‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 112 sur 216 · JUR · texte numérisé non relu

JUR

0IGT10.\NÂlllfi M COSMOGONIE

iUR

n*on( f»as encore pénétré les investigations l^iogiques. Qaoi qùMI en soit» ces points isolés, disséminés à des distances considé^ rabics les uns des autres, sont , dans l*état actuel de nos connaissances géologignes, d*un immense intérêt, puisquMIs établissent que ces terrains, comme nous Ta vons trouvé pour les deux groupes précédents, ne sont jias des dépôts partiels, mais qu'ils dépendent d'une troisième grande époque géologique, qui s'est manifestée sur toute notre planète a la fois.

« Beaucoup de divisions ont déjà été projiosées pour les terrains jurassiques, les unes déduites des caractères minéralogiques des couches, les autres basées sur la présence de tel ou tel fossile dominant, quêlaues-unes mêmes sur la couleur de la roche ne lias, le jura brun et le jura blanc des Allemands), ou seulement en quatre parties (le lias, Toolithe inférieur, 1 oolithè moyen et Toolithe supérieur). Rien de plus commode quelquefois que ces termes vagues , d'inférieur, de moyen, et de supérieur; car ils n*obIigenf à aucune limite réelle et ne compromettent nullement ceux qui s'en servent ; mais , dans l'état actuel de la science, il faut plus de précision. Nous ne chercherons pas a discuter ici la valeur des coupes établies dans les méthodes; toutes, lorsqu'elles sont dues à l'observation immédiate, et non aux idées théoriques, offrent des faits partiels ou généraux d'un ^and intérêt; néanmoins, quand il s'agit de les coordonner, on se trouve de suite arrêté. Gomment grouper des faits basés sur la composition minéralogique seulement, quand on a vu, par l'étude des causes actuoiles, que ces limites sont tout à fait illusoires? [Vov. CoLCHES sÉDivENTAinEs.) D*un autre côté, comment oser se fier aux nomenclatures des fossiles indiqués dans une série quelconque de couches, quand on voit la détermination de ces fossiles si légèrement faite par les auteurs , qu'il faut souvent en retrancher la moitié? Il devient donc impossible d'établir actuellement une concordance parfaite entre les éléments hétérogènes inscrits dans les annales de la science géologique. Devant ces difficultés insurmontables, nous n'avons trouvé qu'une solution possible : c'était d'interroger la nature ellemême. Nos premières observations sur le sol de la France nous ont fait reconnaître qu'en remontant ou descendant la série des couches sur des points éloignés, on trouvait partout la même succession de corps organisés fossiles , cantonnés dans les mêmes limites de hauteur géologique, quelle que fût, du reste, la composition minéralogique des couches qui les renferment. Nous avons suivi partout les horizons géologiques au pourtour Ues bassins, afin de séparer les «simples facieê de profondeur des Ages distincts. Après un grand nombre d'années de recherches , pendant lesquelles nous ne marchions que de conQrmations en confir-

mations, sans trouver defaitscontradicloire^, nous avons acquis la certitude que les terrains jurassiques s'y divisent nettenieiU eu dix étages ou zones superposées, aussi bien limités par les faunes respectives qu'ils renferment, qiie par les lignes de démarcation stratigraphiques relevées sur tous les points. En les suivant l'un après l'autre au pourtour des bassins, nous avons reconnu qu'ils ne se confondent sur aucun point, et qu'ils représentent bien autant d'époques géologiques distinctes, succédant les unes aux autres dans un ordre constant et régulier. Nous nous sommes ensuite assuré que ces déviations étaient les mêmes, sur toutes les parties du globe étudiées jusqu'à ce jour, et qu'elles étaient dès lors l'expression des grands faits géologiques qui se sont succédé pendant cette longue période.

A Ces divisions, en commençant par les plus inférieures, sont les [suivantes : étases «fn/mtirtfii, /raiiten, toarcien^ bajocien^ oa- Monten, callovien^ oxforditn^ corallien^ imméridgien et portlandien. On verra par la synonymie de chacun d'eux que plusieurs avaient été parfaitement sentis, surtout par les géologues anglais, qui , dans leurs divisions, ont toujours tenu plus de compte des caractères paléontologiques ; tandis que ces divisions souvent méconnues ailleurs, par suite de préoccupations minéralogiques et de peu de valeur qu'on accordait aux fossiles, ont amené beaucoup de ra[)prochcments fautifs avec ces coupes anglaises. On trouvera peut-être ces divisions trop nombreuses; mais, comme nous venons de It dire, elles sont l'expression des limites iracées par la nature et n'ont rien d'arbitraire. Elles ont toutes une égale valeur, une égale importance. Il faut ou les adopter toutes sans exception , ou les supprimer entièrement, pour ne faire des diverses époques qui se sont succédé dans les terrains jurassiques, qu'un seul tout qui serait trop inonstrueux. Il est certain que les étages, tels que les donnent la superposition rigoureuse et la limite des faunes qu ils renferment, sont aussi tranchés dans les terrains jurassiques que le sont, par exemple, lès étages silurien, devonien et carboniférien dans les terrains paléozoïques (620). »

Puissance des étages, — Voici le résumé que nous donnent, h cet é^ard, tous les étapes.

Etage ponlandlen 60 métrés,

— kimniérldgîen 450

— corraltîen 500

— jxfordien 150

— calloviea 150

— liallijnien 60

— haiocien 60

— toarcien 150

— liaislen 150

— siiiémurien 500

Total. 1550 mètres environ. En indiquant ces chiffres^ évidemment approximatifs, nous croyous être beaucoup au-desçous de la vérité, pour les Alpes, pour

(6.20) Cours éUm, de PaNent,, par .Vie. d*OaBio>Y, t. III.

wt

Mi

trr DK PMJUXUOLOCVL

JLK

7fS

le Tenant occidental des Vosges, et pour la suite des étages» depuis Avallon jusqu*à Tonnerre.

Dédmeiianâ tirées de ta nature des sédiments et des fossiles. — Nous ne pouvons que répéter ici le résumé de ce que nous trouvons partiellement dans les étages : c^estoue tous» successivement, étaient soumis aux lois physiques qui régissent la nature actuelle. A chacune de ces époaues, il 7 avait des continents, des mers* Ces mers avaient, comme aujourd'hui, des parties littorales , des parties sous-marines voisines des côtes, des parties sous-marines profondes, avec des animaux Tvropres à i:hacune de ces zones en particulier. Ces mers avaient des courants sous^narins, des côtes battues de la vague et des golfes tranquilles , identioues à ce qui existe actuellement. La nature aes sÀliments etdescoquillesqu^ils renferment, nousdonne encore la certitude que, pendant cette longue période de terrains jurassiques, il existait de fréquentes oscillations du soi, analogues à ce qui existe dans le nord de IIEurooe. Cela est surtout prouvé par la superposition , les DOS sur les autres, de dépôts côtiers des étages toarcien, bajocien, bathonien, callovien et oxfordien, à Chaudon (Basses-Alpes).

^ Caractères paléontofofiqwu. — Chercfions d*ahord les caractères qui peuvent dUlstingoer ces terrains des grandes périodes précédentes et de celle qui Ta suivie.

L'absence totale, dans les terrains jurassiques, des 42 genres qui étaient positifs pour les terrains triasiques en lait autant de raractères né^tifs qu'on peut invoquer pour distinguer celui-ci.

Les terrains jurassiques se distinguent des terrains crétacés )rar tous tes genres qui , diaprés les recherches actuelles, n'existaient pas encore dans cette période et ne sont nés qne postérieurement, avec la période crélacée. Ces genres ont la répartition suivante dans les dasses animales : parmi les oiseaux, 3 genres ; parmi les reptiles, 9 genres; parmi les poissons, 90 genres ; parmi les crustacés, 5 genres ; parmi les mollusques céphalopodes, 9 genres ; parmi les mollusques gastéropodes, 26 genres ; parmi les mollusques biachiopodes, 12 genres; parmi les mollusques bryozoaires, 21 genres ; parmi les écfainodermes, 35 genres ; parmi les zoopbytes ou polypiers^ 56 genres; jwrmi les

Sioéinvriai, tiaisicn.

foraminiferes , 29 genres ; parmi les amorphozoaires, 18 genres. Nous avons donc 268 {genres parus postérieurement aux terrains jurassiques et |>ouvant dès lors servir de caractères né^tifs, le manque complet de 33 ordres d'animaux.

En résumé , pour distinguer les terrains jurassiques des périodes supérieures ou inférieures, nous avons 10T7 genres pouvant donner des caractères négatifs.

Pour distinguer les terrains jurassiques des terrains triasiques, nous avons les 292 genres donnés à ces derniers terrains comme négatifs et qui deviennent ici très-positifs , attendu qu'ils coiLmencent seulement avec les terrains iurassiques et sont encore inconnus à repooue antérieure, au moins dans rétat actuel des recherches.

La période jurassique se distingue des terrains crétacés par tous les genres nés et éteints dans cette période, ainsi que par ceux qui, nés antérieurement, s'j sont é^lement éteints* sans passer aux terrains crétacés. Ils forment un total de iSk genres ensevelis pour toujours dans les terrains jurassiques.

La combinaison de dOk genres nouvaiu donner des caractères négatils avec les ter* rains immédiatement supérieurs et inférieurs, joints aux 292 genres positife donnant élément des caractères distinctifs avec ces terrains, vient nous donner le faciès d'ensemble zoolosique de chacun en particulier. La fiiune ne la période jurassique a son cachet tout à fait spécial, consistant en la présence de ce nombre considérable de formes spéciales de tous les ordres d*animaux. Néanmoins, malgré les diflTérences qui l'en distinguent, elle forme un ensemble zoologique intermédiaire entre les terrains triasiques et crétacés, aussi bien par ses caractères que par sa superposition.

Ajoutons aux caractères stratigraphiques donnés par genres, les caractères plus multipliés encore que présentent les espèces. Les terrains jurassiques se distin^cnt en effet des périodes supérieures et inférieures, indépendamment de près de 600 es> pèces d*animaux vertébrés et annelés par le nombre énorme de 3,717 espèces d'animaux mollns<)ues et rayonnes. Ces espèces sont ainsi distribuées dans les étages^ en commençant par les plus inférieurs.

TOTAOS.

Rajocicn,

Bacbonies,

GsUovieo,

Oxlbrrfiai,

CMattien,

KinuaérÎMlgicD,

pftIapdicB,

Ii9 NooAre réd des «spcces rooiniunes après la MppressioB des chifîres répétés, 96

ICsf êcet renmMréM itef

Espèces apédalct

detti 00 Iruis étage» a la Msm

M ■■seul éugc

lOz

IS

CO

Page 1