‹ Dictionnaire d'argot moderne. Nouv. éd., avec supplémentChapitre 4 sur 7 · Livre rouge. Registre du dispensaire, — dans le jargon des filles · texte numérisé non relu

Livre rouge. Registre du dispensaire, — dans le jargon des filles

Locandier. Voleur qui opère en visitant les appartements à louer. Sous prétexte de visiter un appartement, le locandier dérobe tout ce qu'il peut, prend l'empreinte des serrures, examine la place où il travaillera plus tard; de l'italien locanda, maison.

Locatis. Habit en location; cheval de louage; voiture au mois et en général tous les effets mobiliers ou autres qu'on loue à la journée ou au mois.

Loche. Oreille. — Locher^ écouter, entendre.

Loche (Mou comme une)*

Flegmatique, sans énergie; par altération de mou comme une loque.

Locher. N'être pas d'aplomb, menacer de tomber; c'est clocher en supprimant le G.

Locomotive (Fumer comme une). Fumer beaucoup et très vite, — dans le jargon des fumeurs.

Loffe, Loffiat. Niais, bêta.

Loffe. Spectateur , — dans l'ancien argot des comédiens; c'est-à-dire imbécile, naïf. Le mot est emprunté à l'argot des voleurs.

Loffitude. Bêtise, naïveté. — Bonisseur de lof'fitudes^ pitre, charlatan. Mot à mot, diseur de bêtises.

Long. Niais, dupe, — dans l'ancien argot; mot à mot:

long à comprendre.

Long du mur (Blanchi le). Se dit d'un employé, d'un domestique, qui n'est'pas blanchi aux frais de son patron, aux frais de son maître. L'employé de commerce qui n'est ni nourri ni blanchi chez son patron, dit qu'il est nourri de Vair du temps et blanchi le long du mur.

Longe. Année, an. — Tirer une longe f faire un an de prison.

Longuette de trèfle. Tabac à chiquer, tabac en ficelle.

Longchamp. Cour réservée aux latrines de l'École Polytechnique.

Loques. Boutons de culottes avec lesquels, faute de sous, jouent les gamins. — Boutons qui, à la rigueur, servent de

marques aux joueurs de loto.

Lorcefé. La Force. (Ancienne prison de Paris.)

Lordant, Lourdier,Lourdière.

Portier, portière.

Lorette. Femme galante, femme entretenue. M. Prudhomme l'appelle « la moderne hétaïre ». Le mot a été créé en 1840 par Nestor Roqueplan.

« Comme Vénus aphrodite de l'écume des ilôts, la lorette était née de la buée des plâtres malsains, là-haut, dans les quartiers bâtis en torchis élégants, la petite Pologne des femmes. Roqueplan s'était fait son parrain; ; Balzac son historien; Gavarni | sa marchande de mots et de i modes. » [Les Mémoires du bal 1 Mabille.) « Qu'est-ce que la lo- | rette? G'est la loi du divorce ; rétablie, et, pour plus d'un mari, je le dis avec tristesse, la pa- ; tience du mariage... La lorette n'est ni fille, ni femme, à pro- , prement parler. C'est une pro- i fession, c'est une boutique. » !

(Eug. Pelletan, La nouvelle Ba- \ hylone.) « Elle a un père à qui i elle dit: Adieu papa; tu viendras frotter chez moi dimanche.

— Elle a une mère qui prend son café quotidien sur un poêle en fonte. » (Ed. et J. de Gon- !

court.) « Il y a mille et une ma- i nières, en apparence, de deve- !

nir lorette, mais au fond c'est !

la même. Une pauvre fille qu.e } l'on vend, une pauvre fille que ; l'on trompe. » [Paris-Lorette.) \ « Une lorette , parlant d'un en- j treteneur pour lequel elle a du !

goût, dit : « Mon homme » ; : l'entreteneur qu'elle considère | et respecte est son monsieur; i quant à l'entreteneur pur et l

simple, quoi qu'il fasse, et quoi qu'il donne, il n'est jamais qu'un mw/îe. » {Idem.) « Aujourd'hui les lorettes célèbres de 1840 ont

• vieilh. Elles comptent leur dé- ! pense avec leurs cuisinières, : prennent l'omnibus quand il j pleut, et élèvent des oiseaux.

j La lorette pure est maintenant j un type évanoui, une race dis- 1 parue. » [Paris à vol de canard.)

! Lorgne. Borgne; avec chan- I gement de la première lettre; I et la variante lorgnebé, — dans ; le jargon des bouchers.

j Lorgne. As, — dans le jargon

j des voleurs. C'est-à-dire borgne.

I L'as est une carte borgne ,

• n'ayant qu'un point au milieu.

; Les ouvriers disent « borgne »

j pour désigner un as. — Quatorze

de borgnes, quatorze d'as. M. Fr.

Michel donne lorgue; ce doit être une faute d'impression.

Lorquet. Sou, — dans le jargon des voyous; emprunté à celui des bouchers.

Lou. Pièce manquée, ouvrage abîmé, en terme d'ouvrier du fer. — En terme de théâtre, un lou on loup signifie froid, pour froid de loup, et sert à désigner un très court intervalle de temps pendant lequel, contre toutes les règles de l'art dramatique, la scène reste vide; ce qui jette un froid. « Pendant que je vais m'habiller, pour éviter un petit froid, ce qu'au théâtre nous appelons un lou. » (Clairville et Siraudin.)

Lou (Faire un). Louter une pièce. Rendre une pièce impropre à sa destination. Terme des ouvriers du fer.

Louave. Soûl, — dans le jar-

gon des bouchers. En substituant, comme dans la plupart des mots de leur jargon, L à la première lettre et ajoutant la désinence ave.

Louave (Faire un). Voler un ivrogne, — dans le jargon des voleurs qui prennent leur bien un peu partout.

Loubion. Bonnet. — Loubionnier, loubionnière , marchand, marchande de bonnets. — Mercier, mercière.

Louche. Main; par allusion à la cuiller à potage dite «louche ».

Louche (La). La police, — dans le jargon des voleurs. — La louche renifle, la police tient la piste.

Loucher (Faire). Gêner, embarrasser. — Faire envie, donner le désir de. — On dit vulgairement de quelqu'un qui regarde beaucoup une femme, qu'elle le fait loucher. — Une chose que Ton désire, dont on a envie, fait loucher.

Louchon, Louchonne. Homme, femme qui louche.

Louffe, Lousse. Pet taciturne.

Louffiat. Mal appris, grossier personnage.

Loufoque. Fou, — dans l'argot des voleurs ; en remplaçant, comme dans le jargon des bouchers, la première lettre par un L, et rejetant l'F à la fin avec addition de la désinence oque.

— « Non, c'est pas le père Duchène qui est loufoque, c'e*st vous autres qui êtes des ahuris.»

(Le père Duchène, 1879.)

Lougé. Agé, — dans Tancien argot.

Louille. Fille publique, — dans l'argot des voleurs. Louille est pour « fouille ».

Louis (La). Abréviation de Louis XV. — Sous le nom de « Louis XV » les souteneurs désignent les femmes publiques aux crochets desquelles ils vivent largement, par allusion à ce monarque qui passe pour avoir été très généreux avec ses maîtresses. — « C'est la meilleure de toutes les Louis XV que j'ai eues. » (Max. du Camp. Paris, \ t. III. — 4875.)

i « J' couch' quéqu'fois sous des voitures; I » Mais on attrap' du cambouis, j » J' veux pas ch'linguer la peinture 1 » Quand j' suc' la pomme à ma Louis, n (Jean Richepin, Chanson du rôdeur.)

Il convient d'observer qu'à Saint- Pétersbourg, le peuple appelle des Louis ceux auxquels en France on a donné, entre autres surnoms, celui d'Alphonse.

Louisette, Petite Louison.

Surnom attribué primitivement à la guillotine. — « Malgré le triomphe insolent du docteur Louis, qui n'eut pas honte d'humilier son rival, jusqu'à faire appeler Petite Louison, l'instrument de mort dont la propriété se trouvait en litige, Guillotin ne tarda pas à rentrer dans ses droits. » (Alph. Cordier, Le Docteur Guillotin.) Nul n'a songé depuis à les lui contester, si bien que le sensible docteur passe pour être à la fois et le Christophe Colomb et l'Améric Vespuce de ce nouveau mode de décollation.

Loup. Solution de continuité dans un manuscrit envoyé à l'imprimerie.

Loup. Dette criarde. Gréan-

cier nécessiteux que la faim fait souvent sortir des bornes de la modération.

Loup (Avoir vu le). SigniHait au xvn® siècle avoir couru Lien des dangers; signifie aujourd'hui avoir couru bien des aventures galantes, en parlant d'une femme. Ces femmes-là n'ont pas besoin de parler du loup pour en voir la queue, et elles courent bien des dangers en s'abandonnant au premier venu.

Loup (Faire un). Contracter une dette, — dans le jargon des ouvriers. — Viens-tu prendre un litre? — As-tu du pèse? — Non, je ferai un loup.

Loupate. Pou, — dans le jargon des voyous; emprunté au jargon des bouchers. Déformation argotique en late.

Loupe. Bamboche, paresse, tlâneric. — Bambocheur, fainéant, flâneur. — Camp de la loupe, réunion de vagabonds.

« C'était, — c'est peut-être encore — une guinguette du boulevard extérieur, près de la barrière des Amandiers. Cette guinguette était flanquée, d'un côté, par un pâtissier nommé Laflème, et, de l'autre, par un marchand de vin nommé Feignant. » (A. Delvau.)

LoupeL Pouilleux. — Dans le patois du Midi pel signifie pou; lou pel le pou.

Loupeur, Loupeuse. Vaurien, drôlesse ; bambocheur, bambocheuse.

Louper. Vagabonder, pares-

ser, bambocher.

Tirer une

loupe, courir de mauvais lieux en mauvais lieux.

Loupiau. Jeune, — dans le jargon des voleurs.

Lourde. Porte. — Débrider la lourde, ouvrir la porte, boucler la lourde, fermer la porte.

Lourde. — Hôtel garni, — dans le jargon des voyous.

Lousse. Gendarmerie départementale; soldat de la gendarmerie départementale.

Loustaud (Envoyer à). Envoyer coucher, envoyer au diable; mot à mot : envoyer à la maison. Loustaud vient du provençal Voustal qui veut dire la maison. La véritable orthographe devrait être Voustaud.

On envoie à Voustaud, comme on enverrait « à cette niche ! »

Louvetier. Ouvrier qui doit partout où on a voulu lui faire crédit; ouvrier qui demande du crédit à tout le monde et qui ne paye personne.

Lucarne. Chapeau de femme.

— Monocle.

Lucque. Faux passe-port,faux certificat. — Papiers. — Portelucque, portefeuille.

Luctrème. Fausse clé, — dans le jargon des voleurs. — Filer le luctrème, ouvrir une porte à l'aide d'une fausse clé. (L. Larchey.) C'est mot à mot: donner luctrème onction à une porte ; luctrème pour l'extrême, par déformation.

Luisante. Lune. — Chande.lle, dans l'ancien argot.

Luisants. Souliers vernis, — dans le jargon des ouvriers.

Luisarde, Luisant. Jour. —

Soleil ; surnommé aussi par les voleurs le grand lumignon.

Lundi (Faire le). Chômer le lundi, — dans le jargon des ouvriers. — La plupart des ouvriers travaillent le dimanche ou une grande partie du dimanche ; en outre, ce jour-là, ils s'occupent à mettre de l'ordre chez eux ; ce jour-là les prix des chemins de fer sont sensiblement augmentés; autant de raisons qui plaident en faveur du chômage du lundi. — Le lundi, c'est le dimanche des ouvriers, surtout quand la paye a eu lieu le samedi précédent.

— « A la table voisine de la sienne, il y avait deux hommes enhabits d'ouvriers qui faisaient le lundi. » (P. Mazerolles, La Misère de Paris.)

Lune, pleine lune. Derrière.

Lunette (Passer en). Nuire, tromper, ruiner. — Etre passé en lunette, avoir fait faillite, — dans le jargon des ouvriers du fer.

Lunette d'approche. Guillotine, — dans le jargon des voyous. — Passer à la lunette, être guillotiné.

Luron. Hostie. — Avaler le

luron, communier, — dans le jargon des voleurs.

Lusignante. Amante , maîtresse légitime.

Lusquin. Charbon, — dans le jargon des voleurs.

Lusquines. Cendres.

Lustre. Juge, — dans l'ancien argot. 11 éclaire l'affaire.

Lustre (Chevalier du). Claqueur. La place ordinaire des claqueurs était et est encore, dans beaucoup de théâtres, au parterre, sous le lustre.

Lustre. Lampe, — dans le jargon des voleurs. — Lustre en toc, lampe de cuivre.

Lustrer. Juger, — dans l'ancien argot.

Lustucru. Niais, étourneau.

Lycée. Prison, — Aller au lycée, aller en prison.

Lyonnaise. Soierie; robe de soie. — Etre à la lyonnaise, porter une robe de soie, — dans le jargon des voleurs qui savent qu'on fabrique beaucoup de soieries à Lyon.

Mahilien. Elégant qui fréquente le bal Mabille.— Coiffeur, commis de magasin qui danse à Mabile.

Mabilienne. Demoiselle qui va au bal Mabille comme les spéculateurs sur les fonds publics vont à la Bourse. « Les mabi-

liennes de 1863 se subdivisent en plusieurs catégories : La dinde, la solitaire, la grue. » {Les Mé' moires du bal Mabille.)

Mabillarde, Grue mabillarde.

Demoiselle qui, au bal Mabille, fait beaucoup de frais de conversation dans l'espoir de se-

duire un riche étranger, mabilicn de passage. — Souvent elle s'aperçoit trop tard, hélas! que le riche étranger n'est ni riche ni étranger.

Mac. Apocope de maquereau, souteneur de filles; et mecque avec changement de l'a en e. — De maque, marchand; d'où maquignon.

Maca. Maquerelle, proxénète.

— Mère maca, macquecée, maîtresse d'une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.

Macabée. Souteneur; c'est un dérivé de mac.

Macabée, Machabée. Cadavre quelconque d'homme ou d'animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d'un homme noyé ou de celui d'un animal.

« Ce gros machabée, horrible pendu, » Sur la dalle froide, on vient de l'étendre ; » Il a les contours accrus d'un scaphandre, » Et de ses haillons le mur est tendu. » {Le Pavé, 1879.)

Macabées (Case des). Cimetière. Mot à mot : maison des cadavres. — Le clou des macabées, la Morgue; c'est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l'endroit où l'on met les cadavres en dépôt.

Macabre. Mort. C'est une variante de machabée. — Viens-tu piger les macabres au musée des claqués ?

Macadam. Vin blanc nouveau de Bergerac. Il présente l'aspect d'une boue liquide et jaunâtre.

— Garçon ! deux macadams.

Macadam. Bière noire anglaise, porter.

Macairien. Usé jusqu'à la cor-

de, complètement déformé; objet de toilette qui rappelle en partie le costume délabré de Robert-Macaire. « On y voit une troupe de malheureux couverts d'humides et boueux haillons, le chef orné de chapeaux macairiens. » (H. Berlioz, Les Grotesques de la musique-)

Macaron. Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiers. — Dénonciateur.

Macaronnage. Dénonciation d'un camarade.

Macaronner. Dénoncer, trahir un camarade, — dans le jargon des voleurs.

Macaronner, Macaroniser (Se). Se sauver, filer, — dans le même jargon; allusion au macaroni qui, lui aussi, file à sa manière.

Macédoine. Combustible, en terme de chauffeur de chemin de fer.

Mâchicoulis. Cachotterie; subterfuge ; mot familier à mesdames les concierges qui prononcent généralement machecoulis.

Machine. Œuvre littéraire ou artistique. Gra?zdemac/ii7ie, grand tableau, drame à grand spectacle.

Machine à moulures. Derrière.

Mâchoire (Vieille). Personne à idées arriérées. L'expression était très usitée en 1830, au beau temps de l'Ecole romantique.

Maçon. Pain de quatre livres, — dans le jargon des voyous. — C'est une rareté que de ne pas rencontrer, le matin vers neuf heures.un maçon sans un énorme pain sous le bras.

Mac-Mahon. Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmont j leurs casques.

— Tas joliment bien astiqué Mac- Mahon, ce matin. — D'autres l'appellent la « République », parce qu'ils se figurent que c'est latête delà République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m'en vas dominer un coup d'astiqué à la République.

Mac-Mahonat. Gouvernement

du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.

Mac-Mahonien. Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — • Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.

Macrotage. Métier du souteneur.

Macroter. Faire le métier de souteneur. Macroter une affaire, être l'intermédiaire dans une affaire louche, malpropre, comme un prêt usuraire, une combinaison financière à l'adresse des gogos.

Macrotin. Apprenti souteneur; souteneur surnuméraire.

Maculature (Attraper une).

Se griser, — dans le, jargon des ouvriers pressiers.

Madame. Nom que les filles de maison donnent à la maîtresse de l'établissement. — «Madame, la grasse et bedonnante Madame. » (E. de Concourt, La Fille Elisa.)

Madame Manicon. Sobriquet qu'on donnait aux sages-femmes au xvin« siècle. (Le Roux, Dict.

comique.)

Madame Canivet. Femme qui

fait mettre tout sens dessus dessous dans un magasin de nouveautés et s'en va sans rien acheter.

Madame la Ressource. Revendeuse à la toilette.

Madame la rue (Aller voir).

Aller travailler, — dans le jargon des chiffonniers, pour qui la rue est f atelier.

Madeleine (Faire suer la).

Faire travailler son argent sur le tapis vert; avoir de la peine à gagner en trichant, — dans le jargon des gracs.

Madrice. Malice. — Madrin^ madrine, malin, mahgne. La langue régulière a « madré » dans le même sens.

Magnes. Manières, embarras.

— Faire des magnes. — As-tu fini tes magnes?

Magneuse , Manieuse , Magnuce. Dévergondée qui éprouve un penchant honteux pour les autres femmes.

Magot. Tabatière en bouleau, tabatière dite « queue de rat »,

— dans le jargon du peuple.

Magot. Argent économisé.

L'ancien magot se mettait — les paysans le mettent encore — dans un vieux bas ; de là, le nom de magot, bourse grotesque.

Maigre (Du) ! Silence ! — dans le jargon des voleurs. — « On aime une femme, on se sacrifie pour elle, puis il vient un jour où la femme vous dit : Oh ! du maigre! va t' asseoir sur le bouchon, tu me gênes! » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Maigre comme un cent de

dons. Excessivement maigre.

Les variantes sont : Maigre comme un coucoUf maigre comme un hareng saur.

Maillocher. Travailler, — dans le jargon des souteneurs, pour qui le travail est la surveillance exercée sur leurs maîtresses dans le but de les empêcher de perdre leur temps, parce que le temps c'est de l'argent.

Main. La totalité des cartes constituant une partie , soit au baccarat, soit au lansquenet. La main réglementaire est de quatre jeux de cinquante-deux cartes.

Main. Série de coups gagnés, — dans le jargon des joueurs de baccarat et de lansquenet. — Avoir la main, tenir les cartes à son tour. — Prendre la main, prendre les cartes qu'un joueur quitte après un ou plusieurs coups de gain. —Passer sa main, ne pas prendre les cartes à son tour. — Passer la main, passer les cartes après un ou plusieurs coups gagnés. — Brûler la main, jeter au panier les cartes du talon, après avoir gagné, en banque, un certain nombre de coups.

Main chaude (Joner à la).

Etre guillotiné. Allusion à la position du patient.

Mains-courantes. Souliers, — dans le jargon des ouvriers.

Maison à partie. Maison de prostitution clandestine où certaines femmes du monde, certaines actrices en renom, vont faire concurrence aux filles des maisons autorisées.

Maison ou l'on est libre. Maison où une lille est libre de re-

cevoir des visites à toute heure du jour et de la nuit sans encourir la moindre observation de la part du concierge, — dans le jargon des coryphées du trottoir.

Maison (Femme de). Pensionnaire d'une maison autorisée.

— Etre en maison, appartenir à une maison autorisée, — dans le jargon des filles.

Maison (Gens de). Messieurs et mesdames les domestiques.

— Les gens de maison donnent une fois par an un trèsbeaubal à la salle Valentino, ce qui leur procure l'occasion de singer, une fois par an, les belles manières de leurs maîtres.

Major. Chirurgien militaire,

— dans le jargon des troupiers.

Major de table d'hôte. Pseudo-militaire retraité dont l'emploi consiste à découper la volaille, dans une table d'hôte, et à tricher au jeu après dîner, quelquefois en attendant le dîner, quand les dupes abondent.

Majors. Premiers élèves reçus à l'Ecole Polytechnique. — Major de queue, dernier élève reçu à l'Ecole.

Mal ponr le canal (Pas). Se dit en parlant d'une femme laide, en observant un temps d'arrêt après le mot mal.

Malade. Arrêté; inculpé. — Maladie, emprisonnement, — dans le jargon des voleurs.

Malade du pouce. Avare. — Paresseux.

Maladie! Exclamation des voyous, quand on leur dit quelque chose qui leur déplaît, quand

ils ne veulent pas faire quelque ohose.

Maladie de neuf mois. Grossesse. — Ce ne sera rien, c'est une maladie de neuf mois.

Maladroits (Sonner aux).

« Quand on sonne pour l'exercice à pied, les cavaliers disent qu'on sonne aux maladroits, parce que ce travailn'estimposé qu'aux conscrits. » (Fr. de Reifienberg, La Vie de garnison.)

Mal-blanchi. Nègre ; mulâtre.

— Superficiellement guéri de la syphilis.

Mal-sucré. Faux témoin, — dans le jargon des voleurs.

Maldine. Collège; établissement scolaire. C'est-à-dire endroit où l'on dîne mal.

Malingrer. Souffrir.

Malingreux. Anciens sujets de la Cour des Miracles, chargés d'exhiber de fausses plaies.

Maltèses. Ecus, — dans l'ancien argot; en souvenir de la monnaie qui avait cours sur les galères de Malte.

Maltouse. Contrebande. — Pastiquer la maltouse, faire la contrebande.

Maltousier. Contrebandier.

Manche. Partie de cartes, — dans le jargon des joueurs.

Maman. Vache, — dans le jargon des bouchers qui appellent « papa )> le taureau; ce qui ne les empêche pas de vendre taureau et vache pour du bœuf.

Mamours (Faire des). Faire des amitiés, se répandre en câlineries.

Manche. Patron. Un mot que

le journal le Tam-Tam a lancé dans la circulation et qu'il pourrait bien avoir créé. Le mot lui plaît, car il n'y a pas de numéros où il ne se trouve répété plusieurs fois.

Manche. Quête. — Faire la manche, faire la quête, attraper le public en faisant la quête, — dans le jargon des saltimbanques.

Manche (Faire la). « Exercer la mendicité à domicile avec des allures bourgeoises et quelquefois même de grand seigneur, mais de grand seigneur ruiné. »

{Paris-Vivant,Le Truqueur,\SoS.)

Manche (Se mettre du côté du). Agir avec prudence, se ranger à l'opinion du parti le plus fort, — dans l'argot des politiciens. Le mot est du duc de Morny.

Mancheur. « L'espèce de truqueur dit mancheur s'introduit, sous divers prétextes, chez les gens riches ou qu'il sait généreux, et tâche de les intéresser à ses malheurs réels ou imaginaires. » {Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)

Mancheur. « On appelle manchturs ceux (les saltimbanques) qui n'ont ni baraque, ni tente en toile, mais simplement la permission, de par le préfet ou le maire, de se tordre les membres, de se casser les reins comme ils l'entendent, dans les carrefours, sur les places, au coin des rues!

Pour bureau de recette, ils ont une soucoupe cassée, un vieux plat d'étain. » (J. Vallès.)

Manchière. Couturière qui fait les manches des robes.

Mandat (Déposer son). Mourir, — dans le jargon parlementaire. — « Il paraît que l'honorable M. Ma.llet du Gard a déposé son mandat. C'est l'euphémisme qu'on emploie à Versailles pour indiquer qu'un représentant du peuple a droit à une oraison funèbre de M. Grévy. » {Fiyaro du 10 décembre 1878.)

Mandole. Soufflet, — dans l'argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau.) Jeter une mandole^ donner un soufflet.

Mandolet. Pistolet, — dans le jargon des voleurs.

Manette (Mademoiselle). Petite malle.

Mange-bénef. Mange bénéfice; dissipateur.

Mange-merde. Apostrophe voyoucratique ; homme absolument vil et méprisable.

Manger, Manger le morceau, Manger sur. Manger du lard.

Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales.

— Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de soufi'rances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l'ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu'un, vivre aux dépens de quelqu'un, le ruiner sans le faire crier. — Ranger du pain rouge.

\ dépenser l'argent provenant î d'un assassinat. — Manger à tous ! les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi ; au théâtre. — Manger le poulet ^ \ partager un pot de vin, parta- I ger un bénéfice illicite. — Man- I ger le gibier, faire sauter l'anse ! du panier de la prostitution, — i dans le jargon des souteneurs j qui n'entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique.

— Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l'herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — 31anger ses mots, parler vite et d'une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un i ordre qu'on vous a donné. — I Avoir mangé la bouillie avec un \ sabre, avoir une très, grande • bouche. — Se manger, se manger I le nez, se disputer vivement de \ très près, se menacer d'en ve- I nir aux mains. — Se manger les \ sangs, s'inquiéter. — Se manger \ les pouces, s'impatienter.

I Mangeur de blanc. Souteneur ! de filles.

Mangeur de galette. Celui qui ! bat monnaie au moyen de dénonciations. «— Fonctionnaire ami du pot de vin.

Mangeuse. Gaspilleuse.

; Manigancerie. Petit complot domestique, mauvaise ruse.

I Manicle (Frère de la;. Coni frère en vol.

Manique. Métier, de compagnon.

en terme

Manivâl. Charbonnier, — dans l'ancien argot.

Mannequin. Demoiselle de magasin sur le dos de laquelle on essaie les confections, devant les acheteurs, — dans le jargon des marchands de nouveautés.

Mannequin. Cabriolet, voiture à deux roues. — Hotte de chiffonnier. — Mannequin à machabées, corbillard, ou encore mannequin du trimballeur de dégelés, de refroidis, demachabées.

Manque (A la). Mauvais, laid, défectueux. — Tronche à la manque, mauvaise mine, physionomie qui ne dénote rien de bon, — dans le jargon des voleurs, pour qui tous les agents de la police ont des tronches à la manque.

Manque (A la). Absent, sorti, i

— dans le jargon des ouvriers, i

— Etre à la manque, être ab- ' sent. — Ne pas être franc; trahir.

Manquesse. Mauvaise note,

— dans le jargon des voleurs.

— Refiler la manquesse, être mal noté.

Manuelle. Prostituée décrépite qui tend à la débauche une main secourable quoique souvent couverte de gale. « Ces filles vieilles, laides, décrépites et dégoûtantes, appelées pierreuses dans l'administration, qui se désignent sous le nom de manuelles. » (Parent-Duchatelet, De la prostitution.)

Maqui. Apocope de maquillage, maquille. Dérivé de masque. — En terme de grecs, le maquillage consiste à marquer

les cartes qu'on a intérêt à connaître. Il y a les maquis au coup de pouce, au coup d'ongle, au coup d'épingle, à la mine de plomb, à la pièce et autres, suivant l'inspiration du grec et la tête des dupes.

Maquignon. Trafiqueur; sophistiqueur.

Maquignonnage. Gredinerie commerciale ; vente àfaux poids; falsification de marchandises; sophistication.

Maquillage. L'art de peindre et d'orner le visage; action qui consiste à faire d'une figure humaine un pastel. — Mélange de vins. — Restauration de tableau. — Fraude en tout genre.

Maquiller. Faire ; frauder ; farder; trafiquer. Dérivé de maquignon.

Maquilleur. Tricheur. Maquilleuse, tricheuse.

Maquilleur de gayés. Individu chargé par un maquignon de rendre une rosse présentable à la vente. Le maquillage des gayés est souvent pratiqué par le maquignon lui-même. Ce maquillage consiste : pour les chevaux poussifs, à, leur administrer, sous le nom de potion, une affreuse drogue qui les guérit... pendant nn jour ou deux; pour les chevaux couronnés, à coller sur leurs genoux des poils de chevaux morts ; pour l'assortiment d'un attelage, dans l'emploi de la teinture. Il y a encore le limage des dents, la taille des oreilles et une foule d'autres supercheries inspirées par les circonstances et l'état de la bête.

Mar. Désinence argotique.

Ferruquemar, perruquier, policemar, agent de police; boutiquemar, boutiquier. La plupart des mots de la langue régulière qui n'ont pas d'équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mar^ les autres au moyen des désinences much ou mince.

Maraille. Le monde, — dans le jargon des voleurs.

Marauder. Faire la contrebande des voyageurs; prendre des voyageurs au détriment d'un client qui a loué une voiture à la joumée, — dans le jargon des cochers de remise.

Maraudeur. Cocher qui racole la pratique, pendant que son bourgeois fait une visite, pendant qu'il est au cercle, au restaurant.

Marbre. C'est, en terme de journaliste, tout paquet composé qui stationne sur la table de fonte d'une imprimerie, en attendant le moment d'être appelé aux honneurs de la mise en page. — Etre sur le marbre^ attendre l'insertion d'un article composé. — Avoir du marbre, avoir en réserve des faits divers, des articles « des quatre saisons ». C'est, pour un journal, avoir du pain sur la planche. — 11 y a toujours sur le marbre un choix d'articles « Variétés » ; — ce sont les en-cas, les bouchetrous réservés pour les jours où la copie manque, pour les jours où les annonces faiblissent. Ordinairement le dimanche on écoule le marbre de la semaine, dans les journaux qui ne laissent rien perdre.

Marc (Un de). Un verre d'eaude-vie de marc. — Vn marc anisetté, un verre d'eau-de-vie de marc et anisette mêlées.

Marcassin. Apprenti peintre

d'enseignes.

Marchand d'eau chaude. Limonadier.

Marchand d'eau de javeL

Marchand de vin, — dans le jar^j gon du peuple qui tient, au sei vice des cabaretiers, un assorti-^ ment d'expressions dont la force i donne une idée de la nature des boissons qu'on lui débite.

Marchand de marrons Se dit d'un officier portant mal l'habit civil, — dans l'argot militaire.

Marchand de mort subite.

Médecin, — dans le jargon du peuple. Autrefois l'expression ne s'appliquait qu'aux charlatans. Depuis que tant de médecins ont fait concurrence à tant de charlatans, elle s'est étendue jusqu'à ceux-là. — « C'était bien sûr le médecin en chef... tous les marchands de mort subite vous ont de ces regards-là. » (E.

Zola.) — Dans la bouche des voyous l'expression s'applique encore à tout individu qui, par maladresse, peut occeisionner un accident. Ainsi, un mauvais cocher, un chaiTetier imprudent, sont des mai chauds de mort subite.

Marchand de sommeil. Teneur de chambres et cabinets garnis... de vermine, la plupart du temps; logeur à la nuit et à la corde.

Marchand de soupe. Maître de pension; homme juste mais sévère qui, sous prétexte d'en-

seigner le grec et le latin à l'espoir de la France, tient une table d'hôte où lleurissent le haricot, la lentille, la pomme de terre et le chou.

Marchande de chair humaine.

Nom que donnent, entre elles, les filles de maison à la propniétaire de l'établissement. Un philosophe attardé dans un de ces antres entendit un mot bien profond. Comme il s'étonnait devant une des pensionnaires du luxe de la maison : « Et dire que c'est nous qui gagnons tout ça...! soupira la malheureuse.

Marchandise. Le contenu d'une fosse d'aisances, — dans le jargon des vidangeurs.

Marche-à-terre. Soldat d'infanterie de ligne.

Marche de flanc. Repos sur le lit de camp, — dans le jargon des troupiers. — Razzia, maraude, — dans le jargon des soldats du bataillon d'Afrique.

Marche oblique. Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu'on ne s'y rend pas le cœur léger, mais d'un air piteux, en rasant les murs, en s'etfaçant, obliquement.

Mar-chef. Maréchal des logis chef, par abréviation ; et jamais abréviation ne fut plus justiliée.

Marchfeld. Champ de manœuvre, — dans l'argot de

Saint-Cyr.

Marcher. Approuver, être du même avis, — dans le jargon des typographes. — Je marche avec lui, je l'approuve.

Marcher dessus. Etre sur une

bonne piste, — dans le jargon des voleurs.

Marcher au pas. Obéir, être mené militairement. Faire marcher quelqu'un au pas, contraindre quelqu'un à l'obéissance, le mener durement.

Marcher sur la chrétienté.

Marcher pieds nus, marcher avec des souliers qui menacent à chaque instant de quitter les pieds.

Marcher sur sa longe. S'obstiner encore à monter sur les planches malgré que l'âge ait sonné depuis longtemps l'heure de la retraite, — en terme de théâtre. — C'est le défaut de beaucoup de grands acteurs.

Marcher tout seul. Etre en état de décomposition, en parlant du fromage. Le fromage qui marche seul est habité par une colonie de ces petits vers blancs si vivaces qui sont loin d'effrayer les amateurs. « Tant pis pour eux », disent-ils. — « Apportez-moi du Roquefort », demande un consommateur au garçon d'un garg-ot. — « Appelez-le, monsieur, il marche tout seul. » — Le fromage est une source de plaisanteries à l'usage des personnes qui trouvent beaucoup d'esprit aux commis voyageurs.

Marcher dans les souliers d'un mort. Avoir fait un héritage. — Compter sur les souliers d'un mort, compter sur un héritage. Le peuple dit : « Celui qui compte sur les souliers d'un mort, marche longtemps nupieds. »

Marcheuse. Dame comparse du corps de ballet, à l'Opéra,

Marcheuse. Racoleuse d'une maison de tolérance. — « Fille publique qui fait la porte^ c'està-dire qui, du seuil des maisons de joie, appelle les passants. »

{Paris-Vivant, la Fille, 1858.) — « C'est-à-dire la femme stationnant sur le seuil de la porte de la maison de tolérance. » (Béraud, Les Filles publiques de Paris, t. II, 1839.) Par ordonnance de police, les marcheuses doivent être âgées d'au moins quarante ans... Est-ce pour inspirer plus de confiance ?

Margoulette. Visage: — Margoulette de travers, mauvaise mine, mine fatiguée. — Déboîter la margoulette, porter des coups au visage.

Margoulin. Petit boutiquier, marchand d'objets de peu de valeur. — Mauvais ouvrier, celui qui n'est pas au courant de son métier, — dans le jargon du peuple. — « Tonnerre de Dieu ! me voilà devenu voyageur de commerce : je m'en vais donc voir ces margoulins. »

{Monsieur Mayeux, voyageur de commerce, dessin.)

Margoulinage. Etat, métier du margoulin.

Margouliner. Vendre des marchandisesdepeu de valeur, des marchandises défraîchies.

— Faire un tout petit commerce en boutique.

Margoulis. Grabuge, gâchis.

Mariage. Corde de justice, corde à étrangler, — dans le jargon des cordiers des xviF et xviii* siècles. C'est cette corde que l'exécuteur des hautesœuvres appelait « tourtouse ».

— Tourtouse par extension si-

gnifiait encore gibet, potence.

(Hurtaut, Dict. des homonymes,

Mariage en détrempe. Concubinage, mariage pour rire. — La variante est : Mariage à la parisienne.

Marianne. Prénom de la vraie Répubfique des faubourgs, |la République coiffée du bonnet phrygien, la République aux « puissantes mamelles » chantée par Barbier. — « C'est la Marianne qui a pris possession de l'Elysée et de nos administrations, et c'est la Marianne qu'adoptent en ce moment toutes nos municipalités. » {Petite République Franc. 24 fév. 1880.) — Ce prénom, si commun chez les femmes du Midi, lui a été donné d'abord dans le Midi comme un hommage et un souvenir, puis adopté par toute la France.

Marie Jordonne. Petite fille qui, à l'école, aime à commander ses camarades.

Marie salope. Femme sale et sale femme, par allusion aux bateaux dragueurs appelés des maries-salopes.

Marine (La). Première carte à prendre au talon, — dans le jargon des joueurs de bezigue.

Je prends pour voir la marine.

Maringotte. Grande voiture de saltimbanque, sorte de maison roulante où naît et meurt le saltimbanque, où il fait la cuisine et l'amour.

Mariol, MarioUe. Coquin rusé, malin. C'est une variante de marlou.

Marionnette. Soldat. (Fr. Michel.)

Marlou. Mauvais drôle, malin.

— Souteneur de filles, — dans l'ancien jargon du peuple.

Marinier. Berger, — dans l'ancien argot.

Marmite. Maîtresse d'un souteneur. Elle fait bouillir la marmite.

Marmite à Domange. Voiture

de vidange.

Marmite. C'est ainsi que les dragons appellent leurs casques. — Je récure la marmite pour la revue de demain.

Marmite est renversée (La).

Locution dont se servent les bourgeois de Paris qui vont faire un peiil extra au restaurant, ou qui, ayant donné congé à leurs bonnes, sont forcés de dîner au restaurant, ou qui contremandent un dîner.

Marmiteux. Souffrant, pleurnicheur. L'épitliète de « marmiteux » a été accolée au nom d'un de nos hommes politiques, ancien ministre, sénateur, académicien, orateur disert, mais larmoyant.

Marmiton de Domange. Vidangeur.

Marmotier. Petit Savoyard.

Allusion aux marmottes que montrent ces jeunes galopins lorsque le ramonage des cheminées a dit son dernier mot.

Marmotte. Femme, — dans le jargon des souteneurs; par altération de marmite.

Marmotte. Boîte de placier.

Boîte où les commis voyageurs mettent les échantillons.

Marmouse. Barbe, — dans l'ancien argot.

Marmouset, Marmyon. Marmite. — Pot au feu.

Marner, Faire la marne.

Exercer la prostitution le long d'une berge, tout le long, le long de la rivière.

Marner. Travailler, — dans le jargon des ouvriers.

Marneur. Travailleur,ouvrier.

Les pauvres manieurs s'échinent pour le patron^ k ce qu'ils disent souvent.

Marneuse. Prostituée qui guette sa proie au bord de l'eau, et qui, dans le feu de la conversation, saura lui voler son argent. La marneuse a les allures et le langage d'une domestique dans le malheur.

■ Marottier. Marchand ambulant.

Marquant. Maître. — Ivrogne.

— Souteneur, — dans le jargon des voleurs.

Marque. Fille publique.

Marque, Marqué. Mois. « Elle tire six marques à Saint-Lazare. » (Ganler.)

Marque de ce , Marquecé.

Femme légitime d'un voleur.

Marque franche, Marquise.

Maîtresse d'un voleur; par abréviation de remarque. La maîtresse, comme la femme légitime du voleur la marquecé, est ordinairement employée à un travail d'observation; elle remarque, d'où les mots marquecé et marque franche. M. Francisque Michel fait venir marque de l'ancien espagnol marca, marquida et marquisa, femme publique.

Les voleurs ne vont pas chercher aussi loin des étyinologies.

Marquise, la marquise, est un

DICTIONNAIRE d'aRQOT MODERNE.

sobriquet très fréquemment donné à celles des filles de maison qui sont un peu moins communes d'allures et de langage que leurs compagnes. Beaucoup de voleurs ont pour maltresses des filles de cette catégorie.

Marque-mal. Receveur de feuilles à la machine, — dans le jargon des typographes.

Marqué au B. Bigle; borgne; boiteux; bossu, ou bancal. L'expression était courante au xviii° siècle ; elle n'a pas cessé d'être populaire.

Marqué àla fesse. Homme maniaque, méticuleux, ennuyeux.

(A. Delvau.)

Marqué (Quart de). Semaine.

Marquer (Bien). Etre bel homme. — Avoir belle prestance, avoir une physionomie qui prévient en votre faveur. — Marquer mal, avoir mauvaise mine, mauvaise façon.

Marquer (Ne plus) . Etre vieux.

Marquer le coup. Trinquer.

Marquer les points. Etre troisième dans une partie qui devait être carrée. Assister aux épanchements de deux cœurs amoureux.

Marquin. Casquette; chapeau mou.

Marquis de la bourse plate.

Faiseur d'embarras sans le sou, pauvre diable qui cache sa misère.

Marquise Breuvage composé de vin blanc, de sucre, dé citron et d'eau de seltz. (L. Larchey.)

Marron. Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron f prendre en fla-

grant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une déformation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.

Marron. Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau.)

Marron. Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage; par allusion à la couleur qu'arbore la partie contusionnée. — Coller des marrons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu'on prononce châtai'ne.

Marron sculpté. Tête grotesque rappelant celles qu'on sculpte dans des marrons. (L.

Larchey.)

Marroniste. Marchand de marrons. « Le marroniste luimême, s'est logé chez le marchand de vin. » (Balzac, Paris et les Parisiens,)

Marrons. Crottins; par allusion de forme, — dans le jar- m gon des soldats de cavalerie. 9

Marseillaise. Pipe en terre fabriquée à Marseille. « La pipe dite marseillaise a eu longtemps les sympathies exclusives de tous les fumeurs sincères et convaincus. » [Paris-Fumeur.) Elle est un peu délaissée aujourd'hui ; il parait que les fumail- Ions trouvent qu'elle ne culotte pas assez vite. Albert Flocon, l'ancien membre du gouvernement provisoire en 1 848, ne fumait que dans des « marseillaises )). Il contribua beaucoup à en propager la mode dans les clubs.

Marsouin. Contrebandier.

Marsouin. Surnom du soldat d'infanterie de marine. Le synonyme est : Gardien de banane.

Mascotte. Fétiche au jeu. — Porte - chance. — Autant de joueurs , autant de mascottes.

Tantôt c'est un sou troué, tantôt un fragment de n'importe quoi, w\ bouton, une petite épave de l'amour, une boucle de cheveux.

— Un joueur donne à un pauvre, mascotte; celui-ci refuse l'aumône à un malheureux, mascotte; cet autre se promène jusqu'à ce qu'il ait rencontré un bossu ou un cheval blanc, mascotte; ainsi à l'infini. — Il y a quelques années, à Monaco, un petit bossu réalisa d'assez beaux bénéfices rien qu'à faire toucher sa bosse aux joueurs superstitieux. Les prix étaient ainsi fixés : Un simple frottement, cinq francs; frottement prolongé, dix francs ; droit de stationnementsurlabosse.vingtfrancs.

La saison finie, notre homme regagnait Paris et enlevait son monticule.... C'était un faux bossu.

Massacre. Ouvrier qui abîme l'ouvrage.

Massage. Travail, travail fait avec ardeur.

Massé. Coup de queue de billard porté perpendiculairement à la bille.

Masser. Travailler consciencieusement.

Masseur. Ouvrier laborieux; masseuse, ouvrière laborieuse.

Mastar. Plomb, — dans le jargon des voleurs. — La faire au mastary voler du plomb.

Mastaroufleur. Voleur de plomb.

Mastic. Homme, — dans le

Mastic. Transposition, confusion dans la mise en page par suite de mauvaise interposition d'une galée, — en terme de typographe.

Mastic. Bredouillement, discours diffus et embrouillé, — dans le jargon des typographes; par allusion au mastic, confusion dans une galée, dans la mise en page. — Faire un mastic, se perdre dans un tas de phrases sans pouvoir arriver à se faire comprendre.

Mastiquer. Manger; c'est-àdire se livrer à la mastication.

Mastiquer. « Cacher ingénieusement les avaries et les voies d'eau d'un soulier, au moyen d'un enduit spécial de graisse noire ou autre drogue équivalente. » (F. Mornand, La Vie de Paris.)

Mastiqueur. Savetier qui mastique des chaussures. Le mastiqueur ne rapiote pas.

Mastroquet, Mastroc. Marchand de vin; et troquet, par abréviation. Par corruption pour demi-stroc, mi-stroc, demi-setier.

C'est-à-dire le patron du demisetier.

Mata. Faiseur d'embarras ; apocope de matador.

Matelas. Tablier de forgeron.

Matelas ambulant. Fille publique.

Matricule (User son). Etre sous les drapeaux. Mot à mot :

user le numéro matricule attribué à chaque soldat.

Maubeugienne. Femme galante qui habite la rue de Maubeuge, une rue qui compte beaucoup d'hétaïres modernes, comme dirait Joseph Prudhomme.

Maugrée. Directeur de prison.

Mauvaise (Elle est). La plaisanterie est mauvaise, cela n'est pas de mon goût. Locution mise à la mode en souvenir d'un vaudeville de Lambert-Thiboust et Grange, Le Guide de l'étranger dans Paris (1860), pièce dans laquelle l'un des personnages s'écrie à chaque instant : « Elle est mauvaise. »

Mauve. — Parapluie en coton, — dans le jargon du peuple. — « Il avait de l'eau jusque dans les narines et il renitlait, lamentable et grotesque, avec sa mauve en loques. »

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mauviette. Croix d'honneur; bijou honorifique.

Mazagran. Café servi dans un verre; une aberration de buvaillo7is de café, qui lui enlèvent ainsi sa principale qualité : l'arome. Ce sont les officiers, retour d'Afrique, qui ont importé cette mode.

Mazaro. Prison de la rue du Cherclie-Midi; prison militaire.

Mazette. Conscrit. — Avorton. Propre à rien.

Mec, Meck, Meg. Maître, monsieur; de magnus^ grand.

— Le meg des megs, Dieu, le maître des maîtres. — Mec des gei^bierSf bourreau.

Mec à la colle forte. Gredin redoutable, homme des plus dangereux, — dans le jargon des voleurs.

Mec à sonnettes. Homme riche, — dans le jargon des rôdeurs de barrière. En argot, sonnettes signifient « argent », ce qui sonne dans la poche.

Mec à la redresse. Bon garçon, honnête homme. Mec à la manque, méchant homme, — dans le jargon des voyous.

« L'ignoble gommeux dépravé

» Qui séduit un' fiU' puis la flanque

» Avec un goss' sur le pavé,

» C'est un mec à la manque !

» Mais l'bougre qui — quand il a r'çu

» D'un' jeunesse des preuv's de tendresse,

» L'épous' carrément par là d'ssu,

» C'est un mec à la r'dresse. »

[La Petite Lune, 1879.)

Mécanicien. C'est sous le pseudonyme de « mécanicien »

que les aides exécuteurs désignent volontiers leur état. {Figaro du 27 avril 1879.)

Mécanicien. Taquin ; mot à mot celui qui mécanise, — dans le jargon des voyous. — M'en parle pas, un mécanicien qui me scie le dos tout le jour.

Mécanique (La). La guillotine. C'est le nom officiel que lui donnent le bourreau et ses aides.

Mèche. Plus, davantage. — Combien avez-vousperdu,aumoins vingt francs ? — Et mèche. Par allusion à la mèche d'un fouet.

Mèche. Complicité; de moitié. Etre de mèche, être complice, partager, — dans le jargon des voleurs.

Mèche. Moyen. — Y a-t-il mèche, y a-t-il moyen? — li n'y a pas mèche. Beaucoup d'ouvriers,

quand ils demandent à un patron s'il a de l'ouvrage à leur donner, disent : « Y a-t-il mèche'? »

« J' n'ai plus un rond de c' que j'avais d'

[pécune,

I» Tu vois, ma fille, n'y a plus mèch' de

[lamper. »

(Sénéchal, Le Retour de Croquignet,

chans.)

Médailles. Argent

Médaillon. Derrière. — Décrocher le médaillon, donner un fort coup de pied au derrière.

Médecin. Avocat, — dans le jargon des voleurs.

Médecin des morts. Ordonnateur des pompes funèbres.

Médecine. Conseil. — Plaidoyer.

Médium. Interprète de l'autre monde. Celui qui se ciiarge de , mettre le premier naïf venu en rapport de conversation avec feu M. de Voltaire ou avec tout autre grand homme trépassé. Le médium est le trucheman entre ce monde et l'autre. Il y a des gens qui se font des rentes avec ce métier-là.

Mégo. Bout de cigare, bout de cigarette. « Des moutards de treize ans fumaient des mégots et salivaient. » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mélasse (Tomber dans la).

Etre sous le coup d'une catastrophe financière; avoir fait de mauvaises affaires.

Mêlé. Mélange d'une liqueur forte et d'une liqueur douce. — Mélé-cass, eau-de-vie et cassis mêlés, le nectar des déesses du cordon.

Melon. Nouveau venu, élève

de première année à l'école de Saint-Cyr. — « En ma qualité de melon, j'avais reçu, comme ennemi, un nombre prodigieux de coups de traversin sur la tête. » (Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Melon. Chapeau rond et bas de forme, à la mode en 1880.

Pareil aux phares à éclipse, le melon paraît, disparaît et reparaît, suivant les caprices de la mode.

Ménage (Faire le). Mêler les dominos quand la pose est à l'adversaire.

Mendigo, Mendigoteur. Mendiant. — J'aime pas les mendigos qui pissent des châssis tout le temps : est-ce qu'il y a pas du turbin pour tout le monde? — Mendigotage, mendicité.

Mendigoter. Mendier, — dans le jargon des voleurs. La variante est : Simonner.

Menée. Douzaine. — Unemenée de ronds, une douzaine de sous, — dans le jargon des voleurs.

Mener douce et joyeuse (La).

Mener une joyeuse existence.

« Eh bien! mes petits agneaux, il paraît qu'on la mène douce et joyeuse, ici. » (Dumanoir et A. d'Ennery, Les Drames du cabaret.)

Mener pisser. Pousser quelqu'un à se battre en duel, — dans le jargon des troupiers.

Menesse. Prostituée, — dans l'ancien ai;got. — Femme à voleurs. — Gredine à la Heur de l'âge. — Fille de maison, — dans le jargon des troupiers.

Meneur, Meneur en bateau.

Les voleurs désignent sous ce nom tout acîusé qui cherche à égarer l'action de la justice, en l'entraînant sur une fausse piste.

C'est un moyen de gagner du temps.

Menouille. Argent; monnaie.

« Le samedi, quand on déballe la menouille de la paye sur la table. » {Le Sublime.)

Menteuse. Langue. Les voleurs font souvent acte de diplomatie.

Menuisière. Redingote de « ouvrier endimanché.

Méquard. Maître. — Méquer, commander; dérivés de mec.

Mer. Décor du fond, au théâtre.

Mercandier. Boucher qui vend de la basse viande, de la camelotte en fait de viande.

Mercanti. Marchand, — dans le jargon des soldats retour d'Afrique.

Mercerie (Il a plu sur sa).

Ses affaires vont mal, il est sur le point de faire faillite. (Le Roux, Dict. comique.) Peu usitée à Paris, l'expression est encore très répandue dans la Province et principalement en Picardie.

Merde. Le fond de la langue française parlée par le peuple des faubourgs qui a toujours ce mot plein la bouche.

Merde. Exclamation qui sert à désigner le nec plus ultra de l'indignation ou de la colère, ou du découragement. (Voir les Misérables de V. Hugo.)

Merde. Personne faible de caractère.

Merde (Faire sa). Se montrer hautain, faire le fendant, prendre de grands airs.

Merde (Ça ne vaut pas une).

Ça ne vaut rien du tout; c'est au-dessous de tout ce qu'on peut imaginer. — Au Salon, combien de tableaux ne valent fas une merde !

Merde de chien (C'est delà).

C'est exécrable, très mauvais.

Merde (Peint avec de la). Mal

peint, mauvaise application ries couleurs, — dans le jargon des peintres. — Je ne sais pas oii diable il va chercher ses couleurs, cet animal-là, c'est peint avec de la merde.

Merde (Se fondre en). Faire de fréquentes visites aux lieux d'aisances, avoir le dévoiement.

— dans le jargon du peuple. — Ben sûr que si ça continue, je vas jfl me fondre en merde. Wi

Merde (Avoir chié les trois ; quarts de sa). Etre vieux et usé, avoir perdu à jamais la santé, être très malade. — Eh! dis donc, ma vieille, comme fes décatil on dirait que fas chié les trois quarts de ta merde. \à

Mère d'occase. Pseudo-mère * d'actrice. Mère de fille galante qui fait la cuisme, cire les bottes et débat les prix.

Mère à tous. Vieille courtisane, — dans le jargon des filles.

Merlan. Surnom donné autrefois à celui qui s'appelle aujourd'hui « artiste en cheveux ».

Merlan frit (Yeux de). Jeu de

prunelles qui entrent en pâmoison et montrent le blanc des yeux.

Merlin. Jambe, — dans le jargon des charpentiers.

Merlousier. Malin ; rusé ; pour marlou, — dans l'ancien argot.

Merlousière^ fine commère.

Mess. Le mess est un cercle militaire avec une réfection spécialement affectée aux officiers d'un même régiment. « Anatole, le garçon du mess, venait d'apporter la bougie et les cigares. » (Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Mess. Agent de la sûreté.

Abréviation de Messieu pour « monsieur ». Un de ces m,ess me lâche de la filature, un agent de la brigade de sûreté me suit.

Messe du diable. Interrogatoire, — dans le jargon des voleurs.

Messe (Etre à la). Arriver en retard à l'atelier, — dans l'argot des ouvriers.

Messe (Fesser la). Dire la messe au galop, — dans le jargon des vieilles dévotes.

Messière, Mézière. Dupe, imbécile. — Victime. Messière franc, bourgeois. — Messière de la haute, homme riche ou homme qui paraît riche.

Métier d'enfer (Avoir un).

Etre très habile dans son métier, — en style d'artiste.

Mettre bien (Se). Avoir les moyens de se passer toutes ses fantaisies; faire de la dépense.

Mettre dedans. Tromper. — Mettre en prison, — Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des voyous.

Mettre dans le mille. Réussir. — Toucher juste. — Allon-

ger un coup de pied au cul d*uD indifférent ou d'un ami.

Mettre à quelqu'un (Le).

Tromper quelqu'un, mystifier quelqu'un.

Mettre à table (Se). Trahir, dénoncer, — dans le jargon des voleurs.

Mettre du noir sur du blanc.

Ecrire, — dans l'argot des gens qui ne savent pas lire.

« Qu'un jeone homme ait, dix ans, dans

[le fond d'un collège,

» Mis du noir sur du blanc, il semble que

[le roi

» Soit chargé de son sort, et lui doive un

[emploi. »

(C. BonjouT, Le Protecteur et le Mari,

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