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Bans la troisième, lesdicolylédonécs prédominent, et il y a rareté des cryptogames vasciilaires.
Quant aux végétaux arUicIs, les deux tiers h peu [>rès sont dicoivléilonés.
On trouve des déîiris de plantes monocotyléJonées dans toutes les jiériodes des formulions géologifiuos, mais elles v sont rares.
Le nombre des plantes fossiles décrites jusqu h ce jour est d'environ 500, dont près de 300 proviennent des couches de la série de transition, et presque exclusivement de la formation houillère; environ 100 appartiennent aux couches secondaires, et pi as de 100 autres aux formations de la série tertiaire. Outre ces espèces, il en existe qui appartiennent à chacune de ces formations et qui n'ont pas encore été dénommées.
Comme les espèces connues de végétaux vivants sont au nombre de plus de 50,000, ot-que l'élude de la botanique fossile n'est pas encore sortie de l'enfance, il est probable .que la terre recèle dans ses entrailles une quantité considérable d'espèces fossiles que ies découvertes de chaque année rcndrcHit successivement à la lumière.
Les plantes de la première période sont pour la plupart des fougères et des éqiiisétacées gij^anlesques, ou appartienncnl à îles familles intermédiaires par leurs caraclères entre les formes actuelles des lycopodiacées et des conifères, comme les lépidodendron* les sigiilaria et lesstigmaria; à quoi il faut ajouter un pelit nombre de conifères.
Les fougères forment un tiers environ
'4les plantes de la seconde période, et h'S
lieux tiers qui restent se composent en
4{rande partie de cycadées et de conifères,
.nvec quehiues liliacées.
-tVi-renconlre un plus grand nombre d'espèces de cycadées parmi les fossiles de cette j)ériodeque l'on n'en a encore trouvé parmi les végétaux qui vivent actuellement à la surface du jjlobe. Cette famille entre pour plus d'un tiers dans toute la flore fossile connue des fortiiations secondaires, tandis (|u'elle ne forme pas la deux millième partie Uc la végétation actuelle.
La végétation de la troisième période se rapirroche beaucoup de colle de la surface actuelle du globe.
Parmi tesfamilles actuelles, les algues, les fougères, les lycopodiacées, les équisétacées, l;îS cycadées et" les conifères sont celles qui tint les relations les plus intimes avec les lormes végétales les plus anciennes qui , nieul existe sur notre planète.
I^famille des conifères est celle qui est la plus universellement répandue dans les diverses phases successives de la végétation; elle s'accroît suivant le nombre et la diversité de ses genres et de ses espèces à chaque 4'hangement nouveau dans le climat et dans les conditions de la surface du globe. Celte famille comprend un trois centième environ du nombre total des végétaux actuels.
Une autre famille se montre également,
mais en petite prop^^rtion, dans toute laséric de^ formaiiuns, r. est celle livs palmiers.
Les (onnexions que nous avons saisie; entre ces systèmes éteints et le système actuel de végétation fournissent un ensemble imposant d'arguments, en même temps (ju elles ouvrent un vaste et nouveau cham» de recherches soit aux physiologistes, sotl à ceux qui se livrent à l'étude delà théologie physique.
Non-seulement nous retrouvons dans la flore fossile les caractères fondamentaux qui distinguent entre elles les plantes endogènes et les plantes exoj2;ènes, mais en outre, l accotai, q.ui existe jusque dans les moindres détails entre la structure des llon1lJreu6^ familles qui la corn |)Osent et de celles ilc l'époque où nous v)V(ms. ]njiquo rinnuciuc des mômes lois régu atrives du développement des végétaux à ^es deux époques si éloignées entre Q'.tea,
Il en est de mêcce des organes de frucliGcation; ce que i*on enarencontré dans les plantes de toutes les formations nous mouin: qu'à toutes les époques la production des végétaux s'est effectuée d'après des lois constantes.
Les détails exquis d'organisation que découvre le microscope dans ee qui n est, |.our les yeux abandonnés à eux-uiêuies, qu'uuf^ bûche convertie en lignite ou un hloc lio houille, ne démontrent pas seulement la corrélation parfaite qui existe entre k> moyens et les lins pour lesquels ils ont ciô mis en œuvre, mais ils prouvent aussi la constance avec laquelle îles moyens semblables ont été employés pour arriver à «1^ fms correspondantes dans toute la série ilc' créations diverses qui ont modifié IcsTurnus de la vie chez les végétaux. Ces caudiin^isons d'arrangements, qui varient avec b diverses conditions du globe, déraonlrciil l'existence d'un architecte par rexisicncî d'un plan; et en voyant la connexion des parties et l'unité du but i>our lequel elles ont été faites, dans ce tout si vaste, si complexe et en môme temps si harmonieux»
nous sommes conduits à conclure que cest une intelligence unique et toujours la môme qui a créé toutes ces dispositions et qui b a mises en jeu.
PERMIEN (ÉTAGE). - QuatrièmcéMcCdr la formation paléozoïque; nom tiré de celui 4le la ville de Perm. en Russie, oà se trouve
10 type russe.
Sous la forme de grès rouge, oudcp*^ des Vosges, d'après MM. Eiiede BeauuMH'J et Dufrénoy, cet étage commence à se montrer en France au sud des Vosges, à Fa^mont, à Chènebie (Haute-Saône), elcnsinif il formerait, de chaque côté des Vosges, u.u* bantle plus ou moins interrompue. Une autre large surface, également sous forme «le grès des Vosges, commence dans laWoscHc h f-ongeville, etc.
En Angleterre cet élajje est Irès-répamiu.
11 se montre h l'extrémité sud du comté «îe Glam(»rgan, suit une ligne presque régulière autour de l'étage carboniférien dans le Muf-
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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Il fis
cester* par Bridgenorth,d9nsShropshireJu$qiiau Denbigshire, dans le Laneashire, le Notlinghainshire, le Derbyshire, leYorksbire, jusqu'au Durham ou le Cumberland, ayant ainsi, de chaque côté de Tétage carboniférien, une direction générale presque nord et sud. On en trouve encore au nord de I Ecosse.
En Allemagne, dans le grand duché de Bade, Féta^^e, sous forme de grès des Vosges, se montrerait en lambeaux dans la forêt Noire, etc.
La plus grande surface connue de Tétage permien existe en Russie.
D*a|)rès les fossiles, M. de Koninck pense que I étage occuperait encore une partie de la rade de Bell-Sound au Spitzberg* au 80' <!ogré de latitude nonl et une partie de la Tasmanie. On napasencorerecoimu Tétage <lans rAmériquc septentrionale.
L'épaisseur de l'étage est très- variable ; mais voici quelques-uns des points où cette é|)aisseur est plus grande. On a trouvé que les ^rès dos Vosges, près de Raon-l'Etape, avaient de 500 à 5'tO mètres de puissance, et que près de Heidelberg ils montraient 650 mètres. Dans le Hartz , les grès rouges ont olfcrt jusqu'à 1,000 mètres, ce qui suilit pour prouver que l'étage a duré un laps de temps assez considérable.
Caractères paie ontologiques. — Le |>eu do renseignements que nous avons sur crt éX9i'^e nous donne pourtant la certi tuile, pour les animaux, comme M. Brongniart la reconnu pour les plantes, que Tensenible zoologique annonce des relations bien plus intenses avec l'étage carbonîférien qu avec fes dépôts triasiques. Les anima\ix et l'es platites, par leurs uiraclères généraux^ piaeoraient donc Téta^e permien aussi bien comme intermédiaire à ces deux époquçs, que la superposition même. Ainsi, sous ce rapport, tout concorde : la géologie et la paléontologie. Voici, d'après les données a<;tuelles, les caractères distinctifs de cet «itage.
Pour séparer l'étage permien de l'étage carbonîférien, indépendamment des 56 genres aue nous voyons naître et disparaître dans Vétage carboniférieu, nous avons encore 46 genres qui s'éteignent dans Tétage cart)oniférien, et qui, au moins jusqu'à présent, sont inconnus dans l'étage permien, re qui donne un total de 1(^ genres , pour distinguer, comme caractères négatife, l'étage permien de l'étage carbohiiérien. En supposant même que les nouvelles découvertes viennent en diminuer le nombre, ce qui est très-probable , il en restera toujours assez pour séparer ces deux étaj^es.
Pour distinguer l'étage permien de 1 éiagi^ conchylien, nous avons w genres inconnus à rétazo permien , et, ayant ))aru seulement dans 1 étage conchylien, ces genres réunis aux 102 autres négatifs propres à distinguer I*étage carbonifénen, nous donnent l&â genres pouvant offrir des caractères négatifs pour séparer l'étage permien des étages supérieurs et inférieurs qui l'accompagnent clans l'ordre chronologique.
Il natt avec l'étage pertnien les genres suivants qui, encore inconnus à l'étage carboniférieu, peuvent servir de caractères positifs pour l'en distinguer. Parmi les reptiles, les genres nothosaurus^ proterosaurus. Parmi les poissons, les genres gyroprisïis^ dictea^janassa^ acrodus et strophodus. Parmi les mollusques lamellibranches, les genres panopaa^ osirea et myoconcha. Parmi les mollusques brvozoaires, le genre kératophytes. Parmi les zoophytes, le genre sténopora. Ainsi « parmi le petit nombre de fossiles décrits jusqu'à présent, il nous reste encore 12 genres pouvant servir de caractères positifs, pour distinguer l'étage permien, où ils paraissent i our la première fois.
Pour séparer l'étage permien de l'étage conchylien, nous avons, comme caractères positiis du premier un ensemble de 13 genres-, qui peuvent, aujourd'hui, nous donner des caractères distinctifs entre l'étage permien et l'étage conchylien.
Aux caractères paléontologiques tirés des genres nous pouvons ajouter dos caractères plus certains encore, et surtout moins vanables, donnés par les espères. Indépendamment des animaux vertébrés et annelés, dont on connaît un bon nombre d'espèces et des niantes, nous connaissons en animaux mollusques et rayonnes seulement, 91 espèces. Ces 91 espèces seront dr::c pour nous autant d'espèces caractéristiques qui, suivant leur zone habituelle d'habitation, pourront servir à faire reconnaître l'éla^^e permien. Parmi ces espèces, les plus répandues en Angleterre, en Allemagne et en Russie, au Spitzberg, et môme en Tasmanie, sont les suivantes : panopea lunula^ mytilus hauS" manni^ aticulaspetuncaria^ productusleplayi^ cancrini horridus^ lewisianus^ geinitzianuSt rhtjnchnneiia schlotheimii^ cyrthia cristata^ spin'gera pertinifera. Ainsi, nar ces espèces,^ nous avons la certitude que les dépôts d'Angleterre, d'Allemagne, de Bussie, jusqu'à la» mer Glaciale et même jus(|u'au Spitzhcrg, étaient contemiiorains et faisaient j^artie des mêmes mers. 11 ressort en^ ore de celte répartition, qu'une température presque é^ale existait depuis l'Angleterre jusqu'au Spitzberg, c'est-à-dire jusau'au 80* degré de latitude nord, aujourd nui séjour d^s fiimas éternels et di^s glaces. Lorsque l'étage carboniférieu a terminé sa période, sans doute par suite des grandes perturbations géologiques que nous avons signalées {Voy. CarboniMmiEif), l'élégante flore et la nombreuse faune de l'étage carbonifôrien ont cessé d'exister. Alors, pendant que ces légères fougères arborescentes, que ces végétaux si variés étaient ensevelis pour toujours dans les couches terrestres, nous voyons s'éteindre 102 genres ; en même temps que 1,0^T espèces d'animaux mollusques et rayonnes, sans compter les nombreux animaux verti- brés et annelés qui concouraient à former la faune de l'étape carboniféri/*n. Après cetîn catastrophe , qui atteignait à la fois toute la nature, il est probable que le calme s'est peu
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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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à peu rétabli : les mers sont entrées dans . leur nouveau lit, les continents ne sont plus . envahis par les eaux , et notre planète, à la suite d'un laps de temps considérable, se repeuple de végétaux et d'animaux. Quelques plantes sont arrivées jusqu'à nous; et avec elles, 12 genres d'animaux inconnus dans l'étage carboniférien, ainsi que 91 espèces toutes distinctes des espèces de l'étage précédent; débris qui témoignent encore de l'existence de cette faune spéciale. Cet état de chose a, sans doute, duré longtemps, k en juger par la puissance de mille mètres de couches déposés sur quelçjues points. Pendant cette période, il y avait des mers et des continents.
Les mers permiennes, soumises k toutes . les causes physiques qui existent aujourd'hui, offraient des animaux voisins, comme ensemble de caractères, des autres étages paléozoïques précédents. Ils offrent, par exemple, les mêmes genres que ceux de Tétage carboniférien, mais encore des genres et surtout des espèces bien distinctes. Cette faune se composait de deux genres de reptiles, sans doute riverains et marins; de cinq genres nouveaux de poissons placoïdes et
f;anoïJes seulement, de crustacés, de molusques de toutes les classes, parmi lesquels trois genres nouveaux. Les huîtres {ostrea)y par exemple, commencent à se montrer avec
Suelques zoopbytes inaperçus jusqu'alors.
)n connaît encore de ces mers les plantes marines suivantes de Thuringe, citées par M. Brongniart :
ILCCES.
Catilerpiles sela^inotdes .
Caulerpites peclmalus , Caulerpites spharicus, Zoiiabiies di^italus , Chondrites virgatus.
Sternb.
Slemb.
Slcrnb.
Slernb.
Mùnsler.
Les continents, qui Devaient être peu-
f)lés d'animaux aussi variés que ceux de *étage carboniférien, ne nous ont laissé d'autres traits d'animation que des plantes. M. Brongniart les regarde comme intermédiaires entre les formes carbonifériennes et les formes végétales des terrainfis triasiques, ou môme comme le complément de la première flore, observation'tout à fait en rapport avec ce que nous avons dit de la zoologie marine. ( Voy. Silurien. ] M. Brongniart pense qu'on pourrait peut-être identifier
' quelques sphenopteris et peeopterisde Mansfeld ( Thunnge) et de Lodève, ce qui établi-
' rait encore des rapports plus intimes que l'ensemble des genres entre l'âge de ces deux localités.
La faune marine identique qu'on trouve des deux côtés du monde , et jusqu'au 80*
' degré de latitude, nous donne la certitude, comme pour les étages précédents, que la chaleur centrale de la terre neutralisait totalement, durant l'étage permien, l'influence des lignes isothermes.
Les oscillations du sol existaient proba-
^'blement pendant l'étage permien, qui, du
' reste, paraît aussi avoir été soumis à toutes
les causes physiqyes que nous voyons présider aujourd'hui aux phénomènes de lu n&ture.
Cette époque se serait terminée, commo toutes les autres, par une perturbation géologique dont nous trouvons encore des traces dans la discordance de stratification, dans la surélévation de cette surface immense de l'étage permien en Russie, etc.
PERTURBATIONS GEOLOGIQCES. - Nous allons aborder un sujet du plus haut intérêt, mais d'une grande difficulté dans la science qui nous occupe. A la partie de pure observation vient naturellement se joindre ici celle des théories par lesquelles on essaye d'expliquer les phénomènes. Le lecteur sera juge de la valeur des théories présentées à cet égard et des considérations élevées que renfermera eet article, qui sera une analyse du travail, sur cette matière, d*un des plus éminents paléontologistes de notre époque, M. Aie. d'Orbigny.
Si les causes naturelles actuelles avaient seules agi sur la formation de la croûte terrestre, on trouverait une succession non interrompue de couches parallèles, se suifaut des parties les plus anciennes jusqu'aui plus modernes et contenant des espères animales identiques, reproduites des premiers tenfps de l'animalisation jusqu'à nos jours. La oir* conscription des mers et des continents serait toujours restée la même, en supposant que ces premiers grands traits de la nature eussent pu exister sous ces seules influences ; mais la plus légère inspection prouve, au contraire, que de nombreux changements ont eu lieu à la surface de la terre à différentes époques. Des chaînes de montagnes se sont élevées les unes après les autres; l<^ ruers ont changé plusieurs fois délit; des couches consolidées se sont disloquées de diverses manières, et l'ensemble des êtres s'est renouvelé plusieurs fois, de telle sorte que les premiers ne ressemblent en rien à ceux de l'époque moyenne, et que les derniers parus sur le globe diffèrent complètement des uns et des autres. La nature actuelle ne peut expliquer tous ces granits faits, tous ces changements successifs, et ii devient indispensable de recourir à des ai^ents plus puissants, à des causes plus actives, que la géologie seule peut nous fournir, et que nous révèle l'étude des catastrophes successives que notre planète a subies.
§ I. — Causes des perturbations géohgiq*t^*
Pour arriver à décrire les effets de ces grandes révolutions géologiques, il convient d'abord d'en chercher les causes. M. Elle de Beaumont, à qui les sciences sont redevables de si précieux travaux, a conclu l'ingénieuse pensée ^e toutes les dislocations du giot)« provenaient du retrait des matières produit par le refroidissement du globe terrestre, et il attribue, avec juste raison, la fin de chaque époque géologique à des perturbaiions de ce genre.
• Cherchons, en effet, l'influence possibl^J du refroidissement sur un corps sphérique
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ET DE l'ÂLEONTOLOGIE.
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Uue imlle de ploîiib, |>ar exemple, coupée en deux, montre toujours un vide au centre. Ce Yide intérieur est certainement la ix)nsé-
Îuence du retrait. Il est le résultat du refroiissement qui s*est opéré graduellement de Textérieur à Tintérieur, et qui a placé les molécules de plomb Tes unes sur les autres, au fur et à mesure qu'elles cessaient d*étre en fusion, jusqu'à laisser vide au centre la surlace procluite par la différence de volume du métal fondu à son état parfait de consolidation. En appliquant cette expérience trèssimple au globe terrestre « nous verrons aussi que le refroidissement peut amener des perturbations d*une puissance incalculable
La terre foriiie, non une sphère régulière, mais un sphéroïde isolé de toutes parts dans Tespace. Les mesures directes des méridiens terrestres ont ou pour résultat de constater que la terre est sensiblement aplatie vers les pôles. Cette forme, celte plus grande convexité de la zone équatoriale, placée dans le sens de Taxe ue rotation du globe terrestre, est très-importante à constater; car elle annonce qu'ainsi que la balle de plomb la terre n*a pas toujours été solide, et que cette disposition a été produite par l'action combinée de la rotation et de la force centrifuge, lorsque les matières qui la composent étaient à Tétat pâteux , ou mieux en fusion par suite de la chaleur.
^ Tout parait donc prouver que la ferre était d abord en incandescence. Pour arriver de ce premier état pâteux à la consolidation que nous lui connaissons aujourd'hui , il a fallu nécessairement qu'elle subit l'effet du rayonnement vers l'espace céleste et qu'elle se refroidit extérieurement, comme nous l'avons vu pour la Italie de plomb; mais ici, vu la différence de volume et la concentration du foyer de chaleur dans l'intérieur du globe terrestre, la comparaison avec la balle de plomb ne montre plus des résultats identiques, et le vide, au lieu d'être au. centre, reste entre la partie extérieure consolidée et la masse intérieure incandescente et toujours à l'état pâteux. En effet, le refroidissement par la surface extérieure, à la suite de ruptures sans nombre, a dû, après un laps de temps considérable, former une espèce de croûte consolidée. Dès l'instant que cette croûte compacte s'est trouvée assez épaisse pour former une partie résistante, le retrait lies fnatières, déterminé par leur différence de volume à l'état de fusion ou à l'état pâteux, a dû laisser des vides entre la pellicule extérieure durcie et la masse centrale. Cette croûte extérieure dure, n'étant plus soutenue dans toutes ses parties par la pâte intérieure, s*e>t affaissée sur elle-même en se disloquant de toutes les manières, et a produit les reliefs et les cavités de la surface de notre globe, qui, bien qu'ils aient peu de saillie relativement au diamètre de ta terre, n'en sonfr pas moins d'une haute importance dans les grands foits géologiques. Ce sont des révolutions de cette nature, se succédant à diverses reprises depuis la i»rcmière consolidation terres-
tre jusqu'à présent, qui, de plus en plus considérables, puisque la croûte terrestre^ devenait de plus en plus épaisse, ont çillonné suc-cessivement la terre de ses chaînes do montagnes et de ses larges dépressions.
Si la terre n'avait à sa surface extérieure ni atmosphère, ni eau , les dislocations dont nous venons de parler n'auraient eu qu'une conséquence purement locale, en changeant seulement la surface du sol sur le lieu des dislocations et en lui faisant prendre successivement des formes diverses; mais, comme il est, au contraire, recouvert d'une masse considérable d'eau, leurs effets ont été généraux, et ont, à chaque époque, causé des perturbations extérieures sur tous les points du globe à la fois, lors même que ceux-ci subissaient seulement des dislocations partielles. Voici de quelle manière nous nous expliquons ces faits.
Supposons un instant que la terre soit, sur
auelques parties de son périmètre, refroidie e manière à montrer, en a, la matière incandescente du centre du globe terrestre, en 6, lacroûte extérieure consolidée supportant en c les eaux des mers également reparties à sa surface, et en d le vide compris entre la partie refroidie et la partie à l'état de pâte subissant aussi un retrait par le refroidissement. Lorsque cette croûte consolidée ^'affaissera dans le vide, qu'en résultera-t-il T Alors les couches solides se disloqueront en se divisant plus ou moins. Des fragments, subissant l'effet de bascule, s*ab!iperopt d'un côté dans les mers, tandis que, de l'autre, ils se soulèveront et viendront surgir en dehors.des eaux et former des chaînes de montagnes en pente douce d'un côté et abruptes de l'autre, comme l^'s Pyrénées et les Andes. D'autres fois , les deux parois de la rupture se soulèveront, et les matières incandescen*» tes, pressées par les parties latérales affaissées, viendront sortir par l'ouverture béante qui la sépare. Enfin quelques surfaces, intermédiaires entre ces axes de soulèvement, se plisseront ou s'affaisseront en grande masse et resteront sur les parties incandescentes centrales dans *ine positi'm presque horizontale.
Voici ce qui arrive pour les parties solides de la croûte terrestre, comme on peut s*en assurer en parcourant les Pyrénées, les Alpes, les Andes. Mais, que deviennent les eaux pendant cette rupture, pendant cette dislocation de toutes les parties solides qui les supportaient ? Mises en mouvement par suite du déplacement subit des matières, mues avec violence, les eaux ont dû envahir les continents et tout ravager à leursurfMHs tandis qu'elles apportaient des sédiments considérables vers les nouveaux t^ssins des mers que venaient de tracer ces dislocations.
Pour nous familiariser avec ces phénomènes destructeurs dont les gigantesques effets effrayent au premier abord notre esprit, et dont nous trouvons à chaque pas des preu* ves non équivoques dans la nature géolcmi. que, voyons ce que peut produire le dépla. cernent des matières dans les eaux. Tout le
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DICTlONNAlRi: DE COSMOGONIE
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monde a remarqué qu*une pierre jetée dans un lac tranquille y forme, à la surface des eaux t des ondulations qui couvrent une étendue considérable, de plus de lOO^OÎK) fois son diamètre; ce qui est le moindre déplacement que nous puissions choisir. Car, si nous parcourons en bateau à vapeur le cours de la Seine, de la Gironde, du Rhône, de la Tanâse ou du Rhin, nous voyons se produire jiarlout sur notre passage des lames de projection qui s*élèvent à une assez grande nautcur et durent longtemps après le passage du corps étranger qui les a produites. Lorsqu'on voit, par exemple, que la seule impulsion du vent, à la surface des mers, cause ces all'reuses tempêtes dont les lames renversent les constructions les plus solides, on sera forcé de convenir que, sans sortir des causes naturelles, on aura déjà une légère idée de ce que peut produire la force des eaux mises en mouvement; mais, lorsque nous recourrons aux causes géologiques', ces effets changeront encore de proportion. M. Vincendon -Dumoulin nous a assuré
aue le tremblemenl de terre éprouvé au hili en 1838, bien qu'il n'eût modifié qu^à peine la surface du soi, s*était fait sentir à 73 degrés, ou à l'énorme distance de 6,000 kilomètres, jusqu'aux lies de l'Océanie.D'un autre côté, sur les côtes du Pérou, les grands tremblements de terre ont ravagé toutes les villes du littoral. A Tinstant même des secousses, la mer, balancée avec force, envahit la côte, entraînant avec elle une immense uuantité de sable et de galets sur les marais uu Rimac, près de Lima. Alors les eaux, poussées alternativement avec une extrême violence, transportent de gros navires à près de quatre kilomètres dans Tintérieur des terres.
Lorsqu'on voit que de semblables mouvements ont eu lieu dans les eaux, sans que le sol ait subi d'autres changements que des exhaussements partiels de quelques mètres, on peut se demander ce qui devait arriver lorsque les Alpes, les Pyrénées, ont pris leurs reliefs actuels , ou bien lorsque la chaîne des Andes a formé une dislocation uniforme deSOdegrés ou de 4,000 kilomètres de longueur ; car nous ne pouvons juger que l'extension de la partie qui a sur^ji au-dessus des mers, sans pouvoir apprécier l'étendue des parties, bien plus considérables encore, qui se sont atTaissées dans les eaux.
Si nous avons vu la petite pierre de quelques centimètres jetée dans un lac tranquille produire, à la surface des eaux, des ondulations proportionnées à son volume, mais dont on peut suivre les effets à une distance évaluée a plus de cent mille fois son diamètres, on se figure ce qu'il adviendra quand des dislocations commecelle de la chaîne des Andes occuperont en longueur 50 degrés d'extension, ou la septième partie de la circonférence du fflobe terrestre; la terre tout entière, maigre son grand volume mesuré sur notre taule, n'ayant que 360 degrés de périmètre. Il ne sera plus permis alors de douter des conséquences universelles d'une
révolution semblable, et ntême de lieaucoup d'autres d'une moins grande extensioD^el Ton pourra se faire une juste idée des raTages extraordinaires que ces épouvantables déluges ontdA occasionner à la surface de la terre, surtout à l'instant où tous les nia veaux terrestres et marins étaient changés par suite des dislocations qui en sont la cause, et où des masses considérables de sédiments encore à l'état meuble pou?aienl être transportées par le mouvement des eaux. On ne trouvera plus extraordinaire
S|ue toute la faune terrestre soit détruite à la bis par l'action immédiate des eaux, tandis que la faune marine Test en même temps par le transport des molécules terrestres et par la prolongation du mouvement des eaui. M. Elie de Beaumont a reconnu, avec sa sagacité ordinaire, que les monvements de dislocation terrestre n'ont pas été partiels, mais qu'ils se sont manifestes sur de grandes lignes affectant une direction donnée, comme on peut le voir dans la chaîne des Pjr^néef, dans certaines parties des Alpes, et, sur une plus grande écnelle, dans les Andes et dans rHimalaya. En effet, lors même que les points culminants ne sont pas très-élendus, on reconnaît que les ruptures voisines ont souvent eu lieu dans un même sens, ]'arallèle à ces points culminants. Il résulterait de cette ingénieuse conclusion, en rapport avec les faits, que chaque dislocation terrestre aurait eu beaucoup d'extension. Si, pour à présent, nous n'en voyons que les effets, nous aurons au moins la preuve que chacune des révolutions auxquelles on doit le soulèvement d'un système de montagnes a dû produire une perturbation générale sur les sédiments et les animaux qui se déposaient, et sur les couches de l'écorce terrestre déji consolidées.
S II. — Effets des perturbations géologique sur les couches sédimentaires en étal rff formation f et sur les faunes terrestres r< marines quelles renferment^
Prenons la terre dans un de ces longs intervalles de repos qui se sont succédé, a plo* sieurs reprises, depuis la première animalisation du globe. Laissons-Ia su bissant encore lentement les effets de toutes les circonstances naturelles passives, décrites à l'artide CoDCHES SÉDIMENTAIRES, ct qui aujounrhuJ sont en |)leine activité sur nos continents, dans nos mers. Voyons ce qu'une disloration comme celle des Pyrénées ou des Andes pourra produire sur l'ensemble de la nature.
Nous avons dit que, mises en mouYcnient par suite du déplacement des matières, ct poussées avec violence sur les conlinenl*, les eaux ont dû les couvrir entièrement, et détruire à la fois tous l«s animaux terrestres. C'est, en effet, ce qiie les études de M. d^Orbigwy sur l'Amérique lui ont permis de croire, en observant, à côté de l'immenî^ chaîne des Andes, cet pssuairc non moin-^ considérable des pampas de Buenos-Ayrr^-s formé seulement sur une surface denviroji quatre-vingt-quinze mille kilomètres carrés di