‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 133 sur 216 · HAU · texte numérisé non relu

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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de Tégétaux charriés encore aujourd'hui par les grands fleuves d'Amérique, sur les dépôts que /es fleures apportent encore dans les lacs, etc. Or il faut avouer que ces raisons lie sont pas moins puissantes que celles de Topinion précédente. Nous croyons donc que Texclusion ne doit pas plus être admise ici que dans tous les autres phénomènes géologiques; mais que Ton doit accepter la diversité des causes qui ont agi simultanément, suivant la différence des localités et des circonstances. Et dès lors, pendant que, suivant la première opinion, de la houille se formait pour ainsi dire snr place dans une lie marécageuse, des fleuves, traversant d'immenses forêts sur un autre p/sint du

S lobe, charriaient des masses considérables e détritus et des parties mêmes de végétaux, ici dans un lac d'eau douce , ailleurs dans un golfe marin. Puis, quand la saison des détritus aura été passée, ces mêmes fleuves auront déposé des sables ou des argiles; ou bien encore, la mer ou les eaux du lac auront étendu leurs dépôts minéralogiques sur les couches végétales. A la saison suivante, les détritus végétaux auront recommencé de nouveau à être charriés pour être encore recouverts par des couches minérales, et ainsi de suite. Dans certaines années de tempêtes, de ravinement plus profond, de pluies plus abondantes et plus continues, les détritus végétaux auront pu être balayés de toutes les parties de la vaste forêt, entraînés plus longtemps et plus abondamment par le fleuve et ses aflluents, et ils auront ainsi donné naissance aux couches charbonneuses les pfus puissantes. Dans une autre année, au contraire, la sécheresse ou d'autres causes auront diminué la quantité des détritus, et il ne se sera déposé qu'une couche très-mince. Enfin, les mollusques terrestres, fluviatiles et marins, ainsi que plusieurs autres animaux, tels que poissons et reptiles d'embouchure, auront été, dans tous les cas, entraînés et déposés avec les véffétaux ou les couches qui les recouvrent. Tel est évidemment, dans plusieurs cas, l'un des modes de dépôt de la houille, dont ce qui se passe dans les grands fleuves et les Tastes forêts d'Amérique nous donne une idée.

« La comparaison des gîtes houillers justifie d'ailleurs les deux modes de formation que nous venons d'exposer; ainsi la plupart des gttes houillers du plateau central de la France ont été formés dans des flaques d*eaadouce, et se rapportent probablement au premier mode ; les nouillères de Bcflgique et d'Angleterre paraissent, au contraire, se rapporter au second mode.

« Cependant, soit que te bassin houiller eût été une tourbière, soit qu'il eût été un bassin de dé'pôts transporte^, il dut sy passer ee que nous vovons encore se passer aDJoardiiui dans cfes circonstances analogues, n se dégagea de ces matières végétales et animales, avant leur minéralisation, beaucoup de gas d'hydrogène sulfuré , d'azote, d'acide caFbonique, etc., comme il s'en dé-

gage des marais et de toutes les matières végétales et animales amoncelées et passant à l'état de décomposition; Or nous savons que dans les lieux où se dégagent tous ces gaz, il se forme du soufre ; que ce soufre en se combinant avec le fer de ces substances^ ou avec du fer de nouvelle formation, produit des pyrites. Nous retrouvons, en elfet, l'acide sulfurique et les pyrites dans les tourbes, dans quelques bois fossiles, et jus-

3ue dans les argiles, les schistes et les aroises.

« On doit donc concevoir facilement, d'après ces faits, qu'il se sera formé des pyrites et du soufre, au milieu des bois transportés, des tourbes et de toutes les matières végétales et animales qui ont concouru à la formation des charbons.

« Cependant, les pyrites décomposés par les causes connues contractèrent de la chaleur; une fermentation fut déterminée: un embrasement auquel la décomposition de l'eau et même de la substance végétale fournissait l'hydrogène et l'oxygène suffisants, avait d'abord son foyer dans les assises profondes du sol, carbonisait la tourbe nu les autres substances, sans perte considérable.

« En effet, les eaux, les couches argileuses, les couches de sable ou de grès, fermaient en partie le passage aux gaz, et, en faisant obstacle au contact de l'air atmosphérique, empêchaient une trop grande déperdition. Tous les gaz étaient absorbés par la matière végétale et bitumineuse et se combinaient avec elle, puisque nous les y retrouvons, aussi bien que les sulfures de fer qui donnent h certaines houilles cet éclat doré, et les débris des pyrites. Ce qui confirme cette manière de voir, c'est que les couches les plus superficielles, qui ont dft être moins éloignées du contact atmosphérique, sont beaucoup plus pauvres en bitumes et en principes huileux, aussi bien qu'en gaz, gueles couches inférieures.

c L explication que nous donnons ne répugne du moins à aucune loi physique ou chimique, elle a même ses analogies dans les phénomènes volcaniques sous-marins, et l'étude des terrains houillers ne permet pas de douter qu'ils n'aient subi l'action d'une chaleur ou d'une fermentation quelconque. On pourra même, à l'aide de cette explication, rendre compte de la plupart des accidents des terrains houillers , des contournementsdes couches de houille, puisque la fermentation ignée a pu déterminer les mouvements des couches et du sol, en creusant des vides, et, par suite, déterminer également des brisements du sol et des couches ou des plissements de celles-ci en sens divers.

« Or, pour produire tous ces phénomènes, soit de transport, soit d'accumuiation des détritus végétaux, soit de minéralisation, il n'aura \)as fallu un temps énormément long.

« Ce qui se passe dans les grands fleuves d'Amérique nous donnera une idée du temps nécessaire au mode d'accumulation

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DICTIOKNAIRE DE COSMOGONIE

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de la houHle par transport. Tout le monde sait que, dans le moment actuel, les grands lleaves, et principalement ceux de 1 Amérique méridionale, charrient une immense quantité de bois et de plantes marécageuses qu*ils transportent à la mer. — Plus de huit mille pieds cubes de matières végétales passent, dit-on, à Tune des embouchures du Mississipi en quelques heures. Or, en prenant pour base les calculs les plus désavantageux, ceux proposés par les partisans des siècles indéfinis, calculs faits sur les bois réduits en charbon à Tair et sur des bois même pris dans les conditions les plus désavantageuses, voici les résultats auxquels on arrive. Suivant ces calculs, on trouve que les dépots charbonneux ne peuvent être qiie les fi'i du volume primitif des matériaux qui leur ont donné naissance ; bien entendu qu*on ne tient aucun compte de la combusr tionsans déperdition que nous avons indi-r quée, puisqu'au contraire on suppose la carbonisation s'opérant à l^air. Prenant donc cette base, et supposant seulement que huit mille pieds cubes de mati(^res végétales passent en 12 heures à l\ine des embouchures du Mississipi, cela nous donne 16,000 pieds cubes en 2!^ heures. En trois mois cela nous donne environ 1,600,000 pieds cubes, qui donneraient 352,000 pieds cubes de charbon, ce qui donne déjà une assez forte couche de charbon; mais que cela se répète à toutes les embouchures du Mississipi, qui sont au nombre de quatre ou cinq, alors le calcul se quintuple. Enfin, que ces phénomènes se continuent seulement pendant 500 ans, et Ton aura une masse charbonneuse de 176 millions de pieds cubes. Maintenant, que ces mêmes phénomènes se soient accompKs en même temps sur cinquante ou soixante points différents du globe, où de grandes lorêts auraient été traversées par de grands fleuves se rendant, soit à la mer, soit dans des lacs, et voilà soixante et quelques houillères qui n'auront pas demandé plus de 500 ans pour se for-, mer (699).

« Ouant au second mode de formation des.houilles, le mode tourbeux, ce qui se passe en Hollande peut nous permettre de calculer approximativement le temijs.

<t Ce pays, comme on le sait, contient des quantités immenses de tourbes, et Fart même* est parvenu à y en produire journellement. Les tourbes naturelles sont formées, ici comme ailleurs, par la décomposition des plantes qui croissent dans ces pays marécageux. On enlève la tourbe pour rutiliser;on creuse, en l'enlevant, un lossé plus ou moins étendu dans une vaste prairie tourbeuse. L'eau s'introduit ou est amenée dans ce fossé. Il s'y produit des conferva rivulariSf puis des mousses^ des lichens^ etc. ; toutes ces plantes s'amoncèlent, se décomposent, et, au bout de 6 à 10 ans, on a une nouvelle tourbe qui est excellente et exploitable.

(699) M. Elie de Bcaumont, dans ses leçons de fféotogie^ 1. 1, est loin de partager cette opinion. (Voy.

« En prenant le chiffre le plus élevé, nous pouvons accorder 10 ans au dépôt de chaque couche de houille, quoique les causes fussent plus énergiques et leurs effets plos considérables et plus rapides dans les premiers temps. Et en admettant que, terne moyen, les inondations nui auront déposé les couches minérales sur les couches coarbonneuses, se sont produites ainsi de 10 ans en 10 ans, nous aurons, en 100 ans, 10 coaches de houille alternant avec autant de couches d'argile ou de sable; en 500 ans, 50; en 900, 90; en 1,000 ans, 100 couches do houille et autant de couches minérales al* ternantes. Or, parmi les bassins iiooillers connus, les plus puissants ne vont pas aa delà de 80 ou au plus 90 couches alternantes, et ce ne sont pas les plus nombreux.

« Que ces phénomènes se soient seules ment produits sur une centaine de points du globe, voilà 100 nouveaur gftes nouillers qui, joints i^ux soixante et quelques précédents, donnent un plus grand nombre de gisements qu'on n'en connaît.

« En outre, le plus grand nombre de bassins houillers repo;sent sur les terrains primitifs, et nous font pa^ conséqaent retnonter à une époque oii la végétation, répandue sur toute la surface du giobe, j était d'autant plus active et vigoureuse, que la température était plus élevée; que les terres exondées étaient des lies plus oa moins étendues et environnées de rastes mers; que Thumidité chaude était plas abondante; que l'homme n'avait pu encore dépouiller la terre de ses forêts comme il Ta fait depuis ; que les lacs et les marais n'étaient point encore combles comme ils Toot été depuis. Nou3 sommes ainsi amenés à conclure que ces premiers temps furent les plus favorables à la formation des houilles, et que quatre ou cinq cents ans après la création, la plupart des bassins houillers étaient remplis, et que tous ceux qui soat anciens pouvaient être comblés aiu bout de 1,000 ans au plus.

« Or, une fois que 1^ combustion ou la fermentation y fut déterminée, tout le monde sait qu'il ne fui fallut pas un long temps

Eour faire passer ces dépôts de l'état toureux à Tétat de houille.

« Nous n'attachons point à ces c^culs plus d'importance qu'ils n en méritent; mais ils sont basés sur des données positives, sur des lois et des analogies naturelles, prises dans la nature même des subst^i^ces végétales les nlus généralement reconnues dans la houille, tandis que les calculs de millidBS d'années exigées par certains auteurs pour former les dépôts de houille , ont été b^sés sur nos bois taillis, nos futaies, dont on n a

I)oint encore constaté la présence daûs la louille, bien qu'il puisse s y en rencontrer; et, en outre, sur ces bois carbonisés à rair» tandis qu'il est certain que la houilîe a été carbonisée hors du contact atmosphérique- Nos calculs sont plus rationnels et pio<

aussi Couches séduieiitaibbs.) (Jéban (m ^^^' Clavier.)

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logiques ; ils sont plus en rapport avec les obserrations positires et les faits connus ; calculs pour calculs , les nôtres Talent donc les autres, .«'ils ne sont préférables. C'est là tout ce que nous rouUons constater.

« Les substances charbonneuses, quelque puissance qu'elles aient dans l'écorce du globe, ne peuvent donc fournir aucun appui a la haute antiquité de la terre. Nous avons i examiner si les caLcuires seront plus biYorables à Thypothèse des siècles indéfinis. « Les calcaires proviennent de trois sources principales: les calcaires primitifs, qui auraient été créés avec la terre, et dont nous ne parlons pas parce qu'on les a contestés; les calcaires provenant de sources thermales et qui prennent leur origine dans la chaux des roches primitives et l'acide carbonique continuellement dissous par les eaux; ils sont peu nombreux dans le sol en comparaison des suivants, aussi il est inutile d'en parler; les troisièmes calcaires, qui forment presque à eux seuls la masse la plus considérable du sol remblai, sont produits par deux grands typesd'animaux, les malacozoaires ou mollusques , et les actinozoaires ou rayonnés.

m Buffon , de Laméthene et de Lamarck ont soutenu la thèse oue les animaux à transsudation calcaire, dont il est ici question, transformaient l'eau en substance calcaire ; quelle que soit la manière dont on résolve cette question, nous croyons avoir démontré, dans notre dix-huitième leçon, que l'action de ces animaux avait- dû diminuer la masse des eaux primitives. Quoi qu'il en soit, il est certain que la plus grande partie des calcaires est due aux mollusques et aux rayoQiiésou madrépores. Les calcaires fétides et bitumineux doivent probablement ^es qualités à la chair de ces animaux, comme i-i substance pierreuse est due à leurs coquilles.

« Or, combien de temps a-t-il fallu pour la production de ces immenses couches de calcaires qui forment la majeure partie de récorce du globe?

« Buffon avait très-bien entrevu cette question, lorsqu'il considère que, dans les mollusques , la matière pierreuse excède cinquante ou soixante lois la masse réelle du corps de l'animal ; que le nombre des espèces est immense; que leur accroissement et leur multiplication sont prodigieux et rapides, la durée de leur vie courte, quoiqu'il en suppose la moyenne à deux ans ; lorsqu'il considère qu'il faut multiplier par cinquante ou soixante le nombre presque immense de tous les individus de chaque espèce, pour se faire une idée de toute la matière pierreuse produite en dix ans; qu'enfin ce bloc déjà si 'gros de matière pierreuse doit être augmenté d'autant de pareils blocs qu'il y a de fois dix ans dans tous les siècles qui se sont écoulés depuis le commencement du monde. Nous ajouterons seulement au problème quelques données plus précises : 1* les espèces fossiles, en général, sont beaucoup plus grosses et de plus grande taille que les

vivantes ; ainsi les ammonites, qui ont quel-

Juefois plus d'un mètre de diamètre; les normes cérites, les crands buccins, etc., etc. 2* On compte déjà plus de six mille espèces fossiles perdues, sans parler des vivantes qui sont bien au moins au nombre de quatre mille espèces, ce qui donne environ dix mille espèces, dr Les individus de chaque espèce sont certainement de plusieurs milliers , et il serait même téméraire de vouloir en fixer le nombre ; nous serons donc bien au-dessous de la réalité en prenant le nombre de dix mille. En outre, il faut considérer que ce nombre se décuple au moins tous les dix ans.

« D'après ces données on peut compter environ un quatrillion d'indiviiius, produisant, l'un portant l'autre, un pied cube de calcaire en dix ans, terme moyen de leur vie établi par Buffon. Or, en 2,000 ans seulement, nous aurions 200 quatriliions de pieds cubes de matière calcaire.

m Cependant la surface exondée de la terre est d'environ huit millions de lieues carrées, ou , en négligeant les chiffres secondaires , un quatrillion de pieds carrés. Par conséquent, en 2,000 ans seulement, les mollusques auraient pu couvrir la terre exondée d'une couche toute de calcaire de deux cents pieds de puissance ; et, si l'on veut réduire a la moitié, à cause de la compression et des divers accidents, cette couche aurait cent pieds de puissance. II s'en faut beau^vp que la terre exondée soit couverte d'une telle couche , en y comprenant toutes les sortes de calcaire. Nous Je répétons, nous n*altachons aucune im()ortance à ces calculs ; seulement on en a fait pour ébahir le vulgaire, nous en faisons pour le ramener à sa tranc|uillité d'esprit , afin de lui permettre de juger non pas d'après des chiffres plus ou moins habilement groupés, mais d'après les faits naturels.

« Si aux calcaires fournis par les mollusques nous ajoutons celui des polypiers, il sera impossible à tout esprit juste de songer encore aux siècles indéfinis. « En parcourant les archipels de la Polynésie et de l'Australie , on peut à peine faire une lieue sans rencontrer un banc ou une lie de corail. Les bancs s'élèvent perpendiculairement du fond d'une mer que jamais la sonde n'a pu toucher, et les lies forment différents étases depuis le rocher battu par les flots, jusqu au soi fertile que couvrent de grands arbres.

« Jusqu'ici nous n'avons considéré les tei;rains dans leur rapport avec le temps nécessaire à leur formation, que dans leurs éléments constitutifs et dans la cause productrice de ces éléments ; mais il y a (vautres données à introduire dans le problème.

« Pour les couches et les terrains formés surplace, comme les rochers madrépqriques, ce que nous avons dit résout le problème; mais il y a quelque chose à ajouter pour les couches et les terrains formés par la voie du transporL

« Les matériaux de ces formations par transport sont toujours des calcaires, des

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sables, des argiles ou des marnes» qui sont un mélange de ces trois sortes de roches. Nous n'avons rien à dire sur leur origine et leurs causes productrices ; elles nous sont connues parée que nous avons exposé cidessus. Mais le transport a eu lieu ou dans Je sein des mers, ou bien par les fleuves de terres exondées vers les bassins marins : les terrains pélagiens, comme la craie, paraissent appartenir au premier mode ; les terrains de rivages , comme certains calcaires jurassiques et particulièrement les terrains tertiaires, appartiennent en partie au second mode, ou mieux encore à l'action combinée dos eaux marines et des eaux fluvialiles.

a Or, pour qu'il y eût transport de matériaux, il fallait que ces matériaux existassent déjà dans la mer et sur les terres parcourues par les fleuves. Quant aux matériaux provenant directement de la mer , comme la plupart des calcaires marins, rien ne s'oppose à ce qu'ils soient transportés et déposes à mesure qu'ils sont produits; c'est même ce que les faits nous prouvent avoir lieu tous les jours par les amas de coquillages et de débris calcaires que les flots amoncèlent sur [plusieurs points des rivages ou des grandes baies marines.

« La question semble donc se restreindre aux matériaux transportés par les fleuves; or, à mesure que les eaux des mers se retiraient, par une cause ou par une autre, il est évident qu'elles laissaient aux fleuves'de plus longs circuits à parcourir, et par suite toutes les couches de rivages devenus continents à raviner et à transporter de nouveau à la mer ; l'observation géologique prouve, en effet, que tous les terrains secondaires n'ont laissé dans le sol que leurs couches plus profondes et plus avancées dans les mers ; les couches superficielles et de rivages ont été remaniées et retournées à la mer pour former des terrains tertiaires. Mais, outre ces matériaux , les fleuves avaient les détritus continuels des montagnes primitives et des terrains primaires ou de transition à porter à la mer. Les mers elles-mêmes livraient à leurs courants les débris du ravinement de leurs côtes et de leur fond.

« Dans tous les cas, plus les mers se retiraient au loin, plus les matériaux de transport qu'elles laissaient devenaiant abondants.

« Les dislocations et les soulèvements, en orisant le sol déjà formé, en créant de nouveaux courants , devaient aussi augmenter considérablement les matériaux de transport; c'est du moins ce que paraissent indiquer très-clairement les immenses conglomérats qui se rencontrent autour des points de dislocation , et les changements de directiou dans les stratifications.

« Or, rappelons-nous ce que nous avons dit, que dans certaines saisons, la Seine fait passer au pont Royal en 2i heures 7 à 800 mètres cubes de matières sédimenteuses, ce qui donne environ , pour le quart de l'année ,

temps moyen du charriage, 2i,000 pieds cubes de sédiment , et pour 2,000 ans, ÙO millions de pieds cubes; que le Gar.^e charrie par heure à la mer 4,500 pieds cubes de sédiment, ce qui, en ne comptant que3mois par an pour le temps moyen du charriage, donne en 2,000 ans, environ, 33 milliards 600 millions de pieds cubes de sédiment. Si telle est la puissance des sédiments, maiih tenant que toutes les causes sont nresque annulées, que devait-elle être quaim celles que nous venons de signaler étaient dans leur pleine activité (700J ? *

Quant aux effets de la cause ignée, aux bouleversements et aux dislocations qu'elle a pu produire, ils ne peuvent évidemment faire aucune difllculté pour le temps, car tous les faits connus prouvent que les effel< de cette cause sont instantanés, et qu'ils peuvent se produire à la fois sur un très-grand nombre de points , comme sur une mèaie échelle très-étendue.

« Jusqu'ici nous n'avons considéré les terrains que dans les causes productrices de leurs matériaux et dans les causes de leurs dépôts; or, il faut introduire dans le iiroblème du temps la grande loi du syncnronisme, que nous nous sommes efforcé de démohtrer dans tout notre Cours. Il y a toujours eu synchronisme entre la cause ignée et la cause aqueuse, c'est-à-dire que ces deux causes ont agi simultanément et souvent concurremment à toutes les époques; il y a synchronisme dans les causes aqueuses:

les eaux marines et les eaux douces ont agi sinaullanément chacune pour leur part, el elles ont réuni leurs efforts dans un grand nombre de points. Ainsi pendant que les charbons se déposaient en certaines baie^^ avec des schistes et des grès, des alternances marines et fluviatiles se déposaientsur d'autres points, des couches de rivages s.> formaient ailleurs, plus loin dans la mer s'accumulaient des calcaires, et se formaient des récifs madréporiques , en même temps que le lavage des polypiers et les débris de coquilles formaient la craie au centre de la grande mer; en sorte que les cinq grandes divisions des terrains secondaires doivent être regardées comme en très-grande partie contemporaines et non comme successives; elles ont même pu commencer à se foriner en partie en même temps que les terrains primaires ou de transition, et s'acheverpendant que s*opéraient les premiers dép6ts tertiaires.

« Mais pendant que tous ces phénomènes s'accomplissaient dans un même bassin, le^l mêmes ou d'autres analogues se produisaieni dans plusieurs autres bassins. En sorte que Ton ne peut additionner toutes les séries des divers bassins, comme on le faisait dans les classifications artificielles , pour .•^^'^. * durée des temps de formation; mais on do» les compter parallèlement, et le bassin je plus (îomplet dans la série de ses ^^^"?* est celui qui doit donner une mesure (W

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temps qui eomprend tous les autres. Or, dans ce bassin complet, on ne peut encore additionner toutes les couches, ni même tous les terrains, puisqu'un grand nombre de couches peuvent avoir été contemporaines et que le synchronisme peut même avoir eu lieu entre une partie de deux terrai us différents ; on ne peut donc prendre comme vraie mesure de temps que le nombre des couches en superposition complète, et la puissance absolue de toute fepaisseur des couches ainsi superposées dans un môme bassin, depuis les terrains primitifs jusqu'aux terrains les plus récents.

« Cette loi du synchronisme ajoute donc à nos calculs de temps une nouvelle et trèshaute probabilité (701). »

Nous venons de faire connaître, en citant ses propres paroles, les idées théoriques de M. I aboé Maupied en cosmogonie et en géologie. Nous sommes loin de les ado[)ter, comme on le verra dans plusieurs articles de ce Diclionnaire. Voyez surtout les articles COUCHCS SÉD1]IE5T\IR£S ; SÉDIMENTS A!f-

cffE5s, etc.; Pertirbjitions géologiques; £s- FÈGES fossiles; Genres fossiles, et l'histoire de chaque terrain et de chaque étage sous son nom spécial. On ne saurait admettre que les terrains sédimentaires se soient formés depuis la création de Thomme. La science repousse invinciblement une pareille opnion. Comment concevoir que des terrains stratiGés qui n'ont pas moins *de 550 ^mètres de puissance (702), comme l'accuse le puits de Grenelle À Paris, aient pu se former dans l'espace de mille à deux mille ans? L'étage suessonien ou calcaire nummulitique^ le oremier delà période tertiaire , a fourni les pierres qui ont servi à élever les anciennes pyramides d'Egypte, bâties plus de 1,500 ans ans avant l'ère chrétienne. M. W. Ainsworth a publié, en 1838, un ouvrage intitulé : Researches inAstyria^ Babylonia, etc. (Recherches en Assyrie, en Babylonie et en Chaldée). On y lit page 26 : « Tout le pays qui s'étend du 37** lat. N. au 3V, et qui comprend les plaines de la Syrie, de la Mésopotamie et la région à l'est du Tigre jusqu'aux iBonta^es du Kurdistan, est occupé par les formations crétacée et tertiaire, interrompues çà et là par des roches pyroxéniques et feldspathiques. La craie compacte, grenue, saccharoîde au pied du Taurus, de- Tient ensuite blanche, tendre et remplie de silex. A celle-ci succède une craie jaune, fissile qui s*étend le long de l'Euphrate, jusqu'à

(702) Koos pourrioosdîre ti,000 mètres pour les seals terrains de sédiments anciens, sans y joindre U*& dépôts secondaires et tertiaires qui ont euxméiDes plusieurs milliers de métrés d^epaîsseur.

(705) Où sait que le diluvium ou terrain attribué a a déluge se trouTe à la suriace des continents. L'éeiielle des strates qui forment ceux-ci existait donc lorsque le diluvium s^est déposé. Ainsi c'aurait été <laiis Fintervalle de I5ài6cenlsans que se serait formée celle immense accumulation de strates de douze à «|tiatorze mille mètres d*épaisseur qui constituent les tierrea habitées. Nous regrettons de voir un savant du ^BériledeM. Tabbé Maupied engagé dans des théories

la hauteur de Dalis, où les marnes el le gypse tertiaires sont recouverts de marnes et do grès. » Or, l'Euphrate el le Tigre sont désignés dans la Genèse comme arrosant le paradis terrestre el les lieux habités par les premiers hommes ; les terrains crétacés et terliaires sur lesquels ils coulent étaient donc formés avant Adam. Car on ne prétendra pas sans doute que ces terrains se sont formés au-dessous de ces deux fleuves sans déranger leur cours (703).

Nous ne voulons point insister ici sur la réfutation des conceptions théoriques de M. l'abbé Maupied. On trouvera cette réfutation dans la plupart des articles de ce Dictionnaire^ au point de vue de la science comme au point de vue de la Genèse. Pour ce qui concerne le texte sacré, nous refléterons ici ce que nous avons déjà dit plusieurs fois, c'est qu'après les innombrables tentatives qui ont été faites jusau'ici pour trouver de la cosmogonie el de la géologie dans le récit dé Moïse, et après l'inanité de ces tentatives, il faut enGn sortir de cette voie qui ne conduit qu'au chaos dans ll'interprétalion du texte et dans la science. 11 faut revenir au sentiment des anciens Pères de l'Eglise embressé par Tillustre cardinal Wiseman, dans ses Discours sur les rapports etitre la science et la religion révélée. Nous avons précédemment cité celte interprétation du savant prélat; elle concilie de la manière la plus satisfaisante la science et la Genèse ; nous nous y tenons. Yoy. Jéuabt

(de SitlSiT-CLJtVIEN}.

MÉGAUCHTHYS. Voy. Poissoks.

MÉGALONYX. Voy. Maiiiiifères.

MÉGALOSAURE (70i) [yiyac, grand, <ra:/:of, lézard]. — Le mé^alosaufe , ainsi que l'indique son nom, était un lézard d'une grande taille , dont on a trouvé , dans les mêmes carrières que nous avons déjà citées, des os et des dents si parfaitement conservés, que, bien que jusqu'ici l'on n'ait pu encore en rencontrer un squelette entier, nous connaissons ses membres dans leurs formes £t dans leurs dimensions, avec une certitude presque aussi complète que s'ils -te fussent offerts réunis dans un seul bloc de pierre.

En le comparant, sous le rapport de la forme] et des proportions de ses os , avec les lézards actuellement existants , Cuvier est arrivé à cette conclusion, que le mézalosaure était un reptile énorme, d'une taille de quarante à cinquante pieds, et qui ,

si peu Traisemblables.

(704) Ce genre a été établi par Buckland (Ceol. trans.f 1824, diaprés des échantillons trouvés daps le cbiste oolitique de Stonesficld, près Oxford, qui est Tendroit où ils se nioiitreot le plus abondants. II. Mantelt a découvert des débris du même animal dans la formation wealdicnne d*eau douce de la forêt de Tilgate, et nous concluons de cette circonstance qu*il a dû exister pendant le dépôt des couches de la série oolitique tout entière. Buckland a vu, en 18i0, dans le musée de Besançon, des fragments de mâchoires et de quelques autres os do roégalosaure trouves dans Toolile des environs de cette ville.

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DICTlOrtNAlRE D£ COSMOGONIE

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pour su structure, tenait tout à la fois du crocodile et du monitor.

Comme le fémur et le tibia ont près de trois pieds chacun, le membre postérieur, dans son entie^devait être longde prèsde six pieds; et Tun des os métatarsiens a treize pouces de long ; ce qui prouVe que le pied était d'une dimension en rapport avec les dimensions

Erécédentes. Les os des cuisses et des jam* es n'étaient point pleins à leur partie centrale, ainsi que cela a lieu chez les crocodiles et chez d'autres quadrupèdes aquatiques : mais ils étaient creusés d une vaste cavité médullaire analogue à celle qui existe dans les os des quadrupèdes terrestres. Cette circonstance, jointe aux caractères que fournissent les pieds, nous apprend que le mé- Salosaure vivait principalement à la surface u sol.

Cette organisation intérieure dans des os fossiles nous montre le même mode d'accord entre le squelette et son élément , qui, de nos jours, distingue encore entre eux les os des sauriens terrestres et aquatiques (705). Dans les ichthyosaures et les plésiosaures, dont les extrémités aplaties en rames ont été exclusivement disposées pour une locomotion au seiu des eaux, les os même les plus forts des membres antérieurs et des membres postérieurs sont massifs dans toute leur épaisseur. Le poids des os n'apportait, dans ces êtres, aucun obsta^ de à leur action au sein du milieu liquide qu'ils habitaient; mais dans l'énorme més;alosaure , et dans l'iguanodon, encore plus colossal, qui, ainsi gue l'enseignent les caractères oe leurs pieds, avaient été créés pour se mouvoir à la surface de la terre,

(703) Backland ticntdeM.Owenque les os longs des tortues terrestres offrent à leur intérieur une structure aréolairc serrée, mais non une cavité médullaire.

(706) Les cavités médullaires des os fossiles de mçgalosaure trouvés â Stoneslield sont ordinairement remplis de spath calcaire. On voit dans le muséum d'Oiford un éciiantilion peut-être unique parmi les débris organiques fossiles. U provient de la formation wealdienne d*eau douce deLangton, près de Tumbridge Velis, et offre le fait curieux du moulage parfait de Tintérieur d*un us long, probablement le fémur d*un mégalosaure, avec la forme exacte et Ich ramifications de la substance médullaire, tandis que Tos lui-même a été complètement détruit. La substance de ce moulage e&t formée d'un sable fin cimenté par Toxyde de fer ; sa forme présente distinctement toutes les réticulations les plus minutieuses que suivait la moelle remplissant les cavités aréolaircs de Textrémité de Tos. On y voit aussi en relief les perforations qui existaient dans la paroi interne, et par où les vaisseaux pénétraient obliquement de rextérieurjusqu*à la substance médullaire. Le sable où Tos était enfoui a également formé tout autour un moule extérieur, de telle sorte que, bien

aue Pos lui-même ait entièrement jpéri, nous posséons tout à la fois une reproduction exacte de sa forme extérieure et de ses cavités internes, en même temps qu*un modèle de la. moelle qui les remplissait, à peu près aussi parfait qu*on pourrait l'obtenir en remnlissant de cire fondue la cavité vide d'un os à moelle, puis faisant dissoudre ensuite la substance osseuse dans un acide. Le sable qui constitue le moulo intérieur a dû entrer par la cassure de celle des deux extrémités qui manque dans Péchantillon.

les plus grands os des membres ont éié diminués en poids par des cavités internes remplies d'une substance médullaire peu dense, en même temps que leur forme ejlindrique réunissait la double condition de la force et de la légèreté (706).

La forme des dents signale, dans le mig^ losaure, un animal tres-camivore ; il esl probable qu'il se nourrissait de reptiles de taille médiocre, tels que les crocodiles et les tortues, dont on retrouve les débris dans les mêmes couches. Peut«étre aussi descendait^il dans les eaux pour s'y mettre à la poursuite des plésiosaures et des poissons (707)^ .

La pièce la plus importante que l'on possède ae ce reptile énorme , c'est un fragioeot de la mâchoire inférieure qui supporte pj» sieurs dents. 11 résulte de la forme de celte mâchoire que la tète se terminait, en afant,

Î)ar un museau droit, mince et comprimé atéralementy comme celui du dauphm do Gange.

Les mâchoires et les dents étant, die?

tous les animaux , les organes qui oSm\ les caractères les plus importants, nous bornerons nos observations actuelles à epelques-unes des particularités les plus rrappantes du système dentaire du megalosaure. Et, d'abord, nous y trouvons la preuve que c'était un animal très-voisin de quelquesuns de nos lézards modernes; et si noQ5 considérons ses dents comme les instrumeDi^ d'approvisionnement d'une créature caruivore de taille énorme, nous verrons qu'elles étaient dans un rapport admirable avec les fonctions de destruction pour lesquelles elles ont été créées (706}.

Cette préparation naturelle d'une pîéoeanalomk|« des temps anciens démontre que, dfins ces Iéxartf«

Sigantesques d'an monde primonlial, la dispotitioi e la moelle, et ses rapports avec les extrânlirs spongieuses de la cavité mtérieure du fémur, soM exactement les mêmes que Ton observe dans les cavités médullaires des espèces de la création dootooiB faisons partie.

(707) Un iguane de Tespèce /. tuberenlatê a ^ dans les jardins de la Société zoologique de Lomtm pendant Vété de 1834, et on Ta vu fréq^iD«< entrer dans Teau, et traverser à la nage an pcti bassin en se servant de sa longue qneoe comne d'un instrument de progression, tandis que ses lombres antérieurs restaient sans mouvement.

(708 Le bord extrême de la mâchoire est plos haut de près d'un pouce que le bord interne, et forw; ainsi une sorte de parapet latéral qui sert d'»pi»i aux dents du côté où eues ont le pins grand effort i soutenir. En même temps, le bord interne dootf naissance 4 une série de lames triangulatrrs q" forment des sortes d'éminence en zig-xag daM I'flll^ rieur du sillon alvéolaire. Du centre de chaque laoïe triangulaire part une cloison osseuse qui va joindre le parapet opposé, et constitue ainsi les alTéolessoecessives. On voit apparaître les dents nooTdiesdj^ Tangle qui sépare ceséminences triangulaires; foh forment une sorte d'abondante réserve, destioéf i remplacer les dents anciennes à mesure <P^.^ destruction progressive ou des fractures acfi««* telles en rendent nécessaire te rcnouvellemwrt- j^ dents nouvelles se formaient dans des arilés éotincies à côté des anciennes, en d^ans àe h»': clioirc; et il est prolwWe qu'elles forçaient cfll«^

MEfi

ET DE PAlXONTOLOr.l£.

MEG

Ces dents, par la réunion d'arrangenienU mécaniques qui entre dans leur structure, tiennent tout ^ la fois du couteau, du sabre et de la scie. Lorsqu'elles commencent à sortir de la gencive, leur sommet présente un tranchant double d'un émail denté en scie. Leur position alors, ainsi que la ligne suivant laquelle s*cxerce leur action, sont h l»eu près verticales, et elles forment comme une sorte de sabre à pointe doublement tranchante. A mesure qu»; ces dents s'accroissent, elles prennent une courbure en arrière qui leur donne la forme d'une serpette, et rémail dentelé se continue le long de Uarète interne ou tranchante de la dent, tandis qu'au contraire, sur Tarêtc opposée, Témaii ne descend qu'à une petite liistanfo du sommet; de telle sorte que Tarète convexe se trouve é|)aisse et obtuse, de la même manière qu'on fait le dos d'un couteau plus ri>ais afln qu'il soit plus solide. Cette solidité iles dents du mégalosaure s'aceroit encore jiar le renflement de ses parois latérales, ainsi au'on le voit dans la coupe transversale. Si la cientelure se fût continuée dans toute la longueur de Tarëte obtuse et convexe de la dent, c'eût été pour cet organe un trani*hant que sa position eût rendu inutile avec des dents ainsi construites, de façon h couiner, dans toute la longueur de leur bord concave, chaque mouvement des mâchoires produit TeOet combiné d*un couteau et d'une scie, en même temps que le sommet opère une première incision, comme le fera ît la pointe d'un sabre à douMe tranchant. f^ courbure en arrière, que prennent les rients à leur entier accroissement, rend toute fuite impossibleàla proie une fois saisie, de la même maniée que les barbes d'une flèche rendent son retoiir imiM^ticahle. Ainsi dans les modiCcations que ces divers organes ont subies {)our s'approprier aux circonstances «Jaa> lesquelles ils sont placés, nous retrouvons les mêmes airangements que l'habileté liumainea mis en œuvre dans la fabrication de plusieursdes instruments qu'elle emploie. Dans un article précédent (Voy. Caknivo- KBs), j'ai essayé de faire voir que Texistence des races carnivores parmi les animaux a pour résultat une diminution dans la somme des douleurs qui sont réservées aux autres êtres du même règne. Toute disposition des mâchoires ou des dents, qui sera de nature à procurer une mort plus expéditive, se trouvera en accord avec ce même but si hautement avantageux ; et c'est là le motif qui nous dirige nous-mêmes toutes les fois que, sans autre impulsion que celle d^un senti- * ment d'huBianité , nous nous servons des îDstnimentâ les plus propres à donner une mort prompte et farile à cesanimaux innombrables qui sont immolés diaque jour pour la nourriture de l'homme.

MÉGAPHYTON. Voy. SiGiixAme.

lfÉGATHÉRIDM(fâff7icr, ^rand, 6«^w7,fr^/e},

genre de mammifères fossiles de l'ordre des édentés. — Comme il nous serait impossible, dans un ouvrage de la nature de celui-ci, de décrire d'une manière détaillée la structure ne fût-ce que d'un petit nombre de mammifères fossiles, que le eénie de Cuyier a pour ainsi dire restitués a la vie , nous allons essayer de rendre sensible, en prenant pour exemple une seule espèce, la méthode d'investigation analjtiqiie qui a guidé ce grand philosophe dans Vanatomie des animaux récents ou perdus.

Le résultat de ses rechenrhes, aîusî qu'il l'expose dans son ouvra-e sur les ossements fossiles, a été de démontrer que tous les quadrupèdes fossiles, quelles que soient leurs différences génériques ou spécifiques , ont été créés d'après le même plan général et la même base systématique d'organisation que les espèces maintenant vivantes; et dans les applications différentes d'un type commun à des fonctions diverses subordonnées aux diverses conditions du globe, il fait voir une conformité de desseins si universelle , que nous ne pouvons achever la lecture do ces volumes admirables sans en em|)orter la conviction profonde, qu'une vaste et puissante intelligence a présidé à tous les systèmes de création passés et présents.

Rien ne peut surpasser en exactitude et en logique sévère les raisonnements. à l'aide desquels, dans tout le cours de son ouvrage, l'illustre auteur nous démontre l'action d'une sagesse providentielle, soit dans les rapports constants qui unissent les diverses parties des an'imaux les unes aux autres, soit dans les fonctions générales de l'ensemble de Torganisation. Rien de plus parfiiit qoe ses déductions, quand il passe en revue i art ad- * mirable qui se déploie sous des formes variées presque h l'intini ix>ur mettre chaque créature vivanteen rapport avec ses diverses conditions d'existence. Ce qu'il dit de ces conditions d'existence, si plemes d'intérêt et des combinaisons organiques qui y correspondent dans les éléphants vivants, peut s'appliquer également bien aux espèces fossile*^ du même genre ; et l'on peut , a l'aide d'inductionssemblables,pas9erdes espèces vivantes aux espèces fossiles pour les divers genres qui, comme les rhinocéros, les hinpopotaraes, les chevaux, les bœufs, les cerls, les ti-

Kes, les hyènes et les loups, se rencontrent bituellement associés à l'éléphant fossile.

Sur plusieurs points de son organisation, le mégathérium se rapproche du paresseux. Comme lui, il offre certaines monstruositi^s apparentes de formes extérieures, en jnêm * temps que certaines particularités étranglas de structure interne que jusqu'ici l'en n'a pas encore bien comprises.

Les paresseux fournissent une exception remarquable aux conséqoenees, que les lia turalistes, ont oralinairement tirées de l'étode de la structure et du miteanisme dc>

à lemtter, par le moyen «ccovtumë de la pression tion

cfvmJHim avec Tabsorplion, pour prendre ensuite leur sèment la même que

place dans les cavités demeurées vidés. CeUe disposi- de plusieurs espèces vivantes de lëiaids.

DlCTlORXillÎE DE COSHOGOXIK ET DE PALÉO^TAlAlïrv 3}

pour le renouvellemeiU des dents, est ricoumi ent la même que Ton^observe dans'la dentitiop

liée

DICTIONNAIRE DB COSIMOGONIK

MEG

IK

•nlttiHBdAiHt eidans l>ction même de la fonctien pour laquelle il a été créé le principe de aon entretien et de sa parfaite conservation.

Màchoir$ inférieure. — La mâchoire infé* rieure est très-grande et très-lourde par rapport £ J'restf3 de la tète : la raison de ces proportions si vastes se trouve dans la nécessité d*alvéole$ proibnds pour supporter les puis-, santés molaires dont il a déjà été question, et contenir les organes qui contribuent à leur accroissement non interrompu. C'est sans doute pour aider à. supporter ce fardeau insolite de la mâchoire intérieure, conséquence de la forme des molaires, qu*a été faite cette apophyse extraordinaire et puissante qui, dans le mégathérium comme dans les paresseux , descend de l'arcade zjgomalique,

0$ du tronc. — Les vertèbres du cou ,. bien que puissantes, ont cependant peu de volume en comparaison de celles de l'extrémité opposée du corps ; mais elles sont dans un rapport exact avec le volume de la tête,, comparativement légère et dépourvue de défenses. La région dorsale de la colonne n'offre rien que d'ordinaire dans son voluqie; mais les vertèbres lombaires se font remarquer par un accroissement qui correspond a Tagrandissement énorme du bassin et des membres postérieurs ; et l'extrémité fies apophyses épineuses est aplatie comme si. de même que chez les tatous, elle avait été soumise à la pression d'une cuirasse.

Le sacrum est uni au bassin d'une façon particulière à cet animal , et calculée dans le but de lui donner une force extraordinaire : ses apophyses indiquent la présence de muscles très-puissants pour les mouvements de la queue. Celle-ci est formée de vertèbres énormes, dont les plus grandes ont un corps de 7 pouces en diamètre , et 520 pf)uces d'une extrémité à l'autre de leurs apophyses transverses. Qu'on ajoute à c^la l'épaisseur des muscles et des tendons , en même temps que des tégiwents écailleux qui les recouvraient, et on n'hésitera pas à prononcer que la queue, eu te point où son volume était le plus considérable , n'avait ).as moins de 2 pieds en diamètre et de 6 en circonférence, pourvu qu'on la suppose à I>cn près cylinurigue, ainsi que cela s'observe chez le tatou. Au reste , des dimensions aussi \astes ne sont pas plus hors de proportîoû avec les parties voisines du corps que ne sont celles du même organe chez les tatous ; cl il est probable aussi que , comme ces derniers janimaux, le mégathérium se Servait de sa queue po\ir supporter le poids énorme de son Corps et de rarmure dont il était recouvert (711). Au-dessous de ces mêmes vertèbres caudales étaient ûxées aussi de fortes épines, ou os supplémentaires en chevron , qui durent ajouter beaucoup à* la solidité de la queue , et la rendred'autant plus propre S remplir cet oiBce. Il est problable Aussi qu'elle jouait un rêle.

(711) La queue de rélépbant fest remarquablement faible et gréic, et porte a son extrémité nnc touffe de poils destinée k servir de chasse-mouches* ' Cette do Phiopopotame n'a que quelques pouces

formidable comme instrument do défense, ainsi que cela a lieu chez les pangolins (t los crocodiles. En 1822, Sellow vit ifs portions d*une armure écailleuse qui mm été trouvées près do Montevidik), appartenant à cette partie du corps.

Les côtes sont plus compactes, pluséiai^ ses et \)]\xs courtes que celles de lélépW ou (lu rhinocéros , et la surface supérieure convexe de quelques-unes est rugueuse ti aplatie là où devait surtout porter imméùlatCiiient le poids de la cuirasse osseuse.

Extrémités antérieures. — L'omoplate offre une disposition que Ton nerennoulrequi! dans la seule famille des tardigrades , e( Tacromion présente également, dans son articulation avec la clavicule , des conditioDi de force qui ne s'observent chez aucun autn animal. On y trouve en outre des arrangements iiisolites destinés à donner attache & des muscles des plus puissants qui avaieci l'Our fonctions de mouvoir le bras.

La clavicule est forte et courbée à peu

f)rès comme dans un squelette humain ;el a présence de cet organe dans le mégathérium, alors qu'elle manque dansFéléphant, dans le rhinocéros et dans tous les grands ruminants , indique déjà que le membre antérieur remplissait quelque autre fonniun que la locomotion. Cet os est un support liu-ei solide à la cavité glénoïde de r^))dule;t;ti! permet en outre aux membres antérieurs oc mouvement de rotation aiialoguc à celui ée^ bras dans Tespèce humaine.

11 V a dans les diverses circonstances qui

E recèdent trois faits remarquablement eo armouie avec la forme et les habitudes do mégathérium : d'abord le mouvement roUtpire du bras» qui favorisait son eœpi'i comme instrument constamment emplny i fouiller le sol pour en arracher la nourriture ; en second lieu, le peu de faculté? c? locomotion que possédait lanimal, ce q\)> s*explique par le peu de (iéjilaceiQeiii gu'exige la recherche d'aliments ausM inertes que le sont des racines; enlin la compensation de cette faiblesse coraparatiTï des supports antérieurs du corps par lî grandeur colossale et disproportionnée dts hanches et des extrémités postérieures. Dans l'éléphant, le poids énorme de la tête et dos défenses exige que le cou soit court, el 1« membres antérieurs développés outre ttisuro.cn volume et en force; aussi, dansai animal est-ce l'avant du corps qui jjrédomiw pour la masse et pour la puissance; dans ii mégathérium au contraire toutes les propc«rtions sont inverses ; la tète est proporliocnellement petite, le cou long, el la pai^ aintérieure du corps peu chargée en coffijaraison des régions postérieures. Les os u^ l^épaule sont disposés pour donner de ji fgjrce et de la mobilité aux mimbres aot^rieurs; ifie^s, cettq, o^obilité n'a aucun rapport avec la progression de Taiiimali et cette

di". long , et elle est aplatie dans le sens ^itxiiff^ comme pour remplir dans Pacte de la naiatloQ w fonctions d*un petit gouvcmaîL

MEG

DE PALEOXTOLOGIK.

MEG

frt

force n*a pas exclusivement pour but de supporter le poids du corps. L'humérus s'articule aTecVépauIc par uoe tête arrondie

3ui lui permet de se mouvoir librement ans des sens divers. Ses parties supérieures et moyennes sont faibles; mais sa partie inférieure acquiert une largeur extraordinaire par la saillieénorme <ics crétesqui naissentdes coodyles |K>ur i*inscrtton des muscles moteursdes pieds et des doigts antérieurs (71^).

Le cubitus est Irès^large et trés-sohde à son extrémité supérieure, où se trouve un ^espace étendu pour l'insertion de muscles qui déterminent certains mouvements des pieds. Le radius tourne librement autour du cubitus, de même que dans les paresseux et les fourmiliers, lesquels font également, bien que d*une manière différente, un grand usage.de leurs extrémités antérieures. Cet as offre à sa |iartie supérieure une cavité qui Coume autour d'une éminence arrondie de rhumérus, et une apophyse étendue qui part de sa crête longitudinale et indique combien étaient développés les muscles pro* Jucteurs du mouvement rotatoire.

Les pattes antérieures doivent avoir eu environ 3 pieds de lon^ sur plus de 12 pouces de large; et elles formaient un instrument d'une action puissante pour fouiller la terre jusqu'à la profondeur ou les racines succulentes sont d*ordinaire le plus abondantes. Les pieds antérieurs posaient sur le sol dans toute leur étendue, et cette 4>xtrême longueur n'offrait que des désavantages pour les mouvements de progression ; mais elle permettait que l'un des membres Antérieurs agit simultanément avec les deux postérieurs et la queue pour supporter tout le poids du corps, tandis c|ue Tautre, devenu libre, s'employait exclusivement à creuser la terre pour en retirer les aliments.

Extrémités postérieures — Lts doigts des pieds antérieurs se terminent par des ongles gros et puissants et d'une grande longueur. Les os qui les supportent offrent deux parties distinctes : un axe ou noyau ronique qui remplit la cavité interne de Tenveloppe cornée, et un repli osseux constituant une sorte d'étui solide destiné à recevoir et à soutenir sa base. Ces ongles prennent d'ailleurs une position oblique par rapport au sol, de la même manière que les ongles fouisseursde la taupe; et cedornier arran- ^ment ajoute encore à leur puissance comme instruments destinés à creuser la terre.

Le bassin du mégathérium est d'une solidité et d'une étendue énormes. Ses immenses os iliaques sont presque à angle droit avec la colonne vertébrale, et leurs bords externes

(71 2) On trouve des saillies pareilles à b partie inférienre de l'humeras chez le'fourniilier qui se sert île s s pieds antérieurs pour ravager les habitations jolrdenient construites destei-mîtes ou fourmis blanches.

(713) On trouve une autre dis^sitiou destinée à accroître la puissance de sustentation de ces diverses parties dans la manière dont Téchancrure ischialîqiic, qui diez la plupart des autres animaux offre an espace vide, est ici presque complètement fermée'' p3LT nne cloison osseuse solide résultant de runion ét% apopbrses de chacun des ischions avec les

sont éloignés Tun de Tautre da plus do 5 pieds, ce qui excèfle de beaucoup le diamètre des hanches dans les plus grands éléphants. En outre* la crête de chacun de ces os est aplatie comme si elle eût été compris mée par le poids d'une armure. Ce volum« énorme du bassin , qui , dans un animal d'une stature ordinaire et remplissant des fonctions ordinaires, n*eûtété qu'un manqua de proportion, et u'eûl eu que des inc'>nvénients, s'harmonisait probablement de la manière la plus rx>mplète avec l'habitude où était le mégathérium de se tenir sur trois da ses pieds, tandis qu'avec le quatrième il fouillait 1^ terre.

Ce bas^n, si extraordinaire par son poids et son étendue, présente encore une autrs déviation du type commun dans la position et la direction de la cavité cotyloîde du fémur. Cette cavité se dirige d'ordinaire plus ou moins obliquement en dehors, et cetta obliquité ajoute à la facilité de mouvement des membres postérieurs. Dans le mégathérium, au contraire, elle repose sur la tète du fémur dans une direction verticale, et elle est plus rapprochée de la colonne vertébrale que dans aucun autre animal. De cette particularité déposition résulte une grande force pour supporter la pression verticale du corps; mais elle entraîne une diminution correspondante dans la rapidité des mouvements (713).

Cette largeur démesurée du bassin nous conduit encore à cette autre conséquence que la cavité abdominale était extrêmement vaste et contenait des viscères volumineux tels qu'il convient pour un régime végétal.

La forme et les proportions du fémur ne s<intpas moins extraordinaires que celles du bassin. Cet os est au moins trois fo s plus épais que dans les éléphants les plus grands, et il égale presoue en largeur la moitié de sa longueur totale. Sa tête est unie au corps de l'os par un cou court et très-robuste de 22 pouces de tour, il est loi^ de 2 pieds i pouces; sa circonférence, Ik où il est le moins épais, est de 2 pieds 2 pouces, et de 3 pieds 2 pouces dans la {lortion qui l'est le plus; son corps est aplati, et, par suite même de cet aplatissement, élargi à un point dont on ne trouve pas dans la nature un second exemple. Ces diverses particule rites que présente le ft^mur paraissent avoir eu un douhle but. Le priMiiier, d'obtenir une solidité extrême à l'aide» de proportions courtes et massives; et, eu sorond lieu, de couipenser, au moyen de laplalisseinenl dans la sons transversal, le désavantage qui résultait de la position tro.> inlorne «|u'occu|ie la ca vite jiar laquelle le fémur s'articule au bassin.

apophyses transverses des vertèbres sacrées.

Lne dernière preuve du volume énorme et de la puissance musculaire de la cuisse ei des membres postérieurs, se trouve dans les dimensions du^ caual du sacrum destiné au passage de la moelle épîiiiére. Ce canal n*a |Mis moins de quatre peuces de diamètre, et le cordon médullaire 'a dû avoir sur ce point un pied de circonrércucc. \a, volume extraordinaire des nerfs qui en naissaient, pour aller se ramifier dans tes extrémités postérieures, est encors attesté par le diamètre remarquable des trous sacrés.

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