‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 106 sur 216 · JOC · texte numérisé non relu

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peut également signifier que ces corps célestes furent à cette époque spécialement iklaptés à certaines fonctions d une grande importance pour i*es{;èce humaine : à rerser la lunaière sur \e globe ; à régner 9ur le jour ettsur la nuit ; » — <c à fixer les mois et les saisons, les années et les jours.» — Quant au fait même de leur création, il arait été annoncé d'avance dès le f>remier yerset. Bst-il une interprétation plus simple,, plus naturelle, c[ue celle qui suppose que ces ténèbres qui couvraient le soir du premier jour, n^élaieut que des ténèbres temporaires, produites par faccumulation de vapeurs denses « sur la face de l'abtme, » et qu*un commencement de dispersion' de ces vapeurs rendit la lumière à la «urCsce de la terre le premier jour, sans^ que pour Cela les causes qui produisaient cette lumière cessassent d*6tre obscurcies? On con- Îoit alors comment la purification complète e l'atmosphère au quatrième jour fut cause ^ue le soleil, la lune et les astres apparurent dans la voûte des cieux et se trouvèrent dans de nouvelles relations avec la terre, nouvellement qiodifiée et avec l'espèce humaine.

Ces mots, que la lumière soie (yelii or), n'impliquent nullement que ia lumière n'ait jamais existé antérieurement; on peut les interpréter simplement dans le sens d'une substitution de la Jumière aux ténèbres sur la surface de notre planète.

H. Marcel de Serres appelle ndondanee imuiU cette répétition de soir et de matin à propos de chaque jour génésiaque. La re-dondance n'en existerait cas moins quand te mot j/âm aurait la signification d'époque^ oar sans doute toute époque a son commence^ mmt et sa /Su, comme chaque iour a son êoir •t son maiin» Mais en répétant à chaque ydm qu'il a eu son ^oir et son matin. Moïse a prévenu les difficultés qu'on aurait pu opposer à un récit qui porte sur un ordre de phénomènes antérieurs à l'homme, et où le (Mfaut de précisiou aurait pu. si faciloment induire en erreur. Malgré la précision rigour<euse qu'il a apportée, par exemple, dans sa définition de chacun des jours de la création, MM. Marcel de Serres, Godefroy, etc., n'en ont pas moins pris ces jours pour des. p^todef, et le vespert pour une série de bouleversements, etc.

* Mais voici un dernier argument tiré du text9, qui parait décisif à M. Marcel de Serres ; il lur semble confirmer puissamment

*(5dl) Dans Phypothèse des joun-pêriodes ^ Dieu sr ri'pose après rcDUYre de rhaqtie époque et pendant toute la durée de ceUe-<ïi de h même manière ifu'il se repose pendant Tcpoque aeiuelle après avoir créé rborame^.efl sorte qne la gramlc Ogure du travail liebdomadatre disparaît et que toutes les hautes harmonies do monde moral comme celles du monde pbvsimic sont troublées.

; (58i) Si nous avons recours à Pexamen comparatif des divers passa«^cs de IJ£«^ritiire, où 1rs jours de 1«1 création sont rapj^clés par Moîs\ nous ne trouve^ rons rien encore qui puisse justifier une intcrprcia* tiou aussi témcraii^mcut hasardée ; au' couUrahe,

sa nr.anièrede vx>ir. « Après chaque journée, dit-il, l'écrivain sacré a soin de nous arcrtir par les mots fuit vespere et fuit fmme, qu'elle est complètement écoulée. Mais lorsqu'il est question de la septième époque, il ne parle plus du soir et du matin. On se demande la cause de eette omission et d'une eiceptioa aussi remarquable. » Voilà en effet gui est bien surprenant. Le Créateur a terminé ses œuvres le sixième jour , et Moïse dit que re sixième jour eut, conme les jours préeédents, son soir et son matin, afin opooiie le prenne pas pour une durée indéfinie; le lendemain Dieu cesse de créer et se repose, et parce que Moïse ne dit pas que ce jour da repos du Seigneur eut un soir comme les jours génésiaques, cela étonne M. Marcel de Serres. En vérité ce qui étonne ici c est cette singulière observation. Comment ce savant ne voit-il pas que si Moïse avait répété la formule par laquelle il termine chacun des jours du récit sacré, il eût fait croire que le Créateur ne se reposa qu'un jour, leseptième seulement? Est-ce que les jours qui suivirent le septième ne doivent pas être considérés aussi comme des jours de repos du Seigneur (581)7 Quelle raison j aurait-il donc d'appliquer au septième jour ime formule qui n'est applicanle qu'aux jours de la oréation, et nullement à ceux du repos ou de la cessation de créer (562) ?

S'il y a lieu de s'étonner ici, ce n'est pas do l'omtMtofi signalée par M. Marcel de Serres A propas du septième jour, mais de l'interpretatKMi donnée par le même sarant au mot f>eÉpere (ereb). Les géologues qui in* tarprètent le mot yém par ^qu€ indéimiet prétendent que le mo^tn, tnane Cocker] , signifie le eommencementf Faurore d'une période ou d'une création, et le fotV vupere^ une révolution^ une catastrophe» marquant la fin de cette même période, et c'est ainsi qu'ils expliquent la formation des terrains et l'ensevelissement des fossiles que ces te^ raiiis renferment, c En répétant à chaque yém qu'il y a eu un soir et un matin, dit M. Harcelde Serres, Moïse en a fait une période h part, et nous a indi({ué que de grands bouleversements l'ont distinguée de Tère suivante, ainsi que nous l'apprennent les faits géologiques (583) » Or, Moïse se sert des mots vfspere et mane^ en parlant du commencement et de la fin du premier et du second jour. De quel bouleversement s'agit-il à la fin de ces deux prétendues périodes? Supposerez - vous arbitrairement que te

imit entraîne à croire qu'il 6*a^it de jours véritables: Vont iravaillerêx pendmit tit jours, dit Aoîse aoi braélites, et vouê wmê reposere%Uuptiimê^ piitrceqte^t Seigneur a faii le 4M et ia Urre eu six jour$ ei u ê*$êi reposé le septième. (Exod, xx, 10, li.)

Moïse einploie ici le même terme pour exprimer les jours delà création elles jours ordinaires; un langage aussi constamment équivoque n'uuraiHl pas jeté les esprits dans «ne erreur încvilaWc,qaan{l il était si facile à Hoise de la prévenir?

(585) De la Cosmogonie âc Mohe, 1. 1", p. U d 169, etc.; 1841.

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