‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 12 sur 216 · NI · texte numérisé non relu

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maux marins, on pourrait conclure que, toutes choses égales d*ailleurs , on doit trouver lès mômes es{)èces è des profondeurs déterminées et sous des latitudes semblables. Ce H'est point là cependant ce qui s'observe • dans la nature, où nous trouvons, è quelque exception près , que des espèces fort différentes se trouvent dans des conditions qui paraissent identiques. En admettant donc que les espèces sont des créations distinctes, et non de simples modifications des genres, en conséquence du temps et des lieux, on arrive à conclure que 1 on ne trouve point les mêmes espèces sous des conditions égales ; et que les espèces ont été créées séparément suivant que les lieux qu'elles habitent étaient appropriés à leur existence.

. Cette différence des espèces d'animaux marins dans des conditions semblables, en ce qui regarde la température et la profondeur de Teau, prouve combien il faut être circonspect, en jugeant des époques anciennes par ce qui se passe de nos jours; lorsqu'on serait tenté de décider a priori que deux couches sont d'âge différent, parce qu'elles contiennent des fossiles marins différents; car, si nous n'avons point de motif pour nous attendre à trouver le même ensemble d'êtres organiques dans les conditions les plus favorables à une telle identité, à plus forte raison ne pourrons -nous trouver cette égalité d'espèces dans des circonstances moins favorables.

Que si nous passons des animaux marins aux terrestres, nous voyons encore que les mêmes conditions de climat et d* élévation au-dessus du niveau de la mer, ne nous offrent pas généralement les mêmes espèces d*animaux ou de plantes. Les uns et les autres sont toujours admirablement organisés pour les circonstances dans lesquelles ils se trouvent placés, mais l'identité des espèces n'est pas une conséquence de Tidentité de ces circonstances. Sans doute que plusieurs plantes peuvent s'accommoder à clés conditions diuérentes, ainsi qu'on le voit dans nos jardins ; et plusieurs animaux peuvent vivre \ sous des climats très-différents , et passer i des régions tempérées aux tropicales, ou vice \ versa, Mais si l'on considère la chose en grand, tout en admettant des éxecutions nombreuses, on peut dire que les plantes et les animaux terrestres paraissent destinés à occuper les situations dans lesquelles on les trouve, tout comme ces situations paraissent destinées pour l'habitation des êtres organiques qui les occupent. Ces êtres paraissent

(54) Nous ne prétendons nullement que la forme des espèces ne puisse être forlenient modifiée par les circonstances dans lesquelles elles se trouvent pla* cées ; nous savons au contraire que c'est là un fait bien constaté. M. Gray a démontré que plusieurs des mollusques (animaux si importants en géologie) ■ peuvent changer l'épaisseur de leur test suivant qu*ils vivent dans des eaux agitées ou tranquilles. Il annonce que c les coquilles du buccinum undatum et du buccinum striatum de Pennant, ne diffèrent entre elles que parce que la première, formée dans une eau agitée, se trouve être en conséquence

avoir été créés à mesure que les conditions de leur existence se sont développées, sans que ces conditions aient causé dans des types déjà existants des modifications qui au-; raient donné lieu à de nouvelles espèces.

Si l'ensemble de l'ofganisation animale et végétale était aujourd'hui le même qu'il a' toujours été, les espèces existantes, qui, lorsque la surface des continents éprouva des cnangements, peuplèrent les régions qui venaient d'être émergées , durent arriver d'autres localités dontlescirconstancesétaient semblables ou différentes. Si ces circonstances étaient différentes, les es[^èces auraient donc la faculté de vivre sous des conditions diverses; et si elles étaient les mêmes, il faudrait queTancienne et la nouvelle localité fussent contiguës Tune à l'autre, sans quoi les animaux ou les plantes au« raiept dû traverser des régions qui ne leur étaient point convenables.

Si un même ensemble d'organisation 'animale et végétale avait donné lieu à toutes les variations déforme qui se sont produites à la surface de la terre durant le coups des siècles, nous devrions nousattendre à trouver une grande uniformité dans la distribution de cette organisation, et les terrains fossilifères de toutes les époques devraient offrir, pris en masse, une grande ressemblance dans les débris organiques c^u ils contiennent. Or, comme cette qonlormité ne se rencontre ni dans la distribution ae:tuelle de la vie animale et végétale à la surface du globe, ni dans les fossiles des couches de Fécorce terrestre, nous sommes conduits à admettre ou que le type originaire de l'organisation animale et végétale a pu se modifier pour s'adapter à tous les changements survenus à la surface de notre planète depuis que la vie existe, ou bien qu'il y a eu des créations successives à mesure

3u*il se présentait de nouvelles conditions 'existence, en sorte que tout lieu capable d'entretenir la vie a été occupé par les êtres appropriés h ce lieu. 11 y aura probablement peu de personnes qui, voyant la beauté du plan de la création, si apparente surtout dans l'organisation des animaux et des végétaux, veuillent se refuser à admettre qu'il y a eu une succession de créations à mesure que de nouvelles conditions se présentaient à la surface du globe, et qui préfèrent croire

Su'il y a dans la vie organique une capacité e se modifier suivant les circonstances , capacité dont le résultat définitif serait de convertir un polypier en un homme (34j.

épaisse, solide et pesante^ tandis que la seconde, qui a vécu dans les eaux tranquilles des ports, v est devenue légère, lisse et souvent colorée.» {PML Tram,, 1833, p. 78i.)

Le même auteur remarque aussi que • les coquillef qui présentent des varices brancbuesou dilatées, tel les que les murex , sont sujettes à de grands change ments suivant les circonstances dans lesquelles elles se trouvent placées , ce qui j fait que plusieurs va riétés, dues a des causes locales, ont pu être consi dérées comme des espèces distinctes. Le murex anyuUfer n'est autre chose que le murex famosUê avec

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I II. Distribution des animaux marins et des débris organiques^ par suite de soulèvement ou d'abaissement du fond de la mer. — Puisque la vie animale et végétale est distrîbuée, à la surface de notre planète, de telle sorte que les mêmes conditions d*existence n^offrent point nécessairement les mômes espèces, il s'ensuit que les dépouilles organiques qui peuvent se trouver enfouies dans les coucnes qui se forment aujourd'hui ne seront point nécessairement identiques, même à latitude égale. La distribution des espèces animales et végétales étant si variée, aucun géologue ne peut s'attendre à trouver une couche moderne caractérisée sur des points éloignés Tun de Vautre par les mêmes débris organiques, ce qui ne pourrait avoir lieu que dans des circonstances très favorables. Certes, personne ne serait surpris de ne point trouver dans les couches qui se forment aujourd'hui sur les côtes de la Grande-Bretagne une seule espèce identique avec celles des couches qui peuvent se lormer aux Indes. Même à latitudes égales, on ne peut s'attendre à ne trouver que des espèces identiques dans les couches modernes des côtes d'Afrique et d'Amérique, ou d'Amérique et de l'Australie; encore moins s'aitendra-t-on à ne découvrir que les mêmes plantes et les mêmes animaux d/ins les dépôts lacustres qui se forment aujourd'hui dans ces diverses contrées, quelque identiques que soient les climats des localités qu'on voudra comparer entre elles.

Lorsqu'on examine l'hydrographie générale de notre planète, on est frappé de l'espèce de bordure que les lignes de sondage dessinent autour des continents. Cette bordure est sans doute fort irrégulière, la limite extérieure, c'est-à-dire le passage de la profondeur de 150 ou 200 brasses à la mer sans fond f approchant quelquefois de la côte et s*en éloignant ailleurs, suivant les diverses combinaisons des circonstances locales. Ces bordures présentent cependant un caractère général d uniformité : elles constituent des plaines fort peu inclinées, en général, qui se continuent jusqu'à une profondeur qui est entre 600 et 1,200 pieds, au delà de laquelle il y a le plus souvent un passage brusque à une eau beaucoup plus profonde.

Si toute l'étendue du fond où Ton est sur la sonde était soulevée à la fois d'environ 100 ou 150 brasses, par un mouvement qui, sans être assez brusque pour produire de grandes vagues, le fût assez pourtant pour empêcher la migration des mollusques et

des varices simples ; el les murex erinaceus^ torosus^ êmbcarinatu»^ ctn^uliferut^ tarentïnus et polygonus, sont tiras des variétés d'une même espèce. Le murex mojjfeiiamcutf lorsqu'on le trouve dans des eaux tranquilles, esl recouvert de larges expansions foliacées ai^és, tandis que la même coquille, dans les mers agitées, n*oflî'e aucune expansion et n*a que des côtes croisées ; dans ces dernières localités elle atteint rarement de grandes dimensions; mais* quand elle les atteint, elle devient trés-solide et perd presque toute a;^renee de stries. » (Ibid.) Ces icodificaiions des coquilles, suiTani les con-

autres animaux qui vivaient sur ce iond, tous ces êtres seraient détruits sur la surface ainsi soulevée. Ceux qui seraient incapables* de se déplacer rapidement périraient de même, si le soulèvement était plus lent; car ils ne pourraient atteindre la nouvelle ligne^ où ils trouveraient la pression et la température pour lesquelles ils sont organisés.

Que le lecteur examine maintenant quels seraient les effets d'un soulèvement du fond de la mer qui entoure la Grande-Bretagne, qui porterait la ligne de 100 brasses au niveau de la surface de la mer sur les animaux marins, sur ceux au moins qui ne Bourraient changer rapidement d'habitation, n tel changement de niveau peut paraître un trop grand événement aux personnes qui ne sont point familiarisées avec les phénomènes géologiques; mais l'étude de ces phénomènes prouve d'une manière évidente que de tels changements ont eu lieu souvent à la surface du globe, que ce ne sont même que des événements de peu d'importance dans l'histoire de la terre : ils n'ont rien d'extraordinaire aux yeux du çéologue; il ne peut y avoir de doute que relativement à la longueur du temps qu'a exigé le phénomène. Mais, soit que le soulèvement eût lieu graduellement, ou qu'il se fît d'un seul coup, il y aurait de grands changements dans la condition des animaux marins qui existent maintenant sur la surface que nous supposons ainsi soulevée. Si le soulèvement était tant soit peu brusque, de manière gue l'ensemble des animaux qui vivent aujourd'hui au fond de la mer ne pût parvenir a s'échapper, il y aurait une immense destruction d'espèces, car le plus grand nombre de celles qui sont particulières à la surface soulevée périrait probablement. Il resterait de nombreux bassins peu profonds d'eau salée, dans lesquels certaines espèces pourraient trouver un refuge pour quelque temps encore

Les personnes qui ont vu la marée se retirer sur des plages peu inclinées, et qui ont observé la rapidité avec laquelle des surfaces étendues de sable ou de vase se trouvent à sec tout à coup, n'étant plus recouvertes que çà et là de petites flaques d'eau; ces personnes concevront facilement qu'un soulèvement du fond de la mer qui produirait un retrait analogue des eaux ùterait à la grande masse des mollusques, et même àr quelques poissons, toute chance de salut. Et pourtant le retrait de l'eau serait tel, que la surface mise à sec ne serait pas plus ravinée que ne le sont les plages de la mer lors du

ditions dans lesouelles les animaux ont vécu, sont d*une fort grande Importance pour les géologues, qvLÏ ne peuvent jamais connaître des mollusques fossdes que la forme des coquilles. Et,, pour embarrasser encore plus leurs jugements, il parait que des animaux différents peuvent habiter les mêmes coquilles. De tels exemples sont probablement fort rares , mais suivant M. Gray, c les coquilles des vatella et des lottia ne diffèrent aucunement dans leur forme extérieure , et cependant leurs animaux appartiennent k des ordres tout diflérents. >

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reQax. Saivant toute probabilité , le retrait (les eaux pourrait être beaucoup plus rapide encore sans que le fond de la mer fût entamé. Il est peu de personnes qui se fassent une idée exacte de Ja rapidité avec laquelle la marée baisse sur certaines côtes; la rapidité du reflux est assez connue^au contraire» à cause des dangers qu'elle entraîne avec elle. Nous demanderons donc que Ton me* sure la rapidité des changements de niveau relatifs du fond des mers, par celle avec la- (pielle la marée monte sur les plages i>eu inclinées. On concevra mieux ainsi combien il serait difficile à la plus grande partie des animaux marins de quitter leurs demeures et suivre la marche des eaux; car on sait que sur certaines côtes la rapidité du flux est telle, que des hommes ont la plus grande peine à atteindre le rivage, quoiqu'ils connaissent bien le danger qui les menace ; et dans Quelques localités il faut toute la vitesse d'un non cheval pour éviter d'être atteint par les \açues. II importe de remarquer ici

S|ue les animaux marins seraient pris tout à ait au dépourvu par le changement de ni veau que nous avons suppose, et qu'ils ne sentiraient le danger que quand il serait trop tard pour s'en mettre à 1 abri. Ceux qui sont accoutuqiés aux grandes marées périraient à coup sûr; car lorsque l'eau se retirerait ils n éprouveraient aucune inquiétude, et ne chercheraient point à changer de place avant le moment où la marée remonte pabituellement.

Il est donc évident que si un changement de niveau avait lieu dans la partie des mers qui entoure la Grande-Bretagne, de telle sorte que la ligne des 100 brasses vînt à la surface de l'eau , il y aurait une gr^inde destruction d'animaux marins ; les espèces ap- ])artenant à la surface laissée à sec, et qui n'ont point d'organes de locomotion tres'actifs, seraient surtout entièrement perdues; et cela quand même le .retrait de la mer ne serait pas plus rapide que celui qui a lieu à la marée descendante. Que si quelques ani* maux parvenaient à la limite de l'étendue actuelle des sondes, la surface sur laquelle ils pourraient s'établir serait tellement bornée (d'après la grande inclinaison du fond près de la nouvelle côte), que, même en supposant que toutes les circonstances appropriées à l'existence de ces espèces s'y pussent trouver réunies sur certains points, il y aurait un bien petit nombre d'animaux qui sût reconnaître justement les points qui leur seraient convenables.

Pa3sons maintenant à d'autres conséquences de ce changement de niveau autour de )a Grande-Bretagne. Il resterait, sur plusieurs points de la surface mise à sec, des Vassins peu profonds, dans lesquels pour- "saient se réfugier quelques animaux; mais ces bassins auraient été habités auparavant Dar d'autres animaux marins qui, si le cban- ^ment de niveau n'était pas très-considéra- Me, pourraient continuer à y vivre, pour quelque temps au moins. Que s'ils ne trouvaient plus dans ces bassins la profondeur

d'eau qui leur est nécessaire, ils périraient probablement, et les bassins ne seraient plus habités que par les animaux qui s'y seraient réfugiés lors du soulèvement. Ces bassins n'existeraient pas longtemps dans leur première condition : la nouvelle surface émergée se trouverait exposée à tous les effets des actions atmosphériques. Les rivières d'une partie de la France, celles des lies Britanniques et des parties de TAIlemagne, de la Russie, de la Suède et de la Norwégp, dont les eaux s'écoulent aujourd'hui vers la mer, qui serait desséchée alors, devraient continuer leur cours jusqu'aux nouvelles côtes, et se frayer un passage à travers différentes parties des nouvelles terres. Il y aurait d abord des inondations considérables, par la difficulté de l'établissement des nouveaux lits des rivières, et il s'ensuivrait une grande perle d'eau par évaporation ; mais, dans un climat tel que celui sous lequel s'opérerait le changement de niveau supposé, les eaux accumulées auraient bientôt creusé de nouveaux canaux d'écoulement, et chaque rivière irait rejoindre la mer en serpentant, suivant les accidents du sol qui lui offriraient le moins de résistance.

Une différence de niveau de 600 pieds sur toute l'étendue ainsi soirievée tenorait sans doute à changer le régime des eaux d'une partie de l'Europe continentale, en supposant que le soulèvement fût en quelque sorte local et que son effet se perdit à différentes distances dans toutes les directions ; mais une grande partie des eaux n'en coulerait pas moins vers l'Ouest, et les cours d'eau qui s'établiraient sur la surface soulevée elle-même seraient assez considérables. Plusieurs des bassins dont nous avons parlé plus haut seraient traversés par des cours d'eau cherchant à se rendre à la mer, et par l'arrivée constante de cette eau douce, l'eau des bassins deviendrait de moins en moins salée ; car une portion du sel serait constamment entraînée à la mer dès que le tropplein de ces bassins parviendrait à se déverser par-^dessus la partie la moins élevée de leur bord. Quelques-uns de ces bassins deviendraient des lacs d'eau douce, et finiraient par conséquent par être habités par les animaux d'eau douce qui v seraient amenés par les rivières ; car le changement de niveau que nous avons supposé, ne serait pas très-nuisible aux animaux terrestres et d'eau douce. Ils pourraient bien avoir à transporter leurs habitations à des niveaux comparativement inférieurs , mais il ne s'ensuivrait aucune destruction d'espèces ; ils seraient libres d'aller coloniser la surface nouvellement niise à soc , et toutes les analogies nous portent naturellement à présumer que leurs débris pourraient être ensevelis dans les nouveaux dépôts lacustres,

Il est assez curieux de rechercher les raractères zoologiques que présenteraient les assises de sable et de vase qui se trouveraient mises à sec. Les données des diverses cartes des sondes indiquent que la nou-

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velle surface du sol serait variable dans ses caractères roinéralosiques , mais qu*elle serait surtout arénacée. Or, comme parmi les animaux marins les uns préfèrent un fond d'une certaine nature, d'autres un fond de nature diverse, les zones de la vie sousmarine , si nous pouvons nous exprimer ainsi , ne devraient pas seulement correspondre avec les zones d*égales pressions, températures et autres circonstauces , mais cette vie sous-marine, différerait encore suivant la nature du fond dans chaque zone. On aurait ainsi une surface sur retendue de laquelle ont été ensevelis des animaux contemporains, et dont les fossiles différeraient d'un point à un autre suivant les différences de profondeur et de température, et suivant la nature du fond. Les nouveaux lacs contiendraient des débris d*animaux et végétaux terrestres , fluviatiles et lacustres, et Ton unirait par avoir des couches caractérisées par ces débris reposant sur des couches à fossiles marins, et çà et là queloues assises intermédiaires contenant des débris organiques provenant d*eaux saumAtres, c'est-à-dire un mélange d'animaux marins et d'eau douce qui auront pu, jusqu'à un certain point, s'adapter au nouveau milieu dans lequel ils se trouvaient transportés, avant que les animaux marins eussent entièrement disparu pour laisser la 8 lace exclusivement aux animaux d'eau ouce.

Si le changement de niveau était tel que la nouvelle côte s'élevAt tant soit peu brusquement, ne fût-ce que de quelques pieds, au-dessus du niveau de l'océan, les brisants entameraient bientôt et feraient reculer cette côte, donnant lieu à des falaises qui , quoi-

3 ne peu élevées d'abord, le deviendraient avantage à mesure gue les envahissements de la mer s'avanceraient vers l'intérieur du continent. Si, au contraire, la nouvelle côte, an lieu de s'élever d'une manière abrupte, se prolongeait sous la mer en une plage peu inclinée , l'action de l'eau donnerait lieu à des amoncellements de sable ou à des dunes semblables à celles des basses terres de l'Europe occidentale, depuis le nord de la France jusqu'au Danemark, ou à celles qui séparent les sables des Landes de la baie de Biscaye. D'arrière ces dunes il se formerait des étangs pareils à ceux qu'on trouve aujourd'hui dans des positions analogues , et dans ces étangs il se formerait des dépôts d'une nature analo^e, et avec des fossiles analogues à ce qui a lieu de nos jours.

11 est évident que les effets généraux de destruction d'espèces , produits par un soulèvement du fond des mers, seront d'autant moins considérables mie le changement de niveau s'opérera à plus petits coups; en sorte que , si le soulèvement total résultait d'une action n'ayant pas une énergie plus ^nde que celle qui se manifeste de nos jours dans le golfe de Bothnie, il pourrait n'y avoir aucune destruction d'espèces ; car les animaux vivant sur les bas-fonds se retireraient graduellement avec les eaux, de façon

qu'il y aurait une migration générale dec animaux marins vers la haute mer, chaque espèce en particulier conservant les mêmes positions relatives en ce qui concerne la pression de l'eau , la température et les autres conditions d'existence. Les résultats géologiques de ce mouvement seraient pourtant fort remarquables; et pour s'en convaincre, que l'on suppose que le retrait de la mer se soit ainsi continué progressivement jusqu'à la limite des sondes, de sorte que la ligne des cent brasses forme les côtes de la nouvelle mer. La surfiice soulevée serait recouverte sur des étendues très-considérables, par des débris d'espèces littorales semblables, laissés au fond de la mer et enveloppés par les dépôts formés au fur et à mesure du retrait des eaux. Ces dépôts ne seraient évidemment point contemporains, mais ils n'en ' seraient pas moins caractérisés par des débris organiques semblables. Ils reposeraient sur d'autres dépôts , ayant la même origine, qui seraient caractérisais par des fossiles identiques entre eux, mais différents des premiers, puisqu'ils appartiendraient à des animaux ayant vécu dans des mers plus profondes.

Si, au lieu du changement de niveau que nous avons supposé mettre à sec une étendue considérable du fond de la mer, il s'était fait sur cette même étendue un abaissement de Cent brasses, de sorte que la ligne des cent orasses se trouvât recouverte de deux cents brasses d'eau , et ainsi de suite pour tout le fond do la mer, on aurait des effets inverses des précédents. Nous avions supposé d'abord que le soulèvement était le plus grand sous les lies Britanniques: nous supposerons de même que rabaissement soit plus profond sur le même point, et qu'il diminue à mesure qu'on s'écartera de ces lies comme centre. Si l'abaissement se faisait avec lenteur, on ne voit pas de raison pour qu'il y eût des espèces détruites, car elles pourraient facilement se transporter ciu niveau qui leiur est convenable. Une grande partie des lies Britanniques serait submergée, ainsi qu'une étendue considérable de l'Europe occidentale, en supposant même que la dépression de la surface ne s» terminât point par un amincissement près» que insensible. 11 s'ensuivrait nécessairement de grands changements physiques, surtout par l'action des vagues et des marées sur les parties du sol actuel qui s'élèveraient à la surface de l'eau en formant des lies nombreuses. Des dépôts de détritus tendraient à combler les dépressions, et il se

{produirait en conséquence de grands enôuissements de débris animaux et végétaux.

Dans ces circonstances un grand nombre de dépôts fluviatiles , lacustres et d'embouchure , se trouveraient recouverts par des formations marines, et le passage entre ces dépôts se ferait plus ou moins brusquement, suivant que le cnangement de niveau aurait été plus ou moins rapide ; dans le cas d'un abaissement progressif , il pourrait souvent y avoir transition entre les animaux d*eau

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douce et les marins ; dans le cas contraire, le changement d'un d(^pôt à l'autre se ferait d'une manière presque tranchée. 11 y aurait an fond de la mer, antérieur au soulèvement, un mouvement général des animaux marins, qui s'approcheraient des nouvelles côtes pour y chercher les conditions nécessaires à leur existence , et de cette manière les restes des animaux vivant dans les eaux profondes se trouveraient recouvrir ceux des animaux habitant de moindres profondeurs,

2ui avaient été déposés lorsque les eaux taient moins profondes. Les animaux marins ne seraient point affectés par ce changement de niveau ; mais il en serait autrement des espèces terrestres animales et végétales , et dans quelques cas aussi des espèces vivant dans les eaux douces. La zone inférieure de la végétation de l'ancienne côte serait ensevelie en quelque sorte dans les couches qui se formeraient le long du nouveau rivage, à moins qu^ les vagues, les marées et les courants n'eussent tout enlevé lors de l'enfoncement des terres. Si les eaux s'étaient élevées rapidement, la végétation des zones inférieures serait détruite en grande partie : mais les graines seraient probablement rejetées sur le rivage, en sorte que les côtes des nouvelles îles présenteraient une végétation approchant beaucoup de celle qu'on trouve aujourd'hui sur les côtes des îles Britanniques. Cependant, comme ces îles auraient 600 pieds de moins d'élévation, on devrait s'attendre à quelque différence dans la végétation des régions élevées, surtout d'après le changement de climat qui aurait lieu dans toute l'Europe occidentale, par suite de la variation dans l'étendue relative des terres et de la mer, et dans la hauteur des terres au-dessus du niveau de locéan. Les animaux terrestres auraient aussi à s'adapter aux nouvelles circonstances dans lesquelles ils se trouveraient placés ; une grande partie d'entre eux seraient nécessairement détruits, sans qu'il y eût pourtant un grand nombre d'espèces perdues.

Gomme les parties plus basses du sot des îles Britanniques sont occupées principalement par des marécages qui seraient les premiers envahis par la mer» les animaux qui vivent dans ces marais auraient à changer leur station, pour se mettre à l'abri non^seulement de l'inondation marine mais encore des animaux voraiîes qu'apporterait cette inondation. Ils trouveraient difficilement des stations qui leur fussent convenables , à moins que l'abaissement du sol ne fût si lent que de nouveaux marécages pussent se former au fur et à mesure ; ce qui est peu probante, vu la lenteur avec laquelle les marécages actuels paraissent se propaser dans. les circonstances les plus favorables. En tout cas la surface des terres serait de beaucoup diminuée, et la même Quantité d'animaux ne pourrait y trouver la place nécessaire; il y aurait luttes d espèces contre espèces (abstraction faite du pouvoir de l'homme, car dans cet état de choses imagioaire, nous voulons retracer ce qui a pu se

passer lors d'événements géologiques acitérieurs à son existence); l'espèce la plus faible devrait céder, et il pourrait y avoir ainsi extermination de quelques espèces h la surface des nouvelles îles.

Nous avons longuement insisté sur les conséquences qui suivraient certains changements de niveau relatif entre la terre et la mer dans les régions indiquées, -parce que ces conséquences peuvent nous aider dans l'explication de plusieurs phénomènes géologiques, surtout en ce qui concerne les terrains fossilifères. Nous observons dans ces terrains des changements tantôt tranchés, tantôt extrêmement graduels dans les caractères zoologiques ou botaniquesdes couches ; et ces changements ne sont souvent accompagnés d'aucun signe de passage violent des eaux au-dessus des couches inférieure^s. Sans doute, il existe plusieurs localités dans lesquelles on reconnaît que la surface des coucher inférieures aélé fortement ravinée avant Je dépôt des supt'rieures; mais on voit trèssouvent aussi des changements complets ou presque complets dans la nature des débris organiques, sans qu'il y ait aucune trace d'une dénudation des couches inférieures avant le dépôt de celles qui les recouvrent.

On sait que certaines espèces de coquilles sont communes aux côtes de TEurope occidentale et de l'Amérique orientale , d*où il suivrait que les dépôts qui se formentactuelle* ment sur les côtes opposées de l'océan Atlantique peuvent contenir quelques espèces identiques de fossiles. Dans ce cas on aurait des dépôts contemporains qui, quoique fort éloignés , présenteraient quelques fossiles communs. Ces dépôts ne sont évidemment point contigus ; ils ne font simplement gu'une partie de la bordure que forment les fonds où l'on est sur la sonde le long des côtes des deux continents ; car les deux rivages sont séparés par de. grandes profondeurs d'eau, au fond desquelles les animaux des coquilles en question ne sauraient exister. Ce fait nous apprend qu'il peut exister dans deux localités différentes des circonstances égales sous le rapport de la pression de l'eau ambiante, de la température, de la lumière, de la nourriture et de l'air disséminé, en sorte que les œufs des animaux marins étant transportés par les agents naturels d'une de ces localités à l'autre, les dépôts qui s'y forment actuellement peuvent, quoique séparés l'un de l'autre, contenir quelques débris organiques d'espèces identiques. Les mêmes effets, è circonstances égales, auront plus facilement lieu à de plus petites distances; et moins la distance sera considérable, plus il y aura de probabilité que les deux dépôts aient des caractères écologiques semblables.

Nous avons fait voir déjà comment, dans la supposition d'un soulèvement de 600 pieds du fond de la mer qui entoure les lies Britanniques, on pourrait avoir, si te soulèvement se faisait d'une manière lente et pro-

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gressive, des dép6ts d'âges divers caractérisés par dès débris organiques semblables, llous allons maintenant considérer la chose sous un autre point de vue. Supposons deux côtes se trouvant sous les mêmes conditions, mais l*une sujette à des oscillations qui la soulèveraient ou l'abaisseraient relativement au niveau de la mer, Tautre immobile ; on aura alors sur chacune de ces côtes des résultats tout différents l'un de Tautre. L'un des dépôts contiendra des fossiles exclusivement marins, tandis que le dépôt contemporain de la côte opposée pourra présenter une grande variété, non-seulement dans la nature des fossiles, mais encore dans la composition minéralogique des couches qui les contiennent. Il pourrait arriver aussi

au'une espèce se trouvât détruite s\ir l'une es côtes, tandis qu'elle continuerait à exister sur l'autre. On aurait donc là f>eu «ou point de ressemblance entre les fossiles de co iches contemporaines, quoique s'il ny avait point eu d oscillations du sol sur un point, tandis que la côte opposée restait immobile, les conditions de température, de pression d'eau, de lumière, de nourriture, ei la facilité de se procurer de l'air, eussent été telles que les fossiles des deux localités auraient dû jusqu'à un certain point être semblables.

ANIMAUX MARINS, leur répartition géographique, et isotherme. Voy. Cocchbs sédi- XETiTAiiiEs, art. I.

ANIMAUX MORTS, leur distribution dans les couches sédimentaires marines. Yoy.

COCCBBS SÉDIMENTAIRES, art. I.

ANIMAUX PÉLAGIENS, COTEERS. Yoy.

COCCHES SÉDIMENTAIHES, art. I.

ANIMAUX TERRESTRES, leur distribution dans les couches fluvio-terrestres. Voi\

G>CCHB8 SÉDIMENTAIRES. art. II.

ANNÉUDESou Vers a sang rougb. — Les annélides appartiennent à la première classe de l'embranchement des animaux articulés. Si nombreuses qu'aient été iadis les espèces d'annélides dépourvues dune enveloppe pierreuse , ces vers nus n'ont pu laisser que peu de traces de leur existence, si l'on en excepte les trous qu'ils ont creusés , et les petits tas de sablesou les déjections vaseuses qu'ils ont rejetés à rorifice de ces trous.

Les serpnles fossiles, que l'on rencontre dans presque toutes les formations , depuis les périodes de transition jusqu'à l'époque actuelle, nous fournissent d'abondantes preuves de l'origine reculée et de la continuité d'existence non interrompue de l'ordre auquel appartiennent les annélides, qui viveut dans des tubes calcaires

ANOPL0TH£RIUM. Voy. Mammifères.

ANTHRACITE. Voy. Y Introduction.

ANTHIIACOTHERIUM. Voy. Mammifères.

APTIEN( ÉTAGE).— Deuxième étaze des terrains crétacés et le dix-huitième de l'édielle totale des formations géologiques. Apti€% dérive d'Apt {Apta Julia) viUe clu dépar-

tement de Yaucluse, aux environs de laquelle se montre le plus grand et le plus beau type de rétage. C'est aussi Yargile à plicalules^ le fer oolUhiqutj les argiies roses et mar^ brées^ etc.

L'étage aptien est presque aussi développé que l'étage néocomien, puisqu'on le trouve sur une partie de l'Europe et sur le continent américain (détroit de Magellan). Presque partout, l'étage aptien repose en couches concordantes sur l'étage néocomien.

C'est ainsi que nous le trouvons autour du bassin parisien, dans les départements de la Hante-Marne, de l'Aube, de TYonne, dans le pays de Bray et en Angleterre. Dans le bassin méditerranéen, il en e-st de même dans les départements de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône , et des Hautes et Basses- Alpes. Il ne peut donc y avoir aucun doute pour personne qu'il ne succède régulièrement dans Tordre chronologique à l'étage néocomien, qu'il recouvre (lartout, sans intermédiaire, et dont il suit souvent les allures.

Nous croyons pouvoir évaluer l'épaisseur des couches aptiennes dans les Basses-Alpes, et surtout à la Bedoule, à près de 200 mètres.

Caractères paléontologiques. — Dans son ensemble, la faune de l'étage aptien présente tous les caractères généraux de la faune de l'étage néocomien ; on voitque c'est la continuation des mêmes genres, è côté d*une disparité presque complète des espèces. Voici ses caractères différentiels :

Outre les 20 genres que nous voyons naître et s'éteindre dans l'étage néocomien, sans passer à l'étape aptien, nous avons encore \h genres qui s'éteignent dans Tétage néocomien, et peuvent dès lors donner des caractères négatifs pour l'étape aotien; en tout : 3i genres.

Les limites négatives que nous donnent les genres entre l'étage aptien et l'élage albien, qui se suivent dans TorJre chronologique, sont composées de 16 genres qui manquent encore dans cet éfage et ne paraissent 3ue dans le suivant. Nous aurions donc, ans rétat actuel de la science, 50 genres Pouvant donner des caractères négatifs pour étage aptien.

Pour distinguer l'étage aptien de l'étage néocomien, nous n'avons que les 5 genres suivants, qui, inconnus à l'étage néocomien,

Faraissent, au moins aujourd'hui, être nés à étage aptien seulement. Parmi les poissons, le genre macropomia ; parmi les céphalopodes, le genre conoteuthis; parmi les gastéropodes^ le genre vermetus: parmi les échinodermes, le genre decameros; parmi les zoophytes, le genre tetraccenia.

Deux genres, nés et morts dans l'étage aptien, peuvent nous donner des caractères positifs pour le distinguer de l'étage albien, où ils ne paraissent pas exister : parmi les céphalopocfes, le genre conoteuthis; (mrmi les zoophytes, le genre tetracœnia. Ajoutons-y les genres toxoceras et orbiculotdea^ qui cfisoaraissent encore oour touiours dan5

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DICTIOISNÂIRE DE COSMOGONIE

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cet étage, sans passer au suivant. Le mauvais état de conservation de beaucoup de corps organisés de cette époque est sans doute cause, autant que le manque de recherches spéciales, du petit nombre de genres caractéristiques, car la faune spécinque est parfaitement distincte.

Les animaux mollusques et rayonnes nous offrent seuls, sans les animaux vertébrés, le nombre de 156 espèces. Sur ce nombre, si nous dlons les 7 espèces mentionnées à rétage néocomien comme se trouvant aussi dans Tétage aptien, et le plicatula radiola^ que nous avons rencontré encore dans l'étage albien, nous aurons li8 espèces caractéristiques de cet étage , qui, sur tous les points connus, se retrouvent chaque fois qu'on remarque le même faciès de dépôt.

Chronologie historiaue. — Nous attribuons à une perturbation géologique la fin de l'étage néocomien marquée par l'anéantissement de 3k genres et de Skk espèces d'animaux mollusques et rayonnes de cette époque. Ce n'est probablement que longtemps après que sont nés, avec l'animalisation de cette nouvelle époque, les 5 genres que nous voyons pour la première fois dans l'étage aptien, en même temps que les itô espèces qui y sont caractéristiques.

Les mers ont en tout des circonscriptions identiques à l'époque néocomienne dans les bassins anglo-parisien et méditerranéen; de même, la partie occidentale du bassin angloparisien comprise entre les côtes du Calvados et la Loire, n'a pas reçu les mers antiennes, pas plus que le bassin pvrénéen. Le lambeau d'étage rencontré dans le détroit de Magellan annonce, ])ar des fossiles identiques, une mer cemmuniauant directement avec les mers aptiennes d Europe.

Par la même raison ]çs continents étaient les mêmes qu'à l'époque néocomienne.

Les mers, a i'exceplion de quelques çenrcs de poissons, de mollusques et d'animaux rayonnes inconnus à l'étage néocomien, paraissent avoir eu icur faune, peu différente pour sa composition, également peupiée de nombreux et singuliers céphalopodes, parmi lesquels nous signalerons le conoteiithis ^ animal intermédiaire entre la bélemnite et les ommastrèphcs , et spécial à cet étaire. Nous y voyons naître encore les comaluTes du genre aecameros et les vermeluss

Quant aux continents, les nombreux débris de bois qu'on rencontre dans les couches nous donnent la certitude qu'ils étaient peuplés de végétaux. Il y avait aussi des plantes conifères, car M. d'Orbigny a communiqué à M. Brongniart un véritable pinus très-remarquable par son cône long de 25 centimètres et large de ^, que M. Tombeck a rencontré dans le lit de la Marne, près de Saint-Dizier ( Haute-Marne h le pinus elon gatus.

Les espèces identiques que nous voyons exister dans l'hémisphère sud, au détroit de Magellan et en France, doivent faire croire qu'elles vivaient sur toute la surtace comorise entre ces deux iioints. Dès lors, on doit

supposer qu'elles habitaient la zone torride et les deux hémisphères jusqu'aux répons tempérées ; ce qui annonce que les lignes isothermes actuelles n'existaient pas.

C'est peut-être à cette époque que la partie sud de la Cordillère des Andes, dirigée du N. 30" O. au S. 30" E., aura pris son relief; au moins croyons-nous oue les dernières couches disloquées dépendent de l'étage aptien. Dès lors, nous aurions le moteur de la perturbation géologique qui a déterminé le mouvement dans les eaux, dont nous avons pour preuves les grès supérieurs sans fossiles, l'anéantissement et les limites de la faune aptienne.

APTYCHUS, Meyer {Triqonettiles de Parkinson). — Genre de cirrnipèdes fossiles. « C'est , dit M. d'Orbigny, l'un des fossiles qui a été le plus balloté par les auteurs , mais sur^e véritable classement duqupl il ne nous reste aucun doute. MM. Bourdet de la Nièvre et G.-B. Sowerby en avaient fait des mAchoiresde poisson, et le premier les appelait des ichthtfosagones. De ce qu'on trouvait quelquefois des aptychus dans la dernière loge des ammonites, MM. Ruppell et Woltz ont conclu qu'ils étaient des opercules d'ammonites. M. Deshayes croyait aussi qiie ce devaient être des parties intérieures de l'animal des ammonites. M. Hermann de Meyer croit que ce sont des coquilles intérieures de l'animal de mollusques. M. Coquand les réunit au genre teudopsiSf en faisant des deux valves un seul tout, analogue à l'osselet intérieur des calmars, parmi les cépbalo-

Eodes acétabulifères. MM. Schlotheim , Parinson et Deslongchamps les placent comme des coquilles bivalves , dans les mollusques lamellinranches. Pour nous, nous n'en faisons ni un poisson ni un mollusque, nous le mettons avec les animaux annelés. Cette opinion est basée sur la comparaison rigoureuse du fossile et sur les circonstances dans lesquelles il se trouve.

« La comparaison des Aptychus avec les séries animales auxquelles ils ont été rapportés par les auteurs cités ne soutient pas un mûr examen.

« Cène sont assurément pas des mâchoires de poissons. L'idée d'en faire des opercules d'ammonites était contraire aux observations zoologiques des êtres les plus voisins, les nautiles, et n'était due au'à la jonction fortuite de ces deux corps. La réunion des aptychus aux teudopsis n'est pas plus admissible, puisqu'il y a bien réellement deux pièces distinctes, et que, du reste, l'épaisseur de VA. lœvisy par exemple, exclut tout à fait ce rapprochement. Il sufQt également de voir ce genre pour s'assurer qu'il ne peut être un mollusque lamellibranche. La comparaison la plus artificielle amène, au contraire, à considérer les aptychus, non pour aes valves operculaires d'une balane, mais pour des représentants à deux taJtes seulement j des anatifa^ qui en ont cinq. Bien qu'on n'eût attacné aucune importance h 1 opinion de Scheuchzer et do Knorr, qui réunissaient les aotychus aux anatifes, on

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