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ET DE PALEONTOLOGIE.
nombreuses et nouTelles décoDii(x>sitioii5 de gaz, aussi bien que des combinaisons, durent aTOir !ieu sur toute J*élendne de la terre, dans un même moment. Or, s*ii est démontré en physique que la y^étation i|ui se dévciop|ie lentement dans Tetat actuel, est une des plus grandes sources de réiectricité atmosphérique et des météores qui en sont la suite, que Ton juge de Teffct que dot produire Tapparition et la formation presque instantanée de toute une ré^étation adulte et en pleine activité au milieu de la Taste étendue de Tatmosphère. Cette combinaison d actions multiples dut donc produire un troisième échûrcissemenl qui lut le troisième jour, qui eut, comme les précédents, un soir et un matin.
« Enfin, après la création des Yégétanx, lorsque la lumière et Tatmosphère eurent établi leurs rapports arec eux, le calme se rétablit, Téther ne fut plus en vibrations si actives, et le phénomène de la lumière ou du jour céda la place à la quatrième nuit, qui sera dissipée par la création du soleil ; et, à partir de ce point, commencera la succession des jours et des nuits telle que nous la f ojons maintenant.
« A toutes les considérations précédentes, tirées de la nature des choses et des effets, les plus certains et les mieux .constatés, des substances créées jusçtu'ici, il faut arjouter que la succession du jour et de la nuit n*est pas uniquement le simple phénomène de la présence ou de Tabsence du soleil sur Thorizon; il y a encore bien d'autres choses. En effet, rétat de Tatmospbère n*est pas le même pendant la nuit et pendant le jour; sa densité est beaucoup plus considérable pendant la nuit, et c'est même là la cause qui fjii qu on entend pendant la nuit les plus lé.'crs bruits qu*on n'entendrait pas pendant le jour, et que les sonsdiversont licaucoup plus d'intensité et d'étendue. L'état ilxï lluide éthéré n'est pas le môme non plus, les variations diurnes de l'éleiironièlre et celles de Tai^çuillede déclinaison le prouvent suilisammcnt : l'état de la terre e| iliis eaux est aussi dillércot. Ijcs corps or^ ïiïsôs et vivants subissent toutes ces in« fluences; le sommeil des plantes, celui des a limaui en d<^|ieniicnt; la |ialliob^e prouve la même chose |K>ur les malades, dont les symptômes ne sont |)as les mêmes |>eBdant l3 nuit et pendant le jour; la nuit est beaucoup plus favorable au ri*pos et le j^ur à la veilla. Tous cesfiiitset bien d'autres prouvent donc une mmlification générale de tous les éléments du globe, modification qui a ses périodes fixes, et auxquelles sont probable^ ment dus une foule de phénomènes dont on ne connaît pas encore bien la cause; les variations barométriques horaires et diurnes en dépendent certainement. Peut-on dire que 1 influence du soleil est la seule cause de ces modifications? elle y a sans aocon doute une grande part, mais elle n'est pas laseulc cause; les éclipses totales ou &
peu près totales, dont on pourrait ici invoquer l'expérience, prouvent au contraire notre thèse. Le soleil est en effet absent ; mais on n*a pourtant jamais l'effet complet de la nuit, il s'en faut même de beaucoup. 11 y a donc quelaue chose de plus. Et d'ailleurs, si le soleil a une influence sur ces modifications diverses du jour cl de la nuit, c'est évidemment parce que son action est combinée avec l'ordre général de ces modications. Ne serait-il pas aussi probable d'admettre qu'une fois la terre créée avec son atmosphère de vapeurs, puis le fluide éthéré répandu dans les espaces , ce qui eut lieu le premier jour , il y eut des causes impulsives de mouvement dans ces fluides, et des résistances, causes de répulsions dans les vapeurs, les eaux et la terre 7 Dès lors les flux et reflux de la mer élhérée, ceux des vapeurs qui envelopfiaient la terre, et toutes les actions qui se passaient dans le sein de la terre, durent établir cette périodicité, cette succession d'états et de modifications nocturnes et diurnes qui acquerront une plus grande intensité et une plus grande stalnlité par la création du soleil et des astres. Nous pouvons dcmc, sinon rigoureusement conclure, an moins présumer avec fondement que la division entre le jour et la nuit consista en ^ande partie dans l'établissement de cette pénodicite de modifications, qui devait être SI importante et si nécessaire à l'existence de fa vie dans le monde. Or, comme tout tendait là, il fallait en préparer à mesure les lois ^nérales.
< Cette loi des modifications générales diurnes et nocturnes de tous les corps admise (et les données de la science tendent à la confirmer), la mesure des trois premiers jours n'offre plus aucune difficulté, [misqu elle est réglée par cette loi, qui est a même aujourd'hui qu'alors.
« D'autres raisons viennent encore à l'appui. La lumière, de quelque source qu'elle vienne, se pro|)age dans toutes les directions, en ligne droite dans un milieu bomo- Î;cne, et en ligne courlie dans un milieu létéroçène ; mais la courbe ne suit pas la convexité des corps : c'est même ta une des causes de la succession du jour et de la nuit sur la terre; car si le rayon de lumière se recourbait suivant, la convexité de la terre, au lieu de nous être renvoyé iiar la réflexion de la lune, il entourerait la terre, et nous aurions un jour ncrpétuel. Or, quand la lumière fut créée, c*lle put très-bien être créée dans un point (foù elle se répandit dans tout Tunivcrs; un texte d'isaie semble appuyer cette manière de voir : Hoc dieit Dominuâ Deus^ créons c€tlo$f et exiendens eo$ (679); car par les cieux nous avons vu qu il fallait entendre l'effusion de l'éther dans resj-ace Dieu cr^e donc d abord le fluide* puis il l'étenJ ei ;ui donne ensuilele nom de i:iel Cette effusrja 36 fluides dut déterminer un moL'vcox^m dap: la terre ou autour d'elle ; quelle que »9ît
(C^O) t»ai. \L, ô
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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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Ja manière dont ce mouvement se soit opéré f oue la terre ait accompli sa révolution diurne, ou que la lumière se soit répandue autour d'elle, cela revient à peu ))rès au même, puisque la grandeur de la terre en est la principale mesure ; par conséquent la durée du premier jour fut mesurée par ce mouvement quel quMl ait été. Les deux jours qui suivirent furent mesurés de la même manière, car les phénomènes qui y donnèrent lieu, la création (lu firmament, le dessèchement de la terre et la production des plantes, s^accomplirent également tout au tour de la terre.
« Il n'y a donc rien dans la science qui puisse empêcher d'accorder aux trois premiers jours à peu près la même durée qu aux suivants, et cela nous suffit. Le texte sacré d'ailleurs emploie, pour en marquer la durée, les mêmes expressions que pour les autres jours. Nous n avons donc* pas de raisons pour ne pas les admettre semblables.
« Ainsi donc, les trofs premiers jours de la création, bien qu'ils ne fussent pas absolument comme nos jours actuels, furent pourtant de véritables jours, qui eurent j)our cause, comme les nôtres, le mouvement du fluide lumineux ; la seule différence fut dans la cause de ce mouvement f{ui, pour nos jours, est le soleil, mais qui
Î>our le premier jour fut la création et l'efusioh de la lumière; pour le second, l'action chimique de la création de l'atmosphère et du ciel ; pour le troisième, l'ac- ;ion de la vég^étabilité.
« L'explication que nous venons de proposer est simple, sans système, et fondée uniquement sur les observations physiques les plus générales comme les plus vulgaires et les mieux démontrées. Toutes les ol)jeclions qu'on pourrait y faire sont sans valeur, si l'on veut bien se rappeler ce que nous avons déjà démontré dans nos premières leçons.
« En effet, on ne peut tirer ces objections que de l'état plus comp1i(]ué dans lequel est actuellement notre univers, c'est-à-dire de l'action combinée des lois générales qu'on y observe. Or nous avons prouvé, nous semble-t-il, que le monde n*apaspu être créé par l'action de ces lois, qui, tenant aux j)ropriétés des corps, n'ont pu exister qu avec ces corps. Mais quand même on admettrait, contre toute raison, ees lois existantes indépendamment des corps, on sera toujours forcé de reconnaître qu'elles n'ont pu régir ce qui n'existait pas, et j}ar conséquent, dans ce cas-là même, elles étaient comme n'existant pas, puisqu'elles étaient sans action.
« Nous avons montré , en outre, que la création a dû se faire d'une manière logique et raisonnable ; c'est-à-dire que les corps divers n'ont dû être créés que dans le moment où ils étaient nécessaires pour préparer la création des corps qui devaient suivre, mais qu'étant créés avec leurs pro-
Sriélés, ces propriétés ont exercé leur inueace au moment même de leur création,
et que c'est de la combinaison des influences réciproques de ces propriétés diverses» à mesure qu'elles étaient produites , qu'est résulté l'ordre actuel du monde. Cest ainsi que l'homme étant le but final de la création matérielle, la terre a dû être créée la première, avec ses eaux qui en font une partie essentielle et nécessaire. Mais c'e.'i une propriété de ces eaux de se vaporiser instantanément dans le vide : jiss ténèbres ou les vapeurs sont donc la conséquence immédiate de leur création. Il faut dissiper les ténèbres pour former une atmosphère. L'éther, qui comprend la lumière, la chaleur et l'électro-raaiijnétisme, est créé, et aussitôt son action divise , compose et décompose les éléments en vapeurs, et do là résulte l'atmosphère , et une première division du temps par la périodicité des actions des fluides, il faut que la terre soit mise à sec pour produire des végétaux. Les bassins des mers sont creusés et ils recueillent les eaux; de nouvelles vapeurs en diminuent la quantité, et la terre, mise à sec, produit des végétaux avec lesquels vont se mettre en rapport l'atmosphère, les vapeurs et l'éther ; d autres créatures viendront ensuite, et avec elles des influences nouvelles et multiples.
« Il est évident au'on ne peut conclure de ce qui est actuellement ce qui fut alors; on ne peut conclure que partiellement, en défalquant l'action et l'innuence des corps qui n'étaient pas encore créés, pour n'admettre que l'action des corps existants. Ep un mot , il faut se placer au point de vue de l'écrivain sacre pour discuter sa thèse. Or c'est ce que nous avons fait. Us objections ne seront donc valables qu'en partant de ce seul point de vue; il faut le trouver en défaut , en contradiction avec luimême, ou avec les faits scientifiques bieo démontrés. Or on ne le fera pas, carnous nous sommes appuyés sur les vérités physiques les plus simples et les plus généralement admises, et que personne ne peui nier.
« Nous avons pris également le texte dans son sens le plus grammatical, le plus naturel et le plus rigoureux, et nous avons vu que les données les plus générales et les plus positives de la science s'accordent nettement avec lui. Nous verrons plus \m qu'il n'en est pas de même, quand on teut torturer le texte, pour l'accorder avec des systèmes sans base.
« Nous pouvons donc conclure, et c'est là la chose importante, que les trois premiers jours de la création furent des jour« de même nature que ceux qui suivirent.
du moins d'après les seules considérations qne nous avons faites jusqu'ici ; et enfin aue les œuvres de ces trois jours ont pu s accomplir ainsi que les raconte Moise, puisque les données de )a science, !<>>" de s'y opposer, conduisent à accepter sou récit. Nous avons quelques mots a ajouter pour montrer que les choses ont dû se passer ainsi.
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ET DE PALCO.VrOLOGlE'.
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« £q etteU dans le récit de Moïse , la lerre est d'abord créée avec ses eaux et leurs Tapeurs ; puis la lumièret Fétenduet le fimuuneot ou le del et ratmosphère, et les eaux liquides sont séparées des eaux en Tapeurs et de rhydrogène. Les bassins des mers sont creusés, la terre est ensuite exondée et produit les Tégétaux ; enfin le soleil» la lune et les étoiles sont créés.
c 11 ne s*agit ms ici de raisonner sur la puissance de Dieu, qui a pu faire les choses comme il a voulu. Notre tâche consiste tout simplement à raisonner en observateur, avec les faits connus et les lois 3ue la science démontre. Or, à ce point e Tue nous avons déjà démontré que le monde n*a pas pu être créé à Tétat élémentaire, à Tétat gazeux, puisque alors, nulle agrégation, nulle masse n'aurait pu se former ; en outre le mouTement n aurait pu exister, puisqu'il n'y aurait eu que des forces impulsiTes sans résistances, et par conséquent une dilatation indéfinie. 11 faut doni- admettre création de masses et création de fluides. Mais les masses ont-elles pu être créées toutes ensemble aTant que les espaces fussent remplis par les fluides éthérés? La simple réflexion amène à conclure que c'eût été là un désordre. En effet, nous aTons prouTé que l'hypothèse de l'attraction, comme propriété essentielle de la matière, sans aucune canse, est une chimère inoonreTable. hès lors, des masses jetées ainsi dans le Tide, sans aucun lien qui les équilibre, qui les retienne et les règle, sont nécessairement exposées à des cnocs qui doivent les détruire; en outre, l'harmonie du poids de chacune aTec les distances n'est réglée par rien, et quand les fluides viendront, il faut leur supposer une puis* sauce qu'ils n'ont pas, pour remettre tout en place; tandis qu'au contraire, les masses arriTant lorsque l'espace est déjà rempli par les fluides, elles s'y équilibrent toal naturellement, elles sont retenues et enveloppées par ces fluides, elles sont réglées dans leurs mouTements respectifs par raction impulsiTC des fluides et par leur propre action de résistance. Les fluides ont donc dû être créés aTant l'ensemble des masses. Cependant ont-ils dû être créés, dans notre monde solaire, aTant la masse de la terre ? Non, et par une raison semblable; îl^ n'y a aucun incouTénient à la création d*oae seule masse primitiTe sans les fluides. Mais si les fluides sont créés tout d'abord, comme il n'y a aucune résistance, l'expansion indéfinie doit aTOir lieu, puisque telle est la propriété des' fluides ; au heu que s'il existe une résistance, quand les fluides arriTeront, la force ImpulsiTe se co2nbiiie aTec la résistance, et les mouvements en naissent; l'expansion indéfinie n'a plus lieu ; de la sorte, le IcTier représenté par la résistance de la terre est préparé pour reccToir l'application de la force des floides. En outre, la vaporisation des
t«80) Cm. 1, 6-8.
eaux était bien plus facile avant l'existence des fluides. Mais s'il faut admettre que les fluides sont composés des éléments de l'eau réduits à leur état de simplicité; en un mot, si l'air et l'éther sont les éléments les plus subtils de l'eau, comme plusieurs physiciens l'ont cru, il est impossible d'expliquer les choses, si la masse de la terre et des eaux n'a lias été créée la première. En effet, si les éléments fluides avaient été créés les premiers, la loi de l'expansion indéfinie, I absence de mouvement, ae résistance, de causes, de pression, aurait à jamais empêché l'agrégation des masses et leur formation au milieu des fluides; au contraire, la masse étant créée la première , la loi de la vaporisation instantanée dans le vide fait surgir les vapeurs, et facilite la décomposition des éléments subtils contenus dans l'eau, pour en former les fluides. ]>e la sorte tout est conforme aux lois connues, dont l'atmosphère et tous les fluides sont des conséquences et des effets. Nous verrons plus tard pourquoi les végétaux ont dû être créés avant le soleil. Pour le moment, nous nous contenterons de remarquer Ïue la création des astres, alors que les uides remplissent l'espace, est en conformité avee les lois du mouvement et que, par conséquent, ils sont venus dans le temps opportun. En effet, soit que le soleil ait été formé par une concentration de l'agent de la lumière, soit qu'il ait été créé d'une substance spéciale, il venait quand tout était préparé ou pour le former ou pour le re» cevoir. 11 en est de même des antres as très.
« Avant d'aller plus loin, nous avons à revenir sur nos pas, afin de ne rien laisser de douteux, rien d'obscur. Nous avons suffisamment exposé l'œuvre du premier jour, la formation des ténèbres, la création de la lumière et son action. Nous devons maintenant dire un mot de l'oeuvre du second jour, avant de passer à la théorie de la terre dont la création est achevée au troisième jour.
«Or voici l'œuvre du second jour dans le texte de la Vul^te ; Dixii quoque Deu$ : Fiat firmamenium in medio ajuarum^ et di" vidai aquas ab aqui$. Et fectl Deus firma^ menium^ divisit^e aquas qum trant sub fir-mamento^ ab hit quœ erani super firmammtum. Et factum est ita. Vocavitque Deus firmamentum^ cœlumj et factum est vespere et mane^ diesseeundus (680). « Dieu dit em^ore : Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il divise les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit un firmament, et il divisa les eaux qui étaient sons le firmament, de celles qui étaient au-dessus du firmament. Et il fut ainsi. Et Dieu appela le firmament, ciel : et il y eut un soir et un matin, jour second. » Nous avons déià expliqué la division des eaux par l'action cnimique du fluide éthéré sur la décomposition des vapeurs. Le seul ooint qui doive maintenant
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DlCTlONXAÏflE DE COSMOGONIE
IfAtJ
lïous occuper, c est le mot /îrmom^nifwm qui semble impliquer quelque «sbose de la solidilév et considérer les cieui comme une voûte solide et ferme. De là certains esprits ont pu prendre o casion de tourner en ridicule ce qu*il leur a plu d'appeler la physique de lÉcriture, et par suite d*en tirer une objection contre Finspiration divine, comme si Dieu avait dû charger ses envoyés d'apporter aux hommes la science lies choses physiques tonte faite, sans rien laisser à Tinlelligence humaine h découvrir.
. « Mais, avant toute discussion scientifique, avant toute eiplication'plus ou moins plausible qu'il nous serait permis de proposer, il est une remarque importante a faire ; elle coupe court à toutes les objections, elle renvoie le ridicule à ses auteurs. Le but de ia révélation n'est nullement le monde physique, nilesscienceshumaines. L'homme, être moral et social, pour lequel ce monde physique a été fait, voilà le seul but que Dieu pouvait se proposer en se révélant à l'homme, afin de se faire connaître à lui , de lui apprendre en même temps sa propre origine, sa nature, ses destinées et ses obligations. En se servant d'hommes sipéeialement choisis pour être ses organes auprès de leurs semblables, Dieu les revêt de son autorité et de sa véracité. Mais ces sublimes prérogatives ne sont point accordées à ces hommes pour leur individu, elles leur sont données pour ceux vers lesquels ils sont envoyés; il en est absolument des prérogatives des prophètes comme des pouvoirs donnés à l'Église et aux prêtres. L'Église enseignante a reçu les proii^esses d'in&illibilité dans la doctrine, mais les hommes qui sont revêtus de cette prérogative ne sont pas pour cela infaillibles pour eux-mêmes, ils ne le sont que pour instruire l'Ëglise enseignée. Les prêtres ont lepouvoirde conférer les sacrements, mais ce pouvoir n'est pas donné pour leur individu, il est donné pour les autres hommes. Dès lors, puisque les prophètes, les envoyés de Dieu, l'Église, les prêtres doivent exercer leur mission vis-à-vis des autres hommes, il est absolument nécessaire qu'ils emploient les moyens propres à agir sur les nommes auxquels ils se sont adressés; qu'ils leur parlent un langage que les hommes puissent comprendre, et qu'ils agissent d^une iq^nière proportionnée à leur intelligence. A ce point de vue» supposez Moïse venant, en savant physicien, expliquer aux Hébreux comment le ciel n'est pas quelque chose de solide» mais un plein fluide, ou autre chose à quoi ce peuple n'eût rien compris, et jugez alors où serait le ridicule. Quand bien même Moïse eût parfaitement connu la nature du ciel, ce qui peut être, il devait mettre de côté sa science pour parler aux Hébreux un langage qu'ils comprissent, I)aurvu qu'il n'y eût rien d'absurde dans son expression. Qu'y a-t-il là d'étréu^e ? absolument rien, et cette réponse est générale pour toutes les diflicultés du même
genre Nous pourrions donc en rester là, si la nature de ce cours ne nous obligeait à aller un peu plus loin dans l'explication de ee mot firmament.
a Si nous consultons la philosophie ancienne et spécialement la philosophie grecque, nous trouvons qu'un ffrand nombre de philosophes ont considéré le ciel comine une voûte parfaitement solide, à iaquelle plusieurs fixaient les étoiles et les astres. Qu'y aurait -il d'étonant si les Hébreux avaient eu les mêmes idées, auxquelles Moïse se serait accommodé? Mais nous allons voir qu'il n'en est rien, et que la physique, aussi bien que la philosophie des Livres saints, n'a admis aucune des nombreuses erreurs que nous rencontrons à chaque pas dans les sciences humaines de Tanliquité : et c^est déjà un fait bien remarquable.
« £n effet, pour la diflUcuIté oui nous occupe, le texte hébreu, qui est Voriginal, la lève de la manière la plus coiûplète et lapins satisfaisante, (V^pt W) teAt ruqiah : « Qu'il y ait une étendue, » dit le texte ; le mot raqiah vient du verbe raqah^ qui signifie à la forme absolue broyer^ fouler aux pieds^ disjoindre en broyant^ affermir^ rendre solide.
9i A Ta première forme causa tive, il signifia disjoindre^ étendre; enfin à la seconde forme oau^ative, il signifie étendre, expandere;QT, c'est de cette de lanière forme qu'est tiré le mot raqiah, qui signifie donc étendue: d'où il suit que Moïse disait |aux Hébreux : Dieu a fait la vaste étendue qui couvre vos tètes et il Va appelée ciel.
^ Le même mot raqiali est pris dans TEcriture au figuré pour signifier tout ce oui sert d'appui, de protection; on lit en plusieurs passages de l'Ecriture : Dieu est mon raqiahy mon appui, mon protecteur. H signifie tout ce qui sert de lien , tout ce qui affermit, de quelque roaniè^e que ce puisse être.
^ Les Septante ont traduit raqiah [ar ortpitifM qui signifie appui, tout ce quiterf à affermir, à consolider, et qui s'emploie au propre et au figuré comme l'hébreu raqiah.
« Le mol latin frmamentum a toutes le? mêmes significations propres et figurées.
« A ne s'en teiiir donc qu'à Tétymolo^ie des mots, l'euprcssion hébraïque signifiaul étendue, ciel, aurait été traduite en grec et en latin par <rtv/>iv^ft et ftrmamenlum, qpi marquent quelque chose de solide; ce ((utl faudrait peut-être attribuer aux idées philosophiques des Grecs sur la solidité du cietr et cela né prouverait absolument rien pour la valeur de l'expression dont s'est servi Moïse, mais montrerait seulement que les interprètes se sont accommodés aux idées de ceux pour qui ils traduisaient.
« Quoi qu'il en soit de ces étymologi^^» en rapprochant les principaux textes de TEcriture qui peuvent nous apprendre qtiel e idée les auteurs inspirés attachaient à la nature des cieux, nous verrons quelles sont parfaitement conformes à ce que D(r( lan:zues en disent. Nous lisons dans iob