I. — Homme de lelti'es. ^jg
farde, Chiffonnière. Pipe ^.^^^ ^^.jg^. ^^j,, ^^3 rues,
3 tuyau est cassé presque ^^^^ le jargon des marchands
Mssance du fourneau. ^>^^^^^^ ambulants. Quand ils
farde. Papier timbré, as- parcourent la ville, au cri de :
ion. « habits à vendre ! » ils chinent,
te (La). Le métier du ils vont à la chine.
DlCTlONNAiiU: D ARGOT 3dOD£RX£.
Chiner. Porter un paquet sur le do>; triiubaJler de la mardiaiidise, — dans le jar^n des iiiarcliaiid> anihulants : c'est uim abréviation de s'eckimer.
Chineur. MarchaDd d'iiaLits airiliulaiit qui va déverser ses acljabisur le carreau du Teuiple.
— Marchand qui va offrir à domicile des objets souvent volés.
— Filou oui vole en augmentant frauauleuseinent la valeur a[)|>fircnte des objets. « Le Montdc-Pir^bî n'a guère à se défendre que contre deux sortes de filous parlai tcnient catégorisés : les chini'urs et les pifjueurs dConce...
il nu l'iiut pas croire que cette IVaiuli! s'arnUe aux objets précm;ijx; on chine tout. » (Maxime (lu flanii», lipxue des Deux-Monde»^ IH^J.) Un des procédés du chineur consiste à forer les chiilnos, les bracelets, pour en extraire l'or (|u'il remplace par du cuivre. Les employés du Mnnt-(le-Pi6ti^c)ntété,plùsd'une lois, victimes de ce genre de vol. — Dans le jargon des chifl'onniers, un chim.ur est un marchiind, un commerçant quelcon(|ue.
Ghinoiier Jaipin. Parler argot. (P. Malmliii, Les Monstres de Paris, IH8().)
Chipe (La). Vol d'mi objet de pou de valeur.
Ghiquage. Mensonge, bavardage. — Planche au chiquage^ cont'essionnal.
Chique. Kgliso, — dans Tancion ui'got des voleurs; vient de ritalien ùhièsa.
Chique (Couper la). Couper la parole ; synonyme de cowper le sifflet.
Ghiqae <CaL mmwwat pai me).
Ça ne vaut rien. « Au xiv« siècle,
OD apf»e]ait dûqme en Dauphiné
! une pièce de monnaie de cette
; province qui était la plus petite
' et avait le moins de Taleur. »
Ch. Nisard. il faut plaid t cher-
; cher rétTmologie dans la dùque
, de tabac qui n'est pas d^one
I grande valeur.
Cfaiqne de pain. Croûton de - pain.
j Chique ^Poser sa]. Mourir. — j Se taire. — Pose iachique et fais
le mort. Tais-toi et ne bouge
pas.
Chiqué. Fait avec chic. — S'emploie en parlant des choses:
un tableau chiqvé.
Cliiquer,Chiquer les légumes.
Manger, — dans le jargon du peuple.
Chiquer. Battre. — Se chiquer, s'invectiver, en veniraux mains.
— Chiquerie, rixe.
Chiquer, Chiquer comte. Mentir, simuler, — dans le jargon des voleurs. Comte est pour comtois, — Les saltimbanques se servent aussi de cette expression.
Chiqueur, Chiqueur de hlanc.
Fainéant; souteneur de filles^
Chiqueur. Peintre, sculpteur qui fait de chic. « Un tas de chiqueur s et de chiqueuses font de petites ordures. » {Le Triboulet, du 6 juin 1880.)
Chirurgie (Etre en). £tre en traitement dans un hôpital pour une affection chirurgicale. — Etre en médecine, être, en qualité de malade, dans le service de la médecine, — dans le jargon des hôpitaux.
nrgien en vieux. Savetier. « s' metfe un p'tit brin on riboïc
I ^ V M Et, dans 1 coin d un caboulot,
ivau.^ „ Gentiment s'rincer le goulot
lehurstienner. Fêter un " ^"^l^u M,oar,nHl' **'"'°*'
, ,' , xT' â. ' C est de la ciloquotte. »
Tsaire bonapartiste. Vient (^a Afuse à Bibi.)
lislehurst, résidence de ^r^^^^ ^^ j^^^^j. j^j ^^^j^ ,^
nne famille impériale, délicatesse de, avoir l'avantage
eurs centaines de per- ^ ^^^^^ ^^^^^^ ^,^^ 1^^„ ^^
I s étaient réunies aux cédé. Et, en abrégeant : ^voir c^-
^ de l'église Samt-Augus- ^^ • ^ : j^^^.- ^ ^^^^^
nnespoar Chulehurstten^ ^,1^^^^ ressentir de
s autres pour voir 6/iisZe- fatfection pour quelqu'un. -
nner » (Rappel du 48 y^^^ ^^^^^^ embarrassé, pe-
^^'•) , naud.
le. Eau-de-vie. ^^^^^^ Machin, Un tel. Terme
.éra. Zinc, zingueur, — de mépris lorsqu'on ne veut pas
B jargon des couvreurs. désigner quelqu'un par son
léra. Viande malsaine, nom. — Celui dontle nom nous
\ de qualité inférieure, — échappe s'appelle aussi Chose,
le jargon des bouchers.' Machin. « Comment, Nana, ce
lYau.) sont .tes amis, et tu ne sais
. j . ,. seulement pas comment ils se
iette.Chopine,demi-Iiti-e. nomment? — Ma foi, non ; moi,
aer. Voler, prendre. — Je les appelle toujours : Ohé!
.^ vol. — Choper une Machm!... ou bien : Dis donc,
arrêter un logement, se Chose ! et ils entendent très
— dans le jargon des ^^^n. » (Grévm.)
s. Chou. Résultat des fouilles
îin. Profit, réussite, bonne nasales, — dans le jargon des
ie, — dans le jargon des collégiens,
s. Chou pour chou (Aller). Suivre
^ine en bois. Broc de bois exactement la copie imprimée,
ge des marchands de vin. (Boutmy, Les Typographes pa-
r, . . . risiens,) C'est une réminiscence
jper. Fauter, faire un du proverbe : Chou pour chou,
ir faux-pas hors du sen- Aubervilliers vaut bien Paris.
5 1 honneur, trébucher, - „ Autrefois le terrain du village
laut d une jeune hlle. ~ d'AuberviUiers était presque en-
œur ne choppera pas, je tièrement planté de choux qui
. » (Huysmans, Les sœurs passaient pour meilleurs que
^•) ceux des autres endroits. De là
luotte (C'est delà). C'est ce proverbe dont on se sert
en, très agréable, d'un pour égaler sous quelque rap-
mt rapport. Dans le jar- port deux choses dont l'une a
les chiffonniers chocotte été trop rabaissée, ou pour si-
3 « os gras. » (7. CamS' gnifier que chaque chose a une
qualité qui la rend recomman-
dahle. » ((Juitard, Dict. desPro- Chonrinoiir.TaeiirdecheTaui
verbes.) — daus l'ancien argot. Celai
Chouchouter. Cliover, dur- qui se sert du ehourin. Type
lotcr. Le mot est de' Balzac et «un des principaux personna-
n'a gutVe été employé que par ges des Mystères de Paris.
lui. « Au lieu de vous chouchou- « Aiusii ce boacanier. ainsi ce choarinenr
ter, elle vous a fait aller comme - ^ f*'' <*'"'* î^^ dorgueii un jour de
«in valet. >. (Balzac, Un Mènivje ^v.Hugo. caSS^T^""
''^ ^^''^^'* ) Choux (Etre dans les). Xe pas
Chouette, lieau, excellent, avoir accompli la tâche qaun
Chouette, alors\ — très bien typographe est tenu de faire
alors! feimwe chouette, belle dans un temps donné, être en
femme. Kepas chouette^ bon re- retard dans son travail.
^'^^' Chuter. Pour une demoiselle,
Chouette. Malin. {Le Sublime,) c'est tomber... dansles bras d'un
— Faire ta chouette, jouer à Té- amoureux,
carte, à rimpériale, seul contre ^hyle (Se refaire le). Faire
plusieurs adversaires qui pren- „,^ ^f^^ ^^^^^ ^^ Quand il dîne
nent les cartes à tour de rôle ^„ restaurant, l'ouvrier ditquMl
et qui panent de concert. ^.^ serefaire le chvle. «(Léo les-
Choun^k, Chouflique, Chou- pès, Paris dans un fauteuil,)
. . 1 .1 "« ^^^^^.,^ v.«« *« première
est né savetier, il mourra sa- gyn^^je
vetier... jamais cordonnier. »-,.,* .• » i •
(Petit Journal pour rire.) Ciel, mon man !« Les actrices
ni^ M- l^ ' 1 de cette dernière catégoriel celles
Choufhquer Faire mal un que les entreteneurs mettent au
ouvrage. Mot à mot : travailler ^^^^^^^ ^^^ ^^ç^ ^^^ ^^^^^i.
les aplulisses, Leur rôle ... , j^, se Dorne e-eneraienient à pro-
jouissance dans le corps d un „„„ggj. petite phrase tradition-
*^^ nelle, avec un chapeau de satin
Chouia-Chouia. Comme ci, ^^ u^g ^obe de velours épingle,
comme ça ; tout doucement, — lorsqu'elles voient paraîti-e par
Aller son bonhomme de che- ]a porte du fond l'acteur qui est
nun, chouia-chouia, — dans le censé les prendre en flagrant
jargon des soldats retour d Afri- ^j^lit d'infidélité. » (Paris-actn-
que. ce, 1854.) ^ Choula. Synagogue, temple cjgj.^^ Sergent de ville en
israéhte. faction dans la rue, — dans le
Chourin. Couteau ; pour surin, jargon des voyous.
Chouriner. Frapper k coups Cierge est éteint à Saint-Jean de couteau. de Belleville (Le). Les ouvrieri
DTCTIONNAinE D ARQOT MODERKE.
quihabitentBelIeville se servent de cette eipression lursqu'cn jouant aux cartes ils n'ont pas d'as dans leur jeu. — Pour en avoir, il faut faire hrftlcr un cierge à saint Jean - Baptiste.
(Le Sublime.)
Cig. Apocope de cigale qui, dans le jargon des voleurs, a la sigain cation de pièce d'nr, pièce de vingt francs. « Enlends-tu 6abitter let cig cHet le balanceur de 6raise?entends-tusoiinerlespièces de vingt fi'ancs chez le changeur?
Cigale. Chanteuse ambulante.
Cigogne. — Palais de justice.
Ainsi nommé par les voleurs par allusion à la flèche de la Sainte-Chapelle.
Cini( centimados, Cinq centimadores. Cigare de cinq centimes. Cl Cn cinq centimados I c'est bien la peine de le suivre une demi-heure 1... Filou, va... et ça fait le gentilhomme!» (Dénoue et DamouretLe, Croquis parifiens.)
Cinq et trois font hait. Rojtcni.
Cinquième. Cinquième partie du litre, l'équivalent d'un canon. Par altération, cînliéme est beaucoup plus usité. — « On étoulfe tranquillement un cintième. >' (Vart de se conduire dans la soc. des pauvres bougres.)
Cinquième rêne. Crinière de cheval. — Attraper la cinquième Téne, attraper la crinière de peur de tomber quand un cheval se cabro ou trotte tropdur, — dans le jargon des soldats de cavalerie.
Cintrer. Tenir. TAre cintré.
I être maintenu, être dans l'im- ' possibilité de bouger.
' Cipal. Municipal, soldat de la garde municipale, aujourd'hui garde républicaine.
Cire (Toi à la). Ce voletait cultivé avec un certain succès dans les restaurants de premier ordre, avant l'invention du ruolz.
Un voleur s'attablait, escamotait un ou deux couverts d'argent, les collait sous lalableau ntoven d'un emplâtre de poix ou de cire, et un compère était chargé de venir les recueillir. Depuis, le même procédé s'est renouvelé, avec une variante, dans les établissements o(i le ruolz n'avait pas encore remplacé l'argenterie. Les filous se charmaient de la substitution. Aujourd'hui que tous les restaurants emploient le ruolz, ces aimables industriels ont dfl chercher autre chose. Ils n'ont pas été loin, lis emportent le ruolz.
Cire aoz yeoz (ATOir de la).
Ne pas être clairvoyant, perspicace. — " Mais n'ayant pas de la cire aux yeux, îl continua simplement k voir clair, a (Cla- Ae\,0!npdraiUes, Le Tombeàudes tuUears, 1879 )
Ciré, Nègre, — dans le jargon du peuple.
Cirer en fonrrier (Se). Frotter ses souliers entre les planches de son lit et sa paillasse, afin de leur donner une apparence do propreté, — dans l'argot du régiment. (Hcrnadille, Le Pren-
Ciseanx (Rédacteur anz) .
Journaliste chargé du découpage des journaux. C'est celui qui prend aux autres feuilles.
on les citant ou ne les citant [»as, <!C «ni'ii y trouve de plus saillant, (le ni us en rapport avec la nuance île son journal. — «Messieurs, disait un rédacteur en rlicf à ses collaborateurs, vous (Hes tous les mAines, vous ne lisez, du journal que ce que vous faites. — Pas toujours, répondit un des interpellés, quand nous confions, nous ne lisons jamais. »
Citron. T«^te, — dans le jargon des voleurs.
Gitrouillard. Dragon, par allusion à la couleur de la tunique.
Civade. Avoine, — dans le jargon des maquignons; vient du provençal civade.
Clafot. Jeu de Colin-Maillard,
— dans le jargon des enfants.
Clair. Œil, — dans le jargon des voleurs. — Souf/lerses clairs j dormir.
Clapoter. Chavirer, — dans le jargon dos canotiers de la Seiniî; et par altération craimuter.
Clapoter. Manger, — dans le jargon des voyous.
Claque (Mec de la). Claqueur,
— daiis le jargon des voyous.
Claque, Claquedent. Maison de tolérance, — dans le jargon des voleurs. — Dans le jargon des voyous, claque s'entend par extension d'une fille de maison publique ; ils disent également :
les goiizesscs de la claque. « Quand les goîizesses de la claque vont à Montretout^ily a toujours du rabiot pour Saint-Lago, Quand les filles de maison passent à la vi-
site, il y a toujours du profit pour St-Lazare. »> — Claquedent se prend encore dans le .«^ensde mauvais lieu quelconque, cabaret borgne ou tripot. « Si parmi les joueurs, quelques honnêtes gens s* étaient fourvoyés, tous, du moins, fréquentaient le claquedent pour des motifs plus ou moins avouables. »
(Vast-Ricouard, Le Tripot.)
Claque (En [avoir sa). En avoir sa charge ; en avoir assez.
Claquer. Mourir.
Claquer. Manger; et claquer des bajouettes, — dans le jargon des blanchisseuses.
Claquer. Dépenser. — Avoir tout claqué^ avoir tout dépensé.
Claquette. Bavard.
Clarinette, Clarinette de six pieds. Fusil d'infanterie. — Jouer de la clarinette, se battre à coups de fusil, — dans le jargon des troupiers. « Nous allons être obligés de jouer un trio de clarinette. » (A. Camus.)
Classe dirigeant (Un). C'està-dire une personne appartenant aux classes qui ont la prétention de diriger les autres, l'opposé du prolétariat.
« V'ià r carêm' : le class' dirigeant, » Qu'est érvédana les « bons principes», » Va fair* pénitence en n' mangeant » Plus d' pieds d' cochon truffés nid* tri-
[pes. »
{La Petite Lune^ 1879.)
Classe (Etre de la). N'avoir plus qu'une année de service à faire, — dans le jargon des troupiers. (Bcrnadille.) — Ohél la classe, viens-tu payer un dur?
Claude. Imbécile, — dans le jargon des voyous.
Clémentine. Petite calotte de
velours ou de drap qui ne couvre que le sommet de la te le.
Gliabean. Médecin, — dans le jargon des filles en traitement à Saint-Lazare. C'est-à-dire beau client, par corruption et par ironie.
Cliché. Diarrhée. — Avoir la eliche. Le petit vin d'Argenteuil donne la cliché.
Cliché (Sortir son). Se répéter sans cesse , rabâcher la même histoire, donner toujours le même prétexte lorsque le prote fait une observation, — dans le jargon des typographes.
Clichy (Aller à). Avoir le dévoiement. — Jeu de mots sur cliché et le village de Clichy.
Client. Individu ; individu volé ou exploité. — Dans le jargon des voleurs, des filles et des souteneurs, le mot client a remplacé le mot « pan te. »
Clignette. Jeu de cligne-musette, — dans le jargon des enfants. — Jouer à la clignette.
Cliquettes. Yeux, — dans le jargon des bouchers.
Cloche de bois (Déménagement à la). Déménagement furtif. — Déménager à la cloche de bois, déménager sans bruit et sans payer. — « Pendant ces vingt ans, il a déménagé à la cloche de bois, c'est-à-dire qu'il est sorti de ses diverses résidences sans acquitter le prix de son terme. » (Maxime Parr.)
Cloporte. Portier. Jeu de mots : celui qui clôt la porte.
Cloque. Crepitus ventris. Cloquer, sacrifier au petit crepitus, — dans l'argot des barrières.
— Ldcher une cloque renversante.
Clou. Mont-de-Piété. —Mot emprunté par le peuple au jargon du régiment où clou signifie prison. Le Mont-de-Piété est la prison aux bardes. — Hospice des Enfants-Trouvés.
Clou. Prison, — dans le jargon des troupiers. — « Vous y êtes pour deux jours de clou. »
(Randon, Croquis militaires.)
Clou. Ouvrier qui travaille mal.
Clou. Baïonnette, — dans le jargon des soldats.
Clou. OBjet détérioré ou de peu de valeur, — dans le jargon des marchands de bric-à-brac.
Pousser des clous, mettre des enchères sur des objets sans valeur.
Clou. Scène à effet, scène capitale, scène où les auteurs comptent accrocher le succès,
— dans le jargon du théâtre.
« Je lui ai donné la réplique et nous avons répété sa grande scène du deux!... c'est le clou de la pièce. » (Figaro du 6 juillet 1878.)
Clous. Outils de graveur sur bois.
Clous (Petits). Caractères d'imprimerie. Lever les petits clous, c'est être typographe-paquetier. (Boutmy.)
Clous, Têtes de clou. Caractères d'imprimerie très vieux, hors d'usage. — En terme de typographie , on dit d'un ouvrage mal imprimé : c'est imprimé avec des têtes de clou. — V Ce papier, jauni par le temps, était de ceux dits à chandelle, dont on se sert pour imprimer
DICTIOXNAIRE D ARGOT MODERNE.
— à renfort de tètes de clou
— ces canards qui... » <P. Maha- > lin , L*:s Mmstns de Paris , 1880/
Qitbbable. <• L'Anglais est le seul peuple véritablement c/u^ table, c'est-à-dire fait pour la vie du club. » (Ed. Texier, Les Choses du temps présent.)
Coaguler (SaV Se griser, bredouiller par suite d'ivresse, o M. Lebon, à force de boire, parvint à se coaguler. » (La Mystification, 1838.)
Cocarde. Tète. — Excès de boisson, ^rotr sa cocarde, être ivre. L'homme qui a sa cocarde en est à la gaieté bachique. Se pousser une cocarde soignée.
Cocarder (Se). Se griser.
Cocardier. « Le commandant du bataillon était ce que les troupiers appellent un cocardier, c'est-à-dire qu'il mettait une importance extrême à ce que ses hommes brillassent par leur tenue soignée et sévère. »
(Louis Noir , Souvenirs d*un zoutive.) Le maréchal de Castellane, qui prenait son bain, ayant, sur une chaise à côté de liîi, le grand cordon de la légion d'honneur, est resté comme le type le plus réussi du cocardier.
Cochemar. Cocher ; formation argotique par la terminaison mar.
Cochon. Avare. — « C'est un cochon », dit une femme en pai4ant d'un homme dont elle a à se plaindre sous le rapport de la générosité.
Cochon. Libre dans ses propos, raffiné en lubricité. — Elle n'est pas jolie, jolie, mais elle est H cocAonne.
Codum (Grot). Homme gros et bouffi de graisse, bien rente et sans souci. « A bas les Bourbons, et ce gros cochon de Louis XVIII ! 9 (V. Hugo, Let Misérables.)
Cochon (CosUime}. Costume dont rindécence voulue doit exciter les désirs des amateurs.
Les costumes des féeries sont d*autant plus réassis qu'ils sont plus cochons.
Cochon malade. Personne malpropre et malsaine.
Cochon (Soigner son). Soigner son corps sous le rapport de la nourriture.
Cochonnaille, Cochonnaillerie. Charcuterie, la base de la cuisine des pauvres gens.
Cochonnerie. Ratatouille. Aliments de mauvaise qualité, salement préparés et mal servis.
— Dire des cochonneries, tenir des propos très libres. — Faire des cochonneries, passer des paroles à l'action.
Coco. Tête; allusion de forme. Se monter le coco, s'illusionner, se monter la tête.
Coco. Individu , particulier.
Xe s'emploie guère qu'accolé au mot joli, dans un sens ironique : C'est ttn joli coco.
Coco. Pour eau-de-vie, avait déjà cours au siècle dernier.
« Elle lui fit payer du coco. »
(Cabinet satirique.) — Aujourd'hui on entend par coco, de la mauvaise eau-de-vie, de l'eaude-vie fortement additionnée d'eau. — Marchand de coco , marchand de vin. Allusion à l'eau que le débitant met dans le vin et les liqueurs.
DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.
Coco. Gosier. — Se passer quelque ckose par le coco, manger, boire.
Cocons. Camarade de première année à l'Ecole polytechnique. Mot à mot : co-conscrit, (L. Larchey.)
Cocodés. Variété du Petit- CrevÉ et Tariante de Coco.
Cocodète. Femelle du Cocodés.
Les cucodÈtes sont, en général, des femmes du monde de la bourgeoisie, alléctant une toilette et des goûts incompatibles avec leur modeste position. Une véritable grande dame, si excentrique qu'elle soit dans sa toilette, ne sera jamais une cocodète. Il y a des cocodétes parfaitement honnêtes. Ne pas le paraître, voilà leur rêve.
Cocotto. Dans le monde galant, la cocotte tient sa place entre la femme entretenue et la prostituée. Elle forme en (Quelque sorte le parti juste-milieu, le centre de ce monde.
La cocotto aime à singer les allures de la femme honnête, mariée , malheureuse en ménage, ou veuve, ou séparée de son mari, ou à la veille de plaider en séparation. Toute cette petite comédie, elle la joue jusqu'au dernier acte, pourvu que le dénouement y gagne ou, plu- Iflt, pourvu qu'elle gagne au dénouement. — Le mot cocotte n'est pas nouveau, il est renouvelé de 1789. (Cahier de plaintes et doléances.)
Cocu. Mari trompé ; source d'éternelles plaisanteries. Bien
f|ue le mot soit absolument rançais, puisqu'on le trouve , dans tous les bons auteurs du XVII* siècle, chez madame de Sévigné comme chez Molière et chez La Fontaine, qui le tenaient de leurs devanciers, nous n'avons pas hésité à lui donner riiospitalité dan.i le but de relever une erreur d 'et jmologie.
Sur l'autorilé de Pline, on prétend que le mot cocu répond à une allusion au coucou, lequel est réputé pour toujours pondre dans le nid d'autrui. C'est une erreur. Cocu, qui devrait s'écrire co-cu, est formé de deux syllabes co pour cum. Le cocu est un homme qui a un ou plusieurs coadjutcurs à l'œuvre matrimoniale, un ou plusieurs confrèresqui travaillent lemême champ, champ désigné par la dernière syllabe du mot. De l.'i cocu. L'art de faire des cocus remonte à l'origine du monde, si loin que le premier homme a élécocu par un serpenL Pourquoi par un serpent ï Parce qu'à ce moment il n'y avait pas un second homme dans l'univers, s'il faut s'en rapporter à la Bible. — M. H. de Kock a écrit l'histoire des Cocus cilé-
Cocuage. " Le cocuagc poursuivi par les lois, réprouvé par la morale, toléré par la bonne compagnie, est si profondément entré dans nos mœurs qu'il est ;nu presque une institution. " (Paris vn de plus.) Des maris indignes de ce nom n'ont pas craint de dire du cocuage, dans un accès de cynisme, qu'il est comme les dents, qui commencent ft vous faire souffrir quand elles poussent, et qui, par
lO'i
la suiio, vous aident à manger.
Codifier. — Tromper son mari, li-omper un mari. « On est tellomont tromp«'» dans la vie, disiiit une dame, qu'on ne sait plus à qui se cocuiier. »
Cœur d'amadou. « Prompt à prendre feu au moindre contact, cœur impressionnable que la plus légère étincelle embrase. » (J. Dullol, Dict. d'amour y
Cœur d'artichaut. Se dit d'un homme qui aime indistinctement toutes les femmes. (Idem, ibid.) On dit proverbialement :
cet homme a un cœur d'artichauty il en offre une feuille à chaque femme.
Cœur sur du carreau (Mettre du). Vomir. — Jeu de mots :
c'est rendre à force d'efforts son cœur sur le parquet (carreau.)
Coffin. Table volante pour le travail, — dans le jarfjfon des élèves de l'école polytechnique ; nom donné en souvenir du général Coffinières.
Coffre. Estomac. — Se garnir, se remplir le coffre, manger.
Coffre à beurre. Tête.
Coffre-fort. Voiture cellulaire, autrefois panier à salade. En fer comme un coffre-fort, elle coffre fortement les voleurs dirigés sur le dépôt de la préfecture de police.
Cogne, Cognac. Agent de police, — dans le jargon des voleurs ; et Cognard, gendarme.
Cogne. Cognac. — F rendre un pe/f^ cogîie^ histoire de se rincer
la dentf prendre un petit verre de cognac, pour se rafraîchir la bouche. « Viens pitancher un verre de cogne! » (Huysmao.<), Marthe,)
Cogner. Donner des coups.
— Tais-toi ou je cogne. — Coyner dur, frapper fort.
Coin sans i. Imbécile. — D'autres ne prononcent même pas Vi, — « Espèce de ç... béte comme un c. »
Col (Se pousser du). Porter un col de chemise haut, bien blanc et bien empesé. — Au figuré, c'est énumérer les qualités qu'on croit avoir, c'est les faire ressortir comme si on les exhibait du col de la chemise que la main tire en haut.
Colabre, Colas. Cou. Rafraîchir colaSy guillotiner. — Aller faire rafraîchir colas, sortir de prison pour monter sur Téchafaud.
Collage. Union illégitime de vieille date.
Collant, Collante. Homme, femme dont on ne peut se débarrasser facilement, qui s'attache à vous comme de la colle.
— Dans l'antiquité, Phèdre a été un beau modèle de femme collante.
Collant. Pantalon collant. Le collant a contribué au succès de bien des acteurs auprès des femmes sensibles qui jugent du fond sur la forme. — « Est-ce là, oui ou non, le triomphe du fascinateur des femmes, la véritable ovation de l'homme qui a su exploiter à son profit le fanatisme du beau sexe pour le i collant? >>(,Pam-Fau6(as.\
Gollardé. Prisonnier ; c*est une variante de collé. Mastroque des collardés, cantine de prison.
Gollatioimer les textes. Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des savants.
Colle. Mensonge.' Au xvii* siècle, on disait ficher la colle pour conter des mensonges. On dit aujourd'hui ficher une colle.
Colle. Examen préparatoire, — dans le jargon des écoles.
Collé on gosse (Avoir). — Dans le jargon des voyous, — c'est avoir rendu une femme enceinte.
Collège. L'ancien bagne, — dans Tancien argot.
Coller. Dans une controverse, c'est embarrasser son interlocuteur jusqu'au mutisme. — Dans un examen scolaire, c'est convaincre un élève d'ignorance. — Coller sous bande, mettre dans un grand embarras ; expression empruntée aux joueurs de billard.
Coller. Donner; coller une danse, donner des coups. Coller du carme, donner de l'argent.
CoUerunpaing, donner un soufflet.
Coller. Mettre; coller au bloc, mettre en prison. Coller son ognon au clou, mettre sa montre au Mont-de-Piété.
Coller. Raconter; coller des blagueSy raconter des mensonges.
Coller. Confisquer, — dans le jargon des collégiens. « Le pion m'a collé ma traduction d'Homère. » (Albanès.) — Mettre en retenue, — dans le même
jargon. — Je suis collé pour dimanche.
Coller (Se). Arriver à vivre en état de concubinage.
Coller ÇSe). Absorber, avaler.
« J'ai pris du Tokai... à six francs la bouteille : je m*en suis collé deux. » (E. Labiche et Ph.
Gille , Les Trente millions de Gladiator.) — « Colle-toi ça dans le fusil. » (V. Hugo.)
Coller on rassis (Se). Faire de la peine au docteur Tissot, — dans le jargon des collégiens.
Colleur. Examinateur dans une institution.
Collier. Cravate. Le collier de chanvre désignait autrefois la corde de justice.
Colo. Colonel; par apocope.
Colombe. Dame d'un jeu de cartes. Quatorze de colombes, quatorze de dames.
Colombes -les -Mouches. Le
village de Colombes ; ainsi surnommé à cause du grand nombre de mouches qui l'assiègent.
Colonne (Faire sa). Faire le fier, se redresser avec orgueil.
Mot à mot : faire sa colonne Vendôme. — « T'as pas bientôt fini de faire ta colonne Vendôme! » (P.Mahalin, Les Monstres de Paris.)
Colonne fâvoir chié la). Etre très malin, très adroit dans son métier, — jargon des ouvriers du fer. — Cest pas toi qu'a chié la colonne, gros malin» — Non, c'est ta sœur!
Colonne (Se polir la). Se livrer au culte d'Onan.
Coloquinte. Tête. — Coloquinte défraîchie, lèle d^ mwiî.
. Coltiger. Arrêter, — dans) Tancien argot.
Goltin. Vigueur corporelle. — Fort de la halle.
Coltiner. Faire un métier de cheval en tirant sur la hricole d*une charrette à bras ; et, par extension, faire de gros ouvrages.
Goltineur, Goltinense. Celui, celle qui s'attelle à une charrette. — Marchand des quatresaisons. — Ouvrier qu on emploie à de gros ouvrages,
Gombergeante. Confession. — Comberge, confessionnal.
Comberger. Compter, — dans le jargon des voleurs.
Combre. Chapeau. C'est le sombrero espagnol avec changement de la première lettre et l'apocope si fréquente en argot.
Et par corruption, combe,
Combrier. Chapelier.
Comédie (Etre à la). Chômer, — dans le jargon des ouvriers.
Comestaux Comestibles. Tout ce qui se vend à la cantine des prisons est connu sous le nom de comestaux, le fromage aussi bien que le saucisson. Se pousser deux ou trois comestaux, manger deux ou trois objets de consommation. Il y a des comestaux depuis un jusqu'à trois pétards.
Comète. Individu réputé pour porter la déveine au joueur derrière lequel ou à côté duquel il se place pendant une partie. La comète ne joue pas, elle regarde. Il y a des joueurs qui, voyant à leurs côtés une comète, quittent illico la tab)c.
Commander à cnire. Envoyer à Téchafaud. (A. Delvau.)
Conmiandite. « Association d'ouvriers pour la composition d'un travail quelconque. Les grands journaux de Paris sont, à peu d'exception près, tous faits en commandite. Les ouvriers élisent leur metteur en pages et se partagent chaque semaine la somme qui leur revient d'après le tarifa en faisant toutefois un léger avantage au metteur. » (Boutmy.)
Comme if. Comme il faut, distingué, — dans le jargon des ouvriers. Tas rien Vair comme
if'
Comme s'il en pleuvait. Beaucoup, à foison. — Verser du Champagne comme 8*il en pleuvait. La variante est : Comme si ça ne coûtait rien.
Commettre le péché. Mot à mot commettre le péché de la chair. « Il était naturel que le voisinage du Val d'Amour de Glatigny fût envahi de préférence (xni« siècle] par les ribaudes, qui y allaient commettre le péché, suivant les termes des anciens édits. »> (Pierre Dufour, Hist. de la prostitution, 1852.)
Commissaire. Petit broc de vin. S'arrêter pour dire deux mots au commissaire, entrer chez le marchand de vin.
Commissaire du quartier. Adjudant sous-officier, — dans le jargon des troupiers.
Commode. Cheminée, — dans l'argot des voleurs qui se servent de l'âtre comme d'une commode.
DAROOT MODERNE.
ind de vin. trendre un canon B jargon du pen- sur le compte.
Comte de camcbe. GeAlier.
im meuble qu' place. En v'U un qui coût bai- ■ne, à remuer la commode tes dix \ htures par jour !
Commnnard, Conuminarde.
ADIlié, afiiliée à la Commune.
PartisaD de la Commune en 187). «Donc M. Viollet-Le-Duc, l'architectedevcuu communard, a été chargé de faire un plan d'amusement. ■ (Paul de Cassa' gaac. Pays du 24 mai 1878.)
Commime (Faire nae). Essayer d'alféuuer l'efret d'une mauraise opération. Ei. i aclieter 100 obligatioDs turques à 60 francs, quand on en a 200, qui TOUS reviennent i. J50 francs, — dans le jargon de la Bourse.
Compas dans l'ceil (Atoït le).
Avoir le coup d'œil juste.
Compas (Onvrir le). Faire de grandes enjambées, — Fermer le compas, s'arrêter. Un des types d'avare de ce siècle ouvrait toujours démesurément le compas. Cet esprit observateur avait remarqué que les grandes enjambées usent moins les cu-
Complet. Vêtement complet, c'est'à-dire veston, gilet et pantalon levés sur la même pièce.
veste blanche que sous les com-
Silett que lui expédient les bons liseurs de Londres. » (Figaro, du H déc. 1878.)
Comprendre (La). Voler. Mot à mot : comprendre la vie de voleur.
Compte. Comptoir de mar-
Comtol, Batteur de comtoii.
Compère ; et par abréviation comfe, com. Sous ce nom • sont désignés les compères que chaque baracjue entretient au pied de l'escaber pour animer le jeu et entretenir la partie. On les reconnaît à la carrure de leurs poitrines, au balancement des épaules, à l'éraillure de la voii. » (J. Vallès.)
Conaiae. Femme stupide. — Les filles de maison appliquent cette èpithète aux femmes honnêtes aussi bien qu'aux filles insoumises qui, d'après ces cloîtrées de la prostitution, ne comprennent pas mieux leurs intérêts les unes que les autres.
Pour elles, boi-s du la maison, pas de salut, pas d'esprit de conduite. " Devant les étrangers et surtout devant des jeunes gens ou des hommes à conversation libre et plaisante, elles (tes filles publiques) vantent leur savoir-faire, elles reprochent à leurs camarades leur impéritie, et Jeur donnent alors le nom de conasse, expression
Sar laquelle elles désignent oritiairement une femme honnête. » (Parent-Duchatclet, De la Prostitution.]
Concierge. Nom que donne à son passe -partout l'ouvrier qui loge dans une maison où il a la chance de ne pas avoir de portier.
Concablli- Celui qui vit avec une femme sans être marié avec elle.
Concnbiner. Vivre en état de à ses yeux; le rôleur leflilever,
concubinage. « Lui qui conçu- le prit par la main et le pro-
Linait avec une servante dans mena autour de la salle; chaque
sa. propre maison. » (J. Barbey membre de la société lui donna
d'Aurevilly, Les Diaboliques^ un léger soufilet ; enfin la porte
1874.) ' fut ouverte, il fut renvoyé, et
Condé. Jeu autorisé sur la voie <ï"??<i '} «oj-tit, il y eut un pied publique. - L'autorisation elle- 3"* ^^ toucha au derrière. Cet môme. C'est une déformation bomme avait volé. » (Agnco de congé, permission. Par ex- Perdiguier, Du Compagnonnage.) tension se dit de ceux qui oc- Conduite de Grenoble (Faire troient les permis de stationne- la). Econduire. Accompagner un ment sur la voie publique, tels orateur, un pei*sonnage politique maires, adjoints, préfets. que en le couvrant de huées.
Condé. Maire. - Demi-condé, Réminiscence du terme de com-
adjoint. - GrandHîondé, préfet pagnonnage expliqué plus haut,
de police. Condniteen règle. <c Quand un
,. . __ . - compagnon aimé quitte une
CondiUon. Maison, — dans viHe, on lui fait la conduite en
le jargon des voleurs. Faireune règle, c'est-à-dire que tous les
condmon, voler dansunemaison. membres de la société Taccom-
Mot emprunté au jargon desdo- pagnent avec un certain ordre.»
mestiques qui disent d/re en con- (Almanach des métiers, 1852.)
dition, pour être placé dans une ^;'est l'opposé de la conduite de
maison. Grenoble,
Conditions (Dans les). C'est- Conduite (Acheter une). Mc-
à-dire, dans de bonnes condi- ner une conduite plus régulière,
tions, comme il convient. Le qui ^
semble bon ou bien fait est Conférencier. Individu qui
dans les conditions, (Jargon du par'e sur un sujet quelconque,
peuple) devant un public quelconque,
Conduite de Grenoble. Ce fut dans une salle quelconque. Lorsprimitivcmenl un terme de T^ '« conférencier est une comoacnonnaee — Cette con ^ame, alors c est une conférenduite se fait dSns une société à "%^- Ordinairement elle parle un de ses membres qui a volé f *f^*."''.*^1 1* revendication ou escroqué. - « J'ai^vu au mi- f^^ droitsde lafemraeet s étend lieu d'une grande salle peuplée longuement sur le chapitre des de compagnons un des leurs à mœurs Publiques : La Rochegenoux; tSus les autres compa- foucauld en jupon. Vulgairegnons buvaient du vin à l'exé- ^«"1 o" appelle le mâle et la frationdesvoleurs; celui-là bu- J^ » " endormeurs en vait de l'eau ; et quand son estomac n'en pouvait plus recevoir. Conférencier. Faire des conon la lui jetait sur le visage. Puis férences. Parler devant un puon brisa le verre dans lequel blic plus ou moins nombreux il avait bu, on brûla ses couleurs de ce qu'on n'a eu ni le temps,
oi la patience, ni la force d'écrire pour un journal.
Confessionnal à denx roues de Chariot Casse -Bras. Surnom que le peuple de Paris avait donné à la charrette du bourreau (1750).
Confirmer Soufileter.
Confiture d'ahricot. Sécrétion des oreilles, — dans le jargon des collégiens qui ne rêvent que confiture.
Confortahle. Maillot rembourré. « Décidément, pas plus tard que demain, je m'offre un petit confortable. » (Grévin, Aulhéâtre.)
Confrère de la lune. Mari trompé avant, pendant et après.
Coniller. Chercher des prétextes pour se soustraire à un danger, ou pour éviter la société des gens ennuyeux.
Conjungo. Mariage. « Â cela près, hâtez le conjungo. (Poisson.)
Connais (Je la). Mot à mot :
je connais ce que vous me racontez. Cherche-I^on à en imposer à quelqu'un qui est au courant des manœuvres parisiennes, il ne manquera pas de répondre : Celle-là je la connais ^ il ne faut pas me la faire, c'est moi qui 1 ai inventée.
Connaissance. Amant, maitresse; fiancé, fiancée, — dans le jargon des ouvriers, des militaires et des bonnes d'enfants.
« T'nez M'sieu, j'aime mieux vous r dire tout d' suite, j'ai z'une connaissance, » (Grévm.)
Connaître (La). Etre au courant de, au fait de. Les anciens
durégiment disent proverbialement : i 11 ne suffit pas de la connaître, il faut la pratiquer. »
Primitivement l'expression signifiait : connaître la théorie ; par la suite on a abrégé et on a dit : la connaître. Le mot a pris de l'extension et s'applique à beaucoup d'autres choses.
Connaître le menu. Pour les gourmets, c'est se réserver pour les meilleurs plats; pour les vieux libertins, c'est avoir pris au moins une collation servie par l'amour chez madame ou mademoiselle une telle.
Connobre. Connaître, reconnaître, — dans le jargon des voleurs.
Conquête. Triomphe de l'amour, d'homme à femme. — Triomphe de l'argent, de femme à homme. Paire des conquêtes , séduire un certain nombre de femmes, être aimé du beau sexe, lui plaire.
Conscience. Ventre, estomac.
Se mettre un verre de vin sur la conscience^ ingurgiter un verre de vin.
« Puis quand il eut mis sur sa conscience » Broc de vin blanc. »
(Le Roux, Dict. comique.)
Conscience. Travail à la journée, en terme de typographe.
— L'atelier des typographes payés à la journée. Homme de conscience, typographe payé à la journée.
Conseiller (Vaiselle de). Argenterie volée, — dans Tancien argot.
Conserves, légumes conservés. Répertoire classique. — Dans l'argot des romantiques, les soirs où le Théâtre-Français
exhibait les conserves, étaient les soirs réservés à Tancien répertoire.
Consenratoire. Mont-de- Piété.
Le conseiTatoire des bardes et autres.
Consenratoire de la Villette (Elève du). Expression dont se sert le peuple pour désigner un mauvais cbanteur.
Consigne. Tringle de fer qui sert à attiser le feu d'un poêle ; tisonnier, —dans le jargon des troupiers.
Consolation.Débit deliqueurs.
— L'eau-de-vie est la consolation des ivrognes.
Consomme. Consommation.
Conspiration du silence. Entente tacite de la presse, — la seule peut-être qui existe — dans le but d'étouffer un nouveau journal sous le poids du silence, un silence plus préjudiciable que les critiques les plus acerbes. En vain pour le faire rompre, le nouveau venu passe-t-il de la flatterie aux invectives et des invectives à la provocation : Nouvelles à sensation, premiers-Paris remarquables, articles originaux, autantd'encre
fjerdue. Les vétérans du journaismô demeurent muets ; puis, un beau jour, la feuille infortunée rend le dernier soupir sans que le public se soit seulement douté de son existence; et un autre beau jour, les articles originaux morts-nés, légèrement démarquéSjObtiennent un succès
Srodigieux dans la feuille d'un es conspirateurs sans délicatesse.
Contre-Basse. Derrière, — dans Je jargon de» voyous. —
Travailler lacontre-basscy porter des coups de pied au derrière.
Sauter sur lacontre-basse, même signification.
Contre-coup. Contre-maître.
— Contre-cowp de la boite, cdntre-maître de l'usine, de l'atelier.
Contre-marque du Père-Lachaise. Médaille de Sainte-Hélène. Cette médaille a été accordée sous Napoléon III à:* tous les anciens soldats du premier Empire. Elle a été saluée également du sobriquet de médaille en chocolat, par allusion à sa couleur.
Convalescence. Surveillance de la baute police. Sortir de convalescence, ne plus être sous la surveillance de la police.
Copain. Camarade de collège.
— « Le vrai mot est compain ou compaing, qui, du temps de nos bons aïeux, signifiait compagnon, qui lui-même vient de cum et panis, qui mange le même pain. » (Albanès, Mystères du collège.)
Copeau. Langue, — dans le jargon des filles et de leurs chevaliers.
Copie (Pisseur de). Journaliste qui tait de l'abondance avec sa plume. — Un bon pisseur de copie écrit d'abondance et avec abondance sur n'importe quel sujet.
Copie sur quelqu'un (Faire delà). Dire du mal de quelqu'un,
— dans le jargon des typographes qui savent mieux que personne que la copie des journalistes est, souvent, loin d'être à
DICTIONNAIRE D ARQOT MODERNE.
Coqnagd. DênoncialioD, — dans le jargoa de^ voleurs.
Coqnard. Œil; et les variantes : Cocarde, coquillarii. S'en tamponner le coquillard, s'en moquer. Mot à mot : s'en battre Vœil, comme dit encore le peuple.
Coqnar. Dénoacer. C'est le mot croquer moios l'R. En argot manger iemorceau aie inemc sens.
Coqiter. Donner. Cogner le poivre, donner du poison.
Cogner. Hellre. Coquer le rip£, mettre le feu.
Coqnoar. Dénonciateur qui, & chaque dénonciation, touche une prime à la préfecture de police. — Le coqueur qui est compagnon de piison d'un accusé s'appelle mouton ou musicien. Son rAIe consiste à capter la conllance des accusés dont la
I'ustice attend des révélations.
.es variantes sont : Coq et coquin.
Coqnenr de billes. Banquier, changeur, bailleur de fonds. Et la variante : Coqueur de braise.
Coquine. Epheslion de trottoir, — dans le jargon des voleurs. Hot très usité pour le moment.
Corbeaii. i On appelait, au^ Irefob, de ce nom ceui qui, en temps de peste, cherchaient les corps morts pour les enterrer, qui ensuite nettoyaient les maisons infecté es de cette maladie. D [Le Roux, Dicl. camiguc.) Aujourd'hui les parteura des pom-
pes funèbres ont hérité de ce sobriquet.
Corbillard à deux roues. Personne ti'Jsle. • Dis donc, ma fille, quitte donc ce corbillard & deux roues et viens avec nous, qui sommes de francs loupeursl»
(Philibert Audebrant.)
Corbillard à nœnda. Prostituée ignoble et malsaine, — dans le jargon des voyous.
Corbucbe. Plaie, ulcère, — dans l'ancien argot.
Corda de pendu (Avoir de la).
Réussir dans tout ce que l'on entreprend. — Le peuple dit, en parlant de quelqu'un qui a beaucoup de chance, qu'il a de la corde de pendu. Une très vieille superstition populaire attache à la corde de pendu la propriété de porter bonheur à ceux qui en possèdent un fragment. Pour que son elScacité soit réelle, il faut qu'elle provienne d'un pendu par autorité de justice. L'autre, celle des pendus par conviction, ne vaut rien. Faute de mieux, pourtant bien des vieilles femmes s'en contentent, et lorsqu'il y a un pendu dans une maison, c'est à qui s'arrachera un bout de la corde. Tout le monde ne peut
Eas être en relation avec le ourreau de Londres.
Corder. S'accorder; par abréviation.
Cordes, Càblei (Faire des).
Faire un séjour prolongé aux lieux d'aisances.
!St coiffe d'une çûi^ ia iaiï\iftî>.
Pour donner une idée de la hauteur de certaines cornes, on dit de celui qui en est orné : Il ne passerait pas sous la porte Saint-Denis. « Sans pitié, sans regret me ferais-tu cornard ? »
(Belle- 1 si e. Mariage de la reine de Monôme,) Cornard fait allusion aux cornes du bouc, animal qui ne se formalise jamais des assiduités d'un autre bouc auprès d'une chèvre commune. Les Grecs désignaient sous le nom de fils de chèvre les enfants illégitimes. Le Vulcanus comeus des Latins n'était autre que notre cornard.
Cornard (Faire). Faire bande à part, en terme d'école militaire.
Cornemuse (Se rincer la).
Boire. La cornemuse a le sens de gosier.
Corner. Puer, —dans le jargon du peuple. — Comage, puanteur.
Corniche. Ecole de Sainl-Cyr.
Cornichon. Aspirant à l'Ecole militaire de Saint- Cyr.
Corridor. Gosier. — Astiquer le corridor, manger et boire. Le peuple prononce généralement colidor.
Corset. Nom que le peuple avait donné aux assignats pendant la Révolution ; du nom d'un des signataires des assignats.
Corvée (Aller à la). Se livrer au travail professionnel, — dans le jargon des filles de maison.
Cosaque. Poêle à chauffer. En souvenir des bonnets à poils des Cosaques.
Cesser. Dépenser. Cosser son earme, dépenser son argent, — dans l'argot des voyous.
Costières. Rainures destinées à faire glisser les portants sur le plancher d'un théâtre. (A.
Delvau.)
Costières. Poches de côté dont les grecs se servent pour placer des portées, afin de pouvoir les saisir facilement.
Costume. Ensemble de toilette de femme dont les tons semblables vont en se dégradant depuis le chapeau jusqu'aux bottines. — Costumes bleus , verts, mauves, etc.
Côte (Etre à la). Avoir échoué sur le rivage de la misère.
Cote (Frère de la). Commis d'agent de change ; par allusion à la cote de la Bourse.
Côté cour, Côté jardin. Côté cour, les coulisses à la droite du spectateur, côté jardin, les coulisses de gauche. « Autrefois, et jusqu'à Louis XVIII, on désignait ces mêmes côtés par les noms de côté de la Reine et côté du Roi.Le duc d'Angoulême, traversant la scène pour se rendre à sa loge, entendit un ordre que donnait, à ses hommes d'équipe, le chef machiniste : Chargez le Roi, disait celui-ci : Appuyez sur la Reine, Le lendemain, sur l'ordre du duc, on baptisa côté cour le côté qui donnait sur la cour des Tuileries et côté jardin celui qui donnait sur le jardin. » (E.
Montagne, Le Manteau d'Arlequin),
Côte-nature . Côtelette de mouton au naturel. — dans le jargon des garçons de restaurant.
gare du Nord où l'on délivre les billets pour la Belgique.
Côté qni n*est pas vrai. Mauvais côté, — dans le jargon du régiment, a Mariés du côté qui n'est pas vrai, — Honnête du côté qui n'est pas vrai, » On dit également dans le même sens :
côté hors montoir. C'est le côté opposé à celui où Ton monte à cheval . Mariage du côté hors montoir, »
Gotelard. Melon; allusion à ses côtes. C'est un mot d'ancien argot. Aujourd'hui, quand un voyou voit passer un quidam avec un melon sous le bras, il s'écrie : « M 'si eu est en famille, »
ou encore: «Env'làunqui vient de chercher sa photographie »
ou autres plaisanteries du même genre.
Côtelette (Avoir sa). Obtenir un succès, — en terme de théâtre.
Côtelette polonaise. Xrotte du nez.
Côtelette de menuisier. Morceau de fromage de Brie.
Coterie. Assemblée d'ouvriers. — Les tailleurs de pierres et les charpentiers se disent coterie; tous les compagnons des autres états se disent pays, — Les compagnons remplacent le mot monsieur par celui de coterie.
(Agr. Perdiguier, Du Compagnonnage.)
Côtes en long (Avoir les). Ne pas aimer le travail. Celui qui aurait les côtes en long ne pourrait ni se baisser ni faire aucun ouvrage fatigant. Autrefois, on disait avoir les bras rompus; c'était le adîneros pagados brancos que ôrantados des Espagnols,
Cotillon (Aimer le). Aimer les femmes.
Coton. Rixe. — Besogne difficile. — Donner du coton^ donner du mal à faire, en parlant d'un ouvrage.
Coton (Avaler du). Etre pris pour dupe. « Je veux par mes propres yeux vérifier si oui ou non on m'a fait avaler du coton. » (Saint-Patrice, Aventures de Xabuchodonosor Nosebreaker,)
Gotret. Forçat libéré. Variante de fagot. Les forçats étaient accouplés comme des cotrets.
Gotret (Jus de). Coups de bâton.
Couac. Prêtre, — dans le jargon des voyous, par allusion au cri du corbeau, un des sobriquets du prêtre.
Couche (Il y). Se dit de quelqu'un qui reste longtemps dans un endroit, de quelqu'un qui passe ses journée dans un endroit. — Encore au café ? — Il y couche.
Couché (Etre). En terme de commis de magasin, c'est se voir — pour cause de retard — couché sur le carnet du surveillantavec une amende de vingtcinq centimes.
Coucou à répétition. Gonorrhée — dans le jargon des voleurs; allusion à la persistance de la maladie.
Coude (Lâcher le). Quitter. — Vous m'ennuyez, lâchez-moi le coude. — Lever le coude, boire.
— Huile de coude, vigueur du bras, travail manuel fatigant.
Goueniie. ^\m. v<. ^^V\V couennCy ceçeWl^... ^^\i.»A^..>
ça lui fait de la peine quand on bat les autres. » (Eug. Sue. Uisèret des enfants trouvés.) CouflilD». Peau. — S; racler
Couette de chevenx. Petites mëclies de cheveui au bord des tempes et derrière le cou.
C . . . es an cnl (Avoir dea) . Etre brave, ne pas se laisser intimider, — dans le jargon du peuple.
Conillon. Poltron. Vient de Coilly ou Couilly, petit village de la Bric Champenoise, aujourd'hui dans le département de Seine-et-Marne, arrondissement de Ueaux. Un vieux quatrain recueilli dans les adases français donne une haute idée du courage des gens de Couilly, les Couillyons.
. Mil cinq cent vingl et quatre
Couiner. Parlei'en larmoyant.
Coulage, conle. Gaspillage par suilc de mauvaise aaminJstration, — en terme de com-
Conle (Etre à la). No pas avoir de préjugés, tout savoir et tout connaître en fait de ruses. — Etre au courant d'un métier, d'une chose. Mettre à la coule, mettre au courant.
Coulé. Perdu, ruiné, — en terme de commerce. — Etre coulé dans l'opinion de qiiet-
Îu'uD, avoirperdu la confiance e quelqu'un. — Commercialement parlant : n'avoir plus ni crédit, ni ressources.
CoDler guelqn'im. Faire per- (fre de /'argent é quelqu'un. —
ARQOT MODERKE.
I Ruiner un oommandîtaire. — Perdre quelqu'un de réputation.
I Conlsr douce (La). Mot â mot:
couler la vie doucement, mener une eiislence heureuse.
Couleur. Ruse, mensonge.
« Laissez donc, ça fait comme ça la sainte n'j touche, pour s' faire r'garder ; on connaît ces couleurs-lâ. » (Mars et Ratian, Les Cuiiinih'es). — Etre à la couleur, ne pas se laisser tromper; deviner un mensonge. C'està-dire savoir quelle est ta couleur qui retourne.
Couleur. SauRIet, coup de poing sur le visage. Appliquer une couleur, donner un soumet, — Passer à la couleur, se faire administrer des claques.
Couliiiier. Courtier spéculateur en vieilles nippes, — dans le jargon du Temple.
Conloir. Gosier, bouche. — Repousser du couloir, sentir mauvais de la bouche.
Couloir à airs. Chanteuse, — dans le jargon des voyous. — Gosier. — Ferme ton couioir à airs.
Conp. Manœuvre faite dans le but de tromper. On dit ; il m'a fait k coup, il m'a trompé; c'est le coup du suicide, c'est un faux suicide annoncé pour attendrir la dupe. (I,. LarchcT.)
Conp du tal>lier (Le). Quand une domestique est, depuis quelque temps, dans une maison où elle sait qu'elle fait l'affaire des maîtres, elle donne de temps à autre le coup du tablier, c'est-à-dire qu'elle demande son compte soit pour se faite aççïfecvM 4i"Hi.n.\a.%e, mvl
pour ayoir de raugmentation.
Coup (Bon). Dans le vocabulaire de la galanterie, c*est le plus bel éloge qu'un homme puisse faire d'une femme pour la manière dont elle tient les cartes au jeu de l'amour. — Par contre, mauvais coup sert à désigner la femme qui n'entend rien à ce jeu, ou que ce jeu laisse froide.
Coup (Montage de). Mensonge préparé de longue main. — Monter le coup, en imposer, conter un mensonge. — Se monter lecoupj s'illusionner. — Monterun coup, combiner un vol. — Monteur de coups, celui qui ment, par habitude, dans un but intéressé.
Coup de soleil. Ivresse; illumination faciale causée par un excès de boisson.
Coup de bouteille. Rougeur du visage, coup de sang occasionné par l'ivrognerie. (A. Delvau.)
Coup de feu de société. Le
pinacle de la soulographie, — dans le jargon des typographes.
Coup de télégraphe. Dépêche électrique. — Donner un coup de télégraphe, expédier une dépêche télégraphique, — en terme d'employés du télégraphe.
Coup de rifle. Ivresse. Mot à mot : coup de feu.
Coup de vague. Vol d'inspiration, vol à l'aventure; c'est le contraire du poupon oupoupart.
Pousser un coup de vague, commettre un vol à l'aventure.
Coup dur. Evénement imprévu et fâcheux. — Carambolage à revenir lorsqu'une des billes à
toucher est collée sous bande.
Coup du médecin. Deux doigts de vin pur après la soupe.
Coup de sirop. Légère ivresse, après avoir bu du vin aussi écœurant que du sirop; après avoir trop siroté.
Coup d'encensoir. Coup de poing sur le nez, — dans le largon des voyous qui ont servi la messe.
Coup de marteau Grain de folie. Sfot à mot : coup de marteau qui a fendu le crâne. Autrefois on disait dans le même sens « coup de hache, i Celui qui avait reçu un coup de hache était réputé aux trois quarts fou.
« Oui, il aime à bouffonner; et l'on dirait parfois, ne v's en déplaise, qu'il a quelque petit coup de hache à la tête. » (Molière, Le Médecin malgré lui, acte II, se. 1.)
Coup de fourchette. Coup de doigts dans les yeux. Ce coup très dangereux est particulier aux voyous. Il consiste à porter dans les yeux de l'adversaire le médius et l'index de l'une ou de l'autre main écartés en forme de V.
Coup de pied. Avance d'argent, — dans le jargon des tailleurs. Donner un coup de pied au grêle, demander une avance au patron.
Coup de casserole. Dénonciation. (L. Larchey.)
Coup du lapin. Coup mortel.
— Premières atteintes de la vieillesse. — Recevoir le coup du lapin, commencer à vieillir, « Un commencemeut de calvitie et d'obèsVlè \wô\c\vsl"^\\. o^'^
avait reçu ou qu'il était bien près de recevoir le coup du lapin. » (A. Delvau, Le Grand et le petit trottoir.)
Coup de torchon. Duel au sabre, en terme de régiment.
Se flanquer un coup de torchon,
Conp de tignre. Repas soigné.
n'a d'autre but que de torce'^ l'attention publique.
Conp ds pistolet. Engagement à coups irréguliers â' une forte somme d'argent, — eo terme de joueur.
Conp dn (Le). L'heure, le
__ ^ .„..w moment, l'instant. — Le coup
-"Se'ftànquS-'7incàùp"defigia^e, , de l'absinlhejeeoap deremprmt, faire un bon repas. ^^ "^"up de l'attendrissement.
Coup d'acre. Eitreme-onc- I , p""? '•".P^ad de Venns. Ha- ' -e jargon des vo- ^""îf 1,"^ 1 o" traite comme on -■ - -" 1 - traite ies glaces de Saint-Gobain. Ce qui a fait dire à un de nos plus célèbres spécialistes, en estropiant un hémistiche bien connu de Virgile ; Mercurium ayitat molem.
Coup de peigfne. Batterie. — Se (tonner an coup de peigne, se battre, en venir aux mains.
" Ça ne peut pas marcher, c'est impossible, on se donnera un coup de peigne. » {Les farcet et tes bamboches populaires de Mayeux, 1831.)
Conp de la Chancellerie. Une
des passes de la lutte à main plate. C'est tenir, sous le bras, la tête de son adversaire. Si celui qui le porte est habile, le coup de la chancellerie amène la chuie de l'adversaire et doit le tomber sur les deuï épaules. — " On trembla pour lui, qui, la ICte prise sous l'une des aisselles et froissée au» coudes anguleux du faraud, un retors aussi !
résistait assez mal au rude coup Conp Giraud. Dans le jargoi de la chancellerie. » (Cladel, des joueurs, c'estle secondcoup Ompdrailies, le Tombeau des lut- d'une main au baccarat en teurs.) banque, coup, paraît-il, très dé-
Conp de ponce. Faux poids favorable au banquier. Un noobtenu au moyen d'une légère î"'".*^^ Marseille qui ne jouait et vive application du pouce J"™*"» q«e ce coup-là lui a lésur celui /es plateaux de faba- B'ué son nom. Il a laissé quellance où repose la marchandise. ï"''' imitateurs.
— ftre/orfsur le coup de pouce. Coup de manche. Mendicité à avoir l'habitude de vendre à domicile avec lettres fabriquées fauï poids. pour émouvoir les âmes chari-
Conp de ponce. Effraction,— "'*''''*■ dans ie jargon des voleurs. Conp de vieux (Recevoir nn).
Conp de pistolet. Pièce, acte Toucher a la quarantaine, en ou scène d'un caractère très parlant d une femme, — dans hardi, — en terme de théâtre. '^ jargon des hommes de let-
— Œavre d'art dont l'origina- 1 ^res et des artistes.
///é voisine àe l'extravagance \ CdTl^. N-cUot^ ïaAon^CTXw
bras en nageant, de couper l'eau. « Voyons, de la grâce, Balochet, du moelleux dans la coupe, songe que du haut de ce pont quarante Parisiens nous contemplent. » (Daumier.)
Coupe-silflet. Couteau, — dans le jargon des voleurs.
Coupe-ficelle. Artificier militaire.
Coupe-lard. Couteau.
Coupe-cul (A). Sans revanche, — dans le jargon des joueurs.
Coupe (Saut de). Action mécanique, exécutée avec les doigts, laquelle a pour résultat de replacer un jeu comme il était avant la coupe de l'adversaire.
— « L*on parle de Tadresse des grecs à faire sauter la coupe, mais il n'y en a pas un sur cent qui sache et surtout qui ose la faire sauter. » (A. de Caston, Les Tricheurs,)
Coupe tout ce qu'il voit Se dit d'un mauvais couteau, d'un couteau qui ne coupe pas du tout. On dit encore : il coupe comme le genou à ma grand' c'est-à-dire comme le genou à ma grand 'mère.
Coupe (Tirer sa). Nager. — Signifie encore dans le langage du peuple, partir, se sauver, t Pignouf, tu ferais mieux de me donner ma paperasse, pour
?[ue je tire ma coupe au galop. »
Le Petit Badinguet.)
Coupé (Etre). Etre sans argent, — dans le jargon des typographes.
Couper (Y). Ne pas savoir faire une chose, n'y rien connaJtre, ou ne pas vouloir la
faire. Etes-vous fort sur le calcul? — J'y coupe, A au régiment à peu près la même signification. C'est éluder une corvée ou une punition. Je coupe à aller prendre Jules par les oreilles, A quelqu'un qui veut éviter une corvée, les camarades disent :
Tu n'y couperas pas plus qu'un vieux renard, — Dans le même jargon, équivaut au célèbre: Tu peux te fouiller, « Ta voudrais bien te rincer la trente- deuxième^ mais tu y coupes, » Réminiscence du jeu d'écarté
Couper à la marche. Se faire exempter d'une corvée, — dans le jargon des troupiers.
Couper le sifflet. Interloquer.
— Ça te la coupe. Mot à mot : ça te coupe la parole. — Ça vous coupe la gueule à quinze pas, ça sent mauvais de loin. Lorsque quelqu'un vous parle, qui a mangé de l'ail, du fromage de Gruyère, bu quelques verres de vin et fumé une ou deux pipes par là-dessus, ça vous coupe la gueule à quinze pas.
Coaper dans le pont. Tomber dans un piège. « En terme de greCf le pont c'est le bombage de la partie supérieure du jeu destiné à amener l'adversaire à couper les cartes de façon à aider le tricheur. Mais personne ne coupe plus dans le pont. »
(A. de Caston.)
Couper dans la pommade.
Tomber dans le panneau, — en terme populaire.
Couper le trottoir. Marcher comme si l'on était seul sur un trottoir, bouscuiertout le monde en marchant.
Couplet . T owV ç-çb c^i vi\i ^çX&\«
a à. dire, prose ou vers, se nom- i me litlérairoment couplet. (A.
Bouchard.)
Conpolard. Membre de l'Insti- 1 tut; allusion à la coupole du ' Pulais-Mazaria. i On n'est pas plus atliënien que le bon vieux coupolard N. » {Tam-Tam du 2 juin 1878)
Coups d'encensoir. Mouvements rËitérés par lesquels un cheval fait aller sa lEte de bas
Conps de pied TNe pas se donner de). Se faire valoir.— Et cncurc : iVe pas se donner de coup! de pied au derrière. — ( Tu ne te donnes pas de coups de pied au derrière. » (Hennique, La Dévouée.)
Conragenx. Qui ne boude pas il l'ouvrage. i< C'est un ligue rien courageux el d'attaque, n
Courant d'air dans l'œil (Sa looirer un). S'illusionner, se tromper grossièrement. C'est une forme nouvelle de : Se fourrer k doigt dans rail.
Courante. Diarrbéc. — Se payer une courante, se sauver au galop.
Courbe. Epaule, ~ dans le jargon des voleurs.
Courer (Se). Se garer ; prendre des précautions, — dans le jargon des voleurs.
Courer (La). Ennuyer. — Tu meta courts, lu m'ennuies.
Coureuse. Machine à coudre, — dans le jargon des voleurs.
Courir (Se la). Se sauver.
Comt-bonillon (Le grand), ia mer, — dans Je jargon des vo/eam. C'est-à-dire, sans în-
Conrtange. La Courtille.
Courte et bonno. Devise des Epicuriens modernesquiprëteadent dire par là que la vie doit être courte et semée de plaisirs.
Cousin. Nom d'amitié que les clowns se donnent entre eui devant le public. — Nom d'amitié que se donnent les grecs qui ont formé one association.
Couturasse. Couturière. Le mot date du zviii' siècle et avait aussi le sens de femme grêlée.
Couture de ses bas (Montrer la). Quitter un lieu, s'en aller,
Couvrante . Casquette, — dans le jargon des ouvriers.
Couvre -amour. Chapeau d'iiomme.
Convreur. Chapelier, — dans le jargon des voyous. Couvreur de Ul haute, chapelier di primo cartelo.
Couyon comme la lune. Enoi^ mèment stupide; hébété par la stupéfaction. La lune jouit d'une réputation de bèlise qu'elle doit, peut-être, à sa rotondité.
Couyonnade en bâton. BËtise, propos stupide, niaiserie.
Conyonner. Plaisanter. — Couyanner le service, ne pas faire sa besogne, ne pas faire un service commandé. Un bon troupier ne doit jamais couronner le service.
Crac. Gagne- pain' d'une flile de joie, — dans le jargon des \ souUinevïTs.
cher. Faire des aveux en
cher sur (Ne pas). Aimer, cas de. — Au xvi» siècle sait, d*un ivrogne, il ne r pas le vin, et ne pas crai vin avait le sens d'aimer 'c; aujourd'hui on dit : il ehe pas sur le vin.
cher dans le sac. Etre tiné.
cher sur les qninqnets.
)nner en scène, un mal 16 et ne produire aucun — dans le jargon des ses.
cher blanc. Avoir soif, ne faisaient que cracker comme cotton de Mal- (Rabelais, 1. II.) — Craies pièces de dix sous, r esune soif ardente, ne plus de salive, tant la soif est C'est mot à mot : cracher *achats petits comme des ; de dix sous.
choir. Revolver, — dans yon du régiment. Il crai mort. Tenir le crachoir^ rmé d'un revolver.
choir (Tenir le). Pérorer.
mer du crachoir, bien par-
choter sur quelqu'un.Traiec mépris. « Dans ses rapaiec le soldat, la fille se jresque toujours sa maî- ; avec les autres, eHe n'est e mécanique d'amour, sur lie c'est souvent plaisir de \ter, » (E. de Concourt.)
covie. Craque, mensonge.
oir des lettres de Cracovie^ lait autrefois, débiter dés ^Dges; et venir de Cracovie,
mentir. Expres-sions du xvni* siècle; démodées aujourd'hui.
Cramer une sèche. Fumer une cigarette, — dans le jargon des rhétoriciens, qui devraient dire avec plus de raison : crémer; mot à mot : opérer la crémation d'une cigarette. -
Crampe. Fuite, évasion. — Tirer sa crampe , fuir. — Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des voyous.
Cramper. Synonyme de tirer sa crampe^ ~ dans le jargon des voyous.
Cramper a^ec la veuve. Etre guillotiné. C'est une variante a épouser la veuve. Mot à mot :
faire l'amour avec la guillotine.
Cramper en cerceau. Figurer un cerceau avec le corps. Cet exercice de haute dislocation consiste à s'arc-bouter sur les pieds et à projeter peu à peu la tête en arrière jusqu'à ce qu'elle vienne toucher les talons, de manière à ce que le corps forme un cercle ou cerceau. (Jargon des saltimbanques)
Crampon. Maîtresse trop fidèle, amant trop assidu, qui se cramponne à votre existence, et dont vous ne pouvez vous débarrasser. Par extension tout individu tenace.
Cramser. Mourir — dans le jargon des employés des pompes funèbres.
Cran (Avoir son). Etre en colère, — dans le jargon des typographes.
Cran (Lâcher d'un). Quitter.
On lâche d'un cran, les gens qui ennuient ou dfeç\m^w\„
Crâner. Faire le rodoniont.
Crapaud. Cadenas, — dans le jarpon des voleurs. — Enfant, — dans celui des ouvriers, qui disent aussi : crapoussiii. — Bourse, — dans celui des troupiers : — « Mon crapaud est percé, il aura filé dans mes guêtres. »rA. ^Vrnault, Lfs Zouaves, actl. 1856.)
Crapaud (Faire). Boire seul, se régaler en sournois, — dans le jargon des ti*oupiers. C*est le
svnonvrae de faire suisse.
Crapules, crapuladerès. Cigare d'un sou ; cigare de la crapule. Crapt//ac{oré5 est la parodie de cazadorès, une des meilleures marques de cigares de la Havane. L'un est Valpha, et l'autre Vomégay du tabac à fumer.
Crasse. Mauvais procédé. — Crasse de coUégey pédantisme, bégueulerie pédantesque.
Cravate de chanvre. Corde de pendu.
Créature. Femme de rien.
Pour une bourgeoise, la maîtresse de son mari est une créaturc. Pour la grande dame dont le mari est Tamant d'une bourgeoise, la bourgeoise est une créature,
Grédo. Crédit, avec changement de finale. — « Prôtez-moi donc vingt sous, cette vieille ficelle-là m'a coupé mon credo. »
(Le Sublime.)
Gréer un jaif. Sacrifier à Domange, — dans le jargon des troupiers.
Crémerie. « Un de ces établissements singuliers où Ton vend du café, du bouillon, du vin et de la viande. » (Pierre
Mazerolle, la Misère de Paris, 1875.)
Crêpage de chignon. Batterie entre femmes. Elles se prennent ordinairement aux cheveux.
Crêper le chignon (Se). Se battre entre femmes. « T*es-tu cr^pé le chignon avec une camarade? » (Huysmans, Marthe.)
Crépine. Bourse, — dans le jargon des voleurs.
Crépons. Petits paquets de faux-cheveux roulés. Les crépons se fabriquent avec les résidas des cheveux détachés du peigne, ietésàlarue et collectionnés par les chiffonniers. Les cheveux ainsi recueiUis se vendent cinq francs la livre.
Creuser son rôle. Souligner chaque phrase, — dans le jargon des comédiens, comme si le public n'était pas jugé capable de saisir les beautés du rôle.
Creux. Maison. — Voix. — A voir un bon creux, avoir une voix bien timbrée, sonore.
Crevaison (Faire sa). Mourir.
Crevant. Triste, navrant.
Grevard. Enfant mort-né.
Crevé, petit-crevé. ^
Jeune efféminé d'une maigre élégance. « A plusieurs époques on a observé qu'une certaine partie de la jeunesse affectait des airs d'épuisement, s'eôeminait dans le langage et se livrait à la folie en toussant...
ï.espetits-crevés n'affectent rien.
Ils sont bien réellement crevés... Leur voix est nasillai'de, leurs muqueuses sont pâles, signes de constitution épuisée et refaite par l'iode. » (Nestor Roqueplan.)
Greve-faim. Engagé militaire. On dit communément au régiment en parlant d'un engagé volontaire : La planche à pain était trop haute.
Crever. Congédier, renvoyer, — dans le jargon des typographes. — Le prote vient de me crever.
Crever, crever à la ligne.
Dans certains journaux où l'on
Î^aie tant la ligne, les C[uarts de ignés et les demi-lignes ne comptent pas. C'est ce que les journalistes appellent crever à la ligne. Dans certains recueils périodiques on crève après deux feuillets.
Grever lapaillasse. Assommer de coups, donner des coups de pied au ventre. Lapaillassey c'est le ventre.
Grever la pièce de dix sous
Sacrifier au dieu deSodome, — dans l'argot des marins.
Grever (Tu t'en ferais). Formule négative et voyoucratique équivalente à : jamais.
Grevette. Femelle du petitcrevé. Le peuple appelle crevettes les demoiselles qui portent des robes courtes et de couleur voyante (1868-69). — Femme galante. Viens-tu souper^ il y aura de la crevette. Il y aura des femmes.
Griarde. Lime, scie. — Sonnette. — Tirer la criarde, sonner.
Griblage. Cri; appel désespéré.
Gribler. Crier. — Cribler au charron, crier au voleur. — Cribler à la grive, crier d'une certaine manière pour annon-
cer à un confrère en vol l'arrivée de la police.
Gribleur de verdonze. Marchand des quatre saisons. — Cribleur de frusques, marchand d'habits ambulant. — Cribleur de malades, employé chargé d'appeler les détenus au parloir.
— Cribleur de machabées, gardien de cimetière qui sonne la cloche pour annoncer l'arrivée d'un convoi funèbre. — Cribleur de beurre, agent de change.
Gric, crik, criqne. Eau-de-vie.
Gric-croc. A ta santé, — dans l'ancien argot.
Grier à la garde. Se plaindre à propos de rien. — Crier au vinaigre, crier au secours. Crier aux petits pâtés, faire entendre les cris qui accompagnent l'accouchement. — « Notre voisine a crié aux petits pâtés. » {Parnasse satinque.) — Oudin [Curiosités françaises) donne : Crier des petits pâtés avec le sens d'accoucher.
• Grigne. Viande, — dans l'ancien argot.
Grin (Etre comme un). Etre de très mauvaise humeur. A tous crins, exagéré dans ses opinions, dans ses paroles, dans sa mise.
Grinoline. Dame d'un jeu de cartes.
GrinoUier, crioUier, Boucher,
— dans le jargon des voleurs.
Grins. Cheveux.
Gris de merluche. Cris formidables poussés dans le but d'ameuter le monde ; cris comme en font entendre les femmes corrigées à tour de bras par leurs maris.
Cristalliser (Se). Ne rien faire, — dans le jargon des troupiers.
Croche. Main. Apocope de « accroche. » Les mains du voleur accrochent tout ce qu'elles peuvent.
Crocher, crosser. Sonner. — Faire crosser sa braiscj faire sonner son argent. — Se crocher^ se battre, pour se crocheter.
Crocomolle. Eau-de-vie, — Un de crocomolle y nn verre d'eaude-vie, — dans le jargon des voleurs.
Croix. Pièce de cinq francs, — dans l'argot des fripiers.
Cromper. Sauver. — Cromper sa bille du glaive^ sauver sa tête de Téchafaud.
Crompir. Pomme de terre.
Cronée. Plat ; assiette, — dans le jargon des voleurs.
Croquenot. Soulier neuf; pour craqueneuff les souliers neufs craquent lorsqu'on marche. — Croquenots vemos, souliers vernis.
Croquaillon Mauvais croquis.
Crosse, crossin. Receleur.
Crosse, Grosseur. Ministère public. — Sonneur de cloches.
Crotte. Misère, dégradation morale, — Rouler, tomber^ se carrer dans la crotte.
Crotté (Etre). Manquer d'étoffe pour une pièce à façon. — Ne pas avoir assez d'étoffe pour prélever la gratte, — en terme de tailleur. — Etre misérable.
Croume. Crédit, — dans le
Croupier. Associé d'agent de
change, — dans le jargon de la Bourse.
Croupière (Allonger la). Augmenter une punition, — dans le jargon des soldats de cavalerie. Le capiston allongera la croupière de quatre jours et ça fera le compte.
Croupir dans le battant. Stationner sur l'estomac,^ se refuser à circuler, préluder à une indigestion. Ces coquins dégonflebougres croupissent dans le battant.
Croustiller. Manger du pain sec. Avaitjadis le sens de manger.
« J'étais occupe » A croustiller là-bas le reste du soupe. »
(Le Grand.)
Croûton de pain derrière une malle (S'ennuyer comme un).
S'ennuyer énormément. Les adages" français (xvi" siècle) donnent dans le àiéme sens :
S'ennuyer comme un brochet dans le tiroir d'une commode.
Crucifix, crucifix à ressort.
Pistolet. — Crucifix à Vesbroufe, revolver, — dans le jargon des
Cueillir. Arrêter sans bruit, lestement sur la voie pubhque.
— Cest rien, c'estun poivrot que les sergots viennent de cueillir, — « J'irai les cueillir au point du jour. » (X. de Montépin.)"
Cuiller à pot. Grand composteur, — dans le jargon des typographes.
Cuiller à pot. — Poing. Un coup de cuiller à pot, un coup de poing, — dans le jargon des voyous. — Trois coups de cuiller àpot et sa soupe est trempée, trois coups de poing et il en a assez
DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.
Cuir. Peau. — Seracler, teratisser le cuir, se raser.
Cuir de ponla (Gants sn), Gants de qualité inférieure, gants fabriqués avec des peaux trop flaes ou de mauvaise qualité.
Cair de brouetta (Eacarpia en). Sabot.
Coirassé. Urinoir blindé dont les premiers modèie'' ont paru sur les grands boulevards en
CnirasBier. Celui qui, en parlant, applique mal les liaisons, fait des cuirs, c'est-à-dire se livre à des liaisons dangereuses pour la grammaire.
Cuire dans son jus. Avoir très chaud, fournirune transpiration abondante. Si l'on veut cuire daia son jus, l'on n'a qu'à aller un dimanche soir, dans un théâtre de Paris, aux troisièmes galeries.
Caire dans son jai. Concentrer sa douleur et retenir son élan naturel, — dans le jargon .
des comédiens. L'expression, qui estde mademoiselle Contât, ' est restée dans le dictionnaire i du théâtre. (V. Couailhac, La Vie de théâtre.)
Cnisine. Préfecture de police.
— Vesto de la cuisine, agent de la sûreté, —dans le jargon des voleurs.
Cnisine, cuisina de Jonmal.
Classement des articles, surveillance de la mise en page, en un mot tout ce qui comprend l'art d'accommoder un journal tant au point de vue littéraire qu'au point de vue typographique. — C"»«i'ieii'ari,esplica précises d'un art. « Rapin
celui qui parte sans cessecuisinc d'art, qui explique comme quoi il obtient tel Ion, en appliquant telle couleur, en frottant, en grattant, en étalant, en empâtant, etc. 1 IParis-Rapin.)
Cnisiner. Espionner un détenu, — dans le jargon des pri-
Cniainier. Espion, agent de la police secrète. — Rédacteur chargé de la cuisine d'un jour- Coite. Forte ivresse. — ■ Ces bonnes cuites sans façon qu'elle sedonnaitavec Anatole. "(Huïsmans. Les Sœurs Vatard.) — Cuite sénatoriale , très forte ivresse, cuite présidentielle, le nec plus uUraAe l'ivresse, tout ce qu'il y a de mieui dans le genre, — Attraper une cuite, se softlcr.
Cuver une cuite, chercher dans un sommeil réparateur à dissiper les fumées do l'alcool et les ressentiments d'une nourriture trop copieuse.
Cniter (Se). Se soûler k fond, c'est-à-dire prendre une cuite.
Le besoin d'ajouter un nouveau verbe à la liste des vingt-cinq ou trente qui existaient déjà pour exprimer cette idée, se faisait, parait-il, vivement sentir.
« Vous redescendrez avec les coteries finir la soirée chez notre troquet afin de vous cuiter carrément. {Le Sans-Culotte, 1879.)
Cnites. Pommes cuites que l'on vend dans les mes et sous les portes — Herbes cuites que débitent les fruitières.
CoiTtes (Les). Instruments do musique en cuivre. —rrataiiler dans te cuivre, jouer d'un ins'
Dabérage. Bavardage, commérage. — Dabérer, bavarder, raconter, — dans le jargon des marchands juifs.
Dabesse. Reine.
Dabicule, Dabmnche. Petit pati'on, fils de patron.
Dabot. Préfet de police.
Dabuche. Patronne, maîtresse, mère. — Dabuchette, bellemère, jeune mère. — Dabuge, dame, bourgeoise. — Frangine dabuche, tante.
Dache. Diable. — Envoyer à dache^ envoyer au diable.
Daim. Personnage dont le rôle, dans la comédie humaine, consiste à jouer les grandes premières dupes auprès des femmes. Le daim est généralement riche, bien mis et stupide.
Daim hnpé. Homme riche et d'une exploitation facile.
Dalle. Gosier, bouche. — Se rincer la dalle, boire.
Dalle en pente. Solide appétit. Mot à mot : gosier en pente. — « Que ceux qui ont un vaste estomac, de gros boyaux, la dalle en pente, engloutissent des platées énormes et vident des brocs, rien de plus juste. »
{La Petite Lune, janvier 1879.) La variante est : Gargouenne en •pente.
Dalzar. Pantalon, — dans le jargon des ouvriers; par abréviation de pantalzar,
Danaïdes (Faire jouer les).
Battre une femme, — dans le jargon des voleurs. (L. Paillet.)
Dandiller. Sonner. — Le carme dandille dans la fouilleuse, l'argent sonne dans la poche.
Dandillon. Sonnette. Taquiner le dandillon, pincer le dandiUon, tirer la sonnette.
Dandinage. Raclée soignée ,
— dans le jargon des voleurs.
Il va y avoir du dandinage.
Dandiner an pante. Battre, maltraiter quelqu'un qui vous déplaît, — dans le jargon des voleurs.
Dandines (Coller des). Porter des coups. — Encaisser des dandines, recevoir des coups. — Une grêle de coups de poing fait dandiner celui qui les reçoit; d'où le mot dandines.
Danse. Batterie, bataille. — Etape militaire, marche forcée,
— dans le jargon des troupiers.
Danser. Sentir mauvais; principalement en parlant du fromage.
Danser de. Payer; généralement employé dans le sens de payer pour un autre. — Danser d'une demi- douzaine de consommes au cafemar , payer une demi-douzaine de consommations au café.
Danser (Faire). Donner des coups. — La danser, recevoir des coups. — Etre congédié, perdre sa place. — Payer pour un autre.
Danser devant le buffet. N'avoir rien à se mettre sous la dent. — Pour égayer la situation on danse devant le buffet, comme David dansait devant l'arche.
Danseur. Dindon. — Par allusion, sans doute, à la danse des dindons, danse obtenue à l'aide d'une plaque de tôle qu'on chauffe par degrés et sur
laquelle un imprésario a préalablement posé les Taglioni à plumes.
Dard. — Glaive qui ne donne pas la mort, au contraire.
Dardant, le petit dardant.
L* amour, — dans le jargon des voleurs.
Dardelle. Pièce de deux sous.
Dare-Dare. Vite, tout de suite. — DécaniUer dare-dare.
Partir au plus vite.
DaroD, Daronne. Maître, maltresse. — Père, mère. — Daron de la raille, de la rousse ^ préfet de police. — Daronne du Mec des Mecs, daronne du grand Avre ou Havre, la mère de Dieu, — dans Tancien argot.
Dariole. Coup, contusion.
Daube. Cuisinière , souillon de cuisine, par allusion au ragoût désigné sous le nom de daube.
Daubenr. Forgeron qui bat le fer.
Dauche, Doche. — Père, mère. Mon doche, mon père. Ma doche, ma mère, — dans le jargon des voyous. C'est le mot moderne.
Dauife, Danffin. Pince, ciseau à froid, fausse clé, — dans Tancien argot.
Dauphin. Souteneur; le dos vert d'autrefois, — dans Fancien argot.
De (Se pousser du). Faire sonner avec ostentation la particule nobiliaire qu'on tient de ses aïeux ou qu'on s'est octroyée à soi-même.
Dé* Oui, — dans l'argot des
marbriers de cimetière. (A.
Delvau.)
Dé, Dé à coudre. Verre à boire. — Locution employée par les ivrognes pour désigner un verre de petite capacité.
Est-ce que vous vous fichez de nous, que vous nous donnez des dés à coudre?
Débàcleuse de mômes. Sagefemme.
Débâcle. Accouchement, — dans le jargon des voleurs.
Débâcler, accoucher.
Débâcler. Ouvrir. — Débâcler la guimbardCy ouvrir la porte.
Débagouliner. Raconter avec volubilité tout ce qu'on a sur le cœur. — Se répandre en injures, injurier avec bagou. C'est une variante de débagouler.
Déballage. Opération qui , pour une femme, consiste à s'alfranchir de ses appas d'emprunt et à se montrer sous un jour plus naturel. — Perdre au déballage, perdre à être vue dans le simple appareil. — Gagner au déballage, tenir plus qu'on ne promet. — Etre volé au déballage, c'est mettre la main sur un Ary Scheffer alors qu'on croyait trouver un Rubens.
Déballage. Linge de femme.
« Tout ce coin où traînait le déballage des dames du quartier. (E. Zola.)
Déballer. Déshabiller, enlever l'arsenal des faux-chignons, tournures, soutien des faibles, faux râteliers, et tous les trompe-l'œil de la toilette féminine.
Déballer. Sacrifier à Domange, — dans le jargon des voleurs.
Débarboniller (Se). Se tirer ces, — dans le jargon du peud'affaire. — Se sauver, quitter pie. — Se débiner des fumerons, une société à Ja Mte. ne pas être solide sur ses jam-
DébarbouiUer à la potasse, ^^s. (L. Larchey.)
Frapper au visage. — Avoir Débineur. Celui qui débine.
Tavantage sur son adversaire. Les amis sont des débineurs par
soit dans une scène de pugilat, excellence,
soit à un jeu quelconque. Débonder (Se). Sacrifier à la
Débardeur. Pei*sonnage car- compagnie Lesage.
navalesque à la mode en 1840. tiai***«*.i.^*««-*— ^ tî««««i«-
Le costume dn débardeur mâle, Hpf.t^^^Vn T hT" ^ f
comme celui du débardeur fe- ^f.'^'J" "Ln^ii^ ."°^ "fi
^^n^ ««««:oi..:* «« .,« !..««.« Lies dettes bouchent la rue et
melle, consisUit en un large emnêchent le débiteur timide
pantalon de toile ou de velours, jî^î^^ser ^^^^^^^ ^^^^^^
serré à la taille par une cein- ^"
turc, chemise bouffante, per- Déboucler. Rendre un pri-
ruquo et chapeau gris haute sonnier à la liberté. — Ouvrir,
forme. Le débardeur femelle — Déboucler une. guimbarde à
remplaçait le chapeau par le coups de sorlots, ouvrir une
bonnet de police, et naturelle- porte à coups de pied,
ment la chemise était aussi nAv*«i*^-«— a *• j j-
échancrée que le permettait Tin- boSfînS décence.
r\A\.^^,^^^ fQ^\ n^ ^«««« ^ Déboulonner. Enleverles pla-
Debarquer (Se). Renoncer à. ^^^^ ^^ ^..^j ^^j ^^couvrent
Débaucher. Congédier. Par la maçonnerie de certains moopposition à embaucher , — numents. — Le peintre Courdans le jargon des typographes, bet voulait seulement déboulon-
— Se débaucher, s'octroyer son ner la colonne Vendôme. Sa congé. pensée, paraît-il, fut mal inter-
Débinage.Propos malveillant. P^^^^^> et la colonne futrenver-
— Fuite. ^^^•
Débinance. Médisance. Cest , Déboulonner. Vendre, e^jou-
une forme nouvelle de débinage, ^^^' — ^^ÎÎ^J^ 1^^^^^ ^S? ^^^^^\'
Mince de débinance. ^<^'^- T ^^^S}'^(>^^^^ ^^ "»»^^ ^„. ^ , . . exemplaires d un ouvrage, Debme. Grande misère, misère noire. Deboulonneur. Amateur du «,,. TA- j 1 TA' déboulonnage, individu qui a Debmer. Dire du mal. ~ De- j, ^.^ /^ renversement de precier. Mot à mot : mettre j^ Colonne. ~ Longtemps, sur quelquun ou quelque chose j es murs de Paris, le nom de dans la debme, l appauvrir mo- „ Courbet » fut accolé à Pépiralement. thète de « deboulonneur, »
Débiner (Se). Se sauver. Débourrer sa pipe. Faire ses Débiner (Se). S'affaiblir, se nécessités, — dans le jargon sentir malade, perdre ses for- des ouvriers.
Débouscailler. Décrotter. — BéhouscaiUeur, décrotteur.
Débrider. Crocheter une serrure, ouvrir. — Débrider la margoulette, manger. — Débrider les cfmsses, ouvrir Tceil, faire attention.
Débridoir. Clé, — dans le jargon des voleurs.
Débris (Vieux) .Homme vieux , cassé, femme vieille, cassée.
Débrouillard. Celui que rien n'embarrasse, qui sait toujours se tirer d'affaire. « Un grand garçon, ancien militaire, excuirassier de Heischotfen, très honnête et très débrouillard, comme on dit au régiment. »
(Figaro du i7 juillet 1877.) « Ils étaient jeunes , bien tournés, débrouillards. » (Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)
Décadener. Retirer les menottes à un voleur.
Décalitre. Chapeau haute forme.
Décaniller. Partir. — « Déeanillons et presto! (G. Marot, VEnfant de la Morgue 1880.)
Décapité parlant. Imposteur.
— Petit homme à grosse tête.— Le décapité parlant est un tour d'escamotage gui consiste à présenter au public une tête humaine sur une table recouverte d'une draperie. La tête répond aux questions qu'on lui adresse. Le tour s'exécute au moyen d'un système de miroirs combinés.
Décarcassé. Sans charpente, sans solidité, en parlant d'une pièce dramatique. (L. Larchey.)
Décarcasser (Se). Se donner
beaucoup de mal; se démener.
— Se décarcasser le boisseau, se tourmenter.
Décarrade. Fuite précipitée, fuite du voleur qui a la police à ses trousses. — La grande décarrade y la décarrade de la fin, la mort,
Décan'e. Acquittement.
Décarrer. Acquitter en justice. — Se sauver. — Décarrer à la bâte, s'évader. — Décarrer cher, avoir fait son temps de prison.
Décartonner (Se). Vieillir; se dit principalement des femmes.
Bien des femmes sont comme certains livres qui, à force d'avoir passé de main en main, finissent par perdre le cartonnage.
Décati. Usé, vieilli, ilétri, en parlant des personnes. Allusion aux étoffes décaties, c'est-à-dire qui ont perdu leur apprêt.
Décavage. Misère, ruine.
Décavé. Ruiné. Allusion aux joueurs de bouillotte décavés.
Décembraillard. Partisan du coup d'Etat du 2 décembre 1851.
Nom donné aux partisans de la dynastie napoléonienne par leurs adversaires politiques.
Déchanter. Etre désenchanté, par abréviation.
Déchard. Pauvre, misérable ; celui qui est en proie à la dèche,
— dans le jargon du peuple.
« Eh bien, ces déchards-là, s'ils ne payent pas leur terme... on les fout sur le pavé sans pitié. »
(Le Père Duchéne, 1879.)
Dèche. Misère momentanée.
La déche est moins forte, moins
13C) DICTIONNAIRE D*AAOOT MODERNE.
siiuteuuc que la dU'bUtc, et sur- Fanne blanche. Mot à motidé-
tuut que la panne. — Dans une coudre la peau. Il faudra en dé-
)iit*''e luilitaire de Ferdinand coudre.
Lalt.ue, Tacteur cbiu-pê de don- Découvrir saint Pierre pour
lier Id j-e|il.qut a i £rii}»ereur et ^^^^ ^^^ ^^ Contracter
de re|.oudre : c Hela.. quel „„g ^^^^ ^^ j, ^^
erhw inoi. EniiKrreur! •> se ^^^^^ ^qJ^^ CurûSités fran-
tniul. a I»estin*|auxri.lesmueLs çtt»,«.j L'eipression est encore
il parlait pour la première fois: ^^^ ^^ ^^^
M* Il ««motion fut SI grande que,
lin'douillant.ilrê|»oiidit:« Quelle Décroclie-iDOi ça. Fripier.—
dccàt.nioQ Empereur! » Le mot Terme générique donné à toutes
lit fortune, la presse s'en em- les friperies dont des spécimens
para, et, lurs de l'impression sont accrochés au-dessus de la
de sa pièce. Ferdinand Laloue porte du rerendeur à la toilette:
le substitua au mut primitif, chapeaux pour les deux sexes,
<Kapp4»rlê par Privat-d'Ang-le- souliers, bottines, habits, vestes,
mont, Paris 'Inconnu.; culottes et robes, autant de dé-
-.-...- - ' rfc L croche-mtn ça, de décroehez-moi
Déchire (Pa» trop}. Pas trop ^^ ^ '
mal, assez frentil. — Se dit du * '
physique d'une personne. Cette Décrocher ses cymbales. Mou-
femme nest pas trop déchirée. rir dans l'exercice des fonctions
«... . 1 A •! r • notariales, — dans le jargon
Déchirer de la toile. Faire ^^^ ouvrier. Les clercs de no-
du l.ruit avec I antipode de la ^^j^g ^^ ,g, ^,^^08 d'huissiers
).|ii.;lie. - Tirer un feu de pe- disent, dans une langue plus
^''""'' roi ,vée, pour exprimer la même
Déchirer la cartouche. Man- idée : Décrocher ses panonceaux.
ffcr, - dans le jargon des trou- Décrocher les tableaux. Pra-
**'^*''** tiquer des fouilles dans Tédifice
Déclaquer. Dire ce qu'on a nasal.
sur le cœur. -. , /«» j.* ^ rr
Dedans (Mettre). Tromper.
Décloner, Décrocher. Déga- Emprisonner,
ffcr un objet du Mont-do-Piété. ^ , ^. , ,« x ^. » ,,
nA -M 1 P » i 11 ï^®dire cher Se . Etre à IV
Décognoir. Ne/, de forte taille, ^o„ie __ dans le jargon des
— dans le jargon des typogra- voleurs,
phes. Au propre, en terme de . *
nuHi(M',on nomme « décognoir » Défaits. Ce sont, en terme de
le morceau de bois dont on fait libraire, les feuilles d'un livre
usage pour chasser les coins <^f»" ne sont pas suivies et qui
avec lesquels on serre les for- servent à compléter celles qui
^lx(if^^ peuvent manquer.
Décoller. Quitter un endroit Défalquer. Faire ses nécessi-
oi\ l'on se trouve depuis long- tés, — d'ins l'ancien argot.
^®"M**' Défiler la parade. Mourir, —
indre (En). So battre à dans le jargon des troupiers*
Défourailler. Courir. — Tomber. — Sortir de prison.
Défmsquer , Défrusqniner.
Déshabiller. — Voler des vêtements.
Dégazonner (Se). Perdre ses cheveux.
Dégel. Mort. — Dégelé^ cadavre. — Dégeler^ mourir. — Se dégelevj se suicider.
Dégelée. Série de coups. — Flanquer une dégelée soignée,
Dégobillage. Matières rejetées hors de Testomac. — Dégobiller, vomir. — Pratiquer sa cambrure dans im fort dégobillage escrabouille sur le trot. Mettre le pied dans un fort dégobillage aplati sur le trottoir.
Dégommage. Perte d'emploi.
— Misère. Allusion aux timbresposte qui, faute de gomme, ne tiennent pas.
Dégommé. Usé, vieilli, flétri.
— Comme elle est dégommée. — Infortuné qui a perdu sa place.
— Préfet dégommé.
« C'est moi qui du coin d* la rue, M J'ta r premier trognon de laitue » A c' pouvoir qu'est dégommé. »
(L. Festeau, Le Gamin 1834.)
Dégommer. Surpasser. — Destituer,
Dégorger. Avouer. — « Il devait en jauger plus qu'il n'avait voulu certainement en dégorger. » (L. Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau des lutteurs.)
Dégottage. Supériorité morale ou physique.
Dégottage. Trouvaille.
Dégotter. Surpasser. — Prendre la place d'un autre. — Trouver. Dégotter une roue de der-
rière, trouver une pièce de cinq francs. — « D'ailleurs, TaU'aire est à moi. Je l'ai dégottée et, de plus, j'ai donné le coup. »
(G. Marot, V Enfant de la Morgue.)
Dégotter (La). Faire figure, représenter. U la dégotte malj il a mauvaise tournure, argot du peuple.
Dégouler. Baisser, diminuer, ralentir, s'en aller. « Le travail dégoule, » — dans le jargon des ouvriers. C'est l'opposé d'abouler,
Dégoolinage. Larmes silencieuses ; eau qui tombe goutte à goutte.
Dégouliner. Couler doucement goutte à goutte. Les larmes dégoulinent le long des joues. — Dégouliner ce qu'on a sur le cœur, dire sa façon de penser, se soulager par l'aveu d'un secret. Le mot date de la fm du xviii« siècle. — « Céline baissa la tête, alors l'autre baissa aussi la tête et une grosse larme lui dégoulina des cils. » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Dégoutation. Personnification dégoûtante. (L. Larchey.) Une dégoutation d'homme.
Dégoûté (N'être pas). Savoir apprécier, montrer du goût. — Vous aimez les jolies femmes, vous nétes pas dégoûté.
Dégraisser. Faire perdre de Targent. — Dégraisser le bausse, faire perdre de l'argent au patron.
Dégraisseur. Filou, usurier,
— dans le jargon des voyous.
— Envoyer une bobine chez le dégraisseur^ voler une montre.
DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.
Dégrimonner. S*agiter, se tourmenter, — dans Targot des bourgeois. (L. Larchey.)
Dégringolade. Vol. — Dégringolade à la flùte^ vol commis par une fille publique sur la personne d'un client.
Dégringoler. Voler. Dégringoler un aminche, voler un camarade.
Dégringolé du c. de Marie la salope. Enfant de père inconnu.
Dégrouper (Se). Se retirer d*un endroit, quitter une société, — dans le jargon du peuple. Dégroupons, faut aller pioncer, - /* vas te fair' dégrouper et p*us vite que ça, vadrouilleux.
Dégueulas. Dégoûtant.
Dégueulatil. Etre, objet dégoûtant, dont la vue fait vomir.
— « Vos pareils ont Thabitude vraiment dégueulative d'attendre les filles du peuple à la sortie des ateliers. • (Uart de se conduire dans la société des pauvres bougres, 1879.)
Dégueulbite, Dégueulboche.
Dégoûtant, — dans le jargon des voyous. Dérivés de dégueulis,
Dégueulis. Matières rejetées bors de l'estomac. Mot à mot :
au delà de la gueule.
Déguismar. Déguisement. Variantes : DégiiiSy déguisemuche, déguisemince.
Déjeté. Homme courbé par le malbeur ou la maladie, affaissé moralement ou pbysiquement.
Femme déjetée , femme sur le retour.
Déjeuner de soleil. Objet de peu de durée; s'emploie surtout en parlant d'une étoffe mauvais
teint. « Cest un déjeuner de soleil. »
Délirant. Cbarmant. « Je ne vous connaissais pas ce bracelet, Cydalise; il est délirant. » (Al.
Karr, Les Femmes.)
Déluber. Commencer, débuter. C'est la dislocation de ce dernier mot.
Démantibuler (Se). Se battre, chercher à se casser un ou plusieurs membres.
Démaquiller. Décommander, défaire, renoncer à, — dans le jargon des voleurs.
Démarquage de linge. « 11 s'est adonné tout bonnement à un genre d'exercice qu'en argot du métier (de journaliste) nous appelons un démarquage de linge.
Il a taillé, coupé, rogné dans notre article sans nous citer. »
(H. de Villemessant, Figaro du 6 août i877.)
Démarquer le linge. Se parer des plumes, non, de la plume d'un confrère en journalisme.
Démarqueur de linge. Journaliste qui s'approprie l'article d'un confrère en changeant quelquefois un peu la rédaction.
Par laconisme on dit démarqueur, « M. de P. est ce qu'on peut appeler un de nos bons démarqueurs, » (H. de Villemessant, Figaro du 6 août i877.) — Dans une autre acception, démarqueur sert à désigner celui qui ôte les marques d'un objet dans un but de tromperie ou de vol. (Littré, Supplément au Dict, franc.)
Démarrer. Quitter un lieu après une longue station. Les soûlots démarrent péniblement de
chez le mastroe, les ivrognes s'en prototype a existé sous le nom
vont avec peine de chez le mar- de Marie Duplessis v He-
chand de vin. marc[uablement jolie, grande.
Déménager. Déraisonner. « Je médiocrement faite, ignorante,
craignais que dans le change- ??"* «»?"'' "»'» "«*»« '^ 'f ' ment de domicile sa tête n'Iût tmct. Ex-paysanne noriuando, déménagé la première. . (E. f". * était composé une généa- Pelleta^n, La Nouvelle Babylorie.) ogm nobiliaire, et de son au- , ' . , , ' torité, rapprochait d un nom Demi-sape, demi-supérieure, historique son nom légèrement Demi-bouteille de vin de qua- modifié. » (N. Roqueplan, Pâli té supérieure, vin ô! extra. risine.)
Demi-stroc. Demi-setier. Démonétiser. Perdre quel-
Demi-vertu. Personne du sexe qu'un de réputation. — Se dé-
faible dont la vertu a subi, une monétiserj ne laisser à personne
fois au moins, le feu des eu- autre qu'à soi-même le soin do
chères de Tamour. se perdre de réputation.
Démoc-soc. Démocrate so- Démorfillage. Action de dé-
cialiste. En i848, les démocs- marquer une carte, c'est-à-dire
socs étaient ce que sont aujour- enlever les signes, traits d'on-
d'hui les radicaux, Tépouvantail gJes. points de repère que les
de la bourgeoisie. grecs font aux cartes qu'ils veu-
Demoiselle. Bouteille. Foutre lent reconnaître, t Je vas leur
un soufflet à la demoiselle, qu'on z'y en coller du démorfillage, »
lui en voit le derrière, vider une (A. de Gaston, Les Tricheurs.)
bouteille d'un coup en buvant à DémorfiUer. Démarquer une
Ja régalade. carte, — dans le jargon des
Demoiselles (Ces). Nom gé- grecs,
nérique donné àtoutes les fem- uém^ger. Sortir de prison,
mes qui de près ou de loin j^êmuiler sans caserne, sortir
touchent au metieç ou à lart ^ prison «ans savoir où aller
de la prostitution, a Ces demoi- „o»pi,er selles ont été successivement
appelées : LoretteSy Filles de Denaille (Saint). Saint-Denis.
fnarbre. Dames aux camélias j, ^ r^ ^
BicA.5, Coco«es, autant de mots "^^ \l^ ^vVir 1?ès peu de
r ^ rH-Mî^iTr^P H^rir chose à manger; avoir une très
aIZJ /r n3in piw. îf petite portion sir son assiette,
demie. >> (G. Claudin Pans e< ^^^ ^j ^. ^ .^ de volaille,
VExposilion.) Le succès de /a \^,rci,j^ m ai seulement vas pour
Dame aux camélias, pièce de ^;^. ^. ^ Jl^sé
M. A- Dumas fils, valut à ces TmIILZ ^
demoiselles l'honneur d'un nou- ^ ^^^® "^*^^-
veau baptême. En souvenir de Dentelle (De la). Billets de
rhéroïne de la pièce — qui mé- banque. — Cest un girondin
ritait mieux — elles furent sa- calé qu'a de la dentelle à faire
crées : dames aux camélias. Le péter son porte-mince,
DICTIONNAIRE D'AROOT MODERNE.
Dents (Avoir tontes ses). Etre à Ttlge (le raison, à cet âge où l'on peut mordre son voisin et au besoin sa voisine.
Dents ne Ini font pins mal
(Les). IJ est mort depuis longtemps.
Déparler. Avoir le délire, — dans le jargon des garde-malades.
Département dn bas-rein. Partie de rôtre humain qui a quelquefois besoin de ronds hygiéniques comme certains yeux ont besoin de lunettes. — La cible à tant de plaisanteries surannées.
Dépenser sa salive. Parler* On dit de quelqu'un de taciturne : En voilà un qui a peur de dépenser sa salive,
Dépianter. Battre fortement.
Mot à mot : enlever la peau comme à un lapin; faute de mieux, se contenter d'enlever les vêtements.
Déplanquer. Retirer un objet caché, — dans le jai'gon des voleurs.
Déplanqner son faux centre.
Etre condamné sous un nom d'emprunt.
Déplumé. Sénateur. La cambuse aux déplumés, le sénat, — dans le jargon du peuple.
Déplumer (Se). Perdre ses cheveux. — Déplumé, chauve.
Déponner, Dépousser. Sacrifier à Domange, — dans l'ancien argot.
Déporter. Renvoyer, — dans le jargon des ouvriers. — Etre déporté, être renvoyé de l'atelier.
Déposer nn kilo. Faire ses né-
cessités, — dans le jargon des ouvriers qui disent encore, sans respect pour le suffrage universel : Déposer son bulletin, déposer un bulletin dans Vume,
Dépôt. Dépôt de la préfecture de police, t Dans le siècle dernier, ce dépôt (spécialement affecté aux prostituées] portait le nom de salle ou de maison Saint-Martin ; il était situé me du Verbois, au coin de la rue Saint-Martin. » (Parent-Duchatelet.) En 1785 les prostituées furent dirigées sur l'hôtel de Brienne dit la Petite-Force. Depuis i798 elles sont consignées au dépôt général de la préfecture de police. — On envoie au Dépôt les individus mis en état d'arrestation par ordre du commissaire de police. On les transporte du violon au Dépôt dans le panier à salade. Ils y restent jusqu'à ce que le juge d'instruction ait statué sur leur sort.
Dépôts & consignations (Caisse des). Lieux d'aisances, en style d'employés des grandes compagnies financières.
Dépotoir. Confessionnal, — dans le jargon des voleurs.
Dépotoir. Pot de chambre.
Dépuceleur de femmes enceintes. Fanfaron en fait de galanterie, don Juan grotesque.
De quoi (Avoir). Avoir de quoi vivre.
Dérailler. Sortir de son sujet, perdre le fil d'un discours. — Dans le vocabulaire de l'amour, c'est... dame, c'est difficile à dire, quoique le sens soit lo l même*
Dérondiner. Payer, — dans liste qui entend la plaisanterie
l'ancien argot. et la noce. Moraliste bon enfant.
DéroyaHser. Renverser un " Allusion au type d'un des
souverain de son trAne. Enlever personnages des Filles de mar-
à un roi la couronne de dessus ^^^' Expression un peu démodée
la tête, et quelquefois la tête, comme la pièce. Faire son Z>es-
avec la couronne. ^^«*«' f»»^^ ^^ 1» morale.
Derrière (Enlever le). Donner Desgrieiuc. Aimable et joli
un coup de pied au derrière. ^^"ÎS"^"f t ^'"^J*» '^ frère aîné . . '^ . /« 1 ^e ^' -Alphonse. En souvenir du Demere le premier (Se lever nom du héros du roman de Maie). Se lever de mauvaise hu- ng^ lescaut, meur. — Etre de mauvaise humeur dès le matin. Désosse. Misère, ruine, —
Dêsaraoter Déniaiser — ^^"^ '® J^^^^^ ^^^ barrières. —
.';«!5^?^ *^o.;« îT^tt^:, Aa. Jouei'la désosse, être ruiné, s mgénier, — dans le jargon des
voleurs. — Désargoté, malin. Désossé. Qui est sans argent,
Descendre. Faire tomber; — dans le jargon des voyous
tuer d'un coup de fusil. - Des- ?« ^«"^ f '^^ *^?^?t î ^^«^i«^' ^ ^^^
cendre la garde, mourir. ^^^nc celui qui n a pas d os.
Descendre son crayon sur la Désosser. Tomber sur quelcolonne. Administrer une volée ^"'^^ ^ grands coups de poing, de coups de canne, — dans le — •'^ ^* ^^^ désosser. jargon des voyous. Dessalée. Femme rusée, co-
Désenflaqner. Se tirer d'une ^^'^^^ délurée, femme sans mo-
situation difficile. Mot à mot : se ^^^'^^ "^ tenue. La dessalée était
tirer d'une flaque. la gourgandine de nos pères. Ce
«. -, , , n'était primitivement qu'une
Desennuyenr. Terme réservé épithète accrochée au vocable
qu emploient les souteneurs de /morue. » On disait sous Louis
filles cour se désigner. Ils de- xv « morue dessalée » pour don-
sennuient ces dames. ^^^ pl^s ^^ f^^ce à l'injure. Au-
Desentiflage. Séparation en- jourd'hui tout est si cher, môme
tre époux. — Etre désentiflé, vi- les mots du bas langage, que
vre séparé de sa femme. d'une injure on en a fait deux,
Desfonx. Enorme casquette de ^^ ^^ilà pourquoi l'on dit <cmo-
soie, bouffante, casquette à tri- ^"f ** P^"^ designer une femme
pie étage, casquette à trois ponts, sale, repoussante, et pourquoi
particulière aux Desgrieux de « rfess?^^^ » dans le sens de hllc
barrière. Vient du nom du four- ?^ z^^^^* " * ^j'"^ paraissez
nisseur. On dit une desfoux, toutes deux assez dessato. «(Les
comme dans un autre monde, SoM//ïeurs.)
un gibus. Je viens de me fendre Dessaler. Noyer. Dessaler le
d'une desfoux un peu chouette, client à la faux, noyer quelqu'un
cinq balles! après l'avoir volé.
Desgenais en chambre. Mora- Dessaler (Se). Boire, — dans le
jargon des voyous. — Viens-tu nous dessaler f
Dessaler (Se). S'acquitter d'une avance faite, — dans le jargon des typographes. C'est mot k mot : restituer son salé.
Les avances d'argent ont reçu le nom de salé, par abréviation de salaire.
. Dessaler (Se). Tomber malade , '— dans le jargon des voleurs.
Allusion aux conserves qui s'amollissent lorsqu'elles perdent leur sel.
Dessinandier. Dessinateur.
Dessous (Tomber dans le troisième). Etre complètement ruiné, tomber dans la misère. — Au théâtre on entend par dessous les étages pratiqués sous la scène pour les besoins'des décors. On dit d'une pièce qui a échoué qu'elle est tombée dans le troisième dessous.
Détacher nn transfert, un transferrement. Détacher un solide coup de pied. « Je détache un tr ans fer rement au cab avec mon rigodon à clous. » (La Petite Luney 1879.)
Détacher le bouchon. Aller à la selle. — Les anciens tireurs employaient cette expression dans le sens de voler la bourse.
Détaffer. Remonter le moral ; donner du courage. Mot à mot:
enlever le taf, enlever la peur.
Détail (C'est un). Ce n'est rien.
Mot que le scepticisme moderne
p devaitappliqucrauxévénements
IJL les plus graves et qu'ordinaire-
■-.^fiaent on souligne par un sou-
^'©Tfi. — Vous êtes en deuil? —
Jljbjf anime est morte. — C'est
iu^4ttliil. Un tel a fait faillite ^
et ruine plus de cent familles* — C'est un détail, je n'avais pas un sou chez lui.
Détail (Faire le). Couper sa victime en morceaux d'après la méthode Billoir, — dans le jargon des voyous.
Détaroquer. Démarquer, — dans l'ancien argot des grecs; c'est, mot à mot: effacer les marques des tarots.
Dételer. Dételer le char de l'amour, pour parler la langue académique. — Se retirer des joies de ce monde, parce qu'on est vieux, infirme et désillusionné. — M A cette heure il avait dételé, mais il aimait encore la société des femmes folles de leur corps. » (E. de Concourt, La Fille Elisa.)
Détente (Dur, dure à la). Celui, celle qui ne délie pas facilement les cordons de sa bourse.
« Leur famille est riche, mais elle est également dure à la détente, ce qui est l'expression consacrée . » ( Adrien Paul , Flotteurs et Floués.)
Détourne (Vol à la). Vol qui
se pratique dans l'intérieur des magasins.
Détourneur. Voleur à la détourne. « Il y a des voleurs à la détourne de trois classes : les aristos, les bourgeois et les voyous. Les premiers ne travaillent qu'en équipage et ne font que la pièce de soie, de velours, ou le cachemire des Indes ; ils ont des laquais avec des galous d'argent et des jambes torses comme les colonnes d'un lit Louis XIIÏ. » (L. Paillet, Voleurs et Volés.)
Dette de cœur (Payer une).
Faire honneur à un engagement souscrit par le cœur au profit des sens, — dans Targot des grandes dames. Dans le monde faubourien, où Ton n'enguirlande pas les expressions, les femmes disent : « S'exécuter à la bonne franquette. »
Deuil (Grand). Café avec cognac. — Demi-deuil, café sans cognac. (L. Larchey.)
Deuil (H y a du). Ça marche mal dans le ménage.
Deuil de sa blanchisseuse (Porter le). Porter du linge très sale.
Deux fois. Expression très usitée dans les régiments de cavalerie et qui équivaut à une négation. Le sous-off de garde dit : Tiens, titns, tiens ! vous avez des br'eteUes deux fois demi-tour sur les hanches, — J'ai planché non pas deux fois, mais une bonne, — Quelquefois cette ex-
Sression s'emploie dans le sens e « plus souvent : » Veux-tu me prêter cinq ronds ? — Deux fois.
Dévidage. Promenade dans le préau d'une prison. (L. Larchey.)
Dévidage. Long discours.
Dévidage à Festorgue. Mensonge. — Acte d'accusation.
Dévider. Parler. C'est dévider le fil d'un discours dans le langage métaphorique et précieux.
— Dévider le jars, parler argot.
Dévierger. Enlever la lleur de l'innocence à une jeune fille, ainsi qu'on s'exprime sous la coupole de l'Institut les jours où il n'y a pas de prix de vertu à
décerner. — C'est, en bon français, peut-être, faire une femme avant la lettre... de faire part du mariage
Dévisser. Estropier, casser un ou plusieurs membres. — « Tu veux donc te faire dévisser? » (L. Cladel, Ompdrailles, le Tombeau des lutteurs.)
Dévisser son billard. Mourir, — dans le jargon des piliers do café. Et par abréviation : dévisser. — Que devient, Machin? Il a dévissé.
Dévisser le coco. Tordre le cou, étrangler.
Dévisser la pétronille (Se.) Se mettre en frais d'imagination, se creuser la cervelle, — dans le jargon des voyous.
Dévorant. Pour dévoirant, compagnon du devoir. « Terme du compagnonnage qui nous a légué une petite ménagerie a.ssez intéressante ; il y avait le singe, le lapin, le renard de liberté, le loup, etc.. c'est assez logique d'avoir le dévorant. »
(Le Sublime.)
Dévoyé. Acquitté ; renvoyé des fins de la plainte, — dans le jargon des voleurs.
Diable. Agent provocateur.
(Moreau-Christophe.)
Diable en prendrait les armes (Que le). Exorbitant. Dire, faire une chose étonnante, tenir un propos tellement extravagant, donner de telles preuves de courage... en paroles, que le diable, ett'rayé, en prendrait les armes, s'il les entendait.
Diamant. Clou de soulier, — dans le jargon des troupiers.
Prends garde d'user les diamants
139 McnœnAniE d'
<lf lit ffoâillftlt. PrcDds firde de tjxip msrrhpr.
^i™^ P«Té. |L. LarchcT.]
nm n s'y ■ pu da bon).
Hf-I i mot : il n'r a pa.-> de bon (lifu qui puiiMt m'cmp^faer de fajrp rp qtie jf veux f»ire.
Un 'MiBflar !• koa). Communirr. — Mattgetir, maigatié df l'tm Ttieu. crlui. celle qui sapfirochc souvenl de la Sainte T.f.Ie.
DigsA-Difae. Attaque d'épi- Irrisie. — dans le jargon des
Digne. Ffmmr, dans l'ancien arçi)! du Tpniple. « Vîeai mat fori usité parmi les pitr«3et les queiips roiijres du ivu' siècle. ■ ,V. Hufro.i
Dinde. Femme fiotle.
■- Ouper. - Je lui «i dénicintré qu'il était dindonné, co quo nous appelons refait au ni.-me. ■■ ^BalIa.■.)
Dindornier. Infinoier.
Dingner. Lancer , frapper , laisser tomber, onomatopée du hruil d'un olijct qui tombe k terre. — £m'oyfr dinguer, cdvoyer promener. — En terme de IbéiUre un objet qui dingue est un objet mal équilibré, qui c de tomber.
Dire quelque chose. Ereiller la sensualité, — di<ns le jargon des libertins. — -Ve rien dire, laisser froid, indifférent. Cette lemme ne me dit rien.
Dix-huit. Soulier remis à neuf avec de vieui cuirs provenant do vieut souliers. Jeu de mot sur deux fois oeuf —Dans, l'argot des tailleurs un dix-huit '
AROOT HODKUNB.
est an vStenteut retonnié. — Dans le supplément à son diefûMnain flrmçais . M. Littré i donne à •< se mettre sur son dix-huit i> le sens de « mettre ses pins beaux habits. » Je n'ai jamais entendu à Paris celte expression. H, Littré n'aarail-il pas confoudu avec h te weHrt sur ton trente-et-vn? »
Doigt dani l'inil (Se loomt le). Se tromper. — Se fourrer k doigt dans iail jusqu'au e(mât, se tromper grossièrement, s'abuser au dernier point. — Fafft partie de la société du doigt éaa ffrii, s'illusionner sur son propre compte.
Doigte de mort. Salsifis, — dans le jargon du peuple. Allusion à la ressemblance entre des doigts de mort et des salsifis épluchés.
DOBinn. Dents. — Jouer des dominos, manger.
Donner (S'en). S'amuser beaacoup. — Donner du camboiàs, railler, tromper.
Donner. Pour donner dans le pièpe; abonder, — dans le jargon des filles. — • Vous lesretrouTerei, si les hommes m dimnenl pas , arpentant le terrain jusqu'à deux heures du matin. ). (F. d'Urville, /,es Ordures deFaris, t87i.)
Donner dans. Fréquenter : Donner dans la canaille. — Avoir du goût pour : Elle donne dans le mililaire.
roublard la donne sur nos fioles, Tagent regarde nos physionomies. — La donne souffle mal, le regard d'un tel n'est pas franc, locution employée par les voleurs lorsqu'ils se sentent devinés soit par un agent, soit par n'importe qui. — La donner sur la croustille^ n'avoir que du pain à manger ; c'est-à-dire tomber sur le pain.
Doimer (La). Chanter , — dans l'argot des barrières. C'està-dire : donner de la voix. — Entends-tu comme le gossier la donne? entends-tu comme le particulier chante ?
Doimer sur le biffeton. Lire l'acte d'accusation et dévoiler les antécédents de l'accusé.
Doimer de l'œil dans la perspective. Avoir l'œil au guet, — dans le jargon des truqueurs, « En ce moment arrivent deux agents, que les associés de Micbon n'avaient pas vus, bien que donnant de l'œil dans la perspective. » (Paris-Vivant , le Truqueur, 1858.)
Dormir en gendarme. Ne dormir que d'un œil.
Dos (Scier le). Ennuyer. — En avoir plein le dos, manière d'exprimer son mécontentement , lorsque quelqu'un ou quelque chose vous ennuie énormément.
Dos vert, Dos d'azur. Souteneur de filles. Allusion aux écailles vertes d'un poisson sous le nom duquel les souteneurs sont généralement désignés. — « C'est aussi un dos vert de la plus belle espèce. »
(Vast-Ricouard, Le Tripot.)
Dossière. Poche assujétiedans toute la longueur du dos d'un paletot etparticulièrc aux voleurs à la détourne qui s'en servent comme d'une besace. — « Tous ces objets (un coupon de soie, un portefeuille, une tabatière en argent , une douzaine de mouchoirs) étaient dissimulés dans une poche pratiquée dans le dos du paraessus. » (Petit Journal du 30 juin 1880.)
Dossière. Prostituée qui gagne sa vie à genoux. Fellatrix.
Dossière de satte. Chaise.
Douanier. Absinthe. — Allusion à la couleur verte du costume des douaniers.
Doublage, Doublé. Vol; mensonge. — Monter un doublé, en imposer.
Double. Gardien-chef, — dans le jargon des prisons. Le mot est égalemen t en usage au régiment pour désigner un sergent-major. Allusion aux doubles galons.
Double-six. Poseur. Fat sans cesse occupé à étudier ses poses, à faire valoir ses avantages.
Au jeu de dominos la première pose est au joueur qui a le double-six ; d'où le surnom donné au poseur, au fat.
Doubler. Tromper ; voler.
Doubler le cap. Faire un détour. On double le cap lorsqu'on prend le chemin le plus long afin d'éviter de passer devant la porte d'un créancier.
Doubleur, Doubleuse. Menteur , menteuse ; voleur , voleuse.
Doublon. Répétition dumême mot ou de la môme phrase, —
dans le jargon des typographes.
Donce. Soie, — dans le jar-
gon des voleui-s.
Donce / Aller à la). Aller doucement, se porter assez bien. — « Aline : El mon oncle comment va-t-il? — l/uoMME : A la douce, à la douce. » (Jean Rousseau, Paris- Dansant,) Faire quelque chose à la douce, ne pas se presser.
Douceur (Le mettre en).
Tromper cfuclqu'un avec de douces paroles; voler quelqu'un en le flattant.
Douillard, Douillarde. Homme riche, femme riche.
Douille. Argent. — Douille fraîche^ argent qu'on vient de recevoir.
Douiller, Douiller du carme.
Donner de l'urgent, payer, — dans le jargon des voleurs. Encore un qui ne douille pas sou^ vent avec les aminches : faut toujours Un rincer le bec!
Douilles, Douillets. Cheveux.
La partie de la tête (jue recouvrent les cheveux est très sensible; d'oîi le mot douillet. « Y veut s' garantir les douillets. »
{Le Parfait catéchisme poissard.) — Douilles savonnés f cheveux blancs. Piyer les douilles, prendre aux cheveux, tirer les cheveux.
Douillet, Douillette. Crin, — dans le jargon des voleurs.
Douillet, Douille-mince (Jamais). Innocent, — dans le jar-
Douillettes. Figues, en terme des halles.
timbré, protêt, congé par huissier, — dans le jargon du peuple.
Douloureuse. Dans le «pittoresque argot parisien de bas étage, la douloureuse est tout simplement la carte à payer, autrement dit V addition. »(X. de Montépin, Le Fiacre n« 13.)
Dousse. Fièvre, — dans l'ancien argot.
Doussin. Plomb. Doussiner, plomber, — dans l'ancien argot.
Doux (Du). Liqueur douce.
Un verre de doux.
Dragée. Nez, — dans le jargon des voyous. Se piquer la dragée, se griser. <cYlia foutu un va-telaver sur le mufle qui lui a escarbouillé la dragée et dévissé trois dominos. »
Dragée. Balle, — dans le jargon des troupiers. Des dragées qu'on distribue aux baptêmes de feu.
Dragiste. Ouvrier confiseur spécialement chargé de la fabrication des dragées.
Dragons (Aller voir défiler les). Jeûner forcé ment. A l'heure du déjeuner, les ouvriers qui n'ont ni argent ni crédit chez le marchand de vin disent :
<( Nous allons les voir défiler. »
Drague. Fonds de commerce de saltimbanque ; le métier de banquiste lui-même. « Il avait pris des associés et monté une drague. » (J. Vallès.)
Dragueur. Saltimbanque.
Drapeau. Serviette, — dans le jargon des francs-maçons.
Donlenr (Papier à). Papier \ — Grand dTa-^eau^xv^^^^^.
DICTIONNAIRE D ARQOT MODERNE.
Orapoaa. Drap de iit. Etre som les drapeaux, être couché.
Drapeau ^Etra do garde an).
« Dans le largon pittoresque des garnisons, on a donné à cette expression une acception <|ne les règlements militaires n'avaient point prévue. Un officier est de garde au drapeau quand il est aux airSts. On dit aussi qu'un camarade est de garde au drapeau lorsqu'il ne parait pas le soir à la pension, et qu'il y envoie cberciier par !H)n ordonnance un dîner pour deux. » (Fr. de Reiirenberg, La Vie de garnison.) Dans le monde de la bourgeoisie, on dit du mari qui est obligé d'accompagner sa femme en soirée ou de rester à la maison auprès de madame, qu'il est de garde au drapeau.
Dringne. Piècedecinq francs, — dans le jargon des voleurs.
Une dringue tarte refroidie sur le xinc du maslne, une fausse
Kiëce de cinq francs clouée sur ! comptoir du marchand de
DriTO (Etre en). Tirer une bordée, prolonger de son autorité une permission, — dana l'argot de la marine. Drive est par altération pour dérive,
Drogue. Coquine, mécbante femme. — Petite drogue, petite coureuse.
Drogner. Mendier. (1829,)
Droguer. Attendre depuis longtemps , faire le pied de grue. — Faù'e droguer, faire utfendre.
publique au moyen de prétendues souscriptions financières ou patriotiques, de quittes, de loteries, d'indulgences, de fausses eaux de Lourdes, etc., etc...
Droguiste. Escroc, filou qui exerce à domicile en cherchant à apitoyer les âmes aussi sensibles que crédules. C'est une forme nouvelle de dragueur.
Droite (Aller à, être à). Aller aux cabineLs d'aisances, être aux cabinets d'aisances, — dans le jargon des employés de com-
Dromadaire. Femme de mau-
j vaise vie, c'est une variante
e pas toujoi
e : eha-
Once, Signes conventionnels et indicatifs que pratiquent an jeu les grecs entre eux. C'est ce qu'ils nomment encore la lélégraphie. Vient de dux, ducere conducteur, conduire. Le duce règle la conduite du grée au jeu, « Le dusse (sic) se varie à l'inllni, et les grées qui, dans une partie, craignent d'avoir été remarqués , cliangent de système pour le lendemain. »
(A. Cavaillé, Les Filouteries du jeu.)
Dacbène (Passer à). Payer, — dans le jargon des barrières.
C'est-à-dire se faire arracher une dent. Ducbênc est le nom d'un très populaire et très habile dentiste, le Calvin de la mâchoire. Maintenant que nous avons bouffé, faut passer à Duchêne; garçon! la craie.
Dot. Vente difficile d'un livre, — en terme de libraire. Ce n'est pis un mauvais ouvrage^ mais c'est dur.
DicnoxxAmE d'aroot moderne.
DttT. Fer, — dans le jai^n ' de* voleurs.
Dur. Eau-de-vie. i
Dur (4a I. Travaux forcés.
Dur à cuire. Individu qui ne j se laisse ni attendrir, ni întimi- ■ der facilement. — Fificx dur à ' cuire i par allusion aux légumes sec5 qui ne cuisent pas facilement.
Dur Etre dans son .Etre très ■ assidu à Fouvraee. être dans le feu du travail. [Argot des tj^pographes^
Dure. La terre. La grande
langue a Texpression « coucher sur la dure, » c'est le nudakur mo cubât de Virgile.
Dure (La). Maison centrale de force et de correction.
Dure (Vol à la). Vol qui consiste à étourdir d*un coup de poing ou d un coup de bâton celui qu'on veut dépouiller. La variante est : Vol à la rencontre. Faire le client à la dm, étourdir d*un coup de bâton im homme et le voler.
Dorême. Fromage, — dans Fancien argot.
Eau de moule. Absinthe très claire coupée avec beaucoup d'eau: elle arl>ore la couleur j verl-olairde Peau dans laquelle na?ent les moules cuites.
Ebasir, Esbasir. Assommer.
Mot à mot : renverser de la base. C'est sans doute une déformation d^abassir, abattre, démolir, renverser.
Ecarbouiller (S'). Se sauver.
Ecarter du fusil. Lancer, en parlant une petite pluie de salive. Les brèche-dent^, ceux qui zézaient, écartent ordinairement du fUsil. Le synonyme est : postillonner. Jadis on disait : Ecarter la dragée.
Echalas, Echasses. Jambes longues et maigres.
Echappé de capote. Petit gommeux maigre et mal bâti, —
dans Tai^t des voyous. — Au xviii« siècle on désignait un bossu sous le sobriquet d* échappé d^ Esope. — Eh! va donc, échappé de capote^ avec ta gueule à chier dessus.
Echauder. Surfaire. — Etre échaudéy payer un objet au-dessus dû sa valeur.
Echigner. Abîmer, éreinter.
— Critiquer à outrance, malmener en paroles. — « Quand un client ne tient pas à gagner sa cause, mais à echigner son adversaire, il choisit M® Chaixd'Est Ange ou M® Léon Duval. »
(PariS'Aiocat.) — S'échigneTy s'excéder de fatigue.
Echigneur, Echineur. Critique acerbe . — « Comme avocat éreinteur et echigneur M« Hébert dame le pion à ces deux athlè-
DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.
tes du pugilat judiciaire. »
[Faris-Avoeal, 185i.)
Ecboppa. Atelier, — dans le jargon des ouvriers.
Eclairage. L'argent qu'on étale sur le tapis pour alimenter une partie s'appelle l'éclairage. — Les joueurs appellent éclairage au gai l'apparitiou devant iiDJouBur d'une très forte somme d'argent. Donnei-vous le coup?
Oui, mais oit est l'éclairage.
Eclairer. Metlre l'argent sur le tapis, — dans le jargon des joueurs. — Payer d'avance, — dans le jargon des filles,
Eclairenr. Compare du grec, chargé de dénicher des dupes.
On ie nomme égalementpisleur.
La première des conditions pour faire un bon éclaireur et pour gagner des appointements convenables, c'est d'avoir de belles connaissances dans le monde.
Eclairenrs. Seins fiers comme Artaban qui font saillie sur le corsage, — dans le jargon des voyous. En v'tà une paire SéclaireuTS solides au poste.
8 (Lâcher les). Pleurer.
— Uriner.
Ecopage. Choc, fioup léger.
Ecopage. Réprimande.
Ecopage. Petit profit. — Art d'arriver dans une maison k l'heure des repas et de s'y faire inviter.
Ecopar. Boire, — dans le jargon des typographes.
Ecopar. Recevoir. — Recevoir UD coup, se beurtcr. — « On se rencontre dans la me, on ae saute dessus, on se tape,
ÏO.)
Ecopeor. Fine mouche qui rive chez les autres à l'heure du dîner. Le véritable écopeur, sans jamais rien demander, ne wrt jamais d'une maison sans avoir relire un petit profit de sa visite. Il a un llair particulier pour arriver auibons moments.
L'écopeur porte un coup à ceu\ qu'il va voir et l'on n'ose pas ''éconduire.
Ecorcher. Faire payer un obet deui ou trois fois sa valeur; ;'est la qualité dominante chez a plupart des boutiquiers de Paris dont les boutiques sont placées, sans doute, sous le patronage de saint Barthélémy.
Ecomaga (Toi à 1'). Vol au boulon. Ce vol consiste à s'ap-
Kroprier, au moyeu d'un fil de îr passé par le trou du boulon, des objets renfermés dans une montre ou en étalage. (L. Paillet.) Le mi'me résultat s'obtient encore en pratiquant, à t'aide d'un diamant, une ouverture dans l'angle inférieur d'une vitre de magasin. (L. Larchey.)
Ecorné. Accusé qui comparait devant le tribunal. L'accusé semble déjà être en mauvais état.
Ecorner. Injurier; du vieux mot français esckamier, moquer, railler.
Ecorner. Fracturer. — Ecorner un boucard, fracturer une boutique.
Ecomenr. Avocat chargé de soutenir l'accusation.
Ecornifler, Ecornifler à la
paue. Tuer. <c J*aperçois an garde myal qui ajustait d une i'onl^ire La Platine, j' le lorgne, pan ! à bas, il fait la culbute ; c était le douzième depuis mardi que j'écoriiillais. » (Les farces et les bamboches populaires de Mayeux, i83i.) — Lui, il a trouvé le moyen d'écomifler à la nasse sept personnes. (Jean Hicliepin, Les Morts bizarres.)
Ecossear. Employé chargé d'ouvrir les lettres dans une administration.
Ecot (Pa^er son). « Dans un |)as de trois, la danseuse qui exécute son solo paye son écot. »
(J. Duflot, Les Secrets des coulisses, 1865.)
Econte (Je V). Oui, — dans le jargon des troupiers.
Ecoute 8*il pleut. Expression dont les ouvriers se servent à l'atelier pour essayer de faire taire un bavard. On espère qu'il ne pourra pas écouter et parler à la fois.
Ecraser uu grain. Boire un verre do vin, quelquefois la l)Outoil]o. — « Viens-t'en plutôt écraser un grain avec moi. »
(Huysmans, Marthe, 1879.)
Ecraser des tomates. Avoir ses menstrues. Et la variante :
Faire la sauce tomate.
Ecrevisse. Cardinal, à ce que dit M. Fr. Michel, dans son dictionnaire de l'argot comparé.
C'est une aimable plaisanterie à laquelle il se sera laissé prendre, sans songer que ce cardinal-là descend en ligne directe du « cardinal des mers », dont a p arlé Jules Janin et dont a ■■■yri Nestor Roqueplan.
Ecrerisse de boulanger. Cafard.
Ecrevisse de rempart. Fantassin, — dans le jargon des soldats de cavalerie.
dans la tourte (Avoir une). Dire, faire des extravagances .
Ecume. Etain, — dans le jargon des voleurs.
Ecurer le chaudron. Faire des aveux ; se confesser.
Ecumoire. Visage ravagé par la petite vérole.
Ecureuil. Pauvre diable qui faisait tourner une roue dans un atelier de mécanicien, moyennant une haute paye de six sous par heure. — Les machines à vapeur, en se propageant, ont porté le coup de la mort à l'écureuil, devenu aujourd'hui un objet de curiosité.
Edredon(Fairer). Dépouiller un étranger, — dans le jargon des filles.
Edredon de trois pieds. Paille.
Effacer. Faire disparaître en absorbant. — On efface un plat, on efface une bouteille, en ne rien laissant du plat, en buvant la bouteille jusqu'à la dernière goutte.
Effaroucher. Chiper; par altération du vieux verbe fiançais frogier, frouger, profiter, gagner. — « Qu'est-ce qu'a effarouché ma veste? » (H. Monnier. Scènes populaires.)
Effets de poche. Faire sonner son argent, le compter en public, sortir deux cents francs en or pour acheter un cigare d'un sou, tout cela : effets de poche.
— C'est un des plus sûrs moyens de se faire voler. — Les jours de paye les ouvriers font volontiers des effets de poche. Celui qui n*est pas habitué à avoir de largent se livre généralement à des effets de poche.
Effets de biceps. Exhibition de force musculaire. (L. Larchey.)
Egayer. Siffler, — dans le jargon des acteurs. — Egayer Vours, sifûer la pièce.
« De la rampe la lumière » Eclaire un drame inédit :
» On régaie, à la première ; » La claque seule applaudit. »
(E. de La Bédollière. Dîners de Vanc.
cercle.)
Egnaffer. Surprendre, éblouir, émerveiller. — Etre égnaffé, être émerveillé. C*est le successeur direct d*èpatei\ — dans le jargon des ouvriers.
Egnolant. Ennuyant, — dans le jargon des voyous. Dans celui des ouvriers, il a plutôt le sens d'étonnant, d'extraordinaire.
Egnoler. Ennuyer, — dans le jargon des voyous ; mot à mot :
rendre gnok. V'ià une heure que le client m*égnole,fen ai ma claque, je caléte, voilà une heure que cet individu m'ennuie, j'en al assez, je file.
Sgont (Prima dona de V).
Chanteuse de chansons ordurières dans les cafés-concerts.
(Le Sublime.)
Egont (Tierce à V). Tierce basse, tierce au neuf, au jeu de piquet.
Egrugeoir. Chaire à prêcher, — dans le jargon du peuple.
« Lorsque dans son egrugeoir, » Ce champion de l'éleignoir B Fait à la foule béante, » Des histoires de servante. »
(L. Festeau, Les Anes.)
Egyptien. Mauvais acteur ; par allusion à la troupe du Khédive.
Mot à mot : acteur retour d'Egypte, — dans le jargon du théâtre.
Elastique. Qui sait se prêter aux circonstances, qui sait faire des concessions à propos. « N'estce pas, cher directeur, que nous sommes plus élastiques que ça?»
(J. de Concourt.)
Eléments. Cartes préparées en vue d'une passe ; mot à mot:
éléments de gain, — dans l'argot des grecs. Dans le monde des joueurs le mot : « éléments »
désigne des ponteurs capables d'alimenter une partie. Faisonsnous un petit bac ? — Il n'y a pas d'éléments.
Eléve-martjrr. Elève-brigadier, — dans Je jargon des régiments de cavalerie.
Elixir de hussard. £au-dcvie.
Emballer. Terminer promptement. — Uouvrage est emballé.
Emballer. Mettre en prison.
— Emballez-moi ce particulier.
Emballer (S'). S'emporter, se fâcher. On dit d'un cheval qui s'emporte, qu'il « s'emballe » ; d'où s^cmballer en parlant des personnes.
Emballeur. Agent de police.
Emballeur de refroidis. Porteur des pompes funèbres, vulgo « croque-mort »,
Embauder. Violenter, prendre de force, — dans le jargon des voleurs.
Emberlificoter. Entortiller , embrouiller, embarrasser. Avec
tous vo8*rai8onnement8, VOUS cherchez à m' emberlificoter , vow, (Jargon des bourgeois.)
Embêter (Ne pas s'). Ne pas <^lrc fraiiohe, emprunté; savoir tiivr parli de tout.
Embêter. (Ne pas se laisser).
No se laisser ni intlucnccr, ni intimider.
Emblémer. Tromper.
Emblèmes (Des)I Des mensonges!
Emboîter. Donner un coup de poing, — dans le jargon des barrières.
Emboîter. Constituer le point de dix ou de vingt, au moyen d'une carte tirée, — dans le jargon des joueurs de baccarat.
— Exemple ; un sept sur un trois, un huit sur un dix et un deux. Etre emboîté ^ avoir pris au tirage une carte qui constitue le point de dix ou de vingt, c'est-à-dire baccarat , zéro, le plus mauvais point.
Emboîter. Gagner les ])onnes grâces de quelqu'un, l'engager à faire quelque chose en votre faveur, — dans le jargon du régiment. Y a pas moyen de f emboîter pour t'en faire payer pour deux sous.
Emboucaner. Sentir mauvais.
Embxouillarder (S'). Sentir les premières vapeurs alcooliques monter au cerveau.
Emécbé (Être). Eprouver les premiers effets de l'ivresse.
Emigré de Gomorrbe. Homme dépravé comme on l'était à Gomorrhe, aux temps bibliques.
Emmaillotter un môme. Com-
biner un vol. C'est la variante de nourrir un poupard.
Emmaillottenr. Tailleur.
Emmancbé. C'est Téquivaleat d'empoté, de maladroit, — dans le jargon du peuple. Une bouge pas plus qu'une lame emmanchée. Cest un emmanché, — Espèce d* emmanché, remue-toi doncl
Emmargonillis. Propos malhonnêtes , orduriers. « Aussi fallait voir comme on s'en payait des tartines et des potins, et des calomnies et des emmargouillis, contre cette loterie de malheur I » {Le Titi, i879.)
Emmener. Dénoncer. Des tronches à la manque à emmener le travailleur. De sales physionomies capables de dénoncer le voleur.
Emmerdement. Ennui extrême. C'est le spleen des Français. — Emmerdement sur toute la ligne, le nec plus ultra de l'ennui.
Emmerder. Ennuyer à l'excès. — Mépriser au dernier point. — Injure que le peuple a sans cesse à la bouche.
Emmieller. C'est le mot précédent adouci. Cela se prononce : Em... m... m... ieller, en appuyant fortement sur les m, afin qu'il n'y ait pas de doute possible sur le sentiment exprimé. La variante est : Em.,. mener à la campagne.
Emos. Emotion.
Empaffe. Drap délit, — dans l'ancien argot.
Empaffer. Griser; c'est un dérivé de paf.
Empaillé. Homme gaucho.
Empêcheur de danser en rond, pice, le tricheur place adroi-
Importun ; celui qui vient, mal temenl Vemplâtre sur le paquet
à propos, se mêler à une con- de cartes qu'il tient osleiisiblc-
versation, troubler une réunion ment à la main. Il faut se me-
intime. — Allusion à la défense lier d'un individu qui tire de sa
faite, — sous la Restauration, poche soit son mouchoir, soit
§ar les curés de campagne, — sa tabatière ou tout autre objet
e danser en plein air. en gardant les cartes à la main.
Empereur. Vieux soulier. Les }1 /aut suneiller également ce-
empereurs sont des souliers la- 1"' ?"V ^^''?^ ^""'^ '''' '*''?'^^'
mentables achetés chez un sa- f"^^^ ^^P^^» ^^s couvre un nis-
vetier, près des Halles, surnom- ^^°^, f ^^ .""^ tabatière. 11 y a
mé « le père TEmpereur o par ^i'^.lP*^'f;^5"^V;"" ^^1*''
MM. les cliiffonniers, dont il est tabatière est à double fond. Le
le fournisseur ordinaire. Chez ^«"^'^ ^^^^ V^^^^^ "° emplâtre
le père TEmpereur, les sous va- 5"^ la pression du doigt fera
lent des francs. Ainsi, quand descendre sur le paquet de car-
un client demande le prix d'une ^^^'
paire de souliers et que le père Emplâtre de Thapsia. Cravate
l'Empereur répond : douze à plastron ; cravate de cocher
francs, le client donne douze piquée avec l'épingle en fer à
sous sans hésiter. cheval et adoptée parles sports-
Empétarder. En user comme "^c"» "^«ins l'épingle.
Jupiter envers Ganymède, com- Empoigner. Criticjuer sans
me Phœbus contre Hyacinthe, mesure. — Se moquer à haute
Achille sur Briséïs , Pompée voix d'un acteur en scène.
QUI* T|| Il ^
ti .LL /^i 1 Empoigner. Charmer,séduire,
Empilfrage. Gloutonnerie. émouvoir. — Une scène, un ro-
Empiffrer (S'). Mettre lesbou- man qui vous empoigne. chées doubles. C'est faire passer
les bouchées sous le pif, avec Empoisonneur. Nom d'amitié
autant de promptitude qu'un donné par les ivrognes au mar-
prestidigitateur fait passer la ^îhand de vin. — Débitant
muscade. ^^ ^^"s ^^ liqueurs de qualité
-, . . j très inférieure. — Garffoticr
Emplançuer. Arriver. - dans ^^^^^ ,^ cuisine ne laisse rien
le jargon des voleurs. ^ désirer sous le double rapport
Emplâtre. Empreinte à la cire, de la malpropreté et de l'exé-
Emplâtre. Portée de cartes arable.
dont se servent les tricheurs. Emporter le morceau. Dire
faire un emplâtre ou placard, une méchanceté d'une grande
placer une série de cartes dans portée. Mot à mot : mordre si
un ordre déterminé. Les grecs fort que le morceau reste après
cachent l'emplâtre dans une ta- les dents. C'est le : emporter le
batière à double fond, sous Tais- nez à belles dents, du xvii® siècle.
selle. Au lansquenet et au bacca- Bien avant, Plautc avait dit :
rat, choisissant le moment pro- Os illi denasavit mordicus.
Emporter la gueule. Mcllre la bouche en l'eu. Un mets trop épicé ou une liqueur trop fuiîe vous emporte la gueule.
Emporteur. Filou qui vit au délriinent des magasins. Après avoir fait un achat d'importance, ïemportcur se fait accompagner par un garçon de magasin, qu'il doit payer à domicile. Une fois en route, sous un prétexte quelconque, il écarte le garçon en ayant eu la précaution de se faire remettre la marchandise.
F.es hôtels garnis, les passages, les maisons à deux issues, favorisent beaucoup le jeu de l'emporte ur.
Emporteur à la côtelette. Escroc qui fréquente les cafés pour y faire des dupes en proposant des parties de cartes. Il gagne d'abord une consommation, ensuite le déjeuner, et, de partie en partie, de revanche en revanche, il arrive au dépouillement complet de sa victime.
Empousteur. Autre variété de iilou. Celui-là sait allécher les entrepositaires par des dépôts de marchandises, qu'achètent très avantageusement des compères. Lorsqu'il a gagné la confiance des entrepositaires, VempoiisUur fait de forts dépôts qui lui sont, en partie, payés comptant. Le tour est joué : la marchandise est invendable.
<( Un empousteur poussa l'audace jusqu'à vendre à plusieurs marchands de la rue Saint-Denis plus de mille douzaines de fauxcols en papier et de voilettes en papier dentelle. » (L. Paillet, Voleurs et volés.)
Emposeur. Fédéras le,— dans 'ancien argot.
Emprunter uu pain sur la fournée. Prendre un acompte sur le mariage. Expression très usitée au xvnie siècle. « Qui peutêtre, comme l'on dit, avez emprunté quelques pains sur la fournée. » (Pièces comiques.)
Emu, légèrement ému. Celui que le vin rend tendre et larmoyant.
Enc... par corvée. Bête brute, conscrit stupide, — dans le jargon du régiment, où celle expression ordurière se dit sans malice, sans comporter aucune idée obscène.
Encarade. Entrée. Lourde d'encarade, porte d'entrée, ou encarade tout court.
Encarrer. Entrer. Encarrer à la tauley entrer à la maison.
Enceintrer. Rendre une femme enceinte; forme moderne d'enceinturer^ usité au xvme siècle.
Encible. Ensemble.
Encloué. Mou, sans énergie.
— Individu qui a des passions contre nature.
Encrotter. Enterrer, — dans le jargon des journaux ennemis de l'enterrement civil.
Endormeur. Voleur au narcotique. — L' endormeur attire sa victime chez un marchand de vin, la fait boire, lui verse un narcotique et la dépouille.
Endormi. Juge. (F. Michel.)
Endormir du coup. Tuer, assommer.
Endosse. Epaule. — Haboter l'endosse, porter des coups dans l \q dos.
DICTIONNAraE D ARGOT MODERNE.
Endroit. Restaurant, — dans le jargon des employés du commerce de la nouveauté en gros. Mot à mot : endroit où l'on va prendre ses repas, endroit d'où Ton fait venir un plat.
J'ai envoyé chercher à Vendroit une pwtUm de tripes.
Endurer. Tenir la rame immobile, — dans le jargon des canotiers de la scène.
Enfant de chœnr. Demi-seticr de vin rouge; par allusion à la robe rouge des enfants de chœur, c Un pauvre bougre qui pouvait à peine se mettre un enfant de chamr sur la conscience pourra boire, etc. » (Le Père Duchéne.)
Enfant de chœur. Pain de sucre, — dans Tancien argot.
Enfant de chœur de guillotine. Gendarme, — dans Targot des voleurs.
Enfant de giberne. Enfant de troupe, — dans le jargon du régiment.
Enfaiït de la balle. Celui qui a appris et qui exerce le même métier que son père. L'expression est particulièrement ré- Ï^andue dans le monde des coui.sses.
Enfant (Décrocher un, faire couler un). Déterminer un avortement , — dans le jargon du peuple. « Oui, oui, t'as décroché un enfant à la fruitière. » (E.
Zola, l'Assommoir. )
Enfer (D'). Enorme. Un njvpétit d'efifer, un courage d enfer.
Enfer. Sous-sol d'une imprimerie. C'est l'endroit où se cliché et se tire le journal. 11 y fait aussi chaud qu'il doit faire en enfer.
Enfigneur. Emigré de domorrhe, — dans le jargon des voleurs.
Enfilage. Pertes successives au jeu. — Celui qui court après son argent riscpie {'enfilage.
Enfilage. Arrestation en flagrant délit. — Avoir écopé à Venfilage. Enfilé, pris en flagrant délit de vol. Enfilé par les roublards au moment de dégraisser une bobine en jonc. Se faire mfiler, être arriHé. Pas d'chance, vlà trois fois cite année gue je m* fais enfiler.
Enfiler (S'). Perdre successivement plusieurs coups de cartes. — S'être enfilé, avoir beaucoup perdu dans une partie, dans une soirée. « (>e qui ne Pavait pas emp^îché qu»;lqiies minutes auparavant, de jouer contre Servet, etde se faire enfiler. » (Va.st-Ricouard, Le Tripot.)
Enfiler des briques (S'j. Jeûner, contraint et forcé, — dans le jargon du peuple.
Enfiler des perles. Travailler avec nonchalance.
Enfileur. Joueur qui profite de sa veine pour [musser son adversaire h jouer contre lui, pour l'enfiler,
Enllacquer. Emprisonner.
Enflaneller (S'j. Absorber une boisson chaude. Mot ii mot :
une boisson qui remplace le gilet de flanelle, u L'ne nuit de mardi gras, je m'assis k uim table, — dans la galerie, en fac(î de l'orchestre, — sur laquelle, le Temps et Cybèle venaient de s' enflaneller An deux grogs \\\\\0ricains. » iV. .Mahaliii, Au liai masqué.)
Enflée. Vessie, — dans le jarpon des voleurs.
Enûé (Ohé ! L') ! Apostrophe voyoucratujue à l'usage des quidams (fui prennent de grands airs, qui font les orgueilleux, que l'orgueil cnlle.
Enfoncer. Tromper. « Papa vous a bien enfoncé dans Taffaire des suifs. » (Gavarni.) — Surpasser, être supérieur à. « Une telle imitation du vent enfonce cruellement les fameuses gammes chromatiques de la Pastorale de Beethoven. » (H. Berlioz, Les Grotesques de la musique,)
Enfonceur. Faiseur. (Vidocq.)
— (a'ilique violent. — Enfonceur de portes ouvertes. Celui qui fait plus de bruit que 'ô besogne.
— Homme qui cherche à faire croire ([u'il a inauguré les faveurs d'une' femme, et qui, en réalité, n'a été admis que bien longtemps après l'inauguration.
Enfourailler. Arrêter, — dans le jargon des voleurs.
Enfrimer. Regarder quelqu'un de très près.
Enganter. Prendre, voler; du provençal aganter, attraper, saisir.
Engraissé à lécher les murs (Ne s'être pas). Se dit d'une personne qui étale un de ces visages rubiconds et prospères dénotant le bien-ctre et les douceurs de l'existence. — La variante est : y être pas gras d'avoir léché les murs,
Engueulage, Engueulade. Série d'injures débitées en criant.
Quelque chose de plus fort que lengueulement. Dans Yengueulement, au miUea d'une ondée
d'invectives, il peut se rencontrer quelques saillies, quelques mots heureux. BrusÏ engueulaga, c'est la grossièreté pure qui fait tous les frais de la conversation criée.
Enguenlement. Avalanche d'injures. Langage particulier aux dames des halles du temps jadis. Les bals masqués sont des écoles d'engueulement.
Engueuler. Crier des injures.
— S'engueulfir, se battre à coup de gros mots. Sous prétexte ae polémique, certains journalistes ne font que s'engueuler,
Engueuleur. Individu qui a un goût particulier pour Yengueulage, — Journaliste qui pratique la polémique à l'emportepièce et à Teau-forte.
Enlevé. Réussi : Article de journal enlevé. — Vivement fait:
Ouvrage enlevé. — Vivement mené, — dit avec entrain : Une scène eiilevée. — S'enlever, s'emporter. — S'enlever cher, être tourmenté par la faim, — dans le jargon des voleurs.
Enlevé (Etre). Plaire beaucoup au public, — dans le jargon du théâtre. — « (Les bravos redoublent.) Il parait qu'il est enlevé. » {l\Iusée Phitipon, Théâtre de Bourg-en-Bresse.)
Enquiller. Caser, pourvoir d'une place. — Cacher entre ses cuisses un objet volé. Enquiller une thune de camelotte, cacher sous ses jupons une pièce d'étoffe. — Arriver, entrer. « Faut espérer que le démoc enquillera. » {La Patrie, du 2 mars 1852.)
cer, porter sur le système ner- Entonner. Boire. Entanner
veux. comme un chantre, boire énor-
Enrayer. Renoncer aux amours cément, et même à Tamour. Entonnoir. Gosier de puis-
Enrhumer. Ennuyer, — dans santé envergure. Entonnoir en
l'ancien argot. zinc, palais habitué aux liqueurs
Ensecreter. Introduire dans Portes.
un joujou le mécanisme qui le EntortiUé. Maladroit. (L. Lar-
fait mouvoir. ^^^^ ^ ^
Enterrement. Bout de charcuterie, tranche de gras-double. Entortillé. Polisson qui fait,
rogaton quelconque interné comme il peut, concurrence
dans un morceau de pain. C'est aux femmes galantes. le déjeuner de bien des pauvres -,. • /o,x „ • j i»
gens. On voit beaucoup d'enter- . En«ramer (S'). Faire de 1 exer-
rements dans le quaîîier des «•'.e P°"'' combattre 1 obésité
halles à l'heure de midi, alors na'ssante. Terme emprunté à
que l'oreille de morue crépite ' «""^oi. «>" ^P^^' " "„^,«* '
dans la poêle et que la moule ™»'* dis donc mon gaillard, tu
nage dans un bain gris-ver- l arrondis. - Oui. .. j ai besoin
^^r^g ° de m entraîner un peu. » (v.
Sardou, Daniel Rochat, ac. i.
Enterrement. Ouvrage abimé se. ii.) par un apprenti ou par un ouvrier, — dans le jargon des cor- Entravage. Idée, intelligence,
donniers. compréhension.
Enterrement. Petite super- Entraver. Parler, compren-
cherie pratiquée par les soldats dre, — dans le jargon des vo-
de cavalerie, laquelle consiste à leurs. — Entraver le jars, par-
cacber le crottin sous la paille, ier argot.
au lieu de le ramasser dans la Entraverse. Aux travaux for-
vanctte et de le porter au fu- ^^s à perpétuité. mier. Ça sest-y bien tiré, ta garde
cTécurie?^ Mafoi,tusais, avec Entrechater. Battre des en-
des enterrements. trechats, en terme de choré-
Enterrement de première ^^P»»'classe. Criti(}ue empreinte d'un Entrecôte de lin gère. Morceau
faux attendrissement. Elle pro- de fromage de Brie.
cure en moyenne cent cinquante - . artistes Le der-
liffnes de copie à son auteur et t«ntree ttes arusies. *^f ^er
le plaisir de conduire une œuvre ^'^^^' T ^a porte des artistes a
*le plus souvent Toeuvre d'un généralement son entrée sur les
ami — à sa dernière demeure, derrières du tliéâtre. loubli éternel. Entrée (Faire 1'). Applaudir
Entière. Lentille, — dans un acteur à son entrée en scène.
y ancien argot. Ce sont \ca d^L^ysiÇiV^s QJ^s^v V^vX.
DICnONNAIBE DASOOT MODERNE.
l'entrée. •• Auguste a fait pendant ijuinze ans l'entrée àe ma- Hemoiselle Lise Nobict. » (Ch.
de Boi^e.J
Entrelardé (Un). L'n morceau do liipuf maigre avec un peu de pr.-is. |l.. Lari'hey.) On dit de iii^'uie wn maigre et ur grat, — dans l'argot de* bouillons et dos m-mcries. (M.)
Entremetier. Celui qui fail liis entrcnieL* Troids, chauds ou suori^!!. -^ dans le jargon des {>dtis.sicrs.
Entre sort. <• On appelle ainsi dans le monde des aaitimbanques, le Uièdtre eo tuile ou en plunclie, voiture ou baraque, dans laquelle se tiennent les monstres, veaux ou hommes, lirehis ou femmes; le mol est caractéristique, le public monte, le pliénomënc se lËve, hJ!le ou parle, muRit ou rillc. On entre, ou sort, Toilà. ). (J. Vallès.)
Entripaillé. H cm m a doué d'un ïi^tilre poussé à la dernière
EnTOyer. Pour envoyer le mot, ta phrase fi l'acteur. C'est le rôle do soulïleur. Un soufUeur qui envoie bien est précieux.
Enroyer. Dire, répondre, lancer la réplique. C'est rien envoyé I c'est bien répondu.
Epargnenr. Celui qui pratique l'éparguo d'une maniëre intelligente. — « Nous sommes un peuple do paysans, un peuple d'épargnours, ■■ [Gambetta, Ois-
eourt pnmmeé au CenU natimei' ât^mai 1878.)
Epatant. Etonnant. Cbu fpalaut. — CAonce épatante. — nouvelle épalatOe. — Bùutk Éfoiante.
Epate. Embarras, manières.
— Faire son épate, ses tpatts, des fptttes, se donner des airs imporlanls. Les mots ipater, épates et leurs dérivés vienneat de épenter, qui, au iviu< siècle, avait le sensde : intimider. Vépateur cherche à intimider son public en l'étonnant.
Epatement. Slupéraction.
Etonnement prolongé.
Epater. Etonner profondément. La prélentioD des artistes en <g30 était d'épater les bourgeois.
Epatenr, Epatense. Faiseur d'embarras. Celui, celle qui cherche k produire de l'ellet, soit par sa mise, soit par ssi paroles, soit par ses actions.
Epicemar. Epicier. C'était autrefois : Épice-vinette.
Epicier. Nom que donnent les collégiens A ceux de leurs camarades qui se destinent au commerce. — «A l'élève bifurqué ^e rattache l'épicier ou épvcemar, élève de français. « {les t intitulions de Paris, 1858.)
Epiler la pêche (Se faire). Se
ire raser, — dans ie jargon
Epinards (Aller aux). Recevoir SCS émoluments en qualité do souteneur d'une fille publique.
Epinards (Plat d'). Bouse de c'est la chipie du quatiième ou
vache rencontrée en plein du cinquième, la grue ou le
champ ; c'est un beau sujet d'é- crampon, suivant les qualités
lude pour im peintre réaliste, dojninantes de répuuse.
Epinards (Plat d'). Paysage Epouser la fourcandiére. Je-
d'un vert trop cru, — dans le ter un ohjet volé quand on est
jargon des peintres. poursuivi, — dans l'ancien argot.
Epinards (Graine d'). Epau-
lette d'officier supérieur. Epoux. Celui qui vit maritalement avec une îejnme <i denii-
Epitonner (S'). Avoir du cha- entretenue. — Les maîtresses
grin. — Les variantes sont : Se de piano à deux francs le cachet,
faire viocque, se faire antique. les demoiselles de magasin qui
Eponge. Maîtresse d'un sou- ^"^ ^'j^ ^ ^'^^."^^ 3"^^"'^ ^^"^«
teneur. -«Mais, pardon, tiens, l''?\^Z /^"^[«"'^^^.f^^^^/ ^«
que je te fasse voir mon éponge Samt-Denis, les petites hour-
poui^uivit-il, en tirant à lui Ce- ^^^If^'^ '^^'a'Tu^ ^T "Î"'"'
fine » fHuvsmans Les Sœurs POur cause d adultère, disent ge-
Valard x^""^^™^"^' ^^* ^^"^^ néralement « mon époux » en
'^ parlant de leurs amants.
Eponge à mercure. Prostituée ^^ -
malsaine. (Le nouveau Vadé.) Equerre. Jambe. « Numéro
Innombrables sont les variantes »"' J^ ^«"^ ^'ei^è^'^ que votre
usitées au xviiie siècle et au ^^9"^rre est trop ouvert » (Ran-
commencement du xix% dont ^o«» Croquis- militaires.)
certaines ont survécu. En voici Ereintement. Critique à fond
quelques échantillons : Bou- de train.
'"«t^/i".^™ \'*»?S i'-T' Ereinter. Critiquer fortement,
velles a la maint matelas dinva- maUraiter
UdBy magneuse de tuyaux de pipe^ ^
voirie ambulante, coffre à grail- Ereinteur. Critique grincheux
Ion, remède d'amour, volaille res- et sans aucune espèce de ména-
sucée, gibier à bistouri, pot cassé gements.
d'onguent gns, porteuse de viande ^ ,« * ^ nx t^ j
pourrie , asticot d'équarrisseur, , Ergot (Se fendre 1). Prendre
mangeuse d'étrons sans , four- a fuite; et, par abréviation, se
ehette, reliquat de fistule gan- '^ fendre.
grenée, Ernest. Nom de baptême que
Epoques. Menstrues, — dans ]^^ journalistes ont donné à
le jargon des bourgeoises. 1 émanation ministérielle dite
« communiqué », cette seule et
Epouse. La femelle de l'époux, unique signature que l'adminis-
Quand les femmes de ménage, tration juge à propos de mettre
les ouvrières et les fournisseurs au bas des notes rectificatives
parlent à l'amant de la femme qu'elle adresse aux journaux,
avec laquelle il vit, ils disent : dans l'intérêt de la vérité, et que
« Votre épouse ». Entre eux, les journaux sont tenus d'insé-
rer en lôte de leur première page, toujours dans Tintérôt de la vérité. Pour donner un peu de vitalité à ce nom de « communique » aussi sec que la prose officielle, on a imaginé de lui adjoindre le doux prénom d'Ernest.
Es. Escroc, — dans l'ancien argot; le mot sert aujourd'hui à désigner un tricheur, vulgo grec,
Esbalonner (S'). S'évader. (L.
Larchey.)
Esbattre dans la ligne (S').
Chercher à voler dans la foule.
(Fr. Michel.)
Esbigner (S'). Se sauver. Celui qui s*esbigne, se sauve pour ne pas rendre un service, ou pour ne pas être reconnu.
Esbigner, Esbignonner. Voler, faire disparaître un objet, — dans le jargon du peuple. C'està-dire faire partir un objet. — « Laronneux, n'crois pas m'esbignonner mon maquereau. »
(Le Nouveau Vadé.) — Esbigner un porte morningue dans la profonde d'un girondin.
Esblinder. Etonner, stupéfier,
— dans le jargon des ouvriers.
— « Inutile de faire le savant pour esblinder le prolétaire. »
(Uart de se conduire dans la société des pauvres bougres,)
Esbroufe (Vol à 1'). Vol à la bousculade. — Dans la rue, quelqu'un vous heurte fortement et disparaît avec votre montre ou votre porte-monnaie; vous êtes volé à Yesbroufe, Le vol à V esbroufe est une variété du vol à la tire.
Esbronfeur. Voleur à Tes-
broufc. Veshroufeur exploite de préférence les abords de la Banque de France et des grandes compagnies financières.
Quand on vient de toucher de l'argent dans ces parages, il est prudent de se boutonner, de serrer les coudes et de tenir le milieu de la chaussée. Le garçon de recette est le rêve de l'esbroufeur.
Esbronffe. Embarras, jactance. Faire de Vesbrouffe, des esbrouffeSy son esbrouffe, faire des es, faire des embarras. « Ce Prussien était donc là, le nez en l'air, lorgnant les bombes lumineuses et faisant son esbrouffe, » (E. de La BédoUière.)
Esbrouffer. Faire des embarras. — Chercher à étonner, à éclipser. Esbrouffer son monde,
Esbrouffenr, Esbrouffense.
Faiseur, faiseuse d'embarras.
Escaffe. Coup de pied au derrière. — Escaffer, donner du pied au derrière.
Escaffignon, Esclot. Soulier, — dans le jargon des chiffonniers, qui disent aussi gant, et gant de pied.
Escaner. Oter, — dans l'an-
Escanne (A 1'). Fuyons. (Fr.
Michel.)
Escarcher, Escracher. Regarder, — dans l'ancien argot.
Escare. Contre-temps. — Escar er, empêcher.
Escargot. Vagabond. — Lampion, — dans l'ancien argot.
Escargot de trottoir. Sergent de ville, — dans le jargon des voyous.
Escarpe. Voleur doublé d*un assassin qui travaille en plein air et va en ville. — Nom générique de tous ceux qui assassinent pour voler. Les variantes sont : Escape, escapouche, escapouchon, mais escarpe est plus classique.
Escarper. Assassiner pour voler. D'escharpeTf mettre en pièces.
Escarpin de Limonsiii. Sabot.
Escarpin renifleur. Soulier qui prend Feau; et la variante ; Gadins qui renâclent,
Escoffier. Tuer au moyen d'une arme à feu.
Escrache. Papiers; passe-port.
— Escrache tarte, escrache à l'estorgue, faux passe- port. — Escracher, exhiber son passe-port; montrer ses papiers.
Escrabooiller, Escarboniller.
Ecraser; aplatir.
M Imbibé de petits verres » Je porte une botle aux grands ; n Quand ie suis entre deux bières, » Tescarhouille les tyrans ! ! »
(L. Fesleau, VEmeutier.)
Escrime. Employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. C'est une déformation du mot scribe.
Escrimer du derrière (S'].
Sacrifier avec ardeur à Vénus.
Esganacer. Rire; de Fitalien sganasciare, rire à gorge déployée; dérivé de ganascia, mâchoire. En terme populaire, une mâchoire, une vieille mâchoire , veut dire une ganache.
Esgoorde. Oreille. — Débrider Vesgourde, esgourder, écouter.
ce parce que la vermine abonde en Espagne, que les grands de première classe ont le privilège de rester couverts devant le roi?
Espalier. Figurant, figurante.
Celui, celle qui, dans un théâtre, contribue à l'aspect général de la mise en scène. Les chanteuses de cafés-concerts, assises en fer-à-cheval au fond de la scène, s'appellent « espaliers. » — C'était autrefois :
espalier dopera. « Elle était alors simple espalier d'opéra, c'est-à-dire chanteuse et danseuse de chœurs. » (La Gazette noire, 4789.) Par allusion aux arbres plantés en espalier.
Esquinte. Abîme, — dans le jargon des voleurs. En effet un abîme est un endroit qui vous esquinte (vous abîme) pour peu qu'on s'y laisse tomber.
Esqnintement. Lassitude. — Effraction.
Esquinter. Harasser. — Abîmer. Enfoncer. Esquinter une lourde, enfoncer une porte. — Battre, donner des coups de bâton. — Esquinter un pante, frapper un particulier. — S^esquinter le tempérament, travailler au delà de ses forces, se créer des ennuis.
Esquinter les tripes (S').
Travailler ferme, — dans lejargon des voyous. C'est une variante de s'esquinter le tempérament.
« Les bourgeois, ce sont tous des types » Qui slèv'nt jamais avant midi, )» Pendant que l'peup' s'esquint' les tripes ; » Pour eux tous les jours, c'est lundi. »
[La petite Lune, 1879.)
EspagnoL Pou, vermine. Est- \ Esquinteur. Voleur avec ef-
fraction. Un esquinteur chouette qui vous la met en dedans aux petits oignes, — Vol à l'esquinte, vol avec effraction.
Essence de parapluie. Eau, — dans le jargon du peuple.
De Vcssence de jyarapluie, merci, n*cn faut pas; c* enrhume le piéton.
Esses (Faire des). Marcher en faisant des zigzags à la manière des ivrognes, comme si l'on traçait des S sur la chaussée.
Essuyer les plâtres. Habiter une maison nouvellement construite. Lorsqu'on eût bâti le quartier Sain t-Georges,les loyers des maisons y furent cotés à très bas prix, pour attirer les locataires. Les filles plus ou moins entretenues s'y réfugièrent, furent baptisées lorettes et essuyèrent pas mal de plâtres. De cette époque date la locution. Aujourd'hui, /'esswyag'e des plâtres est plus cher : il s'opère rue Maubeuge avec le concours des lorettes du jour, nommées biches, cocottes, etc.. — Essuyer les plâtres signifie encore, en termes galants, obtenir les premières faveurs d'une belle.
Estaffion, Estaffier. Chat, — dans le jargon des voleurs.
Estafon. Chapon, — dans l'ancien argot.
Estampiller. Souffleter avec force, laisser la marque du soufflet sur la figure. Souffleter avec les poings. Autrefois on estampillait les criminels en les marquant d'un fer rouge à l'épaule. L'estampille, c'était la marque.
Estaphle, Estable. Poule, — dans le jargon des voleurs.
Estasi. Ivre, — dans le jargon du peuple. C'est-à-dire extasié, qui est en extase, que le peuple prononce estase. L'homme estasi est celui qui a l'ivresse contemplative, portée à la rêverie.
Estoc, Estoque. Malice, — dans le jargon des voleurs.
Estomac. Courage, intrépidité, — dans l'argot des joueurs.
— « Avoir de l'estomac au jeu, c'est poursuivre la veine sans se déconcerter, sans broncher, dans la bonne ou la mauvaise fortune. » (Les Joueuses, 1868.)
— « Peu de joueurs étaient aussi crânes, avaient un pareil estomac! » (Vast-Ricouard, Le Tripot, 1880.) — « Beau joueur, Grandjean, et quel estomac! »
(Figaro du 5 mars 1880.) On dit d'un joueur très intrépide qu'il a un estomac d'enfer.
Estomaqué. Emu au point de ne pouvoir parler. Mot à mot :
étouffé par la contraction de l'estomac.
Estorgne. Fausseté, malice, méchanceté, — dans le jargon des voleurs.
Estourbir. Etourdir; assommer à coups de poing, à coups de bâton.
Estrangouillade. Etranglement. Mot importé par MM. les Auvergnats, porteurs d'eau.
Estrangouiller. Etrangler; du catalan estrangolar, — Estrangouiller un litre, boire un litre de vin. Mot à mot : étrangler un litre.
Estropier uu auchois, un hareng. Manger un morceau sur
Etalage (Vol à 1). Il f«ut êU-e deux pour opérer et choisir le moDieat où un marchand esl seul dans sa boutique. L'un du!
voleurs s'empare de f[uelquef objets à l'étalage el se sauve; après quoi le compère entre, prévient le marchand et lui dé-^ signe un paisible promeneur.
Tandis que le boutiquier eomi après le promeneur, le compère, à son tûur, fait son choix et se sauve. Ce genre de vol a reçu encore le nom de vol à ta carambole, c'est-à-dire vol au carambolage.
Etaler (S'). Se laisser tomber de tout son long dans la rue.
Etalon (Royal). Le mari de la reine, le prince-époux dans les pays qui n'ont pas l'équivalcnl de notre loi salique, — dans l'ai^t des cours.
Etamer. Condamner pour récidive. — Etante, récidiviste. — Êtamaçe, récidive. Aller se faire étamer aux petits gerbes.
Et cœtera de notaire et quiproquo d'apothicaire. Chose, événement funeste. Un vieux
Sroverbe dit : < Dieu vous garde 'un et cœtera de notaire et d'un quiproquo d'apothicairel n
Eteignoir. Préfecture de police; Palais de Justice; double allusion aux tours de la Conciergerie terminées en forme d'éteignoir, et à la situation de l'accusé qui est éteint, qui est enlevé à la clarté du jour.
Etemner dans le sac, dans le ■on. Etre guillotiné. Allusion au sac de son destiné à étanclier le sang du supplicié.
Etonffaj/a. Action de cacher
de l'argent sur soi, d'empocher I sans Ptre vu une partiedu gain,
— dans le jargon des joueurs.
Etonftage. Escamotage d'argent opéré, au jeu, soit par un garçon, soit par un joueur. Ha fait plus de dix fois le coup de l'etouffage.
Etonfte, Etonfloir. Tripot, maison de |eu clandestine, table d'hOteoù l'on joue l'écarlécomme d'autres jouent du couteau.
Etonfler, Etrangler. Avaler.
— Etou/fer un perro'iitet, Hranglcr un perroquet, avaler un verre d'absinthe.
Etonfler. Caclier de l'argent sur soi. En terme de joueur, on étouffe lorsqu'on met sournoisement en poche une parlie de l'argent gagné et qu'on continue le jeu. — « On le soupçonnait mi'me de se réserver, quand il avait été heureux, la plus grande partie du gain, de l'étouffer, <iu heu d'en renietlre, comme il eût été juste, la moitié a Hon associé, a (Vast-Ricouard. Le Tripot.)
Etonffeur. Libraire, éditeur, qui connaît mal son métier.
Celui qui lance mal, qui ne sait pas lancer un ouvrage, t'auto de quelques réclames dans les journaujf, Vétouffeur voit moisir les éditions au fond de sa boutique.
Etonffeur, Etonffenso, Celui, celle qui cache do l'argent sur soi. Il y 3 beaucoup d'étoiiffeurs parmi les ouvriers, les jours de paye. On cache l'argent dans le collet de la redingote, dans les bas, dans la coiffe de la casquette, pour que la ménagère ne prenne cas U*\i\,
Etourdir. Solliciter. Etourdis- S('Ui\ solliciteur. — Etourdissernvnt, demande de service.
Etrangère (Piquer 1'). Protester, les armes à la main, contre le livre du docteur Tissot, — dans le jargon des collégiens.
Etrangler la chandelle. Renilier fortement pour finir par expectorer.
Etre à. Indique une disposition d'esprit ou de caractère (Tuelconciue. C'est ainsi qu'on ait : Etre à la caacadey pour être d'humeur joviale ; être à Venierrement, pour tVtre d*un caractère triste ; (^tre à la roublardise^ pour avoir la réputation d'un homme rusé, etc., etc.
Etre (En). Etre de la police.
— L'expression sert aussi àsousentendre un vice, une turpitude quelconque.
Etre avec. Vivre maritalement avec. — Etre avec une femme.
Etre encore (L'). Etre encore vierge.
Etrenner. Mal commencer la journée ; recevoir une réprimande en arrivant à l'atelier,
— dans le jargon des ouvriers.
— Recevoir une correction, — dans le jargon des mères de famille : Si tu n'es pas sage, tu vas Hrenner,
Etroite (Faire 1'). Faire la prude, la mijaurée, se faire prier.
« Tii frais pas tant l'étroite à c't' heure » Si j" t'aurais laissé t'fout' dans l'eau. » [La Muse àBibî, Nocturne.)
Etron de mouche. Cire, —
Eadoxie. Cest, en style de
troupier, le synonyme, pour le moment usité, du vieux Thomas et de Jules f aliàs pot de chambre, tinettes, latrines portatives.
Evanouir (S*). Quitter un lieu avec précipitation, décamper.
La variante est : S* évaporer. Il parait que le caissier s'est évaporé.
Evanouissement. — Départ précipité. — L'évanouissement d'un caissier.
Evaporer. Filouter, voler adroitement.
Eventail à bourrique. Bâton.
Evêque de campagne. Pendu.
— Allusion aux gigottemenls du pendu qui figurent la bénédiction épiscopale. L'expression n'est plus usitée depuis que les bienfaits de la guillotine se font sentir en France.
Exécuter. En terme de Bourse, c'est mettre en état de faillite platonique le spéculateur qui ne peut pas payer ses différences. L'entrée de la Bourse lui est interdite, .son nom est signalé chez les agents de change, tousles remisiers le connaissent, et, jusqu'au jour où il a payé, il ne peut spéculer: c'est pourquoi il fait l'impossible pour arriver à payer.
Exécution. Mise en état de faillite platonique d'un spéculateur.
Exhiber. Regarder, — dans le jargon des voleurs.
Expédier. Tuer. C'est, mot à mot : expédier pour l'autre monde. — En terme de gastronomie, c'est ne rien laisser dans uïv ipVal, c'est nettoyer un plat.
DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.
c Ensuite il n'a aucun scrupule, même après (ju'on a servi fromage et fruits, de garder sur la table un morceau de viande jusqu'à ce qu'il Tait, comme on dit, expédié, » (L. Dépret, La Cuisinière poétique,)
Extinction de chaleur naturelle (Jusqu'à). Tant que les forces le permettront, jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus. Faire la noce jusqu'à extinction de chaleur naturelle. Boire jusqu'à extinction de chaleur naturelle.
Extra, Garçon d'extra. Garçon que les restaurateurs, et, principalement, les restaurateurs de la banlieue, s'adjoignent le di-
manche. Les garçons d'extra n'ont que les pourboires. La plupart du temps ils doivent se contenter, pour nourriture, de la desserte de leurs clients et, pour boisson, des fonds de bouteille. Un extra qui connaît son métier, s'entend avec le chef afin de donner des portions copieuses. 11 y en a qui maquillent la carte à payer avec autant d'art que le plus habile des grecs les cai'tes à jouer.
Extrait de garni. Sale individu, sale femme, — dans le jargon des barrières. Allusion à la vermine des hôtels garnis de dernier ordre.
F (Etre de 1'). Etre perdu, ruiné. C'est-à-dire être flambé, frit, fricassé, fichu, foutu, fumé, au choix, l'F étant la première lettre de chacun de ces mots qui expriment la mAme idée.
Fabricant de tabatières.
L'homme, lorsqu'il fait une restitution d'aliments par les voies légales. Allusion délicate aux tabatières en carton dont la vue fait pousser des cris d'horreur aux personnes qui ne croient pas que ça porte bonheur... en imitation. — Fabricant de moutarde, enfant qui opère la môme restitution.
Fabrication (Passer àla).Etre arrêté. Variantes : Etre fabriqué, être ferré, — dans le jargon des voleurs. — Etre trompé, être eupioité par un maître
chiffonnier, — dans le jargon des chiffonniers.
Façade. Figure, — dans le jargon des voyous. Démolir la façade, porter des coups au visage. — Un coup de tampon à démolir la façade.
Façade (Faire sa). Se maquiller, — dans le jargon des filles.
— Quand V auras fini de faire ta façade.
Face du grand Turc. Derrière; par allusion au nez camus des petits chiens dits turquets ; on disait , autrefois : camus comme un turquet.
Faces. Argent monnayé et principalement pièces de cinq francs. Il parait qu'il a des faces. Les faces sont les effigies des pièces Ôl îit^^wX..
Factionnaire (Relever un), ley Liliet de banque de mille
(Courir de l'atelier cJiez le mar- francs. — Pafiot femelle, billet
chand de vin, boire k la bâte de banque de cinq cents francs,
un verre de n'importe quoi — Fafiot en bas âge, billet de
qu'un camarade a fait verser à banque de cent francs,
votre intention, et retourner au Paliotenr. Papetier. — Nom
travail. d'amitié que les savetiers se
Factionnaires. File de tuba- donnent entre eux. En effet le
tiéres naturelles alignées le long cuir qui sort de leurs boutiques
des murs de ronde, le long des n'a guère plus de consistance
fossés des fortifications. — Elles qn® le fafiot.
semblent monter la garde. Faflard. Passe-port, papiers.
Fadage. Partage , - dans T ^'*/^«»'^ d'emballage mandat
l'ancien argot. d amener, mot à mot : papier
" d arrcstauon, — dans le jai^on
Fade. Part ; pave, — dans le des voleurs,
jarjfon des ouvriers. - Fa<Ur, p ^j vieillard. - Forçat
partager faire la paye comp- yi^^a Colombev.)
ter. - Toucher son Me, ou- L Ancien forçat. (V. Hugo
çlier sa paye C est un mot de l. Larchey.) - Elève des efux
1 ancien argot des voleurs, passé ^^ forêts. - Femme habillée
dans le vocabulaire des ou- ^^^^ f^^ p„^,„^ j y^
vncrs. -M. j-i-^ Michel veu fagot. Dans la langue régulière
au il. vienne indubitablement ^^1^^^,. -^^^ ,« ^^^8 ij^^
du fourbesquc /ar tu* sa, quand ^ ^
il serait si simple et bien plus Fagoter. Travailler sans goût.
naturel de voir une apocope de Fagots. Niaiseries.
fardeau 'Jade, pour/'arrfe, cbar- Faiblard. Faible, dans le sens
ge, part. de médiocre.
Fade (Etre). Etre soûl. Mot à Faïence, Poterie. Tuile, —
mot : avoir son compte, sa dans le jargon des couvreurs,
charge de boisson. Faignant. Fainéant, — dans
Faffe à roulotter. Papier à le jargon du peuple. « Il existe
cigarette. Mot à mot : papier à dans la musique un poste fort
rouler. (A. Belot.) envié, c'est celui de porteur de
-. ,^ . grosse caisse. Le faignant qui
Faffes. F aux papiers. l'obtient espère, etc.» (J. Norilc,
Fafiot. Papier. — Fafiot sec, Le 10 1« régiment.)
passe-port en règle. ^^^^ Exploiter, duper. -
Fafiot. Soulier d'occasion. Faire faire, trabir. Il m'a fait
(L. Larcbey.) faire, — dans le jargon des vo-
Fafiot garaté. Billet de ban- '^^^sque, — dans le jargon des vo- Faire. Séduire. — « La puisleurs. Mot à mot : papier de santé étreinte de la misère qui Garât, Vun des signataires des mordait au sang Valérie, le jour billets de banque, — Fafiot ma- où, ?.c\oi\ V g^^x^'s^vç^w ia ^wr-
DICTIONNAIRE D AROOT MODERNE.
neife, elle avait fait Hulot. »
(Balzac, La Cousine Bette.) — « L* artiste qui, la veille, avait voulu faire madame Marne if e. »
[Idem.) Faire une femme, c'est mot à mot : faire la conquête d'une femme. — « Le temps de faire deux bébés que nous ramènerons souper ; j'ai le sac. »
(Jean Rousseau, Paris-Dansant.)
— Quand une femme dit qu'elle a fait un homme, cela veut dire qu'elle fonde des espérances pécuniaires sur celui qu'elle a séauit, qu'elle a fait une affaire avec un homme. — Les bals publics sont des lieux où les femmes vont faire des hommes, mot à mot : le commerce des hommes.
Faire. Parcourir un c[uartier au point de vue de la clientèle,
— dans l'argot des filles. Elles font le Boulevard, le Bois, les Champs-Elysées , comme les piacières font la place.
Faire. Dérober. — Faire le mouchoir, faire la montre. L'ex-
Sression date de loin. M. Ch.
isard l'a relevée dans Apulée.
« Vous êtes de ces discrets voleurs, bons pour les filouteries domestiques, qui se glissent dans les taudis des vieilles femmes pour faire quelque méchante loque. (Scutariam facitis.) »
Faire. Distribuer les cartes,
— dans le jargon des joueurs de whist. — Jouer des consommations, soit aux cartes, soit au billard. Faire le café en vingt points, — dans le jargon des piliers de café.
Faire. Tuer, — dans le jargon des bouchers : faire un oœuff tuer un bo*uf et le dépecer.
Faire. Vaincre, terrasser, — dans l'argot des lutteurs. — « Il ajouta qu'en se glorifiant d'avoir fait le Cran e-d es-Crânes, certains saltimbanques en avaient menti. » (Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau des lutteurs.)
Faire. Guillotiner, — dans le langage de l'exécuteur des hautes-œuvres. « M. Roch (le bourreau de Paris) se sert d'une expression très pittoresque pour définir son opération. Les criminels qu'il exécute, il les fait. »
(Imbert.)
Faire. Faire le commerce de; être employé dans une branche quelconque du commerce. — Faire les huiles, les cafés, les cotons. Mot à mot :
faire le commerce des huiles, des cotons, etc.
Faire (Se). Se bonifier, en parlant du vin, de l'eau-de-vie. Le vin se fait en bouteille, l'eaude-vie se fait en t'ftt.
Faire (La). S'applique à une infinité de choses, dans le sens de chercher à en imposer par une attitude , un sentiment , vouloir faire croire à tel sentiment. Ainsi, on la fait à la dignité, à Vinsolence, k la vertu, à la modestie, à la tendresse, etc.
Faire an même. Tromper. — Se faire baiser, se laisser tromper, se faire remettre à sa place.
Faire de la musique. Se gratter au point de se faire saigner, ce qui rend la chair assez semblable à une page de musique.
{Argot des hôpitaux.)
Faire dea^o\x& \^ç^^. 'Xçro^^x
1(32 DlCTlOMNAmE D'
en eiirnnce. radoter. — Faire tous soi, inSme aigniflcation.
Faire Godard. Crever de faim.
— dans te jargon de» voleurs, r.'e.it lu variante de t'eiitever cher. Allusino au ballon Godard qui s'cDièvc dans l'air.
Faire boUe (La). Etre heureux; avoir une bonne situation, à n'importe quel déféré âp t'éclielle sociale on appartienne. D'un grée heureux, les gmi disent : Il In fait bflle ; d'un Miuteaear qui nage dans de hautes eaui, les souteneurs disent : Il ta fait belle. D'un ouvrier qui |;af;no de l>onncs journée», Hcs riamnrades disent : Il {(I fait hetk. C'est une des locutions les plus répandues pour le moment, et qui s'applique à n'importe qui réussit dans n'importe quoi.
Faira dn snif. Tricher, — dans le jargon des grecs.
Faire nne scène, nn air. Faire réussir, souligner par des npplaadisscments uu air, une sèéno, — en terme de théâtre.
« Ou peut faire tous les airs et presi|ue tous les duos des Hii- •juenols. » (Cil. de Boîgne.j
Faire la souris. Dévaliser un dicut dans le feu de la conversation, — dans le jargon des filles.
Faire la tortue. Jeûner; imiter, contrai ni et forcé, la sobriété de la tortue.
Faire une maison entière.
Assassiner tous les habitants d'une maison, et faire main liasse sur tout ce qui s'y trouve.
AROOT MODERNE,
— dans le jai^on des voleurs.
Faire la grande soulaise. Assassiner par profession.
Faire chibis. Se sauver de
Faire Jacques Déloge. S'enfuir. — Déménager en oubliant de payer son propriétaire. L'espre.jsion est démodée.
Faire nn peigne , laira la peigne. Prendre la clef des champs, — dans l'ancien jargon du peuple. Peigne ou pigtie, signifie clef.
Faire an cold-cream {Le).
Tromper, séduire quelqu'un en le flattant. {Jargon des jUks.) Le mot a uu autre sens trep intime pour que nous puissioni le préciser.
Faire des lonctiona. Aider à la mise en pages, — dans le jargon des typographes.
Faire des poivrots, des garés.
Dévaliser des ivrognes. La variante est ; La faire au père François. Les voleurs secouent l'ivi'ogne endormi sur un banc.
Ils l'appellent « père François. »
— H Hé ! père t rançois, réveillez-vous. » Et tout en lui parlant, ils le dépouillent.
Faira das yenx de hareng.
Crever les yeus à quelqu'un, — dans le jargon des voleurs.
Faire à la fenêtre (La). Appeler les hommes par la fenêtre, — dans le monde des filles.
Faire laharbe. Railler: tromper.
Faire des yenx de carpe frite. Contourner les yeux k la manii're des gens qui se pS-
DICTIONNAIRE d'aRGOT MODERNE. J63
Faire nonne. Etre complice Faire une heure. Dormir une
d'un vol, faciliter un vol. heure, — dans le jargon du ré-
Faire le bon fourrier. Faire ginient. Mot à mot : faire une
les portions égales, dans un re- Aieure de sommeil. ■- Faire une
pg^s^ sacrée /lei/re, dormir longtemps.
Faire la vie. Faire de la vie Faire la chambre. Faire le
une noce perpétuelle. Racine a compte-rendu des débats de la
dit pour exprimer la môme Chambre dans un journal. « Je
idée : f<iis la Chambre comme adjoint
u Deflearsenfleurs,deplaisir«en plaisirs, ^»" vieux rédacteur sténcigra-
» Promenons nos désirs. » phe nommé Millot. » [Ftgaro du
Faire du foin. — Faire du 8 janvier 1879.)
bruit; danser, — dans le jargon Faire à l'oseille (La). Faire
des voyous, qui ne sont pas pré- une plaisanterie de mauvais
cisément silencieux durant cet goût, une mauvaise charge, se
exercice. moquer de quelqu'un. « D'abord
Faire le plongeon. Faire fail- ^?^ P'^ns sont en vacance, et
lite. - Renier ses principes, se « '^^ ne sont pas conten s on a
pariurer ^^^^ f^^^ ^ l oseille, » (Bertall,
J . \ . , . . Les Courses de la saison.) D'a-
Faire femme. Au régiment, ^^^ ^ j^j^^, Richard Uournal
le troupier qui a 1 habitude de f'j5;po^Mg,i866,citéparM.L.Lar-
sortir avec la môme femme, ^^^^^ ^^^^ exprc^ssion aurait
celui qui, dans une maison de ^^ -j^ j^^^ dans un gargot du
tolérance, consomme habituel- boulevard du Temple, à la suite
iement avec la môme Du cmée, ^'une contestation culinaire
«< fait femme ». La variante est : ^^tre la patronne et un client.
Avoir une femme en consigne. q^ dernier ne trouvant pas assez
Faire le balancier. Aller et verte une omelette aux fines
venir sur un trottoir en atten- herbes, la nymphe du gargot
dant quelqu'un, s'écria : « Fallait-il pas vous la
Faire un revers. Tricher en- Ai*"^^ ^ V oseille? » Sans compter tre grecs, faute de mieux. La ^"'^^ ^^^^ accueillir avec beaulutte s'engage, ordinairement, coup de réserve les étymologics dans les villes d'eaux entre ^recs anecdotiques, 1 expression a la du Midi et grecs du Nord qui se A^^^*^ f VoseUle » ne ferait-elle détestent et se font une grande P^s plutôt allusion à l acidité de concurrence. Naturellement l'un ^ «veille qui, pour beaucoup de d'eux, le plus souvent un grec personnes, n a rien d agréable de première année, ignore à ^^ goût.
qui il a affaire. Au lieu d'une Faire des petits pains. Courdupe facile à plumer, il trouve tiser avec attouchements, genre son maître, un vieux professeur Tartuffe. — Qu'est-ce que tu faiaussi rompu aux tricheries que sais avec la bonne du capistoUy Mithridate aux poisons. tu faisais des petits pains? —
Faire pleurer son aveugle. ^*^^^<*^^^«
Vr/ner. Faire \ea ^Qî^T^. ^\.^^ '^^^-
quées par catégories dans des
Suartiers séparés avec défense e comniunKTuer, — dans le iargon des détenues de Saint-
Faire de la toile. Penlie la mémoire, oublier le teite et improviser, en attendant le secours du souRleur, — dans le i 'argon des coulisses. Frederick .emaltre faisail souvent de la toile, et il faut avouer (|ue, presque toujours, sa version était préférable à celle de l'auteur.
Un jour, à la répétition générale d'une pièce de Barrière, comme il faisait de la toik :
n Faites attention, lui dit le collaborateur de madame de Prébois, vous niarciiez dans ma proso. » Frederick s'arrèle, le toise, et avec cette ampleur de geste qui le caractérisait : « On
E rétond, répond-il, que ça porte onlieur. n
Faire fanx-col. Laisser passer un bout du col do la chemise, — en terme de régiment.
Faire l'esque, l'eigard. S'approprier la part de vol d'un complice. C'est manquer de délicate.ise entre voleurs, n On disait autrefois cscarJcr, dans le sens de s'approprier le bien d'autrui. » (F. Michel )
Faire te moncboir. Voler l'idée d'une pièce de théâtre, d'une œuvre littéraire, sorte de vol trop pratiqué par les gens
Faire à ta main. Pratiquer l'onanisme. Terme do métier de.' niies do juie.
Faire papa, maman. Apprendre à battre du tambour, —
dans le jargon des élève»-tambours. Onomatopée des baguettes frappant à tour de rAle la
Faire le gros. Faire ses nécessités. — Faire k petit, urinff.
Faire le Jacques. Faire l'imbécile , faire quelque chose d'humiliant, de pénible, — dans le jargon du régiment. Jacques exprime la mAme idée que l'ancien Jeannol. As-lit fini défaire le Jacques ? Pendant trois heures nous avons fait Us Jacques dans
cicc; expression surtout employée par les cavalier,^ pour les classes A pied.
Faire ts garçon, faire la fille (Pour). Avoir de l'argent mignon pour s'amuser.
Faire le monbme. Marcher dans les rues à la queue- leu-teu et aller prendre des prunes chez la mëi'c Moreau, fi l'issue d'im des examens d'admission à l'Ecole polyteclinique, — dans le jargon des candidats à cette école. « Hier, à une heure de l'après-midi, a eu lieu la promenade annuelle, le nionÂme traditionnel, des candidats de l'Ecole polytechnique. ■> (Petit Journal du 2 juillet 4880.) La variante est : File indienne.
Faire la saUe. Chercher, un soir de première représenta tion, à se rendre le pul)lic favorable en semant des billets do faveur 'arrière-ban de ses
j et
de SI
de s
■éanciers; chercher à composer une sullo d'amis et de gens bienveillants.
Il y a encore des auteurs a.'^scz naifs pour compter sur l'enthousiasme des camarades. 11 n'y a
encore rien de toi que le zèla et la convictioQ et l'enthousiasme des créancjei's. L'auteur qui pourrait en bunder une salle obtiendrait un rude succès... le premier soir.
Faire fan des dents. Manger gloutonnement. (xvn< siècle.) Une très piltore.«iue image dont on oe se sert plus aujourd'hui.
Fairo comptoir. C'est, dans le jargon des saltimbanques, une forme nouvelle de : faire comtois. — «Le sioir ensuite vous BTez « fait comptoir, » c'est-àdire que vous entriez dans la loge foraine et eu ressortiez encore pour H allumer » les spectateui-s récalcitrants. » {Cours d'assises de la Seine, aud. du 29 août 1879, inierrog. de M. le Prés, de Vienne.)
Faire sa dame. L'expression était fort eu usage parmi le peuple au commencement du xviii= siÈcie, et signifiait comme aujourd'hui ; prendre du bon temps, se préla.-'ser, s'amuser.
Faire les cabinets. Aller de cabinet en cabinet particulier à la lecliercbe du client, — dans le jargon des soupeuses. ï Ça m'amuse ensuite de faire les cabinets. » (Ces Petites dames, 1862.)
Faire aux cabinets (La). Certaines habituées des bals publics, dans le but de réaliser une petite recette en dehors de celle que pourront leur procurer leurs charmes, vont ne l'un à l'autre en demandant 50 centimea pour un besoin urgent.
C'est ce qu'on appelle <i la faire auai cabinets. » Il y en a qui récoltent ainsi leur pièce de cinq francs par soirée.
I Faire nn poulain. Tomber de cheval, — dans le jargon dos
I régiments de cavalerie; jeu de mot hippique ; c'est-à-dire :
mettre bas son cavalier.
•Faire la paire. Se sauver, — dans l'argot du peuple. Uot k mot : faire la paire de jambes,
— Faire lu paire en fringue, se sauver d'une maison de tolérance en emportiinl les hurdes prêtées par la matrone.
Faire dn ganon, laire dn pied.
Frotter son genou, trotter son pied, contre le genou, conti'e le pied d'une femme. Petite polissonnerie innocente, quelque chose comme lus bagatelles de la porte eu espérant le lever du
Faire sa nonveanté. C'est, dans le jargon des lilles, se produire sur un nouveau trottoir, montrer un nouveau vi.^ago aux dilettanti de la prostitution.
Faire boum. Saci-ifier à Vénus, ^ dans le jargon des ouvrières.
— " Il n'ignorait certainement pas comment se pratique cette agréable chose que les petites ouvrières appellent : <• faire boum. 1 (Huysmans, Les Sœuis Vatard.)
Faire (Celle-là il ne fant pas me la). C'est-à-dire mot à mot :
cette plaisanterie il ne faut pas me la l'aire.
Faire le sert, le serre. Faire le guet. En argot de voleur, sert veut dire « signal. >■ C'est une abréviation, sans doute, de service. Faire le sert ou le serre, c'est donc faire le service, surveiller.
Fais (J'y). Je le veux bien, — dans le jargon du peuple. ^
^le
Fais mal (Gomme tu me) I Fait pas (Ça n'y). Ça n\y fait Comme tu me fais pitié avec tes rien, — dans le jargon du peuraisonnements, comme tu m'a- pie. — Ça n'y fait pas, nous gaces ! sommes amis tout de même.
Faiseur. Terme générique Faites -la passer, qu'on la
servant à qualifier tout conl- voie ! Locution particulière aux
merçant qui brasse toutes sortes gommeux. — Dans un dîner, au
d'atiaires, qui se jette à tort et ^al, orsqu une femme fait sa
à travers dans toutes sortes ^^/^' loi'^q" "ne femme vient de
d'entreprises. — Exploiteur, aire une gi-osse bôtise, ces
banquiste raffiné. Le vrai fai- messieurs ne manquent pas de
seur trompe en général tout le f écrier : ^Faites-la passer qu on
monde; il fait argent de tout; \\ ^^le ! comme s il s agissait
un jour il est à la tAte du pa- ^ un objet mis en vente sur la
vage en gw«aperc/ia, lelende- ^able des encbôres à 1 bôtel
main il a obtenu la concession Drouot.
des cbemins de fer sous-marins Faitré (Etre). Etre perdu, —
ou celles des mines de pains à dans le jargon des voleurs.
cacheter. Les gogos sont les p^j^t Képi d'ordonnance,
vaches lanières des faiseurs. '^
Dans la linance, ils sont les sal- Faloiirdo. Double six d'un jeu
timbanqucs de la banque. Ils de dominos,
font des allaires comme au be- Falonrde. Repris de justice,
soin ils feraient le mouchoir. Il malfaiteur. — Falourde engour-
existe des faiseurs dans tous les die, cadavre d'un malfaiteur,
métiers qui touchent au com- p^^ (, ^ pantalon de
mcrce, à 1 art, à 1 industrie, à , ."m ,' vl,. '.. Lt i„ ^„.,i .
la finance. « Il a été dernière- ^^^^''- ,^?,/"'^«: v'^}^l^tt]
ment commandé à Lélioux un '"" ^^ *°'''* 1"« V'"*"er net
roman par un faisettr; j'v tra- P''»-dessus son autre pantalon,
vaille avec lui. » (H. Miïrger, ^« dernier est plus ordinai.-e-
Lettres.) On a l'exemple de fai^ ;i'^"^*^"*'^"^ *°"* '^ ""^ ^^
seurs parvenus à la fortune, à " '*
une très grande fortune : déco- Fameux. Excellent, supérieur, rés, administrateurs de chemin — Fameux vin, fameuse soupe. de fer, députés, plusieui-s fois Fanandel. Camarade, collémillionnaires. Féroce alors pour gue en vol, — dans l'ancien arses anciens confrères, le faiseur got. — Entre eux le.s voleurs se les traite comme le sous-officier donnaient du fanandel, comme qui a obtenu l'épaulette traite les hommes de lettres, les noie soldat, comme traite ses ser- taires, les avocats se traitent de vantes la domestique qui a „ cher confrère, d'illustre et épousé son maître. cher confrère. »
Faiseuse d'anges. Femme qui Fane (Le verre se). Le verre
détermine des avortements. — est vide ; et, par abréviation, il
Elle fait des anges pour le se fane, en désignant un verre
iel. vide. Les ivrognes poétiques
comparent le verre à une Ueur que Ja sécheresse fane.
Fanfe, Fonfière. Tabatière.
— FanfouineTy priser, fanfouineur, prlseur ; fan fouineuse, priseuse.
Fantabosse. Dans les régiments, on ne désigne pas autrement les troupiers n'ayant pas d'éperons. Fantabosse ou fente à bosse est un aimable jeu de mots pour dire fantassin : fente à sein, un jeu de mots de la force de quatre hommes et d'un caporal.
Fantaisie (Faire). N'être pas habillé suivant l'ordonnance, — dans le jargon des troupiers.
Fantaisien. Commis en nouveautés chai'gé de la vente de l'article fantaisie.
Fantassin. Traversin, — dans le jargon des soldats de cavalerie; par allusion à la petite taille des fantassins.
Faraud. Monsieur, — dans l'ancien argot. — En patois provençal, faraud désigne un nomme bien mis. — Faraude, faraudesse, madame. — Far audette, mademoiselle.
Farcher, Faucher dans le pont. Tomber dans un piège.
Mot à mot : couper dans le pont.
Farfouiller dans les buissons.
Invoquer Vénus polyglotte.
Farfouiller dans le tympan (Se le). Se communiquer quelque chose. — Qu'on se le farfouille dans le tympan, qu'on se le communique.
Fargue. Charge contre un accusé. — Farguement, témoi-
gnage à charge. — Rougeur causée par la honte.
Farguer. Rougir. — Charger devant la justice. Fargueur, témoin à charge.
Faridon. Misère. — Etre à la faridon, être sans le sou, — dans le jargon des voyous. — « J'pcux pas t'camionner à la Reine-Blanche, j'suis c'soir à la faridon. » (Journal des Abrutis, du 10 oct. 1878.)
Faste-en-poil. Jardin du Luxembourg. Jeu de mots par synonymie. — Faire son petit ourson au faste-en-poil , faire son ourson au faste- en-poil, faire son petit tour, faire son tour au Luxembourg, — dans l'argot des Ecoles.
Faubert. Epaulette, — dans le jargon des soldats d'infanterie de marine. Allusion aux fauberts, paquets de ficelles qui servent à éponger les navires.
Faubourg (Le).. Le faubourg Saint-Antoine, et, pi us démocratiquement, le faubourg Antoine, le faubourg par excellence. — Le noble faubourg, le faubourg Saint-Germain.
Faubourg. Derrière, dans le jargon du peuple. — Détruire le faubourg, donner des coups de pieds au derrière. — « Si vous ne me payez pas, je vous ficherai une couleur sur la figure, je vous détruirai le faubourg à coups de botte. » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Faubourg souffrant. Arrondissement où réside la population indigente de Paris. Le douzième arrondissement avait
primitivement reçu ce surnom.
Fauchants, Faucheux. Ciseaux, — dans l'ancien argot.
Fauche- ardant. Mouchettes, — dans l'ancien argot.
Faucher. Guillotiner. — Couper. — Faucher le grand pré, être aux galères, — dans l'ancien argot.
Faucher. Tromper; voler, — dans l'argot des camelots et des truqueurs. Le mec est fauché, l'individu est dépouillé.
Faucheur. Bourreau . — Coupe-Lourse, — dans l'ancien argot. — La faucheuse, la guillotine, — dans l'argot moderne.
Fausse-mauche. Sorte de blouse en grosse toile bleue que portent à l'étude les élèves de l'école de Saint-Cyr. (Saint- Patrice.)
Fausse-couche. Avorton, individu débile, — dans le jargon du peuple.
Fauter. Faire une faute. Le peuple dit d'une fille qui a pris un amant qu'elle « a fauté ».
Fauvette â tête noire. Gendarme, — dans l'argot moderne; allusion aux tricornes noirs des gendarmes. — Etre filé par les fauvçttes à tête noire, être conduit par les gendarmes.
Faux-col. Mousse qui se produit au-dessus d'un ven*e de bière, lorsque le garçon n'a pas eu la précaution de le remplir doucement. Le faux-col est un trompc-l'œil, moins sale que le soulier de l'Auvergnat, mais qui tient, lui aussi, de la place.
Le fauX'Col fait le désespoir des amateurs de bière. Aussi, dans
toutes les brasseries, entend-on cette recommandation plus de cent fois répétée par jour : « Un bock et sans faux- col! »
Fayots (Avoir bouffé des).
Etre enceinte, — dans l'argot des marins. C'est une locution provençale répandue parmi les matelots. Mot à mot : avoir mangé des haricots. Allusion à la réputation qu'ont les haricots * de gonfler celui qui en mange.
Fée. Jeune fille, demoiselle,
— Ma fée, ma fille.
Fêlé (Avoir le coco). Avoir le cerveau dérangé.
Femme. Fusil, — dans l'argot des soldats d'infanterie de marine. « Le temps de donner un coup d'astiqué à ma femme ■ .
Femme sérieuse. Femme galante qui pense à l'avenir, que la pensée de l'hôpital eti'raye et qui thésaurise.
Femme de Régiment. Grosse caisse, — dans le jargon des troupiers.
Femme à la mendicité. Femme dont les faveurs sont cotées à bas prix, — dans le jargon des élégantes de la prostitution.
Femme de terrain. Prostituée de dernier ordre. « Les pierreuses ou femmes de terrain sont des créatures lepoussantes de laideur ; elles ne sortent que la nuit et rôdent dans les lieux sombres et retires... Elles pratiquent l'onanisme. » (Paris- \)ivant, La Fille.)
Femme de l'adjudant. Salle de police, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Coucher
avec la femme de Vadjudant^ coucher à la salle de police.
Les soldats désignent aussi la salle de police sous le sobriquet de la jument de V adjudant, et ils trouvent qu'elle trotte sec, cette jument.
Fendante. Porte, — dans le jargon des voleurs. « Entrez ou n'enti'ez pas, mais refermez la fendante» » (P. Mahalin, Les Monstres de Paris ^ 1880.)
Fendre (Se). Faire de la dépense en dehors de ses habitudes; se livrer à une prodigalité inusitée. Les avares se fendent lorsqu'ils offrent quelque chose.
« Je vous paye un exemplaire de ce groupe mille écus. Oh!
oui, sapristi! mille écus, je me fends. » (Balzac.)
Fendre l'oreille. Mettre à la retraite dans le jargon des troupiers. « Dire qu'ils vont lui l'cndre Toreille! un crâne soldat, qui vous vernit un meuble comme un garçon ébéniste. • (Fr. de Reitfenberg, La Vie de' garnison, 1863.) Allusion aux chevaux réformés auxquels on fend l'oreille. — On dit également couper loreilie.
Fendre le cnl. Pnmer une carte, — dans l'argot des joueurs d'écarté. Quand une carte est supérieure à celle de l'adversaire, au lieu de dire : Je la § rends, quelques joueurs disent, ans l'intimité, je lui fends le cuL
Fenêtre. Œil, — dans le jargon des voyous. Boucher une fenêtre^ crever un œil.
Fenêtre (Mettre la tête à la).
Monter à Téchafaud.
Fenin. Centime, — dans l'ancien argot.
Fenonse. Prairie, — dans le jargon des voleurs.
Ferlampier. Pauvre diable; misérable à perpétuité. — Voleur du plus nas étage. Le feriampitr est au voleur de la haute pègre ce que la pieirtuse est à la cocotte. C'est une allération de frélampier ou fn^re lampier. « Autrefois, celui qui avait la charge d'entretenir et d'allumer les lampes dans les églises s'appelait frère lampier ; et comme cette charge était dévolue à des hommes de bas étage, quand on voulait parler d'un homme de peu, on disait :
C'est un frélampier ou un frère lampier. » (Le Roux de Lincy, Le Livre des Proverbes français.)
Ferlingante. Objet en verre; objet fragile.
Ferloque. Loque dans toute sa dégradation, — dans le jargon des brocanteurs. « Ah! je ne m'étonne plus à présent que vous m'apportiez des ferloques, »
(Chfimptleury, La Mascarade de la vie parisienne,)
Ferme. Décor de fond, avec portes, — en terme de théâtre.
Fermer son parapluie. Mourir, — dans le jargon des chiffonniers, qui disent encore « ployer son jonc. »
Fermer Maillard. Dormir; avoir envie de dormir.
Fermeture Maillard. Sommeil. — Etre terrassé par Mailtard, tomber de sommeil; par allusion au nom. de l'inventeur des fermetures en fe^* à coulisses.
Ferraille. Monnaie de cuivre.
— Faire crossersa ferraille, faire sonner un régiment de gros sous. — Le peuple désigne encore sous ce nom quelques petites pièces d'argent perdues au milieu d'un tas de sous.
Fertillante. Plume, — dans l'ancien argot.
Fertille, Fertanche. Paille. — Fertanche appartient à l'ancien argot.
Fesse. Femme, — dans le jargon des voyous.
Fessier. Derrière, — dans le jargon du peuple. — « Celui-là lui gaula le fessier à coups de botte. » (Huysmans, Les Sœurs Vaiard.)
Festillante. Queue. Allusion à la queue du chien qui fait fête à son maître.
Festonnage. Manière de marcher particulière aux ivrognes.
Festonner. Marcher en faisant des zigzags, à la manière des ivrognes. — Voir tout tourner autour de soi.
Fête (Etre de la). Être en belle humeur. — Fête du boudin, La Noël.
Fêteur, Fêteuse. Celui, celle qui fête un anniversaire, qui souhaite une fête. « Et quel spectacle joyeux que tout ce monde de fêteurs pressés, sillonnant le boulevard avec des bouquets éclatants, des joujoux enluminés et des paquets soigneusement ficelés. » (Petit Parisien du 17 août 1877.)
Feu (Faire). Terme de la vieille école du mélodrame et de la tragédie, signifiant et ex-
primant le geste de facteur qui marque la fm de cha(jue phrase d'un coup de talon vigoureusement frappé sur les planches ; facteur qui faisait feu à la plus grande satisfaction du public, fut sans contredit le célèbre Tautin. {Petit dict, des coulisses.)
Feu à la cheminée (Avoir mis
le). S'être mis Je gosier en feu pour avoir mangé des viandes trop épicées, pour avoir bu des liqueurs trop fortes.
Feuille de chou. Méchant petit journal, journal sans importance.
Feuille de chou, Feuille de platane. Mauvais cigare, cigare d'un sou.
Feuille de chou. Guêtre, — dans le jargon des troupiers.
Feuille de chou. Oreille, — dans f argot des rôdeurs de barrière. — Je Vai pris par ses feuilles de chou et je Vai sonné.
Feuille de chou. Surnom donné au marin, par les soldats des autres armes. Allusion aux grands cols des marins.
Feuille de rose. « On voit bien que vous n'avez pas accoutumé de parler à des visages. » (Molière, Le Malade imagiiiaire.)
Feuille à l'envers (Voir la).
S'asseoir avec une dame, à la campagne, au pied d'un arbre, et deviser des choses les plus tendres à la manière de Jasion et de Cérès. — « Attendez-moi, n'avez-vous jamais vu les feuilles à f envers?» (Ane. Théâtre Italien.)
Feuilleton. Supplément écrit à la main que quelques restau-
rateurs ajoutent à la liste des plats indiqués sur la carte imprimée. Ce supplément, s'appelle on ne sait pourquoi : Feuilleton. (Ch. Monselet, La Cuisinière poétique.)
Feux de file (Ne pas s'embrouiller dans les). Conserver son sang-froid.
Fiacre. Train de chemin de fer, — dans le jargon des mécaniciens.
Fiacre (Jouer comme un).
Aux xvii« et xvnie siècles, fiacre désignait un cocher de carrosse public. Jouer comme un fiacre était donc jouer comme un cocher. « Et les fiacres qui mènent ces carrosses sont la plupart des maquereaux, qui connaissent tous les lieux de débauche de Paris. » (Le Roux, Dict. comique, 1750.) L'expression jouer comme un fiacre s'est conservée jusqu'à ce jour.
Fiacre (Remiser son). Se ranger ; mener une vie plus régulière.
Ficelé. Habillé. Bien ficelé, mal ficelé, bien mis, mal mis; par allusion à la ficelle qui habille les saucissons.
Ficeler (Se). S'habiller avec soin, se vôtir de ses plus beaux habits. — SuiS'je assez proprement ficelé ?
Ficeler. Suivre, — dans le jarçon des voleurs; c'est une variante de filer.
Ficelle. Filou prudent. Un homme ficelle se prête à toutes les malhonnêtetés qui échappent à l'action de la loi.
Ficelle. Mensonge transparent, petite ruse. — Ruses d'un
métier. <c A la ville, ficelle signifie une ruse combinée maladroitement. — Au théâtre, /ice//e exprime un moyen déjà employé, connu, usé, qui sert à amener une situation ou un dénoûment quelconque mais prévu. » (J. Noriac, tfn Paquet de ficelles.) — Tous les métiers ont leurs ficelles. Connaître toutes les ficelles d'un métier, c'est le connaître à fond, en connaître toutes les ruses, tous les fils qui le font mouvoir.
Fichant. Extrêmement contrariant. (L. Larchey.) — Très fâcheux.
Fichard (Va-t'en au). Va te
faire fiche.
Ficher une colle. Débiter un mensonge. — Ficher s'emploie honnêtement à la place du verbe qui commence par la môme lettre et dont a tant abusé le père Duchêne.
Ficher comme de coller un tampon (S'en). S'en moquer complétertient ; c'est la variante de « s'en ficher comme de colin tampon. »
Fièvre cérébrale. Accusation capitale, — dans l'ancien argot.
— Aujourd'hui dans le monde des voleurs, fU'vre typhoïde et vérole 7ioire ont le même sens.
— Redoublement de fièvre cérébrale, nouveau témoignage très grave à la charge de l'accusé.
Fiferlin. Soldat, — dans le jargon des voyous. — Fai^^e la paire au fiferlin, être tombé au sort.
Fiferlin. Canotier novice, — dans le jargon des canotiers.
Fifi. Vidangeur. Le mot ^^
plus d'un siècle de circulation dans la bouche du peuple.
Figariste. Rédacteur du journal le Figaro j celui qui appartient à la rédaction de ce journal, — dans le jargon des petits journaux que le succès du Figaro empoche de dormir.
Figer (Se). Faire une station prolongée n'importe où, soit chez le marchand de vin, soit sur l'autel de Domange, — dans le jargon des voyous.
Fignard. Le fondement; c'est troufignnrd^ par abréviation.
Fignoleur, Fignoleuse. Celui, celle qui cherche à se distinguer par sa mise, par ses manières.
Fignre. Tête de veau dans le baquet du boucher.
Figure. Personne, individu.
— Ce n'est pas pour ta figure, ce n'est pas pour toi. — Cest pour ma figure, c'est pour moi.
Figure de vesse. Figure pâle et boursouflée; physionomie de chlorotique.
Figure de culotte. Visage gros et rouge. — Délicate allusion au visage que cache la culotte.
Figure à hommes. Figure qui plaît aux hommes. C'est pour ces dames un excellent capital qui rapporte de bonnes rentes dans le monde de la galanterie.
Figure comme le cul d'un pauvre homme (Avoir une).
Montrer un visage rouge, animé, pétillant de graisse et de santé. Des physionomistes ont, paraît-il) été jusqu'à observer ^fio c'était au derrière des pau-
vres gens que se réfugiait la santé.
Fil. — Au théâtre, toutes les cordes ont reçu le nom de fils.
— Descendre un fil, descendre une corde qui supporte les amours dans les féeries.
Fil (Avoir le). Etre adroit, finaud, rusé, — dans le jargon des voyous; allusion au fil d'un couteau, d'un rasoir. — « Je suis nabot, mais j'ai le fil. »
(P. Mahalin, Les Monstres de Paris.)
Tû (Prendre un). Prendre un ven'e d'eau-de-vie. Mot à mot :
un verre de fil-en-quatre.
Fil sur la bobine (Ne plus avoir de). Ne plus avoir de cheveux sur la tôte.
Fil à couper le beurre (N'avoir pas inventé le). Etre naïf, être niais. Les amis d'une douce plaisanterie disent également :
N*avoir pas découvert la mine de pains à cacheter.
Filage, File, Filature. Action de suivre quelqu'un, — en terme de police. — Lâcher de la filature, suivre. — Les voleurs disent : Ces messes nous lâchent de la filature, ces messieurs nous suivent.
Filage. Action , art de filer la carte, de ne pas engager le jeu, à la bouillotte.
Filard. Terme de joueur de bouillotte. Celui qui lile chaque fois qu'il n'a pas un très beau jeu, comme trente-un en main, ou quarante de face ou vingtun et as premier.
Filasse. Morceau de bœuf bouilli. — La variante est :
Bulle élastique.
DICTIONNAIRE d\rGOT MODERNE.
Filateur, FUeur. Tricheur qui opère au moyen du filage de la carte, c'est-à-dire en distribuant une carte pour une autre.
Fil-en-quatre. Apprenti commis mercier.
Fil-en-quatre. Eau-de-vie.
Filer. Sacrifier à la compagnie Lesage.
Filer. Suivre à la piste. La police file à pied, en voiture et en chemin de fer.
Filer. Ne pas engager le jeu, — dans le jargon des joueurs de bouillotte. Faire filer ^ intimider son adversaire qui, alors, n'engage pas le jeu, ou qui paye son premier engagement.
Filer. Faire l'école buissonnière, — dans le jargon des collégiens; «Les élèves de Louisle-Grand filent, soit aux Ours, (le jardin des Plantes) soit au Luxembourg. » (Albanès, Mystères du collège,)
Filer raide. — Marcher très vite.
Filer doux. — Se montrer soumis, obéissant.
Filer (Faire). Dérober. Mot à mot : faire filer un objet de la poche de quelqu'un.
Filer la comète. Coucher en plein air, coucher à la belle étoile, — dans le jargon des
Filer la carte. « Changer la première carte qui est dessus le jeu, celle qu'on doit donner à son adversaire, contre la deuxième carte. Le filage de carie est une opération très délicate et difficile à exécuter. » (A. de Caston,j Les joueurs honnêtes
du baccarat se servent de l'expression filer la carte, filer pour désigner l'action de découvrir par degrés, très lentement, une des deux cartes qu'ils ont en main ; c'est un moyen comme un autre de se procurer une émotion, et l'on sait que le joueur vit d'émotions.
Filer une pousse. Repousser, culbuter, — dans le jargon des voyous. — Y veut m'coller un coup de sorlot dans les accessoires, je Vy fiXe une pousse et j' t'I envoie dinguer sur le trime où il prend un potage à la julienne.
Filet bien coupé (Avoir le).
Parler beaucoup. On dit proverbialement, en parlant de quelqu'un qui parle beaucoup :
« Celle qui lui a coupé le filet a bien gagné ses cinq sous. »
Filets (Tendre les). « Cette besogne consiste à étaler sur les comptoirs les pièces (d'étoile) qui ont de l'œil et qui doivent attirer l'attention, forcer le regard des clientes passant d'un rayon à la caisse. » (L. Noir, Le Pavé de Paris.)
Fileur. « On nomme fileur, un homme qui, du matin au soir, un pinceau à la main, fait, au moyen d'un tour lancé avec rapidité, ces filets d'or, azur ou chocolat, qui entourent les assiettes, les tasses ou les bols. »
(J. Noriac.)
Fileur. Elève qui a l'habitude de suivre ses classes en jouant aux billes ou en allant faire de petites excursions extra-muros,
Fileur de plato. Second et troisième aiïvovic^wT. , — ^^x\s.
le iaTgotv à.ô?> ç.o\3Xvà^^'à.'^^^»^
mot :
que.
ÇICTIONNÀIRË d'argot MODERNE.
fileur d'amour pULoni-
FiUnM. Eiploitenr de fllous.
La lUeuse fait chanter le voleur qu'elle a suivi et ïu à l'œuvre.
Soos menace de révélations, elle se fait remettre soit une petite part du vol, soit une somme correspondante en argent, probablement en vertu de l'aiiome qu'il faut que tout lo monde
FiUoflsa. Femme qui a vieilli dans la prostitution; c'est le superlatif de nile de joie.
Fille, Gnnds fille- Bouteille de vin. » AUau HrMgler une grandr (tUt, w qui «FP.'Ae ■ Alkw» h«>»r» wne houleille. ■; (fVrt» ^B**^•. Ju l««oûH877,)
fUI». Itans !<• jargon dos j>MK«n' 4» rmms, ce sont les JIm^w. ihi Woi» qui restent sur tv t«rw à ht disposition du prewi'M' ** wirtes. — Quand un niMWWf- ^-hange son jeu contre kvtwi ^ui ost sur te tapis, il a (■^mtHMi.' do dire ; " Voyons le chI de l« lillo nu voyons le der- Hinv dt> la fille. "
Fin* Intomnise. Fille qui CSi'ïW la prostitution sans prifjli^^ ni estampille de la po- |j(ip, — On dit, par abréviation ;
Tille remisée. Fille retirée de lu prostitution. Ancienne fille qui a aclioté un fonds de comiiiorco.
Fillette. Petite bouteille de vin cacheté, domi-boutcille.
Fllocbe. Pourso. — Filocke à jfitm, Imui-sc vide. — Filoche du /nif, la Hourso do Paris. Mot à 0ot : bourso do la rotilc.
Filon. Rusé, malin.
Filsange. Filoselle, — dans le jargon des voleurs.
Fils-de-ler. Jambes longues et maigres.
Fin de la soupe. Guillotine.
Fin (Faire une). Se marier, en parlant d'un homme. C'est souvent une triste fin.
Financer. Payer, payer pour un autre. — L'tntretenew fL-
Fine-galette. Elève sans galons, — dans le jargon des Saint-Cyriens.
Fine pégreime (Etre en). Etre au plus mal, — fiti-e perdu sans ressources, dans le jargon des voleurs.
Fini (Homme). Homme ruiné, perdu moralement ou maférieliement. — » Moi fini et pleuré devosheaui veux, l'ermite, mon père, pourrait bien vous réclamer. i> (Maynard de Oueilhe, Outre-Mer, 1833.)
Finition. Achèvement. — Finition du Louvre. (Balzac)
Fiole. Tfite, figure, — dans le jargon des voleurs. Fiole à cwbébe, à copaliu. physionomie malsaine, figure de syphilitique.
Fioler. Envisager. — Qu'estce qu'il a ce pante, à me fioler?
Fioler. Boire.
Fion. Elégance. — Coup de ^on, dernier coup de main donné à un ouvftige.
Fionner. Faire le fat; être ■ coquet, — ÙMi», \ft \M%Qn du
collège. — « Depuis qu'Ernest a une paire de bottes, regarde un peu comme il fionne î » ( Albanès, Mystères du collège, 1 845.)
Fionneur. Ouvrier, collégien endimanché.
Piquer. Frapper à coups de poignard, à coups de couteau, — dans le jargon des voleurs.
Fish. Souteneur, — Un mot qui a passé la Manche et qui veut dire poisson en anglais.
Fiston. Pour fils ; terme d'amitié. « Tu t'es laissé embobeliner, voilà tout... tu es jeune, mon fiston, » (A. Theuriet, La Revanche du mari.)
Fixé. Assez, — dans le jargon des voyous qui disent aussi :
Marré, par abréviation d'amarré.
Fia. Une des notes du tambour. Il y a le {la, le ra et le roulement. « Votre fia est si moelleux, si séduisant, si doux!
c'est du miel! » (H. Berlioz, Les Grotesques de la musique.) « Et il n'y en a pas un pour pincer un roulement comme moi. Ce n'est pas moi qui prendrai un /^a pour xmrrra. » (Scribe et Poirson, Une Nuit de la Garde nationale, se. m, 1815.)
Flac, Flacnl. Sac. — Lit. — Argent, — dans le jargon des voleurs.
Flacon. Botte, et particulièrement botte de vidangeur ou de cureur d'égouts. Des flacons qui renferment" l'essence de chaussette ». — Déboucher ses flacons ^ ôter ses bottes. — « Ça doit rien schelinguer quand il déhouche ses flacons, » (Réflexion d'un voyou à la vue d'un cureur â'égouls,)
Flafla. Embarras, manières.
— Faire du flafla, faire des embarras. — Un objet qui a du flafla, c'est du clinquant.
Flageolets. Jambes maigres.
(L. Larchey.) Allusion au chétif instrument de musique de ce nom.
Flairer an foyer. Se dit indistinctement d'un auteur ou d'un acteur. « L'acteur vient le soir au foyer pour regarder si le tableau d'annonces porte son nom sur une distribution de rôles. L'auteur vient savoir si on joue le lendemain ou si on répète. » (J. Duflot, Les Secrets des coulisses, 1865.) Par extension, signifie faire de la diplomatie auprès des directeurs et des artistes pour obtenir des représentations fréquentes ou nouvelles d'un ouvrage. (Petit Dict. des coulisses.)
Flambant. Artilleur à cheval.
Flambant. Neuf, luisant de propreté.
Flambard. Poignard ; couteaupoignard.
Flambarde. Lampe ; chandelle.
Flambarde. « La flambarde est la pipe du canotier. » {Paris- Fumeur.)
Flambe, Flamberge. Epée, sabre de cavalerie.
Flamber, Fluber. Jouer la comédie, — dans le jargon des saltimbanques. « De quoi pouvais-tu avoir peur, lui dis-je...
tu n'avais jamais mieux flambé, »
(E. Sue, Les Misères des Enfants trouvés.) — Brvllet, v«. Ç^^-^ çx^^tures a\m.GtiV ^ t^ambex , ^> ^"«iSr
DICTIOxNNAIRE D ARGOT MODERNE.
zac, Splendeurs et Misères des courtisanes.)
Flan (Dq)! Non, jamais. — Exclamation particulière aux gamins qui ajoutent souvent et de la galette. Du flan! et de la galette! sans doute en souvenir des pâtisseries populaires mais indigestes de ce nom.
Flanche. Jeu; ruse; plaisanterie. — Affaire . — Reculade.
— Grande flanche ^ jeu de la roulette, jeu du trente et quarante.
Flancher. Jouer aux cartes.
« Est'Ce que des pantes à la manque ont flanché au bègue avec ces brèmes ? Est-ce que de faux honnêtes joueurs ont joué au bezigue avec ces cartes? » (A. de Gaston, Les Tricheurs.)
Flancher. Plaisanter.— -ParZejtu sérieusement ou flanches-tu ?
Flancher. Faiblir, reculer, avoir peur. — « Tu flanches, pitchou! » (L. Cladel, Ompdrail-
les.)
Flanchet. Part, participation,
Flancheur, Flanchard.
Joueur. — Flancheuse,flancharde, joueuse.
Flâne. Flâneur. Cestunefldne.
— Flânerie. Faire fldne, flâner.
Flanelle. Flâneur, — dans le jargon des lilles de maison.
Faire flanelle^ perdre son temps à flâner.
Flânocher. Flâner un peu, diminutif de flâner. Flânocheur, celui qui flâne un moment, par instant.
Flanquage à la porte. Congé.
Flaque. Sac de femme, — dans J 'ancien argoL
Fla(^er, Flasquer. Faire ses nécessités. — Accoucher, dans l'ancien argot. — Plaquer des châsseSy pleurer. — Faire flasquer. Synonyme de faire ch...r; c'est-à-dire ennuyer, horripiler.
Flaquet. Gousset.
Flèche. Sou, dans le jargon des ouvriers. — Deux flèches de semper^ deux sous de tabac.
Flémard. Paresseux, mou, lâche. — Flémer, paresser; dérivés de flemmCy mot du patois d'Auvergne acclimaté à Paris.
— « Ge flémard ne viendra pas aujourd'hui, parce qu'il a peur de moi ; c'est un lâche ! >> (L. Cladel, Ompdr ailles.)
Flemme. Paresse. — Paresseux. « Tas de flemmes! va! pas raAme 1' courage d' s' déranger
f)Our venir boire un coup ! »
Grévin.)
Fleur de mari. Virginité. Mot à mot : fleur dont on fait présent au mari. — « Elle gardait sa fleur de mari, très décidée à ne la laisser prendre que pour le bon motif. » Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Fleurs rouges. Menstrues.
Flibjcheuse. Variété de fille publique, fille publique du genre rapace. « Le.s flibocheuses, êtres hybrides, moitié femmes, moitié éponges, qui sont de tous les dîners, de tous les soupers et de tous les réveillons , chipant tout, rinçant tout, lavant tout. » {Paris à vol de canard ) C'est un dérivé de flibustier.
Flic flac (Faire le). Forcer une serrure.
Flic-tlaquer. Marcher en savales»
Flique, Flique à dard. Commissaire de police, agent de police, — dans le jargon des filles.
Flingart. Soldat d'infanterie de ligne. Il porte le flingot, fusil. Les flingarts sont de bons zigs.
Flingot. Fusil de boucher.
Flingot. Fusil, — dans le jargon des troupiers. — « On lui mettait un Uingot entre les doigts et là, au soleil, à la pluie, au vent, il devait s'éverluer à jongler avec. » (Huysmans, Les Sœvrs Vatard.) — « Ricornot, navré, faisait l'exercice dans la cour, ayant le sac au dos et le Uingot sur l'épaule. » (Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)
Flingot (Cinq ans de forcés
au). Cinq ans de service militaire, — dans le jargon du peuple. Et par abréviation : cinq ans de flingot ^ c'est-à-dire cinq ans de fusil.
Flingue. Fusil. Cette dernière forme est particulière aux marins.
Flirtation. Action de filer, ou mieux de filtrer le sentiment, de raffiner l'art de faire la cour.
« Dans les affaires de cœur, les Françaises ne connaissent pas de milieu entre l'amour et l'inditférence; elles peuvent avoir des hommes pour amis, mais la fiirtation leur est inconnue. »
(Lady Morgan, La France, 1817.) Le mot n'est guère répandu que depuis 1 875. C'est M. Sardou qui l'a lancé dans la circulation parisienne :
« Robert : — Ah!... je la connais maintenant leur flirtation; mais pour la pratiquer sans s'jr brûler... juste Dieu] ces Améri-
caines... en quoi sont-elles? »
(L'Oncle Sam, acte m, se. vu.)
Flirter. Filtrer le sentiment; courtiser avec raffinement; mot d'importation américaine. « On commence par flirter avec une jolie fille. » (E. Augier, Les Fourchambault.)
Flopée, Flou. Foule. — Grêle de coups.
Floquot. Tiroir, — dans le jargon des voleurs*
Flottant. Poisson.
Flottant. Bal de souteneurs.
Flottard. Aspirant à l'école navale. (L. Larchey.)
Flotte. Provision d'argent du mois, du semestre, arrérages.
— « La Hotte est arrivée, pour dire qu'on a reçu de l'argent, après avoir attendu quelque temps. Par allusion aux Hottes des Indes. » (Le Roux, Dict» comique,) Le mot n'est plus guère usité depuis une vingtaine d'années.
Flotte. Nombreuse société.
Flotter. Nager. — Faire flotter, noyer.
Flou, Flotière. Rien, — dans l'ancien argot.
Flou-chipe. Floueur-chipeur.
On dit flou-chip€f comme on dit : démoc-soc.
Flouer. Jouer, en terme de grecs. — Filouter au jeu.
Flouerie. Vol adroit; espièglerie doublée de vol.
Floueur. Terme généri que servant à désigner tout escroc, tout voleur qui exerce adroitement et sans employer la violeacG,
— Dans \ô \aT^wv ^Çi^ ^^«s»^
ils
c'est l'individu qui, après avoir proraisbeaucoup,nedonnerien.
Flûte I Je m'en moque.
Flûte (Jouer de la). Prendre un clystère. — Joueur de flûte , flûtiste, infirmier. C'était autrefois flùtencul^cim avait également le sens d'apothicaire. — w Peste du courtaud de boutique et du ilûtencul! » {Pièces comiques,)
Flûter (Envoyer). Envoyer promener. — « Ah! elle envoyait joliment /îti^er le monde. • (E. Zoia.)
Flûtes. Jambes et principalement jambes maigres. — Se tirer des flûtes f se sauver. — « Faut s' tirer des flûtes. » (G. Marot, L'Enfant de la Morgue^ 1880.)
Flûtiez (C'est comme si vous).
C'est comme si vous ne disiez rien. C'est la variante de : C'est comme si vous chantiez.
Flux (Avoir le). Avoir peur.
Fluxion. Peur, — dans le jargon des voleurs. — Pincer une fluxion, avoir peur.
Fœtus. Elève de première année à l'école de chirurgie militaire. (L. Larchey.)
Foirade, Foire. Peur. — Foirer, avoir peur. — Foireux, foireuse, poltron, poltronne.
Foire d'empoigne (Acheter à la). Voler. Reveriir de la foire d'empoigne, rentrer les poches pleines d'objets volés.
Foisonner. Répandre une odeur infecte soit personnellement, soit impersonnellement, — dans le jargon des voyous.
Ce doit être quelque fioriture du mot foiré, foire, ou encore une déformation du mot « em-
poisonner » par le retranchement des deux premières lettres et la substitution d e l'F au P.
Folle du logis. Imagination ; caprice. Le mot est de sainte Thérèse.
Foncer. Payer, compter. On disait autrefois pour exprimer la même idée : Foncer à l'appointement. « C'est une coutume fort établie à Paris, où la plupart des femmes coquettes font foncer leurs maris vieux et goutteux à l'appointement, pour entretenir de jeunes godelureaux qui leur repassent le bufie. » (Le Roux, bict, comique, 1750.)
Fond de cale (Etre à). Ne plus avoir le sou.
Fondant. Beurre, — dansl'ancien argot.
Fondre. Disparaître, se sauver, — dans le jargon des voyous.
Fondre la cloche. Vendre un objet dont on partage le prix entre camarades ; avait aux xvii® et xvm*' siècles le sens de terminer une affaire en train.
Fondre la trappe (Faire) . C'est, en terme de coulisses, ouvrir et baisser une trappe.
Fondrière. Poche, — dans le jargon des voleurs.
Fonts de baptême (Se mettre
sur les). Etre engagé dans une affaire dont on voudrait bien sortir.
Forage (Vol au). Vol qui consiste à enlever une certaine quantité d'or aux bijoux et à la remplacer par du plomb ou du cuivre, en laissant intactes l'en- V e\oçpft eV. \fe?> Ttv«xc\yiÇiS du çoi n-
çon. — Ce genre de vol est particulier aux chineurs qui lui ont donné le nom de vol à la graisse.
Forcir. Grandir, se renforcer, — en parlant d'un enfant, — dans le jargon du peuple. Il forcit à vue d'œil,
Foresque. Marchand forain, changement de la dernière syllabe.
Forêt noire. Nom d'un des anciens carrés du Temple. On désignait- ainsi le quatrième carré affecté aux marchands de savates et aux fripiers. — Les trois autres se nommaient : Le Carré du Palais-Royal, et comprenait les objets de toilette à l'usage des femmes; le Pavillon de Flore : literie et hardes; enfin le Pou-Volant: chiffons, vieille ferraille et friperies sans nom.
Forfante. Charlatan, fourbe, hâbleur. (F. Michel.) C'est un dérivé de forfanterie. Le mot appartient à l'ancien argot.
Forger. Terme de maréchalferrant; se dit d'un cheval qui, en marchant, frappe les extrémités du fer de devant avec la pointe des pieds de derrière.
Forgerie. Mensonge. — Faux; faux document; c'est-à-dire pièce forgée.
Formiste. Peintre ou sculpteur qui soigne la forme, — dans le jargon des artistes*
Fort. Pour fort de la halle.
C'est ainsi qu'on dit par abréviation encore : fort aux poissons , fort aux blés , fort au beurre.
« Je descends les barqu's, j*vends des
[contre-marques] » Et je suis fort au beurre. » (Â. Remy, L'homme incomparable ^ chans.)
Fort que de jouer an bonchon (C'est plus). Se dit ironiquement d'une chose dont l'exécution ne demande ni force ni adresse.
Fortanehe. Fortune, — dans le jargon des voleurs. — Bonne fortanehe f bonne fortune.
Fortification. Bande de billard ; allusion de forme. — Etre protégé par les fortifications, être collé sous bande.
Fortin. Poivre. — Fortinière, poivrière, — dans l'ancien argot.
Fosse à BideL C'est un endroit assez obscur (à la préfecture de police) où il y a des prisonniers. (Lanterne du 26 janvier 1879.) Allusion aux fauves du dompteur Bidel.
Fosse commune. Table d'hôte à bon marché, V arche deNoé du XIX® siècle. — « Il sort de la table d'hôte à quarante sous.
En gastronomie on appelle cela, en terme de métier, la fosse commune. » (L. Lespès.)
Fou (Etre). Etre perdu, — dans le jargon des voleurs qui ne se donnent pas la peine de prononcer le tu final.
Fouailler. Manquer d'énergie, craindre, manquer son effet.
Fouataison. Canne, — - dans le jargon des voleurs. — Fouataison lingrée, canne à épée. — Fouataison mas torée, canne plombée.
Fouatter. Puer. — Fouatter du goulot, sentir mauvais de la bouche.
Foucade. Caprice amoureux.
n'obtiendras rien, il n'y a rien pour toi. — a Veux-tu me rendre un service ? — Tu peux te fouiller. » Mot à mot : tu peux regarder dans tes poches pour voir si tu peux te le rendre. — Cette expression est encore prise dans le sens de : tu te trompes; sHl croit que je Vaime, il peut se fouiller. « Et Champfleury, Sarcey, Schoil, ZoJa, etc.. etc.. peuvent se fouiller. » (V Etrille, janvier 1879.)
Fouilles (Des). Des bêtises!
— Non; jamais.
Fouilloase. Poche. — Bourse.
— Vieux mot en usage au xiv« siècle. La poche est l'endroit où l'on fouille.
Foninard, Fouine. Poltron; fuyard.
Fouiner. Avoir peur; décamper. — Espionner.
Fouineur, Fouinard. Rapporteur; petit espion de collège.
Foulage. Travail pressé. — Foulage de la rate, ardeur au travail. — Il y a du foulage, la besogne marche.
Fouler (Ne pas se la). En
prendre à son aise. C'est mot à mot : ne pas se fouler la rate.
Foultitude. Multitude; foule.
— Foultitude de monde.
Four. Avant-scène des quatrièmes à l'Opéra. Elle est exclusivement réservée aux figurantes et il y fait chaud comme dans un four.
Four. Gosier. — Chauffer le four, boire.
Four. Omnibus; parce qu'on j' enfourne Jes gens comme des pains.
Four. Insuccès ; chute d'une pièce de théâtre. — M. J. Dullot écrit fourre, du verbe se fourrer dedans. — Faire four, ne pas réussir, en être pour ses frais.
Au théâtre une pièce fait four lorsqu'elle ne réussit pas. — Un homme fait four auprès d'une femme, lorsqu'il en est pour ses frais d'amabilité et même pour ses frais d'argent. Celui (jui s'est llatté de raconter une histoire bien amusante et qui ne fait rire personne, fait four.
Fourbi. Petite filouterie ; peccadille; maraudage; pour fourberie. — Connaitre le fourbi, connaître une foule de petites ficelles, de trucs à l'usage des militaires peu scrupuleux, — en terme de troupiers.
Fourbis. Métier. — Jeu.
« A c*fourbis-là, mon vieux garçon, » — Qu'vous m'direz — on nïait pas for-
[tuno, » Faut un* marmite, — et n'en faut qu'une; » Y a pas d'fix' pour un paillasson. »
{La Muse à Bibi, Le Paillasson.)
Fourche à faner. Soldat de cavalerie ; ainsi nommé dans le jargon des voleurs, parce que les soldats de cavalerie marchent ordinairement les jambes écartées par suite de l'habitude du cheval.
Fourchette. Voleur à la tire.
Fourchette. Baïonnette, — dans le jargon des troupiers. — Fourchette du père Adam, les doigts. — Se servir de la fourchette du père Adam, manger avec les doigts.
Fourchette (Belle). Convive de bel appétit. — « Belle fourchette!... Mes compliments! »
(Sardou. Daniel Rochat, acte m, se. {.)
Fourchette (Avaler sa). Mourir, — dans le jargon du peuple.
«c Et comme on dit vulgairement, » L'pauvre homme avala sa fourchette. »
(A. Dalès, Les trois maris de madame Gqbillard, chans.)
Fourchette (Marquer à la).
Entier un compte, comme si on l'inscrivait avec les quatre dents d'une fourchette.
Fourchu. Bœuf, — dans le jargon des voleurs.
Fourgat, Fourgue. Receleur.
Fourgature. Objet volé dont on fait de l'argent.
Fourguer. Vendre à un receleur.
Fourliue. Voleur habile^ — Association de malfaiteurs.
Fourliner. Voler avec adresse.
Fourliueur. Voleur à la tire.
Ce sont les successeurs des anciens tirelaines. (Canler, 1862.)
Fourlourd. Malade, -^ dans le jargon des forçats. — Ces messieurs appelaient fourlourde l'infirmerie du bagne.
Fourloarer. Assassiner. — Fourluureury assassin, — dans le jargon des voleurs.
Fourmillaute. Foule. —Fourmiller, marcher dans la foule.
Fourmillou. Marché. — Fourmilion à gayets, marché aux chevaux, fourmilion à cabots, marché aux chiens, fourmilion au beurre, la Bourse.
Fourualiste. Ouvrierconfiseur qui travaille au fourneau et fabrique pralines, sucres d'orge et sirops.
Fourneau. Imbécile, — dans le jargon des voyous.
Fourneau, Fourneau philanthropique. Misérable, -r- dans le jargon des voyous, qui ont remarqué que ce n'étaient pas précisément les millionnaires, qui faisaient la queue devant la porte des fourneaux économiques.
Fournil. Lit, — dans le jargon des voleurs.
Fournier. Chef de cuisine dans un café. « 11 faut savoir bien manipuler le café et faire la cuisine. On est chargé de préparer les déjeuners, d'apprêter et servir le café aux consommateurs. » (Le Livre des métiers faciles, 1855.)
Fournir Martin. Porter une grande pèlerine de fourrure à l'usage des cochers et des valets de pied de grandes maisons. — Quand les voyous rencontrent un de ces domestiques ainsi couverls, ils disent : Encore un qui fournit Martin, c'est-à-dire, qui fournit à l'ours Martin sa fourrure.
Fourrager. Chiffonner... la collerette.
Fourrageur. Particulier qui aime à chiffonner... la collerette.
Fourrer (^S'en). Se bourrer de nourriture. — S'en fourrer jusqu'au coude, manger outre mesure. ^ Se fourrer de bons morceaux par le bec, faire bonne chère.
Fourrier. Elève reçu dans les premiers numéros à l'Ecole polytechnique.
Fourrier. Garçon de café préposé aux demi-tasses; ^any-
Foutaises. Niaiseries, propos en l'air, objets sans valeur.
Foutimacer. Dire des niaiseries; ne rien faire qui vaille.
Foutimacier, Fontimassenr.
Diseur de niaiseries. Mauvais ouvrier. — Et foutimacière au féminin.
Foutre du peuple (Se). Se moffuer du monde. Quand quelqu'un dit une grosse bêtise avec assurance, ou débite un gros mensonge, quand quelqu'un livre un ouvrage par trop mal fait, il court le risque de s'entendre dire : « Est-ce que vous vous foutez du peuple ? »
Foutre un coup (N'en pas).
Fainéanter, ne pas faire œuvre de ses dix doigts, — dans le jargon des ouvriers. Il n'en fout pas un coup depuis deux jours.
Foutriquet. Homme nul ; homme de très petite taille.
« Petit foutriquet », sobriquet donné par le maréchal Soult en pleine Chambre, à un de nos plus petits hommes d'Etat, sous le rapport de la taille.
Foutu. Perdu, ruiné. Mauvais.
— Mal foutUf mal fait, mal habillé.
Frac. Paletot, redingote, — dans le jargon des voleurs. Tout ce qui n'est pas une blouse est un frac pour eux.
Fracassé. Vêtu d'un paletot,
— dans le même jargon.
Fraîche. Cave, — dans le jargon des voleurs.
Fraîche (Aller à la). Avoir
froid, subir une température
très froide. — Nous avons été
âg'en à ia fraiche Vhmr dermfc.
Frais (Etre). Etre dans une mauvaise situation ; craindre un danger.
Frais (Arrêter les). Ne pas aller plus loin dans une entreprise, arrêter, réduire ses dépenses. Allusion au terme « d'arrêter les frais » emprunté au langage des huissiers.
Frais (Mettre au). Emprisonner.
Franc. Complice. — Endroit fréquenté par des voleurs. Tapis /ranc, cabaret fréquenté par des voleurs. — Vranc de campagne, affilié à une bande de voleurs et chargé d'aller aux renseignements, à la découverte des affaires.
Franc de maison. Logeur de voleurs. C'est un receleur qui tient une sorle de bureau de placement à l'usage des filous et des escarpes. Dans les grandes occasions, il met la main à la pâte et va travailler avec ses pensionnaires.
Franc-bourgeois. Voleur qui exploite les hautes classes de la société.
Franc-fileur. Nom donné à celui qui, pour échapper au siège, avait quitté Paris pendant la guerre de 1870. Par opposition à franc-tireur.
France qui pleure (Cheveux
à la). Coiffure adoptée par les femmes après la guerre de 1870- 71 : cheveux coupés de manière à couvrir presque entièrement le front, en figurant la calotte.
Francillon. Français; /rand/lonne, française.
Frangin, Frangine. Frère, sœur. — ETangiue^scBur de cha-
rite, — dans le jargon des détenues qui les appellent encore :
« Nonnes ». — Frangin daby oncle; frangine dabesse, dabusche, tante.
Frappait (Père). Marteau.
Frappe-devant. Marteau de forgeron. « Bras nus et le frappedevant à la main, des ouvriers forgent des vélocipèdes. » (Maxime du Camp, Parw, t. III, 1875.)
Fratemellados, Inséparables.
Cigares à trois sous les deux.
La régie les appelle des esquichados parce qu'ils sont aplatis.
Frégate. Emigré de Gomorrhe, — dans le jargon des voleurs.
Frémion. Violon, — dans l'ancien argot.
Frêne. Toupie de deux sous,
— dans le jargon des enfants.
Fréquenter (Se). Se livrer à Tonanisme.
Frère. Typographe qui fait partie de la société typographique.
Frère et ami. Coreligionnaire en démocratie. — Faubourien,
— dans le jargon des bourgeois réactionnaires. — « Quelquefois un frère et ami, possédant déjà un plumet bien senti, s'égare dans un de ces cafés. » (F. d'Urville, Les Ordures de Paris.) — « Aussi les frères et amis veulent essayer, le soir, d'y opposer la leur (leur manifestation). » (L'Univers, 1®' juillet 1880.)
Frérot de la cuque. Frère en vol ; terme d'amitié de voleur à voleur; frôrot est pour petit frère.
Frianche. Condamné à mort qui s'est pourvu en cassation.
Fric-Frac. Effraction.
Fricassé. Ruiné, perdu.
Fricassée, Fricassée de museaux. Embrassade, — dans le jargon des paysans de la banlieue de Paris."
Fricasser. Dépenser. — Fricasser tout son argent.
Fricasseur. Celui qui mange sa fortune, son patrimoine. Celui qui fricassé sa fortune dans la casserole des plaisirs parisiens.
Frichti. Repas de famille. — Ragoût de ménage. Les cens qui n'ont pas d'argot emploient à tort frichti dans le sens de grand dîner.
Fricoter. S'amuser; tripoter à la Bourse, dans le commerce.
— Dans le jargon des typographes, c'est le synonyme ge chiquer des sortes, — Fricoter de l'argent, dépenser de l'argent.
Fricoteur. Typographe qui prend des lettres dans la casse des autres.
Fricoteur. Soldat qui aime à faire bombance aux dépens des autres, à manger et à boire avec l'argent des camarades, — dans le jargon des ti'oupiers.
Frigousse. Fricot; cuisine; repas. — Frigousser, faire la cuisine; manger.
Frileux, Frileuse. Poltron, poltronne.
Frimage. Confrontation.
Frime, Frimousse. Figure, physionomie, — ÏTxmft a \Mi manque, YiOT^n^, ^ib^\^\\i^*
Frimer. Regarder. — Faire %ure. (L. Larchey.) Faire /Wmer, confronter, — dans le jargon de» voleurs.
FrimouiHenr. Tricbeur. ~~ Fritnousser, tricher. C'est mot à mot : se donner les figures, « frimousses, » du jeu.
FringDB. Toilette, vêtement de luie, — dans le jargon des
Fringner. Habiller. — Se fringuer, sliabiller. — Bien fringvé, bien mis. — Lésebombe bien fringuie, fille publique bien mise, — dans le jargon des vo-
Fripe. Cuisine. — Pitjue-nique. — Fripe sauce, marmiton.
— Faire la fripe, faire la Cuisine; c'est cuisiner dana une poêle ou dans un poêlon.
Friper. Manger. — Dépenser mal à propos.
Friperie. L'ensemble des vêlements qui couvrent une personne et, par extension, le corps lui-même. ■ Gare une irruption sur notre friperie I n (Mulièrc, Bé'pit timoweux.) — Se jeter sur la friperie de quelqu'un, battre, maltraiter quelqu'un; particulièrement usité au ivji° siècle.
Fripier. Verre. (Fr. Micbel.)
FripooillB. Vaurien. — C'est de la fnpouiUe, se dit d'un objet sans valeur. — Dérivé de fripe, friperie.
Frignes. Vieilles bardes, — dans laiicien argot, pour frasques.
Friquot. Mouchard.
J'rfre. Manger. — Rietiàfiire,
Frire des œufs. Préparer un méchant tour. (L. Larcbey.)
Frira un rigolo. Voler à l'accolade, voler à. la méprise. — ce Eli ! ce cher ami, comment va-l-il, que je l'embrasse... Ah !
pardon, monsieur, je vous prenais pour un tel. b A la faveur d'une étreinte bien sentie, la dupe est volée, le rigolo est frit.
Frise. Juif, — daus l'ancien argot. Allusion auï cheveui de la race hébraïque qui frisent naturellement.
Friser à plat. Ne pas friser du tout; porter les cheveux longs et plats.
Frises (Toucber les) .Déployer un très grand talent dans une scène. C'est le sic itur ad astra.
I,cs frises .tonl les bandes de toile qui figurent soit des nuages, soit un plafond. Frederick Lemaitre touchait souvent les frises.
Frit (Etre). Etre condamné.
— Etre perdu, ruiné. — Allusion aux flan mies éternelles dont les prédicateurs effrayaient le peuple, n Vecy deux dvables qui portent une poëlle, af^m que je sois frit dedans en parduraileté. )i {La Fleur des commandements de Dieu, extrait d'un sermon de Pierre de Cluny, cité par Ch. Nisard.)
Frites. Pommes do terre frites. — Pour deux ronds de frites.
Frocard. Congréganiste. — « Quatre gendarmes pour mettre les frocards dehors et fermer la porte, cela suffit » (Lanterne dus mat IS80.] t Froid aux yeux (Na pas
Froissenz, FroUand. Médisant, traître.
Froller, FroUer sar la balle.
Médire; maltraiter.
Fromage (Manger da). Bisquer, rager. Les enfants disent entre eux en ratissant un de leurs doigts sur l'autre : Tu bisques, tu rages, tu manges du fromage, — « Victoire! foutre !
victoire! aristocrates, que vous allez manger du fromage ! » (Le père Duciiêne.)
Fromage (Il nous fera manger du). Il est à toute extrémité:
nous irons à son enterrement.
Allusion à lacollation que prend, chez le marchand de vin, le peuple, au sortir du cimetière, collation composée de pain et de fromage arrosés de quelques litres.
Fromgi. Fromage, — dans le jargon du peuple.
Front dans le cou (Avoir le).
Ne pas avoir de cheveux.
Fretin. Billard. — Coup de f rotin, partie de billard.
Frotte (La). Traitement de la gale à l'hôpital Saint-Louis où les galeux se frottent mutuellement avec de la pommade soufrée, suivant le précepte de la maison : « Frottez-vous les uns les autres ». Passer à la frotte, suivre le traitement antigaleux.
Frou-Frou. Passe-partout, — dans le jargon des voleurs.
Frousse. Peur, — dans Tancien argot.
Fruges. Bénéfices, prélèvements sur la vente, — dans le jargon des employés de commerce.
Fruit sec. Elève d'une école spéciale qui n'a pas réussi à ses derniers examens. — Sortir fruit sec de l'Ecole Polytechnique. — Fruit sec se dit par extension pour désigiier celui qui, n*ayant pas réussi dans une profession libérale, en a embrassé une autre, ou qui est allé grossir le bataillon des déclassés.
Frusque, Frusquin. Vêtement. — Frusques loulinées, vêtements usés, déchirés. — Planquer ses frusques, engager ses elfets au Mont-de-Piété.
Frusquiner (Se). S'habiller.
— Frusquineur, tailleur.
Fume et qui ne crache pas (Un qui). Tabatière humaine sortant du four.
Fumé (Etre). Ne plus rien posséder; être volé. « Faut pas accorder ta confiance au premier venu ! le second serait fumé. » (Gavarni.)
Fumé une pipe neuve (Avoir).
Etre malade par suite d'ivres.se.
Fumelle, Fume. Femme; par altération pour femelle.
Fumer sans tabac. Etre en colère ; s'impatienter.
Fumer â froid. Aspirer, souffler dans une pipe culottée dont le tabac est absent. — Faire le simulacre de fumer, quand on n'a pas de quoi acheter du tabac.
Fumeron. Hypocrite.
Fumerons. Jambes.
Fumier. Sale femme; horrible créature. Va donc, fumier!
Fumiste. Mauvais plaisant. — Parce de fumiste^ plaisanterie de mduva\?> ^ci^V.
Fumiste. Tout individu qui ne porte pas un uniforme, — dans rargot des polytechniciens. — Etre en fumiste^ être habillé en civil, avoir' endossé des habits de ville.
Fumisterie. Mauvaise farce, plaisanterie de fumiste. Les fumistes n'étant pas en général parfaitement éduqués, il s'ensuit que leurs plaisanteries ne sont pas toujours d'un goût très délicat.
Fuseaux. Jambes de femme, minces du bas et fines du haut.
Fusée. Résultat de l'indigestion. Violente projection de la nourriture congédiée par l'estomac ; elle part au loin comme une fusée.
Fuser. Restituer un purgatif.
Fusil d'épaule (Changer son).
Changer d'opinion politique. —
Tenir un langage opposé à celui qu'on avait tenu.
Fusil. Gosier. — Se rincer le fusil, boire. N'avoir rien à se mettre dans le fusil, n'avoir rien à manger.
Fusil de toile. Sac à argent.
— Aller à la chasse avec un fusil de toile, aller à l'encaissement.
Fusiller. Dépenser. Fusiller le fade, dépenser le produit d'un vol, — dans le jargon des voleurs. Fusiller son pèse, dépenser son argent, — dans le jargon des ouvriers.
Fusiller. Faire pleuvoir de petits jets de salive en parlant.
— Donner un mauvais dîner. Il a fusillé ses invités.
Fusiller le pavé. Se moucher en comprimant alternativement l'une et l'autre narine avec l'index.
G (La cote). Objets insignifiants qu'un clerc de notaire s'approprie pendant les inventaires. (Littré.) — G pour j'ai, — dans le jargon de MM. les clercs, amis du calembour.
Gabari (Passer au). Perdre, perdre au jeUjAtre vaincu, —dans le jargon des ouvriers du fer.
Avoir passé un camaro au gabari, avoir gagné une partie de cartes à un camarade.
Gabatine. Raillerie, plaisanierjû, tromperie; vieux mot français.
« La eabatine est franche et la ruse sub-
ftile. '.] {Le Docteur amoureux^ comédie.) « Il est vrai, notre nation » Donne souvent la gabatine. »
(Scarron, Poésiefi.) « Galans ficfés, donneurs de gabatine. »
(Deshoulières.)
Gabegie. Fraude ; cachotterie.
Gâchage. Désordre , gaspillage. — Gâcheuse, gaspilleuse.
Gâcher serré. Travailler avec ardeur; terme emprunté aux maçons.
Gâcher du gros. Sacrifier à
Gadin. Bouchon, — dans l'ancien argot.
Gadin. Chapeau délabré, chapeau qui arbore des tons roux.
Gadin. Soulier; abréviation de rigadin.
Gadoue. Sale femme. Mot à mot : femme qui se traîne dans la gadoue, la boue.
Gaffe. Balourdise. Faire gaffe sur gaffe.
Gaffe. Patrouille; gardien, guichetier. — Gaffe des machahéeSy gardien de cimetière. — Gaffe à gayet, garde municipal à cheval. — Gaffe de sorgue, gardien de nuit dans un marché.
— Etre en gaffe, être en faction.
Gaffe. « Cette main est terrible, c'est-à-dire dans l'argot significatif du jeu, une vraie gaffe! » (A. Cavaillé.) Elle tire tout l'argent des pontes vers le banquier comme ferait une gaffe.
Gaffer, Faire gaffe. Surveiller. — Gaffer la mirette, ouvrir l'œil.
Gaffeur, Gaffeur de braise.
Caissier, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : celui qui garde l'argent.
Gaffier. Voleur qui rôde aux halles centrales pour faire récolte de porte-monnaie dans la poche des ménagères et des bonnes.
Gaga. Pour gâteux, crétin. — Tiens! Amanda et son gaga.
Gahisto. Diable, — dans l'ancien argot, du basque gaiztoa, mauvais.
Gai. Légèrement gris. Mot à mot : mis en gaieté par la boisson.
Gail, Gayet. Cheval, — dans l'ancien argot. Remis en circulation depuis quelque temps, principalement par les maquignons.
Gaillon. Cheval. C'est une forme nouvelle de gail, gaye.
Les cochers de fiacre appellent leurs chevaux tantôt des ^ai7ion5, tantôt des canards,
Galapiat, Galapiau. Galopin, mauvais drôle, — dans le jargon du peuple.
Galbeux. Qui a du galbe, de l'élégcince, — dans le jargon des cintres, « Rien ne vaut encore e bon gommeux disant, avec son accent à lui, du vaudeville qu'on vient déjouer: « C'est excessivement galbeux, tout ce qu'il y a de plus galbeux! »
(Figaro du 5 nov. 1878.) — Le mot galbeux, parti des ateliers d'artistes, est un mot qui a fait son chemin. Il est très fréquemment employé, non seulement par les gommeux, mais encore par les ouvriers.
Gale (Mauvaise). Femme acariâtre, mauvaise langue.
Galérienne. « Sous les sombres galeries qui bordent, au rez-de-chaussée , la salle de danse du Casino, se tiennent volontiers des femmes grasses et maquillées... On les appelle Galériennes, parce qu'elles font galerie. » (Ces Dames du Casino, 1862.)
Galette. Grand, complet, — dans le jargon des Saint-Cyriens.
Galette. Argent. Boulotter sa galette, manger son argent, — dans le jargon des voyous.
Galette. Individu sans intelligence.
Galette. Mauvais petit matelas aplati comme une galette.
Galettes. Souliers ramassés dans la rue par les chiffonniers et vendus aeux sous la paire aux ribouiseurs,
Galfatre. Glouton.
Galifard. Cordonnier.
Galifard, Gaillarde. Apprenti, apprentie, — dans le jargon des marchands du Temple.
Galiotte (Faire une). Tricher au détriment de ses associés et au profit d'un compère. — On fait généralement la galiotte à l'écarté : deux grecs tiennent les cartes; l'un met cinq louis devant lui, ses associés le renforcent d'une cinquantaine ou d'une centaine de louis. Le compère tient tout et gagne tout, grâce au soin qu'a pris le premier grec de lui donner un jeu magnifique.
Galoche. Jeu de bouchon.
Galons d'imbécile. Chevrons au-dessus du coude servant à marquer le nombre d'années de service dans un régiment.
Galopin. Apprenti, terme d'amitié dont se servent les ouvriers pour stimuler le zèle de l'apprenti.
Galopin (Petit). Petite chope de bière. Le galopin se vend quinze ou vingt centimes.
Galoubet. Voix. — Avoir un bon galoubet, avoir une belle vojx. -^ Galoubet fêlé, voix faussQ, éraillée.
Galtos. Gamelle, — dans Par' got des marins. Passer à galtos, manger à la gamelle.
Galtron. Petit cheval, — dans l'ancien argot.
Galucbe. Galon. — Gaîucher, galonner.
Galuchet. Valet d'un jeu de cartes. « Je dormais jusqu'à cinq heures du soir et je voyais tlotter sur mon traversin la grande ombre de Galuchet. »
(Ed. About, Trente et Quarante.)
Galnpe. Femme, — dans le jargon des voyous; c'est-à-dire peau à gale.
Galure. Chapeau haute forme, par abréviation de galurin, — dans le jargon des ouvriers. — Qui s'est assis sur mon galure f Qui s'est trouvé mal sur mon galure?
Galurin. Chapeau. « Vous mettez votre galurin? » (Huysmans. Les Sœurs Vatard.)
Galvaudage. Flânerie crapuleuse*, dégradation morale. — Mauvaise fréquentation. Se livrer au galvaudage, s'encanailler de parti pris.
Galvauder (Se). S'encanailler à plaisir, se traîner moralement dans la boue.
Galvaude ux. Vagabond. — Mauvais sujet. — Homme de peine qu'on emploie tantôt à une besogne, tantôt à une autre.
Galvaudeuz. Individu qui se plaît dans la fréquentation de la crapule, celui qui s'encanaille par goût.
Galvaudeuse. Coureuse; \ îemrae a^owxvfe^ ^ \a ^\:ostitu-
tion subalterne. — « A côté de ce groupe bruyant de galcaudeuses^ s*en furme un plus sérieux. » (F. d'Urville, Les Ordures de Paris,)
Gambettiste. Partisan de la politique de M. Gambctta; admirateur de M. Gambctta. — Fonctionnaire nommé par M.
Gambctta, à Tépoque de la guerre de ^ 870-7 ^ . — Préfet, général gambettiste,
Gambillard. Bon marcheur.
Gambille. Jambe.
Gambiller. Danser ; sauter. — Gambille ur f gambilleuse^ danseur, danseuse. — Gambilleur, gambilleuse de tourtonse, danseur, danseuse de corde.
Gambilleur. Bourreau. « Vm^me gambilleur qui t'a marqué sur 1 épaule gauche t'a bien marqué. » [Le nouveau Vadé, 1824.)
Gambilleur. Homme politique qui saute en l'honneur de tous les régimes, pourvu qu'il y trouve quelque avantage.
Gambriade. Danse échevclée.
Gamelage. Dénonciation, — dans le jargon des voleurs. — Gameler^ dénoncer. C'est une forme nouvelle de l'ancien et classique manger le morceau : gameler, c'est-à-dire manger dans la gamelle.
Gamelle. Auge de maçon.
Gamelle (Tremper une). Synonyme de tremper une soupe, — dans le jargon des ouvriers; c'est-à-dire porter des coups, assommer de coups. — Dans le jargon des voleurs, l'expression n'est qu'une variante de gameler
et a également le sens de dénoncer.
Gamet. Raisin des environs de Paiis, raisin qui sert à faire le ginglard.
Gamme (Monter une). Administrer une correction à un enfant jusqu'à ce qu'il crie. — Les gosses gueulent à la tortore, — Monte-z'y leur une gamme et qu'ils nous f... la paix: — Les enfants demandent à manger. — Batsles et qu'ils nous laissent tranquilles. (Fragment d'une convei'sation faubourienne prise sur le vif.) Gamme signifiait, au xvii* siècle, réprimande , récrimination, comme le prouvent les exemples suivants:
« Je m'en vais le trouver et lui chanter
[hr gamme. »
(Molière.) « Avec dame Junon, sa femme , » Qui souvent lui chante la gamme. »
(Scarron.)
Gance. Société nombreuse et mal choisie.
Gandille. Epée, — dans l'ancien argot.
Gandin. Duperie, attrape-nigaud. Hisser un gandin à un gonse, tromper un individu. — Monter un gandin^ — dans le jargon des revendeurs du Temple, signifie chauffer l'article, harceler le client pour lui faire acheter quelque chose.
Gandin. Dandy dégénéré.
Homme à la mise recherchée, prétentieuse et ridicule. D'où vient il? Est-ce de gant'? Est-ce de l'ancien boulevard de Gand?
Est-ce du nom d'un des personnages — Paul Gandin — des Parisiens de la Décadence, de Th. Barrière? Est-ce de gandin, attrape-nigaud, en retournant
la signification : nigaud attrapé?
Est-ce de dandy, avec changement du D en G, addition d'un N et réintégration de l'Y en I?
Je ne sais. — Le gandin s'éteignit en 1867, en laissant sa succession au petit-crevé qui creva en 1873, en léguant son héritage au gommeux, qui le léguera à un autre, et ainsi de suite jusqu'à la consommation des siècles.
Gandin. Fort, — dans le jargon des barrières. Il est rien gandin.
Gandin d'altèque. Décoration honorifique; ruban de décoration. Gandin pour gandin, jeu de mots argotiques, par à peu
Srès. Gandin veut dire peinture écorative, décoration d'appartements.
Gandisme, Gandinisme. Manière d\Hre du gandin. Art d'élever la toilette à la hauteur d'une institution. C'est dandisme avec changement de la première lettre. Dandysme pourrait bien être la véritable étymologie.
Gandouse. Pour gadoue. Boue et même excréments humains.
« Tous les gêneurs qui f... de la gandouse sur la route de Marianne. » {Le Titi, 1879.)
Gant jaune. Fashionable de
Ganter. S'adapter à, en parlant d'un vêtement. Cette robe la gante. — Convenir : Cette femme le gante. — Ganter juste, être avare; ganter large, être généreux, — dans le jargon des demoiselles entretenues.
Gants. Pourboire donné à ces
dames; le pourboire de la pros-
titution. — « On donne ce qu*on
veut à la femme pour ses gants, »
(F. d'Urville, Les Ordures de Paris, 1874.)
Garçon, Garçon de Gambrouse.
Voleur, — dans le jargon des paysans des environs de Paris.
— Garçon de campagne, voleur de grand chemin. — Brave garçon, bon voleur.
Garçon à deux mains. Garçon boucher qui travaille tantôt à l'abattoir, tantôt à l'étal. (Vinçard.)
Garde nationale (Etre de la).
Faire partie du régiment de Sapho, avoir un goût prononcé pour les plaisirs saphiques, — dans le jargon des filles. — Encore une qui est de la garde nationale.
Garde-manger. Postérieur. — Lieux d'aisances.
Gardes nationaux. «C'est ainsi qu'à Mazds, on a baptisé les haricots. «{Figaro du 15 sept. 1880.)
Garé des voitures. Rangé; retiré du tourbillon des plaisirs.
Gar gamelle, Gargouenne, Gargouille. Gosier. « Le froid humide du dernier voyage m'ayant enroué la gargamelle comme une charrette mal graissée. » (Epitre aux curieux , frontispice des chansons de Gaultier-Garguille.)
Gargariser (Se). Boire la goutte.
Gargariser (Se). En terme de théâtre, c'est, pour un artiste dramatique, faire ronfler les R ; pour un artiste lyrique, c'est faire rouler les notes. Le mot est du chanteur Martin.
Gargariser (Se). Se livrer, au piano, et \mft d^l^a^iehe d'arpé-
fes. — « Les joues enluminées, égurola, au piano, déchaînait une tempête de gammes vertigineuses. Aristide lui cria : Dis donc, auras-tu bientôt fini de te gargariser? » (Hennique, La Dévouée,)
Gargariser le fusil (Se). Boire la goutte, — dans le jargon des soldats d'infanterie. C'est une variante du « gargariser » de Rabelais : « Bâille que je gargarise. »
Gargarisme. Petit verre.
Gargarisme, Gargouillade.
Borborygmes; le cri des boyaux en détresse.
Gargarismes. Débauche d'arpèges.
Gargot. Restaurant de bas étage.
Gargot. Entrepreneur d'abatage pour boucliers et charcutiers. Celui qui débite de la viande aux bouchers etaux charcutiers.
Gargoter. Faire de la mauvaise cuisine, de la cuisine qui rappelle celle des gargots.
Gargouiller. Crever la faim; avoir des borborygmes, faire de la musique avec ses boyaux.
Gargue. Bouche, — dans le jargon des voleurs. — Ivoires en gargue, dents blanches.
Garibaldi. Biscuits secs farcis de raisins de Corinthe. Ce sont les petits-fours des petits bourgeois qui donnent de petits thés.
Garibaldi (Coup de). Coup de tête porté par un malfaiteur dans le creux de l'estomac de celui qu'il veut dépouiller. (L.
Larchey.) Ce coup se nomme
encore : « Coup de bélier, coup de la rencontre », et le vol qui le suit : « Vol à la dure ».
Garnafe. Fermier, — dans l'ancien argot.
Garnison. Réunion de poux sur une seule et même tête. — Collection de vermine dans un logement.
Garno. Garni, par antiphrase, Sins doute. — Misérable chambre, misérable cabinet dégarni de meubles; un lit, une chaise et, quelquefois, une commode, voilà l'ameublement du garno.
Garno. Hôtel garni. Les garnos de dernier ordre fréquentés par la crapule de Paris ont reçu des noms typiques; en voici quelques-uns : le Pou volant, le Grand Collecteur, le Chien mort, la Gouape, la Retape, la Carne, la Camarde, la Boite à Domange, la Débine^ le Corbillard, la Loupe, la Gadoue, V Auberge des Claque- Dents, la Charmante, la Punaise enragée, la Ruine, l'Abattoir, la Pégrotte, la Bérésina, le Choléra, le Grand-Pré, tous noms qui présentent une signification sui generis, qui dégagent une odeur de crime et de vermine.
Gaspard. Chat, rat, — dans le jargon des chiffonniers. C'est le nom du chat et du rat dans leurs rapports avec la hotte.
Gat. Chat, — dans l'ancien argot; mot emprunté au provençal gat, de l'espagnol gato.
Gâteau feuilleté. Soulier dont la semelle se divise.
Gâteaux. Fragments de nuages apportant dans leurs lianes des amours de six ans ou des
des fées, — dans le jargon des tourbir des gaux, tuer des poux,
coulisses. (J. Dutlot.) Gavache. Auvergnat, habi-
Gâte-pâte. Lutteur redouta- tant d'un pays de montagnes,
ble. (L. Cladel.) Gavache. Poltron. « Et moi
Gâteuse Long pardessus avec piug qu'un enfant, capon, liaspatte derrière formant ceinture, que^ gavache. » (Petrus Borel, sorte de robe de chambre à Rhapsodies, 1831.) Tusage des hommes et des fem- « . x n • j, x^ mes depuis 1873. « Que nous , ^aviot. Gosier; doù gave. ~ fait, je vous le demande, que le ^^^ir le gaviot a sec, être altère, maréchal Canrobert ait fait son Gavot. Compagnon indépenentrée dans Rome avec une re- dant. — Les Gavots et les Dévodingote poudi'euse et M. Patrice rants étaient ennemis et se batde Mac-Mahon avec une gâ- taient toutes les fois qu'ils se teuse ? » (John Lemoinne, Jour- rencontraient. « Ils se nomment naldesDébats,d\i\^]aLnwieviSlS.) compagnons du Devoir de Li-
Gâteux. Très sot, énormément àerté, afin précisément qu'on ne
bête ^^^ confonde pas avec vous au-
Gauche (A la). A la queue, - ^l^' Dévorants qai n'êtes partidans le jargon des soldats de lansd^ucune liberté ,. (George cavalerie Vous arrivez «. re- l^""^' 'f Compagnon du tour de tard, mettez-vous à la gauche. La [rançe.)Le mot gavot, dans la gauche est tout ce qui n'est pas !'°."«*'« ^ un Dévorant, eta.t une Bon. - Jusqu'à la gauche signi- '°J"'^«. ^ ,' ^^^^^^^ •*" «'""P*" fle, dans le même jargon, Jus- &°°n mdependant. qu'à ce que vous n'en puissiez Gavroche. Gamin de Paris, plus, jusqu'à la mort. Vous trot- Le voyou sublime, type créé par ferez jusqu*à la gauche, s'il le M. V. Hugo dans les Misérables,
f^^^' Gaz. Eau-de-vie. Prendre un
Gauche (Aller à). Aller pren- gaz, prendre un verre d'eau-de-
dre ses repas, — dans le jargon vie. Le gaz allume l'ivrogne,
des employés de magasins de q^ yeux. - Allumer son gaz,
nouveautés. - Dans presque regarder avec attention.- Kr-
tous ces magasms la sa le à ^^^ ^^ ^^^^-^
manger est à gauche, les lieux ^ '
d'aisances sont à droite. De là : Gaz dans restomac (Avoir une
aller à gauche, être à gauche, al- ^ite de). Sentir mauvais de la
1er à droite, être à droite, pour bouche.
établir la différence des fonc- Gaz (Lâcher le). Faire à voix
tions. basse l'éloge du haricot de Sois-
Gaudineur. Peintre en décors, sons.
— Du vieux mot gaudine^ bos- Gazier. Celui qui a l'habitude
<ïuet. de lâcher le gaz; le panégyriste
Gaules de schtard. Barreaux du haricot,
de fer d'une prison. Gazon. Chevelure authenti-
ûâax. Poux, vermine, — Es- que, — dans le jargon du peu-
DICTIOxVNAIRE D*ARGOT MODERNE. 193
pie. — Ne plus avoir de gazon en repoussant vivement le poi-
sur la pelouse, être chauve. gnard, ton gendarme déguisé en
Gazon. Chevelure apocryphe, bourgeois. » (V. Hugo.)
perruque « jouant la nature », Gendarmes. Moisissures qui
comme s'expriment les prospec- attaquent le vin, lorsqu'une bar-
tus et les traités de littérature rique tire à sa fin.
de pissotière. — « Je mets mon -• , .
gazon, mes favoris, mon tuyau Gêneur. Importun personnage
de poêle en toile cirée et me ^"1 ^^^^^^ ^^ ^«^f^^ à des gens
voilà cocher. » (X. de Montépin, ^"^ "^ demandent qu à s amu.
Le Fiacre n- i3.) ser. Le peuple les envoie à Çhail-
^ lot rejoindre tous ceux qui 1 en-
GazouiUer. Sentir mauvais, nuient. A Chaillot les gêneurs!
Le gaz répand une odeur insup- ^ . ., t>, m •
portable ; d'où gazouiller dans Géniteur. Père. « Trois ans se
le sens de puer. « Oh! là, là, ça sont écoulés depuis que mon
gazouille, dit Clémence, en se géniteur a cessé d exister et de
bouchant le nez. » (E. Zola.) gouverner la France. >> (Armand
^ ., ^ ,x . . . ,, Charlemagne, Les froisB, 1809.)
Geffrard. Double cinq d'un /. jx j-
jeu de dominos; par allusion à „ Genou. Crâne dénude. —
la couleur du président Getirard. "«'«^'^ ^^^uve - On voitbeau-
^ . '', . , coup de genoux à 1 orchestre de
Geigneur. Pleurnicheur sem- la Comédie-Française.
piternel qui passe sa vie à gein- „ ,« , n ,r
^re Genre (Se donner un). Vou-
Gendarma Hareng-saur ^^*^ paraître ce qu'on n'est pas.
uenuarme. Hareng-saur. __ g^ ^^^^^ ^^^ ^^^.^ artiste, mi-
Gendarme. Cigare d'un sou à litaire, — Se donner du genre,
bout coupé. singer les grandes manières.
Gendarme. Breuvage composé « Ne pas diner pour s'acheter
de vin blanc, de sirop de gomme des gants. »
et d'eau; très apprécié des ivro- Qenreux. Elégant, celui qui
gnes les lendemains des jours f^it du genre, — dans le jargon
de fêtes bachiques. Dans leur ^u peuple. « Une histoire scan-
reconnaissance, ils ont nommé daleuse, dont potine à cette
le même mélange : un « protec- i^eure tout le Paris genreux. »
*^"^ ^»- {Petite Lune, 1879.)
Gendarme. Gaillarde qui vaut g^^g ^^ ^^^^^^^ (SQ^^iété des). un et quelquefois deux hommes, chantage par lettre. - Faire L ouvrier parisien appelle vo- ^^^.^ ^^ ^^ g^^^^^^ ^^^ ^^ lontiers sa femme « mon g en- {^^^^^ adresser une lettre à darme, le gendarme », quand elle quelqu'un en le menaçant de est criarde, ou quand elle est ^ort, s'il ne dépose pas une cermaîtresseau logis, ou quand elle ^^1^^ g^mme à un endroit désivient en gesticulant 1 arracher é. En pareil cas, la marche à aux douceurs du cabaret. ^^j^r^ ^/^^ porter immédiate- Gendarme déguisé en bour- ment l'épître au commissaire de geois. Canne à épée. « Ah! fit-il, police.
Gerbable. Menacé d'une con- gasin doublé d'un pelit amant
damnation. — Ger6é, condamné, de cœur dont le métier, le soir,
Gerbement, Gerbe. Jugement, ^^l'}^"" faire danser la (/îgo/e«e.
— Gerber, juger; condamner. " ^i tu veux être ma gtgoktte,
— Gerber à lapasse, yerber à la «^o» J^,?^^^^ ^^ P^olo. . (Chanfaux, condamner à mort. La son jadis populaire,)
passe, pour le passage de la vie Gigon. A T Ecole Polytecbni»
à la mort. — Gerbier, juge, juré, que toute espèce de supplément
— Gerberie, tribunal. — Planque a reçu le nom de gigon, en souda gerbe, cour d'assises. venir d'un certain Gigon, le
Gerbierres. Fausses clés. premier adrnis dans une liste
supplémentaire. Amsi on dit
Gerce. Maîtresse, -- dans le indistinctement : un gigon de
jargon des voleurs. C'est garce, frites et un gigon d'argent. (Gau-
avec changement d une lettre, /^j^ du 23 mars 1881.)
Gérontocratie. Rabâchage , Gigot. Jambe humaine. « Elle
routine, idées surannées. M. Ed. n'allait plus que d'un gigot. »
About s'est souvent servi de ce (Scarron, Gigantomaniei)
^^^^' Gigots. Cuisses. — Mains lar-
Gésier. Gosier. — Se laver le ge^, épaisses et rouges. On dit
gésier, boire un coup. également pour désigner ce
Get, Geti. Jonc, — dans l'an- §enre de mains : « Des épaules
ci en argot. ^^ ^o"^^'» ^»-
Gibus. Chapeau, chapeau à Gigue. Jambe. — Femme
claque, du nom du fabricant. grande et maigre, femme toute
„. , „. , ni T- 1 en vdmhe.i. Grande gigue.
Gicler, Gialer, Giscler, Jicler. ^ / "^
Jaillir, rejaillir, couler en jet. . Gilboque. Billard, — dans 1 an-
— I.e sang giscle d'une blessure. ^*^" argot.
— Les gens qui chiquent g'isc/e?i« Gilet en cœur. Elégant. Le en crachant. — Manière de cra- surnom a été donné aux éléchcr particulière aux gens qui gants qui portaient, vers 1865mâchent du tabac. 66, des gilets très échancrés dits
« Puia, vHan, par je ne sois quels cribles, « gilets Cn CCJPUr », boutonnés à
» Par mille pertuis invisibles, deux boutons et qui montraient
. Une eau "o-(i;';'--^;f|?-,; hi chcrnisc cn grand étalage sur
^. , ^^ \ .. .^ la poitrine. Le mot a passé,
Gigolette. Apprentie ouvrière j^^^is non la mode. Aujourd'hui
doublée d une danseuse de bals j^g ^jj^ts en cœur bâillent sur la
publics. Comme son mâle, le gi- poitrine des gommeux.
yo/o, tvpe éteint, la ^i^o/e«e est „.. * r-i * j i»
venue "^à l'époque du succès des . Gilmont. bilet, — dans 1 an-
Mystéres de Paris. C'est Rigolette cien argot.
encanaillée, bastringueuse, avec Gilquin. Coup de poing.
changement de la première let- Qinginer. Cligner des yeux.
^^^' — Regarder quelqu'un a"mou-
Giffolo. Petit commis de ma- reusemcul.
Ginglet, Ginglard, Ginguet. Girole, Gy. Oui, — dans Tan-
Par allé ratioQ de gfuiwôfMe^ qu'on cien argot; revenu depuis peu
appelait vulgairement au xvii'' dans le courant argotique.
siècle <c chasse-cousin ». - « En Qj^ond. Bien rais. — Etre gU
avalant du vin délicieux, tandis ^^„^ ^^^^^^ ^^^ ^^^^^ ^^1^.^ j^
que vous ne buvez que du gin- ^eau, poser. C'est un diminutif
guet. >) (P. d Ablancourt, I)^a^o- de (/iro/idin, dans le sens de
Ques dehucim, 1637.) Guinguette ^eau. [Jargon des voyous.)
est un dérive de guinguet. — „. , , |. « , „
Les vins de Suresnes et d'Ar- Gironde. Jolie femme, belle
genteuil sont les types du gin- femme.
glard. Au xvi« siècle, on disait Girondin. Dupe, imbécile, —
ginguet, pour désigner un vin dans le jargon des camelots et
vert; le dictionnaire de l'Aca- des truqueurs. — Le girondin a
demie donne à ginguet la signi- donné, l'imbécile s*est laissé plu-
fication de petit vin faible. mer
i^aire aes gines. Quvrage fait dans le gîte, ou-
Girofle. Beau, belle, joli, ai- ^ t^ès bien fait, - dans le
mable. — Largue girofle, belle j^^^o^ des ouvriers qui savent
femme, — dans le jargon des que le morceau du oi^e-â-/a-noia?
voleurs. gg^ j^ morceau le plus délicat du
Girofle (Clous de). Chicots; bœuf, dents noires et cassées. « Eh ^.^ ^ j posséder, ~ bien ! qu as-tu donc à me regar- , j • des voleurs der si j'ai dans la bouche des ^^"^ ^^ ^^^^^^ ^^^ voieurs. c/owsd<?gi>o/î!eau lieu de dents?» Giverner. Vagabonder pen- (Balzac, Splendeurs et Misères dant la nuit.
des courtisanes.) Giveraeur. Rôdeur de bar- Giroflée à cinq feuilles. Souf- rière, vagabond nocturne, llet. « Oui, qu'on le peut, à Givemeur de refroidis. Copreuve que v'Ià une giroflée à cher de corbillard, — dans le cinq feuilles que j'applique sur jargon des voleurs.
ÏÏm/o^Sfœfffai p«ace (Passer devant la).
v/vf#*#*«. i/f. i^cf.t, u, X Ltito ; * ai pgpdreau leu des consomma-
applique une giroflée a cmq feuil- ^.^^^ ^^„^ J „ ^^j^. Autrefois on
pression n'était pas moins usi- d-eWi^^rk dame fcompto"ïr;
tee que de nos jours, parmi le ^^ ^^^^^^ ,^q„ .„g ,g ^^^^^^
P®"P ®' mateur était forcé de passer. —
Giroflerie. Amabilité, galan- c'est à tort, je crois, que dans
terie, — dans l'ancien argot. la puie Elisa, M. E. de Concourt
Girofletter. SoufUeter; mot a donné à l'expression le sens
créé par Balzac. Je ne l'ai relevé contraire. D'après lui, passer
que dans la Cousine Bette, devant la glace, c'Çi^V ^«^ \ffv^ ^t^- •
DicnoxNAraE d'argot moderne.
pre»«ioD qui déâi^ne Feotrée ', Sissoire. Patinage dans le de faveur accordée, par la ruisseau. — Ruisseau gelé sur inaitre>5e d'une maison, à Ta- . lequel le voyou se livre an pâmant d'une fille. » Perinne tina^e. C'e^î son lac du Bois de n'î^ore que ces demoiselles ik>ulo?ne.
corn,fnpcnl bien de^ choses,' Qobe S'être lait arrondir le). niais telle expression n a pas Elre enceinte, - dan^ le iargoi ele corrompue jusqu ici, même j^^ votous
I « On s'a fait arroodir erç!obe, I • On a sa p'til" butte, à ce que je Tois... • Eh! ben. ça prouT* qu'on est pas de
[bois. »
{La Muse à Bibi, Xocttne.)
Gliiant. Enfant à la mamelle.
(A. Delvau.) Il est attaché au sein de la mère comme de la
glu.
Glnan (Lâcher son). Expectorer bruvaoïment.
Gluan (Poser nn). Tendre un piège à un malfaiteur. Se faire poser UH gluau, se faire arrêter.
— « Mes anciens compagnons de vol s'étaient fait poser un gluau. » [Mémokres de Lacenaire, 1836.)
Gnaf, Gniaf . Savetier. La corporation des portiers fournit un nombreux contingent de gnafs,
— Gnaf du drapy tailleur à façon, tailleur qui fait les raccommodages, autre industrie à la mode parmi MM. les portiers.
Gnangnan , Gnagne. Mou ,
molle, sans énergii3. Gnangnan est pour fainéant, que le peuple prononce feignant, avec suppression de la première syllabe et redoublement de la dernière.
Gnare , Guenard. Porle-carnier, rabatteur, en terme de chasseur.
Gniolle, GnoUe. Taloche. — Propre à rien.
Gnognotte (De la). Pas grand' chose, rien de bon.
en passant par leur bouche.
Glacière pendne. Réverbère,
— dans l'ancien argot. Les voleurs disent également glacis refroidi.
Glacis, Glassis. Verre à boire,
— dans l'ancien argot.
Glaçon. Personne à l'aspect froid et sévère.
(Haive. Guillotine, — dans le jargon des voleurs. — Passer sa bille au glaive, être guillotiné.
La variante est : Etre glaive; en souvenir du fameux et vieux cliché : « Le glaive de la justice '>, si prodigué sous les voûtes de la Cour d'assises.
Glaviot. Crachat très épais.
Glavioter. Se livrer à une longue et pénible expectoration matinale.
Glier, Glinet. Diable, — dans l'ancien argot.
Glissade. Faute que commet une demoiselle en glissant dans les bras d'un amoureux. Faire des glissades, se laisser tomber dans une foule de bras tout prAts à vous recevoir simuUunérnent ou les uns après les autres.
Glissant. Savon, — dans le jargon des voleurs.
Glisser (Se laisser). Mourir.
Mot à mot : se laisser glisser de ce monde dans l'autre.
Gnon. Contusion ; coup qui marque.
Gobage. Amour. Fort gobagCy amour passionné.
Gobbe, Gobelot. Calice, — dans le jargon des voleurs.
Gobe-mouche. Espion, — dans l'ancien argot.
Gobe-prune. Tailleur.
Gobelin. Gobelet d'escamoteur. — Petit gobelet dont se servent les robignoleurs pour escamoter la muscade et faire des dupes.
Gobelius (Le docteur). Recruteur de dupes, pour les maisons de jeu, — dans l'argot des joueurs du xviii® siècle. (Fr. Michel.)
Gobelottage. Plaisir, amusement.
Gobelotter. S'amuser, rire, boire et chanter. — Le dictionnaire de l'Académie le donne dans le sens de boire à plusieurs petits coups.
Gobelotteur. Celui qui aime à s'amuser, ami du plaisir.
Gober. Trouver bien; trouver à son goût. Se dit principalement des personnes. Gober quelqu'un. — Us se gobenty ils s'aiment, ils se plaisent mutuellement. — Se gober, avoir une haute opinion de sa personne, être infatué de soi-même.
Gober (La). Etre dupe; être victime, ne pas avoir de chance dans une affaire, perdre de l'argent dans une entreprise.
Gober son bœuf. Etre furieux d'une chose ou contre quelqu'un.
(A. Delvau.)
Gobeson , Gobette. Verre à boire, — dans l'ancien argot.
Gobeur, Gobeuse. Naïf, naïve, crédule. Mot à mot : celui qui gobe,aLya\e tout ce qu'on lui dit.
Gobet. Quartier de viande, — dans le jargon des bouchers.
Gobet. Vaurien. C'est-à-dire individu qui gobe, qui trouve bon... à prendre tout ce qu'il voit.
Gobichonnage. Amusement , plaisirs variés. — Gobichonner, s'amuser, faire un bon repas. — Gobichoniieur, gobichonneuse, celui, celle qui aime à rire; plaisant, plaisante, gourmand, gourmande.
Gobilleur. Juge d'instruction, — dans l'ancien argot.
Gob, Gobin. Bossu. Vieux mot emprunté au patois picard.
Gobseck. Usurier, avare. Nom d'un des personnages de La Comédie humaine de Balzac. Le nom seul est une trouvaille, surtout venant après l'Harpagon de Molière.
Godaille, Godaillerie. Badinage, badinerie. — Godailler, rire, faire des farces, aimer à plaisanter. — Godailleur, celui qui aime la plaisanterie. — Flâneur. — Godailler, gobelotter, et gobichonner sont de la même famille et ont à peu près la même signification.
Go dan. Piège; mensonge, mensonge inventé pour faire patienter un créancier. — Monteur de godans, menteur. Mercadet de Balzac, est un monteur de godans. C'est un dérivé de goder, se réjouir, gaudere, en
latin. Le débiteur qui trompe son créancier se donne la comédie à lui-même, il se réjouit des bonnes plaisanteries qu'il débite sérieusement.
Godard. Mari d'une femme qui accouche. (L. Larchey.)
Godiller. Donner des preuves de virilité.
Godillot. Conscrit, — dans le jargon des troupiers.
Godillot. Soulier. Allusion au nom du fabricant d'habillements militaires. « C'est pas moi qui userais les clous de mes godillots pour une poupée pareille. »
(P. Beyle.)
Goffeur. Serrurier, — dans l'ancien argot, du celte goff, forgeron.
Gogo. Niais, nigaud; abréviation et redoublement de la dernière syllabe de nigaud. Gogo pour gaudgaud. — Quelques écrivains l'ont , par raillerie, employé comme synonyme d'actionnaire. C'est le nom d'un actionnaire récalcitrant dans la pièce de Robert-Macaire.
Gogoter. Puer, — dans le jargon des barrières. — Qu'estce qui gogote comme ça?
Goguenaa. Récipient en ferblanc remplissant, au régiment, l'office de tinette; latrines portatives. — Par ironie, les troupiers appellent aussi « goguenaux » leurs gobelets en fer-blanc et leurs marmitcb de campagne.
Par extension, sorte de valet de chambre dans une prison. « Le goguenau est un homme nommé par le concierge pour maintenir la propreté dans le corridor,,, et porter en certain lieu yes objets odorants de la nuit. »
(Em. Debraux, Voyage à Sainte- Pélagie, 1823.)
Goguette. Cabaret où l'on cultive la chanson inter pocula, en dînant et après dîner.
Goguetier. Ami de la goguette, ami de la chanson bachique.
Goinfre. Chantre. Il ouvre la bouche comme s'il allait avaler tout le monde.
Goitreux. Imbécile.
Gomme (La). Manière d'être, état, genre du gommeux. Classification des élégants surnommés gommeux,. Il y a la haute et la petite gomme. Les commis de magasin, les seconds clercs de notaires, les collégiens en rupture de bancs... de collège, qui veulent singer les gommeux du High-Life, font partie de la petite gomme.
Gomme (Faire de la). Faire du genre, faire l'élégant. — « Si vous allez faire, quand même, de la gomme chez l'ouvrier, au moins ne grognez pas si on vous calotte. » [Lart de se conduire dans la société des pauvres bougres.)
Gommeux. Fashionable qui se trouve charmant, et que le bon gros public avec son gros bon sens trouve ridicule. Le Figaro a beaucoup contribué à mettre le mot à la mode. — « Le gommeux succède au petitcrevé^ qui avait succédé au gandin^ qui avait succédé au fashionable, qui avait succédé au lion, qui avait succédé au dandy, qui avait succédé au freluquet, qui avait succédé au merveilleux, à ['incroyable, au muscadin, qui avait succédé au petit-maitre. »
(^BeTua^VWft , F^squi^^es et Croquis
parisiens.) <c J*ai rencontré tout à l'heure un gommeux de la plus belle pâte, ridiculement prétentieux de ton, de manières, d'allures. » {Maxime Rude.) Quant à l'étymologie, les opinions sont partagées. Pour les uns, ils sont empesés, gommés dans leur toilette, dans leurs cols, d'où leur surnom. — D'autres veulent que l'état misérable de leur santé, à la suite d'une série d'orgies, en les réduisant à l'usage du sirop de gomme, soit la source du sobriquet. Déjà, avant que le mot eût fait fortune, les étudiants appelaient « amis de la gomme, gommeux », ceux de leurs camarades qui mettaient du sirop de gomme dans leur absinthe.
Gommeux. Pris adjectivement a le sens de joli, agréable. (L.
Larchey.)
Gonce, Gonsse. Individu, le premier venu, homme, passant.
Avait primitivement le sens d'entre teneur. « Une femme entretenue appelle son entreteneur un gonsse. » {Les Voleurs et les volés, 1840.) Cette acception de gonsse donnerait à penser que ce mot a été également pris dans le sens d'imbécile.
Gondolé (Âir). Mauvaise mine.
Avoir l'air gondolé, avoir le visage boursouflé; allusion au bois gondolé.
Gonfle- bougres. Haricots blancs.
Gonzesse. Femme,la première venue. — Amante.
Goret. Coupeur de chau.ssures; premier ouvrier cordonnier.
Gorge. Elui, — dans le jargon des voleurs.
Gorgniat. Homme malpropre, mal élevé.
Gose. Gosier, par apocope.
Gosse. Enfant, — dans le jargon du peuple, qui dit tantôt le gosse, tantôt la gosse, selon le sexe. — Dans le jargon des voyous, une gosse, une gosseline, c'est une fillette de quinze à seize ans ; sert encore à dé.signer une amante. H est à remarcpier que mion de gonesse signifiait, autrefois, petit jeune homme. (V. Oudin, Cur, franc.) Gosse pourrait bien être un diminutif de mion de gonesse.
Gosse. Mensonge, plaisanterie, mauvaise farce.
Gosselin, Gosseline. Nouveauné, petite-fille au maillot, — dans le jargon du peuple.
Gosser. Mentir, — dans le jargon des collégiens.
Gosseur. Menteur, hâbleur.
Gossier, Gonssier. Homme, individu. C'est une forme nouvelle de gonsse, — dans l'argot des barrières.
Goteur. Libertin qui se plaît avec des souillons de cuisine et des souillons de tous genres, vulgo : Gothons.
Gouache. Figure, — dans l'argot des barrières; les voyous prononcent couache, mais ce doit être une allusion aux portraits à la gouache.
Goualante. Chanson. Goualer, chanter. Goualeur, goualeuse, chanteur, chanteuse. Vient de gueuler. Gouaier à la ç.K>»oy\X> ^ crier a\i\o\çiWT,
Gouape (La). Vagabondage, paresse, débauche et filouterie mêlés. — Vagabond, vaurien :
Une gouape,
Gouapeur. Vaurien ; gouapeuse^ vaurienne.
Gouge. Femme de mauvaise vie, mal élevée. C'est la femelle du goujat.
Gougnottage. Honteux commerce, honteuse cohabitation d'une femme avec une autre femme.
Gougnotte, Gougne.Tribade; femme qui joue les travesties à huis clos.
Gouguotter. Se livrer au dévergondage entre femmes.
Gouille (Envoyer à la). Envoyer promener.
Gouine. Guenon. Méchante femme.
Goujon. Jeune voyou qui vit aux crochets d'une pierreuse ou de toute autre prostituée ignoble.
« Petit poisson deviendra grand » Pourvu que Dieu lui prête vie. »
Goujon. Petit morceau de fil de zinc dont les marbriers se servent, en guise de clou, pour ajuster les plaques de marbre.
Goujon d'hôpital. Sangsue, — dans le jargon des voyous.
Goujon (Lâcher son). Vomir.
« T'as lâché ton goujon » Sur mon baluchon. »
{Chans. pop.)
Goulot. Bouche, gosier. Repousser du gouloty sentir mauvais de la bouche.
Goulu. Ptfiis.— Poêle à chauf-
fer.
Goupine. Tête, allure de voleur; mise dans le goût de celle de Robert-Macaire.
Goupiner. Voler, s'ingénier à faire le mal. « En goupinant seul et dans un pays étranger, on n*a à craindre ni les moutons ni les reluqueurs. » (J. Richepin, V Assassin nu.) — ôotiptner les poivriers ^ voler les ivrognes.
Goupillon. Commis au pair, — dans le jargon des employés de la nouveauté. C'est, sans doute, une altération de gouspillon, gouspin.
Gonpline. Litre de vin, — dans le jargon des voleurs.
Gourd Tromperie, mensonge, filouterie. D'où Tancien verbe gourrer.
« Pour gourrer les pauvres gens » Qui leur babil veulent croire. »
{Parnasse des Muses.)
Gourdement. Beaucoup, très bien, — dans l'ancien argot.
Gourer. Duper, filouter.
Gourer (Se). Ne pas observer la couleur locale, commettre un anachronisme, — dans le jargon des comédiens. — « Les actrices de mélodrame se gourent quand elles courent à travers la montagne avec de petits souliers de satin blanc. A Chartres, j'ai vu Abraham mettre le feu au bûcher avec un briquet de M. Fumade. » [Petit Dict, des coulisses.)
Goureur. Escroc qui exploite la crédulité ou la bêtise de quelqu'un pour lui vendre fort cher un objet de peu de valeur. — Goureur de la haute, celui qui V îd\\, âi^s <l\3i^^?. ^w ^w\^\l^wt des
DtCTIONNAlRE D ARGOT MODERNE.
actions d'une entreprise imaginaire, comme, par exemple, les actions de mines de pains à cacheter.
Gourgandinage. Débauche, plaisirs crapuleux.
Gourgandine. Femme de mauvaise vie; coureuse. Au xv® siècle le mot avait le sens qu'il ' a aujourd'hui. On disait encore gourdine et gourdane. Les gourgandines habitaient Tile de la Bourdaine dans la Cité, anciennement (au xni° siècle) Tile aux Vaches. C'est dans l'Ile aux Vaches que furent brûlés les Templiers. (P. Dufour. llisl. de la prostitution^ i8o2.)
« S'il pouvait devenir cbcu
» Epousant une gourgandine. »
(Scarron, Poésies.) « Et sans sourdines, » Mener joyeuse vie avec des gourgan-
[dines. >»
(V. Hugo, Châtiments.)
Gourgandiner. Courir les bals, les soupers et les hommes. — Des drôlesses qui ne font que gourgandiner.
Gourgonsser. Se plaindre sans cesse, se répandre en jérémiades, — dans le jargon des typographes.
Gourgousseur. Celui qui se plant sans cesse et à propos de rien. C'est une allusion au bruit produit par les borborygmes, ces plaintes que font entendre les boyaux incommodés ou en détresse.
Gouspin. Petit polisson; pauvre diable.
Gouspiner. Vagabonder.
Gousse, Gaupe. Fille publique, — dans le jargon des voyous.
Gousset, Goulfier. Manger,
Gousset percé (Avoir le). Etre prodigue, ne pas savoir garder un sou en poche. — iNe pas avoir d'argent dans sa poche.
Gousset. Aisselle. — Rifter du gousset y transpirer de dessous les bras.
Goût du pain (Faire passer le). Tuer.
Goutte. Mesure d'eau-de-vie de la capacité d'un décilitre.
Prendre la goutte y boire un verre d'eau-de-vie. — Bonne goutte, bonne eau-de-vie. — Pour le peuple tout bon cognac, fût-il à vingt francs la bouteille, est de la bonne goutte.
Goutte (Donner la). Donner à téter. — Demander la goutte, demander à téter en piaillant ou à haute et intelligible voix, comme font les enfants qui ne sont pas encore sevrés à deux ans. La mère dont les mamelles sont presque taries, ne peut plus donner qu'une pauvre goutte à son nourrisson.
Goutte militaire. Souvenir persistant d'un coup de pied de Vénus.
Gouttière à merde. Derrière,
— dans le jargon des voyous.
Va donc te laver! ta gouttière à merde aura crevé, tu foisonnes trop. — Faudra faire mettre un béquet à ta gouttière à merde.
Gouttière (Lapin de). Chat,
— dans le jargon du peuple qui, chaque fois qu'on lui sert du lapin à la gargote, renouvelle la plaisanterie, parce qu'il ta.\ii bien nte \3L\i ^^m.
Gouvememeot. Dans la bouche de l'ouvrier, ce mot est synonyme de « ma bourgeoise, mon gendarme. » Quand un ouvrier parle de sa femme, il dit volontiers « mon gouvernement». — Hiei', fui pins un fameux bain avec des camaroSj je me suis cuite dans le gîte, reusement qv£ mon gouvernement m'a pas entendu rentrer.
Gouyemement. Epée d'ordonnance des polytechniciens.
Mot à mot : cpée fournie par le gouvernement.
Goy, Goym. Chrétien, — dans le patois des marchands juifs.
Râler le goye, tromper le chrétien. — Les marchands forains, mais principalement ceux du Midi, ont donné le nom de goye à l'acheteur doté d'une bonne tête d'imbécile.
Goye. — Boiteux, — dans le jargon des méridionaux de Paris.
Graffagnade. Commerce de mauvais tableaux. — Tableau de commerce, — dans le jargon des marchands de bric-à-brac.
Grafin. Chiffonnier; par allusion au crochet qui agrafe les épaves échouées le long des trottoirs.
Grain. Pièce de dix sous, — dans l'argot du Temple.
Grain, petit grain. Animation causée par un commencement d'ivresse.
Grain (Avoir un). Avoir l'esprit un peu dérangé. Mot à mot :
un grain de folie.
Graillonner, Converser à 'e voix, d^une cour de pri-
son à l'autre, du dortoir à la cour.
GraiUonner. Cracher avec effort, tousser gras.
GraiUonneur, Graillonnense.
Celui, celle qui graillonne.
« Comme c'est ragoûtant d'avoir affaire avant son déjeuner à un gi'aillonneur pareil! » (H. Monnier, Scènes populaires.)
Graillonneuse. Blanchisseuse par occasion. C'est le nom que donnent les blanchisseuses de profession aux ménagères qui vont au lavoir laver le linge de leur famille, parce que, ne possédant pas très bien le maniement du battoir, elles ôclaboussenttoutle monde autour d'elles.
Graisse. Argent. L'huile et le beurre ont également eu la même signification ; aujourd'hui ces mots ne sont plus employés que par quelques vieux débris des anciens bagnes.
Graisse (Se plaindre de trop de). Se plaindre mal à propos, se plaindre quand on ne manque de rien. Encore un qui se plaint de trop de graisse.
Graisser les roues. Boire, — dans le jargon du peuple. Quand on graisse les 7'oues. ça accélère le mouvement... des ivrogne.s.
Graisser ses bottes. Etre à l'article de la mort. Mot à mot :
graisser ses bottes pour accomplir le grand voyage.
Graisser la marmite. Payer sa bienvenue, — dans le jargon des troupiers. — Battre sa maîtresse, — dans le jargon des souteneurs.
Graisser le train. Battre, [ douueï Ôl^^ cqw^?» d^ çied au
derrière. Mot à mot : graisser le train de dennère, — dans le jargon des voyous.
Grand chef. Préfet de police,
— dans le jargon des agents de police. — « Allons! allons! le grand chef a parlé; filez et plus vite que ça!» {UUnivers du !«*• juillet 4880.)
Grand-papa. Surnom donné par les élèves de l'Ecole Polytechnique au général commandant l'Ecole.
Graoudjem. Charcutier, — dans le jargon des voleurs. — C'est gras-double estropié et doté de la terminaison jem. — Faire un graoudjem à la dure, voler un charcutier, voler du saucisson.
Gras. Semonce, réprimande,
— dans le jargon des ouvriers.
C'est un frère qu'on a donné au suif et au savon pris dans le même sens. Attraper un gras du contre-coup en aboulant à la boite, recevoir des réprimandes du contre-maître en arrivant à l'atelier.
Gras (Avoir son). Etre tué.
(L. Larchey.)
Gras (Il y a). Il y a de l'argent. « M. Vervelle présentait un diamant de mille écus à sa chemise. Fougères regarda Magus et dit : — Il y a gras! »
(iîalzac.)
Gras-bœuf. La soupe et le bœuf, Vordinaire de l'Ecole Polytechnique, — dans le jargon des élèves de cette école.
Gras-double. Feuille de plomh,
— dans le jargon des voleurs.
Gras-double. Seins aussi vastes que fugitifs, — dans le jargon des voyous.
Gras-double (Déjeuner du).
Déjeuner de charcuterie institué le vendredi-saint par les libres-penseurs, ou mieux panseurs, qui regrettent qu'il n'y aitpasde gras-triple, pour mieux protester.
Gras-doublier. Voleur de plomb.
Grasse. Coffre-fort, — dans le jargon des voleurs. Esquinter, estourbir la grasse, forcer un colfre-fort.
Grate. Gratification obtenue pour travail supplémentaire, — dans le jargon des typographes.
Gratin (Du). Des coups, — dans le jargon du peuple. « Un grand sèc, en bras de chemise, ouvre laporte, saute sur l'homme et lui fout un gratin à le tuer. »
(La petite Lune, 4879.) — Refiler un gratin, donner une gifle formidable.
Gratis. Crédit, — dans l'argot des marchands de vin. Pour eux, faire crédit, c'est, souvent, donner la marchandise gratis.
Gratouse. Dentelle, — dans l'ancien argot.
Gratte. Gale. — Avoir pincé la gratte, avoir attrapé la gale.
Gratte. Excédant d'une marchandise confiée à un ouvrier à façon, et qu'il croit devoir s'approprier.
Gratte-couenne. Barbier.
Gratter. Arrêter, — dans l'ancien argot. — Garder l'excédant d'une marchandise confiée pour un travail à façon. — Chiper, retirer un profit illicite.
— Il n'y a rien a gratter (Zolus cette baraque, *\\ul^ ^^^^ ^<i\i^-
néfices à faire dans celte maisou.
Gratter les pavés. Vivre dans une grande misère.
Gratter au foyer. En terme de tliéiUre, c'est, pour un auteur, attendre le tour de sa pièce ; pour un acteur, c'est attendre un rôle.
Gratter à la corbeille. Dans le jargon de la Bourse, c'est ne plus pouvoir jouer sur les fonds
fmblics, parce qu'on est dans 'impossibilité de fournir une couverture (provisions) à l'agent de change.
Grattoir. Rasoir, — Passer au grattoir, se faire raser.
Graveur en cuir. Savetier.
Grec. Tricheur. — Dans le jargon des cochers de fiacre, un grec est un bourgeois, un voyageur qui manque de générosité ou qui ne donne pas de pourboire. 11 Houe le cocher.
Grèce (La). Classification des tricheurs, art de tricher. — Tomber dans la Grèce, devenir tricheur après avoir été dupe au jeu.
Grécer, Graisser. Tricher.
Etre grécé, ôLre volé au jeu.
Grecque. La femelle du gjxc.
« Il y a également à Paris beaucoup de grecques qui fréquentent certains tripots clandestins. » (L. Paillet.)
Greffer. Souffrir de la faim.
Greffier, Griffard. Chat, — dans le jargon dos voleurs.
Greffir, Griffer. Dérober adroitement, comme fait le chat.
Grêle, Marques de petite véroJe, — JYe s'être pas fait assur
rer contre la grêle, être marqué de la petite vérole.
Grêle, Grelesse. Patron, patronne d'une petite niaison de tailleur, — dans le jargon des tailleurs. — Grelasson^ patron d'une maison de dernier ordre.
Grelot. Langue bien affilée.
— Beau parleur dans les réunions publiques.
Grelot (Faire péter son). Parler. Autrefois, c'était « faire péter la goule a (la gueule).
« Car avant que le jour s'écoule » Nous en ferons péter la goule » Peut-être à monsieur l'avocat. »
(Poisson, Zig-Zag.)
Grelot (Mettre une sourdine à son). Se taire.
Greluchon. Jeune niais, oisif ne s'occupant que de toilette et de plaisirs (18oo). « Ces créatures attirent nécessairement une nuée de jeunes lions, de grclu" chons aimables, etc. » {Paris- Faublas.) Autrefois greluchon avait le sens de souteneur, jeune souteneur.
Greluchonner. Faire le métier de greluchon.
Grenadier. Pou de forte taille.
Grenasse. Grange, — dans l'ancien argot.
Grenier à coups de sabre.
Fille à soldats.
Grenier à lentilles. Visage marqué de petite vérole.
Grenouillard. Grand amateur de bains froids. « A Paris, durant tout l'été, le grenouillard se voi t dans les écoles de natation. »
(Ph. Audebrand.)
Grenouille. Femme stupide V eV \ia.\axÔL^, — dajia le jargon
du peuple. — « Des propres à rien qui ne savent faire que courir la grenouille. » {Le Sans- Culotte , 1879.)
Grenonille. Somme d'argent d'une certaine importance. — Manger la grenouilley dépenser l'argent confié, soustraire un dépôt d'argent. On a tant mangé de grenouilles, il y a tant eu de mangeurs de grenouilles depuis une vingtaine d'années, que l'expression, toute militaire, d'abord, s'est généralisée. Elle s'applique à tous ceux qui s'approprient un dépôt, et principalement aux caissiers infidèles.
Grenoniller. Boire de l'eau.
Grenouillère. Bains froids dans nie de Croissy. La Grenouillère a été très fréquentée par les grandes pécheresses qui y allaient laver leurs péchés.
Grenu. Blé. — Grenuche, avoine. — Grenue, farine, — dans le jargon des voleurs.
Grès. Cheval, — dans l'ancien argot.
Grève (Prendre un ouvrier à
la). Prendre le premier venu.
Grézillon. Prise de tabac. (A.
Belot.) Les synonymes sont: nasée , muffetéd,
Griaches. Baquet aux excréments, — dans le jargon des prisons. (Hist, desprisons^ ITO?.).
Grilfarde, Griffonnante. Plume à écrire, — dans le jargon des voleurs.
Griffeton. Soldat; \io\xT griveton, — dans le jargon des voyous.
Grigne. Grimace. C'est un dérivé de grigner. On dit qu'un chien grigne, quand les dents
de la mâchoire inférieure font saillie.
Griffonner. Jurer, — dans l'ancien argot.
Grignou. Juge, — dans le jargon des voleurs. La physionomie du juge n'a rien d'aimable pour ces messieurs.
Gril. Premier plancher général au-dessus de la scène, après les corridors du cintre. Son nom vient de ce qu'il est fait effectivement comme un gril. (A. Bouchard.)
Grillade. Infidélité conjugale, — dans le jargon des ouvriers.
Grillé (Etre). Etre en prison.
Allusion à la grille de la prison.
Jadis on disait d'une femme qui prenait le voile : Elle a épousé ta grille. « Vous souhaitez qu'elle épouse une grille. » (Hauteroche, Crispin musicien,)
Griller. Faire une infidélité conjugale. — C'est moi qui ai grillé la bourgeoise hier soir.
Griller une (En). Fumer une pipe. — Griller une sèche, fumer une cigarette.
Grilleuse de blanc. Repasseuse.
Grimer (Se). Se griser; avec changement d'une lettre.
Grimoire mouchique. Code pénal. — Dossier judiciaire.
Grimpant. Pantalon. « Mon grimpant se détraque et mes bottes sont blettes. » (Huysmans, Marthe.)
Grinchage. Vol, friponnerie; pour grinchissage. « Un journal racontait hier que T'Kindt était, du reste, un vrai arUç>l^ ^w.xçv.'^tière de gTmcYiBJ^ft, ^.^^\\q^^^>^
DICTIONNAIRE D ARQOT MODERNE.
hiyh'life, » (Pierre Véron, Etéucment du novembre 1878.)
Grinche. Filou. C'est le terme j^énôrique des voleui's adroits.
Grincheur. Petit filou, apprenti V(»leur.
Grincher, Grinchir. Voler. — Griuchir au prix courant, voler ii rélalaf»e. Les variantes sont :
Grinchir en plein trèpe, piocher dans le tas.
Grinchissage. Filouterie. — Art de tilouler; métier du voleur, pratique du vol. — Maronner un Ifrinchisaai/c, manquer un vol.
(Colombey.)
Gringalet. Individu cliétif.
Gringue. Pain, — dans le jargon des ouvriei*s.
Grinte. Figure désagréable.
— Italianisme : de grinta, ride.
Grippe-Jésus. Gendarme. —
Mot à mot : celui qui prend un innocent. A l'entendre, le malfaiteur est toujours une victime, un petit saint, un petit Jésus.
Grisaille, la Grise. Sœur grise, sœur de charité; par allusion à la couleur de la robe.
Gris, Grise. (Uier, chère, aimable.
Gris (Le). Le vent, — dans le jargon des voleurs.
Gris d'officier. Légère ivresse.
(D^ Danet, Moniteur universel^ 10 août 1868.)
Grive. Guerre. — Patrouille.
— Garde républicaine.
Grivier. Soldat. — Grivier de gaffe, sentinelle, soldat en faction.
Grondin. Porc, — dans le jar- £"012 des voleurs.
Gros (Le). Le point de neuf au jeu de baccarat, — dans le jargon des joueurs.
Gros (Mon). Nom d'amitié qu'une femme mal élevée donne à son amant. C'est-à-dire mon gros chéri.
Gros pointa. Archevêque, — dans le jargon des voleurs.
Gros joufflu. Le second visage d'une pei*sonne chargée d'embonpoint.
Gros lolo. Cuirassier, carabinier.
Gros-cul. Chiffonnier à son aise. Les gros-culs possèdent un âne et une petite voiture pour les besoins de leur industrie. Ils habitent en grande partie le passage Saint-Charles à Levailois.
Gros légume. Officier supérieur.
Gros numéro. Maison de tolérance.
Grosse cavalerie. Egoutiers.
— Figurantes de la danse à l'Opéra. — L'élite, le dessus du panier des bagnes, la tleur des scélérats en villégiature à Cay enne. Ainsi nommés parce qu'ils chargent à fond de train sur leurs victimes.
Grosse caisse. Prison, — dans le jargon du régiment.
Grosse tôle. Prison, — dans l'argot des marins.
Grosse culotte. Ouvrier ivrogne et beau parleur. Ouvrier qui pérore chez le marchand de vin.
Groule, Groulasse. Vaurienne;
petite fille malpropre. Les marchandes à la toilette, les revendeuses, appellent leurs appren-
Grouper. Arrêter, saisir, — dans le jargon des voleurs. — Se faire grouper, se faire arrêter.
Grue. Femme sotte et prétentieuse. — Dans le dictionnaire de r Académie, grue est donné dans le sens de niais. — Dans le jargon des comédiens, c'est une demoiselle qui possède de la beauté, de l'argent et des toilettes en quantité suffisante pour obtenir un bout de rôle où elle montre ses épaules, ses diamants et sa bêtise. Elle lève les gentilshommes de l'orchestre, comme la grue lève les fardeaux ; d'où son surnom.
Grugeur. Parasite. Celui qui vit aux dépens de quelqu'un ou de plusieurs.
Guadeloupe. Bouche, — dans l'argot des barrières. Le mot « guadeloupe » rappelle vaguement le mot « gueule ». Charger pour la Guadeloupe, manger.
Guédouze. La mort, — dans l'ancien argot. — Du celte guenndUy blanche-noire. (V. Hugo.)
Guelte. Bénéfice accordé à un placier, à un commis en nouveautés sur la vente d'un article. « Carpentier a touché ses deux mille cinq cents balles de guelte •. (P. Mahalin.)
Guelter. Réaliser un bénéfice sur une vente, — dans le jargon des employés de commerce.
Guenou. Femme du patron, — dans le jargon des ouvriers quand ils ne l'appellent pas « la singesse ».
Guérite à calotins. Confessionnal, — dans 'le jargon du peuple. Elle est toujours fourrée dans les guérites à calotins, —
Moi, fy ficherais des calottes A ta place.
Guette (Bonne). Bonne garde, en parlant d'un chien. Cabot rup pour la guette, bon chien de garde.
Gueulard. Poêle. — Bissac.
Gueularde. Poche, — dans le jargon des voleurs. La poche est la gueule, la bouche du paletot.
Gueule. Bouche. — Fine gueule, gourmet. — Porté sur la gueule, amateur de bonne chère.
— Fort, forte en gueule, celui, celle qui crie des injures. — • Gueule de travers, mauvais visage, mine allongée. — Gueule de raie, visage affreux. — Gueule d'empeigne, palais habitué aux liqueurs fortes et aux mets épicés; laideur repoussante, bouche de travers, dans le jargon des dames de la halle au xviu® siècle, qui, pour donner plus de brio à l'image, ajoutaient : garnie de clous de girofle enchâssés dans du pain d'épice, — Gueule de bois, ivresse. — Roulement de la gueule, signal du repas, — dans le jargon du troupier. — Taire sa gueule, se taire. — Faire sa gueule, être de mauvaise humeur, bouder. Se chiquer la gueule, se battre à coups de poing sur le visage. — Crever la gueule à quelqu'un, lui mettre le visage en sang. — La gueule lui en pète, il a la bouche en feu pour avoir mangé trop épicé.
Gueulent (Les soupapes). Terme des ouvriers du fer, des mécaniciens, lorsqu'ils veulent dire que la vapeur s'échappe par les soupapes. Au figuré, c'est lorsqu'un ivrogne donne congé aux.
tlols de \i(\v\\^^ cçi'W ^^^^^^^Mg
DICTIONKAIRE D ARQOT MODERNE.
Gnenleton. Dîner fin, dtner do finus gueule*. — « Do temps en ti-mi».*, je tiio donne la fantaisiu A un pcUlgunikton. » (Copriiard rrd'cs, Lu Ckalle blaii' cAp.) — GtieulrltiH à chier partout, dîner siiftciilenl et copieux.
Gnense. Fille publique, maltfesse (jui vous Irompeavec tous ro.-t amis et mftmc avec vos ennemis. ■[ Monsieur est encore ennujé k cause de sî gwiise. »
{G, Lafosse.) — Courir lit gueuse, coui'ir les filles.
Gueax. (iliikuirarcEtc entras; la chautfcrutti! dus pauvres fem-
Gnenx (Le). Le froid, — dans le jai'gon du peuple. Le gueux pince dur; le gueux pince comme un civ,be,
Gnibe, Gmbon, Guibolle. Jambe. — Guibc de milou, jambe de bois. — Guibc à la manque, boiteux. — Jouer d'S guibolles, décamper.
Guibolle B italiques. Jambes tordues. Se dit des jambes d'un bancal, — dans lu jargon des typogi'aplios. I,e caractère dit italique est un cai'aclërc penciié, d'où guibolles italiiiues pour désigner des jambes qui ne sont
oites.
Gnichemar. Guiclietier. Et les variantes inévitables : Guichemuckc, guichcmince et gukhcmincemnr, et guicheininecmuche.
Guiches. Cheveuit, — dans le jargon des voleurs, ctprincipiilement ohevcuï polies sur les tempes. — De Ifi le surnom de B Riecs de la guiche " ou simplement de i< guiches » donné aux souteneurs. — « Ohé! la guickel tu fais rien tongirond'. t'as passé
aux ipinardal Ohé! le soaleneur ! tu fais bien des embairasl tu as reçu de l'argent de ta maîtresse ?» — Trifouiller les guiches, peigner.
Gnignard. Voué au guignoo, au mallieur. a Et semblait, entre lesdeux tableaux d'une taille, choisir tnujour.i le plus giiigoard. " [Vast-Ri couard, ie lYÎpot.)
Gnigne. Guignon. — Guignasse, guignon énorme. —Guignolant, guignolante, désespérant, désespérante.
Gnimbard. Voiture cellulaire; synonyme de panier à salade.
Guimbarde. Voix, parole, — dans le jargon des halles. — Couper la guimbarde, imposer silence.
— Mon ^MO fil BurloQt mûa nlkaraDguA X Cou^ienr lu guimbarde aux plus forts. '
(L. F&ilesu, Le Tapageur.)
Guimbarde. Horloge, — dans le jargon des voyous. « Au moment juste oii douie plombes se sont décrochées à la guimbarde dclatôte.>'{LePéreDuchène,\B'9.)
Gninibarde. Porte, — dans le jargon des ouïricrs. — Bousculer la guimbarde, faire claquer la porte.
Gninal, Guignai. Juif; usurier.
— Le grand guinal, le Mont-de- Piété. — Les chilfonniers appellenl;;uinu(,{;u!^n((i, lemarcliand do chiltbns en gros ou oneoro ogre, Abraham, Joitarei.
Gniualiser,Guigaaliser. Faire l'usure. — Aclieler à vil prix, — dans le jurgtm des chilfonniers.
— Dans l'ancien argot, guinaliser, avait le sens de circoncire.
Guinche. Bal public. — Caba-
ret mal famé, — dans le jargon des voyous. — « A la porte de cette guinche, un municipal se dressait sur ses ergots de cuir. »
(Huysraans, Les Sœurs Vatard.) Guinche est une altération de guinguette. Le mot n'est pas moderne, mais il est très usité depuis quelque temps.
Guincher. Danser dans un bal
public. Guinche, guincharde, danseuse de bals publics.
Guindal. Verre, — dans F ancien argot.
Guitare. Redite, rabâchage, doléances. — Jouer de la guitare, rabâcher. — Pincer, jouer de la guitare, être en prison.
Guitariste. Rabâcheur ; importun.
H! — Exclamation ironique; par abréviation de hasard, — dans le jargon des typographes.
« Un poivreau vient-il promener sa barbe à l'atelier, H ! s'écrient ses confrères. » (Boutmy, Les Typographes parisiens.)
Habillé de noir Avocat; expression fort usitée au siècle dernier parmi le peuple.
Habillé de soie. Cochon.
Habiller. — Maltraiter en paroles, médire, réprimander; c'est une variante de l'ancien draper. — « C'est moi qui vous l'a habillé de taffetas noir. »
(A. Dalès, La Mère l'anecdote, chansonnette.)
Habiller. Préparer un animal pour l'étal, — dans le jargon des bouchers.
Habit noir. Menteur.
Habit du père Adam. Nudité absolue.
Hacher de la paille. Parler français avec l'accent allemand.
Se dit d'un Allemand qui baragouine le français.
Halènes. Outils de voleur ,
tout ce qui sert à l'exploitation du vol, depuis la pince à effraction jusqu'à la cire à prendre les empreintes.
Hallebardes (Il tombe des).
11 pleut à verse.
Halot. Soufflet de forge. — Ilalotin, soufflet pour le feu.
Hancher (Se). Se camper sur la hanche; faire le rodomont.
Hane. Bourse, — dans l'ancien argot.
Hanneton. Monomanie, idée fixe. On dit de quelqu'un qui est tourmenté d'une idée aussi fixe que saugrenue : « Encore son hanneton qui le travaille.».
Celui qui a un hanneton dans le plafond est hannetonné, c'est-àdire qu'il a la tête fêlée.
Happer le taillis. Prendre la fuite, — dans l'ancien jargon populaire.
Happin. Chien. — Happiner, mordre, — dans l'ancien argot.
Hardi à la soupe. Qui n'est bon qu'à manger, qui ne sait ou qui ne veut rien faire.
Hareng-saur (Lapas du). Ga- vers 4838, me de BoulaiiiTîl-
\alu»r stMil oxtMMitcS avec batte- 1ers. en face le pont de Gre-
iiiiMit li'iMitnrhals. Les mili- nelle; c'est là qu'il s'éteignit
tairos piiu'ont a^rt^ahlcmcnt lo avec la garde nationale.
iMm lia hnirna-saur, (Jargon des „ • ** «
lihimbUc^,) Haricotteur. Bourreau, -
dans 1 ancien argot, du vieox
Hariadan Barbe-rousse. Jésus- ^j^t harigot, pièce, morceau.—
Chnsl. - - dans ranoien argot. Qn dit encore haricot de mouton,
lltmadm, pour Wivriadan , de ragoût de mouton coupé en
il«irri\ HitMi, ot Barbe-rousse, morceaiui, pour harigot de mou-
par allusion A la oouiour que ^^^^ lo!4 poiutivs ont donnt^e à la
liarlio du Christ. — Sous le Harnaché. Habillé. — dans le
tilro i\o iliin.if/an Barbe-rousse, jargon des voyous.
i:oi^t> ot V. Duoango ont écrit Harnais. Vêtement, — dans
""^' P'*'***'' le même jargon.
Haricot, Piod. — dans lo jar- Harnais Viande coriace
Kon dt^s prisons. Jo donne lo **arnais. vianae coriace.
mot sur I aultuilt^ do M. A, Ro- Harnais de grive. Uniforme
loi. [Le nù da Grecs,) Pour ma militaire,
parl.jo no Tai jamais ontondii Harpe. Barreau de fer, grille,
pnmon.w. A coup sur 00 n est porte de fer à barreaux. -
pas do lar^ot do volour pan- iower de /a /larpe, voler à la tire.
*'*^"' Les doigts du voleur se pro-
HarlootSvHôteldes^.Anoionne mènent dans la poche d'autrui
UMson do Tauoiouuo gardo na- comme les doigts du virtuose
ionalo. - IVimilivomonl ce sur les cordes de la harpe, ./ouer
Itioal, sur romplaoomonl du- de /a /larpe signifie encore être
quoi a oliS lw\lii\ o\\ 18V3, la en prison, vieille expression qui
bildiolh^quo Sainlo-lionovièvo, s'est conservée ; c'est la variante
lui allorlô au ooll^^v Moulaigu de pincer de la guitare,
siinmnnn,> plaisammoni u le Haussier. Spéculateur opti-
oolKNKodt.s hanools. paralu- ^,-,,^^ -^ j^ueà la hausse sur
sionù la ma.Kro ouisinoquon ,^,^ ^ ^^^ J^j^j^^^ ^'opposé du
V laisail oar \o joùno v (Hait , ..-^^.v»
'^ 1» 1» *i I • oaxssur.
ou pt^rmanonoo. (\ . Haholais,
Gargantua, l, 1, oli. xxxvu.^ « Le Haut-Temps. Grenier, — dans
colU'^go dos Haricots fut supprimé Tancien argot.
en ïl[)iL et sos bAlimonts ser>^. g ^ .^a). La haute société,
rentde nrison militaire ot de ,^ ^,,^.,d monde. - Homme
Pi ^^?J^I?'"!;r';;±/f ^ '« ^^^^^^^ ^^^^0 partie de la haute
Lasalle, XUôtel des haricots.) .,.(.\aia ' ptre de la haute etrp à
Après la Révolution, V Hôtel des i^Tnl.lLJnl. hVn^J.S
haricots émigra à l'hôtel Bazan- '« ^'«"^^' ^^'^ ^^f ^^' heureux,
court, rue des Fossés Saint- Hauteur (N'être pas à la).
Bernard, et tut enfin transféré, Mot à mot : n'être pas à lahau-
SU
teur de la situation, ne pas comprendre une chose, De pas être capable de la faire, n'être pas au courant de.
Hantocher. Monter, — dans
Havre, le grand Havre. Dien.
Herbe à la yache. La couleur trèfle d'un jeu de cartes.
Herz. Maître, — dans l'ancien argot; de l'allemand heriog ,
Hirondelle. Ouvrier tailleur de nationalité étrangère. Tantôt l'hirondelle vient faire son apprentissage à Paris et retourne dans son pays, tantOt elle arrive à la bonne saison pour repartir au commencement de l'hiver. — Hirondelle d'hiver, marchand de
Hirondelle de gogaenau. Raccrocheuse, — dans l'argot des voyous. Mot à mot: hirondelle de latrines.
Hirondelle de la mort. Gendarme chargé d'assister k une exécution capitale.
Hirondelle da potence. Gen~ darme, — dans l'argot des marins. C'est la forme nouvelle de l'hirondelle de Grève, bien que la potence ne soit qu'à l'état de souvenir.
Hisser. Appeler en sifllant.
(P. de Kock.)
Histoire. Lé temple de l'amour. L'nedemoiselle vint trou, ver, un jour, le peintre David
fiour faire faire son portrait. — e ne peins que l'htstoire, répondit l'artiste. — Alors, qui me peindra le reste? demanda la naïve enfant.
Histoire de. Pour. — Bîsloirc de rire, histoire de passer te temps, pour rire, pour passer le temps.
Histoires. Mensonges, bavardages. — Tout ça, c'est des histoires de femmes, ce sont des commérage.s.
Histoires (Avoir ses). Avoir ses menstrues.
Homard. Surnom donné aux spahis en raison de leur burnous rouge. (A. Camus.)
Homicide. Hiver. Il tue bien des pauvres diables.
Homme à la mode. Homme riche, individu bon à voler, — d.)ns le jargon des barrières.
Homme de bois. Ouvrier qui aide le metteur en pages dans une imprimerie.
Homme de lettres. Faussaire, — dans le jargon dos voleurs.
Honnête. Printemps, — dans l'ancien argot.
Honnête femme. Manon Lescaut consciencieuse et qui a du |roût pour son état, — dans le jargon des demoiselles do trot- Hôpital. Prison, — dans l'ancien argot.
Horloger de la marine. Celui qui paye tous les jours, & la même heure, le tribut à Domange.
Horloger (Avoir sa montre chez V). Avoir mis sa montre au Mont-de-Piété, — dans le jargon des artistes oui, la plupartduterops, regardent l'heure k vue de reconnaissance.
Horreur d'homme. Homme
volapo, intidèlo. — Homme très — Morceau de bois dont se
ontivpronanl auprès d'une fcm- servent les voleurs avec effrac-
mo., vi dont les priv.iulés ne tion.
déplaisent pas au fond. Hugolâtre. Admirateur pas- Horreurs. Paroles ordurières. sionné de Victor Hugo. — Pire des horrcun, tenir une Hugrement. Beaucoup, — convorsalionorduritVe. —Faire dans l'ancien argot. dvH horreurs, se livrer k une » -i o .1 panloniimc indt^cente. ^}j^^' Soupçon. - Argent. ' — lïutle de coude, vigueur de 4a Horse-steak. Bifteck de che- main, force dans le poignet. val; mot fabriqué pendant le Huile de cotrets, essence de cosié^'o do Paris, k répo([ue où trets, coups de bâton. J-on mangeait tant do cheval. ^^^ ^^^^^^ ^.^^^
Hortensia. Terme cliorégra- ii«ii- /xr^i^ a i»\ i
nhi.iue « C'est un temiH cou- .^^^ ^^^^ * ^ )' Juger une ,
pni.|ut. € i, tsi un tcmp.». cou ^ . acteur pendant
cluV, le danseur a presinie tou- V „^ *.i™i«i; '^"' f^^u^**""
jou,; une position horizontale; :3'^'^^^^^^^ «Dis donc,
ia t.n<î con nie s'il nageait : c'est ,^^\Yn '. t inim . ^^T' /'
un mouvement de bascule plus ^i " r/ iV^ v.-^^^^ (ïï*^?
lascif que gracieux. » (Petit dict. ï^/f, tl // ;/ J il^' n" ^^""^^
des coulisses.) ^ Se')' BourQtn^
Hosto. Prison. C'est une dé- ir«;i^ ^t^*^« ^^ii\ t
formation du mot hôpital, qui, , ^^i^® (J®*®^ d® ^ )• Tran-spirer
en argot, a la môme signilica- abondamment, - dans le jar-
f.v,,, ° * ° gon des voyous. — C est étonnant
lion. " ' A.' j i»i -1
comme je jatte de l huile.
Hôtel de la Belle-Etoile (Cou- „ ,^ . i * x x x •
cher à Tj. Coucher dans la rue, ^H?^^^®: ^^^acliat très épais,
sur un banc, dans les champs. Huître de poitrinaire crachat
dans les fossés des fortifications, ^,^ poitrinaire. - Huître (k
partout enlin où Ton a le ciel Varenne, fève. -- Huîtres de
pour cicl-de-lit gueux, escargots à la bourgui-
Hotteriau. Cilnllonnier. Celui
qui porte la hotte. Humecter les amygdales rS).
.... ^ , . Boire un coup, se rafraîchir
Houilher. « Ce que les restau- ^«^^ ^^ .^^^
rants a bas prix lixe ont retuse ^
de prendre au marché <\ la vo- Hurepois. Excellent, très
laille est acheté par le houillier. réussi, — dans le jargon des
Le houillier devient alors ce voyous. C'est un composé de
paysan qui vous aborde dans Ilurf, urf, apocope de surfin,
la rue et sous les portes, pour Hurler. « Les tailleurs de
vous proposer, avec des airs ^;^^^.^.^ compagnons étrangers,
mystérieux, du gibier k bon les menuisiers et les serruriers
marché. » (Eug. Chavette, Rcs- ^^ ^j^voir de Liberté ne liurlent
taurateurs et restaurés, 1868.) ^.^^^ n^n pi^^ que les tailleurs
Houssine (Jean de F). Bâton, de pierre compagnons passants.
Les ouvriers corps d'état pellent cela raison qu'ils mois qu'eux prendre. »
tiers, i852.)
de tous les autres
hurlent, et ils ap-
chanter , par la
articulent ainsi des
seuls peuvent com-
{Almanach des mé-
Hussard à quatre roues. Cantinier militaire. — Soldat du train des équipages.
Hussard de la guillotine.
Garde de Paris, gendarme, chargé de maintenir la foule les jours d'exécution capitale.
Icigo, Icicaille. Ici. « A icigo^ il reconnut Brujon, qui était rôdeur de barrières et, à icicaille, Babet, qui, parmi tous ses métiers, avait été revendeur au Temple. » (V. Hugo.)
Imbiber (S'). Boire. La variante est : s'imbiber le jabot.
Imbécile à deux roues. Vélocipédiste, — dans le jargon des voyous.
Immense. Encore un mot très, trop môme répandu dans le monde des gommeux et des gommeuses. Parle-t-on d'un acteur célèbre, voilà qu'il est immense. Tient-on un propos étonnant, c'est immense. A-t-on assisté à une fête charmante, c'était immense^ etc., etc.. — En signalant les néologismes à la mode en 1817, l'auteur des Lettres normandes s'exprime ainsi : « Le mot immense obtient aussi une grande vogue ; il n'est pas neuf, mais on le place d'une manière nouvelle.
Nos journalistes disent d'un acteur qu'il a un talent immense; nos jeunes gens du bel air disent, en parlant d'une femme :
cette femme est accomplie, elle a un œil immense. » Aujourd'hui, nous disons simplement : « Un tel est immense. » C'est au vau-
devillisme moderne qu'on doit cette nouvelle interprétation.
Impératrice. Impériale d'omnibus, — dans le jargon du régiment. Pourquoi « impératrice »? — Simplement pour avoir l'occasion de placer un déplorable jeu de mots quand on grimpe sur l'impériale.
Impressionnisme. Ecole de peinture ultra-réaliste qui, sans nul souci du dessin et de la composition, prétend produire des impressions, et ne produit que de mauvaises impressions sur le public.
Impressionniste. — Peintre ultra-réaliste. Les impressionnistes ou impressionnalistes ne peignent que l'impression. Ils jettent quelques tons sur la toile sans s'occuper ni de l'harmonie des couleurs, ni du dessin, ni du reste. Leurs œuvres ressemblent à des esquisses informes.
C'est l'indication, ce n'est pas le tableau. « Chose singulière!
Duranty qui tient à ce qu'on a appelé, depuis Champtleury, l'école du réalisme, ne comprend pas toujours la peinture de Manet. Faut-il en conclure que, malgré ce qu'on pourrait penser, réalistes et impressionnistes
ne regardent pas avec les mêmes yeux? » (Maxmic Rude.)
Inconnobré. Inconnu, — dans le jargon des voleurs.
Incurable (Portier des). C^est sous cette dénomination qu'on désifrnait, en 1835, le balcon du Théâtre-Français. « C'est là que se réfugie l'opposition ultra classique des vieux amateurs. »
(iiicquea le souffleur, Dict. des coulisseSy 1835.)
Index (Travailler à F). Travailler à prix réduit, — dans le jargon des ouvriers, qui montrent au doigt les gAte-métiers.
Indicateur. Espion^ mouchard; terme technique de la préfecture de police. <* La compagnie des allumettes emploie un certain nombre d'individus à surveiller les concurrents de son privilège; elle a des indicateurs, etc. » {Petit Journal, du 2 août i877.)
Indigent. Voyageur d'impériale d'omnibus, — dans le jargon des cochers de fiacre, qui professent le plus profond mépris pour les gens qui vont en omnibus.
Induire. Par abréviation pour induire en erreur. — « J'ai été l)ien aise de voir que le citoyen Zola nous avait induits. » (La petite Lune, 1879.)
Infante. Maîtresse d'un jour, femme que l'on courtise, — dans le jargon des sous-officiers.
Infanterie (Entrer dans 1').
Etre enceinte.
Infect. Laid, détestable. — Individu infect, œuvre infecte.
Infectados. Cigare d'un sou.
Inférieur. Personne, chose
dont on se soucie fort peu. Ça m'est inférieur, ça m'est égal.
Infirme. Maladroit. Ouvrier q^ui gâche l'ouvrage, qui ne fait rien qui vaille. — « Ils sonnèrent tant bien que mal, ces infirmes, et les gens accoururent au tapage. » (L. Gladel, Ompdr ailles.)
Ingriste. Peintre de l'école d'Ingres, qui sacrifie tout au dessin. — Peintre <jui fait gris, — en terme de pemtres. — Peinture monochrome. — cr Ainsi devant le portrait bleu de M. Amaury-Duval et bien d'antres portraits de femmes ingristes ou ingrisées. » (Baudelaire, Salon de 1846.)
Inquiétudes dans les jambes
(Avoir). Avoir envie d'administrer un coup de pied au derrière de quelqu'un ; le prévenir charitablement de l'envie qu'on a.
Insecte. Toute sorte de volaille et de gibier depuis l'oie jusqu'à la mauviette.
Insinuant. Apothicaire, infirmier.
Insinuante. Seringue.
Insolpé. Insolent, changement de la dernière syllabe.
Inspecteur des pavés. Flâneur. — Ouvrier, commis sans place et qui cherche une place, en amateur, en flânant.
Institutrice. Maîtresse d'une maison de tolérance, — dans le jargon du peuple.
Intime. « Un autre genre de billet (de théâtre) est appelé intime. Celui-là est donné gratis par le cJief (de claque) au conscrit qui fait ses premières armes. Quand la pièce nouvelle
est jouée, le subordonné remet son billet ou intime au chef, qui le vend à son profit». {Petit dict.
des coulisses.) — Par extension, le claqueur a reçu le nom dHntime.
Intransigeant. Républicain pur, qui ne transige pas avec ses opinions extrêmes. Tout comme bien d'autres, les intransigeants d'aujourd'hui deviendront des réactionnaires le jour où ils seront à la tête du gouvernement. Ils attendront la sortie des opportunistes pour se jeter sur les contre-marques. — Sous le titre de : W Intransigeant a paru le i4 juillet i880 un journal avec M. Henri Rochefort pour rédacteur en chef.
Introuvable. Urinoir public en forme de rotonde et dont Taccès n*est pas précisément
facile à découvrir. On les a également appelés les « tourneautour ». L'introuvable est le successeur direct du rambuteau.
Invalide. Pièce de quatre sous.
(Fr. Michel.) Fausse pièce de monnaie.
Invalide du pont des Arts.
Académicien.
Invalo. Invalide.
Isolage. Abandon. — Isoler, abandonner, — dans l'ancien argot, du vieux moi asoler.
Italique (Avoir pincé son).
Marcher penché, ne pas marcher droit par suite d'ivresse, — dans le jargon des typographes, par allusion au caractère dit italique.
Itrer. — Avoir, posséder, — dans l'ancien argot.
Jabot. Estomac. — Se remplir le jabot, manger.
Jacqueline. Prostituée. — Sabre de cavalerie.
Jacques. — Sou, — dans le jargon des chiffonniers. — Qui veut mes chocoites? — Je t'encolle dix Jacques. Qui veut mes os?
— Je t'en donne dix sous.
Jactance. Bavardage. — ter, bavarder. — J acteur, bavard,
— dans le jargon du peuple.
Jaffe. Soufflet, — dans l'ancien argot.
Jafiier. Jardin. — Jaffin, jardinier, — dans l'ancien argot.
Jaffle. Soupe, — dans le jargon des voleurs.
Jambe (S'en aller sur une).
Ne pas redoubler une tournée chez le marchand de vin. — Se contenter d'un verre de vin sur le comptoir, quand on est avec des amis.
Jambe en l'air. Potence, — dans l'ancien cirgot.
Jambes en coton. Jambes faibles. — On a les jambes en coton lorsqu'on relève d'une longue maladie.
Jambon. Violon. — Cuisse de l'homme.
Jambon (Façonner son, Faire son). Casser son fusil, — dans le jargon des troupiers. — Allusion de forme entre un jambon et la crosse d'un fusil cassé.
« Ail! chenapan, tu casses ton Jaune, Jonc. Or. — Jaimet^
fusil, tu fais de s jambons avec ta pièce d'or.
clarinette I » (A. Camus.) Jaune. Eté, — dans rancien
Jambonneau (Ne plus avoir argot.
de chapelure sur le). Ne plus Jaune. Eau-de-vie. — Jau-
avoir de cheveux sur la tête. niç^^ ivrogne.
Jappe. Bavardage. — Japper^ Javanais. Langage de conven-
havarder, crier. tion qui consistait, il 7 a une
- ,. -,.,. - vingtaine d'années, à intercaler
Jardinage. Médisance. - Jar- 1^3 syllabes va et av entre cha-
dmcr, niédire, parler, synonyme que syllabe. C'était idiot et anti-
de médire pour beaucoup de euphonique au dernier point,
gens. -- Bêchage, Lécher, ont Les filles parlaient fort couram-
donné jardinage, jardinei^ par ^^^^ j^ javanais. 11 y eut ua
assimilation. moment une telle fureur de ja-
Jardiner sur le tap vert. Jouer vanais qu'on vit paraître un
aux cartes. Tap vert pour tapis journal entièrement écrit dans
vert. C6 langage stupide.
Jardinier. Compère du voleur Jean-Jean. Niais. — Conscrit,
à Vaméricaine. jean de la vigne. Crucifix.
t«^/»/^i{a«. v^».m..r,/q 7/»^ C'était le nom d'un des acteurs
Jarooiier. iNormana. — jar- ^ x • ,, j ir*-. \ j
aolle Normandie ^® ^^^^ ^®*" ^^^ Vignes du
goice, i>ormanaie. théâtre de marionnettes à l'é-
Jarnafle. Jarretière; change- poque des représentations delà
ment des deux dernières sylla- Passion. (Fr. Michel).
Jean de la suie. Petit ramo-
Jarret (Lever le). Maroher en neur.
colonne, - en terme de tmu- j j ^ ^^^^^^^ ^j,
pier. — Avoir du jarret, être jj^ j. |j.^ * ° bon marcheur.
T A" /mff»«««^ «««1^-. Jean-fesse. Avare, malhoii-
Jarretieres (Mettre quelque ^^^^^ homme. - Le frère juchose dans es;. Donner une ni eau de Jean /'ou^re. gnitihcatiun a une lille publique. Les prostituées de maison Jean (Nu comme un petit placent cet argent dans leurs saint). Apeine vrtude mauvaibas, sous la jarretière. ses guenilles, tout nu ; se dit
surtout des enfants. — Faire
Jars. Argot; apocope de jar- ^^^ pg^^^ Saint-Jean, faire l'in-
gon. — Jaspiner le jars, décider noccnt, le niais,
fe 7ar5, parler argot. , ^ . , . .v « ,.
, „ . , Jean (Faire le saint). Se de-
Jasante. Prière. — Jaser coiffer. C'est un signal convenu
nrier. - Jaseur, prêtre qui dit ^j^^re voleurs. Lorsqu'ils sont
la messe. censés ne pas se connaître, soit
Jaspin. Oui. — Jaspinery par- dans la rue, soit dans un lieu
1er. public, l'un d'eux fait le Saint-
Jean. Traduction : Ne nous perdons pas de vue; au iravaU, Taffaire est prête.
Jeanne d Arcponrle courage.
Demoiselle à qui il manque précisément ce qui a valu à Jeanne d'Arc son surnom.
Jeannette. Rouet muni de plusieurs fuseaux, — dans le jargon des fileuses. Dans les filatures anglaises, ce rouet se nomme une Jenny, nom que lui a donné Tinventeur Thomas Nighs.
Jérusalem (Lettre de). Lettre écrite de prison.
Jésus. Innocent, — dans le jargon des voleurs.
Jésus. Jeune filou. — Tout jeune Ephestion de trottoir.
Jeté (S'en être). Etre soûl. — Mot à mot : s*êtrejeté du liquide dans Testomac.
Jeter de la grille. Requérir, au nom de la loi, contre l'accusé. Après le discours du ministère public, les voleurs disent : Le client m'a jeté de la grille ; c'est-à-dire a jeté sur moi de la grille de prison.
Jeter un coup de. Aller à.
Mot à mot : jeter un coup de pied jusqu'à. — (Jargon des ouvriers,] — Jeter un coup de Versailles, un coup de Cherbourg, aller jusqu'à Versailles, jusqu'à Cherbourg.
Jeu (Vieux). Vieille école, ancien régime, vieux système.
— L'écrivain qui emploie dans un livre des moyens usés, des rengaines pour charmer ses lecteurs : vieux jeu. — L'auteur dramatique dont les procédés scéniques, le dialogue rappel-
lent soit l'exagération des romantiques, soit la monotonie des classiques : vieux jeu. — L'avocat, l'orateur qui effeuille à la barre, à la tribune, les vieilles tleurs desséchées de la rhétorique, celui qui dit : « Nos modernes Hétaïres, le vaisseau de l'Etat conduit par d'habiles pilotes, l'honorable organe du ministère public, l'hydre de l'anarchie ose relever la tête... » vieux jeu. — Celui qui appelle sa femme « sa moitié » ; celui ui, en quittant un ami, le prie e « mettre ses respectueux hommages aux pieds de madame » ; vieux jeu, vieux jeu.
Jeu de dominos. Denture. Un jeu de dominos complet, bouche à laquelle pas une dent ne manque.
Jeu (Le grand). Dans le vocabulaire des filles signifie l'usage des condiments les plus épicés que Vénus garde pour le service des débauchés blasés; terme emprunté aux tireuses de cartes.
Jeune-France. Variété du bousingot, — C'était un bousingot fatal, à tout poil, à tout crin. Il y eut des subdivisions et des variétés du Jeune-France à l'infini ; depuis le Jeune-France blasé, jusqu'au Jeune-France étique, le saint Jean-Baptiste précurseur du petit'Crevé de nos jours.
Jeune homme. Mesure de vin de la capacité de quatre litres.
Avoir son jeune homme, son petit jeune homme, être ivre, d'après l'opinion des personnes qui pensent qu'il ne faut pas moins de quatre litres de vin pour griser un homme^ voire même unftjfl
femme. — L'expression s'applique souvent en parlant d'une femme légèrement prise de vin et que le vin rend tendre, expansive comme si elle avait en tête un petit jeune homme idéal; d'après l'opinion des gens qui ne sont pas ennemis d'une douce poésie.
Jeunesse. Jeune fille.
Job. Niais, dupe. C'est jobard par apocope. — Se montei' le job, se monter la tête, l'imagination.
Une femme dit d*un homme qui prétend être aimé pour luimême quHl se monte joliment le job.
Jobarder. Duper, mystifier, rire aux dépens de.
Jobarderie, Joberie. Niaiserie, bêtise.
Jonc. Or, — dans l'argot des voleurs. En terme d'orfèvre c'est un anneau d'or, une bague sans chaton.
Joncher. Dorer, — dans l'ancien argot.
Joncherie. Duperie, mensonge.
Joncs (Etre sur les). Etre en prison.
Jordonne (Monsieur, Madame). Homme, femme qui a la manie de donner des ordres à tout propos et surtout mal à propos.
Jorne. Jour.
José. Billet de banque ; apocope de Joseph, mot à mot : papier Joseph.
Joseph (Faire son). Jouer au naturel, soit par timidité, soit pour toute autre raison, le rôle du Joseph biblique et pudibond
à l'endroit de la belle Zuloïska.
— Se faire prier pour faire une chose. — Refuser. — « Allons] encore un verre de ce bon vin ! — Non vraiment, j'en ai assez, — Ne fais donc pas ton Joseph, m
Jouer (En). Connaître, savoir faire une chose. — « Passez-moi le poulet pour que je le découpe, je sais comment on en joue. — Est-il fort sur les mathématiques? — Tl en joue très bien. »
Jouer de. Avoir de l'influence sur l'esprit de quelqu'un, savoir prendre quelqu'un par son côté laible. Mot à mot : jouer de lui comme d'un instrument qui nous est familier. — « En voilà une qui peut se vanter de jouer des hommes, comme il faut ! »
Jouer du pouce. Dépenser de l'argent. {Dict. comique,) Compter de l'argent à quelqu'un.
Joues (Se faire des). Manger avec appétit, engraisser.
Journée (Avoir fait sa). Avoir gagné l'argent nécessaire aux dépenses de la journée, — dans le jargon des filles.
Jouste. Près, — dans l'ancien argot.
Joyeux. Surnom des zéphirs, soldats du bataillon d'Afrique.
Judacer, Judaïser. Tromper, trahir, dénoncer.
Judasserie. Dénonciation; fausse démonstration d'amitié.
Judas (Le point de). Le nombre treize.
Judée (La petite). La préfecture de police.
Juge de paix. Bâton. — Tour niquet de marchand de vin où se jouent les consommations.
Jugeotte. Bon sens ; jugement sain.
Juguler. Agacer , ennuyer , horripiler. — « Toi, monsieur le difficile, si ça te jugule, tu peux l'en aller. » (E. Scribe, L'Honneur de ma fille.) « Vos invectives commencent à me juguler. » (Dumersan et Varin, les Saltimbanques.) — Jugulant, agaçant.
Juif. Usurier; avare.
Jules. Pot de chambre ; tinette , latrines portatives des troupiers.
Jules a remplacé le vieux Thoma>s, source d'éternelles plaisanteries. Jules est plus nouveau.
On dit au régiment passer la jambe à Jules ou pincer V oreille à Jules lorsqu'on est de" corvée pour vider les tinettes.
Jumelles. Continuation du dos.
Juponnier. Celui qui aime les femmes, le jupon.
Jupière, Jupasse. Couturière qui fait les jupes des robes.
Jus. Élégance, — dans le jargon des gommeux qui ont voulu donner un pendant au mot chic.
(V. Juteuse.)
Jus de baromètre. Mercure.
« Te n' sens pas toi-même l' jus de baromètre, hé non, c'est qu' je tousse. » (Le Nouveau Vadé.)
Jus de navet dans les veines (Avoir du). Manquer d'énergie.
Variante : Aïoir du sirop d'orgeat dans les veines.
Jus de chique. Café, — dans le jargon des troupiers. Allusion à la couleur du café. La variante est : Jus de chapeau, à cause de la couleur foncée de la transpiration militaire.
Jus de bâton. Coups de bâton.
Jus de réglisse. Nègre.
Jus (Coup de). Mot à mot :
coup de jus de raisin. « J'aime mieux aller chez la mère à Montreuil... et je me collerai un coup de jus. » (A. Bouvier, la Lanterne du i9 juillet 1877.)
Jusqu'au boutien (Journal).
Journal qui a soutenu la politique du maréchal de Mac-Mahon après la dissolution de l'Assemblée nationale en juin i877. — Allusion à la phrase qui figurait dans l'ordre du jour adressé par le Maréchal à l'armée, le 9 juillet suivant : « J'irai jusqu'au bout. » — « Les journaux jusqu'au boutiens affirment avec ensemble que, etc. » {La France du 10 août 1877.)
Juste (La). Cour d'assises.
Abréviation de « la justice. »
Juteuse. Femme élégante , femme qui a du chiCy — dans le jargon des gommeux. C'est celle qui semble toute remplie du jus de la distinction. Le mot est bienvenu et semble être appelé à un bel avenir. Nous en avons trouvé un exemple dans un numéro de la Vie modeime, juin
DICTIONNAIRE D ARGOT MODERKZL
Képi • Venz-tn mon ? Apostrfj|>lio à l'adt'HKve du soldat qui, ijaiib la cliarubfvi', a fait eutendn.' uij bruil iiisoliU;.
Kif-Kif. Quii-Qnif. Eçal, pareil. - C'mt kif'kif^ c'est la lïif'iim «rijuîxi. — *' Le Kéveillon 1*1 !<> J'OIS, ce n>!st pasleiJKiins du iiioudt; kil'-kif. » Le Fére JJudoiw, janvier i 879.) — « Bon î
qu' ça y a coupé Je sifîlel, qu' ça l'a lait laire, c'est qnif-^quîf. »
(Henni que, La Dérovée,)
Silo. Litre de vin.
KQo. Dernière manifestation d'un copieux repas. PuMT um kilo.
KHo. Faux chi^on. « Attends que j'aie mb^ mon Uo. — Tiens !
voilà mon kilo qui s'en va. » (S.
Roqueplan.)
L. L<'ttr<î <(u«î les bouchers, tiinia Wiïv jargon, substituent à la |H cnii^rc d(> chaque mot coninii'nriint |)iir une consotiin*, tandiii ipiiLs rejettent e(>]Ie-ei i^ la lin en raei'unijia^'nant des débineirteîs eni, <*•, Ieni,s(Mn, uche, funi. Kxeiiinle : Luw.kébnntlHni' elier. - iJnro lousHrrn, vingt bous. — Loucluinnuclif'y mouehard. - Liittuv<\ saoftl. — Lé- Hùlenifuth, llllenuhlique. — D'autres lois, ils plaetMit l() mot lésé tinti'ti deux autres eonune dans :
lihvfi h'Hû louHSrm^ vingt, sous; liuvé h'tià luuHilvé, vingt IVancs.
Labago. L^-bus.
Là-baa. Prison. — Prison do Saint-Laxaro (pu) les filles ap-
i)ollont onroro : Lacampayne, — ievonir de la campayne» revenir do Suint-Lu/aru.
Laooti (Marchand do). Gen-
darme à la poursuite d*un voleur, — dans l'ancien argoL
Lâchage. Abandon.
Lâche (Saint). Grand paresseux.
Lâcher. Sortir un objet, exbil>er. — Lâcher le tuyau de poêle, lâcher le sifflet (Tébéne.
Lâcher. Quitter, abandonner.
— «Voilà les femmes!... ça vous lilchc dans le malheur. » (Dunianoir et d'Ennery, Les Drames du cabaret, 1864.) — Lâcher le coude, laisser tranquille. On dit k quelqu'un qui vous ennuie :
Lilche-moi le coude. — Lâcher comme un pet, abandonner sans vergogne, à l'improviste, — dans le jargon du peuple. — Lâcher la rampe, mourir. — Lâcher le pu'iuet, faire des aveux. — Lâcher de V argent, payer. — Ldchet
récîusey uriner. — En lâche)* un, sacrifier à crepitus.
Lâcher (Se). Produire en sociélé un bruit trop personnel; donner le jour à une émanation trop intime.
• Lâcher de (Se). Faire de la dépense, faire acte de générosité, offrir quelque chose. Je me lôcke de deux consommations. — Je me lâche de cinq francs.
Lâcheur, Lâcheuse. Homme, femme sur qui l'on ne peut compter — « Cet admirable liiclieui' qu'on appelle l'Angleterre. » {La France, du 8 juin 1878.) — Mauvais, mauvaise camarade. — Celui, celle qui ne prend pas la défense d*un ami dont on dit du mal.
Lâcheur. Homme qui n'est pas partisan des liaisons amoureuses de longue durée. « Méfieloi, Nini, c'est mon lâcheur de la semaine dernière. » (Grévin.) « Tous les maris sont des lâcheurs. » (Clairville et Siraudin, Le Mot de la fin.)
Lâcheur. « On appelle ainsi les pilotes qui se chargent de conduire les bateaux depuis Bercy jusqu'au Gros-Cailiou, en leur faisant traverser tous les ponts de Paris. » (E. de La Bédollière.)
Lâchez la commande. Mot à
mot : lâchez le fil commandé, en terme de machiniste. C'est, au théâtre, l'ordre d'allumer le lustre. « Un machiniste est sur le théâtre; il crie : lâchez la commande... A cetordre, un fil descend du cintre; on y attache une herse à gaz, et, à un nouvel ordre, la herse remonte. » (Gh.
de Boigne.)
Lacorbine. Surnom que se donnent entre eux lesEphestions de trottoir; nom sous lequel les désignent généralement les inspecteurs du service des mœurs.
C'est une déformation du mot « la courbée ».
Lacromnche. Souteneur de filles. C'est le mot macro « maquereau » par substitution de L à M et dotation de la désinence argotique muche. Dans l'argot des bals de la barrière du Trône, la plupart très poissonneux, lacromac/ieser ta désigner un «garçon », un • jeune homme » quelconque.
Lago. Ici, — dans le jargon des voleurs.
Lago (Saint). La prison de Saint-Lazare.
Lagout. Eau, — dans Tancien argot.
Laigre. Fête, foire.
Laine. Drap, — dans le jargon des tailleurs, ^voir de la laine, avoir de l'ouvrage.
Laine. Mouton.
Laisser pisser le mérinos. Savoir attendre le moment favorable. Attendre patiemment le résultat d'une affaire.
Lait à broder. Encre, — dans le jargon des voleurs.
Lait des vieillards. Vin, s'il faut en croire les vieux ivrognes.
Laïus (Sécher le). Ne pas se donner la peine de faire le discours dont le sujet a été donné par le professeur, — dans le jargon des Ecoles.
Lambert (Ohé) I Âs-tu vu Lambert? Apostrophe, cri, scie qui s'est produit pour la pre^
ooo
iiiière fois le i5 août 1864, le
iour de la fêle de Napoléon III.
)ii bout d'une rue à l'autre, sur les impériale-^ des omnibus, dans les jrares, dans les wasrons, on n*entendait que le cri de : Ohé Lambert ! A$-tu vu Lambert? Cela, dura Irois ou quatre mois. Depuis on a passé à d'aulres exercices. — Elymologie : Une femme de la campaîrne, venue à Paris pour la fêle du 15 août, perdit ou égara, au débaiTadére du chemin de fer de TOuesl, son mari qui s'appelait Lambert; et, {tendant plus d'un quart d'heure, on entendit cette épouse éplorée demander à tous les échos :
« Lambert! » Les détracteurs de l'Empire prétendirent que le mot était un mot d'ordre venu de la rue de Jérusalem, et mis en circulation par la police, à la seule fin de distraire le peuple des idées politiques, dont on ti^ouvait, aux Tuileries, qu'il s'occupait un peu ti*op.
Lame (Vieille). Terme d'amitié entre anciens militaires.
Lamine. Le Mans,— dans Tan-
Lampas. Gosier, gosier d'ivrogne dont la vocation est de iamper.
Lampe (U n'y a pins d'hnile dans la.. Il est bien près de la mort, il n'a plus de forces. Il s'éteint comme une lampe, à laquelle l'huile manque.
Lampe-à-mort. Ivrogne endurci, ivrogne que rien ne peut désaltérer.
Lampion. Bouteille. — Œil.
— Chapeau. — Sergent de ville.
Lance. Eau. — Balai. Lancier du préfety balayeur, cantonnier.
) Lancé. Légèrement pris de vin.
Lanceqniner, Lanscpûner.
Pleuvoir. — Pleurer. — Uriner.
Lancer son prospectus. Jouer de la prunelle, faire entrevoir sous le feu des prunelles tout un monde de voluptés, — dans le jargon des filles.
Lancer nne femme. Produire une femme dans le monde où l'on s'amuse. La lancer sur le chemin de la fortune, la mettre à la mode. Les gandins prononçaient et les yommeux prononcent : Je la lince. Une femme lancine est une femme qui occupe un certain rang dans Ja prostitution dorée, un des premiers sujets du monde galant. c< BientOit on la fêtera, on viendra verser à ses pieds les richesses du Potose; on l'habillera de soie, on emplumera son chapeau...
Alors elle sera lancée. » {Les Filles dHérodiade, 1845.)
Landau. Hotte de chiffonnier.
Landau à baleines. Parapluie.
— t Comme si une poupée et un landau à baleines c'était pas la même chose! Tous les deux se retournent et vous lâchent quand il fait mauvais. »
(Huysmans, Marthe,)
Landier. Préposé de l'octroi.
Landière. Boutique foraine.
En souvenir de la célèbre foire du landit qui se tenait à Saint- Denis.
Landreuz. Infirme, — dans l'ancien argot.
Langue verte. Argot des tricheurs, langue irrégulière, bas langage. Tantôt verte comme une pomme au mois d'août,
tantôt verte comme un gibier trop faisandé.
Langue fourrée. Allusion libertine au coup fourré de Tescrime et appliquée au langage de Tamour. En latin, lingua duplex j id est quum in basiis lingua linguae promiscetur,
Lansq. Lansquenet, nom d^un jeu de cartes.
Lansquine. Pluie, a Quand je vois ces pauvres diables sans turbin... s'en aller sous la lansquine. » {Le SanS'Cylotte, i878.)
Lanterne (Vieille). Femme galante qui a gagné ses invalides.
Lanterne (Radouber la). Bavarder.
Lantimèche. Nom d'amitié, sobriquet tout intime. — Père Lantimèche^ mère Lantimèche. — Les concierges des deux sexes se donnent volontiers entre eux « du Lantimèche ».
Lantiponner. Parler pour ne rien dire.
Lapin (Fameux). Courageux.
— Lapin ferré, gendarme.
Lapin. Voyageur, — dans le jargon des conducteurs d'omnibus. — En lapin, placé sur le siège d'une voiture, à côté du cocher.
Lapin (Etouffer un). Ne pas sonner une place, — dans le iargon des conducteurs d'omnibus, lorsqu'il leur arrive de frustrer leur administration de trente centimes.
Lapin (Coller un). Abuser de la confiance d'une femme qui vend l'amour tout fait, en oubliant de la rémunérer.
Larbin. Domestique. « Nous avons perdu le domestique, nous avons créé le larbin. Le larbin est au domestique ce que le cabotin est au comédien. »
(N. Roqueplan.) — Le mot avait primitivement le sens de mendiant. C'est ainsi qu'il est expliqué dans le glossaire d'argot des Mémoires d'un forçat o\H(\i' docq dévoilé». — D'ailleurs les domestiques se livrent plus ou moins à la mendicité vis-à-vis de leurs maîtres.
Larbin, Larbin savonné. Valet d'un jeu de cartes. — Quatorze de tyrans et trois larbins,
Larbine. Servante, bonne à tout faire.
Larbinerie. Domesticité.
Larcotier. Luxurieux, — dans l'ancien argot.
Lard. Graisse humaine. Per- > di^e S071 lard, maigrir.
Lard (Couenne de). Brosse.
Lardé aux pommes. Ragoût de pommes de terre au lard. — Un lardé aux pommes^ une portion de pommes de terre au lard. — « Au prix où sont les lardés aux pommes aux trente neuf marmites. » [Tam-Tam, du 6 juin 1880.)
Larder. Donner un coup d'épée, un coup de couteau.
Lardoire. Ëpée.
Large (Du). Partez; cédez la place.
Large (Ne pas la mener).
Avoir peur, n'être pas rassuré.
Large des épaules^ large du cul, avare.
Largue. Femme. — Largue en vidange, femme en couches.
DICTIONNAlnB D AROOT MODERNE.
(flo]ornbey.)— Largue d'altéque,
feune femme. Largue en panne, omme abandonnée.
Largnepé. Prostituée, — dan.t lo jargon dea voleurs.
Lartin. Mcndiunt, — dans
Larton, Lartil. Pain, — dans l'ancion an;ot.
Lartannier. Bod langer.
Las de chier (Grand). Grand
ofllanqué, grand molasse, — dans lo jargon des voyous. C'e.-^t l'équivalent moderne de l'ancien lat-d'aUer.
• Ca rongneui lii-d'sllaru rralLail i me»
{Regnif
Lasoaillar. Uriner, — - dans le jargon des voleurs.
Laacar. Soldat qui a longtemps servi, !>oldat qui connaît loulrs les fleelles du métier, — « Alil le lasrarl se dit Mai, il est lie première force, je suis perdu. « (Balzac, Vit Ménage de garçm.)
Latin. Argol, — dans le jargon dos voleurs. — Le pelit dictionniiiro d'argot (Paris, 1827, imprimé eliez Guirandet) porte en sou.s-tîlre « talùt-fhatçaU », c'esl-à-diro argot-français.
Latte. Satire do cavalerie. — Sabre droit des dragons, — dans l'argot du régiment.
Lattife. Linge blanc, — dans le jargon des voleurs.
Laninir. Perdi'e, — dans l'an-
Lanra. Maison de prostilution, — dans l'ancien argol; du bas latin, laura, monaslérc.
LaTalte. Contre-marque ache-
tée pendant un entr'acte on donnée par un spectateur qui va voir chez lui la fluite du spectacle. — Billet à prii réduit.
Lavage, Vente pour cause de misère.
Lavasse. Soupe ordinaire, — ms te jargon des prisons. Lavasse sénatoriale, lavasse minitlérielte, soupe grasse. loffl*»
présidentielle.soxtpe énormément grasse; mot très rarement employé, et pour cause.
Lavement. Adjudant, — en style de régiment. Le mot se renverse. C'est pourquoi, à Tiofirmerie, les lavements ont reçu le nom " d'adjudants», — Laissemoi vite passer, fai un adjitdant dans le ventre.
Lavement. Ennuyeux personnage, rabâcheur, tannanL — Ptessé comme un lavement, très pressé .allusion au lavement qui, une fuis absorbé, n'aime pas à rester longtemps en place.
Laver. Vendre pour cause de misère ou de g^ne momentanée. Il Ma foi I j'avais une marine de je ne sais plus qui, je la décroche, je la fourre dans mon cliâle; et je pars laver ça. • (Ed. et 1. de Goncourl.)
Laver les pieds (Se), Aller à Garenne aux frais de l'Etat. Les voleurs disaient, dans le mSme sens, il T a quelques années :
Prendre un bain de pieds.
Lavette. Langue. — Laveter, bavarder. — Laveteur, bavard.
Lavoir. Confc5.^iounal. On y fait la les.iive de la conscience,
1>1us nuire, souvent, que le linge c plus sale.
Lavoir pnblio. Journal, —
dans le jargon des fllles. .< Nous ne sommes pas venues ici poiu" nous engueuler à propO'* de ils lavoirs publics, n f H de ! yaii], Encore une industrie iifjnnue, 1860.)
Lazagne. Lettre, — dan't li jargon des voleur- Bidniicew de taiognei, écrivain puLliu
La, La, Les. Articles que mes - sieurs les maîtres d'ItAtel dus maisons qui se respectent — s'inspirant des traditions de la g^gcnce, — ne manquent jamais de placer avant le nom de chaque plat porté sur le manuscrit g-aslrononiique , viilgo menu. Ainsi ce sera : Le nota^'c velours, les filets de soie k la Joinville, la poularde ti'ulïée, les asperges en branche, ii timbale de Bontoux. C'est-à-dire :
le merveilleui potage, les admirables tilcts, la succulente poularde, les énormes asperges, lu sans pareille timbale.
Lèche-cul. Adulaleursaiis vergogne, bas llatteur.
Lâche-caré. Bigot, bigote, — dans le jargon du peuple
Lécbéa (Peintura). Tableau, peint à petits pinceaus, d'une manière minutieuse.
Lécher le gronin. Embras.ser.
(Dict. coïni9Ke.)Aujourd''liui l'on dit plus fréquemment : sucer, se sucer le caillou.
Léchenr, Léchense. relui, celle qui, à. tout bout de champ, trouve moyen d'embrasser. Celui, celle qui .se fond en eu
Légitime. Pour femmn time. — Qu'est-ce qu'a vu légitime ?
Légiunier. Cuisinier chargé du département des légumes, dans un grand restaurant. » La truDc n'est pas de son domaine; elle appartient en propre au
Srand chef, qui la distribue 'après les besoins .. et la suit do l'œil. M [Eug. Chavette, Reslaurateurs et restaurés, 1867.)
Léon. Président de Cour d'as- .sises, — dans le jargon des vo-
Lasbienne. Femme qui suit les errements de Sapho; celle qui cultive le genre de dépravation attribué à Sapho la Le.s-
Léséa, Lésébombe. Fille publique, — dans le jargon des voyous. — Los bouchers disent :
lesélem ou lesélumfiim, lésislemfuch, en ajoutant lem, lumfam, ou iemfuch; fum et fach sont pour fumelk, altération de femelle. — Lésébombe eit purée, fille publique mal mise, dans la misère.
LeisiTe,le8siT£^e. Vente pour cause de néeessité première, vente quan 1 même — Grosse perte d'argent. — Mauvaise opération financière. — Plaidoyer, — dans le jargon des voleurs.
Lessive dn Gascon. Propreté très superficielle. Un faux-col retourné, pas de chemise, et les mains à peine lavées, voilà la lessive da Gascon.
Lessiveor. Avocat. C'est lui qui e.'t chargé de laver le linge sale de l'accusé.
Lest (Jeter son). Rejeter par en haut le lest de la nourriture, vulgo vomir.
Limande. Personne molle, obséquieuse, plate au moral.
Limande (Faire la). Faire Tobséquieux, se mettre à plat ventre devant quelqu'un, s'aplatir moralement. Allusion à la limande, poisson très plat.
Lime sourde. Sournois.
Limer. S'exprimer difficilement. — Rester longtemps sur un ouvrage.
Limeur. Celui qui s'exprime avec difficulté. — Lent au travail.
Limonade. Gilet de fianelle, — dans le jargon des voyous.
C'est un dérivé de lime, qui veut dire chemise.
Limonade. Eau, — dans le jargon des ivrognes. — Se plaqiœr dans la limonade, se jeter à l'eau.
Limonade de Linspré. Champagne, — dans le jargon des voleurs. C'est mot à mot : limonade de prince.
Limonade (Tomber dans la).
Faire de mauvaises affaires; se ruiner.
Limonadier de postérieurs.
Apothicaire. (Le JSouveau Vadé, 1824.)
Limousin. Maçon, gâcheur de plâtre.
Limousine. Plomb en feuille; toit en plomb.
Limousineur. Voleur de plomb en feuille, de toitures en plomb.
Linge. Elégante fille publique.
Linge «à règles. Personne d'une malpropreté révoltante,
— dans le jargon des voyous.
Linge convenable. Femme dont le souteneur n'a qu'à se louer. Mot à mot : linge, femme qui convient. — Se payer un linge convenable, devenir le Desgrieux d'une élégante Manon.
Linge lavé (Avoir son). Etre arrôté, — dans le jargon des voleurs. C'est la variante : d'être p7*opre.
Linge (Etre). Porter du linge blanc; avoir une chemise blanche.
Lingre. Couteau. Mot à mot:
couteau de Lingres, pour Langres, patrie de la coutellerie française. — Lingrerie, coutellerie. — Lingriot, petit couteau, canif.
Lingrer. Donner des coups de couteau.
Lingue. Couteau. C'est la forme moderne de lingre. Jouer du lingue,
Linspré. Prince, — dans le jargon des voleurs. — Mot retourné.
Linvé. Un franc, vingt sous,— dans le jargon des voyous, par abréviation de linvé loussem; emprunté au jargon des bouchers. Déformation argotique en vé et km.
Lion. Elégant (1840). — Lion, lionne du jour, homme, femme à la mode; célébrité éphémère.
Lipète. Prostituée portée sur sa bouche.
Lipette, Limousinant. Maçon qui pose les moellons et fait les murs.
Liquette. Chemise. — Décarrer le centre des liquettes, dé-
marquer du linge. Mot à mot :
faire sortir le nom des chemises.
Liquid. Liquidation, — en terme de Bourse.
Liquide. Toutes sortes de boissons, Teau exceptée, — dans le jargon des ivrognes.
Lisette. Gilet long; gilet de cocher.
Lit à coups de poing (Faire un, expédier un). Faire un lit à la hâte sans retourner les matelas. On dit également « faire un lit à ï anglaise ».
Litrer. Posséder, avoir, — dans l'ancien argot.
Litron. Litre qui n'a pas la taille réglementaire.
Litronner. Boire du vin au litre.
Litronneur. Buveur qui a un faible pour le vin au litre.