‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 132 sur 216 · HAU · texte numérisé non relu

HAU

fuale d'autres phénomènes. De là encore la grande ressemblance entre les derniers terrains primitifs et les premiers terrains secondaires 9 puisque ceux-ci sont formés des détritus de ceux-là. La Cgure de la terre est encore une conséquence de sa destination: Dieu, voulant la soumettre à un mouvement, dut lui donner une forme propre à ce mouvement ; et Ton ne conçoit pas qu*une intei* iigence souverainement sage eût pu agir autrement. Or pouvait-ii laisser cette figure et ce mouvement à déterminer au hasard, ou à une cause aveugle, comme sont toutes les causes physiques? Buffon arrivait déjà, par K* calcul, à ces couséquences qu*il est important de rappeler ici. La direction commune du mouvement d*impulsion qui fait que les planètes vont toutes d'occident en orient, lui donnait , pour les sii planètes connues de sou temps, Qk à parier contre f qu'elles n'auraient pas eu ce mouvement dans le même sens, si la même cause ne Tavait pas produit. Or, le nombre des planètes s'étant accru par les nouvelles découvertes, la probabilité s'est accrue en proportion, et vient fortifier la preuve que le mouvement des planètes ne peut être dû au nasard, ni par conséquent à une cause aveugle. ^

'^ L'inclinaison des orbites des six planètes connues de Duiton n*excède pas 7 degrés et demi; car, en comparant les espaces, on trouve qu'il y a 24 contre 1 pour que deux planètes se trouvent dans des plans plus éloignés, et par conséquent,^ ou 7,692,624 à parier contre 1, que ce n'est pas par hasard qu'elles se trouvent toutes six ainsi placées et renfermées dans l'espace de 7 degrés et demi; ou, ce qui revient au même, il y a cette probabilité qu'un tel arrangement est dû à une cause intelligente et créatrice. 11 faut ajouter que la forme sphéroïdale des

f planètes, que le degré de l'aplatissement de curs pôles sont en rapport mathématique avec la vitesse de leurs mouvements. Il y a donc encore plusieurs millions à parier contre un, que cette forme et cet aplatissement ne sont pas dus à une cause aveugle, mais bien à la cause toute-puissante qui a créé ces planètes avec leur forme pour un but déterminé. Mais H n'a été besoin pour cela, ni de laboratoire de chimie, ni de fourneaux, ni de compas, ni d*équerrés, ni de lunettes astronomiaues ; Dieu a laissé ces faibles moyens à l'homme pour observer ce que sa puissance, sa volonté et sa parole ont pu produire en un seul moment.

« Tout nous conduit donc à regarder comme la théorie !a plus probable, la plus logique, la plus scientifique, celle qui admet que la terre primitive a été créée d'un seul jet ce qu'elle est, et propre à recevoir des habitants; pour lui donner un nouvel appui, il nous reste à montrer comment les

K.'iénomènes et les faits, que les diverses ypolhèses ne peuvent expliquer, s'expliquent facilement dans cette théorie.

H La terre e:kt donc créée tout d'abord avec sco montagnes et ses vallées primitives:

environnée d'eau de toutes parts, il se forme aussitôt autour une atmosphère par suite de la vaporisation des eaux. Ces trois états de notre planète, ainsi combinés, reçoirent TinQuence des fluides impondérables qui sont créés alors et mis en rapport avec la terre ; on conçoit qu'à ce moment même les matériaux de la terre aient pu «ubir des modifications. Des dislocations purent a?oir lieu, et elles creusèrent des bassins aux mers, sans qu'il y eût besoin d'un longtemps pour cela, puisque Dieu opérait en se servant des agents qu'il avait faits. La terre apparaît alors exondée ; sa surface était parsemée de montagnes et de vallées : les montagnes étaient formées de granits, de porphyres et de toutes les roches qu'on a appelées primitives ; ces roches, assez compactes et aiiseï denses, offraient une résistance sufGsante aux agents extérieurs, et préparaient une base aux formations futures qui naîtraient des lois physiques créées. Ces mêmes montagnes pouvaient déjà porter des gneiss, des talcs, des schistes sur leurs flancs, le créatour ayant ainsi disposé les choses pour marcher à son but. La surface exondée, nécessairement imprégnée de sels abondants, avait pu éprouver une première décomposition par suite des actions électriques. Les mêmes raisons d'ailleurs qui nous obligent à accepter la création de la terre complète, nous conduisent aussi à admettre que les montagnes et les vallées exondées renfermaient déjà des argiles ocreuses, des terres vierges, propres à nourrir des végétaux. Dnc fois cette première création opérée, les agents naturels vont commencer leur cours. Les fluides impondérables , électrique , magnétique et calorique, ont pénétre la terre ; ils ne l'ont pas disloquée jusque dans ses entrailles, mais leur action d'impulsion et de résistance ont déterminé au centre une force centrifuge et à la circonférence une force centripète; des soulèvements partiels ont pu, par suite, se faire, soit promptemcnt, soit a la lonsuô, comme il est à peu près constaté qu'il s'en fait d'insensibles. Les mêmes fluides agissant sur les métaux qui n'étaient pas encore oxydés, auront déterminé des phénomènes ignés, d'autant plus actifs que tous les métaux qui comj)Osent les roches primitives, ont une granae affiail^ pour l'eau et la décomposent soit è la température ordinaire, soit à des températures très-peu élevées.

« Rien n'empêche, par suite de l'aclioB des fluides impondérables, d'admettre une certaine chaleur au centre, pourvu qu'elle ne le liquéfie pas ; rien n'empêche encore d'admettre autour du centre une zone pâteuse, telle que la demandent les géologues qui conçoivent que la fluidité ignée ne peut plus être soutenue. Cette zone pâteuse es! le résultat de la concentration des actions électriques et chimiques ; elle n'a pas existt dès le prin«îipe et par conséquent ne nous oblige pas à accepter rorieine ignée ou g«; zeuse avec ses invincibles difficultés; au contraire, la terre, une fois créée, a pu, sansau-

ET DE. PALEONTOLOGIE.

MAU

cun inconvéaieol de formation oa autre, receroir de nouvelies modificalions déterminées par la création des fluides impondérables ; alors, en effet, toutes tes conditions étaient réunies; il y avait un noyau solide, cause de résistance et de pression; une en^ velop(>e liquide et gazeuse, nouvelle cause de résistance et d'impulsion tout à la fois ; puis des fluides impondérables, causes d'im* pulsion et de mouvement, agents de composition et de décomposition, sources de chaleur et d'électricité; il y avait dans les matériaux solides, liquides et gazeux, tous les éléments sur lesquels ces agents peuvent exercer leur action, et toutes les conditions pour la favoriser ; ce qui n*est pas dans toutes les hypotîiëses que nous avons discutées. Dès lors on conçoit que, jpar suite de cette action, une zone pâteuse ait pu être déterminée autour du noyau central solide; non plus d*abord comme cause, mais comme conséauence des lois et des propriétés des corps creé^^j ^r conséquent ayant une cause rationnelle et logiaue, et devenant à son tour le siège de pnénomèncs subséquents qui auront leur rôle d'utilité dans les changegements successifs qui devront arriver à la surface de la terre.

« En outre, l'action des eaux beaucoup plus étendue dans l'origine que depuis, beaucoup plus active, comme tous les faits géologiques le démontrent, commença le dépôt iles terrains de transition. La création des végétaux et des animaux, surtout des animaux marins, apporta de nouveaux éléments; les produits organiques, la décomposition de ces produits joints à toutes les causes pré* cédentes d*électricité, d'actions chimigues, métalliques et aqueuses, donnèrent lieu à de nouveaux phénomènes. Car toutes ces causes agissant soit à la surface, soit dans l'intérieur des premières couches de dépôts, soit dans la zone pAteuse que nous ne repoussons pas, firent naître les premiers volcans. Plus tard, quand de nouvelles couches se furent déposées, par suite du remaniement des débris, des détritus du sol, des calcaires primitib et des sels terreux divers, |iar suite encore des détritus organiques, des produits calcaires des animaux marins, etc., de nouveaux foyers volcaniques, moins profonds, purent s'établir dans ces nouvelles couches, immédiatement sur les terrains armleux, débris aqueux des terrains primitifs; les éjections volcaniques viennent confirmer cette idée, puisque leurs bases sont des ar- ^\es siliceuses. Enfin, plus tard encore, à mesure que la croûte du globe s'augmentait, lie nouveaux volcans, toujours produits par les mêmes causes et par de nouvelles, durent s'établir plus superficiellement encore; en sorte qu'u y aurait ainsi des foyers volcaniques à presque tous les étages, tantôt s'im- } plantant les uns sur les autres, tantôt se brmant nouvellement ; Teau y jouant toujours un grand rôle, aussi bien que l'électricilé et les fluides atmosphériques. La difficulté de faire venir l'eau dans ces foyers ne doit pas embarrasser, si l'on considère que

l'infiltration de l'eau et son absorption & travers les couches de la teire a lieu continuelleraent, comme le prouvent les puits artésiens, et les sources qui coulent dans tous les terrains, et même dans les roches granitiques les plus compactes, où ces sources sont peut^tre plus abondantes que nulle part ailleurs.

« A toutes ces causes il faut joindre les influences des astres de notre système sur notre planète aussitôt qu'ils furent créés ; les mouvements qui furent déterminés par là, ne contribuèrent pas peu à modifier l'eiat de la terre.

c A toutes ces mêmes causes, derélectricité, de la chaleur, des actions chimiques, de la décomposition de l'eau, de la zone pâteuse que nous supposons entourer le centre de la terre, des mouvementsd'impulsion et de répulsion produits dans le globe par l'action des fluides divers, des mouvements planétaires, suite des influences célestes de tous les astres d9 notre système, il faut attribuer les dislocations du sol, les soulèvements et les abaissements qui ont pu produire de nouvelles montagnes et de nouvelles vallées.

« U faut remarquer que toutes ces causes durent être considérablement plus actives dans le principe qu'elles fie l'ont été depuis ; d'abord parce que, n*a^ant pas encore agi, elles n'avaient {as épuisé les matériaux de leur action; ensuite, parce que les eaux couvraient une bien [)lus grande portion de la terre, qui était moins considérable dans son écorce stratifiée, parce que tous les terrains les plus propres à l'action .ignée étaient à découvert dans une bien plus vaste étendue;

Earce que la zone pâteuse, si elle existe, su^' issant une moins grande pression, pouvait être plus facilement soulevée; parce que, enfin, toutes les modifications que celte

Srande cause même a opérées, ont soustrait es matériaux du globe les éléments même de son action. Dès lors nous voyons pourquoi il doit y avoir et il y a en effet une bien plus grande étendue de terrains ignés anciens, de montagnes soulevées, de volcans éteints anciens qu'il n'v en a de récents et actuellement en activité.

9 Enfin, plus tard et après les volcans primitifs, et par des causes analogues, ont dû naître et s'échelonner à tous les étages, les salses, les fontaines thermales, les sources calcaires diverses, les eaux sulfureuses, etc., elc. ; par ces mêmes causes sont explicables, la chaleur croissante de la terre à mesure qu'on descend dans sa profondeur, la chaleur des eaux souterraines assez profondes, et tous les faits géologiques attribués à la cause ignée. »

M. Maupied aborde ensuite la création des végétaux.

« Trois questions, dit-il, se présentent d'abord à examiner : « 1* L'état du sol et de Tatmosphère lorsque les végétaux ont été créés ; S"* pourquoi ils sont créés avant le soleil ? 3* et enfin , la nécessité de leur création avant les animaux.

« L On a cru, jadis, que le végétal s^

MAU

01CTI0!fNAIll£ DE COSMOCOME

UAU

9Sl

nourrissait presque uniquement d*eau ; auloard'hui, 1 on sait que Tcau se décompose a la vérité d£ns le tissu des plantes auxquelles elle fournit l'hydrogène; mais cette f*au se charge aussi d'une multitude de substances , de débris de végétaux et d*ani* maux ; en outre, l'air, charge d'acide carlH)^ nique et de diverses vapeurs , concourt, par son absorption, au moyen des feuilles, à l'accroissement des plantes. La plante, absorbant Tacide carbonique et Teau, les décompose dans son feuillage et ses parties vertes, à J'aide de la lumière ; elle s'empare du carbone du premier, de i'hvdrogène de la seconde , et rejette en gaz I oxygène de l'un et de l'autre. C'est surtout petnihni l'humidité nocturne que les feuilles paraissent absorber davantage, et pendant le jour, h la chaleur du soleil, qu'elles dissipent le ]>las. En effet, le gaz acide carbonique se décompose en celle dernière circonstance , ainsi que l'eau ; le carbone du premier, Tbydrogène de la seconde, se fixent dans le tissu végétal qui s'élabore et se nourrit par ce moyen. C'est pourquoi les végétaux les mieux exposés à là lumière ont le tissu plus ferme et ligneux , des couleurs vertes plus foncées, des sucs plus élaborés, plus sapides, nlus odorants, plus aromatiques, plus huileux ou résineux. Au contraire, les plantes tenues h 1 ombre absorbent bien de rhumidilé et des autres principes, mais ne décomposent point l'aoïde carbonique, et le rendent en gaz; aussi, ces herbes contiennent peu de carbone, dissipent peu d'humidité, ce qui fait qu'elles restent molles, pâles ou étiolées, blanches et fades. Voilà pourquoi l'on obtient des herbes peu sapides et fort tendres, en les tenant dans l'obscurité ; mais cet élat de débilité les empêche d'atteindre la floraison ou de développer des fruits, bien que leurs tiges puissent s'allonger beaucoup. Les plantes s'asphvxient, comme les animaux, dans le gaz acide carbonique. « Les conditions du développement des

f)lantes sont une chaleur douce, jointe h 'humidité : mais l'air, en outre, y paraît nécessaire. La chaleur imprime le mouvement organique ; l'eau ne se borne pointa distendre et a assouplir les parties, car elle entre même en composition pour transformer la fécule en matière sucrée et mucilagineuse, comme on l'observe dans l'orge germé. Trop de chaleur, comme au-dessus de M" ou 50", altère le germe de la planlule, et trop d'eau fait souvent aussi pourrir les semences.

«r Beauceup de graines enfouies profondément en terre, y demeurent longuement sans germer, et lorsque les circonstances les ramènent vers la surface du sol, elles se défdoient. Des graines plongées dans le eaz azote, ou l'acide carbonique, y sont restées inactives, tandis qu'elles ont poussé avec vigueur sous du gaz oxvgène; mais ce gaz pur les fait ensuite périr. On a vu absorption d'oxygène et production d'acide carbonique en ces premiers moments. Aussi, des graines qui refusaient de germer, et

au*une longue dessiccation retenait dans I engourdissement, comme celles de ninm scandent ^ etc., macérées dans une solution lég[ère de chlore, ont poussé. Le cresson aie* nois ne met alors que six heures par c« moven , lorsqu'il lui faudrait trois jours. L'électricité produit des effets analogues el

ces semences,' trop poussées aabord,pett* vent en périr d'épuisement.

« Si telles sont les conditions de vie pour les végétaux, ils ont aussi leurs maladies et leurs causes de mort; ainsi, quoique k carbonne soit le principe dominant des Tégétaux*, ce ne sont pas toujours^les troncs les plus compactes, ou dont le ligneux donne le plus de carbone, qui sont les plus ri* vaces, comme on l'a supposé, puisque cette condensation excessive les obstrue et les fait périr. Une trop grande sécheresse, une humidité trop continue nuisent également aux végétaux.

« Ces faits et ces observations préliminaires établis, c'est d'eux que nous devrais {partir pour rechercher dans le sol primitif es conditions d'existence des végétaux; il ne s'agit pas encore de leur création; eltn n'est point le résultat des lois actuelles. Mais une rois créés, des conditions de vie, d'cïbtence et de développement leur furent irv médiatement nécessaire. Or, pour ipprécicr ces conditions, nous devons scientill!]u^ ment partir des faits connus, des causes actuellement agissantes, parce qu'elles ri-.' peuvent être que la continuation des causer anciennes. Si par cette voie nous arrivousà une théorie qui rende compte des faits, noos serons évidemment plus dans la vérité que si nous embrassions des hypothèses plus on moins exclusives des faits, des observations et des causes actuelles. La science n'étant au fond que la démonstration du bon sensTulgaire, toute hypothèse qui blesse ou contrarie ce bon sens , est par là même faus«e et suspecte. Jusqu'ici, nous n'avons fait que vérifier et consacrer ce bon sens commun; toutes nos conclusions nous y ont ramené; si c'est pour nous une grande présomption de vérité, ce doit être aussi un motif pour continuer è marcher dans cette voie.

« A ces points de vue, dont 'a vérité ella justesse ne peuvent être contestées, peut-oij accepter certaines hypothèses qui ont é!é présentées pour expliquer des faits particuliers, tels que les charbons de terre, nu houille? nous ne le pensons pas. On a supposé, en effet, que le sol primitif était i»»; E régné de carbone, et que ratmosphère élan l'orgine presque exclusivement coropoy d'acide carbonique; que, dès lors, les Totaux avaient dû croître avec une plus grande rapidité, et plus d'abondance; que leun nombreux débris avaient dû, pendant celtt période, se déposer dans Teau et y donner naissance aux houilles. On a quelquefois aussi supposé une chaleur originelle p u^ considérable, qui aurait activé la vég^éiat'"''

MAU

ET DE PALEONTOLOGIE.

UAU

et favori^^é son développement; enfin on a été conduit à supposer que les végétaux les moins complets avaient existé longtemps avant les autres, et même que les végétaux fossiles étaient d'une autre nature , et demandaient des conditions d'existence différentes de celles des végétaux actuels.

« Or, nous savons que des graines plongées dans l'acide carbonique y demeurent inact^ves ; que, dans ce gaz, les plantes s'aspli3'xtent comme les animaux; que si les {liantes se nourrissent de ce gaz, elles ne jteuvent cependant le décomposer et se Tasstmtlcr coniplétenient que sous Vinfluence de Tatmospiière et de la lumière; qu'en dehors de cette influence, elles s'étiolent et ne IHîuvent porter ni fleurs, ni fruits, ni par eonsé({uent se repro<luire. Un sol imprégné dfi trop de carbone et une atmosplière aacide carbonique eussent donc été des causes tminemnient destructives du rè^ne végétal i.nmétliatcment ai>rès sa création.

« D*un autre coté, une clialeur au-dessus de la température la plus élevée que nous observons actuellement sur le globe, comme au-dessus do 40* h 50*, altère les germes des plantes, loin d'en favoriser le développement

« On est donc obligé d'admettre, ou que les conditions primitives n'étaient pas essentiellement dilTérenles des conditions actuelles, ou que la nature et In structure des végétaux étaient ditférentes de celles des végétaux actuels. De ces dent alternatives le bon sens et la raison scientifique embrassent la première; les bynotbèses systématiques, [Kiur ne pas reculer, soutiennent la seconde. Or, l'étude attentive des végétaux fossiles conduit à reconnaître en eux la même nature, la même structure anatomique, et |mr conséquent les mêmes fonctions pfiysiologiques que dans les végétaux actuellement existants. La taille et les dimensions qu'on invoque, quand même elles seraient toujours ce qu'on les dit, ne proureraient absolument rien, quant à la différence essentielle de conditions d'existence ; niles conduiraient tout au ])lus à admettre i|ue les causes actuelles étaient anciennenaent plus énergiques et plus actives qu'aujourd'hui, sans que pour cela elles fussent «lifférentes au fond. Des laits, dont on ignore la cause , ne peuvent faire accepter des causes destructives de phénomènes connus; or, telles sont les causes précédentes invoquées, pour expliquer la formation des houilles. Nous devons donc rejeter ces hypothèses et reconnaître que le sol et l'atmosphère n'offrirent pas à l'origine des conditions bien différentes de celtes qu'ils fournissent encore aujourd'hui aux végétaux.

« L'acide carbonique seul, l'oxygène seul, Félectricité seule, une trop grande numidité, des oxydes métalliques seuls, seraient autant de conditions de destruction pour les ▼égétaux, tandis que ces éléments réunis et combinés dans leurs influence;, sont les miiditions favorables au dévetoppement et à la vie des plantes. Or, en suivant la nar-

ration si simple et si naturelle que Mdù% nous donne de la création, nous avons vu l'électricité apparaître avec la chaleur et If lumière, venir préparer les eaux et former l'atmosphère ; les calcaires primitifs nous prouvent suffisamment que Tacide carbonique était répandu dans les eaux et dans l'atmosphère en proportions convenables.

Le retrait des eaux pour former les mers a laissé la terre exond<^e assez imprégnée d'humidité pour favoriser la végétation; enfin tout nous a conduits à admettre dans le sol primitif des terres vierges avec des oxydes métalliques, dont sont principalement composées les roches primitives, et qui sont tres-favorables à la végétation. Nous avons donc, dans les conclusions naturelles du récit de Moïse, les conditions de végéta^ tion les plus propres et les plus en harmonie avec les faits et les observations de là science, puisque ce sont absolument les mêmes. Sous ce rapport, les végétaux venaient donc dans le moment le plus convenable à leur existence, à leur développement et à leur propagation.

« IL Mais pourquoi sont-ils créés avant le soleil ? Cette question , quoique plus difficile à résoudre de prime abord, ne manque cependant pas de quelques bonnes raisons. Tout le monde sait, en effet, que, pendant le jour, sous l'influence du soleil, les végétaux absorbent de l'acide carbonique et rejettent de l'oxygène, tandis que, pendant la nu'it, ils absorbent de l'oxygène et rejettent de l'acide carbonique ; or, 1 action de la lumière, de la chaleur et de l'électricité ayant probablement décomposé tous les éléments contenus dans l'atmosphère primitive, il fallait que les végétaux vinssent d'abord absorber une quantité suffisante d'oxygène, afin que, quand le soleil serait créé, ils pussent, sous son influence, agir sur l'acido cart)onique de l'atmosphère, l'absorber et le remplacer par l'oxygène, et préparer ainsi le séjour aux animaux : par là tout se faisait avec ordre. Au lieu que, si les végétaux avaient commencé par absorber laciofe carbonique, ce qui aurait dû se faire si le soleil avait été crée avant eux , n'ayant point d'oxygène dans leurs tissus, l'assimilation du can)Oue ne se serait probablement point opérée, et ils auraient ainsi commence leur existence par des causes de destruction. En outre, il résulte des belles expériences do M. Dutrochet, que la présence du soleil, en faisant expirer de l'oxygène aux végétaux , serait plutôt défavorable que favorable à leur accroissement; en les créant donc sous l'influence du soleil , c'eût été les placer immédiatement dans des circonstances défavorables. Peut-être pourrait-on ajouter que la présence du soleil eût encore empêché les végétaux de se mettre parfaitement en rapport avec le fluide électrique, qui joue un si grand rôle dans la végétation; le soleil en effet paraît favoriser le dégagement de l'électricité des végétaux ; il fiillait donc que les plantes fussent pour ainsi dire en équilibre électrique avant de subi*' l'action sa-

IIAU

lairc qui devait perpétuer la succession de tous ces rapports. Sans aucun doute, la con* naissance qe tous les rapports des ôtres, qu3 nous soramcs loin de posséder, nous ferait découvrir bien d'autres raisons de cet ordre; mais celles-ci sont déjà bien suffisantes pour nous montrer la sagesse et la divine économie de l'œuvre de Dieu.

^ 111. Nous arrivons à la troisième question préliminaire, la nécessité de la création des végétaux avant les animaux. Notre glojie offre à l'observation une série d'ôtres progressivement plus compliquésdans leur structure et leur organisalion intime, depuis la pierre brute et le champignon, d'un lissu simple, jusqu'à l'arbre élevant, vers le ciel, des fruits délicieux, et depuis ré|.»onge ou le polvpe, jusqu'à l'homme, chef-d'œuvre d'intelligence et de perfection. C'est au moyen de la complication des éléments simples qu'a été produite cette élévation progressive des êtres, dont nous contemplons les divers échelons. Ainsi, le minéral est la base de laquelle tirent leurs forces les véjjélaux qui élaborent, préparent ces maténaux bruts et inertes, la terre, l'eau et Vair. Ensuite l'animal reprenant ces substances déjà travaillées parla végétation, les fiorte au fatte de la composition animale, au dernier degré de l'élaboration vitale, en les imprégnant de sensibilité et de toute l'énergie dont elles sont suscei)tibles.

tit Et, en effet, l'on peut dire que le végétal est l'intermédiaire par lecpiel il faut nécessairement passer de la pierre brute, pour parvenir aux animaux parfaits et à Thomme. Sans les végétaux, il est certain que les animaux terrestres ne sauraient subsister, puisque les carnivores ne trouveraient pas d'espèces herbivores qui les nourrissent; il faudrait donc que tout le règne animal pérît, s'il n'v avait point de végétaux. Le ver de terre lui -môme se sustente de débris de matières végétales ; les poissons, quoiqu'ils s'entre-dévorenl dans les abîmes des mers, y trouvent, pour substances premières soit des fucus et varecs, soit des animaux qui en vivent, comme divers coquillages, etc. Ainsi, le Créateur a dû faire précéder du règne végétal le règne animal. Supposons, en effet, une île nouvelle, soulevée au sein des flots par l'éruption d'un volcan. Nul animal ne pourra subsister sur cette terre aride et désolée ; mais si quelques semences de végétaux y sont jetées, voila des prairies, des bocages qui s'accroissent, et bientôt mille animaux heureux pourront^ trouver l'abondance et la vie. C'est ainsi que des bêtes farouches, repoussées dans les déserts africains, y périssent comme le3 caravanes de voyageurs, à moins qu'une source d'eau saumètre n'arrose un terrain dans lequel croissent alors des plantes. Bientôt une Ile de verdure , ajjparaissant au milieu des sables afff eux , présente des nourritures aux animaux et un lieu de repos au voyageur qui succombait à la soif et à la faim. C'est

(6î«) 6>ii. î, il. 12.

ainsi que le Créateur, voulant produire dus animaux, a dû créer un règne préparateur de Jears aliments.

« 11 serait superflu de chercher à développer les preuves d'une vérité si évidente pour .tous, et nous devons conclure que les végétaux ont été créés dans le moment voulu par Je plan harmonique de la création.

« Si maintenant nous pénétrons dans le texte même de l'écrivain sacré, nous y lirons plusieurs faits qui ont subi de violentes attaques de la part des panthéistes matérialistes et des hypothèses systématiques que nous devons examiner. Dieu avait donc mis à découvert une partie de la terre, après avoir préparé l'atmosphère par la création de la lumière: Et aii : Germinet terra herbam virentetn et faeientem stmen^ et lignum pomiferum faciens fructumjuxtugenusimmj cujus semen in semetipso sit iuper ierram. Et factum est ita. Et protulit terra hirbam virentem^ et faeientem semen juxta genut suumj lignumque faciens fructum^ et ùbeM unumquodque sementem secundum speciem suam (G92). Et d'après le texte hébreu: Dieu dit encore: Que la terre se couvre de terdure^ dejflantes renfermant de la semence féconde^ et que des arbres fruitiers et dautres qai itut ressemblent^ s'élèvent de la terre ^ et quili portent des fruits qui contiennent leurst* mence; et il fut ainsi. La terre fit donc soriir de son sein de la verdure^ des plantes renfermant de la semence féconde , et d'aulrei nmblables ; des arbres portant des fruits qui en renferment la semence^ et d'autres arbut semblables: et Dieu vit combien cela était beau. Ainsi se passa le soir et le matin (i'vH troisième jour.

« Il suit de ce texte si précis : l" que Dieu a créé les végétaux par la puissance de sa parole, et qu'ils n'ont point été pro<luit5 spontanément par les lois de la matière et la puissance génératrice propre et native (io la terre, comme on s'est efl'orcé de le soutenir; 2" qu'ils n'ont point été créés à Téial de germe, de graines, mais à l'état adulte pariait, propres à produire de la semenije et à se continuer par la génération dans le temps et dans l'espace; car le texte ne dit

fias : Germinet terra semen faciens herham et ignum ; « que la terre se couvre de semences faisant de l'herbe et des arbres ; » mais il dit au contraire : a que la terre se couvre d'herbes et d'arbres produisantde la semence ; v 3" qu'il n'y a pas eu seulement un certain nombre de types, de grands genres créés, et desquels, par transformation succesive, seraient sorties les espèces, mais que les espèces mêmes ont été spéciGquemeiit créées; i"que les végétaux ont été créés pour s'harmouier avec tous les points du globe et avec tous les êtres qu'il devait re* çevoir; 5" enfin il résuite de tous ces faits qu'il y a plan, types, conçus et exécutés, eli par conséquent, série végétale. »

M. l'abbé Maupied est fécond en hypo-

MAU

ET DE PALEONTOLOGIE.

MAU

tbèseft. H en a une aussi pour rœuvre du

Î[uatrième jour, ou créatiou du soleil» de la une et des autres astres. Nous allons la lUre connaître au lecteur.

c Nous avons dit { c*est M. Haupied qui parle) que les fluides impondérables ^ont probablement une des grandes causes, sinon la seule, de la gravitation universelle comme de la gravitation moléculaire ; qu'ils présideraient ainsi à tous les -mouvements des astres età tous le^ phénomènes que lacbimie observe dans la composition et la décomposition des corps. Ce que nous ne présentions alors que comme une idée plausible et en harmonie a?ec la plupart des phénomènes connus, acquerra un haut degré de certitude par les considérations et les faits que nous devons exposer ici. D'abord, l'éther ou le fluide lumineux remplit nécessairement Timmensite de Tespace aussi loin que notre vue, aidée des instruments les plus puissants, peut s^étendre ; puisqu'il n y a ue phénomènes lumineux que par les mouvements de ce fluide, et que sans cela nous n'apercevrions ni les astres de notre système, ni les autres systèmes, ni ces immenses amas d'étoiles nébuleuses, dont nous ignorons la distance. II faut donc conclure de là que tous les globes, tous les corps sont plongés dans le fluide éthéré.

« Sous ce nom, il faut comprendre, comme nous l'avons vu, la lumière, la chaleur, l'électrieilé et le magnétisme. La lumière se transmet entre tous les corps célestes qui renient dans Tespace; ce fiait n'a besoin d'aocun développement. La chaleur se transmet également, ou du moins parait se transmettre du soleil k la terre, et la science admet, par une analogie assez rigoureuse, qu'il doit en être de même pour Tes autres planètes; mais la terre a pourtant aussi elle-même une chaleur qui lui est propre, et Tanalogie ne permet pas de douter qu'il paisse en être autrement pour les autres planètes, et la science l'admet.

« L'électricité est répandue sur notre globe, que l'on regarde comme le réservoir commun de ce fluide, par rapport à tous les corps (][ai existent snr ce globe. Les faits de rexpérience prouvent que l'électricité est répandue dans tous les corps; mais que dans certains cas les uns manifestent cette électricité d'une manière, et les autres d'une manière opposée ; d'où l'on conclut qu'il y a deax forces électriques , l'électricité positive ou vitrée, et l'électricité négative ou résineuse. Ces deux électricités combinées sont réiectricité générale ou neutre. Les corps électrisés de la même manière se repoassentt et les corps électrisés d'une manière contraire s'attirent. La nature des corps détermine leur mode d'électricité posiiiyre ou négative; mais les mêmes corps peoTent être électrisés positivement par rapport à certains corps, et négativement par rapp^drl à d'autres. Dn corps èlectrisé d'une manière quelconque décompose à distance

(695) PociLLCT, Eiém. de f»/iyi., t. II, p. 192, seconde édition.

DlCTlONH. DE C0SU0G0!«1E ET DE PaLÉOIITOLOGIB.

ÏQS électricités naturelles ou neutres de tous les corps conducteurs qui l'environnent* Ce n'est pas tout : le galvanisme, qui n'est (|u'une branche de l'électricité, prouve que 1 électricité se développe au contact de tous les corps hétérogènes. Et ta forée éUctro^ motrice découverte par Voila est urne force unirerselle qui s^exeree au contact de toutes les molécules des substances hétérogènes^^ qui décompose sans cesse les fluides électrtqueSf et gui donne naissance à des forces nouvelles^ dont les effets se font sentir a la matière pon^^ dérable. Or^ les éléments qui composent Im terrcy soit à sa surface, soit à diverses pro* fondeurs, sont mêlés et confondus^ de telle sorte gu'H y a partout hétérogénéité entre leê parcelles qui se touchent. Combien de subs^ tances diverses sont $nis€s en contact dang les plus petits des êtres organisés^ et combien de réactions électriques s'y doivent développer l lui terre végétale ^ tes pierres f les ro-cheSf les laves, les couches géologiques sont'' elles autre chose qu'une agrégation de principes différents^ entre lesyueîs la force électromotnce doit agir aussi avec plus ou moins dCintensitéf On aperçoit dune seule vue tout ce gu*il y a de fécond dans cette découverte^ qui doit donner la clef d'une foule de phénomènes (693).

« Ainsi donc, la terre et tous les corps qu'elle contient, soit intérieurement, soit à sa surface, sont plongés dans le fluide électrique qui les enveloppe et les pénètre de toutes^ parts. Les physiciens, considérant que l'air atmosphérique est par lui-même un mauvais conducteur de l'électricité, disent qu'il presse continuellement sur la couche électrii^ue qui enveloppe la terre et l'empêche ainsi de se dissiper dans l'espace ; quelque plausible que soit cette raison, il nous semble qu'il y en a une autre bien plus générale : le fluide électrique n'étant que le fluide éthéré, est répandu dans l'immensité de l'espace, et les corps ne peuvent iamais en sortir; seulement leur nature et leur constitution diverses asissent difléremment sur ce fluide, et de la les phénomènes que nous observons. Les autres planètes sont comme la terre, comme le soleil, plongées dans le fluide électrique : or que doit-il résulter de là?

« Le fluide électrique communique le mouvement à la matière, qui reçoit d'une manière passive toutes les directions que lui imprime ce fluide; et, comme nous ravons dit, deux eorps électrisés de la même manière tendent à s'éloigner l'un de l'autre, tandis que les corps chargés de fluides contraires sont attirés l'un vers l'autre.

« Cela étant ainsi, deux choses sufllsent pour expliquer tous les phénomènes dv^ mouvement des astres : Tune que le soleil soit électro-positif, et l'autre que les planètes soient électro-négatives. Or, les mêmes expériences qui servent à démontrer l'électii» cité des corps divers se renouvellent tous les jours dans l'univers. En effet, le scdeil^

MAU

DICTlONNAlitE t)E COS3ilOGONlE

MAU

étant éleelro-positif, doit attirer la terre, qui est électro-négative. A mesure qu'elle approche du soleil, son électricité négative est neutralisée .par Télectricité positive du soleil ; et lorsqu elle arrive au point extrême de son périhélie, elle se trouve avoir reçu du soliêii une quantité suffisante d'électricité positivé, (Jui cause alors la répulsion de la terre, laquelle s'éloigne du soleil en perdant de plus en plus cette électricité positive, et en recouvrant son électricité négative, qui, nne fois arrivée à sa plus forte tension, ce qui a lieu au )»oint extrême de son aphélie, attire de nou\-eau la terre vers le soleil. Telle est la cause de l'orbite elliptique que la terre décrit autour du soleil dans son mouvement annuel. Sans aucun doute l'état électrique général de la terre est soumis à l'influence de ces deux tensions électriques extrêmes et opposées, et peut-être y aurait-il ik une des causes qui occasionnent les météores électriques dans l'atmosphère. Ces météores, en effet, ne se manifestent le plus ordinairement que dans les deux époques où les tensions électriques opposées sont vers leur summum, c'est*à*dire en été et en hiver, quoique plus rarement dans cette dernière saison.

« Si telle est donc la cause du mouvement annuel de la terre, celle de son mouvement diurne ou de sa rotation sur son axe en 24. heures est au fond la même. L'échange continuel et réciproque des électricités de nom différent entre la terre et le soleil est la cause de cette rotation diurne. L'expérience du fi] de fer circulaire suspendu sur le mercure, et qui tourne sur lui-même en j)résence des fils juxtaposés de la pile électrique, vient appuyer cette théorie (694).

n Ce que nous venons de dire pour la terre doit se dire également de toutes les autres planètes.

c II n est pas plus difficile de rendre compte du mouvement des satellites. En effet, nous avons vu que des corps électrisés électri- * saient d'autres corps par influence ; mais ici il y a plus, tous les corps sont plongés dans le fluide électrique naturel, et nous savons en outre qu'il y a des corps qui peuvent être électro-positifs par rapport à certains corps, et électro-néçatifs par rapport à d'autres. H suffit donc ici que la lune, par exemple, soit éiectro-positive par rapport à la terre, et électro-négative par rapport au soleil ; la pesanteur et le volume de la terre étant supérieurs à la pesanteur et au volume de la lune, la puissance électrique de la terré est nécessairement plus forte que celle de la lune, puisqu'elle a plus de volume, et par conséquent ^'lone doit se mouvoir. autour de la terre. Mais l'action électrique de la terre et celle du soleil sur la lune se faisant équilibre, ce]le<ci ne peut se mouvoir sur elle-même,

. (6941 c II y avait déjà longtemps que nous avions élabore cette idée sur TaUraction , lorsque nous avons été heureux de la rencontrer développée avec plus d^élendue et âi nn autre point de vue, dans un ouvrage intitulé : Vunivers expliqué par la révélaiioa^ par M. Chaubard. i H est vrai que cette sin-

et doit, par conséquent, toujours présenter Ja même face h la terre, ce que l'obsenalifY, astronomique confirme. H en est absolumfni de même pour les satellites de toutes les autres planètes. La même loi qui régit lemonT^) ment des planètes est applicable aukcomèles.

« Nous ne pouvons développer daTanlâee celle théorie, que nous livrons aux physi. ciens et aux astronomes, bien conTaiocos qu'en l'approfondissant ils y trouveront ]« solution de toutes les difficultés qui s'élèvent contre la théorie de l'attraction newionienne.

« Mais de cette action universelle des astres et de la terre sur le fluide élhéré résultent les mouvements divers de ce fluide à la surface de la terre, et, par suite, ma doute, son influence sur la végétation et sur les phénomènes divers de la vie organique,

[)hénomènes oui se manifestent à Tétat déectricité, de cnaleur et de magnétisme. C'est encore à la même influence que bont dus les ])liénomènes de composition ei de décomposition des corps. »

Nous avons vu plus haut, à propos de l'œuvre du troisième jour, que M. Maupied suppose que la terre a été créée d'un seol jet, et admet ce qu'il appelle le sol de la création. Suivant lui, la formation dugiolie primitif avec ses montagnes, ses vallées primitives et ses premiers bassins des mers ne pourrait être rationnellement expliquée que par la même cause qui a créé tous les êtres et leurs lois harmoniques. Mais eo même temps il reconnaît que l'accroissement de la croûte du globe, les modifications du sol de la création, comme celles dus4)i secondaire, sont un résultat des lois créées et des causes naturelles et multiples qui dé composent et recomposent continuellemeol la surface du globe. Ce sol secondaire, cota* meut s'est-il formé? Voici à son sujet ouc petite hypothèse:

« Cette distinction profonde, dit M. )JaQ« pied, entre le globe primitif créé en harmonie avec tous les êtres qui devaient rbabiter, et avec les autres globes qui devaient régulariser ses mouvements et y fixer les conditions d'existence des êtres organisés, el entre le sol de remblai, résultat des raodtâcations poçtérieures du sol de la création; cette distinction profonde, disons -nous, semble parfaitement exprimée dans la oomenclature originelle de Werner, lorsqu'il divisait les gttes généraux des minéraux ou terrains en primitifs et en secondaires : le^ premiers étant créés, les seconds produii? par la décomposition des premiers et uiK nouvelle disposition.

« Cette distinction est aussi l'idée fondamentale de BuSbn, même dans son sysiéwt hypothétique, où il s'est trompé en voulact créer le monde à sa façon.

« Deluc admet également qu'à Téfoque

gulièrc théorie se trouve dans M. Chaubanli rtr« des auteurs qui ont étnis dans la science et $ur «> Genèse le plus d'îulées bizarres. La présente il^^j^» qiTi a été aussi empruntée à M. CbaubanJ par *^ ^' F. Debreyiie , a été a[>pi ériée à Tarticle DrJtfT»- ( Voif, ce m6t.) (Wban (de Saikt-Cutid)

MA

ET DE PALEONTOLOGIE.

nt

OÙ la mer couvrait les continents que nous tiflbitons, elle avait pour fond tin sol montueux que ni elle ni aucune cause connue n'avait fait, et que pour cela il appelle primordial. Parmi ces montagnes, les unes sont immergées, les autres émergées et forment des fies. Au nombre des montagnes jirimor* diales il admet des montaznes ea!caircs, et, par conséquent, datant de la création.

« C'est, enfin, d*une manière bien plus nette encore, la thèse que soutient M. de Blainville, dans ses cours et ses travaux, et spécialement dans ses notes manuscrites, sous le titre de Conception géologique ^ qu'il a bien voulu nous communiquer, et que nous donnerons ici, avec quelques dévcloi> pements ajoutés:

« Il faut admettre^ dit-il dans ces notes, que ce noyau central primitif, créé par la puissance divine en masse ^ sans apparence de couches^ offrait naturelhment, par suite de son mode de formation, la cristallisation des minéraux constituants, et , par suite de son but, la création des êtres rivants, il offrait à sa surface des points plus élevés que les autres, et par conséquent des enfoncements intermé' diaires et proportionnels aux élévations. Les élévations formèrent les pics, les montagnes primitives ; les enfoncements qui, de même que les montagnes, différaient de grandeur dans ie$ trois sens, formèrent les bassins contenant la partie liquide, séparée de la partie solide. « Ce point de la création directe du noyau central pour entrer en harmonie avec tous les êtres créés étant donc logiquement acquis à la science générale comme à la géologie, suivons l*histoire de ses modifications, telle que les faits semblent nous l'indiquer.

« D'abord, par l'action de l'électricité, ou mieux, du fluide éthéré général agissant sur les matériaux du globe qui en est tout pénétré, des réactions chimiques eurent lieu sur les minéraux divers qui composaient le globe ; il put en résulter çà et la une zone pâteuse sous les granits ou dans leur intériear ; de là des Sections norphjriques qui brisèrent et surmontèrent ça et là les chaînes granitiques auxquelles les porphyres sont jioslérîcurs, puisqu'ils en coupent Iransver- (aJernent la direction, et qu'ils les recouvrent le plus souvent, ou les pénètrent par des Teines ou des filons. — On conçoit que par ces phénomènes les bassins des mers aient pu être modifiés et limités.

m Par Taction des agents physiques de natures très-diverses, les alternatives d'électrir-iléy tant intérieures qu'extérieures, du l^lobe, celles de température en plus ou en iiioins, agissant aussi bien sur le sol primitif et les minéraux qui le composent que sur le liquide contenu dans les bassins et sur Tatmospbère qui l'enveloppe, il est résulté uou-seulement des évaporations et des condensations aqueuses plus ou moins considérai>les et étendues, mais encore des désagrégrations, des décompositions des minéraux eonstituant les élévations, et qui, entraînés par les condensations aqueuses coulantes è la ."^urfàce, ont commencé à remplir les bas-

sins ou les excavations primordiales et naturelles de la surface du noyau.

« C'est ainsi qu'ont dû se former les premières roches de transition qui sont à moitié cristallines et à moitié séuimenteuses, ce qui leur a valu le nom de terrains hémilysiens. Ce sont, en effet, des roches que Ton a trouvées par toute la terre aussi bien que les roches primitives qui doivent former le fond de tous les bassins, et même en remontant nlus ou moins haut le lon^ des pentes des élévations, de manière à faire croire de

Erime abord à une sorte de soulèvement, lais, en remarquant que les roches hémilysiennes se distinguent en roches qui ne contiennent aucuns débris organiques et en roches qui commencent, au contraire, à en renfermer; et -que les premières sont beaucoup plus cristallines et composées de matériaux beaucoup plus semblables, pour la substance de la texture, aux roches primitives, et que les secondes, au contraire, sont beaucoup plus éloignées de la texture et de la composition des roches primitives, il y a lieu à rechercher une différence dans leurs causes et leur origine. Les premières, comme les gneiss, etc., pourraient bien n'être qu'une décomposition partielle des granits, opérée sur place par les divers agents physiques qui en auraient enlevé certains éléments et auraient transformé leur texture compacte en texture schisteuse , comme cela a lieu encore dans les calcaires et même dans les granités superficiels.

« Les schistes proprement dits, qui reposent immédiatement sur le flanc des monta^ gnes granitiques, et qui ne contiennent point de corps organisés, pourraient être regardés comme pnmitifs ou comme une décomposition sur place de roches primitives transformées.

« On peut encore, et même très-probablement, regarder la plupart de ces roches hémilysiennes comme un résultat de l'action combinée des eaux et du fluide éthéré {général au moment où celui-ci détermina a couche pâteuse d'où sortirent les porphyres.

« Quant aux roches hémilysiennes dont la composition est déplus en plus argileuse' et oui contiennent des débris de corps organises, ils sont évidemment le résultat de la décomposition des roches primitives par les agents atmosphériques d'at>ord, qui produisent des détritus; ceux-ci, remaniés et dissous par les eaux, sont changés en argiles on déposés en pulvescules très-fines ])ar voie de sédiment enveloppant des corps organisés; puis ils ont pu subir un dessèchement par voie ignée, soit par la fermentation cbimico-électriaue, soit par le résultatdes émanations . prolongées de la couche pâteuse primitive, soit même par la fermentation des substances organiones huileuses qui auraient produit les huiles qu'on extrait aujourd'hui de quelques-uns de ces schistes. Toutes ces causes, séparées ou réunies, ont pu contribuer à la formation des «chistea cristallins à débris organiques; ce que coa*

MAU

mCTIONNAIRE DE COSMOGONifi

MAU

Hrme, en plus d*un eas, leur crislallisalion réguKère en rhomboèdres.

« Cependant, comme les élévations et les enfoncements primitifs n'étaient pas semniables dans lem^ dimensions, on peut conceTOÎr que les végétaux et les animaux aquatiques lurent créés, les premiers sur la plu-* part des élévations, et les seconds dans les différents bassins, comme cela paraît, en effet, vérifié par les faits géologiques, tandis qu'un petit nombre d*élevations continentales offrirent toutes les conditions néces* saires à l'existence des grands animaux ter« restres que la puissance divine y plaça, lors de leur création, et qui par suite se développèrent et s'étendirent suivant leur espèce, à mesure que le sol habitable s'étendit aussi de plus en plus ; cette manière de voir est du reste confirmée par les faits géologiques, nui nous montrent les premières formations faites dans des mers profondes, riches en animaux marins, et dépourvues d'animaux terrestres, tandis que les formations de rivages, (|ui semblent postérieures, renferment des animaux terrestres.

« Dès lors, à mesure que les mers se resserraient par une cause ou par une autre, et que le sol émergé s'étendait, on voit comment les agents physiques inorganiques, continuant d'ajçir, non pas uniformément sur tous les points de la terre, ce qui n'a ja* mais eu lieu, les agents organisés ont commencé, pour ainsi dire, à leur venir en aide. Et ainsi la décomposition, la destruction des roches primitives ont eu lieu de plus en plus, en fournissant des sables et des argiles, puis, avec les mélanges, des con^omérats, des poudingues, des marnes, qui, étant !c résultat de causes pour ainsi dire mécaniques, n'ont plus été modifiés par les mêmes causes que les couches hémilysiennes ; nos nombreux poudingues, superposés à nos schistes cristallins, dans le fond de nos vallées des montagnes noires, à Gourin, démontrent pleinement ce fait. Les calcaires ont commencé en même temps sur plusieurs points. Par là les bassins se sont de plus en plus comblés inégalement sous tous les rapports, tant sous les rapports de la variété dans la nature minéralogique, que sous ceux d'étendue et de puissance ; en même temps qu'aecidentellement des parties inor^ani-

Sies de corps organisés (carbone, silice, aux, etc.), conservant plus, ou moins de leurs formes et de leur structure organique, sont venues s'y joindre, et dès lors se sont formés ces terrains, les premiers dans la série dite secondaire, qui ont reçu le nom de houillers, calcaires, etc.

f Les houillers apparaissent les premiers, parce que les végétaux créés sur tous les points du Kiobe, avant que les grands animaux qui aevaient s'en nourrir y soient venus, ont dû déposer leur détritus, dans les

(895) f n semble, en effet, qne la marche des ehangements dans reiiveloppe liauide de la terre, iTaprfs ce que nous voyons, est d'une plus grande éteodee des eaux douces et d^unc moindre des eaux

localités convenables, sur le fond des bassins primordiaux, oii se sont aussi rencontrés les débris d'animaux ^marins oad'ean douce.

« Dans le même temps, Ipa animaux marins ont déposé leurs dépouilles sur d'autres points des bassins primordiaux, où les animaux terrestres ne pouvaient encore arriver à cause de la vaste étendue des mers.

« On voit comment dans ce premier cotn^ blement des bassins, nécessairement rempKs d^eau, la quantité de traces de corps organi' ses végétaux et d*animaux marins est bien plus grande que celle des animaux terrestres

3ui n ont pu venir Qu*après, quand, par suite u comblement des bassins, le sol émergea Eu leur offrir une plus vaste étendue et qd ien plus grand nombre de points d'habitation.

« Comme il est impossible d^admef tre que le bassin actuel des mers ait pu être circonscrit, et, par conséquent, formé par le soulèvement des rivages qui le limileut, ces rivages étant souvent constitués par des couches horizontales et des formations éTideroment marines, n'est-on pas forcé d admettre qu'ils ont été nécessairement produits, au moins dans beaucoup de points, par des enfoncements considérables , ainsi que BuQfou l'a supposé et que Deluc Ta admis après lui, ou bien que les mers auraient baissé de niveau, et que la coupure de ces rivages serait le résultat de Térosion des eaux et des causes atmosphériques, auxquelles il faudrait ajouter l'influence du tassement par les lois e la pesanteur, etc.

« Hais à mesure que le règne animal s'étendait à la surface de la terre, il derait entrer de plus en plus dans la part que to corps organisés prennent, par leurs parties solides, a la formation des nouvelles rociies qui entrent dans la composition des terrains; et comme retendue des eaux salées augmentait en mteie temps que celle des eaui douces diminuait (695)> on voit commeni, dans la composition de nouvelles strates ou couches, non-seulement la partie organique augmentait, mais d*abord et surtout la parue organique marine, ce qui a produit les terrains tertiaires et quaternaires, dans lesquels se trouveront aussi des êtres organises terrestres. »

Les terrains géologiques et leurs dirisioDS par étages se sont-ils formés successivement et indiquent-ils autant d'époques dur tinctes, ou bien faut-il admettre le synchronisme ou la contemporanéité des formations- M. l'abbé Maui)ied admet le sjnchronisioe. C*est en géologie, comme on voit, une révolution radicale.

Le lecteur jugera de la valeur des raisons

Sue M. Maupied produit en faveur de sà lèse :

salées, k une dimînuiion des premières et à uae aot* mentalion de salure des dcrniéi^es par une cau^a probablement Of^aiiique. i

us

ET DE PALEONTOLOGIE.

MAC

Mt

< Deux grands tàiis^ dit-ii, domiDent la aaperposilion des couches de tous les ter* raies qui comiX)sent TéoDrce du globe, depuis le sol primitif, jusqu'aux formations récentes.

« L*un de ces faits nous montre dans les localités où on les trouve, la généralité des couches du sol primaire (intermédiaire des auteurs) en stratification concordante, c'està-dire, ayant même direction et même incUnaison entre elles; il nous montre les couches du sol secondaire en stratification concordante entre elles et avec le sol primaire, et, enfin , les couches du sol tertiaire sont dans la même disposition entre elles et avec les précédentes : ce dit, observé sur un assez grand nombre de |K>ints du globe, est désormais acquis k la science. I^ conséquence logique et naturelle à en tirer, c'est que toutes ces couches primaires, secondaires et tertiaires, ainsi disposées, prouvent faction d'une cause continue et presque toujours la même, t|ui n'a cessé d'ag!r dans le même sens, dans chaque iocalilé, depuis le commencement jusqu'à la fin des dé))6tsi seulement les éléments, les matériaux sur lesquels elle a agi, cint varié par son action même compliquée de causes diverses et nombreuses.

^ La succession do ces dépôts est, en effets tellement continue, les coucnes diverses sont tellement engrenées les unes aux autres i^

au'il est plus rare de trouver les limites de* eux roches bien tranchées que de les voir se fondre ensemble, soit nar [lassage, soit par fJtemance (096J, et que I on ne peut souvent f isarqucr, ie ne dis pas les divisions de dé* tails, mais bien plus les grandes divisions de terrain primaire, secondaire et tertiaire, que d'une manière artificielle, et, dans un grand nombre de cas, tellement conjectu* raie, que les géologues systématiques ne I>euvent encore s'accorder sur ce qui appartient à un terrain plutôt qu'à 1 autre. Ce désaccord ne prouverait- il pas qu'il serait temps de bannir de la science les idées trop systématiques, pour s'en tenir plus rigoureusement à la succession naturelle des phénomènes f Quoi qu'il en soit, il est évident qu'on ne peut plus accepter l'idée hypothétique de révolutions successives qui auraient produit cette succession de couches, de terrains si intimement liés, qu'ils ne peuvent être que l'effet d'une cause unique et contintie^ quoique diversement modifiée dans ses effets, suivant ;les localités et leurs circonstances.

m Le second fait, qui domine toute la succession des terrains, parait de prime abord entièrement opposé au premier; il nous rérèle, eneffett des bouleversements, des dislocations qui ont produit des affaissements et des soulèvements simultanés, et comme ]iar un effet de bascule, dans les couches du sol qui compose les montagnes ou qui les aroisme. Ces bouleversements paraissent avoir eu lieu à toutes les époques et avoir

agi sur toutes les couches déjà formées, lorsqu'ils eurent lieu.

c Les couches superposées dans ces localités sont très-souvent en stratification' discordante, c'est-à-dire que les couches supérieures ont une direction et une inclinûson différentes de celles des couches inférieures, ou même opposées. On en a conclu que les couches supérieures avaient été déposées après la dislocation des couches inférieures, et par des causes différentes; (ette conclusion parait vraie et légitime dans plusieurs cas, mais dans les autres elle n'est pas à l'abri de toute discussion et de tout doute. On a encore conclu des faits précédeuts que l'on ne pouvait accepter 1 action de causes continues, mais que ces faits prouvaient des révolutions diverses et de longues intermittences dans la suite des dépôts^

4 Cependant, cette dernière conclusion est tellement opposée à notre premier fait général, qu'il est impossible de l'admettre sans contrôle. Si donc nous pouvons interpréter les effets de la cause quelconque des bouleversements, de manière à les faire s'accorder avec ceux de la cause principale et rantinue qui a produit les stratifications concordantes, il nous semble que nous serons plus certains d'être dans la vérité. Or, cet accord n'est pas aussi dilBeile qu'on a bien voulu In croire.

< En effet, il est certain qu'il a fallu que les dépôts disloqués fussent formés avant d*être soulevés ou bouleversés ; la cause qui a formé les dépôts a donc commencé à agir la première ; elle a agi pour former les dé-

1>ôts réguliers» Qon disloqués, et ceux qui 'ont été après leur formation. Elle a donc a^ d'une manière générale. Mais sur certains points plus ou moins étendus, les couches déjà formées ont été brisées, la dislocation a produit d'un côté des affaissements, de l'autre des soulèvemeats. Dès lors le bassin aqueux a été modifié dans sa forme, dans ses limites ; les courants ont changé de direction, et les nouveaux dépôts qu'ils ont formés ont dû se stratifier d'une manière discordante aux premiers. Mais il n'jr a pas eu pour cela intermittence dans l'action de la cause des dépôts, puisqu'au contraire les faits paraissent prouver qu'elle a acmiisplus d'énei^e ; qu'elle a eu une plus grande abondance de matériaux à sa disposition, par l'effet même des dislocations. Ainsi ces deux grands faits, en apparence si opposés, le fait des stratifications concordantes et celui des stratifications discordantes, sont dus à une même cause continue, qui a été dans le dernier cas modifiée dans ses effets et la direction de ses dépôts par la cause des dislocations et des soulèvements.

« Sans discuter tous les faits de détail que Ton pourra ramener à cette règle générale quand on voudra, nous concluons que tous les dépôts sont le produit de causes continues, et qu'il n'y a point eu, par conséquent, de ces révolutions étonnantes qui auraient

(696j A. Boit, Cnid. dugéol., X. V\'p. 510.

MAU

DICT'iONNÂIRE DE COSMOGONIE

UâU

bouleyersé à la fois toute la surface du globe et détruit les êtres organisés qui y vivaient. Nous concluons enGn que la cause aqueuse et la cause ignée ont été synchroniaues ou contemporaines dans leurs effets, le plus souvent combinés.

' « La manière tout artiGcielle dont un a, jusqu'ici, présenté la superposition des couches iqui composent le sol, n'est propre qu'à induire en de graves erreurs les personnes qui n'ont point approfondi le sujet. On peut ramener a quatre classes toutes les substances qui composent le sol de dépôts; ce sont des sables et des grès, des argiles, des substances charbonneuses et des calcaires. Chacune d'elles domine dans certaines couches et s'y présente sous des formes et des textures variées, suivant les terrains , les localités et les circonstances qui les ont raodiQées pendant ou après la formation des dépôts. Or c'est par ces variations accidentelles qu'on les distingue en un très-grand nombre de couches qui alternent les unes avec les autres dans leur superposition pour former chaque terrain. Mais, comme assez ordinairement les mêmes couches occupent et devaient occuper, comme nous l'avons prouvé, des positions analogues dans les diverses localités, puisque les unes sont des débris des roches primitives et des formations de rivages, les autres, des formations d'embouchure, les autres, des formations de pleine mer, etc., qui doivent, par conséquent, toujours se trouver en succession, on en a conclu que les couches analogues s'étaient formées dans le même temps et par les mêmes circonstances et les mêmes causes ; c'est ce gu'on a appelé le synchronisme de formation, sur lequel nous allons revenir.

« On a ensuite considéré la superposition de ces couches nombreuses comme si elles se trouvaient toutes réunies dans une même localité, et formant une série continue et sans lacune de toutes les couches connues. C'est sur cette série ainsi complétée artiGciellement qu'on a établi les divisions, les subdivisions des terrains divers, qu'on a fondé les hypothèses de formations contemporaines, pour toutes les couches qui occupent la même place dans la série artiGcielle, les hypothèses du temps et de la durée qu'il a fallu pour réaliser cette longue série de couches superposées et souvent alternantes. De là, en grande partie, les siècles

JnGnis dans lesquels se perd l'origine de nôtre globe ; le temps n'a rien coûté, on Ta

.multiplié jusqu'à effrayer les imaginations les plus hardies. Cependant celte série artificielle de la superposition continue et sans lacune des couches, est, on peut le dire avec certitude, tout ce qu'il y a de plus opposé .à la réalité des faits; d'abord, il n'est pas une seule couche, dans toute la série des terrains, qui n'apparaisse en plusieurs points à la superficie du sol, sans être recouverte par aucune autre: ici, c'est le sol primaire qui est k la superficie ; là, c'est le terrain rarbonifère; plus loin, le terrain triasique; puis le ju-

rassique; ensuite le crétacé; aillenrs, ee sont les diverses assises du terrain tertiaire. En second lieu, en descendant des terrains récents aux plus anciens, nous retrouvocs une autre marche analogue ; le sol tertiaire repose immédiatement sur le granit et sûr les schistes primaires (calcaire grossier de Dinan en Bretagne, etc.); ailleurs, le terrain crétacé repose sur le terrain primitif, sans intermédiaire ; ailleurs , le sol jurassique repose sur ce mêm« terrain primitif, etc., en sorte qu'on peut afiirmer encore qu'il nest probablement pas une seule couche caractérisée d'un terrain quelconque qui, sur quelque point du çlobe, ne repose immédiate* ment sur le soi primitif. Or de ce bit général résulte que toutes les couches d'uu te^ rain quelconque, qui reposent sur le sol primitif, pourraient être considérées comioe contemporaines, et que ce serait une étrange violence aux faits de les ranger à leur plaît hypothétique dans la série artificielle oe superposition.

« Il est bien vrai néanmoins, que quand il y a plusieurs couches superposées, elles suivent un ordre à peu près régulier; ainsi les couches primaires sont les ])lus inférieures» puis viennent les grès anciens, rouges, bigarrés, etc., le lias, le terrain jurassique, etc. Or, cela se conçoit; puisoueles couches primaires sont des débris et des dépendances du sol primitif, aussi bien que les grès et les argiles inférieures, elles ont dû être déposées et formées avant que le sol primitif ne fût en cet endroit recouvert \« des calcaires ; car une fois ee sol primitif recouvert immédiatement par des calcaires ou autres couches, et dérobé ainsi aux caa- SCS d'érosion» etc., il n'a plus pu se fonuer à ses dépens ni de terrain primaire ni des grès.

a Mais, quel que soît le terrain que Ton étudie» on peut assurer qu'on ne rencontre nulle part en su{)erposition continue la série des couches qui rentrent dans la classification artificielle.

« Enfin, sur aucun point du globe on ne peut observer tous les terrains, ni toutes les couches d'un même terrain réunies; cequil y a de plus complet sous ce rapport noos est offert dans 1 ouest de l'Europe, et nous avons vu combien il s'en fallait qu on y rencontrât des séries complètes de conches môme dans un même terrain. La superposition n'est donc pas ce qu'on l'a préseniee artificiellement. Pour être dans lavériiéj! faut s'en faire une tout autre idée; et I intelligence de ce point capital a été un fie nos efforts continuels dans ce cours.

« Si, par exemple, nous partons des grt* nits de Bretagne pour arriver au sol tertiaire parisien, voici ce que nous troutons: 1" les côtes et les crêtes granitiques form;"' la superficie du sol ; 2'les couches primM^es de gneiss, de micaschistes, de schistes arp" leux se succèdent à la superficie en soriafi' les uns de dessous les autres, de façon «^ pendant que le niveau baisse en descmm des granits sur les couches les plussuperir

MAU

ET DE PALEONTOLOGIE.

MAU

délies; 3* plus loin et à un niveau plus bas encore, les assises inférieures secondaires apparaissent sur le pied des schistes ; viennent ensuite les calcaires jurassiques (en Normandie et en Poitou), de façon a ce que leurs diverses assises sortent aussi les unes de dessous les autres ; puis ces calcaires se perdent sous la craie dont le niveau est de plus en plus bas, et qui vient elle-même se perdre sous le sol tertiaire parisien. En partant des montagnes primitives des Vosges, ou du plateau central de la France f Auvergne et Limousin), on rencontre la môme succession et les mêmes dispositions ju$c[u au sol tertiaire parisien.

« Or, cette succession en vastes gradins d*une sorte d'échelle ne prouve nullement c^ue la couche qui forme Je premier gradin s étende sous toute la seconcfe, ni que celleci s'étende sons toute la troisième, et ainsi de suite. Mais il nous semble, au contraire, plus conforme aux faits observés et aux effets que nous vovons encore se produire sous nos yeux, d'admettre que pendant que les premiers dépôts se continuaient encore, les seconds commençaient à Tune de leurs extrémités et se continuaient ainsi simultanément pendant un certain temps ; que plus loin, les troisièmes commençaient à se déposer sur Textrémité des seconds, et ainsi de suite ; en outre, que sur les rivages, par exemple, se formaient certains dépôts, pendant que d'autres s'accumulaient au largç dans le fond du bassin de la mer. Vu coup d'œil scr une carte géologique semble coqduire, en effet, à reconnaître que la craie,

3ui est un dépôt de pleine mer, se déposait éjà pendant la formation du lias, qui est un dépôt de rivage, et pendant celle des couches jurassiques, qui sont intermédiaires, qui ont été déposées ou formées dans une zone éloignée du rivage et qui entourait la mer profonde, où la craie provenant de leur lavage s'est déposée ; que, sur d'autres points, des houilleset des grès pouvaient se déposer en même temps plus ou moins loin des rivages ; que les schistes primaires pouvaient en même temps encore se former sur place et tout à fait au rivage de la mer, où se déposait dès lors la craie. En sorte néanmoins que les dépôts les plus rapprochés des rivages, ayant été les premiers émergés, ont aussi terminé leur formation plus tôt; et leur bord intérieur a été recouvert par les derniers dépôts des couches suivantes; celles-ci se trouvant ensuite les

f)Ius rapprochées du rivage, ont terminé eurs dépôts avant les suivants, dont les dernières assises les ont recouverts ; et de iDÔnne pour les suivantes, à mesure qu'on avance vers le centre de la mer et que les eaux se retiraient par une cause ou par une autre. »

M. Maupied s'eObrce ensuite de montrer par des figures comment un même fleuve a pa former en même temps et tout à la fois les terrains jurassiques, crétacés et tertiaire^. Cette théorie est loin d'être satisfaisante. L>utour cherche i l'appuyer sur la paléon-

tologie ; mais c'est surtout la paléontologie qui la repousse et Fanéantit complètement.

(Voy. CotXHES SÉDIME?(TAIRES ; SÉDIirE:iITS

A?iciE?is, etc.; Perturbations géologiques;' Espèces FOSSILES ; Genres fossiles.)

Abordons une autre question, la question du temps nécessaire à l'aciromplissement des pb^omènes géologiques. C*est ici recueil des théories scientifiques et de l'interprétation génésiaque, présentées par H. Maupied. Voyons toutefois le résultat des efforts du savant auteur.

« Nous devons d*abord bien fixer la question, dit M. Maupied, en mettant de côté le noyau central de la terre avec ses grandes chaînes granitiques, parce que nous avons démontré que ce noyau pnmitif avec ses montagnes, ses vallées, ses fleuves et ses mers, ne pouvait être attribué qu'à la volonté immédiate du Créateur. Par conséquent, il n'y a point de longues durées de temps à chercher pour sa production. Mais nous avons, sinon prouvé, au moins donné' de fortes raisons de croire que les gneiss et les schistes primaires, dépourvus de débris organiques, ou bien datent de la création, ou bien sont des décompositions ou des |)roduits sur place des montagnes primi* tives.

« La question se réduit donc à savoir combien de temps ont clemandé, pour leur formation, les terrains primaires de dépôts cl de transport, les terrains secondaires et tertiaires*.'

« Nous aurons dès lors à examiner d*abord chaçine terrain en particulier, dans sa composition minéralogique et organique, végétale ou animale, puis dans ses causes de ' formation ; en second lieu, nous aurons à examiner tous les terrains dans leur ensemble et leur rapport, se formant sous l'influence des deux causes principales, aqueuse et ignée.

« I, Temps nécesêÇLire à la formation de$ terrains primaireê. — Les terrains i)rimaires renferment des gneiss^ des micaschistes, des schistes, des calcaires et des grès.

« La plupart des gneiss peuvent être con-' sidérés ou comme de même origine que les

Srwits, ou comme une exfoliation sur place ' es parties superficielles des granits, d'où les agents météoriques ou les eaux auraient ' enlevé certaines substances composantes. Mais comme cette décomposition a dû se' faire plus ou moins rapidement, suivant les circonstances des localités diverses, il n*est

Eas possible d'avoir une mesure de temps, ien qu'on doive admettre que cela s*est lait d'autant plus rapidement que les montagnes granitiques étaient plus élevées et exposées à un climat plus chaud et plus uniformément humide par les évaporations aqueuses, comme tout prouve que cela dut avoir lieu dans les premiers temps, alors que les mers couvraient la plus grande partie de nos continents actuels.

« Les micaschistes et plusieurs schistes sont dans le même cas que les gneiss; la plupart peuvent être considérés comme pri^

HA

DlCTIONNAmE D£ COSMObONU!

lUU

ISi

mitiâ Ou modiQés sur place par des causes analogues.

« Mais les gneiss» les micaschistes et les schistes qui sont le résu1tatd*un dépôt aqueux se sont formés avec d*autaut plus de rapidité que les montagnes qui en ont fourni les matériaux étaient plus élevées ; que les agents météoriques et aqueux étaient plus énergiques, ce que tout prouve avoir eu 'lieu dans Torlgine. Buffon assure, d'après sa propre expérience, que tout le monde pourra s^assurer» par des procédés aisés à répéter, que le verre et les grès eu poudre se convertissent, en peu de tempe^ eu argile, seulement en séjournant dans l'eau. Voilà donc l'origine des micaschistes et des schisr tes, qui ont dû demander d'autant moins de tem|)s pour se former, que les agents météoriques réduisaient plus rapidement en poudre les substances vitçescibles et sableuses des granits, et que les eaux s'cu emparaient plus promptement et sur une vaste <h)helle.

« Les sables, les grès, les grauwacke^ ou psammites sont tous .des détritus des montagnes primitives, plus ou moins mélangés, plus ou moins réduits eu grains fins et homogènes, et qui ont dû aussi demander d'autant moins de temps que les causes déjà mentionnées étaient plus actives. Nous avo^s vu, en effet, que les montagnes s'abaissaient rapidement, et fournissaient une grande abondance de détritus, jusqu'à ce qu'elles fussent arrivées à une pente de |i0* à 45% état où elles demeuraient à peu près stationnaires (697).

« Les calcaires primaires peuvent être considérés ou cmnme primiliJEs , ou bien comme un résultat de la chaiix contenue dans les roches primitives et ""combinées avec l'acide carbonique que les eaux, dissolvent continuellement de l'atmosphère, ou bien encoi^ commç. un produit organi* que. Dans les deux premiers 'cas, il aura fallu d'autant moins de temps pour les former que les éléments étaient xî^rges et dans toute leur viguçur , tandis qu'une fois ror raaniés et transformés, ils demeurent sta^ IV.es. QuaAt aux calcaires organiques y noua en parlerons oi-dessous.

« La or^ia]li$atioa et les nombreux cris- •auz qu'on riencontre surtout dans les terrains pirim^res , ont demandé encore beauix>up moins de temps; on cité, en effet, un vrand nombre de cristaux de roche formés clans les marbres de Carrare et en plusieurs autres lieux, la silice à l'état gélatineux s'e^t rristallisée eh tin e^uljour par /a êeule chor^ leur aitnosplèériaue : ces faits de cristallisatien , que les piutoniens veulent attribuer exclusivement au feu, ont été observés par les minéralogistes les plus compétents, et prouvent que les lois de la nature actuelle sont les mêmes que celles de la nature primitive, et qu'il est superflu d'appeler une chaleur hypothétique et inconnue pour former notre globe et ses cristaux (698).

(MT) Leçon vu\

«i La rapidité avec laquelle se soHdifieiit toutes les roches exondées, ta probabilité que les agents électriques ou caloriques oui modifié plusieurs roches, ne permettent pas de prendre eu considération le temps qQ« demandent le^ CQuches calcaires et siliceoses.

« SMI faut admettre dans les terraitis primaires l'action des soui^ces thermales siliceuses et calearifères, l'exemple destrarer tins de Rome,qui offrent dans les temps hi^ toriques plus de 60 à 80 pieds de puissance, et plusieurs autres faits analogues, n allan gent pas non plus beaucoup le temps.

<c Enfin , si l'on considère que tous ce$ groupes de roches se formaient simullanémcnt en des localités diverses, ou en des points divers de la même loca1it<^, ou coiqprendra qu'il n a pas fallu des milliers disuées pQur former les terrains primaires.

n II. Terrains secondaires. — Les tetrains secondaires sont formés des détritus da montagnes primitives dans leors sablfêel leurs argiles, sur lesquels nous ne reTiefidrons pas^ de substances charbonneuses; de. substances, calcaires et siliceuses ; de couches de pleine mer et de rivages; de débris de lislocations ou de soulèvements, etc. Nous allons passer eipi revue cbacuoe de ces substances.

« Les charbons de terre ou houilles àffraol seals une diflicultè parmi les substances charbonneuses, nous ne nous occuperons que d'eux. Quand on étudie de près les boait- 1ères, on ne tarde pas à se convaincre auei* les se rapprochent plua dçs. tourbes d'uoe part et des détritus végétaux transportés dans Qvs lacs ou des bassms marins, de Taulre, que de tout autre fait.

« On trouve des charbons dans presque tous les terrains, excepté dans les temios

Erimitifs ; cependant les couches de chart>n se trouvent le plus souvent dans iescoaçhes schisteuses, appuyées aux moniagnes primitives ; elles sont recouvertes de scbiste, grès, et tomours plus ou moins séparées par des couençs argileuses et sableuses qui s*întercalent entre chaque lit de houille.

t Les bassins houillc>s sont toujours parfaitement circonscrits et limités, ce qui,joinl iL Talternance dos couches, ne laisse aucoo doute sur leur formation dans des baies narines, des lacs ou d'immenses maréca^ies. «Lés débris d'animaux ou de Yégéîaiii qu'on trouve dans les houilles, les huiles biwmineuses, l'alcali ammoniacal, l'azote, IV* drbgène sulfuréqu'on en retire, ne permcttet:'

t)as de douter que les êtres orc^anisés ne eur aient donné naissance.

« Jamais on ne trouve une coucbe w charbon seule; il v en a toujours ri»îsieurs superposées les unes au-dessus des autres, et elles sont séparées par d'autres couches de différentes substances. L'é(4isseur des différents lits de houille super/^ ses n'est pas la même : il y en adontl épaisseur n'est que de quelques lignes, et qui osi

(G%} n^vui britannique, t. Il, p. 315 et soit.

MAU

ET DE PALEONTOLOGIE.

MAU

la même étendue en surface que les plus épais; il y a, au contraire , des couches qui ont jusqu'à 40 et 50 pieds d'épaisseur. Enfin , les couches sont plus ou moins nombreuses suivant les bassins. Dans les montagnes de SaintrCilleSt près de Liège , on compte 61 couches de charbon; ailleurs on p*en compte que 40 et même moins, et, dans quelques endroits très-rares, il s'en est trouvé jusqu'à 80.

€ Tous les faits précédents ne permettent pas d'attribuer la formation des houilles à des révolutions successives des eaux qui auraient envahi et évacué tour à tour le sol où croissaient les végétaux qui ont donné naissance aux houilles. Que de révolutions incrojables, en effet, puisqu'il j en aurait eu aulantmie de couches 1 Comment auraientelles été si parfaitement limitées, qu'au nombre de 80, de 60 dans certains lieux , elles n'eussent été, sur d'autres points, qu'au nombre de 40 et moins?

m Comment le sol se serait-il relevé et successivement abaissé autant de fois sur le même point, pour recevoir les eaux et les expulser ensuite à chaque fois? ou bien , comment le fond du bassin eût-il été assez peu inondé pour laisser croître les végétaux, tandis que tout autour les eaux auraient continué à déposer des argiles et des sables ? Comment, enfin, dans cette supposition, y j aarait-il des couches de quelques lignes seulement d'épaisseur? On le voit, toutes cps diffirultés insolubles repoussent l'hypothèse des révolutions, pour nous ramener encore ici à des causes simples , naturelles et continues.

m En effet, les observations ont fait reconnaître que le plus grand nombre des vér gétaux déterminés de la houille appartiennent aux cryptogames vasculaires, et les autres aux pnanérogamesi monocotylédones ; on sait, en outre, que les cryptogames vasculaires vivantes de nos zones tempérées sont en général des plantes basses et rampantes, tandis que celles du terrain houjller »e distinguent par des tiges de très-grandes dimensions.

« Les indices connus font penser que les gîtes houillêrs de toutes les parties du globf , de tontes les zones, présentent les tnétnes caractères de végétation.

« Or, la comparaison de la flore houillère arec celle des diverses régions du globe , la rapproche de la flore de la zone torride, et principalement de celle des Iles plus petites et plus éloignées des continents. On remarque , en effet, que ces îles se rapprochent «iavanta^e de ce que nous connaissons dans les terrains houillêrs , tant par la proportion numérique des espèces de différentes clas- .scs , que par le développement que prennent ces espèces.

« Ce rapprochement a fait supposer que non-seulement nos contrées étaient , à l'époque de la formation du terrain houiller , douées d'une température plus élevée que celle dont elles jouissent maintenant, mais «Qssi, qu'au lieu. d'appartenir à de içrands

continents, elles formaient des archipels composés d'iles peu étendues au milieu diine vaste mer; conséquence qui reçoit encore une nouvelle confirmation de raljsence de débris d'animaux terrestres dans les terrains primordiaux en général, et puis de la position même des houillères autour d'iles de terrain primitii • de montagnes au pied desquelles on les rencontre toujours.

« Les rapports de la houille avec le charlion végétal et avec la tourbe , ainsi que Taboudance des restes de végétaux qui l'accompagnent, ont fait supposer, depuis longtemps, qu'elle devait son origine principale à la décomposition des végétaux ; mais on objectait, contre cette hypothèse, qu'il était diuicile de supposer, surtout dans nos contrées tempérées, une force végétative suffisante pour produire des masses aussi importantes ouenos couches de houille. Or, cette difficulté se trouve en partie levée par le £ait que la flore de cette époque est presque exclusivement composée de ces plantes simples, dont le développement a lieu a?ec rapidité sous des circonstances favorables ; circonstances dont l'élévation de la température primitive par la plus grande étendue des mers est la principale.

« Deux opinions principales se sont présentées pour expliquer la formation de la houille. L'une admet que la houille a été formée comme nos tourbes, sur la place même où croissent les végétaux ; l'autre , que les substances végétales ont été réduites en bouillie et transportées par les eaui avec des.parties plus ou moins considérables de végétaux intègres.

« La première opinion nous conduit à reconnaître, dans les bassins houillêrs, d'anciennes tourbières. Rappelons donc les phénomènes des tourbières.

* Elles se trouvent le plus ordinairement dans les lieux bas et marécageux ; néanmoins, il y en a aussi dans les lieux trèsélevés , pourvu qu'il s'y trouve des marécages.

« Le sol toujours très-spongieux des tourbières retient les eaux des pluies, qui, en devenant trop abondantes • soulèvent la masse entière de la tourbe. Si elle est située dans des lieux inclinés, elle coule alors comme font les glaces dans les hautes mon-» tagnes. Elle s'étend de cette manière sur des terrains considérables, et Ton ne peut arrêter ses progrès qu'en pratiquant des fossés d'écoulement pour les eaux.

m Dans les lieux bas, la tourbe est également soulevée au point de former des iles flottantes, qui sont quelquefois entraînées jusqu'à la mer.

« Les plantes aquatiques qui contribuent le plus à la formation de la tourbe, sont les prèles, les scirpes, les typha, les conferves, etc. Ces plantes végètent avec baueoup de force et augmentent chaque année la tourbe d'une quantité considérable.

c II se forme dans les tourbières, des pyrites, des huiles bitumineuses, des gaz, des acides sulfuriques et sulfureux, etc.

MA13

DICTIONINAIRE D£ COSÂlOGOr^lË

UAU

«Dans un grand nombre de hoaillères, les végétaux sont les mêmes que dans les tourbes, ou bien ce sont des analo^rues. Tout porte donc à croire que plusieurs nouillères ont commencé par être des tourbières. Seulement, comme dans le principe les îles marécageuses étaient environnées d'eau de toutes parts, et la température était plus élevée et plus uniforme , comme tout porte à le croire, et comme cela a encore lieu dans les lies et les pays voisins des mers, la végétation y était plus vigoureuse ; des espèces différentes pouvaient y vivre, ou bien les espèces actuelles pouvaient y al teindre des pro[)ortions qu'elles n'atteignent plus. El ainsi, les détritus de chaque année étaient

{)lus considérables. Si les tourbes de la Holande croissent déjà si rapidement, que devaient donc être les tourbières anciennes ?

« La présence, dans le terrain houiller, de végétaux très -délicats , qui ont conservé toutes leurs parties, la rareté des animaux aquatiques dans ce même terrain , et son analogie avec la formation actuelle des tourbes dans les lieux bas et marécageux, déterminent M. Adolphe Brongniart à penser que le terrain houiller a été formé dans des îles basses et marécageuses, sujettes à des inondations qui déposaient, au-dessus des dépôts végétaux, les couches de schistes et de psammites qui séparent ordinairement les couches de houille. On conçoit, en effet, que ce mode de formation a pu avoir lieu pour certains endroits.

« En effet, aujourd'hui, nous voyons les grandes inondations, les années pluvieuses, se reproduire presque périodiquement, de façon à laisser quelques années entre les inondations des pluies extraordinaires ; sous d'autres climats, au contraire, la période des pluies et des inondations est annuelle; elle l'est même plus ou moins pour tous les climats. Il est très-convenable d'admettre qiie cette périodicité a dû exister dans tous les temps, et être peut-être même plus prononcée dans les premiers temps pour les îles tourbeuses environnées de mers. Or il est évident qu'entre chaque période pluvieuse annuelle ou de plusieurs années, la couche de tourbe acquérait une épaisseur d'autant plus considérable que les conditions étaient

?lus favorables, et que les années pluvieuses talent plus éloignées les unes des autres. Chaque inondation venait couvrir la couche de détritus tourbeux , d'une ou plusieurs couches de gravier, de sable ou d'argile, etc., qui étouffait la végétation, et n'en laissait les germes que çà et le, et principalement sur les bords du marécage. L'inondation

f)assée, ces germes de végétation se déveoppaient de nouveau sur toutes les couches minérales, et cela avec une rapidité dont ce qui se passe aujourd'hui après les inonda tions de nos fleuves et de nos torrents, nous donne une idée. De la sorte, une nouvelle couche tourbeuse se formait, pour être ensuite recouverte par une nouvelle inondation, et ainsi de suite, pendant un temps d'autant plus long, que le bassin marécageux

était plus profond et d'un niveau plus abaL<!se ; ce qui explique le grand nombre de certains bassins très-bas , auprès du petit nombre de couches, d'autres bassins moins bas et moins profonds, et qui furent par là même plus tôt comblés et desséchés.

« De la sorte , la succession alternative des mêmes phénomènes a produit Talternance des nombreuses couches de houille et d'argile ou' de psammites qu'on rencontre en certaines localités. Mois il est évident que ce mode naturel n'admet aucune révolution,, aucunes destructions successives de plusieurs créations végétales, puisque toutes les assises présentent les mêmes vé^ taux ; il n'admet pas davantage des irruptions itératives avec des séjours plus ou moins prolongés des eaux marines, qui auraient certainement détruit tous les germes, toutes les sources de la végétation, et empêché par là même la continuation de sa reproduction, de ses dépôts et des alternances des couches végétales et minérales. Tandis qu'il est tout naturel d'admettre, ce que nons voyons tous les jours, que la première vé-

Fétation, développée et accumulée sur toute étendue d'un bassin marécageui, soit momentanément recouverte et détruite par le séjour des çaux météoriques et fluviatiie?, et par leurs dépôts dans le fond de ce ba5sin ; puisque, 1 eau venant à diminuer soit par la saison plus chaude, soit par l'accumulation des dépôts minéraux et la cessation des pluies, les végétaux des bords ou des îlots du marécage qui auront survécu èî l'inondation, regagnent de nouveau tous les dépôts à demi desséchés et s'y propagent juscju à ce que revienne une nouvelle inondation, toujours partielle, au moins dans son séjour plus ou moins prolongé. Dans celt-^ interprétation naturelle, rien' n'empêche de regarder le fond du bassin marécageux comme un lac plus ou moins étendu, dans lequel des cours et des crues d'eau amènent tous les détritus végétaux, les îlots flottaou de tourbes, des parages marécageux enrironnants, en même temps que dans djautres circonstances, d'autres saisons ou d'autres années , ils y amèneront des sables et des argiles. Réduite à ces proportions naturelles et intîniment probables, cette interprétation devient claire et nette, sans qu'il soil besoin des miraculeuses destructions et des créations successives plus miraculeuses encore; mais aussi on est obligé de renoncer à ces magnifiques évolutions des siècles indéfinis se déroulant en milliers et en millions dan^ nées au gré d'une imagination féconde qui se complaît à briser les limites trop étroites du réel pour voguer et se balancer à I «^^ sur l'océan sans rivages de ce qui lui fàrm possible.

« La seconde opinion, celle qui admettre les substances végétales de la houille ont «« transportées par les eaux, s'appuie wJJ position et la disposition des coucbcsde houille dans plusieurs bassins, sur la J^ sence de débris d'animaux aquatiques ni^ rins et d'eau douce , sur la grande quMtn»

MY

Page 1