MOU
fOOt
fiûiement en accord avec les caractères fournis par la tète. Toutes les vertèbres sont con* caves en avant, et convexes en arrière, et s^adaotent oar une articulation orhiculaire
aui jeur permet des mouvements faciles de exion dans tous les sens. Depuis le milieu du dos iusqu'à Textrémitéde la queue, elles sont dépourvues des apjophyses articulaires qui sont d'une utilité si essentielle pour la solidité du tronc chez les animaux aestinés à se mouvoir à la surface de la terre. Elles ressemblent sous ce rapport aux vertèbres des dauphins, et cet arrangement n'a été créé que dans le but de leur rendre la natation plus facile. Les vertèbres du cou sont aussi construites de façon à procurer à cette partie du corps plus de nexihilité qu'elle n'en a chez les crocodiles.
De même que la queue des crocodiles, la queue du mosasaure, comprimée dans le sens latéral, en même temps qu'épaisse dans le sens vertical, constitue un aviron droit d'une puissance énorme ; et l'action qui résulte de ses mouvements latéraux chasse le corps en avant, comme ces bateaux que fait avancer un seul homme avec un seul aviron à l'arrière. Bien que les vertèbres <:audales soient à peu près en même nombre que chez les monitors, la queue était proportionnellement plus courte, par suite de la plus grande brièveté relative du corps de ebacun de ces os; et de cette disposition résultait un accroissement de puissance dans la queue considérée comme instrument de natation, et une rapidité de locomotion qui n'eût pu se concilier avec une queue longue et mince comme celle du monitor, qui s en aide pour grimper. Enfln une dernière dis- X^csition, qui a pour but de donner à la queue une plus grande vigueur, c'est l'existence d'os en chevron solidement fixés au corps de chaque vertèbre, de la même manière que dans les poissons.
Le nombre total des vertèbres est de cent trente-trois, à peu près autant que chez les monitors, et plus du doifbie de ce qu'on en observe chez les crocodiles. Les cAtes n'ont
au'une seule tête, et sont arrondies comme ans Ta famille des lézards. Quant aux extrémités, on en possède des fragments assez nombreux pour démontrer que le mosasaure, au lieu de pattes, les avait terminées par quatre larges rames pareilles à celles du
Elésiosaure et de la baleine ; et il est proable qu'un de leurs usages principaux fut d'aider l'animal à s'élever à la surface des eaux pour y venir respirer, dépourvu qu'il était, suivant toute probabilité, de la queue horizontale, qui permet aux cétacés ce même mouvement a ascension. L'ensemble de ces caractères concourt à démontrer que le mosasaure était organisé dans le but d'une existence exclusivement aquatique, et que, malgré l'exagération de ses proportions, s'il Tient à être comparé aux genres vivants de ces deux familles, il établit un anneau
intermédiaire entre les monitors et les iguanes. Ouoi que nous puissions trouver d*énorme dans ces dimensions comi^arées à celles de tous les lézards actuels, et quelque étrange que puisse nous paraître l'existence de genres marins dans cet ordre des sauriens dont aucune espèce actuellement vivante n'habite la mer, il n'y a rien là qui doive plutôt nous étonner que les modifications analogues que l'on observe dans le mégalosaure et dans l'iguanodon, exemple? d'un agrandissement plus considérable encore du type des monitors et des iguanes, converti en des formes* colossales appropriées à une locomotion terrestre.
Au milieu de ces variations dans les proportions, nous voyons persister les mêmes lois qui président à l'organisation des genres contemporains ; et la perfection des combinaisons mécaniques qui à toutes les époques ont résulté de leur action, nous prouve quelle haute sagesse a calculé ces méca-* nismes, et quelle puissance infinie les a maintenus dans leur intégrité.
Cuvier affirme, à pro|K)s du mosasaure, que, même avant d'avoir vu une seule de ses vertèbres ou un seul os de ses extrémités, il était à même de déterminer le caractère général de l'ensemble du squelette, d'après l'examen des mâchoires et du système dentaire, ou même d après la vue d'une seule dent. Ce ))Ouvoir de détermination, la science en est redevable à ces lois magnifi-
Î[ues de corrélation des organes qui sont le ondement de Tanatomie comparée, et qui donnent à ses découvertes un intérêt si puissant.
MOULE. — On appelle num/e, toute empreinte organique complète, qui n'a laissé qu'un vide à la place occupée par le corps organisé, qu'elle qu*en soit la forme, comme le moule exécuté en pIAtre par les modeleurs pour reproduire et tirer des exemplaires d'une sculpture ou d'un ornement quelconque. Ce moule peut être extérieur^ intérieur^ ou montrer le^ deux parties à la fois. Le moule extérieur s'applique à toute es-
Fèce de corps organisés, pleins ou creux à intérieur, comme à la cavité taillée dans une roche par un os, un polypier, ou même par une coquille. C'est alors une cavité simple, circonscrite de toutes i)arts.
Le moule intérieur^ au contraire, n'est applicable qu'aux corps organisés qui présentent une cavité intérieure , comme les bivalves fermées et les gastéropodes ; mais, le plus souvent, les corps creux laissent à la fois le moule extérieur et intérieur. Lorsque, par exemple, une coquille bivalve entière enveloppée de sédiments fins, laisse quelque partie béante entre les valves, el!e ne tarde pas à se remplir de ces sédiments qui l'entourent extérieurement. Lorsque la coquille se détroit, il reste à l'extérieur un moule extérieur^ tandis qu'à l'intérieur les sédiments moulés sur l'intérieur de la
teoipi q«e la base eUe-meme, en y causant une sorte même principe que tes deots aoxillaires , et se i^de nécrose, et à tomber à la manière des cornes du nouvelfent de la même manière. cerf* Lei dents palatines sont organisées d*après le
DiCTioiiN. DB Cosmogonie et de PalCoatolooie. .?2
l^.Ti'.'^^J^L VL C:^16»J^ZL
\iX
#*îlli*'***" t^ • 1* '*«r-»i»» f •" *• •'«^f*- *-••'.♦'* m^tm"^
<?-.*-* ':*t;*: rr. i'^. Ur;* •:*: ' ":.' '•- ; ' -•. r«-' >-
€7t4rî'^rer\ r',;r4^-'*T ;* 5» *► es r-r .^^ C •-fi ''.r;»* "^^îi;:'«4. It>' * •:*'? ^/«t',* *: • :t>r'î ''^ \ •*"^ 'i-ii r? I*:* *:r.! *•;*■—-'.
J*"' ;^ f.*ff Vr *^::',o*-rït ef;':r •:.•?•:*. --'•'»
Hvi\}V''\'r:\H ifit^î*ytre, O'.rfïîr.e !<? î« •* «f , l>ajî.r*r;nt«ï' eilérieun? Vî^*: •• !u<& â <* n< î'r< eorj/* , t9rr*is q-ie !>/ï.;'r*rir!te ir:»}r:.-.îre iïV%t n]]f\u:^\)\^ qu'a «r'r'ji q'^i son! ^lî^-tît. Kof>$ fî'* «^îirjr'oris dorin^ïT unç i-i'-e p.'js exa^.'t^ de !a natare d'à ne ^njpreinVf, q':Vn la c^^mparant è l'ima/e Iai--<r^' «ur i:n f*^ni Biofi ou du'rlîle, cofijffje celie qu'iru; ririic $ar la cfre le cachet qu'on j ap «îiqiê. i>:'5 er/jj/r'-inUf^ v>ileïtérieure«, Vjil int»rrieur^s a^^/f j t fréq iien les da ns certa , ri»r s cou <.":'<, ^ u rfout daT,s c*;lle^ qui *e iriomrent trè5-p*:rm^jihhrs aui infiltrations aqueu^s îorsqne \<z i:')r[rs orfi&Dique offrait, eu <oi, df s éiéwenls de d<^*r!omposilion facile. Plus les moK'Cules qui ont enrelopf^é le corp< onranisé étaient >fineSy plus les empreintes sont
i*- !!•: . -•»ri*> « *r T*. ^« «^
z tij. - ->e^- L :> -'-i
::.rr, a f-^: j'ic^trr.rr^- *:
c -.:.,*^^ •»'^:-^r;-.:rr> ;ûîrLl à t2 n; *'t.cr î ^'ei : :^ ;^:î.t>. *r riie re* *- * i 1 .4 e r .*• :L!e -li-^^ralî, et Irs en^jrci'^ ei.vr.'e ..-tr i /.rrl.jre, rc':;n:e>et !:-- * -^^ col:-. :î, e: •: iV-^î j.^s «[.u i^cinfori^; iDea: !->«.î:^ :^r-> inlcrn-rs, fn : l:*: -» en-^;^: .c \^i :/e>l ci ur.e c:::, rtif'e :' > ne, i.i ur.:- tL^^j'iiDle eiUrae, ii;a:>.: -•* réii'.'-D ^L* i'i.ntf cl «Je l'cmlre. Cette •::: > lance i :^l trê>-ff tr -liente, <urt«»ut *l'^zj -^ càlcôires la-irneai «le l'~'àS le> i-:>i couiaie réî*3-:e Limuién j^:f n Je GiÂielai:. \ rê:a^e eor-t/iien de Marâns ^Chartnîeltf^ rieufe, , etc., elc.
MULOT, ct^ièbre sondeur. Fo».; Prni amTÀsiE5S.
MYLODON. Foy. Mammifèeks
NAUTILE» genre de mollusques de la classe d«a eépholopodes et de Tordre des tentacu- Ufères. — Nous emprunterons à la famille 4e« coiiuilles multiloculaires ou cloisonnées
Îoelques exemples remarquables dans le but *éclatrcir certains points qui ont Irait à la fin que nous nous proposons princi|)alement, eelie de Aire ressortir rintelligeocc et les prévisions du Cr(*at<;ur dans la création des mécajiismes or($aniques.
Ce ^ui nous din^e dans ce choix, c*est que d abord nous trouverons dans ces co-
Suilles des dispositions mécaniques plus videmment créées, pour un but déterminé Sue ne nous en offriraient des coquilles *une organisation plus simple. Un second motif, c est que l'usage de leurs diverses parties peut facilement se comprendre si on on prend pour terme de comparaison Téco-
nomie et Foi^anisalion des anîmaui aciuels les plus voÎMns des es|ièces et des genres fossiles que nous allons choisir poursuje» d'études. En troisième lieu, c'est uue dju| pourrons démontrer que non-seulemenli* plupart de ces coquilles cloisonnées ont rempli l'office des coauilles ordinaires comj'îe armes défensives aes animaux qui les habitaient, mais qu'elles étaient aussi des jn^truments hydrauliques d'un travail fii»» ^ "^ agencement merveilleux,elsubordoDnésu3^
les fonctions pour lesquelles ils ont eu calculés à ces lois universelles et ^^^5^*^!!|J qui paraissent avoir présidé de toute éierû aux mouvements dès fluides. . ,
L'histoire des coquilles cloisonnées jer^ aussi de la lumière sur quelques-uns rte»^ phénomènes de la conchyliologie fo^"^^2i ont trait à laj{délimitation des espèces sm-
ms
NAU
ET DE PALkbSïOLOGlE.
NAU
vant les diverse^ formations géologiqoes (721). Elle offre des preuves frappantes de ce fait curieux que des genres et niénie des fauiilles tout entières ont etéappelées àTexistence, puis complètement détruites durant les diverses péricKles successives de la formalioQ de Tecorce terrestre.
Enfin nous lui devons de précieux renseignements sur unpoint d'une haute importance dans l'histoire de la vie. Eltc nous fait voir en effet que ce n*a pas toujours été en s'élevant, par une gradation régulière^ des degrés de l organisation les plus inférieurs aux degrés les plus élevés, que sVst opérée la marclie pro^^ressive de la vie durant les temps anciens vers lesquels la géologie nous rejKirte. Car plusieurs des formes [es plus simples ont conservé leur simplicité primitive en traversant tous les changements qu'à subis la surfoce de notre globe, tandis uue cians d'autres cas des formes d'un ordre plus élevé précèdent plusieurs des formes les plus inférieures de I animalité, et que quelquesunes de ces dernières n'apparaissent pour la première fois qu'après la destruction com- }»!ète (722} de plusieurs espèces et de plubit'urs genres d'un caractère beaucoup plus complexe.
Le nombre prodigieux, la variété et la liC^uté des coquilles cloisonnées fossiles qui remplissent les terrains stratifiés de transition et ceux de la période secondaire, nous font un devoir im|>érieux de rechercher dans l'étude de la nature vivante l'histoire des caractères et des nabitudes des Mres qui les ont construites et des fonctions que ces êtres rempli^^saient dans l'économie générale du n onde des animaux ; or, si nous pouvons esr»i-r*:r de recueillir les éléments d'une f areiile histoire, c'est surtout chez ces habitants des mers actuelles dont les coquilles
< 7il ) C>9t ainsi qne le nautilus mnlticarinatns ne «^e trnuve que dans les couches de la formation de tr.irisitîon; le nantituê bidonaint^ dans le niuscbel- {;ilk; le mauliimê oàesuê et le nautilu* Hneatut, 0.1 iis ia formation ooliiique ; le nautiius elegatu ti I : Mûutiltu undulaiuSf dans la craie. Les divisions i'f"i formalions tertiaire^ offrent égaleinenl des espèc>*^ de nautiles qui leur sont particulières.
('î±±\ Durant les périodes tertiaires, une classe <i 'animaux inférieurs en organisation, celle dés tra- 4 tf«'lîpodes caniitores, a pris la place qu'occupait <i ut a fit les périodes seconiaires Tordre plus élevé tï» s céphalopodes carnivores. U ya dansceue sulistiirtioii uue rétrogradation^ qui nous semble devoir (».-jior uQcoop mortel à celte doctrine de progrès C'jntinn^ que défendent surtout ceux qui rcfuir.ii d*adniet;re rinlertenlion réitérée de la puis- .•rj:;c créatiice dans les changements successifs ;T]'a «^obis ranimalité.
Il r«>iiltera de Tétude qoe hons allons faire des rrK) villes de Mntiles fossile», qu'elles <mt conf;ervé, t»»i^ les terrains slratiBés de tous les âges, la sim-
\<:\\é priurttiTe de leur stmcture, et que cette str»c- 't.f est esaenilcfleniênt dans le néuttlns pompilin$ >u naaiile flambé des mers actuelles ce qu>lle ^^ii dans les espèces fossiles les plus anciennes l^a eoncbes de transition. En même temps, nous -«-rrrins la famille des ammonites, si voisine de la M «:r>f lenle et dont les eoquiUes sont d^un travail plur> compliqué que celles des nautili^, commener d^exî^ter à la même époque reculée des for-
offrent le plus d'analogie avec les fossile? éteints qui sont soumis à nos observations, et nommément chez le nautiius pompitius ou nautile flambé» et chez le snirule (723).
Le nautile n'existe pas seulement dans nos mers tropicales actuelles, mais c'est un des genres qui se rencontrent à Tétat fossile dans les formations de tous les â^es. Les mollusques, habitants de ces coquilles» se montrèrent les premiers dans les nscrs primitives, et ils se sont maintenus è trav(M tous les changements qu*ont subis les habitants des Océans.
C*est dans Texcellent Mémoire de M. OWen,
1)ublié en IBSâ seulement, que Ton trouve a première description scientifique de cet animal dont la coquille est connue depuis une antiquité reculée (72'i). Ce mémoire est doncd*une haute importance pour la géologie, car nous lui devons de pouvoir aftirmer, avec bien plus de cerlilude que nous ne l'eussions pu faire jusqu'alors, que les animaux des nautiles fossiles faisaient partie d'une famille actuellement existante de mollusques céphalopodes, voisine de la seiche ordinaire. Nous pouvons conclure aussi que les ammoiiiies, dont les espèces sont infiniment [}ï\xs nombreuses, ainsi que d autres genres voisins de coquilles multilocuiaires, remi lissaient dans réconomie des animaux qui les ont construites des fonctions analogues à celles que remplit de nos jours la coquille du nautiius pompilius. Aussi pensonsnous avec M. Owen que cette espèce^ dont la connaissance est récemment entrée dans le domaine de la science, n'est pas seulement précieuse par ses rapports avec les céphalopodes de la création actuelle , mais qu elle est en outre le type vivant d'un vaste groupe d'organisations que leurs oébris fossiles nous atiestent avoir existé à une énoijue
mations de transition et s^éteinilre dès la fin di*s forma lion s soromia ires. Les coquilK^ niullilocLlaires des gf*nres voisins nous offriront des exemples plus récents de g<*nrcs d'espèces dont la création a élé suivie de leur extinction périodique et complète, postérieurement à l'époque où ont disparu les ammonites, ou à ceUe cpnquc-là même. Je citerai parmi ces coquilles, les genres bamite, turrilile, scapbite bacolite et belemnilc.
(Tiôj Je ne fais pas mention de la coquille p us connue de Tai^onaute, ou nautile papyracé, parce que n étant pas une coquilk* cloisonnée, eUe n'offre point un rapport aossi direct avec Tobjet que je me propose ici, et aossi parce que Ton ne sait pas encore d'une mauiére certaine si le seicbeque Ton y trouve Ta réellement construite, ou si ce n est que le parasite d*unc coquille appartenant à quelque autre animal inconnu. MM. Broderip, Gray et Sowerby l'aliribuent à quelque mollusques voisin de la cari naire.
(724) C'est un failcinieni q«e,blen qu6 là coquille du nautile ait été connue deft naturalistes désrépoque d'Arîstote, et se trouve en abondance dans toutes les €«4lcctîons, les seule* données aulhcntWiues que Ton ait possédées ]fisqa*à ces dernières années sur ranimai qui rhabite se réduisent èce qu>n H dit Ram« pfaius dans son histoire d*Amboyne. Or la fignre de cet aateur, bien qu'assez correcte dans le peu qcs Ton y voit, est tellement insuffisante dans les détails, <|uMI est impossible d'en rien eonchire refâtivemenl a Toriîamsatioa interne de Taudmal.
MAU
DIGTIONNMRE DE COSMOGONIE
NAt
reculée, et au sein d'un ordre de choses tout différent de celui que nous ayons sous les yeux (725).
Ce type, qui reproduit sous nos yeux l'or-
Sanisation de tant de millions de créatures epuis longtemps balayées de la surface du globe, vous met à même d'étudier les usages auxquels servaient leurs coquilles cloisonnées fossiles, et de prouver I existence d'un ordre et d'un plan disposant les mécanismes à l'aide desquels elles remplissaient leurs importantes fonctions. En voyant combien ces mécanismes sont semblables à ceux que nous offrent des animaux faisant partie de la création à laquelle nous appartenons, nous concluons que ces arrangements si parfaits, ces admirables harmonies, malgré l'espace de temps énorme qui a séparé les époques où elles se sont manifestées, ont leur origine commune dans la volonté, dans les plans a'une seule et même intelligence.
Ainsi nous allons aborder l'étude de la structure et des usages des coquilles cloisonnées fossiles, en partant de la connaissance 3ue nous avons, que les coquilles modernes u nautile et de la spirule appartiennent à des céphalopodes actuellement existants ; et à l'aide de ce fait, nous espérons pouvoir mettre en lumière 1 histoire de ces quantités immenses de coquilles fossiles semblablement construites, dont les usages et les fonctions sont demeurés jusqu'ici sans une explication satisfaisante.
Tous ces fossiles peuvent se partager en deux classes distinctes. L'une comprend les coquilles externes, où les mollusques qui les habitaient, résidaient, comme celui de la co-
Îuille du nautile, dans la cavité spacieuse e leur première chambre, ou chambre externe. L'autre classe comprend les coquilles Sui furent en totalité ou en partie renfermées ans le corps d'un céphalopode, comme l'est aujourd'hui la coquille de la spirule ; dans chacune de ces deux classes, les chambres de la coquille paraissent avoir rempli les fonctions de vessies aériennes, ou de flotteurs^ qui permettaient à l'animal de s'élever dans les eaux et de venir flotter à leur surface, ou de s'enfoncer dans leurs profondeurs.
Dans le nautile moderne, le seul organe qui établisse une communication entre les chambres aériennes et le corps de ranimai consiste dans un conduit ou siphon qui traverse les cloisons successives par une ouverture à laquelle s'adapte un tube court, et va se terminer dans la chambre la plus petite, située à l'extrémité interne de la spirule. Je vais essayer de faire voir comment, à l'aide
(72&) Toutes les espaces de coquilles fossiles multiloculaires, telles que les ortliocératites, les baculilcs, les hamiles, les scaphiics, les belemnites et autres, dont la dernière chambre ou chambre externe parait trop petite pour avoir contenu le corps tout entier, des animaux qui les ont formées, ont été placées dans un jour tout nouveau, par la découverte qu a faite Pérou d'une coquille cloisonnée bien connue, la spirule, lacfuelle est en partie renfermée dans Vextrémité postérieure du corps d*une espèce de seiche. Deux circonstances avaient jelé quelque
d'un fluide particulier qu'il peut k Yolonté faire pénétrer dans ce conduit, l'animal m diminuer ou accroître son poids spéciftquî, et par sui te s'élever ou descendre dansleseii des eaux, comme nous voyons les ludions, ces jouets si curieux, s'élever ou s'abaisser dans le tube qui les contient, suivant que l'on force Teau d'y pénétrer, ou qu'on lea laisse sortir.
Le nautile nage en arrière et les bra étendus, de la même manière que laseitfe dépourvue de coquille, et ses mouvemenii sont produits par la réaction de l'eau quiesi rejetee de l'entonnoir avec violence. Celle position est la plus favorable à la facilité des mouvements de progression, car eue place en avant la partie de la coquille oui rappelle le plus par sa forme Ja proue ounbateai Lorsque l'animal est en mouvement les bras s'étendent probablement en avant comme !» rayons épanouis de l'anémone de mer.
Le bec corné dont est garnie la boncte du nautile ressemble à celui d*un perro-
Îuet : chaaue mandibule est armée en aviUit 'un tranchant calcaire dur et denté, qui i pour fonction d'écraser les animaux à ce»
auilles et les crustacés ; et Ton a reoconiré es fragments de ces derniers animaui dan^ l'estomac de quelques individus. Commi:
d'ailleurs ces débris appartenaient à use espèce velue de crustace brachyure qui ni exclusivement au fond de la mer, ils soc: une preuve que le nautile, bien qu'il se hasarde parfois à venir à la surface, va chercher au fond des eaux une partie de sa nourriture. Il a d'ailleurs un gésier toutàfeii semblable à celui d'un oiseau, etcen'jii> est une preuve de plus de la faculté qui possède de digérer cies coquilles dures.
Les mollusques qui habitaient plusieun espèces de nautiles et d'ammonites fossile
Eossédaient un appareil buccal tout semblale ; c'est ce que prouvent les rynchoiile^ ou becs pélriGés appartenant à des animaoi de ces deux genres, et qui setrouTenlei si grande abondance dans plusieurs des terrains stratifiés où l'on en rencontre le5 r'> Suilles fossiles, tels que Toolite deSîoneield, le lias de Lyme-Regis et de Baih, fe calcaire conchylien de Lunéville.
De même que l'on a conclu de la slruclai? des dents des quadrupèdes ou de celle Js bec des oiseaux la nature des aliments q^' ce§ organes étaient destinés à saisir età^v pécer, nous pouvons conclure aussi delï ressemblance qu'offrent les ryncholiles ït»le bec du nautilus pompilUiSj que lapl •?*J'' de ces corps singuliers étaient des becs *l2
doute sur Tauthenticité de celte découverte; (Ti^ le peu d'acrord qu'il y a entre les deux figorw JJJ en ont été données, l'une dans VEncffcicpééie «^ digue, Tautredans le Voya^ilii?éron;pu\^^f^ de Féchantillon lui-même, avant qu'il «disobis»^ examen anatomique: mais la rencontre yi\ ^ depuis le capitaine King de la jnème cùqwk^^^ un fragment mutilé d un céphalopode voisio de a seiciie ne permet pas de douter que la spirale m soit réellement une coquille inlenie,dont la l»*^ dorsale seule est externe.
lood
NAU
ET DE PALÉONTOLOGIE
NAU
lolo
céphalopodes qui habitaient les coquilles fossiles auxquelles nous les trouvons associés, et que ces céphalopodes remplaçaient, dans l^économie générale de la nature, le nautile et les trachélipodes carnivores de notre époque, en . limitant dans de justes bornes l'accroissement excessif des crusta* ces et des mollusques qui habitaient le fond des mers durant les périodes secondaires et les périodes de transition.
Partant donc de la conséquence à laquelle nous conduisent ces analogies, que les animaux qui habitaient les coquilles des nautiles et des ammonites fossiles étaient des céphalopodes, d*habitudes pareilles à celles du DDollusqiie qui construit la coquille du nautile flambé, nous allons essayer de conclure, de l'organisation des habitndes de ce dernier, comment ces coquilles fossiles s'adaptaient aux besoins de créatures qui se tenaient dans certains temps au fond des mers et y prenaient leur nourriture, tandis que d*autres fois elles venaient flotter à la surface.
Les nautiles forment un genre naturel de coquilles spirales discoïdales, partagées à rintérieur en une série de chambres séparées les unes des autres par des cloisons transverses; ces cloisons sont percées à leur centre, ou près de leur face interne, pour laisser passer le tube membraneux que nous avons déjà mentionné sous le nom de siphon.
La chambre externe, ouverte au dehors, offre une grande étendue, et le corps de l'animal y est contenu : les chambres intérieures $ont fermées et ne contiennent que de l'air, et elles ne communiquent avec la chambre externe que par la petite ouverture pratiquée dans chaque cloison pour le f»assage du tube membraneux qui traverse toute la série des cloisons jusan'à l'extrémité même de la coquille. Ces cnambres aériennes ont pour but de contre-balancer le poids de la coquflle, et de donner à l'ensemiAe de l'animal un poids spécifique si rapj>rof;hé de celui de l'eau, que la différence résultant de l'admission du liquide dans le --iphon, ou de son expulsion, suffise pour j »roduire des mouvements ae descente ou t^^ascension.
Comme le siphon, non plus que la corquille, n'offre aucune ouverture à travers I ^quelle le fluide puisse pénétrer à l'inté-
(726) M. Owen nous apprend qa^il est impossible -} ue Tcau pénètre dans les chambres aériennes par • ^-s ouvertares des cloisons que traverse le sipbon; -.ar la circonférence do manteau, qui donne nais- ..^Aiice au sipbon, est solidement attachée à la co-
«iîll« par une cemture cornée imperméable à toute s.péce de liquide. {Mémoire sur le \nautUu9 pomptms^ p. 47.
(727) Cette direction différente donnée aux conr- I ^res des côtes tranyersales extérieures ondes stries 'âccmissement, et aux cloisons transversales de i fiiérieur, est une combinaison des plus avantageuses pour au^enter la résistance de la coquille, ^ît cbez les nautiles fossiles, soit dans Fespéce
Ire conlemporaiue. Comme les ;doisons iiiter es l leur face convexe tournée en dedans, tandis
rieur des chambres (726), il s'ensuit que ces cavités ne contiennent autre chose que de l'air, et qu'elles ont par conséquent à soutenir une forte pression toutes les fois qu'elles se trouvent au fond de la mer. C'est pour résister à cette pression que plusieurs dispositions ont été introduites dans la construction de la coquille.
D'abord ses parois externes sont construites d'après les mêmes principes aue l'arche d'un pont, et de telle sorte qu'elles offrent dans tous les sens la plus grande résistance possible à tout effort tendant à les écraser. • En second lieu, cette sorte d'arcade tire une force nouvelle des nombreuses petites côtes qui parcourent sa surface. Les stries d'accroissements ondulées que Ton remarque à sa surface sont petites et faibles, si on les considère isolément ; mais leur ensemble est d*un effet puissant pour accroître la résistance de la coquille.
En troisième lieu, la force de résistance de cette sorte de voûte s'accroît encore par la disposition des cloisons internes qui s unissent aux ]iarois externes de la coquille, en formant avec elles un angle presque droit. La direction suivant laquelle les bords de ces cloisons transverses coupent les côtes ondulées de l'intérieur de la coquille est un autre principe de force. On emploie une disposition analo^e dans la construction des vaisseaux destinés aux voyages des mers arctiques ; pour les préparer à soutenir la
Iiression des blocs de glace, on arc-boute eurs parois par un nombre extraordinaire de poutres transversales d'un volume énorme (727).
Nous mentionnerons encore une quatrième particularité d'organisation, au moyen de laquelle l'appareil qui donne à la coquille la faculté de flotter s'accroît dans une proportion exacte avec le volume du corps de 1 animal et avec le poids toujours croissant de la chambre extérieure où il est contenu. Cet accroissement s'effectue par l'addition successive de nouvelles cloisons transversales en travers du fond de la chambre antérieure, de telle sorte que la partie de la coquille qui devient trop étroite pour contenir le corps se convertit en de nouvelles chambres aériennes. Cette opération, répétée à des intervalles en rapport avec les périodes successives d'accroissement de la coquille, la maintient dans la faculté de flotter à la sur-
que les cannelures de la coquille externe ont la plus grande partie de leur convexité tournée vers Textérieur, il en résulte que la circonférence des doisoiis est coup^ par les cannelures en un «prand nombre de points, et forme avec ces dernières un grand nombre de parallélogrammes curvilignes, dont les cétésies plus courts sont formés parles cloisons transverses, et les plus longs par des portions des cannelures externes. Ce même principe de construction s'étend à d*autres espèces de la même famille» dont plusieurs n'oftreiit que des cannelures beaucoup
Îilus petites ; et on le retrouve encore dans d^autres àmilles de coquilles cloisonnées fossiles, dans les ammonites par exemple, dans les banutes, dans le$ turrilites et dans les baculites.
NAU
DICTIONNAIRE DE GOSMOGOKIE
NAU
iOtî
fâôe des eaux, en la faisant passer par des aceroii^sements graduels et péiâodiques, jusqu'à ce que 1 animal qu'elle contient soit arrivé à sou état le plus complet (728).
Nous trouvons, dans les distances qui se* parent entre elles les cloisons successives, une cinquième particularité de structure digue d*attention par les résultats mécaniques qu'elle procure. Si ces distances en eifûl se fussent accrues dans la même proportion que le diamètre des cavités aériennes, les portions de Ja coquille extérieure, qui constituent les parois des cavités les plus grandes, et qui ont à supporter la pression la plus forte, n'eussent pas été suffisamment soutenues; or e*est à quoi il a été pourvu par une disposition des plus si^Dples, en rapprochant ces cloisons proportionnellement davantage à mesure que les cavités, eu s-agrandissant, réclament plus de force dans les supports qui empêchent récrascment
Enfln le dernier arrangement dont je veuille faire ici mention, c'est ce mécanisme du siphon qui a pour but de régulariser Tascension et la descente de Tanimal au sein des eaux. Jusqu'ici les fonctions de cet or^çane n'ont pas encore reçu une explication satisfaisante, et le remarquable mémoire de M. Owen lui-même laisse sur ce point beaucoup de doute. Cependant, si Ton rapproche certaines dispositions que cet or-
Î;aDe présente quelauefois à l'état fossile de a découverte qu'a faite M. Owen de sa terminaison en un vaste sac où est renfermé lo cœur de Tanimal, on trouvera là, ce nous semble, des éléments suffisants pour décider cette question si longtemps controversée.
Si nous supposons, en effet, que ce sac ou péricarde contient \xn Auide péricardial (\ui
Eeut passer de là dans te siphon, cet ensemle (Toi^anes constituera un appareil hydraulique tout à fait propre à faire varier le poids spécifique de la coauille, de telle sorte ç[u*elle plongera quand l'animal forcera le fluide à pénétrer dans le siphon, tandis
3u'au contraire, lorsque ce fluide rentrera ans le péricarde, la coquille devenue plus légère remontera vers Ja surface. Dans cette hypothèse, les chambres devaient être cons-
(7âS) Il existe un jeuue nautilu9 pompUiu$ dans la collection de M* Broderjp, qui ne présente que 47 cloisons : le docteur Hook assure en avoir vu où ii y en avait jusqu^à 40.
(7i9) liO siplion est formé d'une membrane mince, et résistante, entourée d'une couche de fibres nniscalaires qui en piaduisenl la contraction et la dilatation alternatives, poup admeure le ftuide dans son intérieur ou l'en repousser. ( Voyez le èîémoire de M. Owen, p. 10.)
{TôO) Gomme la cavité du péricarde contient un liquide sécrété par certains follicules glanduleux, et que sa capacité suffit, selon toute probabilité, pour que ce liauide remplisse complètement le siphon, U est probanlo que ç est ce liquide luî-môrae qui est mis en drrulalîon dans Tappareil, et qui, suivant qu'il passe dans le siphon ou dans le péricarde, produit les ndouvements d'ascension ou de descente de ranimai.
Lorsqne les bras et le c^rps sont (léployés, te
tamment remplies d'air seulement, dont Télaslicité permettait la dilatation et la rnntraction alternative du siphon, pouraduiettre ou rejeter le fluide péricardlat.
Le principe d'après lei]uel, suivant cette explication, le nautile actuel s'élève ou descend au sein des eaux, es^U ainsi que m. is Tavons déjà dit, le même auquel sont d-js lf^> mouvements des ludions. En forçant uce certaine quantité d*air k pénétrer dans le petit ballon qui les surnfonte, on accroît la masse dé substance qui y est contenue, sus en augmenter la C/apacité ; le poids spéeiiique s'en accroît donc, et l'instrument ploD:i\ Si, au contraire, en supprimant la prdsion, on permet à l'air contenu dans lacbaoi* bre de reprendre réauilibre qu'on lui a fait perdre et de chasser 1 eau, son poids spécifique diminue, et le ludion vient flottera h surface.
Pour achever de mettre en lumière la structure et l'économie des nautiles fossiles, pir l'économie et la structure des espères vmntes, je vais faire voir de quelle utilité furent pour les mouvements du nautile flainN, soi» au fond, soit à la surface même des can\, des cavités que nous supposons rerapî:^^^ d'air seulement, et un siphon renfermaiil seulement un fluide qui peut passer de lel organe dans un péricarde, au gré de ranimai (729).
L'animal que prit M. Benneth a été m flottant à la surface des eaux ; la portion supérieure de la coquille dépassait lenivtao: et c'est à l'aide de l'air qui y était renfenc»^ que l'animal pouvait conserver sa position verticale. Cette position est la plus favorable aux mouvements rétrogrades qu'eiéco tent les seiches, mouvements proaoilspîr l^Bxpulsion de l'eau au dehors de TentoDnoir. Ainsi donc, un nremîer usage des cliawbres aériennes, c'est de maintenir lecorp^ de l'animal et sa coquille en équilibre à w surface des eaux.
En second lieu, nous examinons dans la note ci-jointe les fonctions du siphon et des chambres aériennes, dans l'acte de plonsjtr soudainement de la surftice au fond (730^
11 nous reste, en troisième lieu, à conside-
floide reste dans le sac péricardiaque ; le siplion tîi vide, contracte et entouré de Fair qui est cûDSttw* meut contenu 4ans chaçiue cbs^oibre 9iihe»^' Duns cette situation* Taniroal et s% coquille sont d*un poids spécifique tel qulls sWvèat dans 1^<' et viennent flotter à sa surface.
S*il sucvient qvelque siyel d'alarnie, les braseï^ corps se contractent fiaur rentier dans la coquuie. et compriment le ftuide de aumièra à le faire re*' trer itans le siplion ; et, comme le eontenu de u^ quiUe s'accrotl akisi sans que la capacité de ««^ dernière subisae aucun ekangemenl, le p»o$ s^ fique de rensem&ile a'augmnttle, et raaimal esx f»traîna au fond des eaux.
L'air conte^m dana ckaque chambra ^L, ainsi comprimé aussi Iwi£t0i)ip& ^ue le stpaoB cp tinue d'élre dâteadupaf k> Ooide périctfdial: i»^: son ébsticité in» lait reprendre «on vukune pn»"'^ aussitdt que la eoinpreasioo du corps ce«eo^ sur le pérkar^e ; oite concourt, avte la couche niwculaire du siphon, à repousser \»9mkàamt»^
^013 NAU ET DE PALEONTOLOGIE
rer 1 action dans ranimai plongé au fond des eaux, étant admise l'hypothèse ou cet air demeure con^lanjment renfermé à Tinlérieur des chambres. Si le nautile se meut en portant sa coquille à la manière des colimaçons, 1 air qui y est contenu a pour effet de la maintenir élevée et flottant à Taise au-dessus du corps. Et comme cette ix>quille tend sans cesse a s'élever vers la surface, le mol* lusque se fixe et ram^e sur le fond au moyen (l'un disque musculaire puissant, employant ses leniaeulos en toute liberté pour saisir Ja proie dont il se nourrit (731).
HûoL pense que les chambres aériennes
sont alternativement occupées par de Tairet
et par de Teaû; Parkiuiibn admet que ces
cil ambres ne peuvent recevoir Teau dans
feur intérieur, cl que les mouvements d'as-
••-•fiMon ou de descente sont dus à \ introduc-
(ion alternative de Tair ou de Teau dans Tin-
éi-icur du siphon. Mais il n'a pu indiquer
'origine de cet air au fond des eaux, et il
Ta pas pu expliquer davantage par quel
iioyen l'animal modifie le tnhe et l'air qui y
> t- contenu et duquel dépendent les diver-
e-s circonstances de ses oiouveraents de
rc»nsport dans \qs eaux (732). La théorie d'à-
r ^5 laquelle Us cliambres de la coquille sont
omsiammenl remplies d'air seulement^ tandis
n€ c€$t le siphon qui règle le mouvement de
an imal par le déplacement du liquide péri-
irdial^ parait satisfaire à toutes les condi-
on s de ce problème d'Iiydrauiique qui est
LMiieuré jusqu'ici sans solution satisfaisante.
Je me suis étendu aussi longuement sur
'. sujet à cause de l'importance dont il est
jur expliquer la structure compliquée
les fonctions jusqu'ici iucomolétement
NÀU
^r sac. La eomUle, aviintiitnsi perdu de son poids éciJique, tend à revenir vers )» surface. Lo péricarde esl donc le lieu qu'occupe naturellent ce fluide, si ce D*e5t iorsquil est ckassé et liuBenu dans rinlérieur du siphon par ta rélraetion corps dans la coquille. Quand les bias et le eorps ji (icveioppés, soit à la surface, soit au fond de la r, IVnu a un libre accès dans les cavités bran- :*le5, et Ic5 nioMvcmcnts du cœur s'exécutent en ine liberté à rinlénenr du péricarde disierrdii Ce
comprises de toutes ces familles de coquilles cloisonnées et pourvues d'un siphon, si nombreuses et si répandues. Si nous parvenons à y retrouver les mêmes principes mécaniques au milieu de toutes les modifications différentes qu'elles ont subies depuis l'origine de la vie jus(|u'à l'heure présente, nous en déduirons, comme conclusion irrécusable, que cette unité dans les organisations prend son origine dans la volonté et l'action directe d'une cause [jremière unique et intelligente; et ces organisations elles-mêmes nous apparaîtront <Y comme des émanations de cette sagesse infinie qui se montre dans les formes extérieures et ,dans la structure intime de tous les êtres créés (733). » Foy.
NAUTILE SIPHON et NAUIILE ZIG- ZAG. — On a désigné sous le nom de nà'u* aie siphon une coquille cloisonnée fort curieuse et d'une grande beauté, qui a été trouvée dans les couches tertiaires de Dax, près de Bordeaux ; et le nautile zigzag est une coquille de l'argile de Londres, très** voisine de la précédente. Ces deux coquilles oifrent certaines déviations des caractères ordinaires des nautiles qui les rapprochent jusqu'à un certain degré de la structtire des ammoniles.
Ces déviations se compensent les unes par les autres, et il en résulte un ensemble d'arrangements particuliers qui rendent la eoquille propre à remplir ses doubles fonc-* tiens, soit comme orgine de locomotion au sein dos eaux, soit comme moyen de défense ou comme habitation (lour l'animal qui l'a construite (73&).
Le siphon dan» cette espèce, traversant le
«•ice.
'***> expérience» suivantes font voir que la q«an-
dc liquide ài ajouter à la coquille du namile,
"■ la f^-re plonger, csi d'environ une denii-on».
J'ai pris, dil Bucklaiid, deux coquilles complètes
nautile, dont chacune pesait cn\iron G onces et
lie dans l'air, et avait à peu prés 7 pouces dans
pitis grand diamètre, cl J'ai trouve, après avoir
ché le siphon avec de la cire, que clL»i]ue co-
le plac<^e dans Peau douce exi^jeail pour s'eu-
'♦*r r;i<f(litii)n d'une onc^j cl de quelques grains.
uno fa coquille fraîche et lïxéc à Taninial vivant
vaii p«^ser un quart d'once environ de plus que
mériic coquille desséchée, et que d'ailleurs le
» du liquide qui devait être introduit dans le r>u ^CMtr que la coqulHe plongeât, cl c'esl là une \iU\»a «|ut. parait tout k fait en rapport avec la
capacité, soil du péricarde, soil du siphon. >
(7^1) Si les chamhres se remplissaient d'eau, la coquille ne serait plus soutenue que par une action musculaire, ef an lion de se tenir verticalement audessus du corps> dans une portion commode et sàre, elle soraii cotiUnuellenient entraînée à tomber sur U ciUé et, par conséquent , ejipeaée à des froileineiitf aur le fond qui la détérioreraient en mène tenipfl que ranimai demeurerait exposé aux attaques de ses ennemis. D'après Runiphius, le nautile rampe aver assez de vitesse, la coquille en haut, la létc et Ies> 6ar6e« (tentacules) contre le fond. L'auteur a observé loi-flidnTe qne ta co<piifle du ptanorbis-cornem occupe la même position verticale lorsque ranimât totmpe au fond de Teau.
(752} Les observations récentes de M. Owen prou vent qu'il n'existe pas de ^ndc en rapport avec if siphon, pareille à celle qui, suivant l'opinion reçue, sécrète 1 air de la vessie natatoire des poissons.
(755) Exfénênceê dm éociewt Hook, p. 386.
(754) Les cloisons transversale» offrent une par licolanté rcmarquaUe de structure dims le collier, ou e«vtrtnre siphonale , lequel se prolonse dan^r tente T^tsseur des cavités aériennes, de telle sorte 40e ta série tout entière des ekiisons se trouva comme reunie en une sorte de elialfie spirale canliirae. Ceff^ réunion es^ produite par l'afrandissement ei Talion gement du collier destiné au passaj^e du siphon, lequel prrnd la forme d'un entonnorr Ions et élar<ti, ëont VextrémMé s'engace dans le col de rentonnoir misin, tandis ((ue !»on bord interne, s'appuyant sur le tour du spire sous-jacent, trimsmft h 'la \oMf i|ue forme ce dentier «ne pertie de It pression qnl
lOiS
NÀU
DICTIONNAIRE DE COSMOCONIE
NEB
bord interne des cloisons^ ne fournissait au manteau de Tanimal qu'un moyen d'attache beaucoup moins puissant que ne le fait le siphon plus central du nautile: aussi pour compenser ce défaut d'un point d'appui complet, trouvons-nous une disposition toute pareille à celle que, suivant la théorie de M. de Buch, les ammonites auraient trouvée dans les lobes de leur manteau. C'est ce aue Ton comprendra mieux, si l'on compare les lobes|du nautile siphon avec ceux tout semblables du nautile zigzag.
L'importance et l'utilité de ces lobes dans l'une et dans l'autre des deux espèces que nous venons d'étudier nous sembleront encore plus grandes si nous considérons ces modifications des cloisons transversales sous le point de vue du support qu'elles ofiTrent aux parois latérales de la coquille externe. Elles en étançonnent en effet les portions les plus faibles et les plus minces i^t leur donnent assez de solidité pour supporter une pression bien supérieure à celle qu'elles eussent supportée, si les lames internes n'eussent eu qu'une courbure simple comme dans le nautilus pompilius. La nécessité d'une disposition de cette nature est une conséquence de la largeur des interval'es oui partagent les cloisons entre elles. La faiblesse résultant de cet écartement des lames transversales se trouvait compensée par la présence d'un lobe unique remplissant les mêmes fonctions que les lobes beaucoup plus nombreux et plus compliqués des ammonites.
Le nautile siphon et le nautile zigzag paraissent donc être des anneaux qui rattachent les deux grands genres nautile et ammonite, et dans lesquels se voient des dispositions mécaniques inlermédiaires, empruntées à l'organisation des ammonites pour être appliquées à celle du nautile. La présence de lobes analogues à ceux des ammonites a eu pour but oe compenser les désavantages qui fussent résultés, dans tout autre système de construction , de la position marginale du siphon dans Tune et dans l'autre de ces deux espèces, et de la distance
8*exerce de l*exiérieur sur les cloisons transversales, dont il accroît ainsi la résistance.
Comme ce mode de structure rend impossible qu*un siphon extensible puisse se distendre dans rintérieur même des cavités aériennes, ainsi que cela a lieu chez les autres espèces de nautiles et chez les ammonites , le diamètre du tube en entonnoir a été fort agrandi, et le siphon peut s'y dilater assez pour admettre la quantité de liquide nécessaire à faire plonger ranimai.
A chaque articulation des entonnoirs, le diamètre du siphon se contracte de la même manière que le siphon des ammonites et des nautiles se contracte dans son passage à travers les ouvertures des lames transversales <jui cloisonnent ces coauilles. .
Un autre point de Torganisation du siphon , que la coquille dont il s'agit nous fait connaître, c'est Texistence d*un étui calcaire de consistance molle tout parti! à celui que nous avons déjà observé dans le nautile , et qui se trouve dans Tintervalle qui sépare obacun des entonnoirs du siphon ou tube membraneux qui y est conienu. La capacité de ce tube
où sont entre elles leurs cloisons transvc: sales (735).
Il est curieux de voir que des dispositions pareilles à celles que Ton rencontre dans les formes d^ammonites les piqs anciennes se trouvent chez quelques-unes des espèces les plus récentes de nautiles fossiles, et (}u*elles y aient pour but de compenser la iaiblesse qui eût été une conséquence ^ déviations qu'offrent ces espèces par rapport à la structure normale du genre nautile. Cest encore là un de ces faits qu'il faut renoncer è expliquer dans toute théorie où Ton se refuserait à admettre rinterTention d'une intelligence régulatrice.
NÉBULEUSES. — Nous n'avons \ noas occuper ici des nébuleuses qu'au point de vue cosmogonique.
« Les nébuleuses, dit M. Marcel de Serres, ne sont peut-être autre chose qu'une quantité prodigieuse d'étoiles infiniment éloignées et placées à peu près dans la mèsê direction. C'est là l'opinion de tous les astronomes (736).»
Voilà ce que M. Marcel de Serres écrJTait en 18^3. Sept ans après, le 18 juin 1850, nous lisions les observations suivantes publiées par un de nos physiciens et de nos géomètres les plus eminents.
« Dans sa rapide et magnifique bislûift de la ci'éation, Moïse dit que le quaîrièine jour Dieu fit sortir du néant les étoiles, et les plaça dans le firmament... Fedi fu Deùs... stelloê et posuit eas in fimmnti cœli... {Gen. ï, 17.) En prenant ce texte dans son interprétation naturelle et littérale, il fallait bien conclure que dès le quatrième jour de la création les étoiles existaient toutes formées dans les cieux. Et cependant le grand Herschell,dontropimon a étéaaf|<ée au XIX* siècle par les savants de tous les
{)a)rs, affirma hautement qu'il y a des néboosités qui ne sont pas de nature stellai«; qu'il existe dans les espaces célestes de nombreux amas de matières diffuses ei lumineuses non condensées. Plus voisine, a Ton peut s'exprimer ainsi, de l'état élémeotaire, cette matière cosmique aurait ocfu]»
calcaire suffisait non-seulement à conlesirlesiH^ dans sou éUl de dilalalion, mais à coiileDir<iio«ff un certain volume d'air oui avait pour dfei«i^ pousser par son élasticité le fluide coDienn (»ik!| siphon , comme nou^ avons supposé qa*agissaii i|* contenu dans les chambres du nautim pm^'*-
(735) bans quelques-unes des formes é'^ niies les plus aisciennes que contiennent ks tt*ches de transition, telles, parexemple,quelan"J' nites Henslowi, Pammonilc slrialus. cl l'aiiuwi^ sphaericus , les lobes sont peu nombreui , rt P*^ que de la même forme que le lobe unique du «* tilus siphon zigdg. Comme chez ces dertKj] aussi , les bords des lames transversales s^«*J^ pies et dépourvus de franges. L'ammonite nww». espèce propre aux dépôts secondaires l^..!""*;^ ciens du Muschelkalk, offre l'exemple duo » intermédiaire, dans lequel le bord û«"«^?^iffj^ en partie , mais seulement les portions lawrj^ ou internes des bords lobés des lames iraimefsi»»
(73G) De in création de la terre, pT 15.
ioi)
NEB
ET DE PALEONTOLOGIE.
NEB
OtS
]a deux cent soixante-dixième partie de la surface du firouunent, et Ton Toulait qu'en se condensant elle donnât naissance a de Téritables étoiles. Voici même Tordre dans lequel, disait-on, se développeraient les phénomènes de ces formations successiTes : 1* disparition sur divers points de la lueur phosph<M«scente ; 2* naissance de solutions de continuité, déchirures dans le rideau lumineux primitif; 3* mouvement de la matière vers les centres attractifs ; fc* transformation d'une nébuleuse unique en plusieurs nébuleuses distinctes , liées quelquefois par des filets très-déliés; 5* arrondissement du contour extérieur des nébuleuses séparées; 6* augmentation plus ou moins rapide d'intensité lumineuse, de la circonférence au centre; 7* formation à ce centre d'un noyau très-apparent; 8* passage de chaque noyau à Tétat stellaire avec la persistance d'une légère nébulosité apparente ; 9* précipitation de ces dernières vapeurs ; lOr* et pour résultat définitif, autant d'étoiles quil y avait dans îà nébuleuse de centres d'attraction di2»tincts On se demandait : En combien de temps une seule et même nébuleuse pourrait-elle subir toute cette série de transformations? Se sont-elles réalisées, se réalisent-elles tous les jours? Assistons-nous, en un mot, à la formation de véritables étoiles? Et l'on répondait : Ce qu'il y a de certain, c'est que tous les états de la matière nébuleuse indiqués par la théorie ont été révélés d'avance par 1 observation. La formation incessante des étoiles était devenue commç un premier principe de la science i|stronomique.
« Nous n'essaierons pas, chers lecteurs, de vous dire quel rôle extraordinaire la matière nébuleuse ou cosmique a joué dans toutes les cosmogonies et les cosmographies du XIX* siècle ; avec quel bonheur les savants incrédules, assez heureux pour avoir pu se j>asser de l'hypothèse même de l'existence d'un Dieu, se plongeaient dans ses flancs ténébreux, s'enveloppaient de ses sombres Toîles, pour y tailler des mondes de toute forme, de toute espèce, de toute grandeur, etc. Ils ne sont embarrassés de rien. Demandez-leur tout ce que vous voudrez, TOUS serez servi à souhait. Voulez-vous le inonde planétaire? écoutez : Le soleil s'était formé d'abord au sein d'une nébuleuse immense; son atmosphère, douée d'un mouvement de rotation sur son axe, était sollicitée par les forces générales de l'attraction universelle; fa ma$$ej maintenue tabord à Vitat de fluide par une chaleur excessive^ s'est refroidie dans la suite des temps... Le refroidissement de l'atmosphère solaire, en la réduisant successivement à des limites de plus en plus /approchées du centre, déterminait dans toute la masse solaire une vitesse de plus en plus considérable... Les molécules équatoriales, emportées par la force centrifuge, se séparaient de la masse et formaient autour du soleil une couronne annulaire de vapeurs... Le progrès du refroidissement aétAchait racoemvement de
nouvelles zones de vapeur placées à des distances du soleil de plus en plus rapprochées... Si l'an admet donc que fatmciphêre du soleil s'étendait à Porigine à une distance de plus de 662 millions de lieues^ la zone de vapeurs formée à la limite de cette atmosphère primitive correspondra à l'orbite aUranus... Une seconde zone correspondra è l'orbite de Saturne., une troisième a l'orbite de Jupiter, etc. * •
« Le refroidissement et la contraction de chacune de ces zones de vapeur pourra donner naissance tour à tour ou à un globe unique, à une planète simple ; ou à un globe avec anneau circulaire comme Suturne ; ou à un ^lobe principal avec plusieurs globes satellites, comme Jupiter, Uranus, etc., ou même à plusieurs masses sphéroidiques sensiblement égales, comme les petites planètes, qui circuleront autour du soleil à des distances à peu près les mêmes et avec des vitesses peu différentes; ou enfin à un globe entouré d'une atmosphère comme Mars et Mercure, etc., etc. La lormation des comètes, des astéroïdes, de la lumière zodiacale, etc., etc., s'expliquera sans plus de peine, et nous arriverons à cette conclusion grandement consolante pour les âmes inquiètes que la pensée de Dieu importune : le système entier du monde planétaire a pu se former tout seul ; il a suffi pour le constituer d'un certain amas de matière nébuleuse ou cosmiaue, animé d'un mouvement rapide.
Et n'allez pas croire que, pour rendre rai* son de ce mouvement, nous ayons besoin de recourir à un premier moteur.
« Laplace affirme que l'attraction des corps placés en dehors suffit pour faire naître le mouvement de rotation de la nébuleuse solaire. Il veut que trois masses inertes, pla« cées eu présence les unes des autres, s'attirant proportionnellement aux masses en raison inverse du carré de la distance, et remplissant certaines conditions de girandeurs relatives, puissent se mettre en mouvement et commencer leurs révolutions indéfinies.
« Tressaillez donc d'allégresse, chers lecteurs : vous êtes complètement émancipés, il n*j a plus de Dieu; l'existence d'un être infini, oi^anisateur du monde et premier moteur des globes oui roulent sur vos tètes, loin d'être nécessaire, n'est pas même probable, puisque tout s'explique sans elle. La matière nébuleuse éternelle, et dont les molécules s'attirent éternellement en raison inverse du carré de la distance, suffit à tout, rend compte de tout, des astres du firmament, de la terre qui vous porte, de votre corps, de votre Ame , si vous tenez à en avoir une, de votre être tout entier.
< Nous, regrettons de ne pouvoir entrer dans de plus grands développements; mais ces quelques mots suffisent pour faire ressortir, dune part, l'immense partie que la science moderne, téméraire à Fexcès, a tiré de l'existence apparente, dans les profondeurs du ciel des nébuleuses et matières cosmiques; de Tautre, .Fimorobabilité, l'inco*
Ii'>19
NEB
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
NKB
hérence, rimpossibililé môme, nous le dirons franchement, de ces systèmes values et insaisissables, qui ne reposent en réalité que sur les hypothèses les plus gratuites elles plus inadmissibles qui furent jamais. Ah t si nous, catholiques, nous avions la folle ;\etenlion d'élever sur un si fragile échalauda^e nos grandes théories religieuses, nous ne rencontrerions qu'une opposition invinjible, du mépris et des injures. Nous ne nous appuyons que sur des faits éclatants comme la mrâière du jour, et Ton nous accuse d'une crédulité aveugle 1 Nos adversaires noient l'imagination dans des flots de né* l)ulosités impénétrables, et Ton applaudit, et Ton s'endort dans une indifférence lamentable!
a Faut-il conclure de ce qui précède que ces théories prétendues de la formation des inondes par la condensation des nébuleuses sont formellement et directement opposées i la foi, et tout h fait incompatibles avec le dogme chrétien de la création? Nous répondrons par une distinction facile. En euxmêines ces vagues^aperj^us ne constituent en aucune manière une impiété coiutamnabie; inais très-certainement ils n'ont été mis en avant par Laplace et son école que pour échapper à la pensée compromettante d'un Dieu créateur, ordonnateur, législateur et juge. A cet égard ie doute n'est pas même possible ; la trop fameuse Théorie des probahilUés h laquelle ie Système du tnonde servait de préface, est la négation la plus a)>solue de ja Providence et de la religion chi^étienne. Aussi n*est-ce pas sans un profond chagrin <{ue nous voyons des écrivains éminemment religieux se bercer à leur tour de ces rêves grandioses et puériles. Par exemple, nous ne relisons jamais sans serrement de cœur ces paroles échappées à la plume d'un prêtre savant et pieux, M. i*abbé Waterkeyn, professeur de minéralogie et de géologie à l'uni- ¥ersité catholique de Louvain :
« L^tihustre Laplace, qui a soumis avec tant de succiê aux lois de la gravitation les mou^ vements tes plus compliqués et les plus trréguliers en apparence de la mécanique céleste^ a proposé aussi sur la formation des mondes une kypothèàe ingénieuse, qui explique d'une maniire plausible la plupart des phénomènes observés (737)
« Ce mot plausible n*est pas seulement une témérité au point de vue de la logi([ue el même au point de vue des saines doclriwrsde la physique et des mathématiques, il est une véritable faiblesse que nous comprenons, quenousexcusons, car nous avons nousmême partai^é quelque peu c*>s illusions grossières a la fois et séduisantes Plausible! Mais comment donc peut-on concevoir que des masses de fluide électrique, libres et librement suspendues dans les airs , aient pu se maintenir à cette température élevée que
(757) M. Gedefroy, dans sa Cosmogonie de ta rêvélationy ne Tante pas moins la Ihéorie de Laplace, théorie, dil-iJ, page iQ&, qui fournit une explication si €Qrjfiit4 de tous les phénomènes du monde ptané-
présuf)pose la formation laplacienne des mondes? Hier encore nous faisions celle
aueslion à l'un des.adeptes les plus endorcis e cette école, meuibre de Tfnslitul, el n<ju< n'avorts re(;u aucune réponse. Il ne nous serait pas diflicile, il serait l>ien moins diffiiik à M. Cauchy d'enlever au système téfflérairt de rorgueilleuse géométrie celle n^m ap{)arente qui fascine les regards éDloûis.
« Exprimons à cette occasion un re;ra profonu. M. Cauchy, le plus aiiûéelle[t'uj célèbre disciple de Laplace; M. Cauclo,le premier matliémalirien du monde, availieic du ciel une grande mission : celle d'étouir sous des théories incontestables, sousilc^ formules parfaitement rigoureuses, souiiii^ calculs pleinement exacts, les révoUesauôcieuses de son maître, les ariuuienlsiiili'ft et mensongers par lesquels il a osécouiKMtre Dieu, sa providence, ses révélalioïKM religion sainte. Ahl nous savons, moubiiu? Cauchy, la douleur qui remplit voire Im quand, chaque année, vous voyez donn»>r2 prix à l'élève le plus distingué de l'Ec'»';' Polytechni(}ue le Système du monde ellefe^ cul philosophique des probabilités, i1ai> ï n'est pas assez de celte douleur s k^rilt»; mettez-vous à l'œuvre, il en est temps eQœrt; accomplissez vos saintes et glorieuses dey tinées.
« C'est assez de digressions par irC| savantes. Revenons au grand fait que mî voulions mettre en évidence : hâlous-uoiis de dire que ces systèmes à perte de tu» sur la formation des mondes ne sont pb probablement que des ruines; ils.se S'il écroulés par la base avec un granJ fracas. Ces vagues théories supposaient J'>ç l'existence dans les cieux de véritables r.-^' bulosités, de matière nébuleuse diffu-e^'lumineuse h l'état élémentaire; or, datiM'^ cîcux, il n'y a que des étoiles, des a?iri^ tout formés, à l'état de globes parW^ ■ condensés. Le nombre considérable tltH'i^ ges cosmiques, dont le grana Herschell a^Ji' opéré la décomposition en étoiles, à la • de son télescope de W pieds, l'avait oini.; i cette conclusion hasardée alors, ciriai: aujourd'hui, que les nébuleuses siiRi ' simples amas d'étoiles; qu'il p'y a d'âu'r'^ différence essentielle entre les nébul:' ;• les plus dissemblables dans leur forme qu'i^ pins ou moins grand éloigneracnt,(|u-.
plus ou moins grand rapprocliemeut ^-j étoiles composantes. Par malheur, Her^''"' changea plus tard d'opinion, el affirma î v temenl qu'il y a des nébulosités qui nés"' pas de nature slellaire.
« Tout récemment, un illustre Ani.^^ astronome amateur, lord Ross, a fait ^"■'' truire un télescope à réflexion dedeuît*^"^ très d'ouverture; c'est un i)rogrès iinuK^a^; mais ce n'est pas encore le dernier w^»' la science et de l'art. Or, il est araviM^-
taire. Parmi es savants, il n'y en apoiiude «.a» naif^ que les cosmo|;;onUtes. ,.
(Jébas [de St-Cutih,/
NCB
ET DE PALEONTOLOGCE.
NEB
toutes les ibis que Von a dirigé vers une des nébuleuses du ciel ce gigantesque instrument, elle a changé complètement d*aspect, et s'est si souvent transformée en un ensemble d'étoiles complètement distinctes, qu'il y a di'sormais un million à parier contre un que le j rcmier jugement d'Herschell est 1 expression rigoureuse de la vérité et la confirmation éclatante de celte affirmation des livrai saints : FecUque Deu$... slellas^ et poêuit ea$ tfi firmamesUo cali,
« Cette résolution des nébuleuses en étoiles par Tadmirable télescope de lord Ross a été accompagnée quelquefois d'apparences merveilleuses. Ainsi, la 51' nébuleuse de llessier s'est montrée formée d'étoiles disposées en spirale, dans un ordre vraiment mathématique et parfaitement symétrique ; il en a été de môme de la 99' nébuleuse de Mesbieretdo la 60V d*HerschHl. La nébu- .euse planétaire du Verseau 2098* d'Herschell, semblait armée de deux anses ou couronnée d'un anneau comparable à celui de Saturne; on apercevait quelquefois un centre brillant entouré d'un annt^au obscur auquel succédait un anneau brillant, etc. : ailleurs, c'étaient ûes bandes alternalivemenl lumineuses et sombres; j>artout c'était un o-dre merveilleui, une di^i osition symétrique et parfaitemeni régulière. Cali cnarrtuU gloriam Dei^ et opéra manuum ejus annunliat finnamentum.
« M. Arago, qui avait souvent dévelop[)é dans ses incomparables leçons d'astronomie physique les systèmes par trop hardis d'Herschell et de Laplace, qui exposait avec tant de complaisance et d'amour cette théorie imadnaire de la formation des mondes, a rentiu lui-môme les armes. Chargé de présenter à TA caUémie des Sciences l'opuscule dans lequel le savant directeur de Tobservatoire d'Armagh, le docteur Robinsgn, rendait compte des brillantes oijservations qu*on avait faites ayec le télescope de lord Ross, M. Arago a reconnu que la résolution des nébuleuses en étoiles était i our lui un fait démontré, une vérité incontestable. Bisons donc adieu à jamais à ces nébulosités, der* rière lesquelles une vaporeuse incrédulité es^ya jadis de se carher pour échapper aui rayons si doux de la pliilosophie chrétienne et de la foi (738j.
On peut voir dans le journal Vlnstitut^ n* du 30 octobre 18VV, la description du gigantesque télescoi)e de lord Ross.
Dans le même journal (n'^e^O, 19 novem- Lre iS&o}, on trouve le compte-rendu suivant de quelaues expériences faites à Taide de ce merveilleux instrument.
n Sur la nébuleuse 23 de Uerschell ou 61 du catalogue de Messier^ ))ar le comte Ross. — Sir John ^erschell dit a ce sujet qu'il ne Irouve pas de terme pour exprimer à la Section les sentiments qu'il a q^rouvés en revoyant cette vieille connaissance sous 1*
(738) M. MoiG?(0, Vojx de la Vérité, 16 juin 1850.
(739) John fferschell , dans son frailé étatlro^ nomity publié il y a vingt ans, aflinnait qu« ce iomi 0n ne taurail guère donter^ ce$t que la phi$ grande
nouvelle forme que lui donne le puissant instrument de lord Boss. 11 esquisse ensuite l'aspect sous lequel on aperçoit généralement cette nébuleuse qui est celle d'un noyau entouré par nne lumière nébuleuse, en forme d*anneau, aiec une courl)e nébuleuse s'étendant d'une partie de Tanneau jusqu'à la partie opposée. Celle forme lui avait aussitôt suggéré l'idée que notre système d'étoiles, entouré par la voie lactée, le divisant en deux grandes bandes, devait présenter le même aspect si on l'examinait à une distance suffisante. Aujourd'hui, celle nébuleuse est représentée sous un nouvel • aspect qui modifie grandement, sinon complètement, les premières impressions. En premier lieu, l'examen sous le plus puissant instrument fait voir que le noyau se résout en étoiles constituantes, que son télescope n'a pas été assez fort pour séparer, et il en est résulté que l'apparence qu'il avait prise pour une seconde branche de l'anneau était un prolongement nébuleux qui s'étendait de la principale nébuleuse et servait h la relier avec une nébuleuse voisine plus petite. C'est pour lui un nouveau trait dans l'histoire des nébuleuses. L'aspect général de la nébuleuse, telle qu'elle se présente aujourd'hui, offre bien plutôt les traits principaux de la co(|uille d'un escargot que celle d'un anneau, il éprouve un charme inexprimable k la pensée des découvertes qu'il sera possible de faire avec ce splendide télescope, et des scènes nouvelles qu'il fournira sans aucun doute de la grandeur de la création.
a En terminant, lord Ross présente
les images de quelques nébuleuses telles qu'elles ont été figurées par Herschell, et tefles qu'elles sont apparues dans le nouveau télescope. — Fig. 88 d'Herschell ou 2 de Messier. Un grand nombre des étoiles dans lesquelles celte nébuleuse se réduit par le télescope sont aussi grandes que celles de
Sremière grandeur à l'œil nu. — Fig. 81 'Herschell. La nébuleuse brillante près Ç du Taureau, figurée par Herschell comme parfailemenl elliptique et résoluble, mais où il n'a apparu aucune étoile, est rue dans le télescope, avec une ouverture de 3 pieds, comme un amas un peu ovale d'étoiles avec des files d'étoiles oui en rayonnent ; quelques-unes de ces files s'étendent considérablement de manière à donner en quelque sorte l'apparence d'un scorpion. — Fiç. 29 td'Herscbell. La nébuleuse annulaire ne la Lyre présente avec le télescope de 3 pieds d ouverture sept étoiles dont une triple. C'est un amas annulaire avec franges et le noyau nébuleux subdivisé. — Fig. 20 d'Herschell. I^ Dumbellnebula est vue comme un amas irrégulier ou plutôt comme deux amas juxtaposés et ne présentant rien de la configuration elliptique exacte de la fig. d'Herschell (739). ^ Quelques années après, sir David Brews-
partie d'entre les nébuleuses se composent d*étoileg, ei il n*adniet que d^nnc manière dulâlative Pexisleiica de la matière phospborescetle. (Cbqi. 12, n^iBS.)
f(ttS
NEB
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
NEB
ler, dans le discours inaugural qu'il prononça lors de la 20* réunion de TAssociation britannique pour ravancement des sciences, s'exprima ainsi en parlant des nébuleuses et des découvertes cfe lord Ross :
« L'œil armé du télescope géant de lord Ross, nous avons pu reconnaître la forme et les caractères de ces çrands amas d'étoiles
Îui composent le monde sidéral. Le docteur obinson a montré, à la dernière réunion, Tassociation, le dessin et la description des plus remarquables des nébuleuses résolues en étoiles par Je noble instrument, et c'est avec une grande satisfaction que je puis vous annoncer que, pendant l'année qui vient de s'écouler, lord Ross et son assistant, M. Stoney, ont fait plusieurs découvertes importantes.
« Pouf quelcrues-unes des nébuleuses, les particularités de leur structure ou du mode de distribution des étoiles qui les composent sont vraiment remarquables*, et lord Ross a acquis la certitude cfu elles mettent en évidence des lois dynamiques que nous pouvons espérer de saisir. L'arrangement en spirale, si nettement prononcé dans plusieurs de ces nébuleuses, se retrouve plus ou moins distinctement dans beaucoup ; mais le plus souvent, pour me servir aes expressions de lord Ross, l'arrangement de la matière lumineuse se rapproche plutôt d'une certaine forme annulaire, irrégulière et interrompue, que de la forme régulière observée dans un très-petit nombre. L'opinion de Sa Seigneurie est que ces nébuleuses sont des systèmes de nature parfaitement identiques, vus plus ou moins parfaitement, et diversement placés par rapport à l'axe visuel. Dans un nouvel examen des plus remarquables de ces amas, lord Ross se propose de les voir éclairés par la pleine lumière do son miroir de six pieds, non diminuée par la réflexion sur le petit miroir. En adoptant ainsi le mode d'observation désigné sous le nom de vue de front, il découvrira sans doute, ainsi qu'il l'espère , plusieurs nouvelles'particularilés propres à cers astres.»
« Vous le voyez, il n'est plus du tout
2uestion de matière cosmique, nébulaire, lémentaire, se transformant en mondes, en étoiles, en soleils nouveaux dans l'espace. Quoi qu'en dise M. Marcel de Serres (Voy. pms loin), le monde est fini; au moins, son arçument tiré des nébuleuses soi-disant en voie de condensation et d'enfantement de nouveaux mondes, n'a plus aucun fondement. Qu'il soit donc bien entendu que toutes ces nébuleuses, conçues à la manière de La place et de son école, ne sont plus qu'un rêve qui est allé en rejoindre tant d'autres auxquels une science orgueilleuse ou impie avait réussi à donner un moment de vogue. M"* Sommerville, dans son savant ouvrage intitulé : De la connexion des sciences physiques f s'exprime ainsi • « Le ciel, lors-
744) Vranographie, p. 252.
Ju'il est serein, offre à la vue des multitudes e taches nébuleuses qui, selon toute ap[«rence, sont des amas d'étoiles; mais leur distance à la terre est si considérable, que, même avec le secours des télescopes les plus parfaits, on ne peut les décomposer (7^0). > & W. Herschell a reconnu, ail Francœur, que ces nuages de vapeur blamhitre, qui sont très-communs au ciel, et qu'on a nommés nébuleuses, ne sont que des amas de petites étoiles qu'il juge être 600 fois pb éloifjnées que toutes les autres; mais il jeu a qui sont de 10 à 15 fois plus loin eorâre, dont les étoiles restent invisibles sous son puissant télescope (7^1). ^ Et ailleurs : « Il est vraisemblable que les nébuleuses sont,
four la plupart, des groupes d'étoiles placés un immense éloignement de nous, et doot il suffirait de s'approcher pour au'ils présentassent des apparences semblaoles & celles de la voie lactée. Les corps qui les composent sont sans doute très-distants les uns des autres dans les profondeurs des espaces célestes, et notre système, vu de ces astres, n'est lui-même qu'une partie de nébuleuse formée des étoiles voisines de notre soleil {n2). »
r^ous-même, dès 18!h0, dans la première édition de notre Nouvenu traité des icieticti géologiques f au chap. De la Géogénie, ms regardions les nébuleuses comme vraisemblablement toutes résolubles en étoiles distinctes.
Nous avons vu, dès les premières lignes de cet article, quelle est 1 opinion de tous les astronomes, suivant M. Marcel de Serres, au sujet des nébuleuses. Ce savant n'en admet pas moins leur existence, celle de la matière cosmique ou diffuse, et la formation incessante de nouveaux mondes dans l'espace avec cette matière éthériforme.
II vient de parler de la distance qui nous sépare de la 61* étoile du Cygne, distance que la lumière ne pourrait franchir en moins de six ans, quoiqu'elle çarcoore* mille lieues par seconde; il continue ainsi:
u Cette étoile se déplace tous les ans, en ligne droite, de plus de 5 secondes. A la distance qui nous en sépare, une seconde correspond au moins à 80 millions de lieues. Tous les ans, la 61* étoile du Cygne p«rcourt au moins MO millions de iieues,ei cependant naguère on l'appelait une étoile flxe (7W).
« L'imagination s'effraye de pareils nombres ; et nous-mêmes nous faisons tous les ans plus de 200 millions de lieues autoordu soleil. Quelque grandes que soient ces distances, elles ne sont rien en comparaison oj celles qui nous séparent des nébuleuses, w surtout des plus éloignées.
« Voyons ce qui en est de leur ^'^JÇ]^ ment. La voie lactée est une lueur blancn|ire
«roduite par un nombre immense d'^^^"^* fais de ce que certaines d'entre elles om
(743) Comptes rendus de VAauiémU éa i^^ dé, Pans, toniMVU,pag. 785,1838.
iÙiS
NEB
NEB
lOK
une Ciible lumière, iî ne ISiat pàs en conclure qu'elles sont moins lumineuses en elles-mêmes que les autres. Sans doute cela peut être vrai en général; mais il est extrêmement probable que, sur le nombre/il s'en troufe aaussi grandes que les étoiles de première grandeur que nous connaissons.
Or, pour qu'une étoile de première grandeur ne nous apparaisse que comme une étoile de seizième grandeur, telle que les plus faibles de la voie lactée, il faudrait que sa dis«> tance fût rendue environ 200 fois plus grande qu'elle ne l'est en réalité : alors sa lumière mettrait plus de 1,000 ans h arriver jusqu'à nous.
c La distance est bien plus surprenante encore lorsqu'on considère celle qui nous sépare des nébuleuses. En effet, la voie lactée parait, pour sa forme et sa constitution, toot à fait de même nature que ces nébuleuses : comme celles-ci sont en très-grand nombre, il n'est pas déraisonnable d'admettre qu'il V en a plusieurs qui égalent la voie lactée en grandeur réelle
« Si cette comparaison est juste, ainsi que tout porte à le supposer, il s'agit maintenant de savoir à quelle distance il faudrait reculer la voie lactée pour qu'elle nous apparût comme les plus grandes nébuleuses.
Le calcul prouve qu'il faudrait l'éloigner à 115 fois sa dislance. Or, nous avons déjà trouvé cette distance; la lumière la franchit en plus de 1,000 ans. Il faudra donc bien plus de 100,000 ans pour que la lumière nous arrive de la nébuleuse dont nous venons d'étudier la marche.
^ On peut même doubler ce nombre, en considérant qu'il est vraisemblable que nous sommes au milieu de la nébuleuse appelée roie lactée, et que la lumière doit mettre 2,000 ans pour parcourir le diamètre de cette même nébuleuse. Si, en partant de ces faits, nous cherchons à quelle distance il serait nécessaire d'éloigner la voie lactée pour ne plus la voir que sous un angle de i- degré, qui est l'étendue des plus grandes nébuleuses, nous trouverons que cette distance est égale à 115 fois son diamètre; c'està-dire que la lumière ne la parcourt qu'en 115 fois 2,000 ans, ou 230,000 ans. Tel est donc l'éloignement de plusieurs des nébuleuses dont nous apercevons la lumière.
C*est une conclusion surprenante, sans doute : elle n'en est pas moins fondée sur des analogies bien admissibles, et ne se trouve en opposition avec aucun fait positif (744).
« S'il n'y avait eu réellement qu une seule création, ou, pour mieux dire, si après la création des ccirps célestes ceux-ci n'avaient l>as reçu des appropriations particulières à chacun d'eux, les étoiles, comme les nébuleuses, seraient de la même date que l'homme, et n*auraient pas plus de 7,000 ou 7,500 années. S'il en était réellement ainsi, il y aurait aujourd'hui un grand nombre de nébuleuses dont la lumière ne nous serait point encore
parvenue, faute du temps suffisant pour arriver jusqu'à nous.
« Le nombre des nébuleuses que nous apercevons est déjà extrêmement considérable. Herschell les a divisées en trois classes; il n'en compte pas moins de 2,300 parmi celles qu'il appelle nébuleuses pto-
Î rement dites. Ce grand astronome rapporte cette dernière classe les 'astres qui se forment tous les jours, par l'effet de la condensation de la matière éthérée, répandue, à ce qu'il parait, en quantité immense dans les espaces célestes. Ces formations nouvelles n'ont que des analogies plus ou moins éloignées avec les nébuleuses de la voie lactée, dont nous apercevons la lumière malgré leur extrême éloignement. Elles en ont encore moins avec les aurores boréales, les aérolithes, les étoiles filantes et les comètes, quoique ces astres, aux premières périodes de leurs phases, paraissent également résulter de la condensation de la matière éthérée.
« Si donc il n'y avait eu qu'une seule création, on devrait voir, chaque année, presoue chaque jour, apparaître de nouvelles nébuleuses au milieu de la voie lactée. L'observation est loin de confirmer cette continuelle apparition, ce qui prouve que cette dernière supposition est tout à fait gratuite. Le nombre de ces nébuleuses ne s'accroît que par la puissance des télescopes ou des lunettes que les astronomes emploient pour les découvrir au milieu de l'immensité de l'espace.
« Du reste, si cette hypothèse , tout à fait contraire au système d'une création primitive et d'une organisation postérieure des corps célestes qui en aurait été l'objet, était exacte, le spectacle que le ciel aurait présenté aux
Siremiers Ages du monde , à Adam et à ses escendants, aurait été aussi extraordinaire que singulier. Le premier homme n'aurait pas vu, lors de sa venue sur la terre, une seule étoile au ciel ; le soleil, la lune et les planètes auraient été les seuls astres qu'il y aurait aperçus et dont il aurait joui pendant les premières six années. Au delà de cette époque, les étoiles auraient commencé à apparaître successivement, et dans un ordre inverse de leur distance à la terre. La voie lactée n'aurait donc présenté l'aspect qu'elle offre actuellement qu'au delà aun certain nombre de siècles. Enfin aiuourd'hui encore, ainsi que nous l'avons dqà fait observer, des étoiles et des nébuleuses devraient se montrer pour la première fois dans le ciel , c'est cependant ce que l'observation est loin de connrmer. Il faut l'avouer, de pareille.^ conséquences sont tout à fait inadmissibles ; dès lors on est en droit de rejeter la supposition qui y a donné lieu. La création des étoiles et des nébuleuses a donc précédé la création de l'homme actuel d'un grand nombre de siècles ; toutefois il est impossible à la science actuelle de les fixer et même de les^ évaluer d'une manière approximative,
(744) Foy. Hebschell, Trailé értuironomie, traduit braire, IS54, et VVranofrapIntàt Fiancoeob, 4'édiL p^r Aogiftin Conmol, p. 416; Paris , Paulin, U- 18i8, pag. SOS.
NEB
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
NEB
Oo est ainsi amené, comme forcément, à cdmeitre deux époques bien distinctes dans )a création : la première ou la plus ancienne est celle où l'ensemble des corps célestes est sorti du néant à la voix du Créateur ; la seconde , bien postérieure, serait celle où le soleil , les planètes , et particulièrement Ja terre, ont reçu leur organisation définitive, et sont parvenus à leur état actuel.
t( Notre globe ne pouvait en effet acquérir un étal ferme et stable, que lorsque ses rap-
Sorts avec le reste de Tunivers auraient été éfinitivement réglés. II fallait môme que les précédentes créations eussent été entièrement accomplies , afin que la terre pût recevoir des végétaux et des animaux. Il était même nécessaire que les climats fussent parvenus à une stabilité assez grande pour que l'existence de riiommc ne fût pas compromise. Aussi est-il arrivé sur cette terre, ledernier entre les êtres vivants (74o). »
Plus loin, M. Marcel de Serres revient sur celle opinion singulière qu'il se forme tous les jours des astres nouveaux dans les espaces célestes et qu'ils sont dus à la condensation de la matière étli(*rée.
« Les observations récentes d*HersehclI sur les nébuleuses donnent à cette théorie, dit-il, le plus grand degré de vraisemblance. Elles prouvent du moins que les astres nouveaux dont la formation a lieu dans les espaces planétaires sont dus à des masses énormes de matières extrêmement déliées et subtiles qui se trouvent aujourd'hui même dans l'acte de leur coniiensation. Ce grand astronome a remarqué que parmi les nébuleuses il y en avait plusieurs dont les particules gazeuses commencent à se liquéfier et deviennent peu à peu solides , 1 éclat de ces partie ules augmentant à mesure uue la lumière diffuse perd de son intensité (7i0). » « Seulement, ajoute-t-il (p. 98), la rareté et le peu de densité de cette matière rendent ce travail extrêmement lent, et bien des siècles s'écoulent avanl qu'il soit sensible pour nous. » On n'est point tenté de le contester, quoiaue Tauteur prétende quelques lignes plus liaut qu Herschell ait remarqué la liquéfaction çt quasi la solidification de certaines nébuleuses (T47).
Passons à un autre cosmogoniste non moins téméraire, non moins naïvement affirmatif. L'imagination estsi à Taise au milieu de cette science vaporeuse et de ces créations fantastiuues qui la font ressembler aux rêves d'un malade en délire... velut œgri somnia.
M. Godefroy, car c'est de son livre que nous voulons parler, a beaucoup de peine & s'entendre avec M.M. Laplace, Arago, etc. Il n'est pas satisfait de toutes leurs idées sur
^7i5) De ta création de la terre, p. 43 et siiiv.
(746| De la création de la terre, p. 89.
(717) € On a cru pouvoir déduire immédialeiDciit aobscnraiious faites à différentes époques, qu'il s>est opéré des changements effectifs dans la nébuleuse d'Andromède, puis dans celle du navire Argo eudans les filaments isolés qui appartiennent à la nébuleuse d'Orjon ; mais Tinégale puissance des inctruments employés à ces diverses époques, les
les nébulosités ; il modifie , il corrige, ii ajoute, il retranche ; il affirme surtout 'me Moïse parle mieux au'eux tous (ielauatirç du soleil, des nébuleuses, elc: et, on.iéfinitif, il s'en lire lui-même comme Mleûi assisté à leur création, ou qu'il eût mivî main à Tœuvre
« Dans la théorie dé M . Laplace, le soleil -i une énorme masse de feu, unocéandeiuaii».. lumineuse, un noj'au brillant, un dol" i:q candescent environné June almospnèrf (|.:i s'étend ou peut s'étendre jusqu au |»oiul i la force centrifuge balance exactenjcnl h pesanteur (748).
a M. Laplace avait d'abord attribué à quelque catastrophe subite et violente, »
prodigieuse expansion de ratraosphère ^ilaire au delà des orbites de toutes les [!â. nètes: ce qui peut avoir eu lieu, ùi^ali-li alors, par des causes semblables à ccllt fil fit briller du plus vif éclat, peiidant plutimn mois, la fameuse étoile que fontit M i coup, en 1672, dans la constellation it ùfsiopée (749.) Plus tard, pour des rais(ins'|ijnous apprécierons tout a l'heure, il n'a pî-i voulu recourir à une révolution accideniic et iiii.tantanée ; il a préféré faire du >oIh! un globe incandescent qui augmente piçressivement en masse et en volume, w tétat primitif où nous supposons le iM, H ressemblait aux nébuleuses, que le /c'/«^'j>^ dit-il, nous montre composées d^un noyau jh-* ou moins brillant, entouré d'une nébuM^ ui, en se condensant à fa surface du floyod, e transforme en étoile ^750j,
« 11 peut ne pas être inutile d'avertir 'pie le télescope n'a pas encore montré aui astronomes les progrès de cette (Oii'e:.^tion; nous voulons dire que celte lraD>l"f' mation d'une nébuleuse en étoile ot u phénomène dont les archives scienllliii^'^ n'ont encore fait aucune mention. Il f<3«» bien dire aussi que ces étoiles mHniKw que M. Lajilace fait intervenir dans riudrêi de sa nouvelle explication, sont précisétiiîi' les objets astronomiques les moins foiinaî de tout le ciel éloîlé, et sur là nature .Vr quels les savants sont le ulus partagés
« Selon les uns, les étoiles environijéc î^ nébulosités seraient dé grandes é('| '^ centres d autant de systèmes célestes d'i)::^ nature particulière, et leurs nébulosités ^^' raient formées par la réunion d'une um'iitude d'autres étoiles trop petites pour êiiobservées.
« Selon les autres, ces nébuleuses serai lî entièrement composées d'étoiles aj^g'^^"'^" rées dans un espace resserré, et d'un/''' intrinsèquement trop faible pour être in ; viduellement aperçues, mais dont la àch>'-'
variations de notre almosphère, el d'autres infl:' ces de nature opiique, jetteni un doute ïé^vM'-^^ une partie de ces résnliats , quand on les con>jî^''' comme des termes de comparaison lëfOrti«Mfc'>' toire des c\en\, i {Cosmos, U !•% p. W.) (748) Expos, du syst. du monde, p. i70el«l
749( hid., t. U, édition de i a» IV.
750) iM«, p. 410 5« édition. I8il.
iwsa
NEB
ET DE PALEONTOLOGIE.
NEB
croîtrait Ters te centre, parce que là un plus grand nombre de ces étoites se projettent les lanes sur les autres, et que, par un effet il'optiquer elles se raiiprochent assez pour que leurs lumières réunies donnent Timage il un point plus brillant qne le reste.
^ Cependant la plupart des astronomes |H?n?:ent que ces astres problématiques, comme ils le^ appellent, sont dos étoiles qui se projettent sur des nébulosités plus éloiffoées, ou en face desquelles viennent s*interp'jser des nébulosités plus rapprochées de nous et uniquement éclairées par la lumière de ces ctoiles. Dans leurs explications, une matière encore à Tétat naissant, une ma* tîère restée à son état originel , une matière cosmique, diaphane, non rayon- Djnte, non lumineuse par eHe-mème, constitue la néiiuiosité des étoiles dites nébu* Ieuses;de même qu'une matière essentiel* leuient ou ancidentellement lumineuse con>titue le disque brillant «le ces étoiles, comme elle constitue le disque lumineux de notre soleil et de toutes les autres étoiles.
« Telle était aussi Topinion du grand Horsciiell, qui expliquait ra{>parition en 177V et la disparition en 1811 de lanélmlosilt' circulaire de chacune des deux petites étoiles situées au nord de la grande nébuleuse d'Orion, par l'interposition accidentelle, entre ces deux petites étoiles et la terre, d'une partie de la matière cosmique etdiai'ihane constituant cette grande néliuleuse d'Orion.
« Cette explication est d'une trop grande îroporîance pour que nous puissions nous diî>penserde mettre sous les yeux du lecteur le précis que donnent tes savants anglaisdes merTeilleuses observations du grand astronome.
• Le i mars 177V, Herschell observa l'étoile nébuleuse, dans Tépée d'Orion, qui n'e^t que de quelques minutes au nord des grandes nébuleuses ; il en remarqua en même temps deux autres semblables, mais beaucoup plus petites ; une de chaque côté de la grande, et à peu près à la même distance. £n 1783, en examinant Tétoile nébuleuse, il trouva qu'elle était faiblement environnée d'une couronne circulaire de nébulosité blanchâtre qui la joignait à la grande nébuleuse. En 178V, cet astronome commença à >on H^onner que Tétoile n'était pas liée avec la Déaulosilé de cette grande nébuleuse d't )rion, mais qu'elle était semblable à celles qMÎ se trouvent dispersées dans toute l'étendue des cieux. En 1801, 1806 et 1810, cette o; inion fut confirmée par le changement graduel quiarriva danscette grande nébuleuse, à laïuelle appartient la nébulosité qui en- Tironne cette étoile; car l'intensité de la lumière près de l'étoile nébuleuse s'était, («endant ce temps, considérablement réduite,
I»ar suite d'atténuation ou de dispersion de a matière nébuleuse, et il paraissait alors
(751) Les MeneiUes dêg cieux. De la diMance de U nêtwlcuse dans la contlellalioD d'Orion. Ouvrage traduit de "anglais sar la treizième édition.
très-évident que l'étoile était loin derrière cette matière nébuleuse^ et que, par cousé-
3uenl, la lumière la traversant se trouvait éviée et dispersée» de manière à produire Vapparence aune étoile nébuleuse. Lorsque Herschell revit cet intéressant objet en décembre 1810, il dirigea particulièrement son attention vers les deux petites étoiles nébuleuses aux côtés de la grande, et il trouva qu'elles étaient parfaitement dégagées de toute apparence nébuleuse. Ceci ne confirma pas seulement son précédent soupçon sur la grande atténuation ou dispersion do la nébulosité, m.iis lui prouva aussi que leur apparence nébuleuse première arail ftitièremenl été produite par le passage de leur lumière à travers la matière nébuleuse qui les occulta en quelque sorte. Le 19 janvier 1811, il eut un autre bel examen du même objet dans un très-bon télescope de quarante pieds; et malgré la lumière supérieure que cet instrument produisait, il ne put aperce voir aucun restede nébulosité près des deux petites étoiles (751.)
« Les savants de notre France vont compléter celte explication.
« Quand une étoile s'aperçoit à iraters ti» orouillardy etie parait être au enitrt tfune auréole lumineuse. Cette auréole se compose d'une portion de brouillard éclairée par rétoile. Une causeanalngue produisit^ suivant rUlustre astronome^ les nébulosités observées en 177V autour des trois étoites citées ; seu^ lement le brouillard ordinaire était remplacé par une matière cosmique^ plus voisine de nous que les trois étoiles^ située cependant dans tes hautes régions au firmament, et en liaison immédiate avec la grande nébuleuse d'Orion. La matière ne brillait pas d'une /umière propre^ puisque une certaine distance des trois étoiles on n'en voyait aucune trac^^ Elle répétait fortement vers notre eeH teê rayons stellaires qui la traversaient sous des incidences très-peu éloignées de la perpendi" culaire (752.)
« C'est en ces termes que M. Arago expose la Théorie d'Herschelly théorie qui explique d'une manière si satisfaisante et si rationnelle, la forme circulaire et l'affaiblissement graduel du «entre à la circonférence de l'auréole lurnineuse ou de la nébulosité dont paraissent environnés^ par un effet de pers« pective, ces astres improprement appelés étoiles nébuleuses.
« Cependant le même M. Arago déclare id qu'il n'examinera pas s'il n'aurait |ias été plus simple d'assimiler les nébulosités circulaires des trois étoiles d'Orion à des atmosphères lumineuses, d'attribuer ensuite l'affaiblissement de ia f>lus grande et la dfsparition des deux autres à un mouvement de ces atmosphères vers le centre de chaque étoile (753.) C'est que M. Arago a avancé précédemment qu'il y a peu de probabilité que, par un effet de projection, une étoile
(75i) Ann. 1842, p. 413, 44i (755) IM., p. 444.
DlCnO^AIBE D£ COSSOGœCIE
tienne oecaper frécisémemi U centre iTtiiie néhulo$ité ronde ; ioférant de ce peu de protalité qu'il tn'isie réellement des étoiles brillantes, enloarées de nébulosités on d'atmosphères immenses, lomineoses par ellesmêmes ; et que ces atmosphères peuTent, à la longue, se réunir aux étoiles centrales et accroître leur éclat. De là aussi Fannonce non moins inattendue, que le êoutenir de la lumière zodiacale s'emparera de noire esprit comme un nouveau trait de ressemblance entre certaines étoiles et notre soleil (lôh).
« Ici les assertions du savant auteur des Notices n^ont plus le même caractère : s'il déclare encore qu'il ne Toit rien dans les obserrations qui, de prime abord, puisse contrarier ce mode d*esplication, il déclare aussi que la plus stricte réserve est un devoir toutes tes fois qu* on s" éloigne des opinions pro' fessées par nilustre astronome de Sloug (755.)
« M. Arago j)ermettra donc que nous exposions les raisons qui nous empêchent de nou.s éloigner des opinions professées par le grand astronome. Notre requête sera d'autant mieux accueillie qu*on ne saurait adopter le noureau mode a explication, sans attribuer à Herschell l'insigne honneur d'a- Toir, en quelque sorte, assisté à la naissance de deux étoiles ; privilège tout spécial et que nul autre habitant de notre planète ne serait en droit de rerendiquer; car nous ne sachions pas que la science ait jamais eu à enregistrer d'actes de naissance parmi les étoiles Ries. Ce n'est pas que nous ne connaissions bien la réponse qui nous serait faite, si nous demandions quelle est la durée approximative 4*un9 gestation stellaire.
« On nous ré[)ondrait : ici il faudrait peui-étre des millions dCannées ; là , avec éCautres conditioner des périodes beaucoup plus courtes seraient suffisantes^ comme Tapparition subite de l'étoile nouvelle de 1572 semblerait ^indiquer (756). Il est vrai que cet avènement n eutqu'unedurée éphémère; car, dès le mois de mars 157iik, f étoile nouvelle de H. Arago et de H. Laplace disparut complètement. Il est vrai aussi que pareil phénomène avait déjà été observé, dans la même réKion du ciel, en 9^5, puis en 126&, et que régalité des intervalles d'apparition a fait penser à tous les astronomes que ces étoiles temporaires sont an seul et même astre dont la période est de 300 ans. C'est ce qu'on aurait pu et c'est même ce qu'on aurait dû mentionner ici.
« Quoi qu'il en soit, puisqu'une étoile vue à travers un brouillard paraît être au centre d'une auréole lumineuse, puisque cette auréole lumineuse se compose d'une portion de brouillard éclairée par l'étoile, puisqu'à une certaine distance de l'étoile on ne voit plus aucune trace de cette prétendue auréole ou atmosphère lumineuse, il est de toute évidence que la position vraie de l'étoile relativement aune nébulosité inférieure ne change rien à sa position apparente au
(754) Ann. 1842, p. 406, 407.
(755) Ibid., p. 444, 445.
centre ae cette nébulosité, et'il est de loate évidence aussi que la forme réelle de cette nébulosité ou de ce brouillard ne change rien à cet effet de projection, ou à cette ap-
Cirence d'une nébuleuse exactement circaire, dominée par une étoile centrale. Pour que cette étoile devienne une étoile nébu* leuse, en d autres termes, pour que celte étoile nous paraisse environnée ë une aoréole ou d*une atmosphère Inmineose, il suffit qu'elle se trouve, par rapport à noos, dans la ligne suivant laquelle nous regardons cette nébulosité ; il suffit enfin que cette étoile corresponde è une portion quelconque de ce brouillard, à une portion de It matière cosmique et diaphane qui constilce cette nébulosité ; et il n*est lias du tout nécessaire que cette nébulosité dépende oeTétoile, qu'elle lasse corps avec elle.
« Mais il. Arago pourrait-il ignorer qu'il est physiquement im{iossible que lalamière zodiacale dépende du soleil, qu'elle iasse corps avec le soleil ? M. Arago ignorerait-il qu*i! serait absurde de supposer qiie cette zone de molécules volatiles pût, à la longue, se réunir à notre étoile centrale et accroître son éclat ? non, car il nous dira eo 1^ : Qaant à la lumière zodiacale, ctttt pierre d'achoppement contre laqiuUe tant dt rêveries ont été se briser, elle se compose d« parties les plus volatiles de la néfytleuse pri' mt/ire. L'existence de cette matière «x/reiwment rare, dans la région gu^occupe la terre et même seulement dans celle de YénuSy lefRblait inconciliable avec les lois de la méeani' que ; mais c'était lorsauCf en mettant par h pensée^ la matière zodiacale dans U dépen' dance immédiate et intime de la photosphir^ solaire proprement dite, on lui imprimait m mouvement angulaire de rotation égal à (dui de cette photosphère (757 j.
« Comment donc H. Arago a-t-il pu, en 1842, nous présenter cette même ctisieoce comme une preuve de la liaison de Tétoile et de la nébulosité ; comme une preuve de la dépendance immédiate et intime de la ph^ tosphèro stellaire et de la nébulosité eorironnante; comme une preuve de la po^^^i' bilité de la réunion des atmosphères nébuleuses aux étoiles centrales, et de Taccroissement de ces étoiles en éclat? C'est une des questions que nous n'entreprendrons pas de résoudre.
« Il serait beaucoup trop long et il serait inutile, d'ailleurs, de présenter une analyse des véritables nébuleuses, de ces objets si nombreux et si variés que l'on coropreiHi sous la dénomination commune de nébuleuses. On sait qu'en général le trait caractéristique des vraies nébuleuses est une lumière faible et douteuse, à contours pl"^ ou tnioins réguliers, dominant ou environnant de grands espaces obscurs. La lumi^'^ ne devient certaine, uniforme et bien Iran: chée que dans les couches nébuleuses qui approcneni de la forme sphérique ou ^W
(•756) Ann. 4842, p. 43S.
(757) Ann. 1844, p. 355.
ET Ue PALEONTOLOGIE.