miTivp.mp.nl sît.iift. — Allpr nnn
contre-
rieux omhvaJelTa^^ulom^^^^^ ^^^^^' accoucher à la Bourbe, une variété de la marneuse, est Bourdon. Fille de joie, — vêtue comme une ouvrière mi- dans le jargon des voleurs, sérable, et porte ordinairement Bourdonniste. Ouvrier typoun panier, à 1 instar des femmes graphe sujet aux bourdons, c'estde ménage. à-dire aux omissions de mots
Boulotter. Manger. — Bou- ou de phrases.
lotter de l'argent, manger de Bourgeois. Imbécile, homme
1 argent. g^^s goût, — dans le jargon
Boulotter. N'aller ni bien ni des peintres qui sont restés des
mal, marcher doucement, en rapins. — Voyageur, — dans le
parlant de la santé, des atfai- jargon des cochers. — Individu
res. — Ça boulotte dans la maison duquel un ou-
Bouquet. La fin d'un événe- ^''i?'' travaille - Maître de la
ment important, d'une conver- '^^^'f " ^f.^^ laquelle est place
sation. - Cest le bouquet, c'est "" domestique.
Je plus beau, le plus surprenant Bour^eoia. ktiU-aYUsU<\ue, —
dans le jargon des artistes. Bourreur de lignes. Ouvrier Ameublement bourgeois, typographe qui compose parti- Bourgeois (Faire son). Faire culièrement des lignos pleines de la dépense, - dans le jar- «u courantes, telles que celles gon des ouvriers. f^s journaux, des laheurs, des ° ^ . „ .... brochures, etc. (Boutmy.)
Bourgeoise. Femme légitime, „ • i. c i j' i» j j
- dans le jargon des ouvriers , .?oumche. Sorte d olla vodnda
qui ont du respect pour leurs >ibliographique. « Un feuille-
^mmes ton, un article aux quatre-vingtcinq compartiments, dans lequel
Bourgeron. Petit verre d eau- on fait entrer bon gré, mal gré,
de-vie, ration accordée aux ma- toutes sortes de livres, comme
ri^^S' des harengs dans une caque. On
Bourlingue. Congé donné à octroie à chacun de ces livres
un ouvrier. deux ou trois lignes de criti-
Bourlinguer. Renvoyer, - que. » (Pans-Joiirna/w^., 1854.)
dans le jargon des ouvriers. Bourrichon. Tête. -^ Se mon-
n^««i;«^^^«* Tir.ir.r.r. «^r. *^^ '^ bourrickou, se monter la
Bourlingueur. Patron, con- .a. *
tre-maître, qui met sans cesse ' . j ,.
le marché en main à l'ouvrier. Bourrique. Agent de police,
^ ^ r> j. • — dans le jargon des voleurs.
Bourrache. Cour d assises. L'agent de police toi/rre le vo- Comme la plante de ce nom, j^^J ^.^^^ ,^ surnom de tourla Cour d assises est pour le vo- ^^. ^^ ^^^^ ^^^^,, ^^^^ 1^^ leur un puissant sudorihque ; ^^^^^^^ ^^ bourriques, » (La elle lui procure une de ces émo- France, du 13 mars 1879.) tions qui trempent des chemi- ' ^ ses. En outre, par quasi-homo- Bourrique a tourné le foiron nymie, le mot rappelle celui de (La). La mauvaise chance a bourrade et offre à l'oreille une tourné; c'est-à-dire : a tourné corrélation avec ceux de bour- le derrière.
Tique ei de bowreur de pègres, Bourser (Se). Se coucher.
sous lesquels le voleur désigne
les agents de la sûreté et le Boursicot. Argent mis de
code pénal. — MarguiUier de côté.
6owrrac/ie. Juré. Le banc du jury Boursicoter. Faire des éco-
présente une analogie avec le nomies.
banc des marguilliers. ^ . ^ r« • . ,
^ ^ ^ Boursicoter. Tripoter sur les
Bourre-boyaux, Bourboyaux. fonds publics.
Gargote.
« • ti • i Boursicotier. Individu qui
Bourre-coquins. Haricots. ^^.jp^^^ ^ j,^ ^^^^^^ sur les fonds
Bourrer le canon. Manger publics,
vite, beaucoup et longtemps. Boursier. Celui qui travaille
Bourreur de pègres (Le). Le à la Bourse, depuis le plus gros
code pénal. 11 ne ménage pas agent de change \u?>ç\y!L a.\3L ^Vsa
]es voleurs, mince couliâsier.
Bouscaillenr. Balayeur.
Bouscalenr de pékin. Ouvrier qui a horreur du bourgeois, qui cherche à le vexer. — Le maçon qui, en passant, racle son sac de plâtre sur la redingote du bourgeois, est un bousculeur de pékin; bousculeur de pékin, le cantonnier qui vous arrose avec intention; bousculeur de pékin, le cocher qui fait piafl'er ses chevaux dans le ruisseau
2uand vous passez; bousculeur 6 pékin, le charbonnier qui vous heurte de son sac de charbon, etc., etc.
Bouse de vache. Epinards.
Bousin. Tapage. C'est un dérivé de bonis.
Bousin, bousingot. Boutique, café borgne, débit de vin.
Bousingot. Epithète injurieuse qu'on adressait aux républicains en 1830 et 1832. —Partisan des idées littéraires à la mode à cette époque. — Romantiques par opposition aux classiques, aont ils étaient les ennemis jurés. « Il (Pétrus Borel) passait, vêtu de son costume de bousingo: le gilet à la Robespierre, sur la tête le chapeau pointu et à large boucle des conventionnels, les cheveux ras à la Titus, la barbe entière et longue au moment où personne encore ne la portait ainsi. »
(J. Glaretie, Pétrus Borel le Lycanthrope,) En un mot les bousingots comme les Jeunes-France étaient « des poseurs ». M. Ch.
Nisard fait venir bousingot de l'argot anglais Boiysmgften, maison où l'on boit. Pourquoi pas de l'ancien bonis, maison vouée à Vénus publique^ qui a fait
bousin et bonis-bouts ? — Parce que c'était trop naturel et trop simple.
Boussole. Tête, cervelle. — Perdre la boussole, déraisonner, devenir fou. « Au moyen âge les médecins comparaient la tête de rhomme à un vaisseau dont le sinciput était la proue et l'occiput la poupe. La tête représentant un navire, la cervelle fut prise pour la boussole, pour guide. » (Ch. Nisard.)
Boussole de singe. Pain de fromage de Hollande. On dit aussi boussole de refroidi, tête de mort.
Boustifaille. Repas copieux composé de mets vulgaires. — Du lapin sauté, de l'oie aux marrons, du gigot aux haricots, de la dinde bourrée de chair à saucisse, des pommes de terre au lard, voilà de la boustifaille.
Bout coupé. Cigare d'un sou coupé aux deux bouts.
Bout coupé. Juif.
Bout (Recevoir son). Etre congédié. — Flanquer son bout, quitter un patron, — dans le jargon des tailleurs.
Bout-de-cul. — Gamin, homme de petite taille, — dans le jargon aes voyous. — Nous verrons bien si un bout-de-cul comme toi me fera aller,
Boutange, boutrolle. Boutî- , que. — Courteau de boutange, commis de magasin.
Bouteille. Nez, — dans le jargon des voleurs. ^^'
Bouteille. Latrines, — dans le jargon des marins.
BoutoliUA vCouii^ dQ\« Ivresse.
Mot à mot : coup que le contenu de la bouteille produit sur la tête, a 11 avait un coup de bouteille comme à l'ordinaire. »
(E. Zola.) — Ecraser une bouteille j vider une bouteille.
Bouteme. Tablette , plateau sur lequel sont exposés les lots destinés à attirer les amateurs de porcelaine, autour des loteries foraines. La bouteme se joue au tourniquet. Il y a de gros lots en vue, que personne ne gagne jamais, naturellement.
Boutemier, boutemière. Celui, celle qui tient une bouteme.
Boutique (La). La préfecture de police, en termes d'agents de pohce et d'employés de la préfecture de police.
Boutique (Et toute la). Et tout le reste, et tout le monde. Envoyer promener toute la boutique.
Boutique (Montrer toute sa).
Faire voir ce que fit voir la jeune Hébé eu tombant dans la salle à manger de l'Olympe. — Se dit également d'un homme qui, pour un motif ou pour un autre, en montre autant et môme davantage.
« Il montre toute sa boutique. »
{Parnasse satirique,)
Bouton. Passe- partout , — dans le jargon des voleurs.
Bouton. Pièce d'or, — dans le jargon des maquignons.
Bouton de guêtre. Pièce de cinq francs en or.
Bouton de pieu. Punaise, — dans le jargon des voleurs.
C'est-à-dire : bouton de lit.
Bontnr^ de putain. Enfant de l
père inconnu, — dans le jargon des jardiniers.
Boy. Garçon de salle dans un collège. — Anglicisme familier aux collégiens qui suivent le cours d'anglais.
Boyaux en détresse, boyaux ▼ides (Avoir les). Etre à jeun, avoir faim.
Bracelet. Menottes.
Brader. Vendre à vil prix, — dans le jargon des marchands de bric-à-brac. (A. Delvau.)
Braise. Argent qu'on vient de recevoir* — U est tout chaud, chaud comme de la braise.
Brancard. Courtière en prostitution.
Brancard. Main, jambe. Serrer le brancard f serrer la main.
— Brancard de laine, boiteux.
Branche (Ma vieille). Terme d'amitié. L'amitié représente un arbre solide dont les amis forment les branches.
Brandillante , brandilleuse.
Sonnette. — Brandilleuse enrhumée , sonnette fêlée.
Branlante. Chaîne d'or.
Branleuse de Gendarme. Repasseuse. — La plupart des fers à repasser portent la marque de la maison « Gendarme. »
Bréchet. Estomac. C'est l'ancien brichet. — « Ce mot qui sert à désigner le creux qui est au haut de l'estomac dérive de l'allemand brechen, rompre, couper. » (Ménage.) a En glieu de pourpomt, de petites lîrassières, qui ne leu venont pas jusqu'au bricbel. 'fc l)ILo\\^\^,Le festin de Pierre» adô V\/«kÇ.^ii^\*\
Bréchet mouche y mauvais estomac. — Avoir le bréchet dans les gadins, avoir l'estomac daas les talons.
Breda-street. Le quartier Notre-I)ainc-de-Lorette chanté par Gavarni. Les dames de Breda-street déjeunent chez la crémière, dînent quehjuefois, et soupent presque toujours dans les restaurants à la mode.
Breloque. Pendule.
Breloque (Battre la). Déraisonner, en parlant d'un malade en proie au délire.
Brème. Permis de prostitution. C'est la carte délivrée par la préfecture de police aux filles soumises. « Elles la portent le plus souvent dans leurs bas, afin d'éviter d'en révéler l'existence, si elles n'y sont pas absolument forcées. » (P^lévy d'Urville, Les Ordures de Paris.)
Brème. Carte à jouer. — Allusion à la brème, poisson très plat. — Maquiller les brèmes, jouer aux cartes, — dans le jargon des tricheurs. — Tiranger la brème, tirer les cartes. Tirangeur de brèmes, tirangeuse de brèmes, tireur, tireuse de cartes.
Brème (Etre en). Etre sous la surveillance de la police, — dans le jargon des voleurs.
Bric-à-brac. Vieilleries artistiques, non artistiques, pseudoartistiques : vieux chandeliers, vieilles soupières, poteries, cuirs, cuivres, meubles des temps passés. — Commerce de vieux objets disparates. Les marchands de bric-à-brac sur une grande échelle s'institueDt volontiers
marchands de curiosités, marchands d'antiquités.
Bricabracologie. Commerce de bric-à-brac. Passion des antiquailles qui pousse les bourgeois à encombrer leurs maisons de vieilles poteries et de vieux tessons de bouteilles, la plupart sans valeur.
Bricage. Grand nettoyage d'un navire, — dans l'argot de la marine.
Bricheton. Pain, — dans le jargon des ouvriers. — Bricheton d'attaque, pain de quatre livres.
Bricole. Travail de peu d'importance ; travail mal rétribué, fait à temps perdu. « Le soir même, le zingueur amena des camarades, un maçon, un menuisier, un peintre, de bons zigs, qui feraient cette bricole-lk après leur journée. » (E. Zola.) — Au xviiie siècle, ôncoZe avait le sens de mauvaise excuse, menterie.
Bricoler.Accommoder, mettre en œuvre, d'où est dérivé la bricole de nos jours. « Comment!.. Est-ce donc que cela se bricole? » (Poisson, Les Foux divei'tissans.)
Bricul. Officier de paix, — dans le jargon des voleurs.
Bride. Chaîne de montre, — dans le jargon des voyous. — Si f avais seulement une bride pour attacher mon oignon.
Briffe. Gras-double. (L. Larchey.) — Nourriture. Passer à briffe, manger.
Brigadier. Pour brigadierfourrier, gindre, premier garçon boulanger chargé du four. On l a dild'afcoxd. fournier cuis four-
rier par corruption. Dès le xiii« siècle, «Le droit payé pour faire cuire à ces fours banaux s'appelait tournage et les ouvriers qui y étaient employés se nommaient fourniers. » (Pierre Vinçart, Les ouvriers de Paris, 1863.)
Brig-four. Brigadier-fourrier, par apocope, — dans l'argot des soldats de cavalerie.
Brigeante. Perruque, — dans
Brignolet. — Pain. « Pas de brignolet à se coller entre les mandibules. » {Le sans-culotte.)
Briller. Allumer. La briller, allumer la lampe ou la chandelle, — dans le jargon des voleurs qui emploient beaucoup les articles « la et le » devant un verbe en sous-en tendant le substantif.
Brimade. Epreuve vexatoirc, charge d'écoliers que les anciens infligeaient aux nouveaux venus dans les écoles militaires. Cet usage tend à disparaître tous les jours.
Brimer. Rire aux dépens d'autrui, vexer. « M*** honorait Perpignan de ses sarcasmes, et Perpignan se laissait brimer. »
(Ch. de Boigne.)
Brindezingues (Etre dans les, se mettre dans les). Etre, se mettre en état d'ivresse.
Bringue (Grande). Femme grande et maigre. « Rosine, dite la Vache, une grande bringue qui avait des ornières aux épaules et des dents en moins. »
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Briqueman. Briquet, sabre de .
cavaJe/ve, I
Brisque. Année, — dans le
Brisque. Les dix et les as, au jeu de bezigue.
Brisque. Chevron. — « Est-ce que vous attendez un larbin, par hasard, pour ranger votre case?grommelaunvieux sergent àplusieurs brisques. » (R.Maizeroy, La Vie moderne, 2 sloùIï SI 0,)
Brisquart. Sergent. C'est-àdire celui qui porte les brisques.
Briser (Se la). Se sauver, partir.
Briseurs. Mot à mot : voleurs qui se la brisent. Ce sont des faiseurs d'affaires qui disparaissent avec la marchandise que des négociants imprudents leur ont confiée.
Brisure. Suspension momentanée de travail accordée aux compositeurs des journaux vers le milieu de leur besogne.
(Boutmy.)
Brocante. Vieux soulier encore bon pour la vente, — dans le jargon des chiffonniers, c'està-dire soulier qu'on peut brocanter.
Brocante. Bague, — dans le jargon des voleurs.
Brocante. Brocanlage. — Marchandise sans valeur, — dans le jargon des revendeurs.
Toute sorte de petits travaux qui se rattachent plus ou moins à l'art et que l'artiste exécute faute de mieuy. Les brocantes des artistes sont les bricoles des ouvriers. — « Je vais faire des brocantes, une corbeille de mariage, des groupes eu brociLe.^^ Balzac, La Cousine BetU.'^
Brochai. Deots, — dans le jariïon des voleurs. — Broelûi rûuilléet, iloiiLs içilèns.
Brodancher. Broder. —
Brodanchenr en caga. Eciivaiii |iulilic. — BrodancheuT à ' la cymbale, hrodanchtur aux mocarons,iii)taire, huissier, — dans | le jai'poti des voleurs. '
Brodenaa. Hominc-fcmiiie, — :
dans le jargon des voleurs. |
Bronmie. Ministre, — dans le jargon des voleurs.
Broqne Centime. — Cinq hroqucs font un rond ; vingt ronds foiiL une baHe; cin(| balîei ioniuaaroue de derrière ou l'orte
Broquillaga.Tol àlabroqniUa.
Vol fi la sukslitution. Vul qui consiste k substituer un objet sans valeur à un objet de prix :
le cuivre à l'or, le stras au dia-
Broqnille. Minute.
Broquille. Boucle d'oreilles.
Broqnillanr , broqnillan».
Celui, celle i|ui se livre au hraquiUage. Plus d'une femme du monde aA hroquilteuse. C'est celle ijui, pour satisfaire une passion, la plupart du temps inavouable, vend, & l'insu de son mari , une parure en brillants
3u'ellc remplace par une parure e stras, exactement semblable.
D'autre,* fois c'est le mari qui procède à cette combinaison, et porto laparurcen brillants cbez sa maîtresse. — 11 y a encore les broquitieurs de tabluaui qui sul)stituent des copies aux onginaux.
Brouàa. Victoire remportée
coups de fusil si
en Dalailte rangée. — Donner,
recevoir une fameiue broMie.
Brouor. Batlre, vaincre sod adversaire.
Brosser le ventre (Se). Jeûner, contraint et Torcé. On se brosse le ventre ot l'on danse devant le buffet. — M Quand les cartes me font des mistoutlcs, il ne me reste plus qu'à me brosser le ventre. » {Vasl-Ricouard. Le Tripol.)
Brouillards (Etre dam les).
Etre en état d'ivresse. — Ch<aser te brouillard, inaugurer la journée par un verre de n'im-
Forte quoi. — Au iviii* siècle cïjsression : Etre dans le brouillard équivalait, en style de gens de lettres, à ëlrc dans le mal-
BrontUler. Mot parlementaire. 11 signilic qu'on a li-
auidé une série de petits projets e loi, moins intéressants les uns que les autres. (Figaro du 22 janvier 1879.)
Bmge. Serrurier, — dans l'ancien argot.
Brûla- gaenle. Pipe courte et noircie par l'usage.
Brûlé. Démasqué. DrOle dont les filouteries sont percées à jour, usées. — Par contre, un créancier brùli est celui dont on ne peut plus rien tirer. On l'a trop fait ilambcr.
Brûlée (Affaire). Affaire ratée, affaire qui n'a pas réussi.
M, Larchey donne brùU tout . court, daos le laftuie sena.
es
Brûler. — Retirer de la main en les jetant au panier, après en avoir annoncé le nombre, une ou plusieurs cartes avant de commencer une partie de baccarat en banque. Ce droit du banquier ne s'exerce plus que dans les cercles de bas étage.
Brûler (Se). Etre connu, démasqué. « Aussi je commençais à me brûler. » (F. Mornand.)
Brûler le cul. Faire banqueroute. L'expression • date de
Brûler le pégriot. Faire disparaître les traces d'un vol.
Brûler du sucre. Etre applaudi, — dans le jargon des acteurs.
Brûler à la rampe (Se). Jouer pour soi, sans se préoccuper de la pièce, — dans le même jargon. (A. Delvau.)
Brûler les planches. — Jouer avec entrain, déployer beaucoup de chaleur, — dans le jargon des comédiens. « Monvcl est l'acteur pour lequel a été inventée cette expression de coulisses. » (V. Couailhac, La Vie de théâtre.)
Brûlot. Terme de joueur. — Baccarat à toute " -vapeur; on donne une seule carte et le tapis compte pour dix. Il y a des gens qui ne savent qu'imaginer pour perdre plus vite leur argent.
Brunir. Nettoyer à fond, — dans le iargon au régiment. — Brtmir la chambre^ la cour du quartier.
Brutal. Canon, — dans le jargon des troupiers. « panel : Le
canon ) — DURITEÀ U, (avec joie) :
Le brutal I... c*estdonc vrai que l'Empereur marche surTroye»? »
(Alph. ArnaultetL Judicis, Les Cosaques y 1853.)
Bu (Etre). Etre dans un état absolu d'ivresse. — L'ancienne langue française avait le mot boite dans le même sens. « Croistu que je suis boite! » (Hauteroche, Crispin musicien,)
Bûche. Les figures et les dix d'un jeu de cartes, — dans le jargon des joueurs de baccarat. — Tirer une bûche, tirer une figure ou un dix, carte qui assomme celui qui la reçoit. — « Il n'y a plus que des bûches au talon. »
{Figaro du o mars 1880.)
Bûche. Bois à graver, — dans le jargon des graveurs sur bois.
Bûche. Grande pièce de drap :
paletot, redingote ou habit fait par l'appiéceur. — Coller sa bûche au grêle, livrer une pièce au patron.
Bûches flambantes. Allumettes chimiques. — Bûches plombantes, anciennes allumettes qu'on trempait dans une composition chimique pour obtenir du feu.
Bûcher. Travailler avec ardeur. — Se bûcher, se battre.
Bûcherie. — Batterie, scène de pugilat.
Bûcheur. Travailleur assidu, celui qui se donne autant de mal qu'un homme qui fend des bûches.
Buffet. Ventre. ~ Buffet garni, ventre plein. — Avoir le buffet vide, être à jeun.
Buffet. Orgue.— Rémouleur de buffet y joueur à'oT^u^.
Bul. Chiffon bleu, — dans le jar^ron dfts chiffonniers et des marchands de chiffons.
Bull-parck. Jardin Huilier, — dans le jargon des étudiants à qui l'anglais est moins étranger que le Code.
Bnquer. Voler en changeant de l'argent.
Buqner. Frapper; pour bûcher. « Vous avez dit dans votre interrogatoire devant M. le juge d'instruction : j'ai buqué avec mon marteau. » (Gazette des THhunaux du 10 août 1877.)
Burettes. Paire de pistolets d'arçon Des burettes qui, à elles seules, chantent la messe... des morts.
Burelingue. Bureau. Le burlingwees^6oac/^,le bureau est fermé.
« Chez r pèr' Jacob, pour le jour do sa
[fête, » A son bur' lingue il voulait l'envoyer. »
(La France, du 13 mars 1879.)
Bustingue. Chambre garnie,
— dans le jargon des saltimbanques,
Bute, bute à regret. Guillotine. Buter, guillotiner, tuer, assassiner; du vieux mot : buter, frapper, renverser ; d'où culbuter, dans la langue officielle.
Butre. Plat, — dans le jargon des voleurs
Batteur, burlin. Bourreau.
— dans l'ancien argot.
Buvaillon. Apprenti buveur qu'un verre de vin grise.
Buverie. Brasserie. — Endroit où l'on se réunit pourboire, du vieux mot beuverie.
Buveur d'encre. Comptable,
— dans le jargon des troupiers.
« L'expression de buveurs d'encre ne s'applique strictement qu'aux engagés volontaires qu'on emploie dans les bureaux, où ils échappent aux rigueurs du service, sous prétexte qu'ils ont une main superbe. » (Fréd.
de Reiffenberg, La Vie de garnison.)
Ça (Pas). Rien, pas le sou. — La locution se souligne en faisant claquer l'ongle du pouce sur une des dents de devant. — C'est un peu ça! c'est très bien.
— Comme c*est ça! comme c'est vrai, comme c'est naturel! — Pas de ça ! pas de plaisanteries, ne nous émancipons pas ! — dans le jargon des Lucrèces de boutique.
Ça (Avoir de). Avoir de l'ar- S'enL — Avoir du courage, eu
accompagnant l'expression d'un coup de poing k l'endroit du cœur. — Regorger de trésois cachés sous le corsage, en parlant d'une femme.
Cab, Cabot. Chien, vilain chien qui n'appartient k aucune race.
— Cahot \ieni do clabaudj crieur, braillard, d'où clabauder, dans la langue régulière. En hébreu dab veut dire chien ; clabauder est formé de,^c/a6.
Cabanon. SaUe de police in-
fligée aux convalescents, -^ argot des soldats d'infanterie de marine.
Gabande , Gabombe. Cliandelle, — dans le jargon des ouvriers. — Estourbir la cabande, soufller la chandelle. — Tapeà-la mèche, honneur à la aabande, souftle la chandelle, — dans le jargon des chiffonniers. On disait autrefois : camoufle et camouflet, chandelier.
Gabasseur. Bavard. — Cabasser, havarder, tromper.
Gabasson. Vieux chapeau de femme, chapeau démodé.
Gabermont, Gabermuche. Cabaret, — dans le jargon des voleurs.
Gabestan Officier de paix.
Gabillot. Soldat de passage sur un navire, — dans le jargon des marins.
Gabinet. Atelier des dessinateurs et graveurs pour étoffes.
Gabinet des grimaces. Lieux d'aisances.
Gabinet de lumière. « Le sanctuaire du magasin (de nouveautés.) C'est une petite pièce carrée, sans aucune fe nôtre :
comme meubles, un divan de velours vert ou grenat, souvent une psyché au lieu de glace ; au milieu, un guéridon où l'on fait chatoyer sous la lumière du lustre les nuances tendres ou vives qui feront fureur demain. » (Commis et demoiselles de magasin, 1868.) C'est dans ce cabinet que les élégantes jugent de l'effet que produiront aux lumières les robes d'apparat.
Cable. Mort, — dans le jargon
des voyous; par allusion au câble du ballon captif de la cour des Tuileries, une des curiosités de l'Exposition de 1878. Aujourd'hui une gloire crevée comme tant d'autres.
Gabo. Caporal, — dans l'argot du régiment.
Gabochard. Chapeau, — dan»
le jargon du peuple.
Gaboche, Gabèce. Forte tête.
C'est la tête de l'homme intelligent. Une caboche à X, une tête à mathématiques.
« D'un petit tonnerre de poche » Lui frêle toute la caboche. »
(Scarron, Gignntomachie, chap. 5.)
Gabochon. Caractère d'imprimerie 1res usé; vignette effacée, détériorée.
Gabochon. Taloche, choc, contusion. — Se cabochonner, se Lattre.
Gabot, Gabotin. Acteur sans talent et sans dignité. D'après M. Ed. Fournier, Cabotin était le nom d'un célèbre opérateur nomade, qui, en même temps que tous les gens de son métier, était, tout ensemble, imprésario et ciiarlatan, vendait des drogues et jouait des farces, (Chanson de Gauthicr-Garg aille, préface.)
Gabotinage. ]jC cabotinage consiste à savoir se passer de talent, à se montrer plus souvent au café que sur les planches, à préférer les petits veiTes sur le comptoir aux alexandrins des classiques et même à la prose de M. Anicet-Bourgeois. — « Le cabotinage est aussi la basse diplomatie des coulisses; cabotiner c'est faire des affaires théâtrales coïïimû ç.e\\.ivûs> ç«va-
DICTIONNAIRE D AROOT MODSRNB.
liursToiit cIc^affdrcAdti biiui-se, i^rnulur aux porte» d'un comité [■Ululant ([u'un confrëro lit son «IrHine, cl porter au théAtre vni-iiri l'idée de l'nuvrane qu'on vient de surprendre, mendier ou acIieLcr des tour» de Taveur, monter une culmlc cnnlre un ouvriiKc, tout celacjtt du cabotinage. >> {Petit dict. da couiisêes, 1835.)
Cabotine. Actrice qui, sans plus de talent que le cabotin, jioHsf'de une eorde de plus à niti ai'C. Elle se sert du théiUre comme d'un bui'eau du placement pour SCS eharmcs. — Tenue de mépris pour désigner une HRtriee quelconque dont on a 4 i« plaindre ou t\a'on veut lilosAor. •' Il (le marquis de CaiTx] l'insultait (la marquise do V.HMX, la Patti)... Ainsi il a dit plusieurs fois : Maudit soit
lioiiuti eomme toi ! » [Liberté du
a aoi\t 1871, Compte rendu du
proa's Caux-Patti.)
Cabotiner. Jouer comme un
n licteur; jouer partout,
lul et s.
iuceÈs.
Cabonlot. Débit de liqueurs servies par des femmes iiimables, trop ftimalilu,'<. Les fniitsà l'emi-ilc-vie et l'alisinthc y tiennent le premier rani;. — « Hot pittoresque du patois franccomtois, qui a obtenu droit do cité dans l'argot parisien. Il désif^ne un trou, un lieu de «oi-dido et mosqume apparence, par ejitension petit bazar, petit café. Le caboulot de la rue des Curdiers, qui est te plus ancien de tous, s'ouvrit en 1852. »
(Ce$ dame», I860.J — » Le caiouhi, e'esl-à-dire Je débit de
la prune et du chinois, du citron confit A Tétat de foetus dans l'er'prit-de-vin, le tout couronné par une femme à peu près vêtue , belle comme la beauté diabolique d'Astarté...
et elle rit et elle chante et elle trinque, et elle passe ensuite derrière le rideau... et le caboulot a multiplié comme la race d'Abraham. » (Eug. Pelletan, La Nouvellt Babglone.)
Cabonlote. Hébé de caboulot.
La caboulote tient à ta fois du garçon de café et de la fille de maison. Eile est chargée de verser à boire, de pousser à la consommation et le client à la porte, par les épaules, s'il fait trop de tapage. « Voici de* actrices, des modèles, des cobau'ofes, des marchandes de bouquets et de plaisir. » (Ed. Robert, Fetitt mystères du quartitr latin, 1860.)
Cabonlottière. Mi'-me signification que ci-dessus, — ic L'an dernier, ayant écrit un entremet des plus virulents contre les caboulottières, nous avons reçu les cartes de 87fi de ces demoiselles. >■ [Tam-Tam du 6 juin 1880.)
Cabrio. Chapeau de femme, à l'époque où les femmes portaient de larges chapeaux ; c'est l'apocope de cabriolet. •< Je n'ai pas moins changé mon cabrio contre une paire de bottines à talons de cuirassier. »
(H. de Lynol, Encore une industrie inconnue.) Le cabrio semble vouloir revenir à la mode; juste retour des choses d'ici-bas.
Cabriole. Chambre , cfaami brëe, — ' d&Ti« le ^ax^u des vo-
leurs ; c'est une déformation de qui se rattache à Part du pos" cambrioUe. Choper une cabriole ticlie en cheveux. au rendévedes espagnols, louer Cache-Misèro. Vaeinent amune chambre dans un hôte ,3 et surtout tr^s long, qui a garni de dernier ordre ; c est f^ prétenlion de couvrir 1<1 démot à mot : louer une chambre ^^esse des guenilles et l'absence au rendez-vous de la vermine. ^^ jj^^g f^^ mac^farlane, pour
Cabriolet. Hotte de chiffon- les hommes , le waterproof ,
nier, — dans le jargon du peu- pour les femmes, sont des cii-
ple. che-misèrc par excellence. —
Cabriolet. Corde à nœuds, Un bohfme avait adopté pour
longue de vingt-cinq centime^ cache-msere une Vieille roho de
très et munie, aux deux extré- chambre, dans laquelle il est
mités,dedeuxmorceauxdebois. ïï^«^ ^^^ "" ^^"^ d" l'«°^-
C'est à Taide de cette corde que ^^*^"^'
les agents de police lient les Cachemite. Cachot; avec chan-
mains des détenus. « Ainsi gement de la dernière syllabe,
nommée parce qu'en la serrant Les lettrés de Mazas disent éga-
on fait cabrioler le patient. » lement cachemar , cackemuchey
(F. du Boisgobey.) cachemince, selon qu'ils parlent
Caca. Double quatre d'un jeu «" ««'"'' »»'"«« "" '"«f • de dominos. Les joueurs de do- Cachet de la mairie. Témoi-
minos, pour varier et animer gnage laissé à une chemise par
le jeu, disent encore « Bazaine », une personne qui a, peut-Atre,
qu'ils alternent avec Caca, manqué de papier. On dit aussi
n^^^A^ n^^^A^ DA*- « 1® cachet de M. le maire, la mar-
Cacade, Cagade. Bêtise. ~ que de fabrique.
Faire une cagade, se tromper ^ ^
grossièrement. Cadavre. Corps humain vi-
n X. /.Il -N c 1 vant. Promener son cadavre, se
Cachan (AUer a). Se cacher, promener. - Aller se refaire le
Jeu de mots sur le village de ^„aavre, aller mander. - Tra-
Cachan, près dArcueil. (L ex- ^^^-^^^^ '^^ ^^^ de quelqu'un,
pression date du xvni» siècle.) ^oucr quelqu'un de coups.
Cacheinlre (Coup de). Coup ^3^3^^ (Jouer le). S'achar-
de serviette, — dans le largon „.„ or»T»Aa „,^ u.^r^rrJ.^r. ^^ aa
des habitués de café On ré- "®? "^^^^^ ^" banquier en de-
aes namtues ae caie. un re- ^^^^^ ^^ ^^ j^ pueurs. —
clame ordinairement un coup de ^^ j,^ ouaient le veiiiard, abso-
cachemire pour approprier le lumeiit comme d'autres jouaient
marbre de la table, avant de se ^^ ^^^ s'acharnant contre
livrer aux émotions du domino. ,3 banquier, qui était dan.s une
Cachemire d'osier. Hotte de période malheureuse. » (Vast-
madame la chiffonnière, — dans Ricouard, Le Tripot.) le jargon du peuple. Cadavre (Connaître le, Sa-
Cache-folie. Postiche en che- voir où est le). Connaître une
veux. En terme de coiffeur, le particularité de la vie de quel-
cachê'/ûlîe compread tout ce qu'un qu'il a iivVfet^V ^ \fc\vvc
seiTète. r/est grdce à la connaissante de certains cadavres, (jiril o>i «l<»nné à tant de chnn- Uurs «rexploiter tant de monde.
— Il V (I un cadavî'c : il v a coniplicité. Le cadavre est une intimité inexplitfuée entre deux ou jdusieurs personnes de position et de ranjr ditférents et qu'on soup(;onne d'avoir trempé dans quelque mauvaise action.
Cadavre (Piétiner sur le).
Médire «l'une personne récemment décédée, dillamer un mort de la veille, — dans le jargon des f^en^ de letti'es. — « Attendez au moins ((u'il s(»it froid », dit-on, <|uand la médisance est par tnq» luitive.
Gadène. ('.haine, — dans l'ancien argot; du latin catena.
Cadet. Pince à l'usage des voleurs, i»etite pince.
Cadet. Apprenti maçon.
Cadet. Derrière. — Baiser cadet, se conduire ignoblement. — Baise cadet , apostroplie injurieuse à l'adresse d'un importun, d'un ennuyeux i»ersonnage ; locution autrefois très répandue dans le grand monde des halles 0(1, pour un rien. Cadet éUit sur le tapis et quelquefois à l'air.
Cadichon. Montre, — dans le jargon des voleurs.
Cador. Chien, — dans le jargon des voleurs.
Cador du quart. Secrétaire du commissaire de police. Mot à mot : chien du commissaire.
Cadran solaire. Derrière. — ^^Endommager le cadran solaire, Canner du pied dans le demère.
^ Cadratin. Chapeau haute for-
me, — dans le jargon des typographes. Au propre, le cadratin est un petit morceau de fonte qui sert à maintenir les caractères d'imprimerie. Les ouvriers, pour se distraire, ont combiné un jeu avec les cadratins.
Cadre. « Le personnel du ballet et des c()mpai*ses se cla.s.<»e par rang de taille. C'est ce qu'on appelle le cadi'c. » (A. Boucliard, La langue théâtrale,) Les vieux habi'ués de l'Opéra se plaisent a.s.sez à rompre la glace de ce cadre.
Cafard. Ecolier rapporteur, petit espion de collège, — dans le jargon des collégiens.
Cafarde. Lune, — dans le jargon des voleurs. — Cafarde ouatée, lune à^demi cachée par les nuages.
Cafarder. Rapporter aux maîtres les fautes de .ses condisciples, espionner ses camarades.
Cafarder. Protéger, patronner, — en terme d'Ecole militaire. Un ancien qui cafarde un melon, le prend sous sa protection. « V(ms savez que je cafarde M. de Sartène ; je le recommande à vos bons soins. » (Saint-Patrice , Mémoires d'un gommeux.)
Café (Prendre son). S'amuser aux dépens de quelqu'un. — Fort de café, très fort, peu supportable. Misérable jeu de mots comme on en commettait tant, il y a quelques années ; de la même famille que : « Elle est bonne d'enfants », pour dire qu'une cho.se e.st amusante. Fort de café est pour fort en café, trop chargé en café, expression
empruntée aux amateurs de café au lait.
Café d'abbé. Café très clair.
C'est-à-dire du café comme devraient en prendre les abbés pour ne pas être agités.
Cafetière. Tête, figure, — dans le jargon des charbonniers.
— a Bingî en plein sur la cafetière ! » (Tam-tam, du 23 mai 1880.)
Gage. Prison. — Oiseau en cage, prisonnier. — Mettre en cage, mettre en prison. « {\e fut peut-être le maréchal de Matignon qui mit Philippe de Comines en cage. » (Du Puv, Thuana, 1669.)
Cage. Atelier de composition des ouvriers typographes.
Cage à lapins. Chambre petite, mais sale.
Cage (Ne plus avoir de mouron sur la). Etre chauve, — dans le jargon du peuple, qui dit aussi : JSe plus avoir de cresson sur la fontaine,
Cagne. Le comble de la paresse. Plus forte que la flemme, qui présente un état passager, la cagne est constitutionnelle ; c'est carogne, par suppression de deux lettres. « Vénus, la bonne cagne, aux paillards appétits. » (Saint- Amand, Le Melon.) — Avoir la cagne, faire la cagne.
Cagne. Agent de police. C'est une variante de cogne.
Cagne. Cheval, -r dans le jargon des voleurs. « Avec ça qu'il est chouette ton cagne! Il a une guibolle cassée. » (Canler.)
Cagnotte en détresse. Prosti-
tuée qui exploite les abords des cercles, guettant la sortie des joueurs heureux, généreux et amoureux... de la première vende. Elle sait qu'il y a des joueurs qui ont le gain tendre.
Cagou, cagoux. Dignitaire à la cour du grand Coésre; dignit«'' disparue, dignitaire éclipsé aujourd'hui. Dans le royaume arguUque, les cagoux étaient des professeurs d'ai'got au double point de vue de la théorie et de la pratique, lis portaient le titre d'archi-suppôls. D'après Grandval, le cagou était un voleur qui opérait seul : misanthropie et escamotage.
Caillé. Poisson, — dans l'ancien argot. Il est couvert d'écaillés, d'où le nom.
Caillou. Figure. — Se sucer le caillou, s'embrasser. — Avezvous fini de vous sucer le caillou ?
Caillou. Nez, — dans le jargon des voyous. (A. Delvau.) — Avoir son caillou, être légèrement pris de vin.
Caisse d'épargne; Bouche. — Mettre à la caisse d*épargne, manger.
Caisse (Sauver la). Se sauver avec la caisse, fuir en emportant un dépôt d'argent. Entre caissiers : — Encore un de nos confrères qui vient de se sauver. — Le pauvre homme !.. et il a gagné la frontière? — Non, on l'a pincé. — Pincé !.. le troisième depuis cette semaine....
c'est à vous dégoûter du métier î
Caisse (Se taper sur la). Ne rien avoir à manger. Les ouvriers disent dans le même sens : Se taptr sur la borac^xi^.
Caisse (Battre la grosse).
Faire beaucoup de réclame pour quelque chose ou pour quelau*un. — Allusion aux coups de crosse caisse de MM. les saltimbanques.
Caisson. Tête. — Se faire sauterie caisson, se faire sauter la cervelle avec une arme à feu.
Calabre. Teigne, — dans le jargon des voleurs.
Calancher. Mourir.
Galande. Promenade, — dans le jargon des voleurs. — Se pousser la calande, se promener.
Calandriner, caler le sable.
Traîner la misère, - dans le jargon des souteneurs.
Calé. Riche, cossu. Rien de tel que l'arffent pour vous caler; c'est-à-dire pour vous mettre d'aplomb et vous donner de l'aplomb.
Calége. Fille richement entretenue, — dans le jargon des voleurs. C'est-à-dire lîlle calée , par altération.
Galence. Manque d'ouvrage, — dans le jargon des ouvriers.
Caler. Maltraiter, corriger à coups de poing, — dans le jargon des voyous.
Caler. N'avoir rien à faire, se croiser les bras en attendant de l'ouvrage.
Caler des boulins. Faire des trous.
Caler sa biture. Sacrifier à la compagnie Lesage.
Caler les amygdales (Se).
Manger, Et les variantes : Se
caler les soupapes, se caler les joues, se les caler.
Caleter. Décamper, — dans le jargon des truqueurs. Lorsque le bonneteur ou l'un de ses compères a aperçu de loin le képi d'un sergent de ville, tout ce monde de filous qui entoure les jeux de hasard se sauve à la débandade au mot d'ordre de :
Tronche à la manque^ Plaine et Norvège, ciletez fort, caletez bien!
La police! Sauvez-vous vite, sauvez-vous bien de tous les côtés !
Caleor. Garçon, de l'allemand Kellner, — dans l'ancien argot.
Caleor. Ouvrier typographe qui attend de la copie, que le manque de copie force à se croiser les bras. Dans les ateliers de composition, ce mot n'a plus le sens, qu'il avait autrefois, de mauvais ouvrier, fainéant et ivrogne.
Caliborgne. Borgne.
Calinot. Type du naïf, petitfils de La Palisse et frère de Jocrisse. Découvert par MM. Ed.
et J. de Concourt dans : Une Voiture de Masques, Calino a été mis en pièce par MM. Barrière et FaucheiT. L'orthographe primitive de MM. de Concourt donne Calinot par un t; aujourd'hui l'on écrit Calino sans t, probablement par économie, puisque Calinot a fait calinotades.
Calinotade. Naïveté digne de Calino.
Calinte. Culotte, — dans le jargon des voyous. — Ta calinte bâille, ta culotte est déchirée.
Galic^ae. CAOttvw.\s de magasin
de nouveautés. C*est une variante de calicot.
Calme et inodore (Etre). Se tenir tranquille. Les personnes qui ont une teinture de chimie ne manquent pas d'ajouter :
inattaquable par les acides.
Calot. Dé à coudre, parce qu'il a la forme d'une calotte microscopique.
Calot. Képi, — dans le jargon de Saint-Cyr. — « Récompense honnête à qui rapportera le calot 3118. » (La Vie moderne, 30 août 1879.)
Calot. Vieillard, vieille femme ridicule, — dans l'ancien jargon des clercs de notaire. « Quant aux farces d'étude, c'est ordinairement sur de vieilles ganaches, sur ce que les clercs appellent des calots, qu'ils les exercent. » (Le Peintre des coulisses, 1822.) Dans le jargon moderne des commis de la nouveauté, un calot désigne un acheteur qui borne ses achats à un objet de peu d'importance, à une paire ae gants à 29 sous par exemple.
Calot, callot. Sujet de la Cour des Miracles. Les calots étaient des mendiants chargés du rôle de teigneux.
Calots. Coquilles de noix. — Gros ye'ux à fleur de tête, — dans le jargon des voleurs.
Calots (Rihouler des). Regarder avidement, ouvrir de grands yeux étonnés, écarquil- 1er les yeux, — dans le jargon des voyous, c Riboulant des calots à chaque devanture de boulanger. » (Le sans-culotte, 1878.)
Càlotin, Prêtre; celui qui
porte la calotte. — c On a été prodigue avec eux: ils ont chacun un calotin. » (H. Monnier, Scènes populaires.)
Calottée. Boite en fer-blanc où les pêcheurs ii la ligne renferment les asticots, leur espérance.
Calotte. Assiette à soupe, — dans le jargon des voleurs. — « £t il déposa sur la table un saladier de faïence écorné, balafi'é, rapiécé, une douzaine de morceaux de sucre dans une calotte. » (P. Mahalin, Les Monstres de Paris.)
Calouquet. Etudiant en médecine. A cause de l'ancien béret, nommé calouquet, qui servait de coiffure aux étudiants, a Les grisettes du pays latin ne disent pas Carabin, c'est Calouquet. » (Les Voleurs et les volés, 1840.)
Calvin. Raisin. — Calvigne, vigne, — dans l'ancien argot.
Camarde (La). La mort. Epouser la camarde, trépasser.
« Une vieille vous dit : — Holà !
» Il faut épouser la camarde...
» N'parlons pas d'ça. »
{Dîners de l'anc. cercle dramatique.)
Camaro, Camarluche. Camarade. — « Eh! Boui'deau, eh!
las-d'aller! lève-toi, c'est ton camarluche qui t'appelle ! »
(Huysmans, Marthe, 1879.) — « Les deux cents camaros se connaissaient, se tutoyaient. ■ (R. Maizerov, La Vie moderne, 6 sept. 1879^;)
Cambriolle. Chambre. La variante est : Cambrouse.
Cambriolleur. Voleur qui opère d ;ns les chambres, dans les apparlemeuls.
Cambronse. Pensionnaire «rune maison de tolérance, — dans Panoicn argot.
Gambrouse. ('.anipagne. Cambrousier, paysan, — dans le jargon des marchands forains.
Cambrousier. Voleur de campagne , — dans Tancien argot.
Cambrousier. Ouvrier peintrevitrier attaché à un petit établissement de peinlure-vitrerie,
— dans le jargon des peintres en l)i\timent.
Cambrousier. Revendeur qui tenait un peu de tout, — dans l'ancien argot du Temple. Le cambrousier a été le précurseur du brocanteur.
Cambroux. Valet de chambre, garçon d'hôLel. — Cambrouse, ifemme de chambre. — Mastroc de cambrouse, aubergiste.
Cambrure. Savate, — dans le jargon des chiilbnniers.
Cambuse. Petite chambre mal meublée.
Cambuse aux potins. Chambre des députés. — Cambuse des genouXf Sénat.
Cambuse à merde. Derrière,
— dans le jargon des marins.
Camelot. Marchand ambulant, porte-balle, étalagiste sur la voie publique. Le soir, le camelot ouvre l(.'s portières, ramasse les bouts de cigares, mendie des contre-marques, donne du feu, fait le mouchoir et mAme la montre s'il a de la chance.
Camelotte. Mauvaise marchandise, objet sans valeur. Le camelot est une étoffe très milice et d'an mauvais usage,
faite de poils de chèvre, de laine, de soie et de coton de rebut, d'où camelotte. — Tout Farticle-Paris qui se fabrique vite, mal, à très bas prix, est de la camelotte, « Ah ! ce n'est pas de la camelotte, du colifichet, du papillotage, de la soie qui se déchire quand on la regarde. »
(Balzac, YUlustre -Gaudissard,)
Camelotte. Toute espèce de marchandise, — dans le jargon des voleurs. — Camelotte savonnée, marchandise volée. — Balancer la camelotte en se débinant^ jeter un objet volé quand on est poursuivi. — Les revendeurs, les truqueurs, les petits étalagistes, désignent également leur marchandise sous le nom de camelotte. — J'ai de la bonne camelotte, j'ai de la bonne marchandise.
Camelotte. Le contenu en bloc de la hotte, — dans le jargon des chiffonniers. Au moment du triquage, du triage, chaque objet est classé sous sa dénomination. Ainsi, les os gras sont des chocottes ; les os destinés à la fabrication, des os de travail; le cuivre, du rouget; le plomb, du mastar; le gros papier jaune, du papier goudron; le papier imprimé, du bouquin ; la laine, du mérinos; les rognures de drap, les rognures de velours, des économies; les croûtes de pain, des roumies; les tAtes de volaille, des têtes de titi; les cheveux, des douilles ou ào^ plumes; les tissus laine et coton, des gros ; les toiles à bâche et les toiles à torchon, des gros-durs; les rebuts de chiffons de laine, des gros de laine ou engrais .
Camelotte. Prostituée de bas étage.
Camelotte en pogne. Flagrant délit de vol. Mot à mot : marchandise dans la main, la pogne.
Camionner. Accompagner , promener. — Camionner une grue^ promener une femme, — dans le jargon des voyous.
Camisard en bordée. Soldat des compagnies de discipline.
Camouflement. Déguisement.
— Se camoufler, se déguiser, — dans le jargon des volem^s. Vient de r italien camuffare, se cacher la tête.
Camoufler. Falsifier. — Camoufler la bibine et le pive, falsifier la bière et le vin.
Camouflet. Chandelier.
Camuse. Carpe, — dans l'ancien argot. A cause de son museau aplati.
Camp des six bornes. Endroit d'un cimetière où les marbriers font la sieste aux joursde grande chaleur. (A. Delvau.) Piquer une romance au camp, dormir. — Lever le camp, se réveiller et retourner au travail.
Campage, Campe. Evasion, départ précipité, poudre d'escampette, — dans le jargon des voleurs. Déformation d'escampette. Camper y se sauver en toute bâte ; pour décamper.
C'est le mot français camper, quitter, à peine détourné de son acception.
Campagne (Neuf de). « Le
grec escamote des neuf sur le tapis ou en apporte dans ses poches (pour le triomphe du baccarai^. Ces neuf dits de
campagne lui serviront à abattre contre le banquier. » (A. Cavaillé.)
Camphre. Eau-de-vie extracommune.
Camphrier. Débit de vins et liqueurs d'un ordre tout à fait inférieur. La variante est :
Alambic au camphre,
Canage. Agonie. — Peur.
Canapé. Lieu de promenade ordinaire, sorte de petite Bourse des émigrés de Gomorrhc et des Ephestions de trottoir. — Sous la Restauration et sous le gouvernement de Juillet, les quais, depuis le Louvre jusqu'au Pont-Royal, la rue Saint-Fiacre, le boulevard entre les rues Neuve-du-Luxembouig et Duphot étaient, d'après Vidocq, des canapés très dangereux. Aujourd'hui le passage Joufiroy et les Champï5-Elysées sont devenus les lieux de prédilection de ces misérables dévoyés.
Canard, Couac. Fausse note, — note qui ne sort pas du gosier du chanteur. Quand l'émission du son commande plus d'une note, le canard prend le nom d'oie. L'autruche est un canard considérable, tout ce qu'il y a de plus fort en couacs, — dans le jargon des chanteurs.
Canard. Mensonçe, fausse nouvelle. — Au dix-septiènie siècle, donner des canards à quelqu'un avait le sens de lui en faire accroire, lui en imposer.
(Ch. Nisard, Parisianismes.)
Canard. Méchant petit journal, imprimé sans valeur. « Ne s'avisa-t-il pas de Yvm^^ \^5wVfô«^ ses opinions en \eYs \\)ù^^^, ^\,
7i DICTIONNAIRE D'aROOT MODERNE.
rif Its faire imprimer en façon He canard f » (Ed. et J. de Gonoourl.)
Canard. .Mauvaise gravure sur boi^, — dan;! le jai^oti des gra-
r boi».
Canard. tUieval, — dajis le jargitD des cocher*. J'ai un bon canard, bourQeoii, roui martheronïi'ile.AJD^ nommé parce <)ue, [a plupart ilu tcmp-i, à Paris, à l'cicmpte du canard, le cheval palaupi dans la bouc.
Canard. Vorceau de sucre trciii|iê dans <)a café. Comme le canard, il plonge pour reparaître aussiUM. Âirn gu'vn canard, un pttit canard. On donne
sucre trempé daus du cognac.
Canardor. Tromper. — Plaisanter. \l.. Larchey.j
Canardier. Ouvrier t^^pogra-
Shc attaché à la conipoïiliDn un journal ou canard. Pour les typographes, tou.-< les journaux, depuis le Journal o/Jiciel jusqu'au Journal... des chiffimnkrs, sont de.« eanardt.
Canaston. — Mauvais cheval.
(Uiapeau de femme, coiffure démodée. On pi-ononco ean'tmt, canasson est une forme de iiard. — Vieux conaison : d'amitié. (L. J-archey.)
Cancan. La charge de la danse, une charge A fond de train... de demère.
Cancaner. Danser le cancan.
Canallt. Chaîne de gilel, — dans le jargon des voleurs. « Tu d'vrais Bien m' donner ton petit dada qa' t'as au bout de la canelkàe ton àogue. » [Canler.)
Mot
Caner. Apaiser, luoioir, tomber. — Sacrifier & Richer.
— Reculer, avoir pem-, par altération du vieux mot caler qui avait la même signification.
Dans le supplément à son dictionnaire, M. Littré donne caler pour reculer, comme ayant cours dans le langage populaire. Pour ma part, je ne l'ai jamais entendu prononcer dans aucun ateher. — « C'est un art i^ue les canes possèdent d'instinct... Cette expression se rencontre souventdans les écrivains dcd seiiiâme et dix-septième siècles, principalement dans les poètes comiques et burlesques.» (Ch. .Nisard, Curiosités de CElymotogie française.) Déjà dans Rabelais, nous relevons l'expression de : faire la cane, expression équivalente à notre Baner : « Parbleu ! qui fera la I cane de vous autres, je le fais moine en mon lieu. » [L. 1 .) I Canar la pégrmne. Mourir ■ de faim.
Canenr. Poltron.
I Canleha. Ballot carré dont la I toile d'emballage figure, aux ! quatre coins, des oreilles de chien.
Canna. Démission donnée à I un rédacteur de jom-nal. Mot à , mot : lui offrir sa canne pour
Canna. Surveillance de la haute police. •! Il y a la canne majeure elia canne mineure. »
(L. Larchey.) — Etre en canne,
résider dans une iocalité désignée; se dit d'un libéré.
Canne a pêcbe. Individu très maigre.
CAava.Vaïïâ diivia. Il y a le
canon du broc et le canon de la bouteille. Selon nous, c'est un mot du jargon des francs-maçons entré dans le domaine de Targotdu peuple. — D'après M. Génin, canon (ju'il faut écrire cannon, est le diminutif de la canne, mesure poui: les liquides. C'est un mot saxon conservé dans l'anglais et dans l'allemand.
« Tant va la canne à l'eau qu'il li convient
[briser, »
Vieux proverbe que nous avons rajeuni par le : « Tant va la crucbe à l'eau qu'à la fin elle se brise. ■ — Siffler un canon sur le zinCf boire un verre de vin sur le comptoir.
Ganonner. Boire des canons de vin. — « A l'heure où Paris canonne, alors que la^Frauce ouvrière s'imbibe en lisant la feuille de la rue du Croissant. »
(Vaudin, Gazetiers et Gazettes,)
Ganonner. Tirer le canon. Sacrifier à crepitus ventris. Canonnade, série d'offrandes à crepitus ventris,
Ganonnière. Derrière.— Charger la canonnière, manger. — G ar gousse de la canonnière, navets, choux, haricots. (A. Delvau).
Ganton. Prison, — dans l'ancien argot.
Gantonnier. Prisonnier.
Ganolant. Tannant.
Gannle.Personnage ennuyeux, celui qui obsède son semblable et cherche à s'insinuer.
Ganuler. Obséder, ennuyer], tanner.
Gant. Argot des voleurs anglais.
Gaoudgi. Café, — dans l'argot de J'arinée. Mot importé par nos soldats retour d'Afrique.
Caontchouc.'Mont-de-Piété, — dans le jargon des voyous. Jeu de mots sur les qualités du caoutchouc et du Mont-de-Piété qui prêtent également l'un et l'autre, chacun à sa manière.
L'immortel auteur des Pensées d*un emballeur avait déjà émis cette réflexion, empreinte d'une certaine mélancolie :« Le Montde-Piété prêterait davantage s'il était en caoutchouc. »
Caoutchouc. Clown qui semble en caoutchouc, tant il est souple. (Littré.)— « Travail extraordinaire de M. Schian, l'homme serpent, premier caoutchouc et gymnaste du monde. » {Indépendance belge, 1 1 sept.
Capahuter. Assassiner son complice et l'alléger de sa part de butin. C'est, paraît-il, un nommé Capahut qui a mis, autrefois, ce procédé violent à la mode. A part quelques escarpes érudits, qui connaît aujourd'hui Capahut? La gloire n'est qu'un mot!
Cape. Ecriture, — dans l'ancien argot. — Capine, écritoire.
— Capir, écrire.
Capiston. Capitaine, — dans le jargon des troupiers. — Capiston bêcheur, capitaine adjudantmajor.
Capitaine de la soupe. Se dit ironiquement pour désigner un capitaine qui n'a jamais vu le feu, et qui n'a gagné son grade qu'au tour d'ancienneté.
Capitole. — \'om donné car les écoliers at\i <i'd.^\ic>\., yv^y^^-
76 DICTIONNAIUE d' ARGOT MODERNE.
scuté le plus souvent par un placée sous son patronage et
grenier, dans les écoles. On dit : adoptée par les jeunes élégants,
« monter au Capitole », par al- les garçons coitJeui's et les com-
lusion classique. (L. Larchey.) mis de magasin qui visent àl'é-
Capitulard. Pendant la gueire ^^gance.
de 1870-71 , le peuple, qui veut le Câpre. Chèvre. — CapreSj crot-
succès à n" importe quel prix, tes de chèvre,
avait décerné ce sobriquet à Capsule.Chapeau haute forme,
tout gênerai qui capitulait. Au ^i^^s le jargon du peuple. -
plus fort de nos revers, Il vit des g^hako d'infanterie. (L: Lai-
capitulards partout, et quand chey.)
Bazaine livra Metz aux Prussiens, /.•/«, i x r.
il fut salué : Roi des capitulards, . CfPtii (Enlever le). Donner du
dé?
soldats
tabac de cantine. Le caporal est, r :«^r«/ pour le soldat, du tabac supérieur, du tabac gradé, d'où le Capucin. Lièvre, en terme de surnom. chasseurs. — « 11 y avait même
n 1 T *»4\ c quelques vieux capucins dont il
Caporal (Le petot). Surnom ^^^^l■^ ^^^.^ J^ ^^ ^ ,^
que les soldaU de la garde ^^^^ j„ .^^ compagnons de
avaient donne à iNapoleon I". ^ , ^^ ^^ PhiUpm.)
Les invahdes, qm ont fait les ^ ^ ....
guerres du premier Empire, le Capucine (Jusqu'à la troisié-
désignent encore sous ce nom et me). Enormément, à fond. —
aussi sous celui du Petit Tondu. S ennuyer jusqu'à la troisième
Capot. Trou du soufUeur, pour ^^P^^^^fi
capote; par allusion à la forme . Carabine. Demoiselle du quar-
de cette boîte dont le couvercle tier latm vouée aux étudiants
rappelle la capote de cabriolet. ^^ médecine, vulgo «carabins».
Capote anglaise. Poui- les Carabiné. Violent, très fort ;
voyageuses via Cythère, c'est «lot emprunte au vocabulaire
un préservatif contre le mal de ^^s marins. Une déveine carabi-
mer; pour les voyageurs, c'est m^^> une forte déveine,
une sorte de ceinture de sauve- Carabiner. Jouer de peiu',
tage. — Les Italiens ont donné jouer la carotte aux jeux de ha-
à ce petit appareil le nom d'un sard.
de leurs meilleurs auteurs conii- Carafe. Gosier, — dans le
ques; ils l'ont nommé goldoni. jargon des voyous. Fouetter de
Petit-être l'auteur du Bourru 'la carafe, sentir mauvais de la
bienfaisant passait-il pour un bouche,
homme de précaution? Carafes (Faire rire les). Dé-
Capouls.Coiflfure d'homme, à rider les personnes les plus
bandeaux en cœur, inaugurée graves, à force de dire des bô-
en 1874 par le ténor Capoul, tise^.
Caramboler. Sacriller h Vénus, — dans le jargon de*