — Artie savonné, pain

DIOTIOKNAIBE D AROOT MODERNE.

blanc; artie du Gros- Guillaume, pain noir.

Aitîllear. Ivrogne. Allusion aux caDQns des marchands de vin où les ivrognes allument leurs mèches.

bien garnie d'argent, — dans

le jargon des voleurs. A la plupart dfes Jeux, l'as est la plus belle carte.

Artilleur ds la pièce humide.

Infirmier militaire. — Pompier.

Artiste. Vétérinaire, — dans le jargon des voyous.

As. Les restaurateurs et les limonadiers désignent sous ce nom la tahle qui porte le numéro 1, et, par extension, le consommateur assis à cette table. C'est ordinairement la plus proche de la porte d'entrée, a Dans l'enceinte gastronomique, vous devenez un chiirre, unnumlïro... un pied de cochon à l'as; enlevez chaud! n (Léo Lespës, Paris dans un fauteuil.)

As percé. — As seul de sa couleur, — dans les mains d'un joueur de bouillotte. Les joueurs prudents n'engagent jamais le jeu avec un as percé.

Al de carreau. Ruban de la Légion d'honneur. — Sac de soldat d'infanterie.

As de carrean dans le dos (Avoir 1'). Etre bossu, — dans l'argot du régiment.

Ab de piqne. Le fondement.

— Ecusson en drap noir apposé au collet de la capote des soldats du bataillon d'Afrique.

As de piqne (Fichn comme 1').

Mal bâti, mal mis. Un individu fichu comme l'as de pique, un individu mal bâti ou mal mis. — Ouvrage fichu comme l'as de pique, ouvrage bousillé.

Al (Etre à 1')- Avoir la poche

Asphaltais. Faneur, celui qui : promène sur l'asphalte. ■ Mademoiselle Hélène est la plus charmante blonde qui, de mé- "oire d'asphaltais, etc. n (J, Soac.l La variante plus parienne est : Polisseur di'asphalte.

Asseoir (Allez vous). En voilà isez , laissez-moi tranquille.

Formule empruntée à celle dont se servent les présidents de chambre lorsqu'un témoin a terminé sa déposition.

Asseyez-vous dessus. Faiteataire k tout prii. Mot k mot :

étouffez SCS cris, au besoin, en asseyant sur lui. Se dit surtout , dans le monde des voyous , lorsqu'un enfant au maillot piaille. Asseyet-vous dessus, et que ça finisse.

Assiette an beurre (Avoir 1').

Etre un des heureux de ce monde, — dans le jargon du peuple. — Ceux qui détiennent l'assiette au beurre ont toutes les jouissances que procure la fortune et celles que procure une haute situation. — C'est donc toujours les mêmes qu'auront l'assiette au beurre f

Assoce. — Associée, — dans le jargon des couturières. Dans les grands ateliers de couture, les ouvrières travaillent deui à deuï, et elles s'appellent " associées. » Lapremiére associée

fait 1

i garnitures des

Assommoir. Débitde liqueurs.

comptoir de marchand de vin.

• Les assommoirs sont des mines à poivre ou boites à poivre, n (Le Sublime.) « J'entrerai en face, au petit assommoir, j' (Ad. d'Ennerj, Les Drames du cabaret, 1864.)

Assommoir [Poivre d']. Eaude-vie déhilée par un marciiand de vin de dernierordre. a L'caiide-vio servie dans les assommoirs est du... oui vitriol. Il esl incroyable que Testomac puisse supporter ce liquide. » (Le Sublime.)

Astic. Polissoir, — dans le

- dans

Asticot. Mal tresse d'i teneur.

Asticot. Vermicelle, le jargon des voleurs.

Asticot de cercnail. Verre de bière, — dans l'argot des étudiants, que les jeux de mois de ce calibre ne dégoûtent pa»

Astique (Faire V). Astiquer son fourniment, faire son lit, cirer ses bottes, — dans le jargon de Saint-Cyr. — « L'astique, une science très amusante de la grande manœuvre en plusieurs tableaux, qui sejoue entre les quatre murs de l'Ecole. > (B. Maizeroy, La Vie moderne, 2 aoftt 1879.)

As-tti fini! C'est-à-dire : astu fini de faire des embarras, as-lu tîni de nous ennuyer !

Atelier. Chambre à coucher, — dans le jargon des femmes entretenues. — Venez visita mon atelier.

Atigé. Malade. -~ PUmque aux atigés, hfipital.

Atlger. Malmener, frapper.

— Jtiger elier, défigurer.

Atout. Courage. — Avoir de l'atout, avoir du courage.

Atout. Contusion ; coup de poing. Retourner atout, donner une gifle.

Attache. Attachement, affection ; se trouve dans le diction, des homonymesd'Hurtaul, 1775.

Attaque (D'). Avec ardeur, avec courage. — Un d'attaque, c'est-à-dire un homme d'attaque, déLcrminé, courageux, bon travailleur. — Etre d'attaque, ne pas bouder à l'ouvrage, o II est arrivé de province, c'est un de nos pays qui est d'attaque. »

(Le Sabtime.)

Attelage (Double). Quatorze

3 rois au jeu de piquet.

Attignole. Boulette de charcuterie cuite au four. Le déjeu-

!T de bien des pauvres diables.

Attrapage. Réprimande. — Dispute. — Critique bruyante et souvent injuste de public à acteur. — « Ça va mal, ditMi- ^nou, radieux à Steiner, un joli attrapage, vous allez voir! »

(Zola, Nana.)

Attrape - Science . Apprenti cordonnier. Pour laver la tête à l'apprenti, les ouvriers la lui plongent plus d'une fois dans ie baquet de science, le baquet où trempent les cuirs.

Attraper. Réprimander. — Critiquer à haute voix, avec une malveillance marquée, soit une jiiëce, soit un acteur en scène.

Au ïviii' siècle, on disait enfreprendre dans le même sens. — Sattrajtcr, se disputer.

DICnONNAIRS D

Attraper le Itutre. Ouvrir une large bouche sans pouvoir

Eroduire lanote voulue, — dani!

: jargDD des chanteurs.

Attraper la lére. Payer pour autrui. — Recevoir un coup destiné à un autre.

Attrapenr. Critique malveillant, bru vaut et ignorant. L'attrapew s attaque à la pièce, aux auteurs, aux décors, au souflleur au besoin. C'est presque toujours un ami de l'auteur ou un impuissant ou un quidam entré au tbéitre avec un billet de fa-

At trimer les robanx. Faire courir les gendarmes. (Mémoires dun forçat ou Viiiocq dévoilé, glossaire d'argot, 1829.) Jttrimer est un augmentatif de tti-

AnlKlde (Donner r).Faire un sa-

criflce matinal à Vénus. (]ivii*siècle.) C'est mot à mot : donner l'aubade amoureuse. Félix qui potuit.

Anm&nier. Variété de voleur à la détourne. Un gentleman est, chez un "joaillier, en train de choisir dans un fort lot de bagues à brillants, lorsqu'une tête de mendiant apparaît à la porte. L'acheteur met la main à la poche et glisse au pauvre diable, avec deuï ou trois sous, une ou deux magnifiques bagues de la collection. Le gentleman est un filou, le mendiant, un compère.

Ans. — « Chaque saison a ses articles défraîchis, et même démodés, ses a'ùs, dans la langue de magasin. • (Commis et demoisetks île magasin, 18ti8.)j — A&s, dans le même jargon, 1

I signiDe encore une personne qui ne sait pas au juste ce qu'elle veut acheter, un tatillon qui tourne, retourne la marchandise, f..it tout étaler et s'en va comme il était venu; la terreur des commis de magasin.

Aujourd'hui, aùê n'est usité que dans ce dernier sens.

Autant, Mot très employé au régiment, et qui a plufiieurs acceptions. Signifie : je me trom- Ee, c'est-à-dire. Ex. : « Qu'a dit pieii de banc? Il n'a rien dit...

autdi, i, il a dit comme ça que let hommes de corvée seraient de corvée, j) — Veut dire encore : à recommencer. — Ça ne va pas ce mouvement, autant. Se dit, aussi, très souvent, dans le sens de :

« Pc'Vj:-Iu m'avancer mon prit, je n'ai pas le rond ? — Auiani. «

Autel de beBoin. Fille publique, — dans le jargon du peuple.

Antor et d'Achar (D'). D'autorité et avec acharnement.

Terme employé par les joueurs d'écarté, lorsqu'ils jouent sans aller auï cartes. Jouer d'aulor cl d'aekar. — faire de l'autor.

Prendre des airs autoritaires.

An trot. Vite, dépéchez-vous, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Allez me seller mon cheval, au trot. — A ta charge. A toute vitesse, prompt comme l'éclair. Aussitôt le coup fait, je pars à la charge.

Autre {L'). Nom quj, bous la Hestau ration, donnaient à Na-

Soléon I"' les militaires restés dèles à leur empereur, qu'ils appelaient aussi l'Ancien , c'està-dire l'autre souverain. — L'an-

DICTIONNAIRE D ARGOT MODERNB.

tre, cet autre, désigne une personne qu'on ne veut pas nommer ou citer. « Mais feignant de croire, comme dit l'autre, qu'il (le corps humain) est né ae sa propre puissance. » (L.

Veuillot.) — Pour un homme marié, l'attire c'est sa maîtresse, l'autre femme. Pour la femme mariée, c'est l'amant. — Etre Vautre, être dupe. « Vous criez quand les garçons demandent ae l'argent, vous dites qu'ils dérangent la partie : avec tout ça, c'est moi qui suis Vautre. » (A.

de Gaston.)

Auvergnat (Avaler F). Communier.

Auverpinches. Gros souliers comme en portent les Auvergnats.

Avale-tont-crû. Voleur qui exploite les bijoutiers. Il est myope, paraît-il, car il examine de si près les diamants non montés, qu'il lui arrive toujours d'en avaler un ou deux parmi les plus beaux. Mais il les rend...

chez lui, avec ou sans le secours d'un purgatif, suivant qu'il est plus ou moins pressé.

Avaler sa gaffe.* Mourir, dans le jargon des marins. — « D'un jour à l'autre on peut avaler sa gaffe. » (E. Sue. Atar-Gull, i832.)

Avaler son poussin. Etre renvoyé, — dans le jargon des peintres en bâtiment.

Avaler la douleur. Boire un

Î)etit verre d'eau-de-vie. a Alons, dégourdi, avale la douleur! » (A. de Liancourt,le Rideau levé sur les mystères de JParis, 4844.)

Avaler son absinthe. Faire contre mauvaise fortune bon visage, endurer avec résignation quelque désagrément.

Avaler le goujon. Mourir; expression populaire , plus usitée au commencement du siècle que de nos jours.

« Mais si j'tenions sur mon bord » Monsieur Pitt, par la ventredienne !

» Oui j'U frais faire le plongeon, » Oui j'ii frais avaler le goujon. »

(Pus, choM., 1806.)

Avaloir, Avaloire. Gosier. — 0"^/ ûva/oir/ quel mangeur intrépide !

Avant-postes. — Seins. « Il y en eut un qui, tenté par ses maîtres avant-postes de chair vive, voulut prendre des libertés avec elle. » (J. Barbey d'Aurevilly, Les Diaboliques, 1874.)

Avant-scènes. Seins qui tournent au majestueux.

Avoine. Eau-de-vie, — dans le jargon des troupiers. C'est la ration d'eau-de-vie qu'on distribue aux soldats en campagne.

Avoir encore (L'). Avoir ce qu'une jeune fille doit perdre seulement le jour de son mariage.

Avoir quelqu'un quelque part. Mépriser quelqu'un profondément, se moquer complètement des observations de quelqu'un. Les variantes sont :

Avoir quelqu'un dans le derrière, avoir quelqu'un dans le cul.

Aze. Ane, homme qui n'est pas au courant de son métier.

Mot tïès \is\ié aux. xyu® et xviiie

DICTIONNAIRE D'aRGO MODERNE.

siècles et emprunté au provençal.

« Un barbier y met bien la main, M Qui bien souvent n'est qu'un vilain, » Et dans son métier un grand aze. »

(ScARRON, Jodelet maitre et valet.)

Azor (Appeler). — SifUer, — dans le jargon du théâtre. — a Qu'est-ce que c'est? est-ce qu'on appelle Azor? » (Musée Hhilipon.)

Baba. — Pour ébahi, — dans le jargon du peuple ; en ôtant la première et les deux dernières lettres et doublant la syllabe BA.

Babillard. Journal. — Griffonneur de babillards^ journaliste.

BabiUarde. Lettre.

Babillarde. Montre, pendule.

Babouin. Petit bouton qui vient sur les lèvres, après avoir bu dans un verre malpropre ou après quelqu'un de malsain ou simplement parce qu'on est malsain soi-même. — Chez beaucoup de femmes, signe précurseur de l'indisposition mensuelle. Vient du vieux mot français 6o6ou, jeu d'enfants qui consistait à faire la moue.

Babouine. Bouche. Babouinery manger.

Bac. Baccarat, nom d'un jeu de cartes. « Ce serait bien le diable sll parvenait à organiser de petits bacs à la raffinerie. »

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Bacchantes (Les). La barbe et principalement les favoris, — dans le jargon des voleurs.

(Rien des prêtresses de Bacchus.J C'est un jeu de mots un peu forcé sur bâche et dont a été formé bacchantes; mot à mot : celles qui couvrent. |

Bâchasse. Travaux forcés, — dans l'ancien argot.

Bâche. Casquette. Elle couvre la tête comme la bâche couvre la marchandise.

Bâche. Enjeu, — dans l'ancien argot des Grecs. — Faire les bàcheSy bachotter^ établir des paris entre compères dans le but d'exploiter des dupes. Allusion à la grosse toile nommée bâche qui sert à garantir une marchandise. La bâche garantit le iloueur contre les mauvaises chances du jeu.

Bâche. Drap, — dans le jargon des troupiers, qui ne couchent pas précisément dans de la batiste. — Se bâcher, se mettre dans la bâche ^ se coucher.

Bacho. Baccalauréat. — Bachelier. — Passer son bacho, passer son baccalauréat. — Piocher son bacho, travailler à son baccalauréat.

Bachelier. Préparateur au baccalauréat.

Bachotteur. Grec, floueur. — Dans une partie de cartes ou de billard, le bachotteur remplit le rôle de compère. 11 flatte la dupe, la conseille et contribue à la faire plumer.

Bacreuse. ^ocIû^, — ^^\i^\^ jargon des ouNr\eT^%

DICTIONNAIHE D ARGOT MODERNE.

Badigeon. Kfird. — C'est le pigmealum de Pline, le furus de Cicéron. — Se coller du badigeon, se farder.

Badigeonner. Mettre du fard.

C'est ue que Racine appelle :

" Réparer des ans l'irréparable outrage. >■ — Se badigeonner, se farder.

Badigeonner la lemme an pnits. Mentir. Mot à mot : farder la vérjlé au moyen d'un coup de badigeon. La femme au puits, c'est la vérité, — dans le jargon des voleurs qui se sont quelque peu frottés au mur de la littérature.

Badigoinca. Joue. — Se caler les badigoinces, manger.

Badines. Jambes. « Un gros terrier, sortant d'une porte cochère, avait voulu lui noulotter les badines. » (La Petite Lune, 1879.)

Badingnet, Badingne. Sobriquet donné à Louis Napoléon, il parait que c'était le nom du maçon sous les habits duquel le prince s'évada du fort de Ham.

« Ce fut dans cet accoutrement qu'il traversa trois cours, des baies de soldats, des groupes de geAliers et de maçons. Au moment de sortir, il avait encité la curiosité assez inquiète de deux de ces derniers, qui paraissaient étonnés de ne pas le connaître, quand l'un d'eux dit à l'autre : Non, ce n'est pas Berton, c'est Badtnguet. Ltcost de là. qu'est venu ce nom depuis si populaire. > (Pb. Audebrand, Jlùistration du 1" septembre 1817.)

Badingniste. Terme de mépris àosi se servent les

régime impérial pour désigner un partisan de Napoléon III, quand ils ont l'aménité de ne pas lui donner du t badiiiyouin, du badingueusard ou du badingoinfre. » n Le i septembre ne fut-il pas pour les badiiigoinfre$, la plus inespérée des solutions. > (G. Guillemot, le .Mot d'Ordre du ii septembre 1877)

Badonillard. Viveur, épicurien, ami des plaisirs, de la bonne cliére et des bals publics.

Le Badouillurd, une des nombreuses incarnations du Bousingot, s'est épanoui de 1840 à ISaO.

La société des Badouillards fut, dans le principe, composée d'étudiants. Pour faire partie de cette société, il fallait subir honorablement certaines épreuves.

il y avait celle du diner, de l'ingurgitation du cbampagne, du punch et des liqueurs fortes, de l'engueulemcnt, du duel, des nuits passées, du bal. Celui qui sortait triomphant de cette série d'épreuves, dont la santé et souvent la raison étaient les enjeux, celui-là était proclamé :

« Badouittard. » — » Le foyer de l'Opéra était envahi par une multitude de charmants cureurs d'égouts, de délicieux badouillards. » (Ifus^e Philipon, les bats masqués.) — * Grande charte des badouillards. Art. 2. — Tout badouillard qui ne sera pas ivre en entrant au bal, sera privé de ses droits civils. >• {Physiologie du Carnaval, 1842.)

Badotullarde- Femelle du badouillard. « Toute badouillarde devra prouver à la société que, des pieds à la tête, elle nejiosséde aucune infirmité. • (Physiologie du Carnaval, 1842.)

DICTIONNAIRE DE L'aRGOT MODERNE.

Badouille. Homme qui, dans son ménage, ne porte culotte que nominalement.

Badouiller. Courir les bals publics, les lieux de débauche,

— dans le jargon des viveurs d'il y a trente ans.

Baffre. Soufflet. — Coller une baffrCy donner un soufflet.

Bafouiller. Bredouiller.

Bafouilleur. Bredouilleur. — BafouUleuse, bredouiUeuse.

Bagatelle (La). Sacriflce à Vénus. — Faire la bagatelle, sacrifler à Vénus.

Bagnole. Petite chambre malpropre.

Bagon. Facilité d'élocuiion pour ne rien dire, éloquence factice qui en impose aux sots.

Les charlatans ont du bagou, soit qu'ils parlent sur la place publique, soit qu'ils débitent leurs boniments du haut d'une tribune. Le- bagou n'est que la fausse monnaie du véritable esprit de repartie. Il a été détrôné par sa sœur la blague.

Bagou, Bague. Nom propre,

— dans le jargon des voleurs.

Baguenaude. Poche. — Baguenaude à sec, poche vide. — Baguenaude ronflante , poche garnie d'argent.

Baguenauder. Se promener, flâner, paresser, — dans le jargon des voyous. C'est-à-dire avoir les mains dans les baguenaudeSy dans les poches.

Bahut. Ecole, pensionnat, — dans le jargon des écoliers. — Ecole de Saint-Cyr. « On est heureux en sortant du bahut à! sisoir. sa chambre, son ordon-

nance, son cheval. » (V'° Richard, Les Femmes des autres, i880.)

Bahut. Mobilier. — Bazarder tout le bahut, vendre tout le mobilier.

Bahutée (Tenue). Tenue très soignée, tenue élégante, — dans le jargon des troupiers.

Bahuter. Faire du tapage.

Au xvn* siècle, ce mot signiflait faire plus de bruit que de besogne, par allusion aux ouvriers bahuteurs ou layetiers, « lesquels, après avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutiles, avant d'en cogner un autre. » (Ch. Nisard, Parisianismes.)

Bahuteur. Ecolier turbulent, mauvais écolier (jue l'on change souvent de pension.

Baigne-dans>le>beurre. Souteneur de fllles. Allusion au beurre dont le maquereau est friand, à ce que prétendent les gourmets.

Baignoire à Bon-Dieu. Calice.

Bailler au tableau. « Terme de coulisses qui s'applique à un acteur, qui voit au tableau la mise en répétition d'une pièce dans laquelle il n'a qu'un bout de rôle. (A. Bouchard, La Langue théâtrale, 1878.)

Baillive. — Nom donné anciennement à une maîtresse de maison de filles. Les variantes de l'époque étaient : Supérieure, maman, abbesse, maquerelle. La dernière a surnagé jusqu'à nous.

Bain-de-pied. Excédant qui tombe d'un petit verre de liqueur dans la sovicouçe. — JL^lcédaul de caië c^\ vaûw^^X^

soucoupe. — Une demi- tasse, sans bain-de-pied.

Bain qui chaaHe. Soleil ardent qui sera suivi de pluie.

Bain (Prendre nn). Boire beaucoup, — dans le jargon des ivrognes. C'est un amarre que j'attends pour aller prendre un bain. Nous avons pris un fameux bain.

Baiser (Se faire). Se laisser tromper grossièrement, se laisser voler. — Etre baisé, être trompé, avoir le dessous dans une affaire d'amour, dans une affaire quelconque, dans une partie de jeu. « — Capitaine !

— Commandant? — Vous allez faire la partie de la colonelle; attention ! pas de blagues, pas de mots risqués. — Ayez pas peur... je veux que le tonnerre de N. D. D. m'emporte si... »

On joue : Le capitaine (annonçant :) — a Le roi, {entre ses dents :) un foutu gueux. » — La colonelle : « La damé de pique. »

— Le capitaine : « Je lui fends le c... (d'une voix de stentor :) atout, ratatout, le pddl de mes...

moustaches et je prends tout...

vous êtes 6aisée, ma petite mère. »

Baiser le cul delà vieille. Ne

pas marquer un seul point dans une partie de cartes.

Baisser la tête. Perdre au jeu, être vaincu dans une partie de cartes. {Jargon des marins,) — Baisse la tête, tu as perdu.

Bal. Prison. — Poteaux de bal, amis de prison. Bal est l'apocope de ballon qui a la même signification en argot.

Bal (Donner le). — - Donner iwe volée de coups, a M"* An-

got : — Ouin, quand j' t'aurons encore donné 1 bal. » (Le nouveau Vadé.)

Balade. Promenade, flânerie.

« Je m'aboule pour une balade. »

(Huysmans, Les sœurs Vatard, 1879.) — Faire la balade, être en baladey se promener.

Balader, se balader. Marcher, se promener. Ce mot avait, il y a quelques années, le sens de ne rien faire, se croiser les bras.

Autrefois on appelait baladinages les danses du peuple.

Balader. Choisir, chercher, — dans le jargon des voleurs.

Baladeur. Flâneur. — Baladeuse, coureuse de plaisirs.

Baladeuse. Voiture de bimbelotier forain. (L. Larchey.)

Balai. Dernier omnibus qui rentre au dépôt, — dans le jargon des conciucteurs d'omnibus.

Ils appellent l'avant- dernière voiture : le manche^

Balai. Gendarme, agent de police, — dans le jargon des camelots et des marchands ambulants.

Balai de l'estomac. Epinard.

Balai neuf (Faire). Etre rempli de zèle; bien faire son service ; contenter ses maîtres les premiers jours, — en parlant d'un nouveau domestique.

Balancer. Jeter au loin, renvoyer, envoyer promener.

« Quand votre femme vous ennuie... Toc ! on la balance, » (E.

Grange etLambert-Thiboust. La Mariée du Mardi -Gras.)

Balancer sa canne. Passer du vagabondage aà\ vol.

Balancer le« c&iaAsifl. Regar-

der de tous les côtés, jeter les yeux à droite et à gauche, — dans le jargon des voleurs.

Balancer le chiffon rouge.

Parler. Le chiffon rouge figure la langue. Allusion de couleur. Mot à mot : lancer la langue.

Balancer ses halènes/ Se retirer du commerce du^vol. Mot à mot: jeter ses halènes j ses outils.

Balancer la tinette. Vider le haquet aux excréments, — dans le jargon des troupiers. — Quitter un endroit, vider les lieux, jeu de mots facile à saisir.

Balancer le chinois (Se) . Se hvrer à Tonanisme.

Balanceur de braise. Changeur.

Balançoire. Mensonge, mystification.

tt Tout est ici balançoire ou ficelle, » Sages Mentors, ne vous en offensez ; » Depuis le haut jusqu'au bas de l'échelle, » Nous balançons ou sommes balancés.»

{Les Balançoires de la jeunesse, 1S61.)

Envoyer à la balançoire, envoyer au diable.

Balançon. Marteau de fer, — dans le jargon des voleurs.

Balandrin. Balle de colporteur.

Balayer les planches. Jouer dans une pièce qui sert de lever de rideau, — dans le jargon des comédiens. « Ayez donc du talent... pour balayer les planches. » (Ed. Brisebarre et Eug, Nus, La Route de Brest, acte IV, scène 1.)

Balayeuse. Jupe à traîne dont la mode a suivi celle des crinolines. Fausse Jupe garnie de

dentelles et cousue après la robe, — mode de 1876-1879.

Balayeuse. Femme qui porte une longue jupe de robe dont elle balaie le pavé. On les a aussi appelées: « La joie des balayeurs, »

Balcon (Il y a dn monde an).

Locution qui sert à désigner une femme avantagée sous le rapport de la gorge.

Balconnier. Orateur qui parle du baut d'un balcon à une foule plus ou moins en délire ; vocable dont, pendant quelque temps, ont abusé les adversaires politi(|uesde M. Gambetta pour le désigner.

Balconniére. Demoiselle sans préjugés qui, du haut de sa fenêtre, appelle le client.

Ballahile. Art de mettre en scène des masses chorégraphiques, et d'en composer la figuration. « Perrot était de première force sur le ballabile, »

(Ch. de Boigne.)

Baleine. Lame, vague de la mer. « Veux-tu fermer la bouche, braillard, lui dit Simon, ou tu avaleras la première baleine qui tombera à bord. » (E. Sue, Atar-GuU, 1832.)

Baleine (Rire comme une).

Rire à gorge déployée, en montrant une large bouche.

Ballade, Goguette balladeuse.

« C'est la chanson courant de salle en salle, sans domicile fixe, s'installant aujourd'hui là, demain ici, évitant avec soin la périodicité et l'œil des agents. »

(Eug. Imbert, La Goyuctte et tes Igogueiiiers^ V^%>^

Balladeuses (Les). Testes, — dans l'argot des barrières.

Ballant. Bras, — dans le jargon des barrières. Les voyous marchent les bras ballants; d'où le surnom.

Balle. Ballet.

Balle. Secret. « SHlcrompesa Madeleine, il aura ma balle, » s'il sauve sa Madeleine, il aura mon secret. (Balzac.) Mot à mot; ce

3ui est caché dans ma balle, ans ma tête. — Faire la balle de quelqu'un^ suivre les instructions de quelqu'un. « Fais sa balle, dit Fil-dc-Soie. » (Balzac, La Dernière incarnation.)

Balle. Figure, tête, physionomie. « Oh c'tte balle! » (Th. Gauthier, Les Jeunes-France,)

Balle. Pièce d'un franc. Une balle, un franc. Cinq balles, cinq francs.

Balle. Occasion. Rater sa balle, manquer une bonne occasion.

Balle (Rond comme). Pleinement repu. Être rond comme balle, c'est avoir à peine la force de bouger, tant on a bu et mangé.

Ballon. Derrière. — Enlever le ballon, donner un coup de pied au derrière.

Ballon (Gonfler son). Commencer à donner des signes de grossesse. — Quand ma tortue aura fini de gonfler son ballon*

Ballon. Postiche en crinoline

3ui avantage les femmes par arrière. « On a beau dire, Paméla ; femme sans ballon, oiseau sans plume. » (Grévin.)

JBaUoB. Prison, — Être en bal-

Ion, être en prison. C*est une va' riante d'être emballé, et une allusion à l'état de l'aéronaute entre ciel et terre, c'est-à-dire mis dans l'impossibilité de s'échapper de la nacelle.

Ballon, le ballonné. « C'est la danse qui bondit et rebondit, ui vole, c'est Taglioni. « (Ch.

e Boigne.)

Ballon (Gargner son). Relever ses jupes. Les jours oïl il lansquine, il y a un tas de pantes à reluquer les flûtes des gonzesses qui carguent leurs ballons. Les jours de pluie, il y a un tas d'imbéciles occupés à regarder les jambes des femmes qui relèvent leurs jupes.

Ballon (Monter en). C'est une vexation qu'au régiment on fait subir à un nouveau venu. Dans les régiments de cavalerie, les lits sont adossés à une cloison en planches, appelée le6os-/lancpar analogie avec les cloisons de bois qui séparent les chevaux ; cette cloison ne monte pas jusqu'au plafond. Pendant la nuit, on entoure le lit du patient au moyen de deux cordes à fourrages qui font nœud coulant, puis au signal : « Comptez- vous quatre, »

quatre hommes tirent les cordes passées hur le bas-flanc, et la victime enlevée se trouve bientôt suspendue à deux ou trois mètres, quelquefois le lit sens dessus dessous; ce qui ne laisse pas d'être fort amusant... pour ceux qui ont organisé cette aimable farce.

Ballonné. Emprisonné. — Soufflé par les roublards et ballonné à la pointue, pris par les agents de police et enfermé au dépôt de la préfecture.

DICTIONNAIRE D'aROOT MODERNE.

lailleurs. — U y a du ballot, il n'y a pas d'ouvrage.

Balloter. Manquer d'ouvrage.

Balloter. Jeter, — dans le jargon des voleurs. — Balloter un client avalant, jeter un homme à l'eau après l'avoir TOlé. Avalant rient d'aval; le corps suit )e cours de l'eau.

(L. Larchey.

grand Chicard, l'empereur du carnaval, le protecteur de la confédération des flambards et balochards. » [Musée Pkilipon.) Balocher. Courir les bals à l'époque où fleurissaient balochards et baiockeuses.

Baloaf. Excessif. C'est, sans doute, une altérationde balourd.

— Une raclée balouf, — dans le jargon des voleurs.

Baltliazai. Festin, grand repas.

Balncliaii. Petit paquet. — Enleiier le baluchon, « Voyons, laisse là ton balucbon.» (Iluysmans, Marthe.)

Batihan. Boiteux, boiteuse. Le banban, la banban.

Banc (Pied de). Sergent, — dans le jargon des troupiers.

Banc du ciel. En terme de carrier, c'^îst le lit de pierre

I Banc (Envoyer aa). Congédier,

' renvoyer. ( V. Envoyer au blanc.) Bande d'air. Frise peinte en bleu pour ligurer le ciel dans les décors de Ibéâtre.

Bande à l'aise. Homme mou, sans énergie. Homme froid avec lus femmes, celui qui marque au tliermoméire de l'amour.

ce Non possumus. a voilà leur

Bande (Coller sons). Mettre quelqu'un dans une siluation difficile, — réduire son contradicteur au silence. — Allusion k l'embarras du joueur de billard dont la bille touche la bande.

Bander la caisse. — Se sauver en emportant la caisse. — Allusion à la bande de papier que les directeurs de théâtre font coller sur les affiches pour cause de relâche.

Bannette. Tablier.

Bannière. Cbeniisc. Quand tu auras fini de te promener en bannière. On dit également : 6annià'e volante.

Banqne Troupe de théâtre, — dans l'ancien argot des comédiens. B te jonie quiest àvotre ordre est-il de la banque 7 Celui qui est à côlé de vous est-il un comédien? >■ {Mémoires de Dumesnil . )

Banqne. — Ruse, frime. — " C'est une banque. » (Scribe, L'honneur de ma fille, 1836.)

Banque. Métier du saltimbanque.

Banqne Association entre escrocs. Art de flouer son procbain.

Paire une banque, coimàtïct awi escroquerie.

DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.

Banque. Paye des

typographes.

Baii<ine (Etre de la). Etre de complicité dans un vol; avoir droit, oomnic oniplice, aux dividendes provenant d'une escroquerie.

Banque (Faire la). Fairomousser la marchandise, — dan/t le jargon des camelots.

Banque bléche (Faire). — Ne

Sas toucher de banque (paye), — ansie jargon des typographes.

Banquette. Menton. — Allusion à la forme du menton.

Banqniste. Saltimbanque.

Tout individu dont le commerce n'eat établi qu'en vue de faire des dupes est un banquiste. Le grand rendez-vous desbanquistes est à la Bourse.

Baquet de science. Ba<]uet dont se servent les cordonniers, les forgerons, o Si tu ne veux pas marcher mieux que ça, je te f... dans le baquet de science. .1 (Le Sublime.}

Baquet insolent. Baquet de blanchisseuse. — La blanchisseuse elle-même. — Habituées à voir tant de saletés, ces dames ne se privent pas d'en dire, et leurs insolences sont capitonnées de grossièretés ordurières.

Barant. Ruisseau , — dans l'ancien argot.

Baraque. Terme de mépris pour désigner une maison, un magasin, un établissement. Baraque, le magasin dont le patron paye mal ses commis; oaraqxte, l'administration qui surmène ses employés; èorague, la maison où les domestiques ne peuvent pas vo)er à leur aise. '

BaraquB. Chevron, — dans le jargon du régiment. Par abréviation de baraquement , campement. — Vrtvieux pied de banc trois baraques

Baraque. Pupitre d'écoUer. — « Sa baraque, en élude , ressemble à ces sacs-bazars qui donnaient tant d'originalité à, nos zouaves de l'expédition de Crimée. " {Les Institutions de Paris, 1858.)

Barbandier, barbotier. Guichetier. — Barbaudier de easiu, concierge d'hôpital. 11 est chargé de fouiller, barboter les visi-

Barbe. Ivresse, dans le jargon des ouvriers. — Prendre une barbe, se griser. Avoir sa barbe,

être

ûùl.

Barbe (Vieille). Et vieille barbe démocratique, pour désigner un vétéran de la démocratie.

Raspail a été soment appelé « vieille barbe » par ses adversaires politiques. Ennemie de toute mnovation comme de toute transaction , la vieille barbe repousse l'opportunisme et ne connaît que le catéchisme des républicains de 1848.

Elle n'a jamais voulu se laisser r par aucun des gouvernets qui se sont succédé depuis cette époque. — • M. Hadicr-Hontjau lutte comme une vieille barbe qu'il est, à coups de théories déclamatoires, »

Figaro du 21 janvier 1879.) — Vieille barbe est synonyme de ganache.

Les TieillM hsrhes indocilea.

Fourbus, cassés, crevés, rouillas. .

(te TriboHUt. du Î9 tév. 1880.)

<x C'est encore ce vieux père beaucoup dans les omnibus. Us

Blanqui, qui sera toujours le fouillent dans la pocbe d'auirui

modèle des vieilles barbes. » comme les canards dans les

(Le Triboulet, du 6 juin 1880.) ruisseaux.

Barbe (Avoir de la). Locution Barboteur, barbotense. Ceusitée dans le jargon des gens lui, celle qui cultive l'art du de lettres, pour désigner une barbot. — Barboteur de campavieille histoire qui a couru toute gne, voleur de nuit, la Presse. - Histoire qui a une b^j,^^ p,^^^^ barbe de sapeur, histoire très vieille, très connue. Baril de montarde. Derrière.

Barbean, barbillon. Soute- Baron de la Grasse. Se disait

neur de filles. Encore un mot au xyiii® siècle d'un homme gro-

emprunté à l'ichthyologie pour tesque et ridicule dans sa mise,

désigner cette intéressante classe d'un homme qui singeait les

d'industriels. gens de qualité. Poisson a laissé

Barbéque. Viande, — dans le «ne comédie sous le titre du

jargon des voleurs. Baron de la Crasse.

Barbet (Le). Le diable, — Barre (Compter à la, tenir

dans le jargon des voleurs. sa comptabilité à la). Ce genre

BarbiUons de Bauce. Légu- ^^ comptabilité, encore en usâmes. - BarbiUons de Vare^ne, ^^ ^^^"^ quelques marchands de 1^ vins, consiste à marquer chaque „ , -,. .. objet de consommation au

Barbiste. — Elève de 1 msti- moyen d'une barre faite à la

tution Sainte-Barbe. « Il va craie sur une ardoise. Au noble

sans dire que les anciens bar- j^u ^e tourniquet , l'ardoise

bistes font élever leurs fils à marche un tram d'enfer , et

Sainte-Barbe. » (Scribe, Mau- quelquefois, dans sa précipita-

T^ice,) tion, le marchand de vin ali-

Barbiste. — Ouvrier typogra- gne quelques barres de plus,

phe qui prend souvent des bar- g . jjj

les, cest-à-dire qui se grise ««**«?. -t^igu u^.

souvent; ouvrier qui procède Barrer. Quitter son ouvrage,

par séries soulographiques, — Réprimander. Se barrer, s'en

dans le jargon des typographes, aller, — dans le jargon des ou-

Barbot, vol au barbot. Vol vriers.

exécuté dans les poches du pro- Barres (Se rafraîchir les),

chain. -— Faire le barbot, fouil- Boire, — dans le jargon des

1er dans les poches. soldats de cavalerie.

Barbote. Visite pratiquée sur g^g ^^ ^^ (Monsieur, Ma-

la personne des détenus, au dame). Homme noué, femme

moment de leur incarcération nouée. Celui, celle dont le buste

Barboter. Fouiller dans les trop long est disproportionné

poches du voisin ou de la voi- avec les jambes. On dit encore :

sine. Les voleurs barbotent Avoir le derrière daus \a% \,vi\Qim»

Bas percé. Sans le sou. La conversation de quelqu'un Bas-off. Bazof . Adjudant sous- q^i/ous bassine produit sur les oflicier de l'Ecole polytechni- ^^^^^ le raouvement monotone que; c'est-à-dire bas- officier , ^^ ^f bassinoire passée et repar apocope dont les élèves passée sur les draps de ht pour font grand usage. Ainsi : bibli, les chauffer. -Dans le glossaire 6î6/o, pour bibliothèque; co/o, genevois de M J. Humbert. ce gêné corri, salle de récré, am- mot et le précédent ont la même pki, pour colonel, général, cor- signihcation que chez nous. A ridor, salle de récréation, ara- g"^ > paternité : à Genève ou à phithéâtre. — • Les sept punis, *^^"^ ^ * roulés dans leurs draps, ainsi Bassinet (Cracher au). Donque des fantômes d'opérette, ner de l'argent de mauvaise emboîtant le pas du bazof. » grâce. Autrefois à Téglise, et (R. Maizeroy, La Vie moderne, encore aujourd'hui, les offrants sep. 1879.) des, au moment de la quête, Bas de soie à un cochon (Ça sont déposées dans un plat de lui va comme des). Locution métal, dans un bassin. —Crapopulaire qui veut dire : Ça ne c^^ «" bassinet. Avouer, se lui va pas du tout, ça produit décider à parler. — « Une sur lui le plus mauvais effet. — foïsl deux fois! tu ne veux Le sifflet d'ébène, rien que ça de pas cracher au bassinet? » (J. chic! ça te va comme des bas de Lermina , Les Chasseurs de soie à un cochon. femmes, 1879.)

Bas quelque part (Avoir un Bassinoire. Montre d'argent

vieux). Avoir des économies, très large et très épaisse, mon-

Les gens de la campagne pla- tre de paysan,

cent encore leurs économies gastimage. Travail, - dans

dans des bas; de là l'exprès- i, ;«,?"„ ^1 vni^n.r

sion.

le jargon des voleurs.

Bas de buffet (Vieux). Vieil- Bastinguer (Se). Se cacher, lard ridicule, vieille femme à — <ians le jargon des marins, prétentions. Bastringue. Vacarme. — /'ai- Bascule. Guillotine. — Bascu- ^« ^^ bastringue. /^, guillotiner. Bastringue. Lime, scie. - Basse. Terre. Elle est surtout Etui dans lequel les récidivistes basse pour les paysans. — « La serrent les outils nécessaires à terre est basse, a dit-on, pro- leur évasion, tels que lime, scie, verbialement dans le Midi, lors- ressort de montre. De là l'haau'un travail exige beaucoup bitude qu'on a dans les prisons, ae fatigue. lors de la visite, au moment de

Bassin. Bassinoire Individu S^t d^" ^ffre^'^oiïe.- ^ ministrer une forte claque sur Bassiner. Ennuyer fortement le ventre, dans le but de s'as-

3 bastringue

surer s'il )

lui.

Bastringner. Danser, courir les bals. — Bastringueur, bas- Iringueuse, coureur , coureusf de bals publics.

Bataille des Jésnitea. Exercice de l'onanisme. La variante est : Cinq contre tm.

Bâte, batil, bative. Beau, belle, joli, jolie- Tout ce qui est bien est bâte pour te peuple.

C'est une déforination de beau, Cest rien bote, c'est 1res joli. — Etre de la bâte, être dans une bonne position, être heureux ; on disait autrefois : étTe de la fête, être de ta bonne — Lorsque les filles soumises sont envoyées, après la visite, à Saint-Lazare, pour j être soignées, elles ont coutume de dire : Le printemps est de ta bâte, tout est en fleur.

Bâte {Dn). — Matière d'or ou d'argent, bijou de prit, — dans l'argot des voleurs. — Ton oignon est en toc. — Non, e'eH du

Bâte (Faire). An-eter,— dans le jargon des voleurs. C'est-àdire <• faire beau » pour... la police.

Bateau. Soulier très large. — Avec de pareils bateaux, vous pouvez traverser l'eau sans crainte, dit'On aux gens chaussés de larges souliers.

Bateau (Monter un). Faire une mauvaise plaisanterie, chercher à tromper, — dans le jargon des voyous; formule empruntée aux sal ti m ban que s. C'est une déformation de l'ancien batte, battage (jui veut dire en argot menlcrie. La variante mener <w bateau est plus parti- I

cutiéremenl usitée chez tes vo- Icuj's dans un sens analogue, c'est-à-dire donner le change, chercher à égarer la justice en lui faisant prendre une fausse

Batelage. Fourberie, mensonge; d'où est dérivé la batterie des voleurs modernes, o Cependant, par ce batelaye, ils amassèrent quantité d'argent. »

(Ablancourt, Dialogues de Lucien, 1637.) Baletage est resté dans ta langue régulière pour désigner le métier de bateleur.

Batelée. Foule, réunion de gens qui ne se connaissent pas.

Batelier. Battoir de blanchisseuse, ~ dans le jargon des voleurs.

Bâti de boue et de crachat.

— Bâti à la hâte, sans solidité, en parlant d'une maison, d'une bicoque, d'un ouvrage de maçonnerie. On devrait bien étendre l'eïpression jusqu'à certains personnages politiques.

Batian. Préparation au salé.

— Aligner son batiau, s'arranger pour obtenir une bonne paye, — dans l'argot des typographes. (A. Delvau.) Parler batiau, c'est parler des choses de sa profession, c'est-à-dire des choses de l'imprimerie. (Boutmy. Les Typographes parisiens.

Bâtiment l'Ëtre du) Exercer la mflme profession. « tl (le rapin) conquiert le droit de traiavec mépris tout individu n'est pas du bâtiment. »

(L. Leroy, Artistes et rapins.)

Bâtir. Mettre en page. — Bâtir la deux, casev s.\iï Valoîma

les paquets qui constitueront la seconde page d'un journal.

Bâtir sur le devant. Prendre du ventre.

Bâton de cire , Bâton de chaise .

Jambe, — dans le jargon des voleurs, et bâton de tremplin chez les saltimbanques.

Bâton merdenz. Personne sans cesse de mauvaise humeur.

— Cest U7i bâton mer deux ^ on ne sait par quel bout le prendre.

Batouze. Toile. — Batouziery tisserand, — dans le jargon des voleurs.

Battage, batte. Menterie. — Monter un battage, mentir.

Battage. — Abordage commis par malveillance; bordée d'injures lancées d'un canot à l'autre, farces de mauvais goût faites aux paisibles bourgeois en pleine Seine, — dans le jargon des canotiers.

Battant. Neuf, luisant de propreté. La langue régulière a le mot « battant neuf. »

Battant. Cœur. — Estomac.

Battante. Cloche. — Langue.

Batterie de cuisine. L'appareil de la mastication et de la déglutition.

Batteur d'antif . Indicateur de vols, courtier en vols.

Batteur de beurre. Agent de change, — dans l'argot des voleurs.

Batteur, batteuse de dig-dig.

Faux épileptique, fausse épileptique, qui simule une attaque chez un bijoutier pu simplement sur la voie publique, pour exploiter la charité des passants.

Battoirs. Mains. — Faire trimer les battoirs j applaudir bruyamment, à la manière des claqueurs, comme si l'on se servait de battoirs pour le linge.

Battre. Dissimuler, — dans le jargon des saltimbanques.

Battre comtois. Servir de compère, — dans le même jargon. — Prêcher le faux pour savoir le vrai, — dans le jargon des voleurs.

Battre le beurre. Vendre et acheter à la criée les fonds publics à la Bourse, — dans le jargon des voyous. — Est-ce une allusion au bruit de la ba* ratte? Est-ce une assimilation du terme : faire son beurre, retirer un profit de. En effet les agents de change font le beurre des spéculateurs, sans oublier de faire aussi le leur.

Battre le briquet. Heurter la lettre au composteur avant de l'y laisser tomber, — argot des typographes. (Boutmy.)

Battre le briquet. Marcher les genoux en dedans.

Battre Job. Faire le niais.

Job estpour jobard , par apocope.

Battre le Job. Ne pas savoir son rôle, perdre la mémoire, — dans le jargon du théâtre. (Manuel des coulisses, i826.)

Battre sa flemme. Flâner. La variante est : Battre la semelle.

Battre de l'œil. Agoniser.

Battre l'œil (S'en). S'en moquer.

Battre la caisse. Etre en quête d'argent.

Battre la couverte. Dormir^

DICnONNAIRB d'aRGOT MODERNE. 33

Battre la semelle. — Courir le monde. « Je pris une ferme

— dans le jargon des troupiers.

C'est-à-dire : rabattre la couverte. •

Battre la mnraille. En terme soulographique « battre la mu* raille » annonce un état d'ivresse plus prononcé que celui qui se traduit par le festonnage. L'ivrogne heurte tantôt la murai 11 e, tantôt il piétine dans le ruisseau. Le trottoir, quelquefois la rue, n'est pas assez large pour lui.

Battre son quart. Aller et venir sur la voie publique pour raccrocher, — dans le jargon des filles.

Battre un quart. Dire des sornettes, faire des contes à endormir, — dans l'ancien argot.

Battre en mine. Visiter, — dans l'argot des voleurs. Battre en ruine la cambuse, visiter la chambre. Les voleurs visitent dans le but de dévaliser.

Battre des ailes. Faire de grands gestes sans mesure, — dans le jargon du théâtre. — « Saint-Léger est doué d'un aplomb sterling... et il bat des ailes.,, faut voir ! » {Musée Philipon, théâtre de Bourg-en-Bresse.)

Battre la générale, battre le tambonr. Trembler, — claquer des dents. — Oudin (Curiosités françaises) donne : Battre le tambour avec les dents.

Battre les fesses (S'en). — S'en moquer. C'est le précurseur de s'en battre la paupière.

« Le roi dit : Je m'en bats les fesses. » (Scarron, Virgile travestij L. 7.) On disait aussi : S'en brimbaler les fesses.

résolution de m en aller battre la semelle. » {fiuscon) Les ouvriers cordonniers se sont, les premiers, servis de cette expression, pour dire aller travailler de ville en ville. (V. Saint-Crépin.)

Bancher (Se). Se moquer.

C'est le verbe se gausser estropié pour les besoins de l'argot.

Bande. Maladie vénérienne.

Ce qui reste de la fréquentation des ribaudes.

Baudronillard. Fuyard. — Baudrouiller, fuir.

Bange. Ventre.

Baume dacier. Instrument de chirurgie.

Bausse, bausseresse. Patron, patronne. — Bourgeois, bourgeoise.

Bausse fondu. Chef d'établissement qui a fait de mauvaises affaires.

Bausser. Travailler, — dans le jargon des maçons.

Bavarde. Langue, bouche. — Boucler sa bavarde^ remiser sa bavarde^ coucher sa bavarde, se taire.

Bavaroise aux choux. Un

verre d'absinthe et orgeat mêlés.

Baver. Bavarder, bredouiller, s'embrouiller dans ses discours.

— Le mot date de 1754.

Baver. Railler, médire, — dans le jargon des filles.

Bazar. Maison de tolérance.

— Terme de mépris pour désigner une maVsoTv, wxv fe\.îiîcXvî»"s>^-

ment quelconque. Envoyer promener tout le bazar, envoyer promener toute la maison.

Bazar. Mobilier, vêtements. — Laver tout le bazar, vendre tout le mobilier.

Bazar. Or étranger, or à bas titre, — dans le jargon des bijoutiers.

Bazarder. Se défaire d'un objet. — Bazarder son mobilier, vendre son mobilier. — Dans l'argot du régiment, bazarder, c'est vendre ses effets de linge et de chaussures. — « Au bataillon d'Afrique, la fréquence de ce délit en fait une vertu de corps. Tout conscrit doit, au moins, vider une fois son havre-sac, » (A. Camus, Les Bohèmes du drapeau.)

Bazardier. « C'est le petit commerçant qui loue à la journée le rez-de-chaussée d'un immeuble à peine achevé, moyennant une redevance généralement assez modique, qui varie suivant le quartier. » (Èlie Frébault. Les Industriels du macadam, 1868.)

Bé, Berri. Hotte de chiffonnier. C'est le terme générique dont se servent les chiffonniers pour désigner leur hotte.

Beau temps tombe par morceaux (Le), il pleut, — dans le jargon des troupiers.

Bec. Bouche, langue, langage, visage.

Qnaad ma muse est écIiaufTée

« Elle n'a pas tint mauvais bec. »

(St-Amand.)

Passer devant le bec, ne pas participer à. Les bons morceaux lui passent devant le bec. — Trouilloter du bec, sentir mau-

vais de la bouche. Et les variantes : Schlinguer, puer, repousser du bec, — avoir la rue du bec mal pavée , manquer de dents. — Se riiicer le bec, boire.

— River le bec, imposer silence.

— Taire son bec, ne plus parler.

« Voyons M'me RabatnJoie, tais ton bec!... et qu'on vienne baiser son vainqueur ! » (Gavarni.)

Bec, Beq. Bois à graver, — dans le jargon des graveurs sur bois. — Ourler le bec, finir un travail.

. Bécane. Machine à vapeur.

Locomotive, — dans le jargon des ouvriers du fer.

Bécasse. Femme sotte.

Becfigue de cordoanier. Oie, dinde.

Bêcher. Dire du mal. On bêche surtout ses amis. — Mot à mot : travailler quelqu'un ou quelque chose comme on travaille la terre, à coups de bêche.

Bêcheur, bêcheuse. Excellent petit camarade, bonne petite camarade, qui ne perd pas une occasion de dire du mal des amis et connaissances.

Bêcheur. Avocat chargé de soutenir l'accusation, — dans le jargon des voleurs.

Becquant. Poulet, — dans le jargon des voleurs.

Becqueter, Béquiller. Manger. — Mot à mot : jouer du bec.

Bègue. Avoine, — dans le

Bègue, bèze. Bezigue, jeu de cartes. — Jouer au bègue, quarante de bègue, jouer au bezigue, quarante de bezigue.

DICTIONNAIRE D'ARQOT MODERNE.

pstmanche à manche. —Faire tu cssenliel iju'il

Bégnin. Tête. C'est la tête prise pour le bonnet. Caprice

Stre /-pris de. « Moi, monsieur, j'ai un béguin pour les hommes rassis et pas trop spirituels...

Aussi vous me plaisez. » (Alma- Koeh du Charivari, 1880.)

Beigna. Soufflet, contusioD.

— Donner, panquer, recevoir, entoÂsser une 6eigne. h A une lettre près, c'est ainsi qu'on écrivait ce mot au ivi" siècle, et il avait la même signification.

On disait mieux : bigne. • (Ch.

N isard, de l'Elymologie française.) — « Se me dévoyé au front faire une beigne, > (Anciennes poésies françaises, Egtoguesur lerelour deBacchas.)

Belêt. Cheval destiné k l'équarrisseur, — dans le jargon des maquignons.

Belge. Pipe en terre fabriquée en Belgique. • C'était le long des murs de la chambre, le plus beau musée de belges et de mars» J Jattes culottées. >[Ëd.

et J. de Concourt, Une Voiture de masques. )

Belgique (Lafoite en). Départ précipité à l'étranger pour cause de soustraction. La plupart des caissiers infidèles, les banqueroutiers, s'en vont à tire-d'aile vers des climats bospitaliei's.

La Belg;ii]uc, pays limitrophe, a été choisie de préférence.

Bélier. Mari trompé. Délicate allusion aui cornes du bélier.

Belle de nnit. Rôdeuse de pavé, coureuse de bastringues.

Belle (La). Troisième partie, partie décisive aux cartes, au billard, à un jeu quelconque, lorsque cbaca/i des adversaires

beUe. -

(le commis- voyageur) laisse' gagner la belle à son antagoniste. »

[Code du commis voyageur, 1830.)

Balle-petite. » On ne dit plus:

cocotte, ca parlant des impures, on dit : betle-pelite : c'est le vocable récemment adopté. » (^garo du la août IS78.)

Bénard. Pantalon, — dans le jargon des Desgrieux de barrière, du nom du tailleur. — J'aurais besoin d'uu biitard neuf dimanche pour aller guinchcr à Idalie.

Bénédiction de parade. Coup de pied au derrî ■ra. Alla.-<iuu aux coups de pied dont se gratifîent MM. les saltimbanques, au moment du la parade.

Bénet. Bénéfice. — Se retirer du jeu avec du bénef. — Avoir un petit bénef dan» une alfaire.

Bénisseur. Père de comédie, père noble. Ce n'est pas un homme, i' '

Bénisseur. Faux-bonhomme à qui les promesses et les éloges ne content rien, mais incapable do rendre jamais le moindre service à personne. I.es bénisseui*» forment une nombreuse clas.-îe dans lu société, et quiconque a eu besoin sérieusement d'un service, s'est heurté neuf fois sur dix à des bénis-

Béqnet. Petite planche à graver, ouvrafrc do peu d'inipoi^ lance, — dans le jargon des graveurs sur bois.

Béquet. Belouebe faite à une pièce ou à un acte, raccord, — dans le iargon 4ea acVcuï*.

Béqnillard. Vieillard. — Boiteux.

Béquillard. Bourreau. BéquU' larde y guillotine.

Bercycotier. Marchand de vin à î^ercy, trafiquant de vins à Bercy courtier en vins.

Berdcuillard. Ventru. Bei*douille, ventre.

Berge. Année, — dans Targot des voleurs.

Berline de commerce. Petit commis de magasin. Berline de commey par abréviation.

Berlu. Aveugle.

Berlae. Couverture.

Bernard (Aller voir j. Aller aux

lieux d'aisances. Allusion irrévérencieuse à saint Bernard, représenté ordinairement avec des tablettes à la main. Parti du séminaire, le mot s'est répandu dans le monde de la bourgeoisie. Par altération, les personnes du sexe faible disent volontiers: « Aller voir madame Bernard, aller voir comment se porte madame Bernard, »

Berribono. Naïf, — dans le

Berry. Capote d'étude des élèves de l'école polytechnique.

Bertelo. Pièce d'un franc.

Berzélius. Montre, — dans le jargon des élèves du cours de mathématiques spéciales.

Besouille. Ceinture, — dans le jargon des voleurs.

Bête. Floueur qui, dans une partie de cartes ou de billard, allèche la dupe, en perdant quelques coups, 11 fait la bête.

Bête. Vache, — dans le jargon des bouchers. — « Un boucher ne dit jamais : j'ai acheté une vache, mais bien : j'ai acheté une bête. » (E. De La Bédollière).

Bête-à-pain. Bête au superlatif. On dit encore : bête comme un chou, bête comme ses pieds, bête comme les pieds de cet homme, béte à manger du foin, bêle à payer patente.

Bête à cornes. Fourchette, ^ dans le jargon des voleurs.

Bête ronge. Républicain avancé, l'ancien démoc-soc, le radical de nos jours, ainsi désigné par ceux qu'il appelle des réac . — « Le correspondant de V Univers, que Ton n'accusera pas d'être une « béte rouge », écrit à son journal, etc. )> {Petit Parisien, du 22 août 1877.)

Bettander. Mendier.

Betterave. Nez gros et rouge, nez d'ivrogne.

Beuglant. Café-concert. Le premier café-concert auquel on a infligé ce surnom fut le café des Folies- Dauphine , fréquenté par les étudiants. — « Nous voici au café beuglant, ainsi nommé dans le quartier parce que, dans le principe, les artistes beuglaient leurs chansons. » (Marc Constantin, Hist, des cafés -concerts,)

Beugler. Pleurer.

Beurlot. Maître cordonnier, d'une petite maison. — Beurloquin, patron d'une maison de chaussures de dernier ordre.

Beurre. Argent.

Beurre (Gomme un, c'est un).

Parfait, très boU) très bien.

Beurre (Faire son). Tirer profit de ; gagner. — Pour remployé, c'est une bonne place qui lui permet de prélever un bénéfice plus ou moins licite ; pour l'administrateur d'une grande compagnie, ce sont « les tours de bâton », c'est le <c pot de vin » ; pour la cuisinière, c'est le résultat de la danse du panier; pour la fille entretenue, c'est le fmit de la générosité de « Monsieur ».

Beurre (Gros comme deux liards de). Tout petit, avorton.

— C'est gros comme deux liards de beurre et ça pense déjà aux femmes.

Beurre noir (ŒU an). Œil poché. Allusion à la couleur d'un œuf au beurre noir.

Beurre sur la tête (Avoir du).

Avoir la conscience chargée de crimes. — Les voleurs juifs disent en hébreu : « Si vous avez du beurre sur la tAte, n'allez pas au soleil ; il fond et tache. »

(Vidocq.)

Beurre (Au prix où est le).

Dans un moment où tout est si cher. D'abord employée pour désigner la cherté de certains vivres dont la préparation culinaire exige beaucoup de beurre, l'expression s'est étendue à tout objet.d'un prix trop élevé pour la bourse de l'acheteur.

Beurre demi-sel. Demoiselle qui n'a eu encore que deux ou trois amants.

Beurre d'oreilles. Sécrétoin des oreilles.

Beurrier. Banquier, financier.

Bezeî. Beaucoup, — dans Je

jargon des troupiers retour d'Afrique.

Bi-annuel. Poêle, ainsi nommé par les troupiers parce que, dans certains régiments, une chambrée de quarante hommes n'a droit aux bienfaits du poêle que tous les deux ans. Les pelotons de rangs pairs peuvent se chautfer les années paires, et les pelotons de rangs impairs, les années impaires. Il y en a ainsi pour tout le monde... en attendant un peu.

Bibarder. Vieillir dans la misère. (A. Delvau,)

Bibassier, Biberon. Vieil ivrogne. A aussi le sens de maniaque, grognon, méticuleux, tatillon, — dans le jargon des typographes. M. Décembre-Alonnier (Typographes et gens de lettres) orthographie bibacier. — Biberon est un vieux mot français.

■ A toi gentil Anacréon,

■ Doit son plaisir le biberon,

» Et Bacchus te doit ses bouteilles. »

(Ronsard, Ode gauloise.)

Bibelot. Objet de peu de volume et peu de valeur. Objet de peu de volume et de beaucoup de valeur. En général, tous les menus objets, plus ou moins artistiques, depuis les bijoux anciensjusqu'aux vieilles seringues prétendueshistoriques.prennent la dénomination très élastique de « bibelots ». « J'ai été aussi fort bousculé par mon propriétaire, auquel je dois deux termes, et il m'a fallu vendre toutes sortes de bibelots pour m'acquitter d'un. » (H. Murger, Lettres.) Les deux peuples les plus passionnés, aujourd'hui, pour les bibelots aoulV^Yt^w^i^x^ et le Chinois, — svg,w^ Ôl^^ ^^ç.^-

DtCTIONNAlEtB D AROOT MODEEINE.

denc«, — préleodeal les philosophes. Pour satisfaire à toutes les eiifences, il s'est établi des fahriques de rtmiinf^qui dévcrseut journellemeDt leurs prodjiL" â l'hAtel DrOJOt.

Bibelotago. Petit trafic, échange de. marchandises.

Bibelotter (Se). Se soigner.

Bibi.Nom d'amitié donné indistinctement aui gens et aui b^les, ou qu'on s'octroie k soimême. — ti C'est à. Bibi ça. ■ — « J'aime pas qu'on fasse des manières avec Bibi. .. (X. de Hontépin, Le Fiacre tv 13.)

Bilii. Fausse clé de petit cali- ' bre.

Bibi <A). A Bicètre. On envoie à Bibi , asile des aliénés non payants, celui qui, dans la conversation , lance quelque grosse bêtise, tient un propos extravagant.

Bibi. Chapeau haute forme, — dans le jargon des ouïriers.

La mode exige aujourd'hui que les chapeaui d'hommes soient pourvus de très petits bords ou, mieux , soient dépourvus de bords, — J'oi IdckÉ le bibi, j'ai arboré le chapeau haute forme.

Bibi. Nom donné aux chapeaux de femmes, vers la fin du règne de Louis-Philippe, parce que ces coiBures étaient très

Ktites. « Dans te vieux patois urguignon, on désignait par bibi un petit objet, de quelque nature que ce soit, servant d'amusette aux entants. » (Ch. Nisard.)

Bibine. Sœur de charité, — dans le jargondes voleurs- Bibine. Bière, — dans le jor- ^a des voyous.

BUmie. Cabaret. Espèce de

taverne où vont manger et boire les pauvres diables qui n'ont que trois ou quatre sous à dépenser par jour, 'bibine signifie débine. V On en compte plusieurs sur la rive gauche, aux environs de la place Haubert...

Il est des 6ï6in£s aristocratiques.

Rue de Biëvre, â la Taverne anglaise : la canette y coûte 10 centimes, n (Imbert, A travert Paris incotmu.)

Biblot. OuUl d'ouvrier.

Biblot. Les militaires nomment Cl bMotn tout ce qui leur sert au régiment, depuis l'aiguille A coudre jusqu'au fusil à aiguille. Le biblot, c est l'attirail du troupier. Quand son biblot , est au grand complet dans son ' sac, qu il est en tenue de campagne, il dit qu'il porte « tout te tremblement ».

Bibloter, Bibeloter. Avoir la manie du bibelot, en acheter, faire des échanges. — Dans l'argot des marchands, c'est trafiquer, c'est vendre un jour un ailicle, le lendemain un autre, vendre une foule d'arlicles disparates; c'est encore se contenter d'un petit bénéfice. — ~ Les

" ■""" appellent « bibeloter n

T, travailler à temps Il litchez lui (l'ouvrier), ou bibelote une invensouvent réusait. » (Le Sublime.)

Bicamériste. Partisan du partage du pouvoir iégisialif entre les deux Cnambres :

le Sénat et la Chambre des députés. « Quoique le mode d'élection du Sénat donnSt priseàbeaucoup de justes critiques, Diftiae de ta pari des bica-

méristes les plus détermiDés. »

(Em. de Girardin, la France, du 31 oct. i877.)

Biche, Bichette, nom d'amitié donné à la femme aimée, qui, souvent, en retour, vous désigne à ses amis sous le nom de daim.

Biche. Une des nombreuses appellations des coryphées de la prostitution élégante et élevée. . .

comme tarif. Ainsi nommées parqp qu'on les rencontre généralement au Bois où elles courent le daim. — « Les biches sont des demoiselles plus que douteuses. » (L. Gozlan.) — En i869 «c à l'époque de l'Exposition universelle, on l'appelait le Î^uide de l'étranger dans Paris. »

Jules de Vernay.)

Biche (Forte). Premier sujet du monde galant ; fille à diamants, hôtel, laquais et voiture.

Biche (Ça). Ça va bien, ça marche, en parlant d'un travail, d'un commerce, d'une affaire; mot à mot : ça va comme vont les jambes d'une biche. Quand deux personnes ne sont pas bien ensernble, on dit : ça ne biche pas.

Bicherie. Le monde de la galanterie. Haute bicherie, le grand monde de la galanterie, le monde des femmes qui, à quarante ans, vendent à prix d'or et de diamants ce qu'à vingt ans elles donnaient pour un dîner de trente sous.

Bichon. Ephestion de trottoir.

Bichon. — Terme d'amitié.

Nom de diminutif qui veut dire petite Elizabeth, petite Bahet [Burtaut, Dict. des homony-

mes.) Ne serait-ce pas plutôt une forme altérée de l'ancien mot bouchon, terme d'amitié, d'où est venu bouchonner?

«< Sans cesse, nuit et jour, je le carcsj«erai,

» Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai. »

(Molière, École des femmes.)

Bichot. Evêque, — dans l'ancien argot; de l'anglais bièhop.

Bidet. Ficelle qui sert à transporter d'un étage à l'autre la correspondance clandestine des prisonniers.

Bidoche. Viande, — dans le jargon du peuple. — Morceau de bœuf bouilli, l'ordinaire du soldat, — dans le jargon des troupiers. Il faut joliment tirer sur la bidoche, pour la démolir.

Bien faire (En train de). En

train de manger. — « A toutes les tables, dans les environs, des soupeurs déjà en train de bien faire. » (F. d'Urville, Les Ordures de Faris.)

Biffe (La). Le métier de chiffonnier.

Biffer. Exercer le métier de chiffonnier.

Biffeton. Contre-marque, — dans le jargon des ouvriers. — Lettre, procès-verbal, — dans le jargon des voleurs.

Biffin , Biffine. Chiffonnier, chiffonnière. Tout ce qui porte la hotte est connu dans la corporation des chiffonniers sous le nom de « biffin ».

Biffin. Soldat d'infanterie de ligne, — dans le jargon des soldats des autres armes. — Son crochet à lui, c'est son fusil.

Biffre. Noumlut^i. Yi^râ^ ^^ bâfrer, — Passer à UtfTe^ xûa.\x-

ger. Passer à biffre train express, dévorer, manger comme un alfamé.

Bifteck de grisette. Saucisse plate, morceau de charcuterie pris dans la boîte du charcutier.

Bifteck à Maquart. Sale individu, sale femme, — dans le jargon des voyous. — Maquart est le nom d un équarrisseur bien connu.

Bifteck (Faire du). Monter sur un cheval qui trotte dur et mortifie^ comme s'il s'agissait d'un bifteck, la partie de l'individu qui repose sur la selle.

(L. Larcney.)

Bigard. Trou, — dans le jargon des voleurs.

Bige, Bigeois, Bigois. Imbécile, — dans le jargon des voleurs.

Bigorgnion. Mensonge , — dans le jargon des voyous.

Lancer des bigorgnions, débiter des mensonges.

Bigorne. Argot — Dans la langue régulière, une bigorne est une enclume à deux bouts, dont l'un finit en pointe. L'argot est une langue à double tranchant, à deux bouts, comme la bigorne. — Jaspiner bigorne^ rouscailler bigorne comme daron et daronnej parler argot comme père et mère.

Bigorneau. Soldat d'infanterie de marine, — dans le jargon des marins.

Bijou d'Amérique. Vagabond, voleur ayant fait élection de domicile dans les carrières d'Amérique.

Bijou de Saint-Laze. Fille

qui fait son temps à la prison de Saint-Lazare.

Bijouter. Voler adroitement, enlever des bijoux avec adresse.

Bijouterie. Avance d'argent.

Bijoutier. Regrattier, marchand d'arlequins ; celui q'ui débite, pêle-mêle, la desserte des grands restaurants.

Bijoutier en cuir. Savetier.

— Bijoutier sur le genoUy même signification.

Bijoutière. Voleuse qui possède l'art d'escamoter les bijoux avec adresse. — Voleuse qui rançonne les bijoutiers.

Bilboquet. Personne trapue.

Bilboquet. Menues impressions, telles que prospectus, couvertures, têtes de lettres, — dans le jargon des typographes.

(A. Delvau.)

Bilboquet. Litre de vin. « Une jeune fille à l'oeil égrillard qui acceptaitunbilboquetàquinze. »

(Léon Paillet, Voleurs et Volés.)

Billancer. Faire son temps, payer sa dette à la justice, — dans le jargon des voleurs.

Billancher, Biller. Payer. — Billanchage, payement.

Bille. Tête, — dans le jargon des voleurs, et, principalement, tête de dupe. — Faire une drôle de bille.

Bille. Monnaie de cuivre, dans le jargon des revendeurs. — Le mot avait la signification d'argent aux XVII® et xviiie siècles.

« Ne pouvant pas s'empêcher » Pour de la bille attraper. »

{Parnasse des Muses.)

Bille de bœuf. Saucisson, — dans le jargon des voleurs.

Billemuche. Billet.

Billet de cent, de cinq, de mille. Billet de cent francs, de cinq cents francs , de mille francs, — dans le jargon des gens pour qui le temps est de l'argent. — « Il savait trop, par expérience, ce qu'un seul louis, que Ton veut gagner ou rattraper, coûte souvent, par la suite, de billets de cent et même de billets de mille. » (Vast-Ri couard, Le Tripot.)

Billet d'aller et de retour.

Paire de gitles, soufflet à répétition, appliqué sur chaque joue pour ne pas faire de jalouse.

Bine. Hotte de chiffonnier.

— Hotte d'aide-couvreur.

Binelle, Binellelof. Faillite, banqueroute, — dans le jargon des voleurs. Pour débine.

Binette à la désastre. Tête du créancier impayé. (Almanach des débiteurs, cité par L. Larchey.)

Biographe (Se faire). Etre diffamateur (Max. Parr), — dans le jargon des gens de lettres qui n'ont pas été satisfaits de leurs biographies. — L'expression a été créée à l'époque où Paris a été inondé de biographies de grands et de petitshommes.

Birbe,Birbesse. Vieux, vieille, de l'italien birbo. Pour donner plus de force au mot, qui, en général, n'est usité qu'au masculin, on dit avec un pléonasme :

Vieux birbe, ou, encore, affreux birbe. « Un coup de jus, mon vieux birbe, et une croûte de brignoleti » (Hu/smans, Mat' the.)

Birlibi. Jeu de dés, — dans le jargon des truqueurs ; c'est une variante de biribi. Passer au birlibi, iouer une partie, un coup de dés. — RiJicè au birlibi, qui a perdu au birlibi.

Birmingham (Etre de). Etre très ennuyeux. — Mot à mot :

t'tre un rasoir de Birmingham, ville célèbre par ses rasoirs.

Bisard. Soufflet de forge , soufflet à feu. C'est un dérivé de bise, — dans le jargon des voleurs.

Biscaye. Bict^tre. — Biscayen, pensionnaire de Bicôtre.

Biscuit (Recevoir un). « Un biscuit, dans les ténébreux symbolismes des prisons, signifie rien à faire. » (V. Hugo, Les Misérables.)

Bise. Baiser, caresse, — dans le jargon des enfants et des femmes qui aiment à s'entendre appeler « des chattes ». — Biser, embrasser. — Bise-moi, mon chéri!

Biset. Garde national en costume de ville et en képi.

« Oui, je suis biset, moi, »> Qu'imporle la forme?

» On peut bien aimer son roi » Sans être en uniforme. »

(Scribe et Poirson, Une Nuit de la gardenationale, scène 1. — 1815.)

Bissard. Pain bis. Passer au bissard, manger du pain bis.

Bistot. — Apprenti commis en nouveautés. « Un employé, flairant une bonne commande, met tous les bistots en campagne. » (Louis Noir, Le Pavé de Paris.)

Bitume (Fouler le). Se promener, tlâner. — ¥aiTe \^\i\Vuwie, faire le bit, i^\t^\^ \x<î»V

toir, — dans le jargon des filles, voir dans le mot blague qu'un

Biture. Béatitude bachique, Pendant que nos soldats ont

nourriture copieuse. — Se flan- <^onné au mot carotte,

quer , s* administrer une biture Blague dans le coin. Plaisan-

soignée. terie à part, sérieusement par-

Biturer (Se). Bien manger et *^"^- ^es raffinés ne craignent

bien boire. pas de dire dans le même sens :

Blague sous les aisselles,

Bitter cuirassé. Bitter mé- im«^,^„ /tM«.*«^^ a\ j a- -a

langé avec du curaçao, - dans ?laff?«? (Plastron a). Individu

le jargon des gens adonnés aux q."». ^^'\ ^? P^^»^ ^« ™J« ^ ^««

c«/rs; ceux qui parlent à peu P aisanteries de société, à des

près correctement disent bit- Plaisanteries de régiment,

ter-curaçao. Blague d'acier (Avoir une).

Blafard. Matière d'argent : ^"^^' ^^ *""^"" ^^^° P^"^"^*

Une toquante en blafard, une Blagues à tabac. Seins qui,

montre d'argent. — Monnaie selon l'expression d'une de nos

d'argent : Un blafard de vingt plus volumineuses actrices, pour-

rondSy une pièce d'un franc. raient passer dans un anneau

, „ , , de rideau, et même dans un

Blague. Mensonge, bavarda- anneau de mariage, ge, plaisanterie, verve. « Ils (les

malthusiens) demandent ce que Blaguer. Mentir, railler, par-

c'est que la morale. I.a morale ^^^ beaucoup,

est-elle une science ? Est-elle Blagueur, Blagueuse. Bavard,

une étude? Est-elle une bla- menteur, vantard. Cesi wn jo/t

gue? » (L. Veuillot,Ies Odeurs de blagueur. — La femelle, la bla-

Paris.) — M. F. Michel fait venir gueuse , n'est souvent qu'une

blague de l'allemand balg, ves- gueuse qui a delà blague.

sie i\ tabac, avec transposition j.. . ^ , , iaro-nn

Hp r«vTtif-fiprniArp jpttrp M Ni- oiaiT. rNcz, — oans 10 jargon

aclavant-aerniere lettre. M. iM- ^ voleurs. — Se cingler le

sard soutient que le mot des- , . . ^^ „^ai^^ ^

, j i ^ , • olair, se soûler,

cend de bragar, braguar, qui '

servait à désigner soit une per- Blaireau. Conscrit. — C'cst-à-

sonne richement habillée, soit dire préposé au blaireau « ba-

un objet de luxe. Quant à M. Lit- lai », parce que les nouveaux

tré, il le fait remonter à une venus au régiment ont plus que

origine gaélique ; d'après lui, les autres droit aux honneurs

blague vient de blagh, souffler, du balayage,

se vanter. Quoi qu'il en soit, le Blaireau. Balai, — dans le

mot a été employé d'abord et jargon du régiment. Etre de

propagé par les militaires, vers garde au blaireau, être de cor-

les premières années du siècle, yée au balayage.

ttimJl ^pn,nnJfv"nw'^HÔ Blaiieauteau. Individu pourvu

raillerie, mensonge (V. Dict, ae ,, , ^» * jx • a

Dhautel 1806, CaSet Gassicourt, ^ un grand nez; c est un dérivé

1809, Stendhal, 1817). Sans re- <*« *'«»'•>- (jargon des voyous.)

Bnoaler aussi loin, \\ ne faut Blaac. — tetrcve daUbraire :

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