MAMMIFÈRES
Comparaison géfiérale.—Eii jetant un coup d'œil sur la répartition chronologique dos genres et des espèces de mammifères à la surface du globe terrestre , depuis le commencement de l'animalisation jusqu'à Tépoque actuelle, on est, tout de suite, frappé de ces faits généraux, qu'à l'exception de deux formes encore douteuses , l'ensemble des mammifères manque dans les quatre premiers âges géologiques du monde, mais qu'us se sont montrés très-nombreux avec les terrains tertiaires, et qu'ils ont toujours marché en progression croissante depuis leur première apparition jusqu'à la dernière époque qui nous a précédés sur la terre. On voit encore que les formes çénériques qui, à chacun des étages, ont cesse d'exister, soui souvent en nombre supérieur aux genres qm se sont conservés jusqu'à nos jours. Ainsi, d'un côté, progression croissante de l'enseï»ble,et,de rautre, des formes animales éteintes dans los âges géologiques et complètement inconnus dans la faune actuelle.
Comparaison des ordres entre eux. ^ky^^^ de pousser pJus loin les comuaraisons générales, nous allons comparer les ordres entre eux, pour reconnaître si les diverses sénés connues aujourd'hui à l'état fossile, ont ele réparties d une manière uniforme, suivant leur instant d'appairilion à la surface du globe. , ,
Les didelphes.— SU touten doulantducjassement des fameux didelphes de StonesûeicJ parmi les mammifères , nous les y plaçons provisoirement, nous verrons qu'ils ont paru a l'époque jurassique de l'étage bathoni^^n; c'est-à-dire treize étages avant tous les autre| mammifères, à une époque oii les granJ'
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reptiles sauriens purement marins . atteîg* aient leur maximum de développement, et où Ton ne connaissait pas encore d'animaux purement terrestres. Après ces animaux exceptionnels et douteux, les vrais didelphes se sont montrés pour la première fois , avec les autres mammifères, dans les terrains tertiaires de Tétage parisien ; de cette époque où ils étaient re|irésentés par un seul genre , ils ont encore laissé quelques traces dans rétage suLapennin, tandis qu'ils sont aujourd'hui représentés par plus de quatorze formes génériques différentes. En résumé, le maximum des genres se trouvant à l'époque actuelle, leur développement zoologique esl en progression croissante.
Les camitcres se sont montrés, d'abord, à la surface du slobe, sous trois formes génériques , avec 1 étaçe suessonien , le ^iremier âes terrains tertiaires; l'étage parisien n'en a pas offert davantage ; l'étage felunien en contient treize ^ l'étage subapennin onze: tandis que le maximum est dans la faune af> luelle, où l'on en connaît plus de vingt-cinq: ainsi le développement zoologique des carnivores serait ae nos jours en progression croissante.
Les ron^eurf présentent leurpremifT genre dans le plus ancien des étages tertiaires, l'étage suessonien. Trois genres sont connus dans Tétage parisien ; dix dans l'étage falunien, eisept àaus l'étage subapennin. La laune actuelle étant représentée par un maximum d'au moins cinquante formes zoologiques, on voit que l'ordre des rongeurs est encore en urogression croissante.
Les pachydermes offrent leurs deux premiers genres avec l'étage suessonien, qui est, des terrains tertiaires, le plus anciennement déposé. L'étage parisien en renferme huit. Leur maximum de développement zoologique a eu lieu durant les élages ialunien et subapennin, qui montrent chacun quinze genres, tandis que la faune actuelle n'en contient que neuf. Contrairement aux trois ordres qui précèdent, les pachydermes seraient aeluellemeutdans une période décroissante, puisque leur maximum a eu lieu à une é[K)que passée.
Les quadrunuines manquent , jusqu'à présent, dans le premier étage tertiaire; ils sont représentés par une seule dent au sein de l'étape parisien; par deux genres dans l'étage faliinien, et par quatre seulement dans l'étage subapennin; tandis quelafauneacluelle montre un maximum d'au moins /reit/e genres. Les quadrumanes sont donc en progression croissante dans la faune contemporaine^.
Les chéiroptères manauent dans l'étage suessonien; ils offrent a peine un genre avec rétame parisien, deux avec l'étage falunien, trois avec Tétage subapennin, quand la faune actuelle en a plus de trente^trois. Les chéiroptères sont, aujourd'hui , en progression croissante de formes.
Les cétacés 9 inconnus dans le premier «Hagc tertiaire, ont montré quatre genres djns l'étaje parisien, ifrp/, dans Téla^ie fa-
lunien, cinq dans l'étape subapennin; mais la fiiune actuelle contient le maximum de quinze genres. Ils sont en progression croissante dans la faune actuelle.
Les amphibies manquent dans les deux premiers étages; ils ont deux genres dans chacun des étages falunien et subapennin, et leur maximum de développement se manifeste à l'époque actuelle par plus de dix genres. Ils sont, dès lors, en progression croissante.
Les insectivores manquent dans les deux premiers étages tertiaires; ils montrent trois
Î;enres dans l'étage falunien, quatre dans 'étage subapennin; mais leur maximum, formé de neuf genres, existe aujourd'hui. Ils se trouvent donc en voie croissante de développement.
Les édentés manquent aussi dans les deux étages inférieurs des terrains tertiaires ; ils offrent un genre dans Tétage falunien, et seize f ou le maximum de développement dans l'étage subapennin qui nous a précédés à la surface du globe; car la faune existante n*a pins aue neuf sentes connus. 11 en résulte que les édentés, comme les pachydermes, sont dans une période décroissante avec la faune contemporaine.
Les rtimifiartlf qui, comme les amphibies, les insectivores et les édentés, manquent dans les deux premiers élages tertiaires, montraient trois senrcs dans l'étage falunien, huit dans l^tage subapennin, tandis que le faible maximum de dix existe avec la faune actuelle. Les ruminants sont, néanmoins, dans une période croissante de développement zoologique.
La comparaison de ces différentes séries de mammifères nous montre, dans une période décroissante de développement de formes zoologiques , les édentés et les pa* chydermes, tandis que les autres ordres, ou le plus grand nombre sont, au contraire, en voie croissante de développement géné^ rique. Nous insistons sur ce lait, en apparence peu important, mais qui nous conciuit à trouver déjà, chez les mammifères,, une grave exception à la loi sur la perfection successive des êtres eu. marchant des étages inférieurs aux supérieurs; perfection qui disparaît souvent, quand on met en parallèle les différentes séries animales. Comparons encore l'instant d^apparition des ordres à la surface du globe avec le développement des facultés chez les mammifères, pour chercher des raisons pour ou contre ce perfectionnement. Si Ton considère les ossements de StonesCeld comme appartenant à de véritables mammifères, cette loi de perfectionnement trouve un grand argument dans l'arrivée prématurée de mammifères didelphes, les moins parfaits dans leur organisatioa, è une époque relativement ancienne ; mais ce fait isolé, établi sur un des animaux peu connus, n'empêche pas les didelphes bien certains de manquer dans le
f premier âge tertiaire, et d'être, de toutes es séries, la plus en voie croissante de développement générique à l'époque actuelle.
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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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et sous ce rapport, presque en parallèle avec les quadrumanes; tandis que les cétacés, moins parfaits sous le rapport des organes du mouvement, se sont montrés sur fa terre après les carnivores, les rongeurs et les pachydermes, en même temps que les quadrumanes. 11 y aurait encore ici une sorte d'exception à la loi qu*on a regardée comme générale.
D*un autre côté, sans avoir égard au\ ceptions citées, et adoptant l'hypothèse ui voit des didelphes dans les ossements e Stonesûeld, on trouvera que les plus anciens des mammifères appartiennent à la série la moins parfaite de cette classe détrcs; qu'ils ont été suivis, mais seulement dans les terrains tertiaires, des carnivores, des rongeurs, des pachydermes, avec le premier étage; des quadrumanes, des chéiroptères, des cétacés, dans le second; des ara pnibie?, des insectivores, des édentés et des ruminants, dans le troisième. Que les carnassiers, les quadrumanes surtout, mieui conformés que ceux-ci, appartiennent à la série en voie croissante de développement de forme, et qu'enfin, l'homme, le plus parfait des êtres, n'a été créé qu'avec l'ensemble de la faune actuelle. On en conclut que, chez les mammifères « la série prise suivant les ordres a néanmoins marché vers sa perfection dans la superposition chronologique des Ages géologiques jusqu'à notre époque.
Déaucfions zoologiques générales. — La comparaison des ordres nous apporte des exceptions à la marche croissante des formes zoologiques, en remontant dans les étages géologiques, mais toutes ces exceptions disparaissent, si Ton prend l'ensemble des mammifères, sans tenir compte de ces différents ordres. En laissant de côté les deux genres de Stonesfield cités dans l'étape bathonien des terrains jurassiques, mais encore douteux, nous voyons, en effet, tous les autres apparaître dans les terrains tertiaires, et montrer la progression suivante du nombre des genres ou des formes zoolo-
Siques, en observant l'ordre chronologique 0 succession des étages de la croûte terrestre. Dans l'étape suessonien, le premier des terrains tertiaires, six genres; dans l'étage parisien, vingt-un: <lans l'étage falunien, cinquante^sepi: dans l'étage subapenmUf soixante-douze. Comparés a l'ensemble de plus de 210 genres de la faune actuelle, ces nombres prouvent jusqu'à l'évidenro que, pris dans leur ensemble, depuis leur première apparition sur le globe, les mammifères multiplient de plus en plus leurs formes zoologiques, et qu'ils sont maintenant à leur maximum de développement, avec l'homme qui est, sans contredit, l'être le plus parfait de toutes les créations passées et actuelles.
Déductions climatologiques comparées, — L'étude de la répartition des genres do mammifères actuels, suivant les grandes lignes isothermes du globe, montre que tels ou tels genres sont auiourd'hui cantonnés dans la zone 6iuatoriale qu'ils ne franchissent ja-
mais , tandis que tels autres, au contraire, se trouvent partout répartis à penprès^* lement, et n ont plus que leurs espèces cantonnées dans des limites de températun [)ropres. Prenons quelques exemples parmi e.» premiers pour arriver à quelques i-onclusions générales de climatologie. Personne n*ighore que tous les quadrumanes ou singes, les éléphants, les hippopotames, les rhinocéros, les tapirs, les girafes, etc., elc, sont aujourd'hui spécialement propres aui régions tropicales, ou aux contrées encore très -chaudes c|ui les avoisinent ; et c'est une conséquence indispensable de leurs conditions propres d'existence, déterminée ^x leur genre de nourriture. Voyons maintenant oil se trouvent, soit les mêmes genres, soit les genres voisins, dans les étages géologiques. Les singes fossiles se sont montrés dans le Suffolk, ])ar 52* de latitude nord, à l'époque de l'étage falunien. Les éléphants fossiles et les autres genres voisins, tels qM^Xemastodon., ont été rencontrés partout en Europe, en Amérique, dans les régions tempérées et froides, et jusqu'à la ioer Glaciale : les girafes, les hippopotameSt les rhinocéros et les tapirs fossiles, avec les genres qui s'en rapprochent, tels qucles anoplotherium, les palœothtrium, etc., etc^ étaient surtout très-abondants en France, en Allemagne, dans les régions presque froides. On doit nécessairement conclure de ces faits qu'à l'époque où les singes fossiles vivaient en Angleterre et en France, où les autres genres cités aujourd'hui comme propres aui régions tropicales, couvraient la France, l'Angleterre, la Suisse, l'Allemagne etjQ^ qu'à la Russie, la température de ces régions était inflniment plus élevée qu'aujoord hui, et qu'elle devait égaler la température des tropiques. De plus, on doit croire, que, sous une telle température, ces pays étaient couverts de tout le luxe actuel de végétation propre à la zone torride, car, sans cela, ces animaux n'auraient pas pu exister.
Déductions géographiques comparées,—]^ répartition géographique des genres actuels de mammifères à la surface du globe, nous donne par exemple , les tatous {dasypuf], les dasyprocta^ les echimys^ les didelphet^ seulement en Amérique; les camelus,]ts rhinonocérosy les hippopotamusy seulement en Asie et en Afrique ; les orycttrojms au cap de Bonne-Espérance, et le genre cberal Œquus)j seulement dans l'ancien continent. Quelques zoologistes ont, dès lors, éw très-étonnés lorsqu'ils ont été obligés de 5i gnaler des dasyhus^ des doawproc/d, diJ echimysy des didelphes fossiles dans les étages parisien et falunien de France, (le* orycteropuSy des equusy des camelus fossiles dans l'Amérique du sud, des hippopotumun la Nouvelle-Hollande, des rhinocéros, d« girafesy en France, en Russie, etc., etc. I» se sont récriés, le plus souvent, sur ces înts qu'ils regardaient comme une anomalie «dgulière et très-curieuse. Leur étonneraent s'explique par cette seule raison qu'ils savaient étudié que les mammifères; car, en
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anticipant un instant sur les faits que nous donnent Tensenible des êtres et leur répartition, nous reconnaîtrons dans cette anomalie supposée le fait général, que dans tous les â^es géologiques, les êtres ont une distribution tout à fait indépendante de la répartition géographique d'aujourd'hui, et que leur esfjèce de cantonnement dans des zones isothermes, ou sur des régions continentales spéciales, n*a réellement commencé qu'arec I époque actuelle. Nous sommes même heureux de trouver chez les mammifères, les animaux cantonnés, par excellence, dans les conditions actuelles, des faits assez nombreux pour prouver qu'ils suivent les lois générales qui président à la distribution uniforme des genres dans les ipèmes âges géologiques sur tous les points du globe à la fois.
Bidueiiont géotogiques iirée$ des genres. — La forme zoologique nous donne, par la présence ou par Tabsenee des genres dans les étages géologiques des caractères stratigrafigues négatifs ou positifs.
Les caractères stratigraphiques négatifs donnés par les mammifères dans leur application à la stratification des terrains et des étages sont faciles à déduire. Sur 115 genres rencontrés fossiles, pas un ne traversant tous les étages, et tous étant , au contraire, cantonnés dans les étages dont il n'occupent qu'une très-courte série, ils offrent, pour les terrains et pour les étages où ils manquent, autant de caractères négatifs; ainsi ces cent quinze genres j dont aucun n'a montré de représentants dans les terrains paléozoïques, triasiques, crétacés, et dans neuf étapes jurassiques sur dix, sont autant de faits oui prouvent la spécialisation des formes zoologiques dans les étages géologiques, et qui pourront servir à reconnaître ces étages partout oit ils se rencontreront.
En comparant seulement entre eux les différents étages des terrains tertiaires, nous arriverons encore à trouver, pour chacun en particulier, des caractères négatifs donnés par les faits actuellement connus ; car il en ressortira que les 107 genres qui manquent dans l'étage suessonien peuvent le caractériser encore mieux que les six genres qu'on feite. Que les 90 genres qui manquent à étage parisien, nue les 42 genres qui sont inconnus dans l'étage falunien sont autant de faits négatifs qu on peut invoquer pour reconnaître ces étages, lorsque la superposition laisse des doutes sur l'âge réel auquel on doit les rapporter.
Caractères stratigraphiques positifs. Nous appelons caractères positifs^ les formes animales, les genres, qui existent dans un terrain, dans un étage ; ainsi pour nous, les 1 15 genres connus fossiles sont autant de bits positifs propres à caractériser les étages où ils se trouvent. Les genres qui parcourent une série plus ou moins grande des étages peuvent servir, pour tous ces étages à la fois, comme les genres canis^ viterraf aciuruêf etc., et ces genres qui traversent plusieurs étages sont au nombre de kO,
tandis que ceux qui n'occupent encore aujourd'hui qu'un seul étage sont au nombre de 75. Dès lors, les genres caractéristiques de leurs étages spéciaux connus comme les sept de l'étage parisien, les 23 genres spéciaux de l'étage falunien, et les 42 genres propres à l'étage subapennin, dont 25 sont ensevelis pour toujours dans l'éi^oque qui nous a précédés sur la ferre, seront autant de formes caractéristiques de ces différents étapes qu'on pourra invi^quer comme faits positifs, quand on aura des doutes sur un gisement géologique dont la stratification ne sera pas certaine.
Persistance des caractères positifs. — Nous ne terminerons pas ce qui a rapport aus caractères positifs, sans faire ressortir un fut que nous comparerons dans toute la série animale. C'est que, lorsque une série animale commence à se montrer, elle se trouve généralement dans tous les étages intermédiaires iusqu'à ce qu'elle finisse, ou
Qu'elle arrii'.; à l'époque actuelle. I^s genres teints pour la faune terrestre, comme ceux qui arrivent jusqu'à présenter des espèces encore vivantes, sont dans le même cas, comme on peut le voir pour les genres ofi- Aracoikeriumf paUeotherium^ canis^ urtia, etc. Quand un genre manque dans un étage, tandis qu'il est représenté dans les étages inférieur et supérieur, comme on le voit pour les genres /mm, sciurus^ halieore^elc.f etc., on doit croire que, s'il n'a pas encore été rencontré dans les étages intermédiaires, il doit sans doute exister sur des points encore inconnus à la science, et sa non-présence dans ces parties intermédiaires ne peut être regardée comme un fait réellement négatif.
Déductions géologiques tirées des espèces^ — En comparant les travaux consciencieux des Cuvier, des Owen, des Mejer, des Kaup et de tant d'autres savants qui ont écrit sur les mammifères fossiles, on reconnaît que chaque fois qu'une espèce a été établie sur assez de matériaux rencontrés dans un étage géologique certain, elle se trouve propre à cet étage, qu'elle peut servir à caractériser. Ou peut voir la vérité de ce fait surtout dans le résumé que le docteur Giebel a fait des mammifères fossiles connus. Il en ressort évidemment que les espèces sont propres à des étages spéciaux ; car, bien que cet auteur ait séparé le dilutium et les catemes de son tertiaire supérieur, qui est notre étage subapennin, on pourra voir aux considérations générales sur ce dernier étage, oue nous regardons comme contemporains les cavernes et le diluvium qui contiennent des espèces perdues; seulement les uns sont des dépôts marins, et les autres des dépôts terrestres d'une même époque géologique.
En nous résumant, nous dirons que, partant de ce principe, nous pourrons regarder les quatre cents espèces fossiles de mammifères comme étant presque toutes caractéristiques de leurs étages respectifs.
MAMMIFÈRES RUMINANTS, de , leur première apparition^ — Vog. Faummi
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DICTlONNAmE DE COSMOGONIE
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• MAMMIFÈRES, rarement entraînés parles fleuves, — Voy. Subipennin.
M-AMMOUTHS DE aJRÉRIE. — PaHas et plusieurs auteurs ont prétendu que les os du mammouth se rencontraient en trèsgrande abondance dans toute la partie basse de la Sibérie qui, de l'ouest à Test, s'élenil depuis les limites de l'Europe jusqu'à TAmérique, et, du sud au nord, depuis la base des montagnes de l'Asie centrale jusqu'aux rivages de la mer Arctique. Bans cet espace, qui n'est guère moins étendu ^ue l'Europe entièi-e, on a trouvé de l'ivoire fossile prescjue partout, sur les bords de l'Irtisk, de 1 Obi, dii Jéniséi, de la Lena et de diverses autres rivières. Quant à des débris d'éléj)hanls, on n'en rencontre ni dans les marais, ni dans les plaines basses, mais seulement dans les lieux où les bords des rivières offrent de hauts escarpements de sable et d'argile. Pallas en a conclu Irès-judicieùseraent que, si Ton pouvait faire des coupes dans tous les terrains élevés, situés entre les grandes rivières, on y trouverait trèsprobablement des ossements semblables.
Déjà, avant Pallas, Strahlenberg avait établi que, lorsque par suite de leur débordement, les grands fleuves viennent à se creuser un nouveau lit, on ne manque jamais de rencontrer un grand nombre de fossiles de ce genre.
Quant au gisement de ces ossements, Pallas les trouva en quelques endroits associés à des débris marins, tandis qu'ailleurs, ils n'étaient accompagnés que de bois fossile ou de lignite, qui, suivant cet observateur, paraissait provenir d'une tourbe carbonisée. Pallas découvrit aussi sur les bords du Jéniséi, par 56 degrés de latitude, et au-dessous de la ville de Krasnojarsk, des molaires et des os d'éléphant renfermés dans des couches de marne jaune et rouge, alternant avec du sable grossier et du gravier. Où se trouvaient aussi bçaucoupde fragments pétrifiés de saule et de différents autres arbres. Ni là, ni dans le pays environnant, il n*y avait de coquilles marines; on n'y rencontrait que des couches de charbon (GW). Mais beaucoup plus loin encore, en ueseendant le Jéniséi, on recueillit près de la mer, par 70 degfés de latitude, des molaires de mammoulh, auxquelles se trouvaient associées des pétri(i(^ations marines (650). Pallas cite encore plusieurs autres localités de la Sibérie, où des coquilles marines et des dents de poissons accompagnent les os du mammouth, du rhinocéros et du buffle de Sibérie ou bison {bos pri<icus). Ce n'est ni sur les
(6i9) Pallas, Rehse in Russ. Rciche, p. 409,
fG50) Nov. Corn. Petrop,^ vol. XVII, p. 584.
(851) Nov. Corn. Pètrop., vol. XVII, p. 591.
(632) Journal du. Nord; Saint Pétersbourg, 1807.
< Au momeni où je vous parle, les honinies qui savent admirer peuvent aJuiirpr à Taise le Mammouth trouvé Tannée dcntière à l*cmbouclnire cic la Lena, par le !»oixant4*,'(iralor7.iènH'. dogré de lal\tude. Cet animal était incrust:^ (notez bien) dans uni^ niasse dî»g':if:(*, «'i rivé de plt^ieun tvh.es au-drêsm
bords de l'Obi, ni sur ceux du Jéuiséi, mats bien sur les rives de la Lena, qui, de ces trois fleuves est le plus oriental, et où, à parité de latitude, le froid est beaucoup plus intense, que certains débris fossiles ont été trouvés dans un état de conservation vraiment extraordinaire. En 1772, Pallas découvrit, à Wiljuiskoi, au 64* degré de latitude, sur les bords de la rivière de Wiljui, tributaire de la Lena, le squelette d'un rhinocéros {R, tichorhinus) qui avait été extrait du sable où il avait dû rester pen^ "dautdes siècles, à l'état de congélation, le sol de cette contrée étant toujours gelé jusqu'à une certaine profondeur au-dessous de la surface. Ce squelette, qui pouvait être comparé à une momie naturelle, émettait une odeur analogue à celle de la chair en putréfaction. Quelques parties de son corps étaient encore couvertes de poils noirs et gris. Sa tête et Tun de ses pieds, celui qui fut envoyé à Saint-Pétersbourg, en étaient surtout tellement garnis, que Pallas se demandait si on ne devait pas supposer que le rhinocéros de la Léua avait nabité les régions tempérées de l'Asie centrale, d'après cette circonstance que son pelage était beaucoup plus chaud que celui du rhinocéros d'Afrique (631).
En 1806, plus de trente ans après la découverte de ce rhinocéros, M. Adams trouva, bien plus au nord encore, le squelette entier d'un mammouth, qui avait été engagé dans une masse de glace sur les bords de la Lena au 70* degré de latitude. Les parties molles de cet animal étaient en si parfait état de conservation que les loups et les ours en mangèrent la cliair. Dans son squelette, qui figure au muséum de Saint-Pétersbourg, on remarque surtout la tête dont le tégument, ainsi que plusieurs ligaments, sont encore entiers. La peau de cet animal était couverte de soies noires semblables à celles d'un sanglier, et qui, plus épaisses que des crins de cheval, avaient de 12 à 16 pouces (3 à idée.) de long; elle était en outre revêtue de crins d'un brun rougeâtre, de 4. pouces (1 déc.) de longueur environ; et cnun d'une laine de la même couleur, ayant 1 pouce (25 mil.) de Ions. Plus de trente livres de cette fourrure furent extraites du sable humide qui bordait la rivière. Ce mammouth avait neuf pieds (â m. 75) de haut et seize (4m. 87) de long. Sans tenir compte, des énormes défenses recourbées dont il était armé. Il est bien rare que les plus grands éléphants mAles actuellement vivants surpassent cette taille (652).
du $ol. C*eiie glace s étant mise h diminuer par je 'l' sais quelle cause physique, on a commencé à ^[ ranimai depuis cinq ans. — Hélas ! dans un ^ plus fertile en c<mnaissenrs actifs, nous Dossea^ rions une merveiiîe qu'on serait venu voir de lopw> les parties du monde, comme les musulmans alw^" à la Mecque, — un animal antédiluvien entier jusque dans ses moindres parties cl suïceptiWc/lcfl^baumement; on aurait pu tenir dans ses maw* *• œil qui voyait, un cœur qui battait il y a S"*-^, mille ans. Quh talia fando Umperet a hcT^^'*-
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